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Un portrait de la mobilité des Canadiens entre 2001 et 2006

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Portrait national

Les Canadiens sont un peu moins mobiles

Le Recensement de 2006 a permis de dénombrer 12 087 310 personnes âgées de 5 ans et plus qui n’habitaient pas à la même addresse cinq ans auparavant. Ce chiffre représente plus des deux cinquièmes (40,9 %) de la population canadienne, une proportion inférieure à celle enregistrée dans la période intercensitaire précédente (41,9 %).

Les gens ayant changé de résidence comprennent à la fois ceux qui étaient à l’extérieur du pays (1 160 040), les migrants interprovinciaux (852 580), les personnes ayant changé de municipalité dans une même province (3 566 795) et ceux qui ont déménagé à l’intérieur de la même municipalité (6 507 900). Non seulement les Canadiens sont-ils un peu moins mobiles que lors de la période intercensitaire précédente, mais ils ne l’ont jamais été aussi peu au cours des 35 dernières années. En effet, les proportions de Canadiens ayant déménagé, ayant migré ou ayant changé de province ont atteint en 2006 leurs plus bas niveaux depuis 1971 (figure 1.1).

Figure 1.1
Proportion de Canadiens ayant changé d'adresse, de municipalité ou de province, 2001 à 2006

Le groupe des « migrants externes » comprend en grande majorité des nouveaux immigrants, mais aussi des résidents non permanents ainsi que des personnes nées au Canada qui vivaient à l’extérieur du pays et qui y sont revenues au cours de la période de référence. En 2006, 1 160 000 personnes ont déclaré qu’elles résidaient dans un autre pays cinq ans auparavant, ce qui représente 3,9 % de la population âgée de 5 ans et plus en 2006.

L’article suivant ne s’intéresse qu’aux migrants « internes » au Canada, c’est-à-dire ceux présents au pays à la fois en 2001 et en 2006, que l’on qualifiera tout simplement de « migrants » dans la suite.

La baisse de la mobilité est due en partie au vieillissement de la population

La diminution du nombre de migrants interprovinciaux en 2006 s’inscrit dans une tendance généralement à la baisse depuis 1971. De 1971 à 2006, le nombre de personnes ayant changé de province n’a pas augmenté au même rythme que la population canadienne, si bien que la proportion de migrants interprovinciaux au sein de la population canadienne a diminué de 4,3 % à 2,9 %.

Le phénomène du vieillissement de la population explique en partie cette diminution. En effet, les migrations sont beaucoup plus fréquentes chez les personnes relativement jeunes, en particulier de 15 à 29 ans. Ces âges comprennent un grand nombre de transitions dans la vie des individus, tels que l’accès aux études post-secondaires, l’insertion sur le marché du travail ou des changements de situation matrimoniale, lesquels s’accompagnent souvent d’une migration. Or, la proportion de Canadiens dans ces groupes d’âges a diminué entre 1971 et 2006.

Toutefois, la réduction de la proportion de migrants interprovinciaux est observable à tous les âges (figure 1.2). Il ne faut donc pas imputer la baisse des migrations interprovinciales au seul fait du vieillissement démographique.

Figure 1.2
Proportion de migrants et de personnes ayant changé de province selon l'âge, 1966 à 1971 et 2001 à 2006, Canada

En fait, des études antérieures montrent que les conditions économiques ont aussi un effet sur les migrations interprovinciales. Selon ces études, la relative prospérité que connaît le Canada a contribué au déclin à long terme des échanges interprovinciaux depuis 1971 en réduisant les écarts dans les taux de chômage entre les provinces et en haussant le revenu dans les provinces d’origine1, 2.

La proportion de Canadiens ayant changé de municipalité a elle aussi diminué, passant de 18,3 % pour la période de 1966 à 1971 à 15,0 % pour la période de 2001 à 2006. Tout comme dans le cas des migrations interprovinciales, cette diminution est liée en partie au vieillissement de la population.

Migrations internes entre les provinces et les territoires

Portrait général de la migration interprovinciale

Le phénomène des migrations internes a toujours constitué un important facteur de la dynamique démographique des provinces canadiennes et cela est encore vrai en 2006. Par exemple, de 2001 à 2006, Terre-Neuve-et-Labrador, le Nouveau-Brunswick et la Saskatchewan ont perdu plus de personnes par l’entremise des migrations internes qu’elles n’ont pu en gagner par le solde des naissances et des décès et par celui de l’immigration et de l’émigration internationale3 réunis. À l’opposé, en Alberta, les migrations internes ont été le principal facteur de l’accroissement de la population.

Seules trois provinces connaissent des gains migratoires

Au jeu des migrations interprovinciales, seules trois provinces ont connu des soldes positifs en 2006. Tout comme en 2001, l’Alberta retient l’attention avec le solde migratoire net le plus élevé de toutes les provinces. L’Alberta a gagné 88 180 personnes, loin devant la Colombie-Britannique, deuxième à ce chapitre (+22 130). Alors que ces chiffres constituent pour l’Alberta une baisse par rapport à la période intercensitaire précédente, ils signifient un retour à des soldes positifs pour la Colombie-Britannique. En effet, cette province avait connu, de 1996 à 2001, son seul solde négatif depuis 1971 (figure 1.3 et tableau 1.1).

Figure 1.3
Solde migratoire interprovincial par province et territoire, de la période intercensitaire 1966 à 1971 à la période intercensitaire 2001 à 2006

Tableau 1.1
Soldes migratoires interprovinciaux et taux de migration interprovinciale nette pour la période intercensitaire de 1966 à 1971 à la période intercensitaire de 2001 à 2006

La seule autre province ayant connu un solde positif dans ses échanges avec les autres provinces et territoires entre 2001 et 2006 est l’Île-du-Prince-Édouard, celle-ci affichant un gain net d’environ 600 individus. Cette province avait aussi connu un solde positif en 2001. L’Ontario, qui avait enregistré des gains de 1996 à 2001, a perdu près de 27 000 personnes entre 2001 et 2006.

L’Alberta, principal pôle d’attraction des migrants entre 2001 et 2006

La popularité de l’Alberta auprès des Canadiens des autres provinces n’est pas un phénomène nouveau. Après la Seconde Guerre mondiale, l’Alberta avait connu une forte croissance démographique, résultant principalement de la création de nombreux emplois en rapport avec l’exploration et la production pétrolière. Dans les années 1970, un boom pétrolier en Alberta avait attiré de nombreux migrants, mais le mouvement s’était atténué dans les années 1980, notamment en raison de la chute des prix du pétrole au cours de cette période.

Le pouvoir d’attraction de l’Alberta a repris de l’ampleur à la fin des années 1990, conséquence principalement de l’exploitation des sables pétrolifères dans le nord de la province redevenue rentable avec l’augmentation des cours du pétrole. Au cours de la période 2001 à 2006, la proportion des entrants en Alberta qui travaillent dans le secteur de l’extraction minière, pétrolière et gazière était plus du double (8,2 %) de celle observée pour tous les migrants interprovinciaux (3,4 %). À ce propos, les résultats d’une diffusion précédente ont montré que de 2001 à 2006, les plus hauts taux de mobilité interprovinciale de la main-d’oeuvre ont été enregistrés dans le secteur de l’extraction minière, pétrolière et gazière et ont été les plus élevés en Alberta4.

Le pouvoir d’attraction de l’Alberta se fait d’ailleurs grandement sentir dans les autres provinces. Si l’on excluait les migrants qui ont quitté leur province pour aller vivre en Alberta, Terre-Neuve-et-Labrador, le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest auraient connu des soldes migratoires positifs (figure 1.4). Par ailleurs, dans les provinces voisines de la Saskatchewan et de la Colombie-Britannique, davantage de personnes ont quitté pour l’Alberta que pour toute autre province et territoire réunis.

