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Croissance et structure par âge de la population

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Croissance de la population

Au 1er janvier 2008, la population du Canada était estimée à quelque 33 143 600 habitants, en hausse de 344 900 personnes par rapport au 1er janvier 2007. Cette hausse de la population correspond à un taux de croissance de 10,5 pour 1 000 habitants, en légère augmentation par rapport à l’année précédente (10,2 pour 1 000). Le plus haut taux de croissance observé au cours des 35 dernières années remonte à 1988 (16,1 pour 1 000) alors que les niveaux d’immigration étaient élevés (figure 1.1). La croissance démographique plus élevée en 2007 est survenue en dépit d’une diminution de l’immigration, le nombre d’immigrants reçus – 236 800 personnes au cours de cette période – ayant été de 14 800 inférieur à l’année précédente. Environ les deux-tiers de la croissance démographique observée au Canada en 2007 est attribuable à la migration nette.

Figure 1.1
Taux d’accroissement total, migratoire et naturel, Canada, 1972 à 2007

La seconde composante de la croissance démographique est l’accroissement naturel, soit la différence entre le nombre de naissances et de décès. En 2007, on a enregistré 356 200 naissances et 241 300 décès, résultant en un accroissement naturel de 114 900 personnes. Au cours des dernières années, à la fois le nombre de naissances et de décès a été à la hausse. Un nombre croissant de décès est attendu au sein d’une population qui croît et qui vieillit comme c’est le cas au Canada. Malgré cela, l’accroissement naturel était, en 2007, le plus élevé observé depuis 2001 en raison de la hausse récente du nombre de naissances. Au cours des 35 dernières années, l’accroissement naturel a atteint un maximum en 1990, alors qu’on dénombrait 213 500 naissances de plus que de décès. En 2007, l’accroissement naturel ne comptait que pour le tiers de la croissance démographique du Canada, le reste résultant du solde migratoire. Dans certains pays développés comme les États-Unis et la France, l’accroissement naturel explique une plus large part de la croissance démographique que le solde migratoire en raison d’une plus forte fécondité. D’autres pays (Allemagne, Japon, Russie et Hongrie par exemple) ont un accroissement naturel faible voire négatif, conduisant parfois à des taux de croissance démographique négatifs1.

La population des provinces et territoires

Les tendances touchant la croissance de la population ainsi que la contribution respective de l’accroissement naturel et du solde migratoire à cette croissance varient d’une province et d’un territoire à l’autre. Les échanges migratoires entre provinces et territoires peuvent également influer sur la croissance démographique de chacune des régions du pays. En 2007, la croissance de la population était supérieure à la moyenne nationale dans quatre provinces et un territoire : le Manitoba, la Saskatchewan, l’Alberta, la Colombie-Britannique et le Nunavut. La seule province à enregistrer un taux de croissance démographique négatif en 2007 était Terre-Neuve-et-Labrador. D’autres régions ont connu une croissance démographique positive en 2007 après avoir vécu au moins une année de décroissance. C’était le cas de la Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest. Les autres provinces ont toutes enregistré une croissance positive de leur population, bien que modérée et inférieure à la moyenne nationale.

En 2007, l’Alberta a enregistré la plus forte croissance démographique de toutes les provinces (19,5 pour 1 000), soit une croissance presque deux fois supérieure à la moyenne nationale, et a atteint une population totale de 3 497 900 habitants au 1er janvier 2008. Bien que la croissance démographique est depuis longtemps élevée, le taux observé en 2007 était inférieur à celui enregistré en 2006 (31,1 pour 1 000) et en 2005 (26,2 pour 1 000). Même si plus de la moitié de la croissance démographique observée en 2006 était attribuable au solde migratoire interprovincial fortement positif, cette composante n’aura compté que pour un sixième de l’accroissement en 2007. Le solde migratoire interprovincial s’élevait à 10 600 personnes en 2007, un solde nettement inférieur à celui observé l’année précédente (58 200).

