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Estimations démographiques trimestrielles

Octobre à décembre 2007, Provisoires

91-002-X


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Analyse

Au 1er janvier 2008, la population canadienne atteignait 33 143 600 habitants, une hausse de 52 400 personnes par rapport au 1er octobre 2007. Il s’agit, en nombres absolus, de la plus forte croissance démographique depuis 1992 pour un 4ème trimestre (59 800).

L’accroissement naturel observé au cours des trois derniers mois de 2007 (24 700) est légèrement inférieur à celui du 4ème trimestre de l’année précédente (25 000). Il demeure tout de même supérieur à la moyenne des dix dernières années (23 300).

Le pays a enregistré 86 600 naissances, soit le plus haut nombre depuis 1995 (87 600) pour un 4ème trimestre. Depuis le creux de l’année 2000 (75 300), le nombre de naissances est en augmentation constante. Cette hausse est toutefois compensée par celle du nombre de décès, normale dans un contexte de vieillissement de la population.

L’accroissement naturel évolue différemment selon la région. Lorsque comparé à celui observé au cours des trois derniers mois de 2006, l’accroissement naturel du 4ème trimestre de 2007 est en hausse dans les provinces à l’ouest du Manitoba ainsi que dans les Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut. Partout ailleurs au pays, l’accroissement naturel était en baisse, notamment dans les provinces de l’Atlantique qui ont toutes affiché plus de décès que de naissances, une première pour un 4ème trimestre.

Graphique 1 Estimations trimestrielles des composantes agrégées, octobre à décembre, 1973 à 2007, Canada

Le solde migratoire international est également en hausse. Au cours des trois derniers mois de l’année 2007, ce solde était de 27 700, un sommet pour un 4ème trimestre depuis 1988 (56 600).

Le pays a accueilli 55 600 immigrants. Ce nombre est inférieur à celui des trois derniers mois de 2006 mais demeure élevé lorsque comparé à la moyenne observée au cours des 4èmes trimestres des dix dernières années (50 900).

Si l’Ontario demeure le choix privilégié des nouveaux immigrants quant à leur province de première résidence, son attrait sur ceux-ci diminue. Au cours du dernier trimestre de 2007, l’Ontario a accueilli 47,2 % des nouveaux immigrants. En comparaison, la province recevait autour de 60 % des nouveaux arrivants au début du nouveau millénaire.

Néanmoins, l’immigration ontarienne demeure forte, le taux d’immigration de la province (taux annualisé de 8,2 pour mille) étant le deuxième plus élevé au pays, derrière la Colombie-Britannique (8,4 pour mille). Le Manitoba (7,7 pour mille) est la seule autre juridiction à afficher un taux d’immigration supérieur à celui du pays (6,7 pour mille).

Une migration interprovinciale en mutation

Les caractéristiques de la migration interprovinciale au pays ont beaucoup changé au pays au cours des deux derniers trimestres. Important pôle attractif en 2005 et 2006, l’Alberta perd dans ses échanges démographiques avec les autres juridictions du pays depuis le milieu de l’année 2007.

Au cours du dernier trimestre, l’Alberta a présenté un solde migratoire interprovincial de -900 personnes. L’année dernière, à la même époque, ce solde était de 11 800. La province est déficitaire dans ses échanges migratoires avec toutes les autres provinces du pays, à l’exception de l’Ontario et du Québec. En excluant ces deux provinces, les pertes albertaines s’élèvent à 4 400 personnes.

À l’opposé, la Saskatchewan continue de présenter le plus fort taux de migration interprovinciale (8,6 pour mille) parmi les provinces. Au cours du dernier trimestre, cette province a gagné 2 200 personnes dans ses échanges avec le reste du pays. Non seulement la Saskatchewan est-elle gagnante dans ses échanges avec l’Alberta (1 300), mais elle l’est également avec les autres juridictions (800).

Graphique 2 Solde de la migration interprovinciale, provinces et territoires, octobre à décembre, 2005 à 2007, Canada

Prise dans son ensemble, la région Atlantique a également été gagnante dans ses échanges migratoires interprovinciaux au cours du dernier trimestre. Son solde migratoire s’est élevé à 1 200 personnes. L’année dernière à la même époque, les pertes nettes étaient de -1 200 personnes. À l’exception de l’Île-du-Prince-Édouard, toutes les provinces atlantiques ont montré un solde migratoire interprovincial positif, Terre-Neuve-et-Labrador affichant le deuxième plus fort taux de migration interprovinciale parmi les provinces du pays (5,2 pour mille).

Une croissance démographique inégale

Ces changements de tendance en matière de migration interprovinciale affectent inévitablement la démographie des autres juridictions du pays et la plupart de celles-ci ont vu leur bilan démographique s’améliorer. Outre l’Alberta, seuls l’Île-du-Prince-Édouard et le Nunavut échappent à cette règle.

Alors que les provinces de l’Ouest affichent toutes une croissance démographique supérieure à 10 pour mille, les provinces à l’est des Prairies ont présenté une croissance inférieure à celle du pays (6,3 pour mille). L’Île-du-Prince-Édouard est la seule juridiction à afficher des pertes démographiques au cours des trois derniers mois de l’année 2007.

Les croissances démographiques les plus élevées du pays ont été mesurées au Yukon (16,9 pour mille) et dans les Territoires du Nord-Ouest (15,9 pour mille). Alors que ces deux territoires présentaient des bilans négatifs au cours des trois derniers mois de 2006, ils ont renoué avec la croissance grâce notamment à des soldes migratoires interprovinciaux positifs.

