Rapports sur l'incapacité et l’accessibilité au Canada
Profil démographique, d’emploi et de revenu des personnes ayant une incapacité âgées de 15 ans et plus au Canada, 2022
par Benoît-Paul Hébert, Christina Kevins, Amirabbas Mofidi, Stuart Morris, Diana Simionescu, et Madison Thicke
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Introduction
L’Enquête canadienne sur l’incapacité (ECI), source officielle du taux d’incapacité dans la population canadienne, fournit des renseignements sur les expériences vécues par les personnes ayant une incapacité. Ce profil constitue la première analyse approfondie des résultats de l’ECI de 2022, après une première publication à la fin de 2023 (Le Quotidien, 2023a). L’objectif du présent article est de fournir un aperçu de la prévalence de l’incapacité au Canada, du revenu et de la participation au marché du travail des personnes ayant une incapacité au Canada. Dans la mesure du possible, les résultats de l’ECI de 2022 sont comparés aux résultats de l’ECI de 2017 pour donner un aperçu des variations du taux d’incapacité, le revenu et la participation au marché du travail au cours des cinq dernières années.
Ce profil s’appuie sur un précédent rapport de l’ECI (Un profil de la démographie, de l’emploi et du revenu des Canadiens ayant une incapacité âgés de 15 ans et plus, 2017); il comprend trois sections, soit les données démographiques, l’emploi et le revenu, et se fonde sur trois questions principales : quelle est la prévalence de l’incapacité au Canada? Comment le niveau d’emploi des personnes ayant une incapacité se compare-t-il à celui des personnes n’ayant pas d’incapacité? Comment le revenu se compare-t-il chez les personnes ayant une incapacité et celles n’en ayant pas, et quelles en sont les conséquences relativement à la pauvreté? Le présent article tient compte d’un certain nombre de facteurs qui peuvent avoir une incidence importante sur l’emploi et le revenu des personnes ayant une incapacité, y compris la sévérité de l’incapacité, l’âge, le genre, le niveau de scolarité et la situation des particuliers dans le ménage. En raison de différences dans la manière dont certaines estimations ont été calculées dans le rapport de l’ECI précédent, les comparaisons entre les deux articles doivent être faites avec prudence.
Les données de l’ECI, et ce profil en particulier, aideront à éclairer les politiques, les programmes et les services qui soutiennent les personnes ayant une incapacité. En outre, ces données appuient la mise en œuvre du Plan d’action pour l’inclusion des personnes en situation de handicap du Canada (Plan d’action) (Gouvernement du Canada, 2022a) et la Loi canadienne sur l’accessibilité (LCA) (2019).
Comparaisons entre les cycles de l’ECI
Pour la première fois, il est possible de comparer deux cycles de l’ECI, soit l’ECI de 2017 et celle de 2022, étant donné que la même méthodologie et le même ensemble de questions ont été utilisés pour déterminer les personnes ayant une incapacité. Toutefois, des changements apportés au contenu de l’enquête pourraient avoir une incidence sur la comparabilité des données au fil du temps. Pour obtenir de plus amples renseignements sur la comparabilité des données des enquêtes de 2022 et de 2017, veuillez consulter le document intitulé « Enquête canadienne sur l’incapacité, 2022 : Guide des concepts et méthodes » (Pianosi et coll., 2023). Il n’est pas possible de faire des comparaisons avec l’ECI de 2012 en raison des changements apportés à la méthodologie d’enquête entre les cycles de 2012 et de 2017, plus particulièrement ceux apportés aux questions utilisées dans le recensement afin de déterminer la population cible de l’ECI, soit les personnes les plus susceptibles d’avoir une incapacité. Pour en savoir plus sur la comparabilité des ECI de 2017 et de 2012, veuillez consulter le document intitulé « Enquête canadienne sur l’incapacité, 2017 : Guide des concepts et méthodes » (Cloutier et coll., 2018).
Début de l'encadréAu sujet de l’Enquête canadienne sur l’incapacité
Le Canada recueille des données sur l’incapacité depuis plus de 30 ans. L’Enquête canadienne sur l’incapacité (ECI) est la principale source de ces données au Canada depuis 2012. L’ECI fournit des données complètes sur les personnes ayant une incapacité, pour chaque province et chaque territoire. L’enquête recueille aussi des renseignements essentiels sur les types d’incapacité, leur sévérité, les mesures de soutien pour les personnes ayant une incapacité, leur profil d’emploi, leur revenu, leur niveau de scolarité ainsi que d’autres renseignements liés à l’incapacité.
Dans le cadre de l’ECI de 2022, la population observée était constituée de personnes âgées de 15 ans et plus au Canada le jour du Recensement de la population de 2021 (en mai 2021) qui vivaient dans des logements privés. En étaient exclues les personnes vivant en établissement, dans un logement collectif, sur une base des Forces armées canadiennes ou dans une réserve des Premières Nations. La population vivant en établissement étant exclue, les données doivent être interprétées en conséquence, en particulier pour les groupes plus âgés.
L’ECI utilise les questions d’identification des incapacités (QII) qui sont fondées sur le modèle social de l’incapacité (Grondin, 2016). Selon ce modèle, l’incapacité se définit comme la relation entre les fonctions et les structures corporelles, les activités quotidiennes et la participation sociale, tout en tenant compte du rôle des facteurs environnementaux. En adoptant ce cadre, l’ECI visait les répondants ayant non seulement une difficulté ou un trouble attribuable à un état ou à un problème de santé à long terme, mais qui sont aussi limités dans leurs activités. La définition de l’incapacité dans l’ECI comprend les personnes ayant déclaré être « parfois », « souvent » ou « toujours » limitées dans leurs activités en raison d’un état ou d’un problème de santé à long terme, ainsi que les personnes ayant déclaré être « rarement » limitées si elles étaient également incapables d’accomplir certaines tâches ou ne pouvaient les accomplir qu’avec beaucoup de difficulté.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter le document intitulé « Enquête canadienne sur l’incapacité, 2022 : Guide des concepts et méthodes » (Pianosi et coll., 2023).
Section 1 : Données démographiques
La section 1 porte sur les principales caractéristiques démographiques des personnes ayant une incapacité âgées de 15 ans et plus au Canada en 2022. Elle présente des données sur la prévalence de l’incapacité (ou le taux d’incapacité), la sévérité de l’incapacité, les types d’incapacité, le nombre de types d’incapacité concomitante ainsi que sur les différences dans ces caractéristiques selon l’âge et le genre. Elle fournit également, s’il y a lieu, des comparaisons de données des enquêtes de 2017 et de 2022 afin de mettre en évidence les variations au fil du tempsNote .
1.1 Prévalence et sévérité de l’incapacité
Plus de 1 personne de 15 ans et plus sur 4 au Canada a une incapacité
En 2022, le taux d’incapacité des personnes âgées de 15 ans et plus au Canada était de 27 %, ce qui représente près de 8 millions de personnes considérées comme ayant au moins une incapacité. Il s’agit d’une hausse de 1,7 million de personnes par rapport à 2017, lorsque le taux d’incapacité était de 22 % (tableau 1.1.A ; tableau 1.1.B). Les taux d’incapacité augmentaient avec l’âge : 1 jeune de 15 à 24 ans sur 5 (20 %) avait au moins une incapacité en 2022, par rapport à 1 adulte de 25 à 64 ans sur 4 (24 %) et 2 personnes âgées de 65 ans et plus sur 5 (40 %) (graphique 1.1; tableau 1.1.A).

