Section 2 : Population selon l’âge et le sexe

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Cette section présente une analyse des estimations de la population selon l’âge et le sexe du Canada, des provinces et des territoires au 1er juillet 2016.

Les baby-boomers accélèrent le vieillissement démographique du Canada

Le vieillissement démographique constitue l’un des principaux changements reliés à la structure par âge et sexe du Canada et contribuera à métamorphoser le portrait de la population du pays. Ce phénomène est occasionné par la combinaison d’une fécondité sous le seuil de remplacement des générations et d’une hausse de l’espérance de vie. L’arrivée des membres de la génération des baby-boomers (nés entre 1946 et 1965) à des âges plus avancés accélère ce processus de vieillissement démographique.

La pyramide des âges ci-contre (figure 2.1) permet d’illustrer le vieillissement démographique se déroulant au Canada depuis les dernières décennies en comparant la structure par âge et sexe de la population canadienne au 1er juillet des années 1996 et 2016. Il y a 20 ans, les baby-boomers étaient âgés de 30 à 50 ans, comme en témoigne le gonflement de la pyramide de 1996 à ces âges. En date du 1er juillet 2016, les individus de la génération du baby-boom étaient âgés de 50 à 70 ans.

Depuis quelques années, ils contribuent donc à accroitre les effectifs des personnes âgées de 65 ans et plus. En conséquence, les effectifs de personnes âgées de 50 ans et plus étaient proportionnellement plus importants en 2016 qu’en 1996, comme illustré à la figure 2.1. En contrepartie, les effectifs des groupes d’âges plus jeunes ont proportionnellement diminués, principalement ceux des trentenaires et des moins de 18 ans.

Figure 2.1 : Pyramide des âges des estimations de la population au 1er juillet, 1996 et 2016, Canada

Le nombre de personnes de 65 ans et plus se distance de celui des enfants de 0 à 14 ans

Il y a un an, le Canada comptait pour la première fois davantage de personnes âgées de 65 ans et plus que d’enfants de 0 à 14 ans. Au cours de la dernière période annuelle, l’écart entre ces deux groupes d’âge s’est creusé. En date du 1er juillet 2016, un nombre record de 5 990 511 Canadiens, soit près d’une personne sur six (16,5 %), étaient âgés d’au moins 65 ans, comparativement à l’effectif des enfants âgés de 0 à 14 ans, qui se chiffraient à 5 831 649 (16,1 %). À titre comparatif, en 1986, les enfants âgés de 0 à 14 ans étaient deux fois plus nombreux que les personnes âgées de 65 ans et plus.

Selon le scénario de croissance moyenne (M1) des plus récentes projections démographiques, la proportion de personnes âgées de 65 ans et plus devrait continuer de s’accroitre et se distancera de plus en plus de celle des enfants âgés de 0 à 14 ans 1 . La part des personnes âgées de 65 ans et plus devrait atteindre le seuil des 20 % en 2024 et celui des 25 % en 2055, tandis que la proportion d’enfants âgés de 0 à 14 ans devrait demeurer stable, autour de 15 à 16 %, au cours de la même période. Ainsi, c’est la part de la population en âge de travailler (15 à 64 ans) qui devrait diminuer, passant de 67,4 % en 2016 à 60,9 % en 2031.

Au cours de la dernière période annuelle, le taux de croissance des personnes de 65 ans et plus s’est élevé à 3,5 %, soit environ le triple du taux d’accroissement démographique de l’ensemble de la population (1,2 %). Quant à eux, les enfants âgés de 0 à 14 ans ont présenté un taux de croissance de 1,3 % au cours de la dernière période annuelle. Bien qu’il s’agisse du plus important accroissement annuel pour ce groupe d’âge depuis la période annuelle 1988-1989, il est demeuré inférieur à celui des personnes âgées de 65 ans et plus, contribuant ainsi au vieillissement démographique.

Une personne âgée sur trois est un baby-boomer

La proportion de personnes de 65 ans et plus, ainsi que la croissance annuelle de ce groupe d’âge augmentent rapidement depuis le début de la décennie, plus précisément depuis 2011, soit le moment où les premières générations du baby-boom ont commencé à franchir le cap des 65 ans. Au 1er juillet 2016, parmi les personnes âgées de 65 ans et plus, plus du tiers (35,7 %) étaient des baby-boomers. Cette proportion augmente rapidement puisqu’elle était de 30,2 % en 2015.

Également, parmi les membres de la génération du baby-boom, 22,4 % étaient âgés de 65 ans et plus en 2016, alors que c’était le cas de 18,2 % d’entre eux en 2015. En 2031, l’ensemble de la cohorte des baby-boomers aura franchi le seuil des 65 ans.