Figure 1.4
Solde des échanges migratoires des provinces et des territoires avec l’Alberta et avec le reste du Canada, 2001 à 2006

La majorité des provinces enregistrent des pertes

Outre l’Alberta, la Colombie-Britannique et l’Île-du-Prince-Édouard, toutes les autres provinces et territoires ont connu des soldes migratoires négatifs entre 2001 et 2006. Trois provinces ont connu des soldes négatifs dépassant 20 000 individus, soit l’Ontario, la Saskatchewan et le Manitoba. Fait à noter, Terre-Neuve-et-Labrador, le Québec, la Saskatchewan et le Manitoba n’ont pas connu de soldes migratoires interprovinciaux positifs au cours d’une période intercensitaire depuis 1971.

Les secteurs d’industrie des administrations publiques et de l’extraction minière, pétrolière et gazière font bouger les Canadiens

L’examen des secteurs d’industrie dans lesquels travaillaient les migrants interprovinciaux montre certaines particularités. Le secteur d’industrie de la fabrication est celui dans lequel le plus de Canadiens travaillaient en 2006, soit dans une proportion de 11,8 %. Toutefois, parmi les personnes qui n’habitaient pas dans la même province cinq ans auparavant et qui avaient un emploi dans la semaine précédant le recensement, seulement 7,1 % travaillaient dans ce secteur d’industrie en 2006 (tableau 1.2). Cette différence notable est probablement due en partie aux difficultés qu’a connues ce secteur d’industrie au cours de cette période5.

Tableau 1.2
Secteurs d'industries des migrants interprovinciaux qui avaient un emploi en 2006, par province de résidence, 2001 à 20

La branche d’activité des administrations publiques semble avoir attiré un grand nombre de migrants : alors qu’elle comprenait 9,9 % des migrants interprovinciaux qui  travaillaient en 2006, la proportion observée chez l’ensemble des Canadiens n’était que de 6,0 %.

Un autre secteur d’industrie dans lequel les migrants interprovinciaux ont été particulièrement surreprésentés est celui de l’extraction minière, pétrolière et gazière. Comme il a été mentionné plus haut, 3,4 % des migrants interprovinciaux ayant un emploi travaillaient dans ce secteur en 2006. Or, la proportion de Canadiens que ce secteur d’industrie employait en 2006 n’était que de 1,4 %.

Enfin, les migrants interprovinciaux qui travaillaient en 2006 étaient également surreprésentés par rapport à l’ensemble des Canadiens, bien que dans une moindre mesure, dans les secteurs d’industrie suivants : services professionnels, scientifiques et techniques, hébergement et services de restauration, arts, spectacles et loisirs, services administratifs, services de soutien, services de gestion des déchets et service d’assainissement ainsi que dans la catégorie de la construction. Dans ce dernier cas, l’essor considérable de la construction résidentielle qu’a connu l’Ouest du pays explique probablement en partie la proportion relativement élevée de migrants dans ce secteur d’industrie. En Alberta par exemple, ce secteur arrive second chez les migrants interprovinciaux, derrière celui du commerce de détail.

Portraits détaillés des provinces

Terre-Neuve-et-Labrador

Plus faibles pertes migratoires en 35 ans

Selon le Recensement de 2006, Terre-Neuve-et-Labrador a connu durant la période de 2001 à 2006 ses pertes migratoires nettes les plus faibles des 35 dernières années. Au cours de la période, 32 020 personnes ont quitté Terre-Neuve-et-Labrador pour d’autres provinces alors que 25 775 personnes y ont migré. Au total, cela représente une perte nette de seulement 6 245 personnes.  Il s’agit d’une amélioration notable par rapport à la période précédente au cours de laquelle la province avait enregistré ses plus importantes pertes des 35 dernières années (tableau A-1.2).

L’amélioration du solde migratoire interprovincial provient notamment du renversement du flux migratoire entre Terre-Neuve-et-Labrador et l’Ontario. Celui-ci est passé d’une perte nette de 11 000 personnes entre 1996 et 2001 à un gain de 1 100 personnes entre 2001 et 2006. La province a aussi connu des gains dans ses échanges migratoires avec le Nouveau-Brunswick, le Manitoba et le Yukon.

Cependant, c’est avec l’Alberta que Terre-Neuve-et-Labrador a connu ses pertes migratoires les plus importantes. Celle-ci a accueilli un peu plus du tiers des personnes quittant la province et a enregistré un gain net de 7 240 personnes.

L’amélioration du solde migratoire qu’a connu Terre-Neuve-et-Labrador en 2001 à 2006 a été tangible dans toutes les catégories d’âge. Ainsi, alors que Terre-Neuve-et-Labrador a subi une perte nette de 5,8 % de sa population âgée de 30 à 44 ans entre 1996 et 2001, elle en a gagné 0,8 % entre 2001 et 2006. De même, la perte nette des jeunes âgés de 15 à 29 ans a presque diminuée de moitié, passant de 14,8 % à 8,0 %.

Il n’en reste pas moins que la perte nette de personnes âgées de 15 à 29 ans est demeurée la plus importante au pays. En fait, près de la moitié des migrants ayant quitté Terre-Neuve-et-Labrador pour une autre province étaient âgé de 15 à 29 ans, la plus forte proportion au Canada. À l’inverse, seulement une personne sur quatre ayant effectué le trajet en sens opposé était dans cette catégorie d’âge, la plus faible proportion au Canada.

L’Île-du-Prince-Édouard

Seule province atlantique affichant des gains migratoires entre 2001 et 2006

Selon le Recensement de 2006, l’Île-du-Prince-Édouard a accueilli plus de personnes qu’elle n’en a perdu entre 2001 et 2006. Seules l’Alberta et la Colombie-Britannique affichaient aussi un solde migratoire interne positif au cours de la même période. Il s’agissait d’ailleurs de la troisième période intercensitaire consécutive où la province affichait un gain net au chapitre des mouvements migratoires internes (tableau A-1.2).

Totalisant 610 personnes, le solde correspond à la différence entre les 7 690 personnes ayant quitté la province et les 8 300 personnes venues s’y établir. Les migrants qui ont quitté la province ont principalement choisi de s’établir en Ontario, en Nouvelle-Écosse et en Alberta, alors que ceux venus s’établir à l’Île-du-Prince-Édouard provenaient majoritairement de l’Ontario, de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick.

Exception faite de l’Alberta et du Québec, l’Île-du-Prince-Édouard a connu des gains nets dans ses échanges migratoires avec toutes les provinces.

Toutes proportions gardées, l’Île-du-Prince-Édouard a été l’une des provinces où la migration était la plus importante au Canada. En effet, son taux d’entrée de 6,6 % n’est devancé que par celui de l’Alberta et des Territoires, alors que son taux de sortie de 6,1 % n’est inférieur qu’à ceux de la Saskatchewan, de Terre-Neuve-et-Labrador, de la Nouvelle-Écosse et des Territoires.

Malgré son solde migratoire positif, l’Île-du-Prince-Édouard a perdu 900 jeunes adultes âgés de 15 à 29 ans de plus qu’elle n’en a reçu, ce qui correspond à une tendance généralement observée dans les régions non métropolitaines à travers le Canada. 

L’Île-du-Prince-Édouard est souvent citée comme une destination prisée par les retraités et les personnes âgées de 60 ans et plus y représentent effectivement une proportion légèrement plus importante des entrants que dans les autres provinces. 

La Nouvelle-Écosse

Plus fortes pertes migratoires en 25 ans

La Nouvelle-Écosse a affiché entre 2001 et 2006 sa plus forte perte nette dans ses échanges migratoires avec les autres provinces et territoires canadiens depuis la période quinquennale 1976 à 1981 (tableau A-1.2).

Au total, 56 040 personnes ont quitté la province alors que 48 035 s’y sont installées.  Cette perte nette de 8 005 personnes constitue une hausse considérable par rapport à  celle de 1 295 enregistrée entre 1996 et 2001 et représente 0,9 % de la population âgée de cinq ans et plus de la Nouvelle-Écosse. 

La Nouvelle-Écosse a connu une détérioration de son solde migratoire dans ses échanges avec toutes les provinces et territoires à l’exception du Nouveau-Brunswick, de l’Ontario et de la Saskatchewan.

