Série thématique sur l'ethnicité, la langue et l'immigration
Les jeunes adultes qui ont fréquenté une école secondaire de langue française ont-ils poursuivi leurs études postsecondaires en français? Regard sur la situation au Canada hors Québec en 2021
Début du texte
Note de reconnaissance
Cette étude a été réalisée grâce au soutien de l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne.
1. Introduction
La disponibilité de travailleurs et travailleuses bilingues ou pouvant travailler en français est un enjeu souvent évoqué à l’extérieur du Québec, où le français est une langue officielle du Canada en situation minoritaire. En effet, les employeurs qui font du bilinguisme une exigence pour certains de leurs postes sont plus susceptibles d’éprouver des difficultés de recrutementNote , et le besoin en main-d’œuvre en mesure de travailler en français est régulièrement souligné dans plusieurs domaines, dont ceux de l’éducation et de la santéNote .
Dans ce contexte, la formation postsecondaire en français et l’insertion en emploi des jeunes adultes pouvant utiliser le français au travail revêtent une importance toute particulière. Au Canada hors Québec, les personnes ayant étudié dans un établissement postsecondaire de langue française sont plus susceptibles de travailler principalement en français après leurs étudesNote . Toutefois, plusieurs jeunes adultes ayant fréquenté une école secondaire de langue française poursuivent leurs études collégiales ou universitaires dans des établissements de langue anglaiseNote .
Plusieurs motifs peuvent guider le choix d’un établissement postsecondaire, et la possibilité de réaliser des études postsecondaires dans un établissement de langue française varie en fonction des programmes, des domaines d’études et des régions. Selon l’Enquête sur la population de langue officielle en situation minoritaire de 2022Note , les parents des adolescents en situation minoritaireNote invoquent principalement des motifs identitaires et l’importance d’étudier dans la langue officielle minoritaire comme raisons pour que ces derniers aient l’intention de poursuivre des études postsecondaires en français.
À partir de l’appariement du Système d’information sur les étudiants postsecondaires au Recensement de la population de 2021, cette étude vise à faire l’examen rétrospectif des parcours scolaires et de l’insertion professionnelle d’une cohorte de jeunes adultes âgés de 18 à 30 ans en 2021. En particulier, cette étude vise à déterminer dans quelle mesure ces derniers, après avoir étudié au secondaire en français, ont poursuivi leurs études postsecondaires au sein d’établissements de langue française ou bilingues, en fonction de leur région de résidence et de leur domaine d’études. Ce faisant, cette étude permettra de cibler des régions et des domaines d’études où l’offre de formation postsecondaire en français pourrait être développée.
2. Concepts et méthodes
Cette étude repose sur l’appariement du Système d’information sur les étudiants postsecondaires (SIEP) au Recensement de la population de 2021.
Le SIEP est une base de données administrative contenant des renseignements sur les effectifs et les diplômés des collèges et universités publics du Canada. À partir de renseignements du Centre d’information canadien sur les diplômes internationaux, ces établissements postsecondaires peuvent être catégorisés en fonction de leur langue d’enseignement.
En 2021, le recensement de la population contenait pour la toute première fois des questions sur la langue d’enseignement au primaire et au secondaire pour la scolarité effectuée au Canada. Les données censitaires permettent donc de déterminer rétrospectivement la participation dans les programmes réguliers de langue française au Canada parmi les adultes qui résidaient à l’extérieur du Québec en 2021. Combinés aux renseignements du SIEP sur la scolarité postsecondaire, cet ensemble de données fournit de l’information rétrospective sur les parcours scolaires des adultes selon la langue des établissements scolaires fréquentés.
Population cible
Cette étude examine les parcours scolaires d’environ 49 000 jeunes adultes qui résidaient au Canada hors Québec à la fois en 2016 et en 2021. En particulier, l’étude inclut les personnes qui ont participé, au secondaire, à un programme régulier de langue française au Canada pendant au moins une année, et dont la première inscription postsecondaire était dans un établissement public situé au Canada hors Québec, entre les années scolaires 2016/2017 et 2020/2021. Les inscriptions aux formations hors programme sont exclues de cette étude, de même que les jeunes adultes dont la première inscription postsecondaire a eu lieu dans un établissement situé au QuébecNote .
Les résultats de cette étude sont présentés en fonction de la province de résidence des jeunes adultes cinq années avant le Recensement de 2021, soit en mai 2016, avant leur première inscription dans un établissement postsecondaire. L’étude n’inclut que les jeunes adultes qui étaient citoyens canadiens. Bien que cette étude porte sur des jeunes adultes qui étaient âgés de 18 à 30 ans en 2021, la vaste majorité (93 %) des personnes dans la population cible étaient âgées de 18 à 23 ans. En annexe, le tableau A.1 fournit plus de renseignements sur les caractéristiques linguistiques des jeunes adultes de la population cible, par région.