Inversement, la croissance du Nunavut a ralenti. Des pertes migratoires, à la fois internationales et interprovinciales, ont annulé l’accroissement naturel le plus élevé au pays.

Parmi les provinces, la Saskatchewan a présenté la plus forte croissance au pays (13,3 pour mille) pour un deuxième trimestre consécutif. La province affiche le plus fort taux net de migration interprovinciale. Ce solde est positif pour un cinquième trimestre consécutif, du jamais vu depuis la période 1982-1984. Le solde de la migration internationale est également en hausse et est le plus fort à être observé, pour un 4ème trimestre, depuis 1979.

Graphique 3 Variation trimestrielle des estimations de la population, Canada, provinces et territoires, octobre à décembre, 2006 et 2007

Malgré ses pertes migratoires interprovinciales, l’Alberta continue de croître plus rapidement que le pays pris dans son ensemble. Au cours du dernier trimestre de 2007, la province a affiché un taux d’accroissement démographique (12,7 pour mille) plus que doublant celui du pays (6,3 pour mille).

L’accroissement naturel de l’Alberta continue d’augmenter et est le plus élevé parmi les provinces du pays. L’accroissement naturel albertain des trois derniers mois de 2007 (6,4 pour mille) est le plus élevé pour un 4ème trimestre depuis 1992. Il en est de même pour le solde de la migration internationale qui est le plus fort du pays et qui a atteint un niveau record pour un 4ème trimestre, en raison notamment d’un afflux important de résidents non permanents.

Le Manitoba vient au troisième rang parmi les provinces quant à la croissance démographique. Cette situation s’explique notamment par son solde migratoire interprovincial (300) qui est positif pour la première fois depuis le 1er trimestre de 2004 et qui est le plus élevé depuis 1986. Le solde migratoire international de la province demeure également élevé, est supérieur à celui de l’année dernière à la même époque et s’avère un nouveau sommet pour un 4e trimestre.

Malgré une légère diminution de ses gains migratoires, la Colombie-Britannique a connu au cours des trois derniers mois de 2007 une croissance démographique (10,0 pour mille) similaire à celle de l’année dernière à la même période. La hausse de l’accroissement naturel compense pour la diminution du solde migratoire. Au cours du dernier trimestre, l’accroissement naturel britanno-colombien a atteint un niveau (2 900) qui n’avait pas été atteint depuis 1998 (3 400) pour un 4e trimestre.

Dans le centre du pays, les populations du Québec et de l’Ontario ont poursuivi leur croissance mais l’ont fait à une vitesse inférieure à celle de l’ensemble canadien. Il s’agit néanmoins pour le Québec de sa plus forte croissance pour un 4e trimestre depuis 1988. Cette augmentation s’explique notamment par une forte hausse du solde migratoire international. Alors que ce solde était de 2 900 au cours des trois derniers mois de 2006, il a été de 6 500 lors de la même période en 2007. Il s’agit du plus fort solde migratoire international pour un 4e trimestre depuis 1988. Le Québec a aussi enregistré son plus grand nombre de naissances pour un 4e trimestre depuis 1994.

En comparaison avec l’année dernière à la même période, la croissance démographique ontarienne est beaucoup plus soutenue. Au cours des trois derniers mois de 2007, la population de l’Ontario a augmenté de 11 300 personnes alors qu’elle ne croissait que de 1 500 en 2006. Malgré une diminution de son accroissement naturel, les pertes migratoires interprovinciales ontariennes au cours du 4ème trimestre (-3 200) sont inférieures à celles des trois derniers mois de 2006 (-10 100). De même, le solde migratoire international de la province est passé de 2 400 à 6 000.

Dans l’est du pays, toutes les provinces ont affiché un meilleur bilan démographique à l’exception de l’Île-du-Prince-Édouard. Après plusieurs trimestres déficitaires, la population de Terre-Neuve-et-Labrador est en croissance pour un deuxième trimestre consécutif et la province affiche la plus forte croissance démographique de la région Atlantique. Les changements de tendance en migration interprovinciale expliquent en grande partie cette situation. Alors que l’année dernière à la même date, les pertes nettes de la province s’élevaient à 500 personnes, cette année le solde migratoire interprovincial terre-neuvien est de 700 personnes. Ce solde migratoire n’avait pas été positif au cours d’un 4ème trimestre depuis 1988.

La migration interprovinciale est également le principal facteur de la croissance de la population du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse au cours du dernier trimestre. Pour les deux provinces, les pertes migratoires interprovinciales notées au cours des trois derniers mois de 2006 ont été remplacées par des gains d’une ampleur qui n’avait pas été observée depuis longtemps. Pour le Nouveau-Brunswick, le solde migratoire interprovincial des trois derniers mois (200) est le plus élevé pour un 4ème trimestre depuis 1990. Quant à la Nouvelle-Écosse, il faut remonter en 1983 pour observer un tel solde pour un 4ème trimestre (600).

Après six trimestres consécutifs de croissance démographique, l’Île-du-Prince-Édouard est la seule province de l’Atlantique à présenter un bilan démographique négatif. Malgré la moindre attraction albertaine, la province a tout de même perdu davantage avec sa migration interprovinciale. La province a notamment connu une augmentation de ses pertes dans ses échanges démographiques avec le Nouveau-Brunswick et l’Ontario.