Un peu plus du tiers des personnes ayant migré vers une autre province ont gagné l’Ontario. L’Alberta et le Nouveau-Brunswick ont aussi obtenu une part importante des migrants en provenance de la Nouvelle-Écosse.

À l’inverse, la Nouvelle-Écosse a accueilli 19 245 personnes de l’Ontario, 8 000 personnes du Nouveau-Brunswick et 5 295 personnes de l’Alberta. Les échanges avec l’Alberta se sont révélés particulièrement asymétriques, résultant en un solde négatif net de 7 300 personnes.

Le solde migratoire chez les jeunes de 15 à 29 ans de la province était fortement déficitaire. Entre 2001 et 2006, 21 060 personnes âgées entre 15 et 29 ans ont quitté la province alors que seulement 14 600 s’y sont installés en provenance d’ailleurs au Canada. Cette perte nette de 6 460 correspond à 3,8 % de la population aujourd’hui âgée de 15 à 29 ans. 

Par contre, les migrations des personnes âgées de 45 à 59 ans et celles de 60 ans et plus et plus se sont traduites par de légers gains pour la Nouvelle-Écosse. 

Le Nouveau-Brunswick

Plus fortes pertes migratoires de son histoire

Le Nouveau-Brunswick a enregistré entre 2001 et 2006 une perte de 10 615 personnes dans ses échanges avec les autres provinces et territoires. Il s’agit de la plus grande perte migratoire enregistrée par la province au cours des 35 dernières années (tableau A-1.2).

Non seulement le Nouveau-Brunswick a-t-il connu des pertes dans ses échanges avec toutes les autres provinces et territoires mais celles-ci se sont accentuées partout, à l’exception seulement de l’Ontario.

Au total, ce sont 42 185 personnes qui ont quitté le Nouveau-Brunswick pour une autre province ou un autre territoire, alors que 31 570 personnes sont venues s’y établir. Les destinations les plus prisées des sortants ont été l’Ontario (11 395), la Nouvelle-Écosse (8 000) et l’Alberta (7 760). Les migrants venus s’établir au Nouveau-Brunswick provenaient principalement de l’Ontario (11 200), de la Nouvelle-Écosse (6 290) et du Québec (5 345).

Les échanges avec l’Alberta ont été le plus largement déficitaire, comptant pour 43,2 % de la perte nette totale du Nouveau-Brunswick.

Le Nouveau-Brunswick a affiché des pertes nettes dans toutes les catégories d’âge à l’exception de celle des 60 ans et plus. La perte nette la plus forte s’observe chez les personnes âgées de 15 à 29 ans, représentant 5,3 % de la population de ce groupe d’âge.

Les francophones du Nouveau-Brunswick étaient, en termes relatifs, moins mobiles que leurs homologues anglophones. La perte nette (0,9 %) était aussi moins importante chez les francophones que chez les anglophones de la province (1,7 %).

Le Québec

Plus faibles pertes migratoires des 35 dernières années

Selon les données du Recensement de 2006, 85 200 personnes ont quitté le Québec pour une autre province entre 2001 et 2006 et 73 555 s’y sont établies. Le Québec a donc connu une perte de 11 600 personnes qui, même si elle s’inscrit dans un long historique de déficit migratoire, était la plus faible des 35 dernières années (tableau A-1.2).

L’amélioration du solde migratoire par rapport à la période intercensitaire précédente (solde négatif de 57 310) est surtout le résultat d’une baisse des pertes migratoires au profit de l’Ontario, celles-ci étant passées de 43 810 en 1996 à 2001 à 8 230 en 2001 à 2006.

En fait, les échanges migratoires les plus importants du Québec ont toujours été avec la province voisine de l’Ontario. C’était toujours le cas au cours de la période récente alors que plus de 6 entrants au Québec sur 10 provenaient de l’Ontario et qu’une proportion similaire des personnes quittant le Québec se dirigeait vers l’Ontario. Ainsi, la seule région métropolitaine de Toronto a reçu presque deux fois plus de Québécois que l’Alberta.

Une part importante du déficit migratoire du Québec est reliée aux mouvements internes des immigrants internationaux établis au pays avant le Recensement de 2001. En effet, 21 610 immigrants ont quitté le Québec alors que seulement 12 305 sont venus s’y établir. Encore convient-il d’ajouter que la perte migratoire est particulièrement importante chez les immigrants allophones (solde négatif de 6 545). À titre de comparaison, la perte nette n’a été que de 810 personnes chez les immigrants francophones.

Globalement, le Québec a perdu 8 470 personnes n’ayant ni l’anglais ni le français comme langue maternelle. La province a également perdu 8 075 personnes ayant l’anglais comme langue maternelle, ce qui s’avère la perte la plus faible observée depuis 19666. À l’inverse, le Québec a connu un solde migratoire positif de 4 985 personnes chez celles ayant le français comme langue maternelle.

En termes relatifs, le Québec est la province qui a connu le moins de migration. En effet, les migrants entrants ne représentaient que 1,1 % de la population âgée de 5 ans et plus alors que les sortants ne comptaient que pour 1,2 % de la population. En guise de comparaison, 2,9 % des Canadiens ont changé de province durant cette même période. Cette différence s’explique sans doute en partie par la barrière linguistique à laquelle font face les francophones souhaitant quitter le Québec et les anglophones souhaitant s’y installer.

L’Ontario

La plaque tournante du système migratoire canadien

En nombres absolus, l’Ontario a affiché la plus grande perte migratoire nette de toutes les provinces et territoires entre 2001 et 2006. La perte nette de 26 920 personnes représente la différence entre les 212 705 personnes qui ont quitté l’Ontario pour une autre province ou un territoire et les 185 785 personnes qui sont venues s’y établir (tableau A-1.2). 

Relativement à la taille de sa population, la perte nette de l’Ontario n’était toutefois que de 0,3 %, une des plus faibles observées parmi les provinces perdantes.

La province a vu une détérioration de son solde migratoire avec toutes les provinces comparativement à la période intercensitaire précédente où elle avait enregistré un gain net de 51 885 personnes. 

Au net, l’Ontario a affiché une perte de 19 600 personnes au bénéfice de l’Alberta et de 17 900 personnes au bénéfice de la Colombie-Britannique tandis qu’elle affichait un gain de 8 200 au détriment du Québec.

Entre 2001 et 2006, 56 035 Ontariens ont quitté la province pour aller s’établir en Colombie-Britannique alors que 49 455 s’établissaient en Alberta.  L’Ontario était une des deux seules provinces, avec le Québec, à voir plus de gens quitter pour la Colombie-Britannique que pour l’Alberta.

Durant la même période, 52 765 Québécois se sont établis en Ontario. À peine le tiers d’entre eux étaient francophones.

Les immigrants internationaux ont été légèrement plus nombreux à entrer en Ontario qu’à en sortir, la province enregistrant un solde net de 940 personnes à ce chapitre. 

Le Manitoba

Un solde négatif depuis des décennies

Le Manitoba a, depuis au moins 35 ans, toujours enregistré des pertes migratoires. La tendance s’est poursuivie entre 2001 et 2006 alors que le Manitoba a enregistré un solde migratoire négatif de 20 745 personnes. Seules l’Ontario et la Saskatchewan ont perdu plus de personnes au cours de la période (tableau A-1.2).

Cette perte migratoire, légèrement supérieure à celle enregistrée durant la période intercensitaire précédente, représente 2,0 % de la population du Manitoba âgée de 5 ans et plus.

Le Manitoba a connu ses plus fortes pertes nettes dans ses échanges avec l’Alberta et la Colombie-Britannique. Il a par contre enregistré de faibles gains nets au détriment du Nouveau-Brunswick, du Nunavut et du Québec.

Entre 2001 et 2006, 57 330 Manitobains ont quitté pour s’établir dans une autre province, principalement en Alberta, en Ontario et en Colombie-Britannique.

Des 36 585 personnes venues s’établir dans la province, un peu moins du tiers provenait de l’Ontario.

La Saskatchewan

Destination Alberta

La Saskatchewan enregistre des pertes migratoires depuis des décennies et la période qui s’étend de 2001 à 2006 ne fait pas exception (tableau A-1.2).

