Migrations : internationales, 2010 et 2011

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par Jonathan Chagnon

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Cet article présente les récentes tendances en matière d’immigration au Canada et les situent dans un contexte historique et international, lorsque possible. De plus, on y trouve une analyse de l’immigration selon les catégories d’admission des immigrants au Canada en 2010 et en 2011, selon le lieu de naissance et la province ou le territoire de destination ainsi que la composition par âge et sexe de la population immigrante. Sauf indication contraire, les données du présent article sur les courants migratoires internationaux à destination du Canada proviennent de Citoyenneté et Immigration Canada (CIC) et ne visent que les résidents permanents1.

Plan d’immigration et nombre d’immigrants admis au Canada

CIC publie un plan annuel d’immigration qui présente une fourchette cible quant au nombre d’immigrants à admettre de façon permanente au Canada. Entre 2007 et 2011, la fourchette définie était de 240 000 à 265 000 immigrants (tableau 1). Le nombre réel d’immigrants admis au Canada en 2010 a été de 280 700, dépassant légèrement cette fourchette cible. Le volume élevé des admissions en 2010 est le résultat d’une combinaison de facteurs particuliers. Entre autres, il y a eu accélération du traitement des demandes afin de réduire l’arriéré accumulé au fil des ans, une augmentation du nombre d’admissions de la catégorie économique annoncée en milieu d’année, une augmentation du nombre de personnes protégées admis en raison d’événements tel que le tremblement de terre en Haïti, le succès du Programme des candidats des provinces, etc2. Les données pour 2011 indiquent que 248 700 immigrants ont été admis au Canada, soit de retour à un niveau se situant à l’intérieur de la fourchette définie. La fourchette cible du nombre d’immigrants susceptibles d’être admis de façon permanente au Canada en 2012 et 2013 demeure la même que pour la période allant de 2007 à 2011.

En plus de fluctuations annuelles dans le nombre d’immigrants admis au Canada, certaines variations observées au cours du siècle dernier peuvent être associées à des événements historiques particuliers. Le nombre le plus élevé d’immigrants a été enregistré en 1913, année où plus de 400 000 immigrants sont entrés au pays, à une époque où l’on encourageait l’établissement dans les provinces de l’Ouest (figure 1). Moins d’immigrants ont été admis au Canada entre 1915 et 1918, années de la Première Guerre mondiale, et particulièrement au cours des années 1931 à 1945, période de la Grande Dépression suivie de la Seconde Guerre mondiale. Le nombre d’immigrants admis au Canada était de nouveau élevé en 1957 alors que 282 200 immigrants ont été admis cette année-là, plusieurs comme personnes protégées hongrois, de nombreux autres étant britanniques et recherchant davantage de stabilité politique3.

Le taux d’immigration est le rapport entre le nombre d’immigrants admis dans un pays d’accueil pendant une période donnée et l’effectif moyen de la population de ce pays, exprimé pour 1 000 habitants. Cet indicateur peut servir aussi bien à comparer le niveau d’immigration au fil du temps qu’à des fins de comparaison internationale entre les pays.

Le taux d’immigration au Canada était de 8,2 immigrants pour 1 000 habitants en 2010, en hausse par rapport au taux de 7,5 enregistré l’année précédente. Les données de 2011 indiquent un taux de 7,2 immigrants pour 1 000 habitants, soit un retour à un niveau plus près de ceux observés en moyenne récemment. Le taux d’immigration est demeuré plutôt stable pendant la dernière décennie, où il a varié entre 7,0 immigrants pour 1 000 habitants en 2003 et 8,2 immigrants pour 1 000 habitants en 2010.

Les tendances historiques de l’immigration au Canada présentent cependant certaines variations importantes. Il y a notamment eu le sommet à ce jour inégalé enregistré en 1913, lorsque le taux d’immigration a atteint 52,5 immigrants pour 1 000 habitants, et les faibles niveaux du début des années 1940, alors que le taux était inférieur à 1 immigrant pour 1 000 habitants. Le taux d’immigration observé au cours des 50 dernières années n’a jamais dépassé celui observé en 1967 alors qu’il était de 10,9 immigrants pour 1 000 habitants. L’année 1967 correspond à l’entrée en vigueur du système de « points » pour l’admission au Canada dans la catégorie économique, système qui accorde une plus grande importance à des critères économiques, comme la scolarité, la connaissance d’une des deux langues officielles et la capacité d’intégrer le marché du travail. Avant les années 1960, l’admission des immigrants était largement limitée à ceux en provenance de l’Europe et des États-Unis.