Tableau de données du graphique 1.1
| Groupe d'âge | Total, tous les genres | Femmes+ | Hommes+ | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | ||||
| inférieur | supérieur | inférieur | supérieur | inférieur | supérieur | ||||
| Total, 15 ans et plus | 27,0 | 26,6 | 27,3 | 29,9 | 29,4 | 30,4 | 23,9 | 23,4 | 24,4 |
| 15 à 24 ans | 20,1 | 19,5 | 20,7 | 24,7 | 23,6 | 25,7 | 15,8 | 14,9 | 16,8 |
| 25 à 44 ans | 20,5 | 19,9 | 21,1 | 23,9 | 23,0 | 24,8 | 17,0 | 16,1 | 17,9 |
| 45 à 64 ans | 27,7Note * | 27,0 | 28,3 | 29,9Note * | 28,9 | 31,0 | 25,3Note * | 24,3 | 26,4 |
| 65 à 74 ans | 35,0Note * | 34,0 | 36,0 | 35,8Note * | 34,2 | 37,4 | 34,0Note * | 32,4 | 35,7 |
| 75 ans et plus | 49,2Note * | 47,8 | 50,5 | 50,8Note * | 48,7 | 52,8 | 47,2Note * | 45,0 | 49,3 |
Étant donné que la taille de la population non binaire est petite, il est parfois nécessaire d'agréger les données dans une variable sur le genre à deux catégories pour protéger la confidentialité des réponses fournies. Dans ces cas, les personnes dans la catégorie « personnes non binaires » sont réparties dans les deux autres catégories de genre et sont désignées par le signe « + ». La catégorie « Hommes+ » (et/ou les garçons) comprend les hommes de même que certaines personnes non binaires. La catégorie « Femmes+ » (et/ou les filles) comprend les femmes de même que certaines personnes non binaires. Source : Statistique Canada, Enquête canadienne sur l'incapacité, 2022. |
|||||||||
Sexe à la naissance et genre
L’ECI de 2022 comprend des questions sur le sexe à la naissance et le genre, tandis que dans le cadre de l’ECI de 2017, les répondants devaient indiquer leur sexe, c’est-à-dire homme ou femme. La présente analyse utilise le concept du genre pour désagréger et diffuser les données de l’ECI de 2022. Le changement visant à diffuser des données sur le genre plutôt que sur le sexe est conforme aux Orientations stratégiques pour moderniser les pratiques du gouvernement du Canada en matière d’information relative au sexe et au genre du Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada (2018) et cadre avec les changements apportés au Recensement de 2021 (voir le document intitulé « Combler les lacunes : renseignements sur le genre dans le cadre du Recensement de 2021 »).
Dans la présente analyse, une variable sur le genre à deux catégories est utilisée, dans le cas des données de l’ECI de 2022, pour protéger la confidentialité des personnes non binaires, étant donné la taille relativement petite de cette population au Canada. Plus précisément, les personnes non binaires ont été réparties entre les catégories « hommes » et « femmes ». La catégorie « hommes » comprend les hommes (ou garçons) cisgenres et transgenres ainsi que certaines personnes non binaires; la catégorie « femmes » comprend les femmes (ou filles) cisgenres et transgenres ainsi que certaines personnes non binaires (ces catégories sont désignées « hommes+ » et « femmes+ » dans les tableaux et les graphiques). Bien que le sexe et le genre renvoient à deux concepts différents, l’introduction du genre ne devrait pas avoir d’incidence importante sur l’analyse de données et la comparabilité historique avec les données de l’ECI de 2017, compte tenu de la petite taille des populations transgenre et non binaire.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter le document intitulé « Enquête canadienne sur l’incapacité, 2022 : Guide des concepts et méthodes » (Pianosi et coll., 2023).
Les femmes sont plus susceptibles que les hommes d’avoir une incapacité
En 2022, parmi les personnes de 15 ans et plus au Canada, une plus grande proportion de femmes (30 %) que d’hommes (24 %) avait une incapacité. Les taux d’incapacité étaient plus élevés chez les femmes que chez les hommes pour l’ensemble des groupes d’âge, à l’exception des personnes de 65 à 74 ans, où l’écart entre les femmes et les hommes n’était pas statistiquement significatif (graphique 1.1; tableau 1.1.A). Les plus grands écarts dans le taux d’incapacité entre les femmes et les hommes ont été observés chez les 15 à 24 ans (9 points de pourcentage) et les 25 à 44 ans (7 points de pourcentage), l’écart ayant tendance à se réduire avec l’âge.
Les groupes d’âge plus jeunes affichent la plus grande croissance du taux d’incapacité depuis 2017
De 2017 à 2022, le taux d’incapacité global a augmenté de 5 points de pourcentage (de 22 % à 27 %) chez les personnes de 15 ans et plus (graphique 1.2; tableau 1.1.A). Les taux d’incapacité ont augmenté dans l’ensemble des groupes d’âge, à l’exception des personnes âgées de 75 ans et plus. Les augmentations étaient plus marquées chez les jeunes de 15 à 24 ans (affichant une hausse de 7 points de pourcentage) et chez les adultes de 25 à 44 ans (affichant une hausse de 5 points de pourcentage). Des taux d’incapacité élevés chez les personnes âgées (qui constitue une population en croissance au CanadaNote ) ainsi que des taux en hausse chez les groupes d’âge plus jeunes ont contribué à l’augmentation générale de la prévalence des incapacités depuis 2017.
De plus, les taux d’incapacité ont augmenté chez les femmes et chez les hommes de 2017 à 2022; toutefois, l’augmentation était plus importante chez les femmes (de 24 % à 30 %) que chez les hommes (de 20 % à 24 %), ce qui a aussi creusé l’écart entre les taux d’incapacité chez les femmes et chez les hommes de 2017 à 2022 (de 4 à 6 points de pourcentage).

Tableau de données du graphique 1.2
| Groupe d'âge | 2017 | 2022 | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | |||
| inférieur | supérieur | inférieur | supérieur | |||
| Total, 15 ans et plus | 22,3 | 22,0 | 22,6 | 27,0Note * | 26,6 | 27,3 |
| 15 à 24 ans | 13,1 | 12,7 | 13,6 | 20,1Note * | 19,5 | 20,7 |
| 25 à 44 ans | 15,3 | 14,9 | 15,7 | 20,5Note * | 19,9 | 21,1 |
| 45 à 64 ans | 24,3 | 23,7 | 25,0 | 27,7Note * | 27,0 | 28,3 |
| 65 à 74 ans | 32,0 | 31,0 | 33,0 | 35,0Note * | 34,0 | 36,0 |
| 75 ans et plus | 47,4 | 45,9 | 48,8 | 49,2 | 47,8 | 50,5 |
Source : Statistique Canada, Enquête canadienne sur l'incapacité, 2017 et 2022. |
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Classe de sévérité globale
Un score global de sévérité a été créé dans le cadre de l’ECI. Il a été calculé pour chaque personne à partir des éléments suivants : a) le nombre de types d’incapacité déclarés, b) le degré de difficulté éprouvé pour réaliser certaines tâches, c) la fréquence de la limitation d’activités. Afin de simplifier le concept de la sévérité, quatre classes ont été établies : légère, modérée, sévère et très sévère. Il convient de souligner que le nom attribué à chaque classe sert uniquement à faciliter l’utilisation du score de sévérité. Il ne sert pas à juger le niveau d’incapacité de la personne.
Pour obtenir de plus amples renseignements, veuillez consulter le document intitulé « Enquête canadienne sur l’incapacité, 2022 : Guide des concepts et méthodes » (Pianosi et coll., 2023).
Dans l’ensemble, 1 personne sur 5 est considérée comme ayant une incapacité « très sévère »
Parmi près de 8 millions de personnes ayant une incapacité au Canada en 2022, 39 % étaient considérées comme ayant une incapacité légère, 20 % comme ayant une incapacité modérée, 20 % comme ayant une incapacité sévère et 21 % comme ayant une incapacité très sévère (graphique 1.3; tableau 1.2.A). Les femmes étaient plus susceptibles que les hommes d’avoir une incapacité sévère ou très sévère (21 % par rapport à 19 % et 22 % par rapport à 20 %, respectivement) et elles étaient moins susceptibles d’avoir une incapacité légère (38 % par rapport à 41 %). La répartition des classes de sévérité en 2022 était semblable à celle de 2017, tant dans l’ensemble de la population qu’au moment d’effectuer l’analyse selon le genre.