Les établissements postsecondaires de langue française ou bilingues
Dans cette étude, les établissements postsecondaires de langue française ou bilingues sont des collèges et universités publicsNote dont le campus principal est situé au Canada à l’extérieur du Québec, et où le français est l’une des langues d’enseignement ou la seule langue d’enseignement dans au moins un campusNote . Les données sur lesquelles reposent cette étude ne permettent pas de déterminer la langue des programmes suivis par les étudiants ayant fréquenté des établissements postsecondaires bilingues, où le français et l’anglais sont des langues d’enseignement. Toutefois, l’Enquête sur la population de langue officielle en situation minoritaire de 2022 montre que 70 %Note des adultes de langue française qui fréquentaient un établissement postsecondaire bilingue suivaient principalement des cours en français ou étudiaient aussi souvent en français qu’en anglais.
3. Inscriptions et études postsecondaires
Après avoir fréquenté une école secondaire de langue française, les jeunes adultes qui poursuivent des études postsecondaires peuvent s’orienter vers un programme d’études offert dans un collège ou une université de langue française ou bilingue, ou plutôt poursuivre des études dans un établissement de langue anglaise. La proportion de jeunes adultes qui se sont inscrits dans un établissement de langue française ou bilingue variait grandement d’une région à l’autre du pays, de même qu’en fonction du domaine d’études et de l’ordre d’enseignement (collégial ou universitaire).
Inscriptions collégiales
En 2021, on dénombrait 20 000 jeunes adultes au Canada hors Québec qui, après des études secondaires en français, ont effectué leur première inscription postsecondaire dans un établissement collégial entre les années scolaires 2016/2017 et 2020/2021. Parmi eux, 40 % ont choisi un collège de langue française.
Dans les territoires et dans les provinces du Canada hors Québec autres que le Nouveau-Brunswick, l’Ontario et le Manitoba, une faible proportion de jeunes adultes qui se sont inscrits dans un collège ont opté pour un collège de langue française (2 %). Dans les trois provinces mentionnées ci-dessus la proportion de jeunes adultes s’étant inscrits à un collège de langue française était comparativement plus élevée, mais variait grandement d’une région à l’autre, se chiffrant par exemple à 14 % dans les régions de l’Ontario autres que l’Est ontarien et le Nord ontarien et à 97 % dans le Nord du Nouveau-Brunswick.

Tableau de données du graphique 3.1
| Lieu de résidence en 2016 | Pourcentage |
|---|---|
| Notes : Parmi les jeunes adultes âgés de 18 à 30 ans en 2021 qui ont fréquenté une école de langue française au secondaire et dont la première inscription postsecondaire s'est produite entre les années scolaires 2016/2017 et 2020/2021 dans un établissement situé au Canada hors Québec. En raison des petits nombres, les résultats ne sont pas montrés ni pour les provinces de l'Atlantique hors Nouveau-Brunswick, ni pour les provinces de l'Ouest canadien hors Manitoba, ni pour les territoires. Sources : Statistique Canada, données intégrées du Système d'information sur les étudiants postsecondaires au Recensement de la population de 2021. Centre d'information canadien sur les diplômes internationaux. |
|
| Canada hors Québec | 40 |
| Nouveau-Brunswick | 83 |
| Nord du Nouveau-Brunswick | 97 |
| Sud-Est du Nouveau-Brunswick | 71 |
| Reste du Nouveau-Brunswick | 30 |
| Ontario | 38 |
| Est de l'Ontario | 60 |
| Nord de l'Ontario | 56 |
| Reste de l'Ontario | 14 |
| Manitoba | 13 |
Tout près de la totalité des jeunes adultes qui se sont inscrits dans un collège de langue française ont choisi un établissement se trouvant dans la même province que celle où ils résidaient en 2016 (99 %), et n’ont donc pas quitté leur province de résidence pour leurs étudesNote .
Au Nouveau-BrunswickNote , la proportion de jeunes adultes qui se sont inscrits dans un collège de langue française variait en fonction du domaine d’étudesNote . Les personnes inscrites à un programme dans le domaine des arts et des sciences humaines (49 %) ou dans le domaine des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM) (70 %) étaient moins susceptibles d’avoir choisi un collège de langue française que les personnes inscrites à un programme dans un domaine d’étude axé sur les services aux personnes et aux autres métiersNote (86 %), comme les domaines de la santé, de l’éducation et du droit. En annexe, un tableau fournit plus de résultats sur les inscriptions collégiales des jeunes adultes du Nouveau-Brunswick en fonction du domaine d’études.
