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Estimations démographiques trimestrielles

Avril à juin 2008

91-002-X


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Analyse

Au 1er juillet 2008, la population canadienne était estimée à 33 311 400 personnes, en hausse de 125 800 par rapport au 1er avril de la même année. Au cours de la période avril à juin 2008, la population canadienne s’est accrue de 0,38 %, le plus fort accroissement, tous trimestres confondus, depuis le 2ème trimestre de 1991.

Un solde migratoire international record

La hausse du rythme de croissance de la population du pays est notamment due à une forte augmentation de son solde migratoire international. Au cours de la période avril-juin, le solde migratoire international du Canada s’est élevé à 91 600, un solde trimestriel jamais observé auparavant.

L’immigration demeure soutenue. Au cours du 2ème trimestre 2008, le pays a accueilli 69 200 immigrants soit 7 600 de plus que l’année dernière à la même époque.

L’Ontario demeure la province la plus prisée par les immigrants. Au cours du 2ème trimestre 2008, la province a reçu 46,7 % des nouveaux Canadiens. Toutefois, l’attraction ontarienne est en déclin et la province a accueilli moins de la moitié des immigrants du pays pour un sixième trimestre consécutif.

Le Manitoba est la province ayant présenté le plus fort taux annualisé d’immigration (10,8 pour mille). Cette province domine à cet effet pour une troisième fois au cours des 6 derniers trimestres. La Colombie-Britannique (10,6 pour mille), l’Ontario (9,9 pour mille) et l’Île-du-Prince-Édouard (9,3 pour mille) sont les autres provinces à afficher un taux d’immigration supérieur à celui du pays (8,3 pour mille).

L’immigration a atteint des niveaux trimestriels qui n’avaient jamais été observés auparavant dans quatre juridictions : le Manitoba, la Saskatchewan, l’Alberta et le Nunavut.

Graphique 1 Estimations trimestrielles des composantes agrégées, avril à juin, 1974 à 2008, Canada

Le nombre de résidents non permanents s’est également accru de façon substantielle. Au cours de la période avril à juin, ce nombre s’est accru de 30 800, un nouveau record pour un 2ème trimestre.

Par rapport à la même période de l’année dernière, le nombre de résidents non permanents du 2ème trimestre a augmenté dans toutes les juridictions du pays. C’est en Alberta que la croissance du nombre de résidents non permanents a été la plus rapide (taux annualisé de 8,0 pour mille).

La hausse du nombre de résidents non permanents a atteint de nouveaux sommets dans plusieurs juridictions du pays. Des hausses record, tous trimestres confondus, ont été observées au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta. Le Nouveau-Brunswick, le Québec et la Colombie-Britannique ont quand à elles présenté des soldes jamais observés auparavant pour un 2ème trimestre.

Un accroissement naturel stable

Lorsque comparé à celui de l’année dernière à la même période, l’accroissement naturel du 2ème trimestre de 2008 est demeuré relativement stable, passant de 34 400 à 34 200.

Avec un taux annualisé de 8,3 pour mille, l’Alberta possède l’accroissement naturel le plus élevé parmi les provinces, plus que doublant le niveau canadien (4,1 pour mille). Le Québec, le Manitoba et la Saskatchewan sont les autres provinces à présenter un taux d’accroissement naturel supérieur à celui du pays. Le Nunavut demeure la juridiction qui possède l’accroissement naturel le plus élevé au pays avec un taux de 22,2 pour mille.

Le nombre de naissances au pays est en hausse. Alors qu’il était de 91 600 lors de la période avril-juin 2007, il a été estimé à 93 100 au cours du 2ème trimestre 2008. Il s’agit du plus fort nombre de naissances pour un 2ème trimestre depuis 1996 (96 200).

L’Alberta est la province qui possède le taux de natalité le plus élevé (taux annualisé de 14,0 pour mille). Tout comme pour l’accroissement naturel, le Québec, le Manitoba et la Saskatchewan sont les autres provinces à présenter un taux de natalité supérieur à celui du pays (11,2 pour mille). Dans les territoires, le Nunavut domine avec un taux de natalité de 26,9 pour mille, un sommet au pays.

Situation normale dans un contexte de vieillissement de la population, le nombre de décès est également à la hausse. Alors qu’il était de 57 200 lors du 2ème trimestre de l’année dernière, il a été estimé à 58 800 au cours de la période avril-juin 2008.

Le taux annualisé de mortalité du pays pour le 2ème trimestre est de 7,1 pour mille. Le taux le plus élevé parmi les provinces se trouve à l’Île-du-Prince-Édouard (9,2 pour mille) alors que le taux le plus bas se situe en Alberta (5,7 pour mille). Dans les territoires, ce sont les Territoires du Nord-Ouest qui possèdent le plus faible taux de mortalité (4,3 pour mille).

Une croissance démographique toujours plus élevée dans l’ouest

La hausse du solde migratoire international qui s’est manifestée un peu partout au Canada a fait en sorte que toutes les juridictions du pays ont connu au cours du 2ème trimestre une augmentation de leur population, les Territoires du Nord-Ouest étant l’exception à la règle.

La croissance démographique demeure plus élevée à l’ouest de l’Ontario. Les quatre provinces de l’ouest canadien ont en effet toutes présenté une croissance supérieure à celle du pays.

Graphique 2 Variation trimestrielle des estimations de la population, Canada, provinces et territoires, avril à juin, 2007 et 2008

Pour un troisième trimestre consécutif, l’Alberta affiche la plus forte croissance démographique parmi les provinces du pays. L’augmentation de la population albertaine au cours de la période avril-juin 2008 est la plus forte pour un 2ème trimestre depuis 1998, surpassant même les croissances observées lors du boom de 2005 et 2006.