Tableau de données du graphique 1.3
| Sévérité de l'incapacité | Total, tous les genres | Femmes+ | Hommes+ | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | ||||
| inférieur | supérieur | inférieur | supérieur | inférieur | supérieur | ||||
| Légère | 39,0 | 38,0 | 40,1 | 37,7Note * | 36,3 | 39,1 | 40,8 | 39,2 | 42,5 |
| Modérée | 19,8 | 18,9 | 20,8 | 19,2 | 18,0 | 20,4 | 20,7 | 19,3 | 22,2 |
| Sévère | 20,0 | 19,1 | 20,9 | 21,1Note * | 19,9 | 22,4 | 18,6 | 17,3 | 19,9 |
| Très sévère | 21,1 | 20,2 | 22,0 | 22,0Note * | 20,8 | 23,3 | 19,9 | 18,7 | 21,2 |
Source : Statistique Canada, Enquête canadienne sur l'incapacité, 2022. |
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La proportion d’incapacités sévères ou très sévères augmente avec l’âge
Parmi les personnes ayant une incapacité en 2022, la répartition des classes de sévérité variait selon le groupe d’âge. À titre d’exemple, la proportion de personnes ayant une incapacité légère a varié de 48 % chez les jeunes de 15 à 24 ans à 27 % chez les personnes âgées de 75 ans et plus (graphique 1.4; tableau 1.2.A). En revanche, la proportion de personnes ayant une incapacité très sévère a varié de 13 % chez les jeunes de 15 à 24 ans à 32 % chez les personnes âgées de 75 ans et plus. Ces constatations concernant la sévérité de l’incapacité selon le groupe d’âge concordaient avec les résultats de l’ECI de 2017.

Tableau de données du graphique 1.4
| Groupe d'âge et sévérité de l'incapacité | Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | |
|---|---|---|---|
| inférieur | supérieur | ||
| 15 à 24 ans | |||
| Légère | 47,9 | 45,4 | 50,3 |
| Modérée | 20,0 | 18,1 | 22,1 |
| Sévère | 18,9 | 17,2 | 20,7 |
| Très sévère | 13,3 | 11,8 | 15,0 |
| 25 à 44 ans | |||
| Légère | 48,6 | 46,5 | 50,7 |
| Modérée | 19,9 | 18,2 | 21,7 |
| Sévère | 17,9 | 16,3 | 19,7 |
| Très sévère | 13,6 | 12,2 | 15,2 |
| 45 à 64 ans | |||
| Légère | 37,2Note * | 35,2 | 39,4 |
| Modérée | 20,3 | 18,5 | 22,2 |
| Sévère | 19,7 | 18,1 | 21,5 |
| Très sévère | 22,8Note * | 21,1 | 24,5 |
| 65 à 74 ans | |||
| Légère | 34,2Note * | 31,7 | 36,8 |
| Modérée | 20,3 | 18,2 | 22,5 |
| Sévère | 21,9Note * | 19,8 | 24,2 |
| Très sévère | 23,6Note * | 21,5 | 25,9 |
| 75 ans et plus | |||
| Légère | 26,5Note * | 24,1 | 29,0 |
| Modérée | 18,3 | 16,1 | 20,6 |
| Sévère | 22,9Note * | 20,5 | 25,4 |
| Très sévère | 32,4Note * | 29,8 | 35,1 |
|
|||
1.2 Types d’incapacité
Les incapacités liées à la douleur, à la flexibilité, à la mobilité et à la santé mentale demeurent les plus répandues
En 2022, plus de 1 personne de 15 ans et plus sur 10 au Canada avait une incapacité liée à la douleur (17 %), à la flexibilité (11 %), à la mobilité (11 %) et à la santé mentale (10 %) (graphique 1.5; tableau 1.3.A). Ces types d’incapacité étaient les plus répandus en 2022, ainsi qu’en 2017, suivis des incapacités visuelles (7 %), auditives (6 %), liées à l’apprentissage (6 %), à la dextérité (5 %) et à la mémoire (5 %). Les incapacités liées au développement et les incapacités inconnuesNote étaient les moins répandues : elles touchaient respectivement environ 2 % et 1 % des personnes de 15 ans et plus.
Les femmes sont plus susceptibles que les hommes d’avoir une incapacité liée à la douleur et à la santé mentale
En 2022, la prévalence de l’incapacité était plus élevée chez les femmes que chez les hommes dans l’ensemble des types d’incapacité, à l'exception des incapacités auditives, celles liées à l'apprentissage et des incapacités inconnues (graphique 1.5; tableau 1.3.A). Les plus grands écarts entre les femmes et les hommes (plus de 5 points de pourcentage) ont été observés en ce qui concerne les incapacités liées à la douleur et à la santé mentale.

Tableau de données du graphique 1.5
| Type d'incapacité | Total, tous les genres | Femmes+ | Hommes+ | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | ||||
| inférieur | supérieur | inférieur | supérieur | inférieur | supérieur | ||||
| Douleur | 16,7 | 16,3 | 17,0 | 19,3Note * | 18,7 | 19,8 | 14,0 | 13,5 | 14,4 |
| Flexibilité | 10,9 | 10,6 | 11,2 | 11,8Note * | 11,3 | 12,3 | 9,9 | 9,5 | 10,4 |
| Mobilité | 10,6 | 10,3 | 10,9 | 12,2Note * | 11,8 | 12,7 | 8,9 | 8,5 | 9,3 |
| Santé mentale | 10,4 | 10,1 | 10,7 | 12,9Note * | 12,5 | 13,4 | 7,8 | 7,4 | 8,2 |
| Vision | 7,4 | 7,1 | 7,7 | 8,8Note * | 8,3 | 9,2 | 5,9 | 5,6 | 6,3 |
| Ouïe | 5,6 | 5,3 | 5,9 | 5,5 | 5,2 | 5,9 | 5,7 | 5,3 | 6,1 |
| Apprentissage | 5,6 | 5,4 | 5,8 | 5,9Note * | 5,6 | 6,3 | 5,2 | 4,9 | 5,6 |
| Dextérité | 5,0 | 4,7 | 5,2 | 5,7Note * | 5,3 | 6,0 | 4,2 | 3,9 | 4,6 |
| Mémoire | 4,9 | 4,7 | 5,1 | 5,5Note * | 5,1 | 5,9 | 4,3 | 4,0 | 4,6 |
| Développement | 1,5 | 1,4 | 1,7 | 1,3Note * | 1,2 | 1,5 | 1,8 | 1,6 | 2,0 |
| Inconnu | 0,8 | 0,7 | 0,9 | 0,8 | 0,6 | 0,9 | 0,7 | 0,6 | 0,9 |
Source : Statistique Canada, Enquête canadienne sur l'incapacité, 2022. |
|||||||||
Les types d’incapacité les plus répandus chez les adultes en âge de travailler sont les incapacités liées à la douleur, à la santé mentale et à la flexibilité
La prévalence des types d’incapacité varie selon l’âge. Chez les jeunes de 15 à 24 ans, les trois types d’incapacité les plus courants étaient les incapacités liées à la santé mentale (14 %), à l’apprentissage (9 %) et à la douleur (7 %) (graphique 1.6; tableau 1.4.A). Chez les adultes de 25 à 64 ans, les trois types d’incapacité les plus courants étaient les incapacités liées à la douleur (15 %), à la santé mentale (11 %) et à la flexibilité (9 %). Chez les personnes âgées de 65 et plus, les types d’incapacité les plus courants étaient les incapacités liées à la douleur (28 %), à la mobilité (26 %) et à la flexibilité (24 %). Les trois types d’incapacité les plus répandus dans chaque groupe d’âge étaient les mêmes en 2017.