Un Canadien sur deux a au moins 40 ans

En 2016, un Canadien sur deux était âgé d’au moins 40,6 ans. L’âge médian a augmenté de 10 ans depuis 1984, alors qu’il était de 30,6 ans (voir graphique 2.2).

L’âge médian varie considérablement d’une province à une autre. Au 1er juillet 2016, il y avait une différence de 9,0 ans entre les provinces avec l’âge médian le plus élevé (45,3 ans à Terre-Neuve-et-Labrador) et le plus faible (36,3 ans en Alberta). En considérant les territoires, le Nunavut affichait l’âge médian le moins élevé, soit 26,1 ans.

En 1996, les disparités provinciales étaient beaucoup moins importantes, alors que cet écart se chiffrait à 2,8 ans. La valeur maximale de l’âge médian était alors atteinte au Québec (36,1 ans) et la valeur minimale était enregistrée en Alberta (33,3 ans). La situation de Terre-Neuve-et-Labrador témoigne d’un vieillissement démographique particulièrement rapide dans cette province. Entre 1993 et 2005, Terre-Neuve-et-Labrador est passée de la province avec l’âge médian le plus faible (31,8 ans) à celle avec l’âge médian le plus élevé (40,7 ans).

Le rapport de dépendance démographique est en hausse due à l’augmentation des personnes âgées de 65 ans et plus

Le rapport de dépendance démographique représente le nombre d’enfants (0 à 14 ans) et de personnes âgées (65 ans et plus) pour 100 personnes en âge de travailler (15 à 64 ans). En date du 1er juillet 2016, il se situait à 48,3. Cet indicateur est en hausse constante depuis 2007 (43,9), et de manière plus marquée depuis 2011, année durant laquelle les premières générations du baby-boom ont commencé à franchir le cap des 65 ans. Il continuera de s’accroître jusqu’en 2030, l'année où le dernier baby-boomer atteindra l’âge de 65 ans. Selon le scénario de croissance moyenne (M1) des plus récentes projections démographiques, le rapport de dépendance démographique devrait atteindre 63,7 en 2030.

La tendance actuelle est à l’inverse de celle enregistrée lors de la décennie 1970. Entre 1971 (la première année de la période couverte par le système actuel de comptabilité démographique) et 1981, le rapport de dépendance démographique avait chuté de 59,5 à 46,8. Ce phénomène s’expliquait lui aussi par les baby-boomers, dont les effectifs ont successivement franchi l’âge de 15 ans de 1961 à 1980. Le Canada a donc déjà connu des années où le rapport de dépendance démographique était nettement plus élevé que celui de 2016. La différence majeure tient dans la composition par groupe d’âge : en 1971, les enfants (0 à 14 ans) représentaient 78,5 % de la population n’étant pas en âge de travailler, contre 49,3 % en 2016.

Le rapport de dépendance démographique enregistré en 2016 (48,3) était le plus élevé depuis 1978, alors que le Canada comptait 49,3 enfants ou personnes âgées 100 personne en âge de travailler. Entre 1979 et 2015, le rapport de dépendance démographique s’était maintenu à un niveau relativement stable et peu élevé, dû à la présence de la majorité des baby-boomers dans la population active.

Le nombre de centenaires continue de s’accroître

De plus en plus de Canadiens atteignent l'âge de 100 ans en raison de l'augmentation de l'espérance de vie et du vieillissement de la population. Au 1er juillet 2016, le pays comptait selon les estimations provisoires 7 345 centenaires, soit environ 20 centenaires pour 100 000 habitants. En 2001 2 , cette proportion était deux fois plus faible, soit 11 centenaires pour 100 000 habitants. En comparaison, le Japon, où la population est parmi les plus âgées du monde, dénombrait environ 54 centenaires pour 100 000 habitants en mars 2016 3 .

La faible mortalité des femmes contribue au vieillissement démographique

Les principaux indicateurs du vieillissement de la population sont tous plus élevés pour la population féminine. Au 1er juillet 2016, la proportion de femmes âgées de 65 ans et plus (17,9 %) était supérieure à celle des hommes (15,1 %). L’âge médian était lui aussi plus élevé chez femmes (41,5 ans) que chez les hommes (39,7 ans). Également, les centenaires étaient toujours majoritairement composés de femmes (88,4 %). Ces différences sont expliquées principalement par les plus faibles niveaux de mortalité dont bénéficient les femmes par rapport aux hommes, et ce à tous les âges. Ces niveaux de mortalité créent un écart persistant, quoique de moins en moins grand, de l'espérance de vie en faveur des femmes. Les données les plus récentes indiquent que l’espérance de vie des femmes était de 83,6 ans, contre 79,4 ans pour les hommes 4 .