La perte migratoire nette de la Saskatchewan pour la période 2001 à 2006 s’élevait à 25 385 personnes, ce qui représentait 2,8 % de la population âgée de cinq ans et plus. Il s’agit de la plus forte proportion observée au Canada.

Environ 7 % de la population âgée de 5 ans et plus, soit 64 315 personnes, ont quitté la Saskatchewan. Il s’agit du plus haut taux de sortie affiché par une province durant cette période. 

Les jeunes âgés de 15 à 29 ans ont été particulièrement touchés, le déficit totalisant environ 12 600 personnes, soit 6,1 % de cette population. Seule Terre-Neuve-et-Labrador a connu des pertes plus importantes dans ce groupe d’âge.

Les échanges migratoires de la Saskatchewan ont eu lieu principalement avec l’Alberta.  En effet, près de six personnes quittant la Saskatchewan sur dix se sont dirigées vers l’Alberta, alors que plus de deux personnes sur cinq s’étant établies en Saskatchewan provenaient de l’Alberta. Ainsi, la perte nette de la Saskatchewan au profit de l’Alberta s’est élevée à 20 795 entre 2001 et 2006.

La Saskatchewan a aussi connu des pertes au profit de la Colombie-Britannique et de l’Ontario. De légers gains ont par contre été observés au détriment de Terre-Neuve-et-Labrador, du Nouveau-Brunswick et du Manitoba.

L’Alberta

Le principal pôle d’attraction

L’Alberta est demeurée entre 2001 et 2006 le principal pôle d’attraction des migrants interprovinciaux canadiens grâce à une économie forte et à un marché du travail en pleine expansion (tableau A-1.2).

L’Alberta a affiché un solde migratoire fortement positif de 88 180 personnes dans ses échanges avec toutes les provinces et territoires. Aucune autre province n’a affiché un si fort gain durant cette période. Le solde migratoire de l’Alberta représente la différence entre les 226 870 personnes qui s’y sont établies et les 138 690 personnes qui ont quittées entre 2001 et 2006. L’Alberta avait aussi enregistré des soldes positifs dans les deux périodes quinquennales précédentes.

Le solde affiché en 2006 n’est pas le plus important gain net qu’ait connu la province au cours de son histoire, celle-ci ayant déjà affiché des gains de 197 645 personnes entre 1976 et 1981 et de 119 420 personnes entre 1996 et 2001.

Plus de 62 795 personnes ont quitté l’Alberta pour s’établir en Colombie-Britannique alors que plus de 72 685 effectuaient le trajet en sens inverse. Ces mouvements constituaient respectivement les deux plus importants flux migratoires entre deux provinces observés entre 2001 et 2006. Les autres partenaires principaux de l’Alberta étaient l’Ontario et la Saskatchewan.

L’Alberta s’est révélée particulièrement attrayante pour les personnes âgées de 15 à 29 ans. De 2001 à 2006, 87 490 personnes de ce groupe d’âge se sont établies en Alberta en provenance d’une autre province ou d’un territoire, constituant 38,6 % de tous les entrants de la province. Il s’agit de la plus forte proportion au Canada. À l’inverse, le nombre de sortants âgés de 15 à 29 ans (38 845) était plus de deux fois moindre, ceux-ci représentant 28,0 % de tous les sortants.

La présence de l’industrie pétrolière a permis aux petites villes et aux régions rurales de l’Alberta de connaître des gains de migration interprovinciale nets (38 700) supérieurs à ceux observés dans les régions métropolitaines de recensement de Calgary (27 900) et d’Edmonton (21 600).

La Colombie-Britannique

Retour à un solde migratoire positif

La Colombie-Britannique a affiché un gain net de 22 130 personnes dans ses échanges migratoires avec les autres provinces et territoires au cours de la période 2001 à 2006. Il s’agit d’un retour à des soldes positifs pour cette province qui avait enregistré sa première perte nette durant la période quinquennale précédente (tableau A-1.2).

Le gain net de la Colombie-Britannique était le deuxième en importance au pays. Il résulte de la différence entre les 164 710 personnes entrées en Colombie-Britannique et les 142 580 ayant quitté pour une autre province ou un territoire.

L’Alberta a constitué la destination de plus de la moitié des personnes qui ont quitté la Colombie-Britannique, tandis que l’Ontario en a attiré un peu plus du quart.

La majorité des personnes ayant déménagé en Colombie-Britannique provenait aussi de ces deux provinces. Environ 62 800 personnes ont fait le voyage de l’Alberta et 56 035 de l’Ontario.

Au total, la Colombie-Britannique a connu une perte nette de 9 890 personnes au profit de l’Alberta, ce qui est substantiellement moins qu’au cours de la période précédente (41 355). Quant au gain net enregistré au détriment de l’Ontario, celui-ci a totalisé 17 915 personnes. Au demeurant, en dehors de l’Alberta, de l’Île-du-Prince-Édouard et du Nunavut, la Colombie-Britannique a connu des gains nets avec toutes les autres provinces et territoires canadiens.

À n’en pas douter, la Colombie-Britannique a su charmer la population âgée de 60 ans et plus, le gain migratoire net dans cette tranche d’âge représentant près de la moitié du gain net de la province. En outre, l’âge médian des migrants s’installant en Colombie-Britannique était de 34,9 ans, ce qui en faisait le groupe de migrants interprovinciaux le plus âgé au Canada.

Le Yukon

Moins de pertes migratoires qu’auparavant

Selon le Recensement de 2006, 4 010 personnes ont quitté le Yukon et 3 665 s’y sont établies entre 2001 et 2006. Au total, le Yukon a donc perdu 345 personnes, ce qui représente 1,2 % de sa population âgée de cinq ans et plus. C’est nettement moins que lors de la période intercensitaire précédente où le Yukon en avait perdu 2 750, soit près du dixième de sa population âgée de cinq ans et plus. En fait, le Yukon a vu son solde migratoire s’améliorer dans ses échanges avec les autres territoires et avec toutes les provinces à l’exception de Terre-Neuve-et-Labrador (tableau A-1.2).

La Colombie-Britannique et l’Alberta ont reçu chacune plus du tiers des personnes qui ont choisi de quitter le Yukon pour aller vivre dans une autre province durant la période 2001 à 2006.

Les personnes qui se sont établies au Yukon provenaient en majeure partie de ces deux mêmes provinces. Ainsi, 1 375 personnes provenant de la Colombie-Britannique et 750 de l’Alberta ont migré vers le Yukon.

Les taux d’entrée et de sortie du Yukon, de 12,9 % et de 14,2 % respectivement, sont les plus faibles observés en 35 ans. Ce sont cependant les seconds en importance au pays, le Yukon n’étant devancé que par les Territoires du Nord-Ouest à ce chapitre.

Les Territoires du Nord-Ouest

Déficitaire dans ses échanges avec l’Alberta

Selon le Recensement de 2006, 7 040 personnes ont quitté les Territoires du Nord-Ouest entre 2001 et 2006 et 6 360 personnes sont venues s’y établir. Cette perte migratoire nette de 680 personnes, bien qu’il s’agisse d’une sixième en autant de périodes intercensitaires, constitue une amélioration par rapport à la période précédente au cours de laquelle le territoire avait perdu 3 170 personnes (tableau A-1.2).

L’Alberta a obtenu la plus grande part des migrants quittant les Territoires du Nord-Ouest, suivie de loin par la Colombie-Britannique et l’Ontario. À l’inverse, 1 655 personnes provenant de l’Alberta, 1 090 de l’Ontario et 820 de la Colombie-Britannique ont déménagé dans ce territoire.

Les Territoires du Nord-Ouest ont enregistré les plus forts taux d’entrée (16,8 %) et de sortie (18,6 %) du Canada.  En comparaison, seulement 2,9 % des Canadiens avaient changé de province ou de territoire durant cette période.