Tableau de données du graphique 1.6
| Type d'incapacité | 15 à 24 ans | 25 à 64 ans | 65 ans et plus | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | ||||
| inférieur | supérieur | inférieur | supérieur | inférieur | supérieur | ||||
| Douleur | 6,7 | 6,2 | 7,3 | 15,2Note * | 14,8 | 15,7 | 27,6Note * | 26,8 | 28,5 |
| Flexibilité | 2,0 | 1,7 | 2,3 | 8,6Note * | 8,2 | 9,0 | 23,7Note * | 22,9 | 24,6 |
| Mobilité | 2,0 | 1,7 | 2,3 | 7,6Note * | 7,3 | 7,9 | 25,5Note * | 24,6 | 26,4 |
| Santé mentale | 13,6 | 13,0 | 14,2 | 11,1Note * | 10,7 | 11,5 | 6,1Note * | 5,6 | 6,7 |
| Vision | 4,3 | 3,9 | 4,7 | 6,7Note * | 6,4 | 7,1 | 11,4Note * | 10,7 | 12,1 |
| Ouïe | 1,5 | 1,2 | 1,7 | 3,9Note * | 3,6 | 4,2 | 13,6Note * | 12,8 | 14,4 |
| Apprentissage | 9,2 | 8,6 | 9,8 | 5,3Note * | 5,0 | 5,6 | 4,1Note * | 3,6 | 4,5 |
| Dextérité | 1,2 | 1,0 | 1,4 | 3,7Note * | 3,5 | 4,0 | 11,3Note * | 10,6 | 12,1 |
| Mémoire | 4,0 | 3,6 | 4,4 | 4,5Note * | 4,3 | 4,8 | 6,6Note * | 6,0 | 7,2 |
| Développement | 3,8 | 3,4 | 4,1 | 1,4Note * | 1,2 | 1,6 | 0,6Note * | 0,4 | 0,7 |
| Inconnu | 0,4 | 0,3 | 0,6 | 0,7Note * | 0,6 | 0,8 | 1,2Note * | 0,9 | 1,5 |
|
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La prévalence de tous les types d’incapacité a crû de 2017 à 2022, les incapacités liées à la santé mentale affichant la plus forte hausse
Depuis 2017, la prévalence de tous les types d’incapacité a augmenté dans la population canadienne (graphique 1.7; tableau 1.3.A). Les plus fortes hausses ont été enregistrées pour les incapacités liées à la santé mentale (3 points de pourcentage), à la douleur (2 points de pourcentage) et à la vision (2 points de pourcentage).

Tableau de données du graphique 1.7
| Type d'incapacité | 2017 | 2022 | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | |||
| inférieur | supérieur | inférieur | supérieur | |||
| Douleur | 14,5 | 14,2 | 14,8 | 16,7Note * | 16,3 | 17,0 |
| Flexibilité | 10,0 | 9,7 | 10,2 | 10,9Note * | 10,6 | 11,2 |
| Mobilité | 9,6 | 9,3 | 9,8 | 10,6Note * | 10,3 | 10,9 |
| Santé mentale | 7,2 | 7,0 | 7,5 | 10,4Note * | 10,1 | 10,7 |
| Vision | 5,4 | 5,2 | 5,7 | 7,4Note * | 7,1 | 7,7 |
| Ouïe | 4,8 | 4,5 | 5,0 | 5,6Note * | 5,3 | 5,9 |
| Apprentissage | 3,9 | 3,8 | 4,1 | 5,6Note * | 5,4 | 5,8 |
| Dextérité | 4,6 | 4,4 | 4,8 | 5,0Note * | 4,7 | 5,2 |
| Mémoire | 3,8 | 3,6 | 3,9 | 4,9Note * | 4,7 | 5,1 |
| Développement | 1,1 | 1,0 | 1,2 | 1,5Note * | 1,4 | 1,7 |
| Inconnu | 0,6 | 0,5 | 0,6 | 0,8Note * | 0,7 | 0,9 |
|
||||||
La prévalence des incapacités liées à la santé mentale a affiché la plus forte hausse chez les femmes (4 points de pourcentage) et chez les hommes (2 points de pourcentage) (tableau 1.3.A). Cette constatation valait également pour les jeunes de 15 à 24 ans (6 points de pourcentage) et les adultes de 25 à 64 ans (4 points de pourcentage). Chez les personnes âgées de 65 ans et plus, ce sont les incapacités visuelles qui ont enregistré la plus forte hausse (2 points de pourcentage) de 2017 à 2022 (tableau 1.4.A).
Les jeunes femmes sont plus de deux fois plus susceptibles que les jeunes hommes d’avoir une incapacité liée à la santé mentale
En 2022, 1 femme de 15 à 24 ans sur 5 (19 %) avait une incapacité liée à la santé mentale, comparativement à 1 homme du même groupe d’âge sur 10 (9 %) (graphique 1.8; tableau 1.5.A). La prévalence des incapacités liées à la santé mentale était également plus élevée chez les femmes que chez les hommes dans la plupart des autres groupes d’âge, à l’exception des personnes âgées de 65 à 74 ans et celles de 75 ans et plus. Cependant, l’écart des taux chez les femmes et chez les hommes s’est rétréci avec l’âge en raison d’une diminution de la proportion de femmes ayant une incapacité liée à la santé mentale dans les groupes plus âgés. Une tendance similaire prévalait en 2017.

Tableau de données du graphique 1.8
| Groupe d'âge | Total, tous les genres | Femmes+ | Hommes+ | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | ||||
| inférieur | supérieur | inférieur | supérieur | inférieur | supérieur | ||||
| Total, 15 ans et plus | 10,4 | 10,1 | 10,7 | 12,9 | 12,5 | 13,4 | 7,8 | 7,4 | 8,2 |
| 15 à 24 ans | 13,6 | 13,0 | 14,2 | 19,1 | 18,0 | 20,1 | 8,5 | 7,7 | 9,3 |
| 25 à 44 ans | 11,9Note * | 11,4 | 12,5 | 14,9Note * | 14,0 | 15,7 | 8,9 | 8,2 | 9,7 |
| 45 à 64 ans | 10,3Note * | 9,7 | 10,9 | 12,7Note * | 11,8 | 13,6 | 7,9 | 7,1 | 8,8 |
| 65 à 74 ans | 6,5Note * | 5,8 | 7,2 | 7,3Note * | 6,3 | 8,4 | 5,6Note * | 4,7 | 6,7 |
| 75 ans et plus | 5,5Note * | 4,7 | 6,4 | 6,0Note * | 4,9 | 7,3 | 4,9Note * | 3,8 | 6,3 |
Étant donné que la taille de la population non binaire est petite, il est parfois nécessaire d'agréger les données dans une variable sur le genre à deux catégories pour protéger la confidentialité des réponses fournies. Dans ces cas, les personnes dans la catégorie « personnes non binaires » sont réparties dans les deux autres catégories de genre et sont désignées par le signe « + ». La catégorie « Hommes+ » (et/ou les garçons) comprend les hommes de même que certaines personnes non binaires. La catégorie « Femmes+ » (et/ou les filles) comprend les femmes de même que certaines personnes non binaires. Source : Statistique Canada, Enquête canadienne sur l'incapacité, 2022. |
|||||||||
Le taux d’incapacité liée à la santé mentale a le plus augmenté chez les jeunes femmes
De 2017 à 2022, la prévalence des incapacités liées à la santé mentale a augmenté dans la plupart des groupes d’âge, à l’exception des personnes âgées de 65 ans et plus (graphique 1.9; tableau 1.5.A). Cette constatation valait sans égard au genre, mais l’augmentation a été particulièrement notable chez les jeunes femmes. La croissance la plus marquée de l’incapacité liée à la santé mentale a été enregistrée chez les femmes de 15 à 24 ans, pour lesquelles le taux a doublé depuis 2017 (soit une hausse de 9 points de pourcentage). En revanche, la plus forte croissance du taux d’incapacité liée à la santé mentale chez les hommes concernait les 25 à 44 ans (4 points de pourcentage).

Tableau de données du graphique 1.9
| Groupe d'âge | 2017 | 2022 | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | |||
| inférieur | supérieur | inférieur | supérieur | |||
| Total, 15 ans et plus | 7,2 | 7,0 | 7,5 | 10,4 | 10,1 | 10,7 |
| 15 à 24 ans | 7,8 | 7,4 | 8,3 | 13,6 | 13,0 | 14,2 |
| 25 à 44 ans | 7,4 | 7,0 | 7,7 | 11,9Note * | 11,4 | 12,5 |
| 45 à 64 ans | 7,9 | 7,4 | 8,3 | 10,3Note * | 9,7 | 10,9 |
| 65 à 74 ans | 5,6Note * | 5,0 | 6,3 | 6,5Note * | 5,8 | 7,2 |
| 75 ans et plus | 5,0Note * | 4,2 | 5,9 | 5,5Note * | 4,7 | 6,4 |
Source : Statistique Canada, Enquête canadienne sur l'incapacité, 2017 et 2022. |
||||||
Plus des deux tiers des personnes ayant une incapacité avaient au moins deux types d’incapacité concomitante
En 2022, 29 % des personnes en situation d’incapacité chez les 15 ans et plus avaient un seul type d’incapacité, 37 % avaient deux ou trois types d’incapacité et 34 % avaient au moins quatre types d’incapacité (graphique 1.10; tableau 1.6.A). En outre, les femmes étaient plus susceptibles que les hommes d’avoir un nombre plus élevé de types d’incapacité concomitante.

