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Changements démographiques au Canada de 1971 à 2001 selon un gradient urbain-rural |
MéthodologieMilieux urbains et milieux ruraux : le gradient géographique utilisé Milieux urbains et milieux ruraux : le gradient géographique utiliséLes chercheurs tentent depuis longtemps de comprendre les différences qui séparent les régions rurales des régions urbaines. Il y a environ 80 ans, le sociologue Louis Wirth écrivait que trois caractéristiques des villes – population importante, diversité culturelle et densité de la population – définissent ce qu’il nommait l’« urbain comme mode de vie » (Wirth, 1938). Il se peut que l’inverse soit aussi vrai, à savoir que la combinaison d’une population peu importante, d’une densité faible et de la relative homogénéité culturelle qui caractérise les régions rurales puisse engendrer une forme de « mode de vie rural ». Toutefois, dans les faits, on trouve entre ces extrêmes toute une gradation de cas de figure au sein desquels se mêlent, à dosages variables, les caractères urbains et ruraux. Cela tient en grande partie au fait que l’influence urbaine se fait sentir toujours plus loin dans des espaces qui, auparavant, étaient exclusivement ruraux (Choay, 1994). Pour Goffette-Nagot et Schmitt (1998), il existerait deux grands types d’espaces ruraux : les « espaces ruraux traditionnels », relativement autonomes, et les « espaces ruraux périurbains », qui ceinturent les espaces urbains. Les interactions entre les espaces périurbains et les espaces urbains se sont passablement intensifiées au cours des dernières années. Auparavant limitées au commerce des produits agricoles et, de manière moins régulière, à l’exode rural, elles sont aujourd’hui particulièrement marquées par les navettes, quasi quotidiennes, effectuées par les résidents des milieux ruraux périurbains qui vont travailler dans les milieux urbains. Ces nouvelles réalités nous ont amené à dépasser la simple dichotomie urbain-rural et à adopter une typologie géographique qui tient compte de la continuité entre les milieux urbains et ruraux. Pour ce faire, nous avons appliqué aux données analysées1 un gradient géographique lequel, d’une part, classe les régions métropolitaines (ou urbaines, voir l’encadré ci-dessous) selon la taille de leur population et d’autre part, classe les milieux non métropolitains (ou ruraux) selon l’étendue de l’influence métropolitaine qui s’y exerce. Notes sur la terminologie utiliséeDans cet article, les termes « métropolitain » et « urbain » seront utilisés indifféremment pour désigner les régions formées de régions métropolitaines de recensement (RMR) et d’agglomérations de recensement (AR). « Non métropolitain » et « rural » référeront de leur côté aux autres régions, c’est-à-dire toutes celles qui ne font partie ni d’une RMR ni d’une AR. De plus, le terme « municipalité » sera utilisé pour désigner les subdivisions de recensement (SDR). Les milieux urbains ont été divisés en quatre types définis sur la base des concepts de région métropolitaine de recensement (RMR) et d’agglomération de recensement (AR). Les RMR et les AR sont formées d’une ou plusieurs municipalités concentrées autour d’un noyau urbain. Pour être considérées comme faisant partie d’une RMR ou d’une AR, les municipalités doivent être fortement intégrées au noyau urbain, c’est-à-dire qu’elles doivent entretenir des liens de navettage intenses avec celui-ci2. Les types de régions urbaines définies pour ce projet sont les suivants : 1) les trois RMR dont la population était supérieure à 1 100 000 en 2001, c’est-à-dire Montréal, Toronto et Vancouver3; 2) les RMR qui comptaient entre 500 000 et 1 100 000 d’habitants en 2001, soit celles de Québec, Ottawa-Gatineau, Hamilton, Winnipeg, Edmonton et Calgary. Nous référerons souvent à ce type de régions au moyen du vocable « régions urbaines de grande taille » ; 3) les RMR et les AR de 100 000 à 499 999 habitants en 2001, c’est-à-dire les 18 RMR restantes et les AR de Barrie, Cap Breton, Chatham-Kent, Guelph, Moncton, Peterborough et Kelowna. Ce sont les « régions urbaines de taille moyenne » ; 4) les AR de 10 000 à 99 999 habitants en 2001. On compte 106 agglomérations de recensement dans ce dernier type de régions métropolitaines que nous nommerons souvent par la suite « régions urbaines de petite taille ». Les milieux ruraux été classifiés en quatre catégories fondées sur le concept de zone d’influence des régions métropolitaines de recensement et des agglomérations de recensement (ZIM). Le concept de ZIM vise à classifier les régions non métropolitaines, c’est-à-dire les municipalités qui ne font partie ni d’une AR ni d’une RMR, selon qu’elles subissent une influence métropolitaine 1) forte; 2) moyenne; 3) faible ou 4) nulle (McNiven, Puderer