À l’échelon international, le taux de migration nette4 du Canada, à savoir le solde entre les immigrants et les émigrants exprimé pour 1 000 habitants, est relativement important lorsque comparé à celui d’autres pays industrialisés. Par exemple, à 6,9 pour 1 000, le taux de migration nette au Canada en 2010 était plus élevé que celui observé dans plusieurs pays industrialisés comme la Suède (5,3), les États-Unis (2,3), la Fédération de Russie (1,8) et la France (1,2). Quelques pays, dont l’Australie (12,7) et la Norvège (8,6), présentaient récemment un taux de migration nette plus élevé que celui observé au Canada. Un petit nombre de pays comme le Japon (-0,6), présentent un taux de migration nette négatif, ce qui signifie que davantage de personnes quittent ces pays qu’ils n’en arrivent5.

Dans l’ensemble, le nombre d’immigrants admis chaque année représente un faible pourcentage de la population totale du Canada. Le nombre d’immigrants admis au Canada représentait 0,7 % de la population en 2011 et il a été égal ou inférieur à 1,1 % depuis plus de 50 ans. Toutefois, l’effet sur la population totale est cumulatif et même si certains immigrants quittent la population parce qu’ils meurent ou émigrent, un grand nombre demeurent au Canada. Selon l’Enquête nationale auprès des ménages de 2011, environ un Canadien sur cinq (20,6 %) était né à l’étranger. Une étude présentant des comparaisons internationales du nombre et de la proportion d’immigrants et reposant sur des données projetées jusqu’en 2010 a montré que, parmi l’ensemble des pays étudiés, ce sont les États-Unis qui présentaient le plus grand nombre d’immigrants (42,8 millions) au sein de leur population6. En comparaison, la population du Canada comportait environ 6,8 millions d’immigrants tel qu’observé dans les données de l’Enquête nationale auprès des ménages de 20117. Toutefois, selon des données récentes, la part que représentent les immigrants au sein de la population était plus importante entre autres au Canada (20,6 %) et en Australie (26,8 %) qu’elle ne l’était aux États-Unis (13,1 %)8. Selon les projections, au moins le quart (entre 25 % et 28 %) de la population canadienne pourrait être née à l’étranger d’ici 20319.

Catégorie d’admission des immigrants au Canada

La Loi sur l’immigration et la protection des personnes protégées (LIPR), entrée en vigueur en juin 2002, est le cadre juridique fédéral qui régit l’immigration, et définit les quatre principales catégories en fonction desquelles les immigrants permanents sont admis au pays10. CIC est responsable de mettre en application cette loi et de déterminer la fourchette cible d’immigration pour le Canada et pour chacune des quatre catégories (tableau 1) 11 :

  • la catégorie de l’immigration économique – comprend les travailleurs qualifiés, les gens d’affaires, les candidats des provinces et des territoires, la catégorie de l’expérience canadienne12 et les aides familiaux résidants, ainsi que leurs époux/partenaires et leurs personnes à charge;
  • la catégorie du regroupement familial – comprend les époux, conjoints ou partenaires conjugaux, les enfants à charge, les parents et les grands-parents, et d’autres membres de la famille immédiate qui sont parrainé par des citoyens et des résidents permanents du Canada;
  • la catégorie des personnes protégées – comprend les réfugiés pris en charge par le gouvernement, les personnes protégées parrainés par le secteur privé, et les personnes qui ont reçu le statut de personne protégée au Canada à la suite d’une demande d’asile accueillie; et
  • la catégorie des autres immigrants – la LIPR autorise également Citoyenneté et Immigration Canada à octroyer le statut de résident permanent à des individus et des familles qui ne peuvent l’obtenir au titre d’aucune catégorie, dans les cas où des motifs d’ordre humanitaire ou l’intérêt public le justifient pleinement. Ces dispositions discrétionnaires permettent l’acceptation des cas méritoires non prévus par la Loi.

De plus, l’année 2008 marque le début d’un programme de modernisation du système d’immigration du Canada. Entre autres, la LIPR a été modifiée pour inclure la catégorie de l’expérience canadienne, un sous-ensemble de la catégorie de l’immigration économique. Les immigrants qui présentent une demande en vertu de la catégorie de l’expérience canadienne doivent connaître le français ou l’anglais et avoir acquis au Canada une expérience de travail, laquelle peut être bonifiée par l’obtention d’un diplôme d’un établissement postsecondaire canadien.

Au cours de l’année 2011, des séries d’instructions ministérielles ont été introduites afin de soutenir la croissance économique et d’accélérer le traitement des demandes. Une première série prévoit une limite au nombre de nouvelles demandes susceptibles d’être acceptées. Une autre concerne le Programme des travailleurs qualifiés et prévoit le classement par ordre de priorité des demandes de candidats ayant de l’expérience dans certaines professions recherchées, afin de mieux répondre aux besoins du marché du travail. Également, dans le but de réduire l’arriéré dans le traitement des demandes du Programme des parents et des grands-parents, un plan d’action a été lancé afin d’accélérer la réunification familiale et une nouvelle série d’instructions ministérielles est venue suspendre temporairement l’acceptation de nouvelles demandes de parrainages13.