Tableau de données du graphique 1.10
| Nombre de type d'incapacité | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 type d'incapacité | 2 ou 3 types d'incapacité | 4 types d'incapacité ou plus | |||||||
| Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | ||||
| inférieur | supérieur | inférieur | supérieur | inférieur | supérieur | ||||
| Total, tous les genres | 29,4 | 28,4 | 30,4 | 36,7 | 35,6 | 37,8 | 33,9 | 32,9 | 34,9 |
| Femmes+ | 28,0Note * | 26,7 | 29,3 | 36,8 | 35,4 | 38,1 | 35,2Note * | 33,8 | 36,7 |
| Hommes+ | 31,3 | 29,6 | 33,0 | 36,5 | 34,9 | 38,3 | 32,2 | 30,6 | 33,8 |
Source : Statistique Canada, Enquête canadienne sur l'incapacité, 2022. |
|||||||||
Le nombre de types d’incapacité concomitante avait tendance à augmenter avec l’âge. À titre d’exemple, les personnes âgées d’au moins 75 ans étaient plus de deux fois plus susceptibles que les jeunes de 15 à 24 ans d’avoir au moins quatre types d’incapacité, soit 47 % par rapport à 20 % (graphique 1.11; tableau 1.6.A). La répartition du nombre de types d’incapacité concomitante en 2022 correspondait à celle de 2017, tant dans l’ensemble de la population ayant une incapacité qu’au moment d’effectuer l’analyse selon le genre ou le groupe d’âge.

Tableau de données du graphique 1.11
| Groupe d'âge | 1 type d'incapacité | 2 ou 3 types d'incapacité | 4 types d'incapacité ou plus | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | ||||
| inférieur | supérieur | inférieur | supérieur | inférieur | supérieur | ||||
| 15 à 24 ans | 36,5 | 34,1 | 39,0 | 43,2 | 40,7 | 45,7 | 20,3 | 18,4 | 22,2 |
| 25 à 44 ans | 37,7 | 35,6 | 39,8 | 38,3Note * | 36,2 | 40,5 | 24,0Note * | 22,2 | 25,9 |
| 45 à 64 ans | 27,6Note * | 25,7 | 29,6 | 34,9Note * | 32,9 | 37,0 | 37,5Note * | 35,5 | 39,5 |
| 65 à 74 ans | 24,2Note * | 21,9 | 26,6 | 37,5Note * | 34,9 | 40,2 | 38,3Note * | 35,8 | 40,9 |
| 75 ans et plus | 20,7Note * | 18,3 | 23,2 | 32,5Note * | 29,9 | 35,2 | 46,8Note * | 44,0 | 49,6 |
|
|||||||||
Section 2 : Emploi
La présente section porte sur les caractéristiques liées à l’activité sur le marché du travail pour les adultes en âge de travailler (25 à 64 ans), les jeunes (15 à 24 ans) ainsi que les personnes âgées de 65 à 69 ans ayant une incapacité. Les différences dans les taux d’emploi selon les caractéristiques liées à l’incapacité, le groupe d’âge et le niveau de scolarité sont examinées. De plus, la taille potentielle de la population active ayant une incapacité au sein d’un marché du travail inclusif, accessible et adapté est étudiée. Lorsqu’elles sont pertinentes, des comparaisons entre les données de l’ECI de 2017 et celles de l’ECI de 2022 sont fournies pour mettre en évidence les variations au fil du temps.
Bien que les données de l’ECI aient été recueillies en 2017 et en 2022, il est important de noter que les renseignements sur la situation par rapport au marché du travail présentés dans cette section (sauf indication contraire) proviennent du Recensement de la population de 2016 et de celui de 2021. Par conséquent, les données reflètent les semaines de référence des recensements, soit du 1er au 7 mai 2016 et du 2 au 8 mai 2021Note . Pour obtenir de plus amples renseignements à ce sujet, veuillez consulter le document intitulé « Enquête canadienne sur l’incapacité, 2022 : Guide des concepts et méthodes » (Pianosi et coll., 2023).
2.1 Taux d’emploi chez les adultes de 25 à 64 ans
Les personnes ayant une incapacité légère sont plus de deux fois plus susceptibles d’avoir un emploi que celles ayant une incapacité très sévère
En 2021, conformément aux études antérieures sur les expériences d’emploi des personnes ayant une incapacité, les adultes ayant une incapacité affichaient un taux d’emploi inférieur au taux chez les adultes n’ayant pas d’incapacité. Chez les 25 à 64 ans, 3 personnes ayant une incapacité sur 5 (62 %) occupaient un emploi, par rapport à près de 4 personnes n’ayant pas d’incapacité sur 5 (78 %) (graphique 2.1; tableau 2.1.A). Les résultats ont aussi montré que les taux d’emploi diminuaient à mesure que la sévérité de l’incapacité augmentait. En particulier, les personnes ayant une incapacité très sévère affichaient un taux d’emploi beaucoup plus faible que le taux chez les personnes ayant une incapacité légère (30 % par rapport à 75 %).
Les taux d’emploi chez les personnes ayant une incapacité augmentent de 2016 à 2021
De 2016 à 2021, le taux d’emploi chez les personnes ayant une incapacité âgées de 25 à 64 ans s’est accru, passant de 59 % à 62 %. Bien que les taux d’emploi chez les personnes ayant une incapacité légère ou très sévère soient demeurés relativement inchangés, les taux chez les personnes ayant une incapacité modérée ou sévère ont augmenté d’environ 5 points de pourcentage dans chacun des cas (graphique 2.1; tableau 2.1.A). En revanche, le taux d’emploi chez les personnes du même groupe d’âge n’ayant pas d’incapacité a diminué, passant de 80 % à 78 % au cours de la même période.

Tableau de données du graphique 2.1
| 2016 | 2021 | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | |||
| inférieur | supérieur | inférieur | supérieur | |||
| Statut d'incapacité | ||||||
| Personnes ayant une incapacité | 59,4 | 57,9 | 60,8 | 61,8Note * | 60,3 | 63,3 |
| Personnes sans incapacité | 80,1 | 79,7 | 80,6 | 77,8Note * | 77,3 | 78,3 |
| Sévérité de l'incapacité | ||||||
| Légère | 75,6 | 73,2 | 77,8 | 74,9 | 72,5 | 77,1 |
| Modérée | 66,5 | 63,2 | 69,7 | 71,4Note * | 68,1 | 74,5 |
| Sévère | 49,0 | 45,6 | 52,4 | 54,5Note * | 50,9 | 58,0 |
| Très sévère | 31,3 | 28,6 | 34,2 | 29,9 | 26,9 | 33,2 |
Source : Statistique Canada, Enquête canadienne sur l'incapacité, 2017 et 2022. |
||||||
Pour faciliter l’exposé, dans le reste de l’article, les classes de sévérité « légère » et « modérée » ont été regroupées sous la catégorie de sévérité « plus légère », et les classes « sévère » et « très sévère » ont été regroupées sous la catégorie « plus sévère ».
Parmi les personnes ayant une incapacité plus sévère âgées de 55 à 64 ans, 3 sur 10 avaient un emploi
Tant chez les personnes ayant une incapacité que chez celles n’ayant pas d’incapacité, les taux d’emploi ont varié selon le groupe d’âge. Chez les personnes ayant une incapacité, les taux d’emploi parmi les 55 à 64 ans étaient inférieurs aux taux chez les 25 à 34 ans, sans égard à la sévérité de l’incapacité (graphique 2.2; tableau 2.2.A). En revanche, les taux d’emploi chez les personnes ayant une incapacité âgées de 35 à 44 ans et de 45 à 54 ans étaient généralement plus élevés que chez leurs homologues plus jeunes, à l’exception des personnes de 45 à 54 ans ayant une incapacité plus sévère. Les taux d’emploi par groupe d’âge ont suivi une tendance similaire chez les personnes n’ayant pas d’incapacité, le taux d’emploi étant plus élevé chez les personnes de 35 à 54 ans comparativement aux 25 à 34 ans, et le taux d’emploi étant plus faible chez les personnes de 55 à 64 ans.