Dans la région de l’Atlantique, la population de Terre-Neuve-et-Labrador a diminué à un taux de 1,2 pour 1 000 habitants en 2007 et la population de cette province n’était plus que de 508 100 personnes au 1er janvier 2008. La dernière année où cette province a inscrit une croissance démographique positive est 1992, sa population s’élevait alors à 580 800 habitants au 1er janvier 1993. Quoique Terre-Neuve-et-Labrador affiche un solde migratoire interprovincial négatif depuis 1983, cette province a vu moins de personnes la quitter en 2007 (700) qu’en 2006 (4 000). Et si un solde migratoire international net positif a pu être observé en 2007, l’accroissement migratoire dans son ensemble était négatif, tout comme l’accroissement naturel, entraînant comme conséquence une diminution de la population.

À l’inverse, les trois autres provinces de l’Atlantique ont chacune inscrit une croissance démographique positive en 2007. La population de l’Ile-du-Prince-Édouard s’est accrue de 6,7 pour 1 000 habitants pour s’établir à 139 100 personnes au 1er janvier 2008, un taux de croissance jamais vu depuis 1995. Cette province a accueilli un plus grand nombre d’immigrants en 2007 comparativement à l’année précédente et a connu moins de pertes dans ses échanges migratoires avec les autres provinces. De leur côté, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick ont également vu leur population augmenter en 2007 après deux années consécutives de décroissance. En Nouvelle-Écosse, la croissance démographique (1,1 pour 1 000) permettait à la population d’atteindre 935 600 habitants au 1er janvier 2008 alors qu’au Nouveau-Brunswick, où le taux de croissance démographique était de 3,5 pour 1 000, la population a atteint 751 300 habitants. Dans les deux provinces, la croissance résulte d’un solde migratoire positif puisque l’accroissement naturel y est faible voire négatif.

Au 1er janvier 2008, la province de Québec comptait 7 730 600 résidents, ce qui correspond à un taux de croissance de 7,3 pour 1 000 habitants. Il s'agit d'une légère hausse par rapport à 2006 (6,9 pour 1 000) et du taux de croissance le plus élevé depuis 1992. La perte nette au chapitre de la migration interprovinciale au Québec en 2007 (14 400) a été la plus élevée depuis 1998. Elle a toutefois été compensée par l'arrivée en 2007 de 45 200 immigrants, un nombre bien supérieur aux 7 300 personnes ayant quitté le Québec cette année-là. Près de la moitié de la croissance de cette province en 2007 est donc attribuable au solde migratoire international et le reste à l'accroissement naturel de la population.

L’Ontario, plus populeuse des provinces, a enregistré un taux de croissance démographique de 9,5 pour 1 000 habitants en 2007, légèrement en hausse par rapport à celui de 2006 (9,0 pour 1 000). La population de cette province s’établissait à 12 861 900 habitants au 1er janvier 2008. Le solde migratoire international est le facteur le plus important de la croissance de cette province, même si ce solde a été plus faible en 2007 (90 700) qu’en 2006 (105 400). À l’exception d’une année, la proportion des immigrants s’installant en Ontario diminue de façon constante depuis 2001. Malgré cette baisse au chapitre de l’immigration, on observait beaucoup moins de pertes migratoires au profit des autres provinces et territoires en 2007 (-17 800) qu’en 2006 (-32 300). Pris ensemble, les échanges migratoires contribuaient à près des deux tiers de la croissance démographique de cette province en 2007.

La population du Manitoba a cru de 11,0 pour 1 000 en 2007 pour s’établir à 1 193 600 personnes au 1er janvier 2008. Il s’agit d’un taux deux fois plus élevé qu’en 2006 (4,5 pour 1 000) et du taux le plus élevé observé depuis 1993. Cette croissance démographique plus élevée s’explique par une hausse du nombre d’immigrants et une diminution des pertes migratoires interprovinciales. En fait, le Manitoba a inscrit le taux d’immigration le plus élevé au Canada en 2007 (9,2 pour 1 000), une première au cours des années récentes pour une autre province que l’Ontario, la Colombie-Britannique ou l’Alberta. Cette situation découle sans doute du fait que le Manitoba tire parti du Programme des candidats des provinces pour sélectionner de nouveaux immigrants. Programme à caractère économique de Citoyenneté et Immigration Canada, il consiste à sélectionner des personnes qualifiées qui possèdent la formation, l’expérience professionnelle pertinentes et les connaissances linguistiques requises pour travailler dans une province en particulier.