Début de la boîte de textePourquoi choisir de faire des études postsecondaires en anglais plutôt qu’en français?
L’Enquête sur la population de langue officielle en situation minoritaire de 2022 contient des résultats sur les raisons ayant motivé le choix de faire des études postsecondaires en français ou en anglais parmi les adultes d’expression françaiseNote .
La principale raison invoquée par les adultes de langue française pour avoir choisi de faire des études postsecondaires en anglais est le fait que le programme d’études d’intérêt était uniquement offert en anglais. Cette raison était mise de l’avant par 54 % des adultes d’expression française ayant fait des études collégiales en anglais et par 40 % de ceux qui ont fait des études universitaires en anglais (au baccalauréat).
Par ailleurs, la raison la plus fréquemment invoquée par les adultes de langue française qui ont fait des études collégiales en français durant leur parcours scolaire est d’être plus à l’aise d’étudier en français (60 %)Note . Cette même raison était citée par 47 % des adultes de langue française qui ont réalisé un programme de baccalauréat en français. Plus de la moitié de ces derniers invoquaient également des raisons identitaires (53 %) comme ayant motivé leur choix d’étudier en français.
Inscriptions universitaires
En 2021, il y avait 29 000 jeunes adultes au Canada hors Québec qui avaient effectué leur première inscription postsecondaire dans un établissement universitaire entre les années scolaires 2016/2017 et 2020/2021, ce après avoir étudié dans une école secondaire de langue française. Parmi eux, 45 % ont choisi une université de langue française ou bilingue.
La proportion de jeunes adultes inscrits à l’université qui avaient choisi un établissement de langue française ou bilingue était particulièrement élevée dans le Nord (93 %) et le Sud-Est (85 %) du Nouveau-Brunswick, de même que dans l’Est (72 %) et le Nord (72 %) ontarien. Une proportion plus faible de jeunes adultes ont choisi une université de langue française ou bilingue en Colombie-Britannique (26 %) et dans les régions de l’Ontario autres que le Nord et l’Est ontarien (23 %).

Tableau de données du graphique 3.2
| Lieu de résidence en 2016 | Pourcentage |
|---|---|
| Notes : Parmi les jeunes adultes âgés de 18 à 30 ans en 2021 qui ont fréquenté une école de langue française au secondaire et dont la première inscription postsecondaire s'est produite entre les années scolaires 2016/2017 et 2020/2021 dans un établissement situé au Canada hors Québec. En raison des petits nombres, Terre-Neuve-et-Labrador et les territoires ne sont pas montrés.
Sources : Statistique Canada, données intégrées du Système d'information sur les étudiants postsecondaires au Recensement de la population de 2021. Centre d'information canadien sur les diplômes internationaux. |
|
| Canada hors Québec | 45 |
| Île-du-Prince-Édouard | 35 |
| Nouvelle-Écosse | 24 |
| Nouveau-Brunswick | 81 |
| Nord du Nouveau-Brunswick | 93 |
| Sud-Est du Nouveau-Brunswick | 85 |
| Reste du Nouveau-Brunswick | 36 |
| Ontario | 43 |
| Est de l'Ontario | 72 |
| Nord de l'Ontario | 72 |
| Reste de l'Ontario | 23 |
| Manitoba | 30 |
| Saskatchewan | 41 |
| Alberta | 40 |
| Colombie-Britannique | 26 |
Un jeune adulte sur vingt qui s’est inscrit dans une université de langue française ou bilingue a choisi un établissement situé dans une province différente de celle où il résidait en 2016. C’était le cas de 46 % des jeunes adultes de la Nouvelle-Écosse qui ont poursuivi des études universitaires dans un établissement de langue française ou bilingue et de 34 % de ceux qui résidaient en Saskatchewan. À l’inverse, une plus faible proportion des jeunes adultes de l’Alberta (9 %), de la Colombie-Britannique (8 %), du Nouveau-Brunswick (6 %) et de l’Ontario (1 %) se sont inscrits à une université de langue française ou bilingue située dans une province différente de celle où ils résidaient en 2016Note .
Parmi les jeunes adultes qui se sont inscrits à une université de langue française ou bilingue située dans une autre province que leur province de résidence, les principales provinces de destination étaient l’Ontario (48 %), le Nouveau-Brunswick (23 %) et la Nouvelle-Écosse (15 %)Note .
