Migrations : interprovinciales, 2011-2012

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Par Stephanie Willbond

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Début du texte

La migration interprovinciale, c’est-à-dire les déplacements de personnes d’une province ou d’un territoire à une autre entrainant un changement de résidence habituel, a une incidence sur la répartition de la population du pays et la composition de la population des provinces et des territoires. Le présent article décrit la migration interprovinciale au Canada utilisant les données définitives de 2011-2012. L’analyse est fondée sur les tendances observées depuis 1976-1977, soit la première année de l’actuel système de tenue de dossiers. Plus précisément, l’article présente une analyse de la migration interprovinciale et de son incidence sur l’ensemble du Canada, la répartition de la migration par province/territoire, y compris le nombre d’entrées et de sorties et le solde migratoire, ainsi que les flux migratoires entre certaines provinces et certains territoires. De plus, compte tenu des taux élevés de migration interprovinciale en Alberta, une description des tendances migratoires en Alberta est présentée, suivie d’une section sur l’âge particulier des migrants et enfin, un bref examen des estimations provisoires de 2012-2013.

Début de l'encadré

Source des données

Les estimations de la migration interprovinciale utilisées dans cet article proviennent du Programme des estimations démographiques de Statistique Canada. Étant donné qu’il n’y a pas de mécanisme en place pour enregistrer les mouvements migratoires interprovinciaux au Canada, Statistique Canada produit ces estimations au moyen du fichier sur la famille T1 (FFT1), un fichier de données administratives qui est composé de fichiers fiscaux individuels T1 et T4, et du fichier de la Prestation fiscale canadienne pour enfants (PFCE) provenant de l’Agence du revenu du Canada. Ces données permettent de cerner les migrants en comparant les adresses indiquées dans les déclarations de revenus des particuliers pendant deux années d’imposition consécutives. Des informations supplémentaires quant à la méthodologie peuvent être trouvées dans le document de Statistique Canada, no 91‑528‑X au catalogue.

Fin de l'encadré

Nombre de migrants interprovinciaux au Canada

En 2011‑2012, le nombre de migrants interprovinciaux au Canada s’est établi à 280 347 personnes (tableau 1). Ce niveau est le plus élevé des trois dernières années, mais il demeure inférieur aux niveaux enregistrés par le passé (figure 1). Avant 2011‑2012, le nombre de migrants interprovinciaux a diminué de façon constante, passant de 305 062 en 2006‑2007 à 257 085 personnes en 2010‑2011. Une tendance semblable a été observée de 1997‑1998 à 2003‑2004, où une baisse de 309 234 à 261 380 migrants a été suivie d’un rebond en 2004‑2005, pour atteindre 285 544 personnes.

Parmi les facteurs pouvant influencer les tendances migratoires, mentionnons l’économie et les possibilités d’emploiNote 1Note 2Note 3. Par exemple, les personnes peuvent être plus susceptibles de migrer vers les provinces et territoires qui connaissent une croissance économique dans l’espoir de meilleures perspectives, et elles sont également plus susceptibles de quitter les provinces et les territoires qui sont aux prises avec des difficultés économiques ou un chômage plus élevé.

Les tendances de la migration interprovinciale varient également selon l’âge et le sexe, les jeunes adultes, plus précisément les hommes de 20 à 29 ans, étant les plus nombreux à migrerNote 4,Note 5. En 2011-2012, les migrants les plus nombreux avaient 27 ans, tant chez les hommes que chez les femmes. En fait, les personnes de 27 ans représentaient 1,4 % de la population canadienne totale, mais elles constituaient 3,6 % de l’ensemble des migrants.

Comme susmentionné, bien que le nombre total de migrants canadiens ait augmenté en 2011-2012, le nombre demeure plus faible que par le passé. Cette baisse peut s’expliquer en partie par le vieillissement de la population, ainsi que d’autres facteurs. En fait, en 2011, l’âge médian pour le Canada (40,0 ans) dépassait de 12,3 ans celui de 1976 (27,7 ans). Un âge médian plus jeune pourrait expliquer, dans une certaine mesure, les taux de migration élevés, tandis que l’âge médian actuel appartient à un groupe plus âgé, dont les taux de migration diminuent graduellement et rapidementNote 6. Cependant, compte tenu des taux de migration en baisse dans presque tous les groupes d’âge (figure 2), le vieillissement de la population n’explique qu’en partie cette diminution globale de la migration interprovinciale canadienne.