Tableau de données du graphique 2.2
| Groupe d'âge et le statut d'incapacité / sévérité | Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | |
|---|---|---|---|
| inférieur | supérieur | ||
| 25 à 34 ans | |||
| Total, personnes ayant une incapacité | 65,1 | 61,9 | 68,1 |
| Personnes ayant une incapacité plus légère | 74,3 | 70,5 | 77,8 |
| Personnes ayant une incapacité plus sévère | 43,4 | 38,2 | 48,8 |
| Personnes sans incapacité | 78,2 | 77,2 | 79,1 |
| 35 à 44 ans | |||
| Total, personnes ayant une incapacité | 71,3Note * | 68,3 | 74,1 |
| Personnes ayant une incapacité plus légère | 80,8Note * | 77,3 | 83,8 |
| Personnes ayant une incapacité plus sévère | 52,1Note * | 47,0 | 57,3 |
| Personnes sans incapacité | 82,5Note * | 81,6 | 83,4 |
| 45 à 54 ans | |||
| Total, personnes ayant une incapacité | 67,8 | 64,5 | 70,9 |
| Personnes ayant une incapacité plus légère | 79,2 | 74,9 | 82,9 |
| Personnes ayant une incapacité plus sévère | 50,6 | 45,2 | 55,9 |
| Personnes sans incapacité | 84,0Note * | 83,0 | 84,9 |
| 55 à 64 ans | |||
| Total, personnes ayant une incapacité | 49,2Note * | 46,5 | 52,0 |
| Personnes ayant une incapacité plus légère | 63,5Note * | 59,7 | 67,1 |
| Personnes ayant une incapacité plus sévère | 31,4Note * | 27,8 | 35,2 |
| Personnes sans incapacité | 66,2Note * | 65,1 | 67,4 |
Source : Statistique Canada, Enquête canadienne sur l'incapacité, 2022. |
|||
Selon le genre, les femmes et les hommes ayant une incapacité affichaient des taux d’emploi similaires dans la plupart des groupes d’âge, à l’exception des personnes du groupe des 55 à 64 ans, au sein duquel les femmes étaient moins susceptibles que les hommes d’avoir un emploi (46 % par rapport à 53 %) (graphique 2.3; tableau 2.2.A). De même, chez les personnes ayant une incapacité plus légère, le taux d’emploi parmi les femmes âgées de 55 à 64 ans (58 %) était inférieur à celui des hommes (70 %) (tableau 2.2.A). Toutefois, l’inverse a été observé chez les personnes ayant une incapacité plus légère âgées de 25 à 34 ans, parmi lesquelles les femmes affichaient un taux d’emploi supérieur à celui des hommes (78 % par rapport à 69 %). Aucune différence significative selon le genre n’a été constatée dans tous les groupes d’âge chez les personnes ayant une incapacité plus sévère. En revanche, chez les personnes n’ayant pas d’incapacité, les taux d’emploi parmi les femmes étaient systématiquement inférieurs à ceux des hommes dans tous les groupes d’âge.

Tableau de données du graphique 2.3
| Statut d'incapacité et groupe d'âge | Femmes+ | Hommes+ | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | |||
| inférieur | supérieur | inférieur | supérieur | |||
| Personnes ayant une incapacité | ||||||
| 25 à 34 ans | 66,8 | 62,6 | 70,7 | 62,4 | 57,3 | 67,4 |
| 35 à 44 ans | 72,0 | 68,3 | 75,4 | 70,4 | 65,6 | 74,8 |
| 45 à 54 ans | 65,7 | 61,2 | 69,9 | 70,4 | 65,2 | 75,1 |
| 55 à 64 ans | 46,3Note * | 42,5 | 50,1 | 52,8 | 48,8 | 56,9 |
| Personnes sans incapacité | ||||||
| 25 à 34 ans | 73,9Note * | 72,3 | 75,4 | 82,1 | 80,8 | 83,4 |
| 35 à 44 ans | 77,5Note * | 76,0 | 78,9 | 87,3 | 86,2 | 88,4 |
| 45 à 54 ans | 81,1Note * | 79,6 | 82,6 | 86,7 | 85,4 | 87,9 |
| 55 à 64 ans | 61,3Note * | 59,6 | 62,9 | 71,2 | 69,6 | 72,8 |
Source : Statistique Canada, Enquête canadienne sur l'incapacité, 2022. |
||||||
Le taux d’emploi chez les jeunes femmes ayant une incapacité plus sévère diminue de 2016 à 2021
Même si le taux d’emploi global chez les personnes ayant une incapacité âgées de 25 à 64 ans a augmenté de 2 points de pourcentage de 2016 à 2021, le portrait est plus nuancé lorsque les résultats sont examinés selon le genre, le groupe d’âge et la sévérité de l’incapacité. En fait, les hommes de 45 à 54 ans ayant une incapacité plus sévère étaient le seul sous-groupe affichant une hausse notable du taux d’emploi (de 41 %Note E: à utiliser avec prudence à 56 %Note E: à utiliser avec prudence). En revanche, le taux d’emploi chez les femmes ayant une incapacité plus sévère âgées de 25 à 34 ans a reculé de 59 % à 43 %. De 2016 à 2021, aucune différence significative dans les taux d’emploi n’a été observée chez les personnes ayant une incapacité plus légère.
Des niveaux de scolarité supérieurs sont associés à des taux d’emploi plus élevés chez les personnes ayant une incapacité
Des études antérieures ont révélé que les personnes avec un plus haut niveau de scolarité sont plus susceptibles d’avoir un emploi (Statistique Canada, 2024; Organisation de coopération et de développement économiques, 2020; Till et coll., 2015). En 2021, les taux d’emploi les moins élevés ont été observés chez les personnes possédant tout au plus un diplôme d’études secondaires, sans égard au statut d’incapacité, le genre et la sévérité de l’incapacité (graphique 2.4; tableau 2.3.A). Chez les personnes ayant une incapacité, les titulaires d’un grade universitaire (baccalauréat ou grade supérieur) affichaient un taux d’emploi supérieur de 34 points de pourcentage à celui de leurs homologues possédant tout au plus un diplôme d’études secondaires (79 % par rapport à 45 %). Le niveau de scolarité avait également une incidence sur les taux d’emploi chez les personnes n’ayant pas d’incapacité, mais les différences n’étaient pas aussi marquées.

Tableau de données du graphique 2.4
| Plus haut niveau de scolarité | Personnes ayant une incapacité | Personnes sans incapacité | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | |||
| inférieur | supérieur | inférieur | supérieur | |||
| Diplôme d'études secondaires ou attestation d'équivalence, ou inférieur | 45,0Note * | 42,6 | 47,5 | 68,1 | 67,1 | 69,1 |
| Certificat d’études postsecondaires ou un diplôme inférieur au baccalauréatTableau de données du graphique 2.4 Note 1 | 66,2Note * | 63,6 | 68,6 | 81,3 | 80,4 | 82,1 |
| Baccalauréat ou supérieur | 79,4Note * | 76,7 | 81,8 | 82,7 | 81,9 | 83,5 |
Source : Statistique Canada, Enquête canadienne sur l'incapacité, 2022. |
||||||
Malgré le fait que l’écart dans les taux d’emploi diminuait chez les personnes dont le niveau de scolarité était plus élevé, les personnes ayant une incapacité étaient moins susceptibles d’avoir un emploi que celles n’ayant pas d’incapacité, sans égard à leur niveau de scolaritéNote . Chez les personnes ayant tout au plus un diplôme d’études secondaires, 45 % des personnes ayant une incapacité avaient un emploi, comparativement à 68 % des personnes n’ayant pas d’incapacité. Cet écart dans les taux d’emploi a diminué chez les personnes titulaires d’un certificat ou d’un diplôme d’études postsecondaires inférieur au baccalauréat (66 % et 81 % chez les personnes ayant une incapacité et chez les personnes n’ayant pas d’incapacité, respectivement); l’écart a aussi reculé chez les personnes titulaires d’un baccalauréat ou d’un grade supérieur (79 % et 83 %).
Des différences dans les taux d’emploi selon le genre persistaient chez les personnes n’ayant pas d’incapacité, sans égard à leur niveau de scolarité, mais ce n’était pas le cas chez les personnes ayant une incapacité. En fait, les femmes et les hommes ayant une incapacité affichaient des niveaux d’emploi équivalents dans la plupart des cas, à l’exception des personnes dont le plus haut niveau de scolarité était tout au plus un diplôme d’études secondaires. Dans ce cas, les femmes étaient moins susceptibles que les hommes d’avoir un emploi (42 % par rapport à 49 %) (graphique 2.5; tableau 2.3.A).