La proportion de jeunes adultes qui se sont inscrits dans une université de langue française ou bilingue variait aussi en fonction du domaine d’études. Dans plusieurs provinces, la proportion de jeunes adultes ayant choisi une université de langue française ou bilingue était plus élevée parmi ceux qui se dirigeaient dans un programme dans le domaine de la santé, des arts, du commerce, des sciences humaines, de l’éducation ou des sciences sociales (SACHES) que parmi les jeunes adultes inscrits à un programme dans le domaine des STIM. C’était le cas au Nouveau-Brunswick (85 % pour les personnes inscrites dans un programme dans le domaine des SACHES et 68 % pour les personnes inscrites dans un programme dans le domaine des STIM), en Ontario (48 % et 35 %), en Saskatchewan (47 % et 29 %) et en Colombie-Britannique (29 % et 21 %).
Les jeunes adultes se dirigeant dans des domaines d’étude axés sur les services aux personnes et les autres métiers (comme les domaines de la santé, de l’éducation et du droit) étaient nettement plus susceptibles que la moyenne de choisir une université de langue française ou bilingue au Nouveau-Brunswick (97 %), en Ontario (53 %), au Manitoba (75 %), en Saskatchewan (67 %) et en Alberta (59 %).
Les tableaux en annexe fournissent plus de renseignements sur les inscriptions des jeunes adultes aux universités de langue française ou bilingues en fonction du domaine d’étudesNote .
Début de la boîte de texteLes choix en matière d’établissements postsecondaires des jeunes adultes ayant participé à un programme d’immersion en français au primaire ou au secondaire
Les jeunes adultes ayant participé à un programme d’immersion en français dans une école de langue anglaise au primaire ou au secondaire étaient un peu plus susceptibles de s’être inscrits dans une université de langue française ou bilingue (17 %) que les adultes n’ayant pas été scolarisés en français, ni au primaire ni au secondaire (16 %). Cet écart était plus prononcé en Ontario (19 % et 15 %), au Manitoba (8 % et 2 %) et en Alberta (28 % et 23 %).
Dans certains domaines d’études, les jeunes adultes ayant participé à un programme d’immersion en français étaient plus susceptibles que les adultes n’ayant pas étudié en français au primaire ou au secondaire de s’inscrire dans une université de langue française ou bilingue. C’était par exemple le cas dans les domaines de l’éducation et de l’enseignement (43 % comparativement à 37 %) et des sciences sociales et de comportement (25 % et 21 %).
Au collégial, seul un petit nombre de jeunes adultes qui ont suivi un programme d’immersion en français ont choisi de fréquenter un collège de langue française.4. Situation des jeunes adultes après leur inscription
Les jeunes adultes ayant étudié au secondaire en français qui se sont inscrits dans un établissement postsecondaire du Canada hors Québec entre les années scolaires 2016/2017 et 2020/2021 étaient dans une variété de situations en 2021. En particulier, environ un cinquième avaient obtenu un titre postsecondaire (21 %). À certains égards, la situation socioprofessionnelle de ces diplômés variait en fonction de la langue d’enseignement du collège ou de l’université de leur première inscription postsecondaire.
Mobilité interprovinciale
Après l’obtention de leur diplôme, certificat ou grade, certains diplômés postsecondaires déménagent dans une autre province, par exemple afin d’obtenir un emploi ou pour retourner dans leur province d’origine. Cela peut représenter une perte de main-d’œuvre formée et habilitée à travailler en français pour les communautés de langue officielle en situation minoritaire où ces diplômés ont étudiéNote . Il y avait relativement peu de mobilité interprovinciale parmi les diplômés au sein de la population à l’étude, car leur obtention d’un titre postsecondaire est récente. En 2021, 97 % des jeunes diplômés qui avaient fréquenté un établissement postsecondaire de langue française ou bilingue résidaient toujours dans la même province que celle où ils avaient étudié. Cette proportion était similaire parmi les jeunes diplômés qui avaient fréquenté un établissement de langue anglaise (96 %).
Insertion en emploi
La proportion de jeunes diplômés qui occupaient un emploi pendant la semaine de référence du Recensement de 2021 (taux d’emploi) était similaire parmi ceux ayant fréquenté un établissement de langue française ou bilingue (68 %) et ceux ayant fréquenté un établissement de langue anglaise (67 %). Il y avait toutefois certaines différences selon la région.