La perte nette des Territoires du Nord-Ouest a représenté 1,8 % de sa population âgée de 5 ans et plus en 2006. Les Territoires du Nord-Ouest ont tout de même enregistré un gain de 725 personnes parmi les jeunes adultes âgés de 15 à 29 ans, ce qui représente 8,0 % de cette population. Une telle situation est également manifeste dans les deux autres territoires, mais de façon moins importante.

Le Nunavut

Le statu quo pour le nouveau territoire

Selon le Recensement de 2006, 2 430 personnes sont venues s’établir au Nunavut et 2 770 en sont sorties entre 2001 et 2006 (tableau A-1.2).

Au total, le Nunavut a donc enregistré une perte migratoire de 340 personnes, soit un nombre quasiment identique à celui de la période quinquennale précédente (330 personnes).

Les personnes quittant le Nunavut ont mis la cap le plus souvent vers l’Ontario ou les Territoires du Nord-Ouest. À l’inverse, les personnes venant s’établir au Nunavut provenaient surtout de l’Ontario (580) et de Terre-Neuve-et-Labrador (400).

Le Nunavut a attiré 250 jeunes âgés de 15 à 29 de plus qu’il n’en a perdu, ce qui représente 3,2 % de la population de ce groupe d’âge en 2006. À l’inverse, chez les 30 à 44 ans, le territoire a subi une perte nette de 355 personnes, soit 5,5 % de la population dans cette tranche d’âge.

Au Nunavut, les personnes non Autochtones ont été beaucoup plus mobiles que les Autochtones.  En effet, alors que les taux d’entrée et de sortie des Autochtones étaient respectivement de 2,7 % et de 3,1 %, les taux des personnes non Autochtones s’élevaient respectivement à 42,6 % et 48,4 %.

Les régions métropolitaines de recensement

Selon les données du Recensement de 2006, on comptait 21,5 millions de personnes vivant dans l’une ou l’autre des 33 régions métropolitaines de recensement du pays, soit 68 % de la population canadienne totale7. De plus, la population des régions métropolitaines de recensement a cru de façon plus importante que la population des régions non métropolitaines de 2001 à 2006.

Une région métropolitaine de recensement (RMR) est une région qui dispose d’une population d’au moins 100 000 habitants incluant un noyau urbain d’au moins 50 000 personnes. Le Canada compte aujourd’hui 33 régions métropolitaines de recensement comparativement à 27 en 2001. Les six nouvelles régions métropolitaines de recensement sont celles de Barrie, Guelph, Brantford et Peterborough en Ontario, de Moncton au Nouveau- Brunswick et de Kelowna en Colombie-Britannique.

Dans l’ensemble, les migrations internes n’ont que peu contribué à la croissance des régions métropolitaines de recensement. En fait, davantage de Canadiens ont migré d’une région métropolitaine de recensement à une région hors région métropolitaine de recensement qu’inversement entre 2001 et 2006. Cela est dû essentiellement aux pertes substantielles enregistrées par les trois régions métropolitaines de recensement les plus populeuses au pays, soit Toronto, Montréal et Vancouver (figure 1.5).

Figure 1.5
Solde migratoire net par type de région, 2001 à 2006

Les trois grandes métropoles du pays enregistrent des soldes négatifs dans leurs échanges migratoires

La région métropolitaine de recensement de Toronto a enregistré des pertes migratoires nettes de 104 760 personnes entre 2001 et 2006, dont 93 450 avec le reste de l’Ontario (tableau 1.3). En proportion, la région métropolitaine de recensement de Toronto a perdu 2,3 % de sa population âgée de cinq ans et plus entre 2001 et 2006, ce qui la place au troisième rang des régions métropolitaines de recensement ayant le plus perdu.

Tableau 1.3
Entrants, sortants et migration nette par région métropolitaine de recensement, 2001 à 2006

La région métropolitaine de recensement de Toronto a connu de fortes pertes migratoires nettes avec les zones hors régions métropolitaines de recensement de l’Ontario ainsi qu’avec toutes les régions métropolitaines de recensement faisant partie du Grand Golden Horseshoe. Elle a constitué la principale source de migration vers ces régions.

La région métropolitaine de recensement de Toronto a affiché des gains dans ses échanges avec les régions métropolitaines de recensement ontariennes plus éloignées telles qu’Ottawa, Kingston, London, Windsor, Sudbury et Thunder Bay. Ces gains n’ont cependant pas été suffisants pour compenser les pertes au profit des autres régions de l’Ontario et du pays.

La région métropolitaine de recensement de Montréal a pour sa part connu une perte de 42 455 personnes dans la période quinquennale 2001 à 2006, ce qui représente 1,3 % de sa population âgée de cinq ans et plus.

Dans ses échanges migratoires avec le reste de la province de Québec seulement, la région métropolitaine de recensement de Montréal a connu une perte nette de 29 195 personnes. Une grande part de ce déficit s’explique par les échanges entre la métropole et les zones hors régions métropolitaines de recensement. En effet, plus des trois quarts des personnes (105 720 personnes) ayant quitté la région métropolitaine de recensement de Montréal pour une autre région, ont choisi une zone hors région métropolitaine de recensement. À l’inverse, parmi les 134 800 personnes ayant quitté une zone hors région métropolitaine de recensement pour s’établir ailleurs dans la province, 70 655 (52,1 %) ont mis le cap vers la région métropolitaine de recensement de Montréal.

La région métropolitaine de recensement de Vancouver a attiré 107 575 personnes et en a perdu 129 390 au cours de la période. La métropole de la Colombie-Britannique a par conséquent enregistré une perte migratoire nette de 21 815 personnes représentant 1,2 % de sa population âgée de cinq ans et plus.

Plus du tiers des personnes ayant quitté la région métropolitaine de recensement de Vancouver se sont dirigées vers des zones hors régions métropolitaines de recensement de la Colombie-Britannique. Abbotsford (9,6 %), Toronto (9,0 %) et Calgary (8,4 %) ont constitué d’autres destinations privilégiées des gens qui ont migré de Vancouver.

Enfin, les pertes enregistrées par les régions métropolitaines de recensement de Toronto, Montréal et Vancouver entre 2001 et 2006 ont été largement compensées par l’arrivée de nouveaux immigrants. En effet, les immigrants ont tendance à s’établir principalement dans les grandes régions urbaines du pays. Selon les données du Recensement de 2006 portant sur l’immigration, 68,9 % des nouveaux immigrants ont choisi de s’établir dans les régions métropolitaines de recensement de Toronto, Montréal ou Vancouver seulement8.

Edmonton et Calgary : les plus importants gains migratoires de toutes les régions métropolitaines de recensement

Entre 2001 et 2006, la région métropolitaine de recensement d’Edmonton a enregistré un solde migratoire de 30 790 personnes, ce qui constitue le gain le plus important de toutes les régions métropolitaines de recensement. La région métropolitaine de recensement de Calgary a suivi de près avec un solde de 27 245. Ces forts gains sont en grande partie le résultat des échanges migratoires avec les autres provinces.

Dans la région métropolitaine de recensement d’Edmonton, les gains réalisés aux dépens des autres provinces (21 615) sont plus du double de ceux soutirés du reste de l’Alberta (9 180). La région métropolitaine de recensement de Calgary a pour sa part affiché un solde net de 27 905 personnes dans ses échanges avec les provinces et territoires autres que l’Alberta. Sans ce gain important, la région métropolitaine de recensement aurait en fait accusé une perte migratoire puisqu’elle a perdu 660 personnes dans ses échanges avec le reste de l’Alberta.

Oshawa et Barrie : la banlieue éloignée de Toronto

Après les régions métropolitaines de recensement d’Edmonton et Calgary, ce sont celles d’Oshawa (18 845) et de Barrie (16 135) qui ont connu les gains nets les plus appréciables dans la période intercensitaire se terminant en 2006. Elles ont aussi enregistré des taux de migration nette qui étaient parmi les plus élevés de toutes les régions métropolitaines de recensement : Barrie arrivait première avec un taux de 11,1 % et Oshawa troisième avec un taux de 6,6 %.