Tableau de données du graphique 2.5
| Statut d'incapacité et plus haut niveau de scolarité | Femmes+ | Hommes+ | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | |||
| inférieur | supérieur | inférieur | supérieur | |||
| Personnes ayant une incapacité | ||||||
| Diplôme d'études secondaires ou attestation d'équivalence, ou inférieur | 41,5Note * | 38,2 | 44,9 | 49,0 | 45,3 | 52,7 |
| Certificat d’études postsecondaires ou un diplôme inférieur au baccalauréatTableau de données du graphique 2.5 Note 1 | 65,2 | 61,8 | 68,5 | 67,4 | 63,3 | 71,2 |
| Baccalauréat ou supérieur | 79,1 | 75,7 | 82,1 | 79,8 | 75,4 | 83,6 |
| Personnes sans incapacité | ||||||
| Diplôme d'études secondaires ou attestation d'équivalence, ou inférieur | 59,8Note * | 58,3 | 61,3 | 74,6 | 73,3 | 76,0 |
| Certificat d’études postsecondaires ou un diplôme inférieur au baccalauréatTableau de données du graphique 2.5 Note 1 | 77,2Note * | 75,8 | 78,4 | 84,9 | 83,8 | 85,9 |
| Baccalauréat ou supérieur | 79,6Note * | 78,4 | 80,6 | 86,4 | 85,4 | 87,4 |
Source : Statistique Canada, Enquête canadienne sur l'incapacité, 2022. |
||||||
Parmi les personnes ayant une incapacité âgées de 25 à 64 ans, 1 personne sur 4 a indiqué que la cause de son problème de santé était liée au travail
L’ECI de 2022 comportait une série de questions portant sur les problèmes de santé qui ont entraîné des difficultés ou ont limité les activités des répondants. Près du quart (24 %) des personnes ayant une incapacité âgées de 25 à 64 ans et ayant signalé un problème de santéNote ont déclaré que le travail était l’une des causes sous-jacentes de leur problème de santé. Il peut s’agir, entre autres, d’accidents ou de blessures au travail, de stress ou de violence en milieu de travail ou d’exposition à des produits chimiques. Les hommes étaient plus susceptibles que les femmes de déclarer que le travail était l’une des causes de leur problème de santé (30 % par rapport à 19 %).
2.2 Emploi à temps partiel chez les adultes de 25 à 64 ans
La prévalence du travail à temps partiel est supérieure chez les travailleurs ayant une incapacité plus sévère
Parmi les personnes de 25 à 64 ans ayant un emploi, les personnes ayant une incapacité étaient plus susceptibles de travailler à temps partiel (moins de 30 heures par semaine) que leurs homologues n’ayant pas d’incapacité (16 % par rapport à 13 %) (tableau 2.4.A). C’était tout particulièrement le cas chez les hommes ayant une incapacité plus sévère, qui étaient presque deux fois plus susceptibles d’avoir travaillé à temps partiel (14 %) que les hommes n’ayant pas d’incapacité (8 %). De même, les femmes ayant une incapacité plus sévère étaient plus susceptibles (23 %) que celles n’ayant pas d’incapacité (18 %) d’avoir travaillé à temps partiel. Les hommes ayant une incapacité plus légère étaient un peu plus susceptibles de travailler à temps partiel que leurs homologues n’ayant pas d’incapacité (11 % par rapport à 8 %), mais aucune différence à cet égard n’a été observée chez les femmes (graphique 2.6).