Au Nouveau-Brunswick, les jeunes diplômés ayant étudié dans un établissement de langue française ou bilingue (58 %) avaient un taux d’emploi inférieur à celui des personnes ayant étudié dans un établissement de langue anglaise (72 %)Note . La situation inverse était observée en Ontario (75 % et 64 %, respectivement) et dans les provinces de l’Ouest canadien et les territoires (78 % et 73 %, respectivement).
Plusieurs raisons peuvent expliquer les écarts observés, dont la situation de l’emploi dans les régions de résidence spécifiques des jeunes adultes.
Surqualification
La surqualification est une situation où une personne occupe un emploi dont les exigences en matière de scolarité sont inférieures à la scolarité atteinte par la personne. Les jeunes diplômés sont plus susceptibles d’être en situation de surqualification, étant au début de leur carrière, or cette situation peut n’être que transitoireNote . Dans cette étude, la surqualification correspond à la proportion de diplômés postsecondaires occupant un emploi n’exigeant pas de formation postsecondaireNote selon la classification nationale des professionsNote . Parmi les jeunes diplômés qui occupaient un emploi en 2021, les taux de surqualification étaient légèrement plus faibles parmi les diplômés ayant fréquenté un établissement de langue française ou bilingue (34 %) comparativement à ceux ayant fréquenté un établissement de langue anglaise (41 %). De tels écarts étaient observés à la fois parmi les diplômés collégiaux (34 % et 42 %) et universitaires (34 % et 38 %).
Utilisation du français au travail
Parmi les jeunes diplômés qui occupaient un emploi en 2021, ceux qui avaient fréquenté un établissement postsecondaire de langue française ou bilingue étaient nettement plus susceptibles d’utiliser le français le plus souvent dans leur milieu de travail (54 %) comparativement aux jeunes adultes ayant fréquenté un établissement de langue anglaise (10 %). Ces proportions étaient plus élevées au Nouveau-Brunswick, où 84 % des jeunes diplômés qui avaient fréquenté un établissement postsecondaire de langue française ou bilingue utilisaient le français le plus souvent au travail, alors que c’était le cas de moins de la moitié ceux qui avaient fréquenté un établissement de langue anglaise (46 %).

Tableau de données du graphique 4.1
| Lieu de résidence en 2016 | Langue d'enseignement de l'établissement postsecondaire fréquenté | |
|---|---|---|
| Français ou bilingue | Anglais | |
| pourcentage | ||
| Notes : Parmi les jeunes diplômés âgés de 18 à 30 ans en 2021 qui ont fréquenté une école de langue française au secondaire et dont la première inscription postsecondaire s'est produite entre les années scolaires 2016/2017 et 2020/2021 dans un établissement situé au Canada hors Québec. Seuls les diplômés occupant un emploi lors de la semaine de référence du Recensement de 2021 sont inclus.
Sources : Statistique Canada, données intégrées du Système d'information sur les étudiants postsecondaires au Recensement de la population de 2021. Centre d'information canadien sur les diplômes internationaux. |
||
| Canada hors Québec | 54 | 10 |
| Nouveau-Brunswick | 84 | 46 |
| Ontario | 38 | 8 |
| Provinces de l'Ouest canadien et les territoires | 34 | 4 |
Autres formations postsecondaires
Certains jeunes adultes poursuivent leurs études postsecondaires dans un autre programme après l’obtention d’un premier titre postsecondaire. La proportion de jeunes diplômés qui choisissent un second programme d’études offert par un établissement postsecondaire où la langue d’enseignement est la même qu’à leur premier établissement est un peu plus élevée parmi ceux ayant étudié dans un établissement de langue anglaise (94 %) que parmi les jeunes diplômés ayant fréquenté un établissement de langue française ou bilingue (89 %). Une telle différence était observée parmi les diplômés collégiaux et universitaires.
5. Conclusion
L’offre de cours et de programmes postsecondaires en français varie en fonction des régions du Canada hors Québec. Ainsi, les résultats de cette étude ont montré qu’après avoir fréquenté une école secondaire de langue française, les parcours postsecondaires des jeunes adultes varient en fonction de leur région de résidence et de leur domaine d’études.
À l’extérieur de certaines régions du Nouveau-Brunswick (Nord, Sud-Est) et de l’Ontario (Nord, Est), bien en deçà de la moitié des jeunes adultes qui ont fréquenté une école secondaire de langue française ont choisi de s’inscrire dans un établissement postsecondaire de langue française ou bilingue. Qui plus est, les jeunes adultes poursuivant des études collégiales étaient moins susceptibles d’opter pour un établissement de langue française ou bilingue que les jeunes adultes poursuivant des études universitaires, excepté dans le Nord du Nouveau-Brunswick.