Dans ces deux régions métropolitaines de recensement, l’essentiel des gains migratoires a été enregistré aux dépens de la région métropolitaine de recensement de Toronto. Ainsi, le solde des échanges migratoires entre la région métropolitaine de recensement d’Oshawa et celle de Toronto s’est élevé à 22 645 en faveur d’Oshawa. Dans ses échanges avec la région métropolitaine de recensement de Toronto, la région métropolitaine de recensement de Barrie a accueillie 14 105 personnes de plus qu’elle ne lui en a cédées.

En fait, Oshawa et Barrie se comportent un peu comme la banlieue de la région métropolitaine de recensement de Toronto. Les proportions de personnes résidant à Oshawa et Barrie mais travaillant à Toronto attestent de ce statut. Plus de la moitié (50,6 %) des personnes âgées de 15 ans et plus ayant un emploi et ayant migré à Oshawa entre 2001 et 2006 travaillaient en fait dans la région métropolitaine de recensement de Toronto en 2006. La même proportion chez les migrants à destination de Barrie était de plus du tiers (34,3 %). En comparaison, les proportions de tous les habitants âgés de 15 ans et plus ayant un emploi qui travaillaient dans la région métropolitaine de recensement de Toronto en 2006 étaient de 33,2 % à Oshawa et de 24,7 % à Barrie.

Ces résultats aident à comprendre pourquoi en 2006 les travailleurs d’Oshawa étaient ceux qui parcouraient les plus longues distances parmi les navetteurs résidant dans une région métropolitaine de recensement (ceux-ci parcourant une distance médiane de 11 kilomètres) et pourquoi c’est à Barrie que l’on retrouvait la plus forte proportion de travailleurs parcourant 25 kilomètres ou plus pour se rendre au travail (35,3 %)9.

Enfin, la région métropolitaine de recensement de Hamilton a également connu de forts gains dans ses échanges avec Toronto (+10 000), lesquels ont permis de compenser presque entièrement pour les pertes survenues ailleurs. À Hamilton, près d'un migrant sur 3 (31,2 %) travaillait dans la région métropolitaine de recensement de Toronto, comparativement à 16,6 % des résidents en général.

Saguenay et Saint John ont perdu le plus

De toutes les régions métropolitaines de recensement, ce sont celles de Saguenay au Québec et de Saint John au Nouveau-Brunswick qui ont enregistré les pertes les plus importantes entre 2001 et 2006. Saguenay a perdu 4 740 personnes, soit 3,2 % de la population qui était à risque de migrer en 2001. Saint John a pour sa part perdu 3 310 personnes, ce qui représente un taux de migration nette de -2,9 %.

Les nombreux départs au sein de la population âgée de 15 à 29 ans expliquent une grande partie de ces pertes. En effet, 10,3 % des jeunes âgés de 15 à 29 ans ont quitté la région métropolitaine de recensement de Saguenay. Cette proportion s’élevait à 6,8 % à Saint John. Il s’agit des pertes migratoires de jeunes les plus importantes de toutes les régions métropolitaines de recensement.

Enfin, les pertes substantielles au chapitre de la migration interne ont eu un impact important sur les effectifs de population de Saguenay et Saint John. En effet, ces deux régions métropolitaines de recensement sont les seules à avoir vu leur population décliner de 2001 à 200610.

La majorité des régions métropolitaines de recensement perdent à l’interprovincial, mais demeurent des pôles d’attraction importants au sein de leur province

Si la majorité des régions métropolitaines de recensement accusent des pertes au chapitre des migrations interprovinciales, la plupart sont demeurées des pôles attractifs régionaux importants, faisant bonne figure dans leurs échanges infraprovinciaux. Ces villes offrent des opportunités telles que des emplois diversifiés et des universités qui constituent des attraits importants.

Avec une perte nette de 14 470 personnes, aucune autre région métropolitaine de recensement que Winnipeg n’a été aussi déficitaire dans ses échanges avec d’autres provinces ou territoires entre 2001 et 2006. Tout de même, la région métropolitaine de recensement a affiché un gain net de 3 465 personnes résultant des échanges avec le reste de la province du Manitoba.

Les régions métropolitaines de recensement de Saskatoon et de Regina ont aussi subi des pertes substantielles au profit d’autres provinces et territoires (8 560 et 6 800 personnes respectivement), les plus importantes en fait après celles enregistrées par les régions métropolitaines de recensement de Winnipeg et de Toronto. Le portrait est différent au chapitre de la migration infraprovinciale, Saskatoon et Regina ayant réalisé des gains de 4 275 et 2 995 personnes respectivement.

Enfin, plusieurs autres régions métropolitaines de recensement ont, comme Winnipeg, Saskatoon et Regina, enregistré des soldes infraprovinciaux positifs malgré des soldes de migration interprovinciale négatifs. C’est le cas des régions métropolitaines de recensement de Québec, St-John’s, Halifax, Sherbrooke, Peterborough, Hamilton, St-Catharines - Niagara-Falls, Kitchener, Brantford, Guelph, London, Barrie, Thunder Bay et Abbotsford.

Moncton : centre d’attraction des francophones

Contrairement à l’ensemble de la province du Nouveau-Brunswick, la région métropolitaine de recensement de Moncton a enregistré un gain net de population résultant de la migration interne. Entre 2001 et 2006, 16 235 personnes s’y sont installées alors que seulement 13 140 personnes ont quitté la région métropolitaine de recensement.

Moncton a connu un léger gain (25) dans ses échanges avec les autres provinces, mais les échanges infraprovinciaux ont été nettement plus importants. La région métropolitaine de recensement a en effet pu bénéficier d’une entrée nette de 2 520 personnes des régions hors régions métropolitaines de recensement de la province et de 550 personnes de Saint John. En outre, près de 70 % de ce gain résulte des échanges infraprovinciaux de francophones, ce qui fait de Moncton un centre d’attraction important pour les francophones de la province.

Les migrations internes alimentent l’expansion urbaine

Au Canada, comme dans la plupart des pays du monde, la croissance soutenue dans les grandes villes déborde des centres-villes. En conséquence, un grand nombre de régions avoisinantes croissent de façon importante, un phénomène que l’on nomme communément « expansion urbaine ».

Les données du Recensement de 2006 sur la population canadienne permettent d’illustrer ce phénomène. Entre 2001 et 2006, la croissance a été plus importante dans les municipalités périphériques (11,1 %) que dans les municipalités centrales (4,2 %)11. Le phénomène est en grande partie la conséquence des migrations internes. En effet, dans la période intercensitaire se terminant en 2006, la banlieue de Toronto et celle de Montréal ont connu des gains de 95 550 et 48 620 personnes respectivement par voie de migration interne alors qu’à Vancouver, les gains étaient presque nuls (tableau 1.4).

Tableau 1.4
Solde migratoire et taux de migration nette par groupe d'âge et type de région, 2001 à 2006

Il convient de distinguer les concepts de régions métropolitaines de recensement (RMR) et de municipalités qui correspondent à des subdivisions de recensement (SDR). Les régions métropolitaines de recensement regroupent très souvent de nombreuses municipalités et l’une d’elle, appelée « municipalité centrale », donne son nom à la région métropolitaine de recensement. Par exemple, la région métropolitaine de recensement de Montréal regroupe près d’une centaine de municipalités comme Laval, Longueuil, La Prairie et Mirabel. La municipalité de Montréal, sur l’île de Montréal, est la municipalité centrale de la région métropolitaine de recensement, c’est-à-dire la subdivision de recensement qui a donné son nom à la région métropolitaine de recensement.

Les gains des municipalités centrales dans la période de 2001 à 2006 sont grandement dus aux échanges ayant eu lieu au sein même des régions métropolitaines de recensement. Parmi les 18 régions métropolitaines de recensement où au moins le tiers de la population habite dans une municipalité périphérique, 15 ont vu les échanges migratoires internes favoriser les municipalités périphériques au détriment des municipalités centrales (tableau 1.5). Le phénomène a été particulièrement évident dans les régions métropolitaines de recensement de Toronto et de Montréal, les municipalités périphériques ayant enregistré des taux de migration nette de 7,0 % et de 4,3 % respectivement12.