CIC prévoit poursuivre la modernisation du programme d’immigration au cours des prochaines années, et d’autres mesures seront également mises en place afin de mieux répondre aux besoins économiques du Canada.

Bien que la fourchette portant sur le nombre total d’immigrants soit demeurée inchangée de 2007 à 2011, les fourchettes pour les catégories particulières d’immigrants ont varié. Pour 2010, le plan proposait une révision à la hausse du nombre d’immigrants de la composante économique (entre 156 300 et 166 800) par rapport à l’année précédente (tableau 1). Cette année-là, le nombre observé d’immigrants qui ont été admis au pays en vertu de cette catégorie a été de 186 900, dépassant ainsi la cible, et représentant environ les deux tiers (66,6 %) de tous les immigrants admis en 2010. L’année suivante, le plan proposait une fourchette de 150 600 à 161 300 immigrants pour la catégorie de la composante économique et le nombre observé d’immigrants admis a été de 156 100 (62,8 % de tous les immigrants), soit un niveau se trouvant à l’intérieur de la fourchette cible. Chaque année depuis 1995, plus de la moitié des immigrants admis au Canada proviennent de la catégorie de l’immigration économique (tableau 2). Depuis 2008, la proportion des immigrants admis au Canada dans cette catégorie a dépassé le seuil de 60 %, et ce, malgré la récession. Cela tranche avec la période de récession économique du début des années 1980, lorsque l’entrée des immigrants de la composante économique était restreinte à ceux qui disposaient déjà d’un emploi au Canada. Au cours de cette période, on a observé plusieurs années où la proportion des immigrants de la catégorie du regroupement familial était plus élevée que celle des immigrants de la composante économique.

La catégorie du regroupement familial est actuellement la deuxième catégorie d’immigrants en importance et l’objectif de leur admission au Canada est la réunification des familles. La fourchette cible d’immigrants pour la catégorie du regroupement familial se situait entre 57 000 et 63 000 pour 2010 et entre 58 500 et 65 500 pour 2011, soit des niveaux inférieurs à la fourchette cible de 2009. Le nombre observé de résidents permanents admis dans cette catégorie a été de 60 200 en 2010 et de 56 500 en 2011, représentant un peu plus d’un immigrant sur cinq admis au Canada ces années-là (21,5 % et 22,7 %). Il s’agit de niveaux inférieurs à la moyenne de 64 800 (plus d’un immigrant sur quatre, soit 26,9 %) observée au cours des 10 années précédentes. Ces pourcentages sont également moins élevés qu’ils ne l’étaient au cours des années 1980 et 1990, alors que la proportion de résidents permanents admis dans cette catégorie a parfois dépassé les 40 % de tous les immigrants. En 2012, la fourchette cible annoncée est de 59 800 à 69 000 immigrants.

La troisième catégorie pour laquelle CIC établit une fourchette cible est celle des personnes protégées, bien que le nombre de personnes protégées acceptées au Canada puisse excéder la fourchette en période de crise internationale telle qu’une guerre ou un conflit politique, une catastrophe naturelle ou d’autres circonstances humanitaires. Le nombre de personnes protégées admise en 2010 et 2011 se trouvait à l’intérieur des fourchettes cibles (soit 19 600 à 26 000 en 2010 et 23 200 à 29 000 en 2011). En 2010, le Canada a admis 24 700 personnes protégées, ce qui représentaient 8,8 % de l‘ensemble des immigrants admis cette année-là. La proportion de personnes protégées admise en 2010 demeurait cependant moins élevée que les proportions qui ont été observées tout au long des années 1980 ainsi qu’au début des années 1990 et elle représentait moins du tiers du niveau observé en 1980 (28,2 %). Les données de 2011 indiquent que 27 900 résidents permanents ont été admis dans cette catégorie, soit le niveau le plus élevé depuis 2007, représentant 11,2 % des immigrants admis cette année-là. Cette proportion se rapproche de la proportion moyenne observée au cours de la décennie précédente (11,7 %).