La croissance démographique de la Saskatchewan en 2007 (16,5 pour 1 000) était fortement en hausse par rapport à celle observée l’année précédente (1,9 pour 1 000). Il s’agit du taux de croissance démographique le plus élevé depuis 1975. Cette croissance est attribuable en grande partie au solde migratoire interprovincial. Le gain net de 10 200 personnes en provenance d’autres provinces ou territoires correspond au premier solde positif depuis 1984. L’industrie pétrolière en pleine expansion en Saskatchewan a peut-être attiré des travailleurs qui, autrement, auraient choisi l’Alberta. En général, la croissance démographique de la Saskatchewan compte pour les quatre cinquième de l’accroissement migratoire, l’accroissement naturel ne contribuant que pour environ 20 % de la croissance. Au total, on estimait la population de la Saskatchewan à 1 006 600 habitants au 1er janvier 2008. C’est la première fois que la population de cette province dépassait le cap du million depuis 2001.

La Colombie-Britannique a enregistré le troisième taux de croissance démographique en importance au Canada en 2007 (14,9 pour 1 000), se traduisant par une population de 4 414 000 habitants. Les gains nets résultant de la migration interprovinciale y étaient les plus élevés depuis 1996 mais c’est le solde migratoire international, 30 600 personnes, qui constituait le principal facteur derrière la croissance de cette province. Au total, l’accroissement migratoire a contribué à plus des quatre cinquième de la croissance démographique de la Colombie-Britannique. Toutefois, le nombre d’immigrants reçus en 2007 était inférieur à celui observé l’année précédente, tout comme en Ontario.

Compte tenu du faible nombre d'habitants dans les territoires, même de modestes fluctuations dans les effectifs peuvent fortement influencer le taux de croissance. Au Yukon, la croissance démographique positive observée en 2007 (8,6 pour 1 000) a suivi une année de croissance négative (-6,2 pour 1 000 en 2006) et s'est traduite par une population de 31 200 personnes. Bien que ce territoire ait inscrit des pertes au chapitre des migrations interprovinciales en 2006, le solde de ces migrations internes était positif en 2007. Après deux années de recul, la croissance en 2007 a été positive dans les Territoires du Nord-Ouest (6,3 pour 1 000) et la population se chiffrait à 42 600 habitants. Cette croissance s'explique en grande partie par un fort accroissement naturel de la population et des pertes migratoires moindres vers d'autres provinces et territoires. Avec un taux de 19,9 pour 1 000 en 2007, le Nunavut a inscrit le deuxième taux de croissance en importance au pays, soit presque le double du taux national (10,5 pour 1 000) et un taux plus élevé encore que celui de l'Alberta (19,5 pour 1 000). Au 1er janvier 2008, la population du Nunavut s'élevait à 31 100 habitants. La croissance démographique du Nunavut est exclusivement attribuable à la vigueur de l'accroissement naturel de sa population.

Tendances démographiques infraprovinciales

À des niveaux géographiques plus détaillés que le niveau provincial ou territorial, la figure 1.2 présente clairement les régions où la croissance démographique a été plus rapide que la moyenne nationale entre le 1er juillet 2006 et le 30 juin 20072 de même que les régions où la population a diminué au cours de la même période.

Figure 1.2
Taux d’accroissement démographique entre le 1er juillet 2006 et le 30 juin 2007 par division de recensement (DR), Canada

En 2007, plusieurs divisions de recensement3 affichant une croissance démographique rapide se trouvaient en Alberta et en Colombie Britannique de même que dans les environs des grandes régions urbaines comme Toronto ou Montréal. Les taux de croissance élevés observés dans les régions albertaines est en bonne partie attribuable à des facteurs d'ordre économique, de même qu’à la migration, souvent de jeunes adultes, en provenance des autres provinces du Canada. D'autres divisions de recensement ont vu leur population s'accroître rapidement en raison de l'étalement urbain, comme ce fut le cas dans les régions autour de Montréal.

Certaines des divisions de recensement ayant connu une décroissance marquée de leur population entre 2006 et 2007 se trouvent à Terre-Neuve et-Labrador. Cette baisse peut principalement être attribuable au faible niveau de fécondité et à l'émigration des jeunes adultes vers d'autres provinces et territoires du Canada, notamment l'Alberta.