Entrants et sortants interprovinciaux

Le nombre d’entrants et de sortants était généralement plus élevé pour les provinces et les territoires en 2011-2012 qu’en 2010-2011. Plus précisément, 9 des 13 provinces et territoires ont connu des hausses de leur nombre d’entrants, les exceptions étant la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, les Territoires du Nord‑Ouest et le Nunavut. Onze des 13 provinces et territoires ont enregistré des hausses de leur nombre de sortants (sauf Terre-Neuve-et-Labrador et l’Alberta).

Non seulement les niveaux de migration étaient-ils plus élevés en 2011-2012, mais les hausses du nombre de migrants interprovinciaux qui sont survenues de 2010-2011 à 2011-2012 étaient plus élevées que celles enregistrées de 2009-2010 à 2010-2011. De plus, de 2010-2011 à 2011-2012, 7 des 13 provinces et territoires ont affiché des hausses de leur taux de sortie d’au moins 10 %, ce qui avait été le cas d’aucune province ou territoire l’année précédente. Enfin, en 2011-2012, aucune des provinces et aucun des territoires n’a vu baisser à la fois leur nombre d’entrants et leur nombre de sortants, alors que 7 des 13 provinces et territoires ont enregistré des augmentations de ces deux composantes, soit l’Île-du-Prince-Édouard, le Québec, l’Ontario, le Manitoba, la Saskatchewan, la Colombie-Britannique et le Yukon.

Hormis les territoires, pour une seconde année d’affilée, l’Alberta est la province qui a accueilli le plus d’entrants interprovinciaux, tant en nombre qu’en proportion de la population (80 837 personnes, représentant 2,1 % de la population). En termes absolus, l’Ontario a détenu brièvement ce titre pendant la période de 2009‑2010, mais cette province a été reléguée en deuxième position l’année suivante et est resté en deuxième place en 2011-2012, ayant enregistré 60 459 entrants. Cependant, compte tenu de la grande taille de la population de l’Ontario, le grand nombre d’entrants a eu peu d’influence sur la population de l’Ontario. En fait, le taux de migration interprovinciale d’entrée de l’Ontario était l’avant‑dernier en importance de l’ensemble des provinces et des territoires (0,5 %), dépassant seulement celui du Québec (0,3 %). Pendant plus de 15 ans, l’Alberta et l’Ontario étaient les deux provinces qui affichaient le plus grand nombre d’entrants, les premières années comprenant également la Colombie-Britannique. Exception faite de la brève dominance de l’Ontario en 2009‑2010, l’Alberta a constamment accueilli le plus grand nombre d’entrants depuis 2001‑2002.

De 2010‑2011 à 2011‑2012, l’Alberta a affiché la plus forte hausse relative du nombre d’entrants (26,4 %), suivie de la Saskatchewan (16,8 %). L’augmentation relative de l’Alberta pendant cette période était à son plus fort depuis la période de 2003‑2004 à 2004‑2005 (35,5 %).

L’Ontario, province la plus populeuse, est demeurée la première source de sortants interprovinciaux (71 070 personnes) en 2011‑2012, suivi de l’Alberta et de la Colombie-Britannique, qui ont enregistré 53 185 et 51 304 sortants respectivement. Toutefois, lorsqu’on examine le nombre de sortants par rapport à la taille de la population, ces trois provinces avaient des taux parmi les plus faibles de l’ensemble des provinces et des territoires. En termes relatifs, à l’exception des territoires, l’Île‑du‑Prince‑Édouard a affiché le plus haut taux de migration interprovinciale de sortie en 2011‑2012 (2,2 %).

La plus forte hausse relative du nombre de sortants est survenue dans le territoire peu peuplé du Nunavut, qui a affiché une hausse de 22,2 % de 2010‑2011 à 2011‑2012. Parmi les provinces, les plus fortes hausses relatives ont été observées à l’Île‑du‑Prince‑Édouard (19,7 %) et en Nouvelle‑Écosse (18,4 %). L’augmentation absolue (8 746) la plus marquée du nombre de sortants est survenue en Ontario.

Soldes migratoires interprovinciaux

Dans la section qui suit, on examine les soldes migratoires interprovinciaux et les flux de migrants selon leur origine et leur destination. Le solde migratoire interprovincial se définit comme la différence entre le nombre d’entrants et de sortants pour une province ou un territoire donné. Le solde migratoire négatif se produit lorsque les personnes s’étant installées dans d’autres provinces et territoires sont plus nombreuses que celles qui sont arrivées d’ailleurs au Canada, alors que c’est l’inverse  pour le solde migratoire positif.