La LIPR donne la possibilité à CIC d’accepter des ressortissants étrangers qui ne répondraient pas autrement aux exigences de la Loi. En 2010, 8 800 immigrants ont été admis en vertu de cette catégorie et ils représentaient alors 3,2 % de tous les immigrants admis cette année-là. Ce nombre se situait à l’intérieur de la fourchette cible, qui avait été établie entre 7 100 et 9 200 immigrants. La plupart de ces personnes ont été admises au Canada pour des motifs humanitaires. En 2011, le plan proposait l’admission de 7 700 à 9 200 immigrants en vertu de la catégorie des autres immigrants et 8 300 personnes ont effectivement été admises à ce titre, représentant 3,3 % de tous les immigrants admis cette année-là, soit un niveau similaire à celui observé en 2010. En 2012, la fourchette cible a été légèrement diminuée.

Lieu de naissance des immigrants au Canada

L’Asie, incluant le Moyen-Orient, était la principale région d’origine des immigrants au Canada en 2010 et 2011, une situation à l’image de celle des années précédentes. En 2010, 7 des 10 principaux pays d’origine des immigrants se situaient en Asie, contre 6 des 10 en 2011 : les Philippines, l’Inde, la Chine14, l’Iran, le Pakistan, l’Iraq et la Corée du Sud15 (en 2010 seulement) (tableau 3). Dans l’ensemble, les pays asiatiques étaient à l’origine de 58,7 % des immigrants au Canada en 2010 et de 59,3 % d’entre eux en 2011.

Les Philippines étaient le lieu de naissance le plus fréquent des immigrants arrivés au Canada tant en 2010 (38 300) qu’en 2011 (36 500). C’est la première fois depuis 1983 que la Chine n’est pas le lieu de naissance le plus fréquent. Le nombre de résidents permanents en provenance des Philippines a été en augmentation de 2002 à 2010, alors que ceux en provenance de la Chine a diminué de 2005 à 2007, avant de se stabiliser près du niveau observé en 2011. L’écart entre les deux pays a ainsi diminué constamment entre 2005 et 2010.

La proportion d’immigrants en provenance des Philippines en 2010 et en 2011 a représenté respectivement 13,6 % et 14,7 % de tous les immigrants admis au Canada. Près de 9 immigrants sur 10 (87,6 % en 2010, 87,2 % en 2011) qui arrivent des Philippines sont admis au Canada dans la catégorie des immigrants économiques, alors que le dixième restant fait presque entièrement partie de la catégorie du regroupement familial.

L’Inde a été le deuxième lieu de naissance le plus fréquent des immigrants arrivés au Canada en 2010 (33 500 personnes), comme c’était le cas depuis 1995. L’Inde a toutefois glissé au troisième rang en 2011 (27 000 personnes), derrière les Philippines et la Chine. La proportion des immigrants en provenance de ce pays est donc passée de 11,9 % en 2010 à 10,8 % en 2011, soit la proportion la plus faible observée depuis 1999 (9,9 %). Environ les deux tiers (65,8 % en 2010 et 68,6 % en 2011) des arrivants en provenance de l’Inde sont admis dans la catégorie de l’immigration économique et environ un tiers dans la catégorie regroupement familial.

En 2010, la Chine était au troisième rang, avec 31 800 immigrants. C’est la première fois depuis 1980 que la Chine n’est pas l’un des deux principaux lieux de naissance des immigrants. Malgré une diminution du nombre d’immigrants (30 000), la Chine a repris le deuxième rang en 2011. La proportion des immigrants en provenance de la Chine a été, en 2010 et en 2011, respectivement de 11,3 % et 12,1 %. En 2010, les trois quarts (73,4 %) des immigrants chinois appartenaient à la catégorie de l’immigration économique, alors que les données de 2011 montrent une proportion légèrement inférieure dans cette catégorie (68,8 %). La catégorie du regroupement familial représentait un peu plus d’un cinquième des immigrants chinois en 2010 (22,0 %), alors que cette catégorie représentait un quart (25,2 %) en 2011.

Les Philippines, la Chine et l’Inde, qui occupent les trois premières places depuis 2004, étaient collectivement à l’origine de plus du tiers des immigrants admis au Canada tant en 2010 (36,9 %) qu’en 2011 (37,6 %). Il s’agit d’une proportion en constante hausse depuis 2007, mais qui demeure néanmoins légèrement en dessous du sommet de 2005 (37,7 %) et bien en deçà des niveaux atteints au milieu des années 1990, alors que cette proportion a grimpé jusqu’à 42,8 %.

Plusieurs autres pays asiatiques se situant dans les dix premiers rangs ont également changé de position au cours des dernières années. L’Iran est ainsi passé du 8e rang en 2008 (6 600 immigrants admis, représentant 2,7 % de tous les immigrants admis cette année-là) au 4e rang en 2011 (7 500 ou 3,0 %). Le Pakistan est passé du 7e rang en 2010 (6 300 ou 2,3 %) au 6e rang en 2011 (7 000 ou 2,8 %). L’Iraq a connu une importante progression au cours des dernières années, passant du 28e rang en 2006 au 8e rang en 2011 (6 000 ou 2,4 %). Plus de 7 immigrants sur 10 (71,2 % en 2010 et 76,6 % en 2011) en provenance de l’Iraq sont admis dans la catégorie des personnes protégées. La Corée du Sud est quant à elle passée du 10e rang en 2010 au 11e rang en 2011 (4 600 ou 1,9 %).