La croissance démographique des régions métropolitaines de recensement

Au 1er juillet 2007, les régions métropolitaines de recensement (RMR)4 comptaient 21 599 700 habitants, soit près des deux tiers de la population canadienne. Elles ont vu leur population s'accroître au rythme de 12,2 pour 1 000, soit plus rapidement que dans l'ensemble du pays (10,0 pour 1 000) au cours de la période 2006-2007 (tableau 1.1)5.

Tableau 1.1
Population au 1er juillet 2007 et composantes de l’accroissement démographique, Canada et régions métropolitaines de recensement

En Alberta, les régions métropolitaines de recensement de Calgary et d'Edmonton ont connu les hausses les plus marquées en 2006-2007 (34,9 pour 1 000 et 28,3 pour 1 000, respectivement). Au 1er juillet 2007, Calgary avait une population de 1 139 100 habitants, dépassant légèrement celle d'Edmonton (1 081 300 résidents). La croissance démographique de ces deux régions métropolitaines de recensement est principalement attribuable à la migration interprovinciale nette. À Calgary, le solde migratoire interprovincial était positif à environ 16 500 personnes et à Edmonton, à 12 000 personnes, reflet de la vigueur de l'économie de l'Alberta, en grande partie liée à l'industrie pétrolière. Pendant la période 2006-2007, 14 800 personnes de plus se sont ajoutées à la population de Calgary par l’immigration internationale, un chiffre s’établissant à 8 900 immigrants à Edmonton.

En Saskatchewan, les deux régions métropolitaines de recensement de Saskatoon et de Regina ont également crû à un rythme plus rapide que l'ensemble du Canada. Fait remarquable, la croissance à Saskatoon en 2006-2007 (19,8 pour 1 000) était plus de deux fois supérieure à celle de l'année antérieure (8,3 pour 1 000), ce qui a permis à cette région métropolitaine de recensement d'enregistrer une population de 241 400 au 1er juillet 2007. La population de Regina s'est accrue de 13,8 pour 1 000 en 2006-2007 pour s'établir à 201 500 résidents. Regina et Saskatoon, de même qu'Edmonton et Victoria, ont été les seules régions métropolitaines de recensement à enregistrer une migration nette positive aux trois niveaux : intraprovincial, interprovincial et international.

Dans les trois principales régions métropolitaines de recensement du pays, soit Toronto, Montréal et Vancouver, la croissance est largement attribuable à l'immigration internationale. À Toronto, la plus populeuse région métropolitaine de recensement, la croissance  a été de 15,8 pour 1 000 en 2006-2007, surpassant celle du pays (10,0 pour 1 000) au cours de la même période. La population de cette région métropolitaine de recensement a atteint 5 509 900 habitants au 1er juillet 2007. En d'autres termes, on y retrouve près d'une personne sur six au Canada. En 2006-2007, le solde migratoire international à Toronto était de 81 800 personnes. Ce solde positif a plus que compensé les pertes au chapitre des échanges migratoires avec les autres régions de l’Ontario et du pays. À Montréal, la deuxième région métropolitaine de recensement en importance, la population s'est accrue à un rythme plus lent, soit 7,3 pour 1 000, au cours de l'année qui a précédé le 1er juillet 2007, pour atteindre 3 695 800 résidents. Bien que des pertes aient été observées au chapitre des migrations interprovinciales et intraprovinciales, elles étaient compensées par des gains au chapitre de l’immigration. À Vancouver, la troisième région métropolitaine de recensement du pays, la croissance démographique a été de 12,7 pour 1 000 en 2006-2007, portant la population à 2 285 900 résidents. Comme pour Montréal et Vancouver, la croissance repose en majeure partie sur l'immigration pour la même période.

En Ontario, seulement quatre régions métropolitaines de recensement ont vu leur population decroître entre 2006 et 2007 : Thunder Bay (-10,0 pour 1 000), Kingston (-4,4 pour 1 000), St. Catharines-Niagara (-2,0 pour 1 000) et Windsor (-1,2 pour 1 000). Les pertes attribuables à la migration interprovinciale ont largement contribué à la diminution de la population de ces régions métropolitaines de recensement, bien que Windsor ait également connu une migration intraprovinciale nette négative.

Structure par âge de la population

L’évolution de la structure par âge depuis 1972 peut être illustrée graphiquement au moyen d’une pyramide des âges (figure 1.3). Une tendance qui se dégage de manière évidente de cette figure est le vieillissement des baby-boomers (nés entre 1946 et 1965). En 1972, les personnes de cette génération avaient entre 7 et 26 ans; ils étaient âgés de 43 à 62 ans en 2008. Cette excroissance continuera à s’élever dans la pyramide avec l’arrivée des baby-boomers au troisième âge.