Les jeunes adultes choisissant d’étudier dans un domaine des STIM étaient moins susceptibles de s’être inscrits dans une université de langue française ou bilingue que leurs pairs se dirigeant vers d’autres domaines d’étudesNote . À l’inverse, les jeunes adultes s’orientant dans un domaine d’étude touchant aux services aux personnes et aux autres métiers (comme les domaines de la santé, de l’éducation et du droit) étaient plus susceptibles que la moyenne de choisir un établissement de langue française ou bilingue.
D’une part, les écarts observés peuvent s’expliquer par les différences d’une région à l’autre du pays dans la proximité des établissements postsecondaires de langue française ou bilingues et dans l’offre de programmes en français. L’indisponibilité de programmes en français est même la principale raison invoquée par les adultes d’expression française qui poursuivent des études postsecondaires en anglais.
D’autre part, les caractéristiques linguistiques des jeunes adultes ayant étudié au secondaire en français et réalisant leur première inscription postsecondaire variaient elles aussi d’une région à l’autre. De façon générale, les régions où de fortes proportions de jeunes adultes ont choisi d’étudier dans un établissement postsecondaire de langue française ou bilingue étaient également des régions où des proportions élevées de jeunes adultes avaient le français comme langue maternelle ou langue parlée à la maison (tableau A.1 en annexe). On ne peut donc exclure un lien entre les caractéristiques linguistiques des jeunes adultes et leurs choix scolaires, d’autant plus que des raisons identitaires et le fait d’être plus à l’aise d’étudier en français comptent parmi les principaux motifs mis de l’avant par les adultes d’expression française qui poursuivent des études postsecondaires en français.
Considérant l’importance des parcours scolaires en français au Canada hors Québec pour la formation d’une main-d’œuvre pouvant travailler en français et pour la préservation des communautés de langue officielle en situation minoritaire, les résultats de cette étude permettent d’identifier les régions et les domaines d’études où les jeunes adultes venant de terminer le secondaire sont moins susceptibles de choisir un établissement de langue française ou bilingue. Ces renseignements pourront être utilisées pour orienter le développement de nouveaux programmes en français dans ces domaines d’études et dans ces régions, afin de permettre aux jeunes adultes qui le souhaitent de poursuivre leurs études postsecondaires en français, puis, après l’obtention de leur diplôme, de travailler en français.
6. Annexe
| Provinces, territoires ou régions | Population cible | Français Tableau A.1 Note 1 langue maternelle | Français parlé à la maison | |
|---|---|---|---|---|
| Au moins régulièrement | Le plus souvent Tableau A.1 Note 2 | |||
| nombre | pourcentage | |||
|
||||
| Canada hors Québec | 48 570 | 39 | 49 | 34 |
| Terre-Neuve-et-Labrador | 160 | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique |
| Île-du-Prince-Édouard | 190 | 43 | 51 | 39 |
| Nouvelle-Écosse | 1 130 | 35 | 40 | 24 |
| Nouveau-Brunswick | 6 390 | 87 | 92 | 86 |
| Nord du Nouveau-Brunswick Tableau A.1 Note 3 | 3 330 | 95 | 98 | 96 |
| Sud-Est du Nouveau-Brunswick Tableau A.1 Note 4 | 2 300 | 86 | 91 | 86 |
| Reste du Nouveau-Brunswick | 770 | 52 | 70 | 44 |
| Ontario | 32 390 | 34 | 45 | 28 |
| Est de l'Ontario Tableau A.1 Note 5 | 10 300 | 55 | 70 | 50 |
| Nord de l'Ontario Tableau A.1 Note 6 | 4 690 | 65 | 57 | 38 |
| Reste de l'Ontario | 17 410 | 14 | 28 | 13 |
| Manitoba | 1 640 | 29 | 38 | 19 |
| Saskatchewan | 720 | 19 | 30 | 15 |
| Alberta | 2 850 | 27 | 44 | 24 |
| Colombie-Britannique | 3 030 | 9 | 22 | 10 |
| Territoires | 80 | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique | x confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique |
| Domaine d'études | Pourcentage |
|---|---|
| Notes : Parmi les jeunes adultes âgés de 18 à 30 ans en 2021 qui ont fréquenté une école de langue française au secondaire et dont la première inscription collégiale s'est produite entre les années scolaires 2016/2017 et 2020/2021 dans un établissement situé au Canada hors Québec. Le domaine d'étude repose sur la Classification des programmes d'enseignement (CPE). En raison des petits nombres, certains domaines d'études ont dû être combinés et d'autres ne sont pas présentés.