Pour la première fois depuis que des données comparables sont disponibles, soit en 1980, le Canada a accueilli en 2010 une proportion plus grande d’immigrants en provenance d’Afrique (13,8 %) que d’Europe (13,3 %). Les données de 2011 montrent que l’écart s’est creusé davantage entre les deux continents, l’Afrique ayant été à l’origine de 13,6 % de tous les immigrants arrivés au Canada, comparativement à 11,9 % pour l’Europe.

La proportion d’immigrants en provenance d’Afrique est supérieure à 10 % depuis 2003, ce qui représente plus du double des niveaux moyens enregistrés au cours des années 1980. En 2010, le Maroc se retrouvait parmi les dix principaux pays d’origine des immigrants canadiens avec quelque 6 200 personnes (2,2 %). Cette année-là, près de 8 immigrants sur 10 ont été admis en vertu de la catégorie de l’immigration économique, contre un peu moins de 1 sur 5 dans la catégorie du regroupement familial. Les données de 2011 montrent que le Maroc a glissé au 12e rang, à la suite d'une baisse du nombre d’immigrants (4 400 ou 1,8 %) en provenance de ce pays.

En 2010, l’Europe était le lieu de naissance de 37 400 immigrants, soit le niveau le plus bas depuis 2003. Parmi ces immigrants, 7 600 provenaient du Royaume-Uni, positionnant ce pays en quatrième place des principaux lieux de naissance. Selon les données de 2011, le Canada a accueilli 29 700 personnes de l’Europe, ce qui représente 11,9 % de tous les immigrants. Cette proportion est environ trois fois moins élevée que celle observée en 1981 (34,8 %).

Les Amériques étaient le lieu de naissance de 36 800 personnes, représentant 13,1 % de tous les immigrants admis au Canada en 2010. De ce nombre, 13 300 (4,7 %) provenaient d’Amérique du Nord et Centrale, dont 7 600 des États-Unis, ce qui place ce pays en cinquième place des pays d’origine. En 2010, environ 4 immigrants sur 10 ont été admis dans chacune des catégories d’immigrants économiques et du regroupement familial (respectivement 44,6 % et 39,7 %) alors qu’un peu moins de 1 sur 10 (8,7 %) ont été admis en tant que personnes protégées. Les données de 2011 montrent que 7 100 personnes sont arrivées des États-Unis.

En 2010, le nombre d’immigrants en provenance des Caraïbes et Bermudes a dépassé 10 000 personnes pour la première fois depuis 1995. Le nombre de personnes en provenance d’Haïti a été en forte hausse à la suite du séisme de janvier 2010, et ces immigrants représentaient 1,7 % des immigrants arrivés au Canada cette année-là. Cette proportion a augmenté à 2,6 % (6 500 personnes) selon les données de 2011, ce qui place désormais Haïti en 7e position des principaux pays d’origine des immigrants canadiens, une importante hausse par rapport à la 26e position que ce pays occupait en 2009. En 2011, 38,2 % des immigrants en provenance d’Haïti ont été admis dans la catégorie de l’immigration économique, 32,6 % en tant que personnes protégées et 23,8 % dans la catégorie du regroupement familial.

L’Amérique du Sud était le lieu d’origine de 4,5 % des immigrants en 2010 et de 4,3 % en 2011. La Colombie est le seul pays d’Amérique du Sud faisant partie des 15 principaux pays d’origine des immigrants pour ces deux années. La proportion des immigrants en provenance de ce pays est stable à 1,9 % depuis 2009. En 2011, les catégories des personnes protégées et de l’immigration économique ont chacune compté pour environ 4 admissions sur 10 (respectivement 43,3 % et 39,5 %) en provenance de Colombie.

Destination des immigrants

Bien que la plupart des immigrants continuent de s’établir principalement dans les trois provinces les plus populeuses du pays, soit l’Ontario, le Québec et la Colombie-Britannique, la proportion des immigrants choisissant l’une de ces provinces est en baisse continuelle depuis le début des années 2000, passant sous la barre des 75 % en 2011 (74,8 %) alors qu’ils étaient près de 9 sur 10 (89,7 %) dix ans plus tôt, soit en 2001 (tableau 4).