La matrice origine‑destination présente la répartition, par province et territoire, du nombre de migrants selon la région d’origine et de destination. Par exemple, cette matrice indique de quelle province ou de quel territoire l’Alberta reçoit le plus de migrants, et vers quelle province ou quel territoire se dirigent les migrants provenant de l’Ontario. Enfin, un solde migratoire peut être calculé entre deux provinces ou territoires en calculant la différence entre le nombre de personnes qui sont arrivées dans cette province ou territoire en provenance de l’autre province/territoire, et le nombre de personnes ayant quitté cette province ou territoire pour l’autre province/territoire.

La matrice origine‑destination indique donc les principaux partenaires d’échanges migratoires entre les provinces et les territoires et souligne qu’en général, chaque province ou territoire échange des migrants avec peu d’autres régions du Canada. Par exemple, le Québec et l’Ontario ont toujours été d’importants partenaires d’échanges migratoires, tout comme la Colombie‑Britannique et l’Alberta. La migration entre ces paires peut s’expliquer par leur proximité géographique, tandis que la migration entre l’Alberta et l’Ontario, par exemple, peut être imputée à d’autres facteurs, comme l’économie ou les perspectives d’emploi (tableau 2).

Des pertes dans les provinces de l'Atlantique

En 2011‑2012, les provinces de l’Atlantique prises dans leur ensemble ont affiché un solde migratoire négatif, une tendance inchangée par rapport à l’année précédente et souvent observée à plus long terme. En fait, seule Terre‑Neuve‑et‑Labrador a enregistré une hausse de son solde migratoire qui était positif durant cette période, tandis que des soldes négatifs étaient observés dans les trois autres provinces. En comparaison de 2010‑2011, le solde migratoire de Terre‑Neuve‑et‑Labrador est devenu encore plus positif (augmentation de 515 migrants) en 2011‑2012, tandis que ceux de l’Île‑du‑Prince‑Édouard (baisse de 408 migrants), de la Nouvelle‑Écosse (baisse de 2 825 migrants) et du Nouveau‑Brunswick (baisse de 1 648 migrants) sont devenus plus négatifs.

Terre‑Neuve‑et‑Labrador a conservé un solde migratoire positif depuis 2008‑2009, 545 entrants de plus que de sortants ayant été enregistrés en 2011‑2012. La migration interprovinciale Terre‑Neuve‑et‑Labrador tranchent avec les pertes migratoires historiques observées pour cette province, ce qui porte à croire qu’une nouvelle tendance pourrait se dessiner pour cette province. En 2011‑2012, la province a gagné 8 173 personnes d’autres provinces et territoires, et en a perdu seulement 7 628. Comme c’est le cas depuis de nombreuses années, l’Alberta et l’Ontario étaient les principaux partenaires d’échanges migratoires de Terre‑Neuve‑et‑Labrador. Le solde négatif de la province (‑606) avec l’Alberta était attribuable au départ de 3 145 personnes à destination de l’Alberta, tandis que seulement 2 539 personnes ont fait l’inverse. Par ailleurs, Terre‑Neuve‑et‑Labrador a maintenu un solde positif avec l’Ontario depuis 2004‑2005 (850 en 2011-2012). Enfin, la Nouvelle‑Écosse a également joué un rôle de premier plan dans les échanges migratoires avec Terre‑Neuve‑et‑Labrador, en enregistrant 937 sortants à destination de la Nouvelle‑Écosse et 1 117 entrants en provenance de la Nouvelle‑Écosse.

Un solde migratoire négatif à l’Île‑du‑Prince‑Édouard a été observé pour une deuxième année d’affilée (de 2010‑2011 à 2011‑2012), avec ‑618 personnes. Ce solde négatif accru découle d’un gain de 2 620 migrants (126 personnes de plus que l’année précédente) et d’une perte de 3 238 migrants (534 personnes de plus que l’année précédente). L’Ontario, l’Alberta et la Nouvelle‑Écosse sont demeurés d’importants partenaires d’échanges migratoires de l’Île‑du‑Prince‑Édouard. Les soldes migratoires de l’Île‑du‑Prince‑Édouard avec l’Ontario et l’Alberta sont demeurés négatifs pour une seconde année d’affilée, les soldes de 2011‑2012 s’étant établis à ‑151 et à ‑399 respectivement.