Le Canada est plus jeune que la plupart des pays du G7

Le vieillissement de la population est un phénomène répandu dans le monde industrialisé. Au cours des dernières années, la proportion des personnes de 65 ans et plus a augmenté dans tous les pays du G7. Parmi les pays du G7, le Canada enregistre actuellement l’une des plus faibles proportions de personnes âgées de 65 ans et plus (16,5 %). À l’inverse, la population du Japon est l’une des plus âgées au monde et présente la plus forte proportion de personnes âgées de 65 ans et plus parmi les pays du G7 (27 %) 5 , soit un peu plus d’une personne sur quatre. Les États-Unis constituent le seul pays du G7 à afficher une proportion de personnes âgées de 65 ans et plus inférieure (15 %) à celle du Canada.

La proportion d’enfants âgés de 0 à 14 ans est plus élevée au Canada (16,1 %) qu’au Japon (13 %), en Allemagne (13 %) et en Italie (14 %). Une fécondité plus forte au Canada que dans ces trois pays explique notamment pourquoi on compte proportionnellement plus d’enfants de 0 à 14 ans au Canada. Toutefois, la proportion d’enfants est moins élevée au Canada qu’aux États-Unis (19 %), en France (18 %) et au Royaume-Uni (18 %), où le niveau de la fécondité se situe à un niveau plus près du seuil de remplacement des générations.

Par ailleurs, le Canada est le pays du G7 qui compte la plus forte proportion de personnes en âge de travailler, avec 67,4 % de sa population âgée de 15 à 64 ans. Le Japon est le pays du G7 où cette proportion est la plus faible, soit 60 %. L’importance plus considérable du baby-boom au Canada que dans la plupart des autres pays du G7 expliquerait notamment pourquoi on y retrouve la plus forte proportion de personnes dans ce groupe d’âge. À mesure que l’ensemble des baby-boomers canadiens atteindra l’âge de 65 ans, la proportion de personnes en âge de travailler se rapprochera du niveau enregistré par les autres pays du G7.

Les enfants toujours plus nombreux que les personnes âgées dans les Prairies et les territoires

À l’échelle des provinces et des territoires, les proportions des personnes âgées de 65 ans et plus ainsi que des enfants âgés de 0 à 14 ans varient beaucoup. Dans chacune des provinces de l’est et du centre du pays, de même qu’en Colombie-Britannique, le nombre de personnes âgées de 65 ans et plus était supérieur au nombre d’enfants âgés de 0 à 14 ans en date du 1er juillet 2016. Toutefois, les provinces des Prairies et les territoires comptaient davantage d’enfants âgés de 0 à 14 ans que de personnes âgées de 65 ans et plus. Au cours de la période annuelle 2008-2009, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick ont été les deux premières provinces où la part des personnes âgées de 65 ans et plus a dépassé celle des enfants âgés de 0 à 14 ans.

Au 1er juillet 2016, le Nouveau-Brunswick était la province avec la plus forte proportion de personnes âgées de 65 ans et plus (19,5 %), tandis que la valeur la plus faible était enregistrée au Nunavut (4,0 %). Parmi les provinces, c’est en Alberta que cette proportion était la moins élevée (11,9 %). Le Nunavut montrait la plus forte proportion de personnes d’enfants âgés de 0 à 14 ans (30,7 %), alors qu’elle était la plus faible à Terre-Neuve-et-Labrador et en Nouvelle-Écosse à 14,1 %. Parmi les provinces, c’est en Saskatchewan que cette proportion était la plus élevée (19,2 %).

À l’échelle du Canada, le rapport entre les personnes âgées de 65 ans et plus et les enfants âgés de 0 à 14 ans était de 1,03, signifiant que le premier groupe avait un poids démographique légèrement supérieur au second. La Nouvelle-Écosse enregistrait le rapport le plus élevé, avec 1,38 personne âgée de 65 ans et plus pour chaque enfant âgé de 0 à 14 ans. Inversement, le Nunavut comptait 0,13 personne âgée de 65 ans et plus pour chaque enfant âgé de 0 à 14 ans. Parmi les provinces, c’est en Alberta que ce rapport était le moins élevé (0,64).