Le pourcentage d’immigrants qui se sont établis en Ontario en 2010 et en 2011 demeure le plus élevé parmi les provinces et territoires. Toutefois, cette proportion est en baisse depuis quelques années, ce qui pourrait découler d’initiatives telles que le Programme des candidats des provinces qui encourage les immigrants à s’établir dans d’autres provinces. Ce programme confère aux provinces et aux territoires le pouvoir de recruter des immigrants pour satisfaire à leurs besoins économiques particuliers16. L’Ontario, qui accueillait près de 6 immigrants canadiens sur 10 en 2001, n’en a accueilli que 4 sur 10 en 2010 et 2011, soit respectivement 42,1 % et 40,0 %. En 2011, 1 immigrant sur 2 (51,7 %) arrivé en Ontario a été admis dans la catégorie des immigrants économiques, en baisse par rapport aux 58,7 % enregistré en 2010. Il s’agit de l’un des niveaux les plus bas dans cette catégorie parmi toutes les provinces et territoires. Seuls les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut ont enregistré des niveaux inférieurs. À l’opposé, l’Ontario est parmi les provinces et territoires qui accueillent les plus importantes proportions de personnes protégées avec 11,8 % en 2010 et 16,0 % en 2011, surpassée dans cette catégorie uniquement par Terre-Neuve-et-Labrador. La province accueille également plus d’immigrants appartenant à la catégorie du regroupement familial que la moyenne canadienne.

En 2010 et 2011, le Québec a reçu environ 1 immigrant sur 5, ce qui en fait la deuxième province qui reçoit le plus d’immigrants parmi toutes les provinces et territoires. En 2010, 19,2 % des immigrants ont choisi cette province, alors que les données de 2011 montrent que cette proportion a grimpé à 20,8 %, soit le pourcentage le plus élevé observé en 20 ans. Environ 7 immigrants sur 10 y ont été admis dans la catégorie des immigrants économiques, soit un niveau supérieur à la moyenne nationale.

La Colombie-Britannique et l’Alberta ont été respectivement les troisième et quatrième provinces de destination en importance pour les immigrants arrivés au Canada en 2010 et en 2011. L’Alberta reçoit une proportion de plus en plus grande d’immigrants depuis le début des années 2000, alors qu’au cours des quatre dernières années la proportion d’immigrants qui s’établissaient en Colombie-Britannique était en baisse, de sorte que l’écart entre les deux provinces a progressivement diminué. Ainsi, en 2011, la Colombie-Britannique a accueilli 14,0 % des immigrants et l’Alberta 12,4 % (15,7 % et 11,6 % en 2010), alors que ces proportions étaient de 16,5 % et 6,3 % en 2000, respectivement. Un peu moins de 7 immigrants sur 10 s’étant établis dans ces deux provinces en 2010 appartenaient à la catégorie de l’immigration économique (69,9 % pour la Colombie-Britannique et 68,6 % pour l’Alberta), alors qu’en 2011 ces proportions étaient en légère baisse avec respectivement 63,0 % et 67,0 % des immigrants appartenant à cette catégorie. De plus, 29,1 % des immigrants s’étant établis en Colombie-Britannique en 2011 faisait partie de la catégorie du regroupement familial, soit la proportion la plus élevée parmi les provinces, en excluant les territoires.

Le Manitoba et la Saskatchewan ont connu récemment une importante augmentation de leur proportion d’immigrants. En 2010, 5,6 % des immigrants s’étant établis au Canada ont choisi le Manitoba, alors qu’en 2011 ce pourcentage avait augmenté à 6,4 %. La proportion de nouveaux arrivants qui choisissent le Manitoba est en hausse depuis le début des années 2000, alors qu’environ 2,0 % des immigrants s’établissaient dans cette province cette année-là. La Saskatchewan a quant à elle vu sa proportion d’immigrants atteindre 3,6 % en 2011, en hausse par rapport à la proportion de 2,7 % enregistré en 2009 et 2010. Il s’agit des proportions les plus élevées en plus de 60 ans, soit depuis 1950 (3,9 %). Plus de 8 immigrants sur 10 qui s’établissaient dans ces provinces appartenaient à la catégorie de l’immigration économique, soit parmi les niveaux les plus élevés au pays, avec l’Île-du-Prince-Édouard et le Yukon. Ces tendances pourraient indiquer que ces provinces tirent profit du Programme des candidats des provinces pour cibler les immigrants de cette catégorie.