Un solde migratoire négatif a été observée en Nouvelle‑Écosse pour une deuxième année d’affilée (de 2010‑2011 à 2011‑2012), les pertes atteignant 2 866 personnes, découlant des 14 410 entrants et des 17 276 sortants. La hausse du nombre de sortants de la Nouvelle‑Écosse s’explique en grande partie par la hausse de ses pertes au profit de l’Alberta : 1 413 personnes de plus ont quitté la Nouvelle‑Écosse pour aller s’installer en Alberta en 2011‑2012 qu’en 2010‑2011, ce qui a donné lieu à un solde de ‑2 717, soit trois fois plus négatif que le niveau enregistré l’année précédente. Par ailleurs, la Nouvelle‑Écosse a pu maintenir un solde positif (mais plus faible) avec l’Ontario (376 personnes) et atteindre un solde positif (139 personnes) avec le Nouveau‑Brunswick pour la première fois depuis 2008‑2009.

Le Nouveau‑Brunswick a enregistré un solde migratoire négatif pour une deuxième année consécutive, en lien avec la tendance à long terme pour la province. La perte migratoire plus importante en 2011‑2012 (‑1 806 personnes) qu’au cours de la période précédente découle d’une hausse des départs (11 850) au profit des autres provinces et territoires, un accroissement de 1 525 personnes en 2010-2011, ainsi qu’une baisse des arrivées (10 044 personnes). Les soldes migratoires du Nouveau‑Brunswick avec ses principaux partenaires étaient négatifs, le plus gros déficit étant survenu avec l’Alberta (‑1 343). Les soldes positifs que le Nouveau‑Brunswick a affichés avec l’Ontario et la Nouvelle‑Écosse en 2010‑2011 sont devenus négatifs en 2011‑2012, avec des pertes nettes de ‑54 et de ‑139 personnes, respectivement.

Le Québec continue de perdre plus de personnes qu’il n’en gagne

Le Québec continue d’enregistrer des pertes au chapitre de la migration interprovinciale, une tendance qui s’est maintenue sans interruption depuis 1976‑1977. Plus précisément, le solde migratoire du Québec se situait à ‑6 915 en 2011‑2012, surtout en raison d’une hausse du nombre de départ, 27 094 personnes, soit 2 447 personnes de plus qu’en 2010‑2011. Le nombre d’arrivées a quant à lui peu changé par rapport à l’année précédente, augmentant légèrement pour atteindre 20 179 personnes. Les principaux partenaires migratoires du Québec ont été l’Alberta, l’Ontario et la Colombie‑Britannique. En 2011‑2012, les soldes migratoires avec ces trois provinces sont devenus plus négatifs qu’ils ne l’avaient été l’année précédente. Le Québec a perdu la majorité de sa population de migrants au profit de l’Ontario, son plus proche voisin, pour enregistrer une perte nette de ‑4 332 personnes.

Multiplication par deux de la perte nette de l'Ontario en 2011-2012

L’Ontario, qui par la taille de sa population constitue un contributeur important à la migration interne au Canada, a continué d’enregistrer un solde migratoire négatif en 2011‑2012, en lien avec une tendance ininterrompue depuis 2003‑2004. En 2011‑2012, la perte migratoire nette de l’Ontario (‑10 611) a plus que doublé en comparaison de la période précédente, découlant en grande partie de la hausse (+8 746) du nombre de personnes ayant quitté l’Ontario (71 070) à destination d’autres provinces/territoires. Bien que le nombre d’entrants en Ontario se soit également accru, la hausse (+2 142) n’était pas suffisante pour compenser le nombre accru de sortants. L’Ontario a continué de perdre plus de personnes au profit de l’Alberta et de la Colombie‑Britannique qu’il en a gagnées. Sa plus forte perte nette (‑10 798) est survenue au profit de l’Alberta, résultant de 22 896 départs et 12 098 arrivées. Enfin, le solde de l’Ontario (4 332) avec le Québec n’était pas assez important pour compenser les pertes subies au profit de la Colombie‑Britannique (‑952) et de l’Alberta (‑10 798).