Figure 1.3
Pyramide des âges de la population canadienne, 1er janvier, 1972 et 2008

La comparaison des pyramides de 1972 et de 2008 montre aussi clairement les effets sur la structure par âge de la population du Canada de deux tendances de fond au plan démographique : la faible fécondité et l’allongement de l’espérance de vie. L’un des effets de ces tendances est que la proportion des enfants de 14 ans ou moins a considérablement diminué ces dernières décennies, alors que celle des personnes âgées s’est accrue. Au 1er janvier 2008, 16,9 % de la population avait 14 ans ou moins et 13,5 % avait 65 ans ou plus, soit 5 593 000 enfants et 4 475 800 personnes âgées (figure 1.4). En 1972, près de trois personnes sur 10 (28,9 %) étaient des enfants et 8,1 % des personnes âgées. On s’attend à une accélération du vieillissement de la population, en particulier à partir de 2011 quand les premiers membres de la grande cohorte des baby-boomers atteindront l’âge de 65 ans. Quel que soit le scénario de croissance, le nombre de personnes âgées devrait dépasser celui des enfants au Canada vers 20156.

Figure 1.4
Proportion de la population âgée de moins de 15 ans, de 15 à 64 ans et de 65 ans et plus, Canada, 1er janvier, 1972 à 2022

Bien que sa population soit vieillissante, le Canada, à l’instar des États-Unis, compte parmi les pays les plus jeunes du G8. En 2007, les pays du G8 où la population était la plus âgée, avec près d’une personne sur cinq de 65 ans ou plus, étaient l’Allemagne, l’Italie et le Japon7.

Même si la population âgée de 65 ans ou plus s’est accrue plus de deux fois plus rapidement (23,9 pour 1 000) au Canada en 2007 que l’ensemble de la population (10,5 pour 1 000), certains sous-groupes enregistrent un taux de croissance encore plus rapide. La population âgée de 80 ans ou plus s’est accrue de 34,2 pour 1000 en 2007. De même, celle âgée de 55 à 64 ans, composé d’individus qui sont à la retraite ou sur le point de prendre leur retraite, s’est accrue encore plus rapidement durant la même période (37,6 pour 1 000).

Le concept de l’âge médian, âge auquel 50 % de la population est plus âgée et 50 % plus jeune, permet lui aussi de mesurer le vieillissement. Au 1er janvier 2008, l’âge médian de la population canadienne était de 39,1 ans, alors qu’il était de 38,9 ans à la même date en 2007. En comparaison, l’âge médian était de 29,3 ans en 1981 et de 26,3 ans en 1972.

Tendances provinciales et territoriales dans la structure par âge

Le vieillissement de la population a affecté toutes les provinces et tous les territoires du Canada à des degrés variables. Avec davantage de personnes de 65 ans ou plus et moins de personnes de 14 ans ou moins comparativement au Canada dans son ensemble, la population totale des provinces de l’Atlantique (Terre-Neuve-et-Labrador, Île-du-Prince-Édouard, Nouvelle-Écosse et Nouveau-Brunswick) était la plus âgée du pays. C’est notamment que la région de l’Atlantique, qui se caractérisait autrefois par une fécondité plus élevée que la moyenne, inscrit aujourd’hui les niveaux de fécondité les plus bas du pays. Survenue au XXe siècle, cette transformation a contribué au vieillissement de la population dans les provinces de l’Atlantique, où chacune affiche un âge médian supérieur à 40 ans (tableau 1.2). Terre-Neuve-et-Labrador présente l’âge médian le plus élevé de toutes les provinces et de tous les territoires en 2008 (42,3 ans) alors qu’elle enregistrait en 1981 l’un des âges médians les plus bas (25,0 ans).