Chacune des provinces de l’Atlantique a reçu moins de 1 % des immigrants arrivés au pays en 2010 et 2011. L’Île-du-Prince-Édouard a reçu 0,9 % des immigrants en 2010, soit la proportion la plus élevée depuis les 60 dernières années. En 2011, ce pourcentage a légèrement diminué à 0,7 %. Depuis 2005, l’Île-du-Prince-Édouard a connu une progression de la proportion d’immigrants qu’elle reçoit. Plus de 9 immigrants sur 10 (95,9 % en 2010 et 92,5 % en 2011) qui choisissent cette province appartiennent à la catégorie de l’immigration économique, ce qui pourrait indiquer que la province tire également profit du Programme des candidats des provinces. La Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick ont reçu respectivement 0,9 % et 0,8 % des immigrants venus s’établir au Canada tant en 2010 qu’en 2011. Terre-Neuve-et-Labrador demeure la province, en excluant les territoires, qui reçoit la plus faible proportion d’immigrants, soit 0,3 % de ceux-ci. Parmi les immigrants qui s’y établissent, moins de 6 sur 10 (58,8 % en 2010 et 57,4 % en 2011) appartiennent à la catégorie de l’immigration économique, soit une proportion inférieure à la moyenne nationale. En revanche, Terre-Neuve-et-Labrador est la province qui reçoit la plus forte proportion de personnes protégées, soit 22,4 % en 2010 et 21,3 % en 2011.

Composition par âge et sexe de la population immigrante

Autant en 2010 qu’en 2011, un peu plus de la moitié des immigrants admis au Canada étaient des femmes (51 %). Cette proportion varie cependant selon les différentes catégories d’immigrants. Bien qu’elles représentent environ la moitié des immigrants admis dans la catégorie de l’immigration économique (49,2 % en 2010 et 48,7 % en 2011) et dans la catégorie des personnes protégées (49,0 % en 2010 et 49,9 % en 2011), elles représentent une proportion plus importante de la catégorie du regroupement familial (58,6 % en 2010 et 57,9 % en 2011) (tableau 5).

Des variations dans la proportion d’immigrants selon le sexe existent également parmi les dix principaux pays d’immigration. Ainsi, en 2010, les femmes représentaient plus de 51 % des immigrants en provenance des Philippines (56,6 %), de la Corée du Sud (53,4 %) et de Chine (53,2 %), alors que les hommes représentaient plus de 51 % des immigrants en provenance du Royaume-Uni (55,5 %), du Maroc (53,8 %) et de l’Iran (51,4 %). Pour l’année 2011, 4 des 10 principaux pays d’immigration avaient une proportion de femmes représentant plus de 51 % des immigrants, soit Haïti (57,4 %), les Philippines (53,9 %), la Chine (53,3 %) et la Colombie (51,5 %). À l’inverse, seul le Royaume-Uni (56,8 %) avait une proportion d’hommes supérieurs à 51 % (figure 2).

Parmi tous les immigrants admis au Canada en 2010 et 2011, un peu moins de 6 sur 10 (57,5 % en 2010 et 57,8 % en 2011) étaient âgés de 20 à 44 ans, ce qui en fait le principal groupe d’âge des nouveaux arrivants. Les immigrants âgés de 45 ans et plus ne représentent qu’environ 15 % des personnes admises au Canada (14,9 % en 2010 et 15,0 % en 2011), alors que les personnes de moins de 20 ans représentent plus du quart de cette population (27,6 % en 2010 et 27,2 % en 2011) (figure 3).

De plus, la population formée des immigrants est plus jeune que la population canadienne dans son ensemble. En 2011, les immigrants avaient un âge médian de 30,2 ans, soit près de 10 ans de moins que celui de l’ensemble des Canadiens (39,9 ans)17. Au cours des trois dernières décennies, la structure par âge de la population canadienne a vieilli, alors que l’âge médian des immigrants n’a que légèrement augmenté. Conséquemment, alors qu’en 1981 seulement 2,6 ans séparaient l’âge médian des immigrants de celui de l’ensemble des Canadiens, cette différence était de 9,7 ans en 2011. Au cours de cette période, l’âge médian des immigrants est passé de 26,9 à 30,2 ans, alors que celui de l’ensemble de la population est passé de 29,5 à 39,9 ans.

L’âge médian des immigrants varie selon la catégorie d’immigration. Ainsi, autant en 2010 qu’en 2011, c’est l’âge médian des immigrants de la catégorie des personnes protégées qui était le plus bas (26,9 ans en 2010 et 27,4 ans en 2011) alors que c’est celui de la catégorie des autres immigrants qui était le plus élevé (33,5 ans en 2010 et 32,4 ans en 2011). L’âge médian des immigrants de la catégorie économique (30,3 ans en 2010 et 30,2 ans en 2011) et de celui de la catégorie du regroupement familiale (30,3 ans en 2010 et 30,4 ans en 2011) était quant à eux près de l’âge médian de l’ensemble des catégories (30,2 ans pour les deux années).