Le Manitoba conserve son solde négatif

Le Manitoba a affiché un solde migratoire négatif en 2011‑2012, en lien avec une tendance qui se maintient depuis 1984‑1985. Le solde (‑4 212) était cependant plus négatif en 2011-2012 que pendant les quatre périodes précédentes en raison d’une hausse plus importante du nombre de sortants que du nombre d’entrants. L’Ontario, l’Alberta et la Colombie‑Britannique étaient les principaux partenaires d’échanges migratoires du Manitoba. Plus précisément, le Manitoba a conservé des soldes migratoires négatifs aves ces trois provinces, sa plus forte perte nette étant survenue au profit de l’Alberta (‑2 129), suivie de la Colombie‑Britannique (‑1 135) et de l’Ontario (‑458).

La Saskatchewan conserve un solde migratoire positif pour la sixième année d’affilée

Depuis 2006‑2007, une nouvelle tendance est apparue en Saskatchewan en ce qui concerne la migration interprovinciale, la province ayant affiché un solde migratoire positif depuis cette période. En fait, la Saskatchewan était une de seulement quatre provinces et territoires à avoir enregistré un solde migratoire positif au chapitre de la migration interprovinciale en 2011‑2012. La Saskatchewan a enregistré un solde de 1 878 personnes en 2011‑2012, plus du triple de son niveau de la période précédente (2010‑2011). L’augmentation (+1 451) du nombre de sortants de la Saskatchewan était moins prononcée que la hausse (+2 784) du nombre d’entrants, ce qui a conduit au solde migratoire positif plus marqué cette année.

Les principaux partenaires d’échanges migratoires avec la Saskatchewan comprennent l’Ontario, l’Alberta et la Colombie‑Britannique. La Saskatchewan a enregistré des soldes migratoires positifs avec l’Ontario et la Colombie‑Britannique, avec des valeurs de 2 448 et de 167 personnes, respectivement, tout en affichant un solde migratoire négatif avec l’Alberta (‑1 762) pour une deuxième année d’affilée. La perte au profit de l’Alberta était plus prononcée au cours de la période 2011-2012 en raison du nombre accru de migrants quittant la Saskatchewan pour s’installer en Alberta. Ainsi, la Saskatchewan a perdu 1 071 personnes de plus au profit de l’Alberta en 2011‑2012 qu’en 2010‑2011, tout en gagnant seulement 243 entrants de plus de l’Alberta pendant la même période. Par ailleurs, le solde de la Saskatchewan avec l’Ontario était presque deux fois plus prononcé, la Saskatchewan ayant reçu 1 316 entrants de plus que pendant la période précédente.

Reprise de la hausse du solde migratoire de l’Alberta

En 2011‑2012, l’Alberta a gagné plus de personnes qu’elle n’en a perdues au profit d’autres régions du Canada, poursuivant une tendance à long terme de soldes migratoires positifs. Le solde migratoire (27 652) observé en 2011‑2012 était plus de trois fois plus élevé qu’au cours de la période  précédente, et le plus élevé depuis 2006‑2007, où un solde migratoire de 33 809 avait été observé. La hausse du solde migratoire découle d’une forte hausse (26,4 %) du nombre d’entrants (80 837) et d’une légère baisse du nombre de sortants (53 185).

Le solde migratoire observé récemment en Alberta était similaire à ceux observés au début et au milieu des années 2000. La brève période de solde migratoire négatif en 2009-2010 pourrait être imputée en partie aux effets de la récession de 2008-2009, où les taux de chômage ont augmenté de près de quatre points de pourcentage, pour atteindre un sommet de 7,7 %Note 7 . Plus précisément, les secteurs de la construction, de la fabrication et du pétrole et du gaz ont été les plus touchés, leurs taux de chômage s’établissant à 12,9 %, 10,3 % et 9,7 % respectivement de juillet 2008 à janvier 2010Note 8. Le taux de chômage a commencé à baisser après la récession, pour atteindre un taux de 4,5 %, le plus faible taux de toutes les provinces et territoires, en décembre 2012Note 9. Durant la même période, (soit pendant la période de 2011-2012), le solde migratoire de l’Alberta a triplé.

L’Ontario et la Colombie‑Britannique demeuraient les principaux partenaires d’échanges migratoires de l’Alberta. L’Alberta a obtenu d’importants soldes migratoires positifs avec l’Ontario (10 798) et la Colombie‑Britannique (5 361) en 2011-2012. En fait, l’Alberta a affiché un solde migratoire positif avec toutes les provinces et tous les territoires. En 2010-2011, l’Alberta avait présenté un solde négatif avec la Colombie‑Britannique, une situation qui a considérablement changé en 2011-2012 en raison de l’augmentation (+5 728) du nombre de migrants quittant la Colombie‑Britannique (26 629) à destination de l’Alberta.