Sources : Statistique Canada, données intégrées du Système d'information sur les étudiants postsecondaires et du Recensement de la population de 2021. Centre d'information canadien sur les diplômes internationaux. |
|
| Total | 83 |
| Sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (STIM) | 70 |
| Mathématiques et informatique et sciences de l'information | 57 |
| Santé, arts, commerces, sciences humaines, éducation et sciences sociales (SACHES) | 84 |
| Commerce et administration | 81 |
| Arts et sciences humaines | 49 |
| Soins de santé, éducation et enseignement, droit, autres métiers et services | 86 |
| Mécanique et réparation, architecture, construction et travail de précision | 76 |
| Services personnels, de sécurité et de transport | 88 |
| Domaine d'études | Pourcentage |
|---|---|
| Notes : Parmi les jeunes adultes âgés de 18 à 30 ans en 2021 qui ont fréquenté une école de langue française au secondaire et dont la première inscription universitaire s'est produite entre les années scolaires 2016/2017 et 2020/2021 dans un établissement situé au Canada hors Québec. Le domaine d'étude repose sur la Classification des programmes d'enseignement (CPE). En raison des petits nombres, certains domaines d'études ont dû être combinés et d'autres ne sont pas présentés.
Sources : Statistique Canada, données intégrées du Système d'information sur les étudiants postsecondaires et du Recensement de la population de 2021. Centre d'information canadien sur les diplômes internationaux. |
|
| Total | 81 |
| Sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (STIM) | 68 |
| Sciences et technologie de la science | 67 |
| Ingénierie et technologie du génie | 73 |
| Santé, arts, commerces, sciences humaines, éducation et sciences sociales (SACHES) | 85 |
| Commerce et administration | 87 |
| Arts et sciences humaines | 33 |
| Sciences sociales et de comportement | 90 |
| Soins de santé, éducation et enseignement, droit, autres métiers et services | 97 |
| Domaine d'études | Pourcentage |
|---|---|
| Notes : Parmi les jeunes adultes âgés de 18 à 30 ans en 2021 qui ont fréquenté une école de langue française au secondaire et dont la première inscription universitaire s'est produite entre les années scolaires 2016/2017 et 2020/2021 dans un établissement situé au Canada hors Québec. Le domaine d'étude repose sur la Classification des programmes d'enseignement (CPE). En raison des petits nombres, certains domaines d'études ont dû être combinés et d'autres ne sont pas présentés.
Sources : Statistique Canada, données intégrées du Système d'information sur les étudiants postsecondaires et du Recensement de la population de 2021. Centre d'information canadien sur les diplômes internationaux. |
|
| Total | 43 |
| Sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (STIM) | 35 |
| Sciences et technologie de la science | 35 |
| Ingénierie et technologie du génie | 32 |
| Mathématiques et informatique et sciences de l'information | 36 |
| Santé, arts, commerces, sciences humaines, éducation et sciences sociales (SACHES) | 48 |
| Commerce et administration | 40 |
| Arts et sciences humaines | 36 |
| Sciences sociales et de comportement | 57 |
| Soins de santé, éducation et enseignement, droit, autres métiers et services | 53 |
| Soins de santé | 61 |
| Éducation et enseignement | 40 |
| Métiers, services, ressources naturelles et conservation | 42 |
| Domaine d'études | Pourcentage |
|---|---|
| Notes : Parmi les jeunes adultes âgés de 18 à 30 ans en 2021 qui ont fréquenté une école de langue française au secondaire et dont la première inscription universitaire s'est produite entre les années scolaires 2016/2017 et 2020/2021 dans un établissement situé au Canada hors Québec. Le domaine d'étude repose sur la Classification des programmes d'enseignement (CPE). En raison des petits nombres, certains domaines d'études ont dû être combinés et d'autres ne sont pas présentés.
Sources : Statistique Canada, données intégrées du Système d'information sur les étudiants postsecondaires et du Recensement de la population de 2021. Centre d'information canadien sur les diplômes internationaux. |
|
| Total | 30 |
| Sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (STIM) | 30 |
| Sciences et technologie de la science | 35 |
| Santé, arts, commerces, sciences humaines, éducation et sciences sociales (SACHES) | 30 |
| Arts et sciences humaines | 9 |
| Soins de santé, éducation et enseignement, droit, autres métiers et services | 75 |
| Domaine d'études | Pourcentage |
|---|---|
| Notes : Parmi les jeunes adultes âgés de 18 à 30 ans en 2021 qui ont fréquenté une école de langue française au secondaire et dont la première inscription universitaire s'est produite entre les années scolaires 2016/2017 et 2020/2021 dans un établissement situé au Canada hors Québec. Le domaine d'étude repose sur la Classification des programmes d'enseignement (CPE). En raison des petits nombres, certains domaines d'études ont dû être combinés et d'autres ne sont pas présentés.