L’âge médian varie également d’un pays d’origine à l’autre. Ainsi, parmi les dix principaux pays d’origine des immigrants en 2010, les personnes arrivant de la Corée du Sud (32,6 ans) et de la Chine (32,2 ans) présentaient des âges médians supérieurs à 32 ans, alors que ceux en provenance de l’Inde (29,9 ans), de l’Iraq (29,7 ans), du Pakistan (28,6 ans) et des États-Unis (22,9 ans) avaient des âges médians inférieurs à 30 ans. En 2011, les ressortissants de 3 des 10 principaux pays d’immigration avaient des âges médians supérieurs à 32 ans, soit ceux en provenance d’Haïti (32,7 ans), de l’Iran (32,6 ans) et de la Chine (32,4 ans), alors que ceux de trois autres pays avaient un âge médian inférieur à 30 ans soit ceux de l’Iraq (28,4 ans), du Pakistan (28,3 ans) et des États-Unis (21,9 ans).

Lorsque pris dans leur ensemble, l’âge médian des immigrants admis au Canada varie peu selon le sexe. En 2010 il était de 30,5 ans chez les hommes et de 29,9 ans chez les femmes alors qu’en 2011 il était de 30,5 ans chez les hommes et de 29,8 ans chez les femmes. Parmi les 10 principaux pays d’origine des immigrants, l’âge médian était généralement plus élevé chez les hommes que chez les femmes en 2010, alors qu’en 2011 c’était le cas pour la moitié d’entre eux. En 2010, seules les immigrantes d’Iraq, des Philippines et des États-Unis étaient plus âgées que leurs homologues masculins, alors qu’en 2011 c’était le cas pour les immigrantes de l’Iraq, des Philippines, des États-Unis, d’Haïti et de Colombie.

Notes

  1. Lorsque les données proviennent de CIC, les totalisations effectuées pour les besoins de ce document peuvent diverger de celles effectuées par CIC.
  2. Citoyenneté et Immigration Canada. 2011. Rapport annuel au Parlement sur l’immigration de 2011.
  3. Citoyenneté et Immigration Canada. Les artisans de notre patrimoine : La citoyenneté et l’immigration au Canada de 1900 à 1977, site consulté le 4 février 2013.
  4. Voir le glossaire pour obtenir plus de renseignements.
  5. Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). 2010. « International migration database », OECD International Migration Statistics (database), données de 2008 à 2010. Site consulté le 5 février 2013.
  6. Pison, G. 2010. « Le nombre et la part des immigrés dans la population : comparaisons internationales », Population et Sociétés, no 472.
  7. Statistique Canada. 2013. Enquête auprès des ménages de 2011 : Immigration et diversité ethnoculturelle au Canada, no 99-010-X au catalogue.
  8. Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). 2013. « Immigrants et population étrangère », Panorama des statistiques de l’OCDE 2013 : Économie, environnement et société, OECD Publishing, données de 2010.
  9. Caron-Malenfant, E., A. Lebel et L. Martel. 2010. Projections de la diversité de la population canadienne, 2006 à 2031, no 91-551-XPF au catalogue de Statistique Canada.
  10. Citoyenneté et Immigration Canada. 2012. Faits et Chiffres 2011 : Aperçu de l’immigration – Résidents permanents et temporaires.
  11. Citoyenneté et Immigration Canada. 2012. Rapport annuel au Parlement sur l’immigration de 2012.
  12. À partir de 2008.
  13. Citoyenneté et Immigration Canada. 2012. Rapport annuel au Parlement sur l’immigration de 2012.
  14. Dans cet article, la Chine inclut la République populaire de Chine, Hong Kong, Hong Kong ZAS, Macao et Macao ZAS. Des ajustements ont été effectués pour établir des tendances historiques. Les totalisations effectuées pour les besoins de ce document peuvent diverger de celles effectuées par CIC.
  15. Le nom officiel est République de Corée.
  16. En 2011, le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et l’ensemble des provinces avaient signé une entente avec le gouvernement fédéral. Toutes les ententes sont de durée indéterminée, à l’exception de celle de l’Ontario qui expire en mai 2015, de celle de la Colombie-Britannique qui expire en avril 2015, et de celles des Territoires du Nord-Ouest qui expire en août 2013. Le Québec se voit conférer le pouvoir en vertu de l’Accord Canada-Québec d’établir des cibles annuelles d’immigration et de sélectionner les immigrants admis dans cette province. Source : Citoyenneté et Immigration Canada. 2012. Rapport annuel au Parlement sur l’immigration, 2012.
  17. Statistique Canada. 2012. Estimations démographiques annuelles : Canada, provinces et territoires, no 91-215-XIF au catalogue.
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