La Colombie‑Britannique enregistre sa première perte nette en près d’une décennie

La Colombie‑Britannique présentait un solde migratoire négatif (‑2 711) avec les autres provinces et territoires en 2011‑2012, principalement en raison d’une augmentation de 15,5 % (+6 871 personnes) du nombre de sortants (51 304). La dernière fois que la Colombie‑Britannique a présenté un solde migratoire négatif (‑1 037) était en 2002‑2003. L’Ontario et l’Alberta sont demeurées les principaux partenaires migratoires de la Colombie‑Britannique. Le solde migratoire de la Colombie‑Britannique avec l’Ontario (952 personnes) est demeuré positif en 2011‑2012, une tendance amorcée en 2002‑2003, tandis que son solde avec l’Alberta (‑5 361) est devenu négatif pour la première fois en six ans.

Une perte nette généralisée pour les territoires

Par le passé, peu de migrants interprovinciaux émanent des territoires, en partie à cause de la petite taille de leur population. En 2011‑2012, les trois territoires ont enregistré des niveaux de migration interprovinciale plus faibles que toutes les provinces. Cependant, lorsqu’on examine la migration par rapport à la taille de la population, c’est‑à‑dire sous forme de taux plutôt que de nombre, on constate que les territoires ont les taux de migration d’entrée et de sortie les plus élevés parmi toutes les provinces et territoires.

Le Yukon a enregistré un solde migratoire positif (313 personnes) en 2011‑2012, poursuivant une tendance observée depuis 2006‑2007. Le principal partenaire migratoire du Yukon est la Colombie‑Britannique, avec lequel le Yukon a perdu 510 personnes et gagné 639 personnes, ce qui a entraîné un solde migratoire positif de 129 personnes. Cette tendance avait également été observée au cours des deux périodes précédentes.

Les Territoires du Nord‑Ouest ont enregistré un solde migratoire négatif de ‑496 personnes au profit d’autres provinces et territoires au Canada en 2011‑2012. Cette tendance négative est constante dans ce territoire depuis les huit dernières années, 2002‑2003 étant la dernière année pour laquelle le solde a été positif. L’Ontario, l’Alberta et la Colombie‑Britannique sont les principales sources d’échange migratoire avec les Territoires du Nord‑Ouest. Le territoire a perdu plus de personnes au profit de l’Alberta (‑450) et de la Colombie‑Britannique (-22) qu’il n’en a gagnées. Cette tendance négative est restée constante pendant de nombreuses années, le dernier solde migratoire positif étant survenu en 2002‑2003 avec la Colombie‑Britannique, et en 1984‑1985 avec l’Alberta. Enfin, les Territoires du Nord‑Ouest ont maintenu un solde migratoire positif avec l’Ontario (93) depuis 2006‑2007.

Le Nunavut est retourné à un solde migratoire négatif (‑153) en 2011‑2012. En fait, l’année précédente (2010‑2011) était la seule période au cours des 10 dernières années où l’on a observé un solde migratoire positif pour le Nunavut. L’Ontario demeure le principal partenaire migratoire du Nunavut en 2011‑2012.

Le cas de l’Alberta

Pendant plus d’une décennie, la conjoncture économique favorable de l’Alberta, liée directement et indirectement au développement de l’industrie pétrolière et gazière, a joué un rôle en attirant les Canadiens à la recherche d’un emploi dans ces industries. En 2011‑2012, le solde migratoire interprovincial de l’Alberta était très élevé, retournant à un niveau comparable à ceux du début des années 2000. En effet, l’Alberta a accueilli plus de 80 000 migrants interprovinciaux en 2011‑2012 (tableau 2), ou 28,8 % de tous les migrants interprovinciaux, la même proportion que le nombre combiné de migrants accueillis par les deux provinces les plus populeuses du pays, soit l’Ontario et le Québec.

Le niveau de migration interprovinciale de l’Alberta était élevé, mais n’était pas répartie uniformément à l’intérieur de la province, certaines divisions de recensement (DR)Note 10 enregistrant de hauts niveaux de migration, tandis que d’autres affichaient des niveaux bien inférieurs.