Tableau 1.2
Pourcentage de la population âgée de moins de 15 ans, de 15 à 64 ans, de 65 ans et plus et âge médian, Canada, provinces et territoires, 1er janvier 2008

Au Québec, on comptait moins d’enfants âgés de 14 ans ou moins (15,8 %) et plus d’aînés de 65 ans ou plus (14,5 %) par rapport à l’ensemble du pays, à l’inverse de l’Ontario (17,3 % et 13,3 %, respectivement). Par conséquent, l’âge médian était plus élevé au Québec (40,9 ans) et plus bas en Ontario (38,7 ans) comparativement à celui du Canada. Au cours des 50 dernières années, la province de Québec a connu un vieillissement rapide en raison de gains d’espérance de vie et d’un recul de la fécondité. La proportion d’enfants supérieure observée en Ontario est attribuable en partie aux niveaux d’immigration élevés des deux dernières décennies, notamment en ce qui concerne les immigrantes en âge d’avoir des enfants, qui peuvent contribuer à rajeunir la population en ayant des enfants après leur arrivée au Canada.

Trois provinces des Prairies – le Manitoba, la Saskatchewan et l’Alberta – avaient une population plus jeune que dans l’ensemble du Canada. Au 1er janvier 2008, près d’une personne sur cinq y avait 14 ans ou moins. Selon l’indicateur de l’âge médian, l’Alberta avait la population la plus jeune de toutes les provinces (35,4 ans). Fait intéressant, bien que la Saskatchewan ait l’une des proportions les plus élevées d’enfants de 14 ans ou moins, elle se caractérise aussi par l’une des plus fortes proportions de personnes de 65 ans ou plus (14,8 %). Cette situation s’explique par la combinaison de deux facteurs : une fécondité et une espérance de vie élevées, mais aussi, depuis quelques années, de nombreux départs de jeunes adultes.

À l’instar des provinces de l’Atlantique et du Québec, la Colombie-Britannique enregistrait également un âge médian de 40,2 ans, ce qui est supérieur à celui du Canada et ce qui en faisait la province la plus âgée de l’Ouest du Canada. Une plus faible proportion d’enfants de 14 ans ou moins (15,6 %) et un pourcentage plus élevé de personnes de 65 ans ou plus (14,2 %) par rapport à l’ensemble du Canada sont aussi des indicateurs que la Colombie-Britannique est une province dont la population est plus âgée. Cette province présente une fécondité inférieure à la moyenne combinée à l’espérance de vie la plus longue au pays.

Dans les territoires, le Yukon affichait une proportion d’enfants de 14 ans ou moins (17,0 %) et un âge médian (39,0 ans) se rapprochant de la moyenne nationale, bien que la proportion de personnes âgées y soit beaucoup plus basse (8,1 %). Le Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest se caractérisent par les populations les plus jeunes du Canada, en raison d’une fécondité plus élevée et d’une espérance de vie inférieure à celle du reste du pays. Le Nunavut présentait l’âge médian le plus bas du pays au 1er janvier 2008, à 23,6 ans, suivi par les Territoires du Nord-Ouest, à 31,2 ans. La jeunesse de la population du Nunavut se reflète aussi dans le fait qu’une personne sur trois a 14 ans ou moins (32,9 %), soit la plus importante proportion d’enfants de toutes les provinces et tous les territoires, de même que dans le pourcentage de personnes âgées le moins élevé du pays (3,1 %).

Tendances infraprovinciales de la structure par âge

L’analyse d’une carte nationale à l’échelon des divisions de recensement permet d’identifier en un coup d’oeil les régions du Canada où l’on observe les plus fortes proportions de personnes âgées de 65 ans ou plus au 1er juillet 2007 (figure 1.5).

Figure 1.5
Proportion de la population âgée de 65 ans et plus au 1er juillet 2007, par division de recensement (DR), Canada

On peut attribuer à des phénomènes démographiques à court et à long terme les proportions élevées de personnes de 65 ans ou plus dans une région particulière par rapport à l’ensemble du Canada. À court terme, un pourcentage plus élevé de personnes âgées peut s’expliquer par le départ des jeunes adultes vers d’autres régions ou par l’arrivée d’adultes âgés, ou les deux. Les personnes plus jeunes peuvent être plus susceptibles de quitter les régions offrant moins de possibilités économiques réelles ou perçues. Ce phénomène migratoire contribue au vieillissement de la population des régions d’où partent les jeunes adultes et au rajeunissement de la population des régions de destination. Les adultes plus âgés peuvent être attirés par des régions au climat favorable, où il existe des communautés de retraités ou d’autres services susceptibles de répondre aux besoins et aux intérêts des résidents vieillissants. À long terme, une proportion plus forte de personnes âgées dans la population peut également s’expliquer par une période prolongée de faible fécondité, en particulier après de nombreuses années de fécondité élevée. C’est précisément la situation dans de nombreuses régions de l’Atlantique et au Québec, en raison des tendances de la fécondité observées au cours du dernier siècle. Cette combinaison de facteurs à court et à long terme peut contribuer à une proportion de personnes âgées dans une région particulière plus élevée que dans l’ensemble du Canada.