Tableau 1.5
Échanges migratoires entre la municipalité centrale et les municipalités périphériques à l’intérieur de régions métropolitaines de recensement choisies, 2001 à 2006

Les cartes suivantes illustrent clairement le mouvement allant de la municipalité centrale vers les municipalités périphériques des régions métropolitaines de recensement de Montréal et Vancouver et dans le Grand Golden Horseshoe : Échanges migratoires à l’intérieur de la région métropolitaine de Montréal, 2001 à 2006, Échanges migratoires à l’intérieur du Grand Golden Horseshoe, 2001 à 2006, Échanges migratoires à l’intérieur de la région métropolitaine de Vancouver, 2001 à 2006.

Enfin l’expansion urbaine se manifeste aussi en dehors des régions métropolitaines de recensement. Avec le temps, les infrastructures routières ou de transport en commun ont permis de rendre plus accessibles des villes situées en régions rurales mais à une relative proximité de centres urbains13.

On peut distinguer deux types de régions rurales : celles qui sont près des centres urbains et celles qui en sont plus éloignées. Dans les régions rurales près des centres urbains, au moins 30 % de la population active fait la navette avec le centre urbain pour aller travailler.

Entre 2001 et 2006, les régions rurales situées près d’un centre urbain ont dans l’ensemble gagné 58 935 personnes, affichant un taux de migration nette de 4,9 % (tableau 1.4). La grande majorité de ces gains (56 175 personnes) provient des échanges ayant lieu avec les régions métropolitaines de recensement : 150 280 personnes ont migré d’une région métropolitaine de recensement à une région rurale située près d’un centre urbain, alors que 94 105 personnes ont fait le chemin inverse.

Les centres urbains de taille moyenne, les petites villes et les régions rurales

Trois des cinq centres urbains de taille moyenne ayant enregistré les gains les plus importants sont en Alberta

Entre 2001 et 2006, plusieurs centres urbains de taille moyenne ont vu leur population croître de façon importante, comme l’ont montré les résultats du Recensement de 2006 portant sur les chiffres de population et de logement. Ces centres urbains ont généralement bénéficié d’importants gains migratoires au cours de la période. Ainsi il n’est pas surprenant de retrouver trois villes albertaines parmi les cinq centres urbains de taille moyenne ayant enregistré les taux de migration nette les plus importants, soit Okotoks, Grande Prairie et Wood Buffalo (tableau A-1.3).

La ville d’Okotoks, située non loin de Calgary, a enregistré le taux de migration nette le plus important entre 2001 et 2006 (25,2 %). Okotoks a connu une croissance très importante de sa population au cours de cette période, soit de 46,7 %. Aucun autre centre urbain de taille moyenne n’a connu une croissance plus importante au cours de cette période.

Par ailleurs, ce sont probablement les opportunités d’emplois en lien avec l’exploitation pétrolière qui ont convaincu un grand nombre de migrants de s’installer à Grande Prairie et Wood Buffalo, respectivement troisième et quatrième pour l’importance de leurs taux de migration nette entre 2001 et 2006. Parmi les personnes qui avaient un emploi en 2006 et qui ont migré à Wood Buffalo entre 2001 et 2006, plus du quart (26,1 %) travaillaient dans le secteur d’industrie de l’extraction minière, pétrolière et gazière et plus du tiers (34,5 %) travaillaient dans la catégorie de profession des métiers, du transport et de la machinerie. Aucun autre centre urbain n’affiche des proportions plus élevées à ces chapitres. Grande Prairie affichait un profil similaire en 2006 : près d’un migrant sur cinq (18,3 %) travaillait dans le secteur d’industrie de l’extraction minière, pétrolière et gazière et plus du quart (27,4 %) travaillaient dans la catégorie de profession des métiers, du transport et de la machinerie. Enfin, les forts gains migratoires de Wood Buffalo et de Grande Prairie ont permis à ces deux villes albertaines de figurer parmi celles dont l’accroissement démographique a été le  plus fort entre 2001 et 2006.

Pour des raisons probablement différentes, Parksville, Chiliwack et Vernon en Colombie-Britannique ont également enregistré des taux de migration nette élevés. Parksville notamment, a enregistré la majorité de ses gains migratoires parmi les personnes de 60 ans et plus et arrive en première position des centres urbains de taille moyenne ayant enregistré les taux de migration nette les plus élevés pour ce groupe d’âge (19,3 %). Parksville est d’ailleurs le centre urbain de taille moyenne où l’on retrouve la proportion la plus élevée de personnes âgées de 65 ans et plus14.

La plupart des centres urbains de taille moyenne qui ont enregistré les pertes migratoires les plus importantes sont situés relativement loin des grands centres

En comparaison avec les centres urbains qui ont enregistré les taux migratoires nets les plus élevés entre 2001 et 2006, ceux ayant enregistré les pertes les plus importantes à ce chapitre sont situées relativement plus au nord de leurs provinces et généralement loin des plus grands centres urbains (carte : Palmarès des 15 agglomérations de recensement ayant enregistré les plus forts gains ou les plus fortes pertes migratoires nets, 2001 à 2006). C’est le cas par exemple de Kitimat, Prince Rupert et Terrace. Ces trois villes situées non loin l’une de l’autre au nord de la Colombie-Britannique ont affiché les pertes migratoires nettes les plus importantes en proportion de leur population entre 2001 et 2006. Un ralentissement économique et la dépendance envers un nombre limité d’industries expliquent en partie pourquoi ces villes ont connu ces pertes au cours de la période. En outre, Kitimat, Prince Rupert et Terrace sont arrivées respectivement première, deuxième et quatrième parmi les centres urbains ayant connu les décroissances démographiques les plus importantes entre 2001 et 2006.

Le Québec compte également plusieurs centres urbains de taille moyenne parmi ceux ayant enregistré les pertes migratoires les plus importantes compte tenu de leur population entre 2001 et 2006. Les villes de La Tuque, Baie-Comeau, Rouyn-Noranda et Dolbeau-Mistassini sont toutes à une distance appréciable des grands centres économiques de la province situés plus au sud. Ces quatre villes dépendent en partie de l’industrie forestière et les difficultés qu’a connues cette industrie ne sont peut-être pas étrangères au fait qu’elles ont enregistré des pertes au cours de la période.

Les régions rurales situées près d’un centre urbain ont enregistré des gains appréciables parmi les 30 à 44 ans

Tel que mentionné plus haut, les régions rurales situées près des centres urbains ont enregistré un solde migratoire positif de 58 935 personnes entre 2001 et 2006. Dans l’ensemble, elles ont connu des gains dans tous les groupes d’âge à l’exception des 15 à 29 ans. Le taux de migration nette enregistré dans la catégorie d’âge des 30 à 44 ans était toutefois particulièrement élevé, à 11,4 %. En fait, les gains dans le groupe d’âge des 30 à 44 ans ont composé près de la moitié du gain total des régions rurales situées près des centres urbains.

Ce constat est similaire à celui observé dans la banlieue de Montréal, de Toronto ou de Vancouver. En fait, il est probable que les lieux ayant affiché des gains importants parmi les 30 à 44 ans répondent bien aux besoins souvent liés à la famille des personnes de cet âge, tout en étant situés assez près de centres économiques importants.

Dans l’ensemble, les régions rurales éloignées du pays perdent des jeunes adultes

La population des régions rurales éloignées du Canada, c’est-à-dire celles qui ne sont pas situées à proximité de grands centres urbains, est demeurée stable entre 2001 et 2006, la croissance démographique de ces régions s’étant chiffrée à -0,1 %. La population de ces régions était également, en 2006, plus âgée que celle observée dans les régions métropolitaines du pays ou les régions rurales situées près des centres urbains, la proportion de personnes âgées de 65 ans et plus de ces régions atteignant respectivement 16,1 %, 13,2 % et 13,9 %.