La figure 3 montre les taux de migration nette dans certaines DR de l’Alberta pendant la période quinquennale précédente. La Division No. 16 (Wood Buffalo), où se trouve la majorité de l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta (y compris Fort McMurray)Note 11, attire la plus forte proportion de migrants entrant en Alberta. En 2011-2012, le taux de migration nette de cette DR était presque deux fois plus grand que la deuxième en importance, la Division No. 19 (Grande Prairie), qui a également tendance à attirer des migrants grâce à ses perspectives d’emploi dans le secteur du pétrole et du gaz. En termes absolus, la Division No. 6 (Calgary) et la Division No. 11 (Edmonton) ont enregistré les soldes migratoires les plus élevés, suivies de la Division No. 16 (Wood Buffalo), tandis que les autres DR ont affiché des niveaux bien inférieurs (figure 4). Des tendances similaires ont été observées au cours de la période précédente de cinq ans (2007-2008 à 2011-2012), qui inclut la récession de 2008-2009.

La récession a eu un effet important sur l’économie et le taux d’emploi de l’Alberta, touchant les arrivages de pétrole brut, les ventes du secteur de la fabrication et le commerce de grosNote 12. Pendant la même période, l’Alberta a connu certains changements en matière de migration interprovinciale. Malgré la baisse du niveau de migration de l’Alberta, des différences dans le solde migratoire des DR demeuraient apparents pendant cette période. De plus, les niveaux de la migration étaient inférieurs dans la majorité des DR de l’Alberta, et toutes ces DR enregistraient des soldes migratoires négatifs sauf deux, soit la Division No. 16 (Wood Buffalo) et la Division No. 18 (Greenview). Leur solde migratoire positif était cependant à des niveaux plus faibles qu’avant la récession.

Après la récession économique, les taux de migration nette ont commencé à augmenter (figure 3), la plupart des DR ayant atteint des niveaux plus élevés que ce qu’on avait vu avant la récession. En fait, 11 des 18 DR ont enregistré des taux qui étaient au moins deux fois plus élevés que ceux d’avant la récession. De plus, la Division No. 14 (Yellowhead), la Division No. 18 (Greenview) et la Division No. 19 (Grand Prairie) ont enregistré des augmentations de leurs taux parmi les plus prononcées au cours de la période d’après récession, pour atteindre des niveaux de 1 % et plus. Bien que la Division No. 16 (Wood Buffalo) ait subi une baisse importante de son taux de migration nette au cours des années suivant la récession, le taux est demeuré positif et plus élevé que tout autre taux de migration nette enregistré par une DR de l’Alberta pendant la période de cinq ans (2007‑2008 à 2011‑2012). Enfin, seule cette division, ainsi que la Division No. 2 (Lethbridge) et la Division No. 4 (Hanna), n’avaient pas encore atteint en 2011‑2012 les niveaux de migration interprovinciale d’avant la récession.

Qui sont les migrants?

Dans la majorité des provinces et des territoires, le pourcentage de migrants interprovinciaux est relativement similaire parmi les groupes d’âge; cependant, il y a quelques exceptions à cette règle. Par exemple, la figure 5 décrit les régions où les niveaux de migration varient considérablement d’un groupe d’âge à un autre. Le solde migratoire dans les provinces de l’Atlantique est considérablement plus négatif au début de l’âge adulte (20 à 24 ans), mais il devient moins négatif, frisant même les valeurs positives, entre 50 et 70 ans, des âges souvent associés au départ à la retraite. La tendance inverse est observée en Alberta, où un taux de migration nette positif important est observé au sein du groupe d’âge des 20 à 24 ans, suivi d’une diminution pour les âges suivants.

À l’instar de l’Alberta et des provinces de l’Atlantique, on constate un effet miroir lorsqu’on examine les tendances de la Colombie-Britannique et de la Saskatchewan. En outre, la tendance observée en Saskatchewan, similaire mais moins prononcée qu’en Alberta, présente une migration plus forte aux jeunes âges, et moins prononcée autour des âges de la retraite. Par ailleurs, la Colombie-Britannique, qui présente un taux de migration nette négatif au sein des groupes d’âge actif, montre des gains migratoires aux âges de la retraite. En conclusion, ces régions semblaient avoir enregistré des mouvements migratoires interprovinciaux liés au monde du travail, l’Alberta et la Saskatchewan ayant attiré des personnes plus jeunes dans leur population active, tandis que la Colombie‑Britannique et les provinces de l’Atlantique avaient présenté des pertes parmi les jeunes adultes, mais aussi des gains de personnes proches de l’âge de la retraite.