Vieillissement démographique dans les régions métropolitaines de recensement

Les régions métropolitaines de recensement (RMR) ont une population plus jeune que le Canada dans son ensemble, comme le montre la proportion de la population âgée de 65 ans ou plus et l’âge médian. À l’échelon national, 13,4 % de la population était composée de personnes âgées au 1er juillet 2007 par rapport à 12,5 % pour les 27 régions métropolitaines de recensement du pays. À la même date, l’âge médian de la population des régions métropolitaines de recensement était de 38,1 ans, soit un âge inférieur à l’âge médian de la population vivant à l’extérieur des régions métropolitaines de recensement (41,1 ans) et du pays dans son ensemble (39,0 ans). Comme dans le reste du Canada, la population des régions métropolitaines de recensement vieillit, mais plus lentement que la population des autres régions. Par exemple, entre le 1er juillet 2001 et le 1er juillet 2007, l’âge médian de la population des régions métropolitaines de recensement a augmenté de 1,5 an, comparativement à 2,7 ans pour la population qui ne résidait pas dans une région métropolitaine de recensement.

Un autre indicateur de la structure par âge de la population, la proportion d’enfants de 14 ans ou moins, présente  peu de différences entre la population des régions métropolitaines de recensement et celle des autres régions du pays (environ 17 % chacune). Cependant, la population de 20 à 44 ans est surreprésentée dans les régions métropolitaines de recensement (37,7 %), comparativement à la population n’y habitant pas (32,0 %). La plus forte proportion de jeunes adultes dans les régions métropolitaines de recensement peut s’expliquer par l’attrait qu’exercent ces régions sur les migrants internationaux et les migrants internes provenant d’autres régions qui souhaitent poursuivre des études ou rechercher des possibilités d’emploi. Cette réalité contribue à la jeunesse de la population des régions métropolitaines de recensement en raison principalement de la présence de ces jeunes adultes et d’une plus faible proportion de personnes âgées, plutôt que d’un pourcentage plus élevé d’enfants. Néanmoins, on observe d’importantes différences entre les régions métropolitaines de recensement quant à leur proportion d’enfants de 14 ans et moins, de personnes âgées de 65 ans et plus et l’âge médian de leur population.

La figure 1.6 présente une pyramide des âges pour les régions métropolitaines de recensement ayant les populations les plus jeunes et les plus âgées du Canada. La région métropolitaine de recensement d’Abbotsford, en ColombieBritannique, est celle qui présentait la population la plus jeune au 1er juillet 2007. On y observait une plus grande proportion d’enfants de 14 ans ou moins (19,5 %) que dans toute autre région métropolitaine de recensement . L’âge médian des habitants d’Abbotsford (36,5 ans) était également moins élevé que celui observé ailleurs au pays. Par contre, la région métropolitaine de recensement la plus âgée, St.Catharines – Niagara en Ontario, affichait la plus forte proportion de personnes âgées de 65 ans ou plus au cours de cette même période (17,9 %) et un âge médian de 42,3 ans. La péninsule du Niagara, qui offre de nombreux services aux personnes âgées et constitue une destination de retraite attrayante, peut contribuer à la présence d’une proportion d’aînés de 65 ans ou plus supérieure à la moyenne dans cette région métropolitaine de recensement.

Figure 1.6
Pyramide des âges de la plus jeune (Abbotsford) et de la plus âgée (St. Catharines - Niagara) des régions métropolitaines de recensement au Canada, 1er juillet 2007

Les régions métropolitaines de recensement de Trois-Rivières et de Saguenay au Québec affichaient également d’importantes proportions de personnes âgées (respectivement 17,3 % et 15,1 %), comme on peut le voir au tableau 1.3. Elles présentaient les âges médians les plus élevés de toutes les régions métropolitaines de recensement du pays, soit 43,8 ans à Trois-Rivières et 43,2 ans à Saguenay8. Ces régions métropolitaines de recensement ont attiré peu d’immigrants récents et ont accusé des pertes migratoires de jeunes adultes au profit d’autres régions du Canada.