L’analyse de la mobilité des Canadiens entre 2001 et 2006 permet de montrer que c’est principalement en raison des mouvements migratoires que les régions rurales éloignées présentent une croissance démographique faible voire négative et une population plus âgée. En effet, selon les données du Recensement de 2006, les régions rurales éloignées (comprenant les zones non métropolitaines des territoires) ont enregistré dans l’ensemble une perte migratoire de 47 065 personnes entre 2001 et 2006 (tableau 1.4).

Le solde déficitaire des régions rurales éloignées s’explique en grande partie par les départs nombreux des jeunes âgés de 15 à 29 ans. En effet, parmi les jeunes de 15 à 29 ans qui habitaient une région rurale en 2001, 76 285 avaient quitté en 2006, soit 8,8 % de la population de ce groupe d’âge.

Les régions rurales éloignées ont toutefois obtenu des gains migratoires dans tous les autres groupes d’âge entre 2001 et 2006. Le gain le plus important est survenu dans la catégorie d’âge des 45 à 59 ans, ce qui peut résulter de retours possibles de personnes natives des régions rurales éloignées dans leur région d’origine, ou simplement témoigner du désir de certaines personnes de ce groupe d’âge de vivre dans un milieu moins urbanisé.

Parmi les petites villes et les communautés rurales, un grand nombre de lieux de villégiature font des gains importants

Le tableau 1.6 montre les petites villes et les communautés rurales canadiennes de 5 000 habitants ou plus qui ont enregistré les gains migratoires nets les plus importants en proportion de leur population entre 2001 et 2006. Sylvan Lake, située près de Red Deer en Alberta, arrive en tête de liste avec un taux migratoire net de près de 47 %. Cette municipalité est d’ailleurs la petite ville ayant connu la plus forte croissance de population entre 2001 et 2006, sa population ayant cru de 36,1 % au cours de cette période15. D’ailleurs, un grand nombre des municipalités présentes dans le tableau 1.6 figurent parmi celles ayant connu les croissances de population les plus importantes, telles que Strathmore, Stanley, Prévost, Shefford et Wasaga Beach16.

Tableau 1.6
Petites villes et communautés rurales ayant connu les gains les plus importants par voie de migration interne entre 2001 et 2006

Plusieurs d’entre elles sont reconnues comme des lieux de villégiature et appréciées pour leur attrait touristique tout en étant situées assez près de grands centres urbains. Ainsi, au nord de Montréal, les municipalités de Saint-Sauveur, Prévost, Saint-Hippolyte et Chertsey sont des lieux qui, bien que situés assez près de la grande région de Montréal, offrent certains avantages liés à la vie en milieu plus rural.

Situées sur les rives du lac Ontario, à environ une heure de Toronto par l’autoroute 401, les municipalités de Cramahe et d’Alnwick/Haldimand offrent également diverses attractions, notamment en ce qui concerne la pêche et les activités nautiques.

Près de la Baie Georgienne, les municipalités de Wasaga Beach, Tiny, West Grey, Oro-Medonte sur les rives du lac Simcoe et Adjala-Tosorontio un peu plus au sud sont reconnues pour être des aires récréatives très prisées notamment par les gens de Toronto.

Enfin, parmi les 25 municipalités rurales ayant enregistré les plus forts gains, plus de la moitié sont situées à moins de 25 kilomètres d’un centre urbain (carte : Palmarès des 25 municipalités non métropolitaines ayant enregistré les plus forts gains ou les plus fortes pertes migratoires nets, 2001 à 2006). En moyenne, elles se retrouvent à une distance de seulement 36 kilomètres du centre urbain le plus proche. Les entrants des municipalités figurant dans ce palmarès ont franchi en moyenne 254 kilomètres alors que les sortants ont franchi une distance légèrement plus élevée soit de 297 kilomètres.

Plusieurs municipalités rurales doivent leur décroissance aux pertes migratoires internes

Les 25 municipalités rurales ayant enregistré les pertes migratoires nettes les plus importantes en proportion de leur population entre 2001 et 2006 présentent des profils forts variés (tableau 1.7).

Tableau 1.7
Petites villes et communautés rurales ayant connu les pertes les plus importantes par voie de migration interne entre 2001 et 2006

En général, les municipalités de ce palmarès sont relativement éloignées des grands centres urbains. Elles se retrouvent à une distance moyenne de 106 kilomètres du centre urbain le plus proche et seulement trois d’entre elles se retrouvent à moins de 25 kilomètres de l’un de ceux-ci. En outre, les distances moyennes franchies par les entrants et les sortants des municipalités ayant enregistré les pertes les plus importantes (respectivement 634 et 571 kilomètres) sont plus élevées que celles franchies par les entrants et les sortants des municipalités ayant enregistré gains les plus importants (respectivement 254 et 297 kilomètres).

Enfin, plusieurs municipalités de ce palmarès figurent également dans le palmarès des 25 municipalités ayant connu les plus fortes décroissances démographiques entre 2001 et 2006 : Oromocto, Parry Sound, Banff, Algoma-Unorganized North Part, Antigonish - Subd. A, Chibougamau, Kenora Unorganized et Melfort.

Notes

  1. Basher, Syed A. et Stefano Fachin. 2008. The long-term decline of internal migration in Canada Ontario as a case study. MPRA Paper number 6685.

  2. Selon Coulombe, en plus des taux de chômage, la productivité du travail serait également un facteur. Coulombe, Serge. 2006. « Internal Migration, Asymmetric shocks, and Interprovincial Economic Adjustments in Canada ». International Regional Science Review. SAGE publications. Volume 29. Number 2.

  3. Selon des données provenant des estimations de la population, composantes de la croissance par province.

  4. Statistique Canada. 2008. L’évolution de la population active au Canada, Recensement de 2006. Numéro 97-559-X au catalogue de Statistique Canada.

  5. Le secteur de la fabrication a cédé 136 700 emplois entre 2001 et 2006. Statistique Canada. 2008. L’évolution de la population active au Canada, Recensement de 2006. Numéro 97-559-X au catalogue de Statistique Canada.

  6. Corbeil, Jean-Pierre et Christine Blaser. 2007. Le portrait linguistique en évolution, Recensement de 2006. Numéro 97-555-X au catalogue de Statistique Canada.

  7. Martel, Laurent et Éric Caron Malenfant. 2007. Portrait de la population canadienne en 2006, Recensement de 2006. Numéro 97-550-X au catalogue de Statistique Canada.

  8. Chui, Tina, Hélène Maheux et Kelly Tran. 2007. Immigration au Canada : un portrait de la population née à l'étranger, Recensement de 2006. Numéro 97-557-X au catalogue de Statistique Canada.

  9. Statistique Canada. 2008. Habitudes de navettage et lieux de travail des Canadiens, Recensement de 2006. Numéro 97-561-X au catalogue de Statistique Canada.

  10. Martel, Laurent et Éric Caron Malenfant. 2007. Portrait de la population canadienne en 2006, Recensement de 2006. Numéro 97-550-X au catalogue de Statistique Canada.

  11. Martel, Laurent et Éric Caron Malenfant. 2007. Portrait de la population canadienne en 2006, Recensement de 2006. Numéro 97-550-X au catalogue de Statistique Canada.

  12. Les régions métropolitaines de recensement ne sont pas toutes structurées de façon homogène. Par exemple, le nombre de municipalités périphériques et la taille de la municipalité centrale varient beaucoup. Pour cette raison, les disparités entre les régions métropolitaines de recensement quant aux échanges entre les municipalités centrales et les municipalités périphériques peuvent refléter des différences de mouvements migratoires ou de configuration géographique.

  13. Martel, Laurent et Éric Caron Malenfant. 2007. Portrait de la population canadienne en 2006, Recensement de 2006. Numéro 97-550-X au catalogue de Statistique Canada.

  14. Martel,Laurent et Éric Caron Malenfant. 2007. Portrait de la population canadienne en 2006, selon l'âge et le sexe, Recensement de 2006. Numéro 97-551-X au catalogue de Statistique Canada.

  15. Martel, Laurent et Éric Caron Malenfant. 2007. Portrait de la population canadienne en 2006, Recensement de 2006. Numéro 97-550-X au catalogue de Statistique Canada.

  16. Ibid.