Sources : Statistique Canada, données intégrées du Système d'information sur les étudiants postsecondaires et du Recensement de la population de 2021. Centre d'information canadien sur les diplômes internationaux. |
|
| Total | 41 |
| Sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (STIM) | 29 |
| Sciences et technologie de la science | 27 |
| Santé, arts, commerces, sciences humaines, éducation et sciences sociales (SACHES) | 47 |
| Arts et sciences humaines | 31 |
| Soins de santé, éducation et enseignement, droit, autres métiers et services | 67 |
| Domaine d'études | Pourcentage |
|---|---|
|
Notes : Parmi les jeunes adultes âgés de 18 à 30 ans en 2021 qui ont fréquenté une école de langue française au secondaire et dont la première inscription universitaire s'est produite entre les années scolaires 2016/2017 et 2020/2021 dans un établissement situé au Canada hors Québec. Le domaine d'étude repose sur la Classification des programmes d'enseignement (CPE). En raison des petits nombres, certains domaines d'études ont dû être combinés et d'autres ne sont pas présentés.
Sources : Statistique Canada, données intégrées du Système d'information sur les étudiants postsecondaires et du Recensement de la population de 2021. Centre d'information canadien sur les diplômes internationaux. |
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| Total | 40 |
| Sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (STIM) | 49 |
| Sciences et technologie de la science | 51 |
| Ingénierie et technologie du génie | 44 |
| Santé, arts, commerces, sciences humaines, éducation et sciences sociales (SACHES) | 37 |
| Arts et sciences humaines | 14 |
| Sciences sociales et de comportement | 50 |
| Soins de santé, éducation et enseignement, droit, autres métiers et services | 59 |
| Soins de santé | 59 |
| Domaine d'études | Pourcentage |
|---|---|
| Notes : Parmi les jeunes adultes âgés de 18 à 30 ans en 2021 qui ont fréquenté une école de langue française au secondaire et dont la première inscription universitaire s'est produite entre les années scolaires 2016/2017 et 2020/2021 dans un établissement situé au Canada hors Québec. Le domaine d'étude repose sur la Classification des programmes d'enseignement (CPE). En raison des petits nombres, certains domaines d'études ont dû être combinés et d'autres ne sont pas présentés.
Sources : Statistique Canada, données intégrées du Système d'information sur les étudiants postsecondaires et du Recensement de la population de 2021. Centre d'information canadien sur les diplômes internationaux. |
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| Total | 26 |
| Sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (STIM) | 21 |
| Sciences et technologie de la science | 17 |
| Ingénierie et technologie du génie | 35 |
| Santé, arts, commerces, sciences humaines, éducation et sciences sociales (SACHES) | 29 |
| Arts et sciences humaines | 37 |
| Soins de santé, éducation et enseignement, droit, autres métiers et services | 26 |
| Soins de santé | 57 |
| Domaine d'études | Pourcentage |
|---|---|
| Notes : Parmi les jeunes adultes âgés de 18 à 30 ans en 2021 qui ont fréquenté une école de langue française au secondaire et dont la première inscription universitaire s'est produite entre les années scolaires 2016/2017 et 2020/2021 dans un établissement situé au Canada hors Québec. Le domaine d'étude repose sur la Classification des programmes d'enseignement (CPE). En raison des petits nombres, certains domaines d'études ont dû être combinés et d'autres ne sont pas présentés.
Sources : Statistique Canada, données intégrées du Système d'information sur les étudiants postsecondaires et du Recensement de la population de 2021. Centre d'information canadien sur les diplômes internationaux. |
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| Total | 45 |
| Sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (STIM) | 36 |
| Sciences et technologie de la science | 36 |
| Ingénierie et technologie du génie | 36 |
| Mathématiques et informatique et sciences de l'information | 37 |
| Santé, arts, commerces, sciences humaines, éducation et sciences sociales (SACHES) | 49 |
| Commerce et administration | 43 |
| Arts et sciences humaines | 30 |
| Sciences sociales et de comportement | 57 |
| Soins de santé, éducation et enseignement, droit, autres métiers et services | 64 |
| Soins de santé | 69 |
| Éducation et enseignement | 77 |
| Métiers, services, ressources naturelles et conservation | 50 |
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