Tableau 1.3
Pourcentage de la population âgée de moins de 15 ans, de 15 à 64 ans, de 65 ans et plus et âge médian, région métropolitaine de recensement, 1er juillet 2007

Parmi les trois plus importantes régions métropolitaines de recensement, Toronto et Vancouver présentaient des proportions de personnes âgées et des âges médians inférieurs à ceux observés dans l’ensemble du pays. À Toronto, la proportion de la population composée de personnes de 65 ans ou plus était de 11,3 %, alors que l’âge médian était de 37,0 ans. À Vancouver, les personnes âgées représentaient 12,3 % de la population et l’âge médian était de 38,4 ans. Les migrants internationaux, qui se sont établis en grand nombre dans ces régions métropolitaines de recensement en 2006 ou 2007, et dont l’âge médian était moins élevé que celui du reste de la population, ont pu contribuer à la jeunesse de la population de ces régions. À Montréal, la situation était davantage semblable à la moyenne nationale, les personnes de 65 ans ou plus comptant pour 13,6 % de la population et l’âge médian étant de 39,0 ans.

Calgary et Edmonton étaient parmi les plus jeunes régions métropolitaines de recensement du pays au 1er juillet 2007. Elles affichaient les plus faibles proportions de personnes de 65 ans ou plus (respectivement 9,1 % et 10,9 %). Les deux régions métropolitaines de recensement de l’Alberta, Calgary (35,5 ans) et Edmonton (35,9 ans), arrivaient également deuxième et troisième au pays au palmarès des régions métropolitaines de recensement en raison de l’arrivée de nombreux jeunes adultes venus y travailler. À Saskatoon, la population comptait 12,0 % de personnes âgées et 18,3 % d’enfants de 14 ans ou moins. L’âge médian y était aussi le plus bas de toutes les régions métropolitaines de recensement au Canada (35,2 ans) en raison d’une forte fécondité et de la migration interprovinciale de jeunes adultes.

Tableau A-1.1
Population au 1er janvier et composantes de l’accroissement démographique, Canada, provinces et territoires, 1981 à 2008


Notes

  1. Population Reference Bureau. 2007. 2007 World Population Data Sheet. Washington, D.C.; United States Census Bureau. 2008. International Database. Table 008 : Vital Rates and Events.

  2. La date de référence pour les parties du présent chapitre sur les tendances infraprovinciales est le 1er juillet 2007 car les estimations de la population pour 2008 sous le niveau provincial ou territorial n'étaient pas disponibles au moment de la rédaction du présent rapport.

  3. La division de recensement (DR) est un terme générique désignant les régions établies par les lois provinciales (comté, municipalité régionale de comté, district régional, etc.) ou leur équivalent. Les divisions de recensement sont des régions géographiques intermédiaires entre la municipalité (subdivision de recensement) et la province/territoire.

  4. Une région métropolitaine de recensement (RMR) est une région qui dispose d’une population d’au moins 100 000 habitants incluant un noyau urbain d’au moins 50 000 personnes. Les estimations de la population des régions métropolitaines de recensement dans la présente partie sont en fonction des limites géographiques du Recensement de 2001.

  5. Statistique Canada. 2008. Estimations démographiques annuelles : régions métropolitaines de recensement, régions économiques et divisions de recensement, âge et sexe, 2002 à 2007. Numéro 91-214-X au catalogue de Statistique Canada.

  6. Statistique Canada, recensements de la population, 1956 à 2006; et Bélanger, Alain, Laurent Martel et Éric Caron Malenfant. 2005. Projections démographiques pour le Canada, les provinces et les territoires 2005-2031. Numéro 91-520 au catalogue de Statistique Canada. Scénario 3.

  7. Population Reference Bureau. 2007. 2007 World Population Data Sheet. Washington, DC.

  8. Statistique Canada. 2008. Estimations démographiques annuelles : régions métropolitaines de recensement, régions économiques et divisions de recensement, âge et sexe, 2002 à 2007. Numéro 91-214-X au catalogue de Statistique Canada.