Le Canada compte un peu plus de femmes que d’hommes

Au 1er juillet 2016, dans l’ensemble de la population canadienne, on estimait un rapport de masculinité de 98,4 hommes pour 100 femmes (graphique 2.5). Ce rapport a très peu changé depuis les 20 dernières années, alors qu’il était de 97,9 hommes pour 100 femmes en 1996. Les hommes sont plus nombreux que les femmes pour les groupes d’âges de 0 à 14 ans et de 15 à 39 ans, principalement en raison du rapport de masculinité à la naissance, qui est, en moyenne, de 105 hommes pour 100 femmes. Toutefois, à partir du milieu de la cinquantaine, les effectifs d’hommes commencent à être légèrement moins nombreux que ceux des femmes en raison d’une surmortalité masculine. Cet écart croît davantage aux âges plus avancés, si bien que chez les 65 à 79 ans, on estimait 91,4 hommes pour 100 femmes au 1er juillet 2016. L’écart entre les deux sexes tend toutefois à se résorber. Il y a vingt ans, pour 100 femmes de 65 à 79 ans, on dénombrait 80,7 hommes. Chez la population âgée de 80 ans et plus, on estimait 63,7 hommes pour 100 femmes au 1er juillet 2016, contre 51,7 hommes pour 100 femmes au 1er juillet 1996. Parmi les centenaires, on estimait en 2016 qu’il n’y avait que 13,1 hommes pour 100 femmes.

De légères variations du rapport de masculinité entre les provinces et les territoires

La structure par sexe présente certaines disparités régionales au Canada. Au 1er juillet 2016, le plus faible rapport de masculinité au pays se retrouvait à l’Île-du-Prince-Édouard, avec 95,2 hommes pour 100 femmes et le plus élevé en Alberta, soit 103,0 hommes pour 100 femmes. Les rapports de masculinité enregistrés dans les provinces de l’Atlantique étaient inférieurs à la moyenne nationale (98,4 hommes pour 100 femmes), alors que les rapports de masculinité des provinces des Prairies y étaient tous supérieurs. Cette situation est surtout attribuable aux migrations interprovinciales de la population masculine en âge de travailler.

En 2016, dans tous les territoires, le nombre d’hommes surpassait le nombre de femmes. Les principales différences entre la structure par sexe des territoires et celle de l’ensemble du pays se retrouvent aux âges élevés. À 50 ans et plus, le Yukon et les Territoires-du-Nord-Ouest comptaient respectivement 108,2 et 107,9 hommes pour 100 femmes et le Nunavut 116,1 hommes pour 100 femmes.

Les individus mobiles sont beaucoup plus jeunes que la population dans son ensemble

La pyramide des âges ci-contre (figure 2.2) permet de mettre en relief les différences au niveau de la structure par âge et sexe des migrants interprovinciaux, des immigrants 6 , des résidents non permanents ainsi que de la population totale.

Au 1er juillet 2016, la proportion de personnes en âge de travailler (15 à 64 ans) était considérablement élevée chez les immigrants (75,5 %), les migrants interprovinciaux (77,8 %) et les résidents non permanents (96,4 %). Ces sous-groupes présentent également une forte concentration de jeunes adultes. Une majorité de résidents non permanents (58,6 %) étaient âgés de 18 à 29 ans. Les immigrants étaient légèrement plus âgés et moins concentrés dans certains groupes d’âge, puisque 53,4 % d’entre eux faisaient partie des 25 à 44 ans. Dans le cas des migrants interprovinciaux, 48,5 % des effectifs étaient âgés de 20 à 39 ans.

Figure 2.2 : Pyramide des âges de la population, des migrants interprovinciaux, des immigrants et des résidents non permanents, 2016, Canada

Les immigrants se distinguaient par leur forte proportion d’enfants de moins de 15 ans (21,3 %). Cette proportion était d’ailleurs en hausse notable par rapport à l’année précédente (18,7 %). En comparaison, en 2016, 3,0 % des résidents non permanents faisaient partie du groupe d’âge des 0 à 14 ans. La structure par âge distincte des résidents non permanents s’explique notamment par le fait que ceux-ci viennent au Canada principalement pour des motifs liés au travail et aux études, qui concernent surtout les jeunes adultes et qui s’appliquent moins aux enfants.

Par ailleurs, les personnes âgées de 65 ans et plus représentaient une part plus importante chez les migrants interprovinciaux (6,6 %), comparativement aux immigrants (3,1 %) et aux résidents non permanents (0,5 %).

La structure par sexe des trois sous-groupes diffère elle aussi. Les hommes étaient légèrement sous-représentés chez les immigrants (95,7 hommes pour 100 femmes), mais étaient surreprésentés chez les résidents non permanents (133,9 hommes pour 100 femmes). À titre comparatif, le rapport de masculinité parmi l’ensemble de la population du Canada se rapprochait de la parité, avec 98,4 hommes pour 100 femmes. Ces écarts ne sont pas attribuables à l’effet des structures par âge différentes puisque ces constats sont observés dans la majorité des groupes d’âge – à des degrés divers – et non seulement pour la population totale.

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