et Janes, 2000). La classification est basée sur le navettage. Les municipalités non métropolitaines dont plus de 30 % de la population active occupée travaille dans le noyau urbain d'une RMR ou d'une AR sont catégorisées comme ZIM fortes alors que celles dont cette proportion se situe entre 5 % et 30 % sont catégorisées comme ZIM modérées. Les municipalités où cette proportion est inférieure à 5 % sont catégorisées en ZIM faibles et celles qui comptent moins de 40 navetteurs vers les RMR et les AR sont catégorisées comme ZIM nulles. Il est à noter que l’ensemble des territoires (à l’exception de Yellowknife et Whitehorse) sont ici considérées comme faisant partie des ZIM nulles. Comme les lois qui définissent les municipalités varient d’une province et d'un territoire à l’autre, celles-ci diffèrent en taille et en superficie. Ces écarts font en sorte que certaines provinces plus populeuses et urbanisées (comme l’Ontario) comptent moins de municipalités que d’autres (comme la Saskatchewan). Il apparaît aussi que près de 30 % des municipalités (1 635 sur 5 600) entrent dans la catégorie ZIM nulle et que plus de 80 % sont classées comme rurales (4 605 sur 5 600). Enfin, notons que certaines catégories ne sont pas représentées dans certaines provinces. Par exemple, comme l’Île-du-Prince-Édouard ne compte aucune agglomération de plus de 100 000 habitants, trois des classes urbaines n’y sont pas présentes. De plus, toutes les municipalités du Nunavut sont classées comme ZIM nulles. Ces écarts traduisent d’importantes spécificités provinciales quant à leur degré d’urbanité / de ruralité. Si l’on analyse la proportion de la population provinciale faisant partie de chacune des huit catégories ici considérées (tableau 1.1), on remarque que Terre-Neuve-et-Labrador apparaît comme la province la plus rurale (53 % de sa population habite une municipalité rurale) alors que l’Ontario est la plus urbaine (87 % de sa population habite une région métropolitaine). Tableau 1.1 Nombre de municipalités (subdivisions de recensement) et répartition en pourcentage de la population selon la province, le territoire et le type de région, Canada, 2001 Analyse historique : le choix d’une géographie constante plutôt que variablePlusieurs des analyses présentées dans ce document s’intéressent à l’évolution temporelle de certaines caractéristiques démographiques selon la typologie urbain / rural que nous venons de présenter. Ces analyses historiques reposent sur un découpage géographique constant, basé sur la structure géographique du Recensement de 2001, qui a été appliquée aux recensements de 1971, 1981 et 1991. Pour créer cette géographie constante, on a d’abord fait correspondre chacun des secteurs de dénombrement des recensements antérieurs à 2001 aux municipalités telles que définies en 2001. Il a par la suite été aisé de réobtenir les huit types du gradient urbain-rural à partir des municipalités ainsi recomposées. Il convient de mentionner que cette façon de procéder ne nous permet pas de mesurer (comme le ferait une géographie dont les frontières seraient changeantes d’un recensement à l’autre) le phénomène de l’urbanisation dans son entièreté parce qu’elle ne tient pas compte de la reclassification au cours du temps de certains milieux ruraux en milieux urbains. Un nombre important de municipalités qui étaient classifiées rurales en 1971 ont été classifiées urbaines depuis, participant de cette manière à l’urbanisation du pays. Cette reclassification peut survenir : 1) lorsqu’une municipalité aux abords d’une région métropolitaine existante devient une partie de celle-ci ou; 2) lorsqu’une ou des municipalités non métropolitaines croissent de manière telle qu’elles en viennent à remplir les critères pour former une nouvelle région métropolitaine. Pour cela, la population des milieux urbains aux recensements antérieurs à celui de 2001 est plus élevée au moyen d’une géographie constante qu’avec une géographie variable et la différence entre les deux méthodes s’accentue à mesure qu’on recule dans le temps. En revanche, l’usage d’une géographie variable compliquerait sensiblement les comparaisons historiques. En effet, avec une géographie variable, il n’est pas possible de déterminer si les changements démographiques observés sont attribuables à des évolutions démographiques réelles ou aux effets des multiples reclassifications géographiques qui surviennent d’un recensement à l’autre. Or, il s’agit ici d’isoler la composante démographique de la croissance des régions. C’est essentiellement pour cette raison que, dans le présent document, les comparaisons historiques se feront au moyen d’une géographie qui tient les frontières constantes plutôt qu’avec une géographie variable dans le temps. Notes
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