La croissance soutenue de l’Alberta s’explique de plusieurs façons. D’abord, son taux d’accroissement naturel est le plus élevé parmi les provinces. Au cours du trimestre avril-juin 2008, l’accroissement naturel albertain s’est élevé à 7 400, le niveau le plus élevé pour un 2ème trimestre depuis 1992.

La province a également présenté le taux de migration internationale le plus élevé au pays et a vu son solde migratoire interprovincial reprendre de la vigueur. Sans atteindre les niveaux observés en 2005 et 2006, les gains albertains en matière de migration interprovinciale au cours du 2ème trimestre 2008 ont surpassé ceux observés l’année dernière à la même période.

Alors qu’elle demeure déficitaire avec ses voisines, la Saskatchewan et la Colombie-Britannique, l’Alberta présente de forts gains dans ses échanges de population avec le Québec et l’Ontario.

La Colombie-Britannique a connu sa plus forte croissance démographique pour un 2ème trimestre depuis 1996. La forte hausse du solde migratoire international de la province a permis à celle-ci de conserver une croissance démographique soutenue et ce, malgré une diminution de ses gains en migration interprovinciale, inférieurs lorsque comparés à ceux du même trimestre de 2007.

La population du Manitoba s’est accrue à un rythme qui n’avait pas été observé auparavant lors d’un 2ème trimestre. Tout en affichant de nouveaux sommets au chapitre de la migration internationale, la province a de plus présenté ses pertes migratoires interprovinciales les moins élevées pour un 2ème trimestre depuis 1983.

La Saskatchewan a présenté sa plus forte croissance démographique pour un 2ème trimestre depuis 1983 en raison notamment d’un solde migratoire international record. Cette hausse a compensé la baisse des gains migratoires interprovinciaux de la province, moins élevés que l’année dernière à la même période. Il s’agissait tout de même d’un septième trimestre consécutif pour lequel la Saskatchewan était gagnante dans ses échanges de population avec le reste du pays. Une telle série n’a pas été observée depuis 1983.

Les provinces de l’Atlantique en croissance

La hausse du solde migratoire international canadien s’est également manifestée dans les provinces de l’Atlantique qui ont toutes présentées une croissance démographique au cours du 2ème trimestre, une première depuis 1992.

L’Île-du-Prince-Édouard domine la région au chapitre de la croissance démographique. Son taux de croissance au cours de la période avril à juin 2008 n’a été surpassé que par celui de l’Alberta. La croissance de la province s’explique non seulement par des gains migratoires internationaux record pour un 2ème trimestre mais aussi par un solde migratoire interprovincial qui n’avait pas été observé depuis le 4ème trimestre de 1989.

La population de Terre-Neuve-et-Labrador s’est accrue pour une première fois depuis 1992 lors d’un 2ème trimestre en raison notamment d’un solde migratoire interprovincial positif, ce qui n’avait pas été observé depuis 1991.

La Nouvelle-Écosse a quant à elle connu sa plus forte croissance démographique depuis 2004 pour un 2ème trimestre. Cette croissance s’explique notamment par une hausse du solde migratoire international de la province qui se combine à un déficit migratoire interprovincial beaucoup moins important que ceux observés lors des 2èmes trimestres des trois dernières années.

Au cours du trimestre avril-juin 2008, la population du Nouveau-Brunswick s’est accrue à un rythme semblable à celui observé l’année précédente pour le même période. La hausse du solde migratoire international de la province a compensé l’augmentation de son déficit en migration interprovinciale.

Dans le centre du pays

Si au cours du 2ème trimestre 2008, la croissance démographique de l’Ontario a été supérieure à celle de la même période de l’année dernière, il n’en reste pas moins que la population ontarienne croît à un rythme inférieur à celui du pays et ce, pour un troisième trimestre consécutif. Des pertes migratoires interprovinciales plus élevées, notamment vers l’Alberta, ont annulé l’augmentation du solde migratoire international ontarien.

Le Québec a présenté sa plus forte croissance démographique depuis 1991 pour un 2ème trimestre en raison notamment d’un solde migratoire international qui n’avait pas été observé depuis le 3ème trimestre de 1988. Cette hausse est toutefois en partie annulée par un déficit migratoire interprovincial qui est le plus élevé depuis 1998 pour un 2ème trimestre. Tout comme l’Ontario, une partie importante des pertes migratoires interprovinciales du Québec s’explique par les échanges de la province avec l’Alberta.

Le nombre de naissances du Québec poursuit sa hausse. Au cours de la période avril à juin 2008, on a estimé à 22 200 le nombre de naissances dans la province, un sommet pour un 2ème trimestre depuis 1996.

Des situations diversifiées dans le nord

Pour la première fois depuis le 1er trimestre 2007, le Nunavut a présenté la plus forte croissance démographique parmi les territoires. La croissance de ce territoire continue d’être alimentée principalement par l’accroissement naturel le plus élevé au pays.

La population du Territoire du Yukon s’est accrue pour un cinquième trimestre consécutif en raison notamment de gains migratoires internationaux les plus élevés depuis 1989 pour un 2ème trimestre.

Pour un deuxième trimestre consécutif, les Territoires du Nord-Ouest affichent un bilan démographique déficitaire. Des pertes migratoires interprovinciales les plus fortes depuis 1988 pour un 2ème trimestre ont annulé un solde migratoire international record.