Un coup d’œil sur 2012-2013

Les données sur la migration interprovinciale de 2012‑2013 sont considérées comme des estimations provisoires pouvant faire l’objet de révisions. Des sources différentes sont utilisées pour produire les estimations provisoires et définitives de la migration interprovinciale, ce qui donne lieu à une légère surestimation des flux migratoires dans les données provisoires, sans toutefois avoir d’effet significatif sur le solde migratoire et les estimations pour la population totale. Pour cette raison, seul le solde migratoire sera analysé ci-après.

Terre‑Neuve‑et‑Labrador présentait, en 2012‑2013, un solde migratoire négatif (‑875), une première depuis 2007‑2008 (‑528). Par le passé, un solde migratoire négatif était souvent observé à Terre‑Neuve‑et‑Labrador, seules quelques périodes ayant affiché un solde migratoire positif. L’Alberta, la Saskatchewan et le Yukon étaient les seules provinces ou territoires ayant affiché un solde migratoire positif de 2011‑2012 à 2012‑2013, l’Alberta ayant enregistré un solde migratoire plus élevé encore, soit près du double, de celui observé en 2011‑2012. De plus, le solde de l’Alberta (52 677) en 2012‑2013 était le solde migratoire le plus important jamais enregistré par cette province ou toute autre province au Canada depuis 1976‑1977. En fait, le niveau de migration interprovinciale pendant cette période est comparable, mais légèrement plus élevé, à ceux enregistrés pendant les booms pétroliers précédents. Les soldes migratoires positifs de la Saskatchewan et du Yukon étaient plus faibles en 2012‑2013 que pendant la période précédente. Le Nunavut présentait quant à lui à un solde positif (218 personnes) en 2012‑2013. C’était la deuxième fois en 11 ans qu’un solde migratoire positif était observé au Nunavut.

L’Ontario a continué d’afficher, pour la deuxième année de suite, le solde migratoire le plus négatif en nombre absolu, un solde deux fois plus important qu’en 2011‑2012. Le Québec a quant à lui observé des pertes migratoires croissantes depuis 2009‑2010. Enfin, toutes les autres provinces ont continué de présenter des soldes migratoires négatifs en 2012‑2013, affichant des soldes migratoires plus négatifs qu’au cours de la période précédente.

Sommaire

La migration interprovinciale au Canada contribue à la croissance et à la répartition de la population du pays en influant sur la taille de la population, la composition démographique et la composition socioculturelle de chaque province et territoireNote 13. En 2011-2012, le nombre total de migrants interprovinciaux au Canada (280 347) était plus élevé qu’il l’avait été au cours des trois années précédentes, mais il demeurait inférieur aux niveaux antérieurs. Par ailleurs, les jeunes adultes continuaient de présenter des taux de migration plus importants que les autres groupes d’âge.

L’Alberta continuait de présenter le solde migratoire positif le plus élevé de toutes les provinces et territoires (27 652 personnes) en 2011-2012 comme elle continuait de présenter le plus grand nombre d’entrants de l’ensemble des provinces et territoires. Hormis une brève période en 2009-2010 où le solde migratoire a été négatif en Alberta, son solde migratoire a été positif et supérieur à ceux de toutes les autres provinces depuis 1996-1997. Il est important de souligner que bien que le niveau général de la migration interprovinciale vers l’Alberta ait été élevé, cette migration profitait davantage à certaines divisions de recensement de la province qu’à d’autres, notamment la Division No. 16 (Wood Buffalo) qui a affiché le plus important taux de migration nette au cours des cinq dernières années. Parmi les provinces de l’Atlantique, seule Terre‑Neuve‑et‑Labrador a enregistré un solde positif durant cette période, poursuivant une tendance amorcée en 2008‑2009. Les autres provinces de l’Atlantique ont connu des soldes migratoires négatifs considérablement plus importants au cours de la récente période. Les territoires continuaient de présenter un faible nombre de migrants interprovinciaux, et seul le Yukon enregistrait un solde migratoire positif au cours de la période.

Pour 2011‑2012, seuls la Saskatchewan, Terre‑Neuve‑et‑Labrador, l’Alberta et le Yukon ont connu des soldes migratoires positifs, une tendance qui s’est maintenue par rapport à l’année précédente, tandis que les autres provinces ont enregistré des soldes négatifs. Enfin, l’Ontario, en tant que province la plus populeuse, a continué de fournir le plus grand nombre de migrants aux autres provinces et territoires et le Québec continuait de demeurer la seule province au sein de laquelle un solde migratoire positif n’a jamais été observé

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