Tableau de données du graphique 2.6
| Statut d'incapacité / sévérité | Femmes+ | Hommes+ | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | |||
| inférieur | supérieur | inférieur | supérieur | |||
| Total, personnes ayant une incapacité |
18,7Note * | 16,8 | 20,8 | 11,9 | 10,1 | 14,0 |
| Personnes ayant une incapacité plus légère |
17,3Note * | 15,1 | 19,6 | 11,4 | 9,4 | 13,7 |
| Personnes ayant une incapacité plus sévère |
23,1Note * | 19,4 | 27,3 | 13,9 | 10,3 | 18,5 |
| Personnes sans incapacité | 17,8Note * | 17,0 | 18,6 | 8,0 | 7,5 | 8,6 |
Source : Statistique Canada, Enquête canadienne sur l'incapacité, 2022. |
||||||
2.3 Aptitude à travailler chez les adultes de 25 à 64 ans en situation d’incapacité qui n’ont pas d’emploi
Compte tenu du taux d’emploi plus faible chez les personnes ayant une incapacité (mentionné ci-dessus, à la section 2.1), il convient de fournir une indication de la taille totale de la population active potentielle ayant une incapacité selon un scénario idéal, c’est-à-dire dans un marché du travail inclusif, sans discrimination, pleinement accessible et où des mesures d’adaptation complètes seraient offertes. La notion d’aptitude au travail est une façon d’examiner l’évolution possible du marché du travail dans des conditions plus inclusives : elle décrit les personnes ayant une incapacité qui ne travaillent pas, mais qui pourraient occuper un emploi rémunéré selon un scénario idéal. Elle ne vise pas à mesurer la capacité interne, la capacité de travailler ou même la probabilité qu’une personne trouve un emploi dans les conditions actuelles. Le fait de mieux comprendre la population de travailleurs potentiels pourrait aider à mieux cibler les programmes relatifs au marché du travail.
Plus de 741 000 personnes ayant une incapacité sont aptes à occuper un emploi rémunéré dans un marché du travail inclusif
Parmi les personnes ayant une incapacité âgées de 25 à 64 ans qui n’avaient pas d’emploi en 2022, 2 personnes sur 5 (42 %) pouvaient être considérées comme étant aptes à travaillerNote (voir l’encadré 5 pour obtenir de plus amples renseignements). Ce résultat correspond à 741 280 personnes ayant une incapacité qui ne travaillaient pas, mais qui étaient aptes au travail.Note
Parmi les adultes âgées de 25 à 64 ans ayant une incapacité qui ne travaillaient pas, la proportion de personnes aptes au travail était similaire chez les femmes et chez les hommes (41 % par rapport à 43 %). En nombres absolus, les femmes ayant une aptitude au travail étaient plus nombreuses que les hommes (423 580 femmes par rapport à 317 710 hommes).
Début de l'encadréDéfinition de l’aptitude au travail
L’aptitude au travail est un concept utilisé pour évaluer la taille potentielle de la population active ayant une incapacité au sein d’un marché du travail inclusif, accessible et adapté. Elle s’applique aux personnes en situation d’incapacité qui ne travaillent pas actuellement, mais qui pourraient avoir un emploi rémunéré selon un scénario idéal, c’est-à-dire dans un marché du travail inclusif, sans discrimination, pleinement accessible et où des mesures d’adaptation complètes seraient offertes. Elle ne vise pas à mesurer la capacité d’une personne à travailler; il s’agit plutôt d’une façon d’examiner l’évolution possible du marché du travail dans des conditions plus inclusives.
Le concept d’aptitude au travail a été mesuré comme suit : les personnes officiellement au chômage ou ne faisant pas partie de la population active, mais ayant déclaré qu’elles chercheraient du travail au cours des 12 prochains mois, ont été classées comme des travailleurs potentiels. Parmi les répondants restants qui ne faisaient pas partie de la population active, les personnes ayant déclaré « être à la retraite de façon permanente », ou celles ayant déclaré que leur état les empêchait entièrement de travailler et qu’aucune mesure d’adaptation au travail ne leur permettrait de le faire, ont été classées comme des personnes qui n’étaient pas des travailleurs potentiels. En revanche, les personnes ayant déclaré ne pas être à la retraite de façon permanente et que leur état ne les empêchait pas de travailler, ou qu’il existait des mesures d’adaptation au travail leur permettant de le faire, ont été classées comme des travailleurs potentiels. L’aptitude au travail n’a pas été déterminée pour les personnes qui ne pouvaient être classées explicitement dans l’une ou l’autre des catégories ci-dessus en raison de données incomplètes.
La définition de l’aptitude au travail utilisée dans le présent rapport est différente de celle appliquée précédemment par Morris et coll. (2018) pour l’analyse des données de l’ECI de 2017. Dans la définition actuelle, les étudiants ont été classés comme étant ou non des travailleurs potentiels en fonction d’autres caractéristiques mentionnées ci-dessus. Dans la définition précédente, les étudiants ne faisant pas partie de la population active et ne cherchant pas de travail n’ont pas été classés comme étant ou non des travailleurs potentiels et ont été exclus de l’analyse. De plus, dans la définition actuelle, l’aptitude au travail des personnes ayant déclaré être confinées chez elles en raison de leur problème de santé a été déterminée selon les caractéristiques susmentionnées. Auparavant, les personnes confinées chez elles en raison de leur problème de santé étaient classées comme des personnes qui n’étaient pas des travailleurs potentiels, car on croyait qu’elles n’étaient pas susceptibles d’entrer sur le marché du travail. Le fait d’être confiné chez soi n’est pas considéré dans la définition actuelle pour deux raisons. Premièrement, les questions mesurant cette caractéristique n’étaient pas les mêmes dans l’ECI de 2017 et celle de 2022, ce qui a entraîné des problèmes de comparabilité. Deuxièmement, même s’il est vrai que les emplois ne peuvent pas tous être exercés à la maison, l’augmentation des possibilités de télétravail ou de travail à distance depuis 2020 signifie que le fait d’être confiné chez soi est un facteur moins important pour déterminer l’aptitude au travail (Ameri et coll., 2023; Ivanchev, 2023; Schur et coll., 2020).
2.4 Emploi et scolarité des jeunes de 15 à 24 ans ayant une incapacité
Les sections 2.1 à 2.3 ont permis d’examiner les caractéristiques liées à l’activité sur le marché du travail des adultes en âge de travailler (25 à 64 ans) et en situation d’incapacité. Cependant, il est aussi essentiel d’étudier ces caractéristiques chez les jeunes (âgés de 15 à 24 ans) puisque les personnes appartenant à ce groupe d’âge vivent habituellement plusieurs transitions clés au moment de passer de l’école secondaire à un établissement d’enseignement postsecondaire ou au marché du travail. Même si de nombreux jeunes trouvent ces transitions difficiles, les personnes ayant une incapacité peuvent être confrontées à des défis supplémentaires (Lindsay et coll., 2019; Hirano et coll., 2018). La présente section met l’accent sur les jeunes en chômage et ne fréquentant pas l’école, étant donné que les membres de ce groupe peuvent éprouver des difficultés au moment de vivre de telles transitions.
Comme il en a été question à la section 1 sur les données démographiques, les jeunes en situation d’incapacité avaient un profil plutôt différent de celui des adultes en âge de travailler et des personnes âgées. Les types d’incapacité les plus répandus chez les jeunes étaient liés à la santé mentale et à l’apprentissage. Il est important de le souligner, car cela peut avoir une incidence sur les types de défis auxquels font face les jeunes en situation d’incapacité ainsi que sur les types de mesures d’adaptation dont ils ont besoin pour réussir leur transition vers des études postsecondaires ou le marché du travail.
Chez les jeunes ayant une incapacité plus sévère, 3 jeunes sur 10 ne fréquentent pas l’école et n’ont pas d’emploi
La sévérité de l’incapacité était fortement liée à la fréquentation scolaire et à l’emploi chez les jeunes. Par exemple, les jeunes de 15 à 24 ans ayant une incapacité plus sévère étaient plus de deux fois plus susceptibles de ne pas fréquenter l’école ni d’avoir un emploiNote en 2022, par rapport aux jeunes ayant une incapacité plus légère (graphique 2.7; tableau 2.5.A). En outre, les personnes de ce groupe d’âge ayant une incapacité plus sévère étaient moins susceptibles que celles ayant une incapacité plus légère d’avoir un emploi pendant qu’elles fréquentaient l’école.

Tableau de données du graphique 2.7
| Sévérité de l'incapacité et fréquentation scolaire / emploi | Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | |
|---|---|---|---|
| inférieur | supérieur | ||
| Total, personnes ayant une incapacité | |||
| À l'école, occupé | 27,1 | 24,9 | 29,5 |
| À l'école, en chômage | 21,9 | 19,8 | 24,1 |
| Pas à l'école, occupé | 33,7 | 31,3 | 36,1 |
| Pas à l'école, en chômage | 17,3 | 15,6 | 19,2 |
| Personnes ayant une incapacité plus légère | |||
| À l'école, occupé | 30,8 | 27,9 | 33,9 |
| À l'école, en chômage | 20,5 | 17,9 | 23,4 |
| Pas à l'école, occupé | 36,5 | 33,7 | 39,5 |
| Pas à l'école, en chômage | 12,1 | 10,3 | 14,2 |
| Personnes ayant une incapacité plus sévère | |||
| À l'école, occupé | 19,4Note * | 16,2 | 23,0 |
| À l'école, en chômage | 24,7 | 21,4 | 28,4 |
| Pas à l'école, occupé | 27,7Note * | 24,0 | 31,8 |
| Pas à l'école, en chômage | 28,2Note * | 24,6 | 32,1 |
|
|||
De plus, parmi les jeunes ayant une incapacité, les hommes étaient plus susceptibles que les femmes de ne pas fréquenter l’école ni d’avoir un emploi (23 % par rapport à 13 %) (tableau 2.5.A). Toutefois, cette différence était plus prononcée chez les jeunes ayant une incapacité plus sévère (39 % par rapport à 21 %) que chez les jeunes ayant une incapacité plus légère (16 % par rapport à 9 %) (graphique 2.8; tableau 2.5.A). Chez les jeunes ayant une incapacité, les femmes étaient également plus susceptibles que les hommes d’avoir un emploi pendant qu’elles fréquentaient l’école. Cette tendance s’appliquait tant aux personnes ayant une incapacité plus légère qu’à celles ayant une incapacité plus sévère.

Tableau de données du graphique 2.8
| Sévérité de l'incapacité et fréquentation scolaire / statut d'emploi | Femmes+ | Hommes+ | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | |||
| inférieur | supérieur | inférieur | supérieur | |||
| Personnes ayant une incapacité plus légère | ||||||
| À l'école, occupé |
35,4Note * | 31,5 | 39,6 | 24,2 | 20,4 | 28,5 |
| À l'école, en chômage |
18,8 | 15,7 | 22,3 | 23,1 | 18,8 | 27,9 |
| Pas à l'école, occupé |
36,5 | 32,7 | 40,5 | 36,6 | 32,1 | 41,2 |
| Pas à l'école, en chômage |
9,3Note * | 7,4 | 11,7 | 16,2 | 13,0 | 20,0 |
| Personnes ayant une incapacité plus sévère | ||||||
| À l'école, occupé |
24,2Note * | 19,8 | 29,3 | 12,0 | 8,2 | 17,3 |
| À l'école, en chômage |
23,4 | 19,1 | 28,3 | 26,7 | 21,4 | 32,9 |
| Pas à l'école, occupé |
31,4Note * | 26,5 | 36,8 | 22,1 | 16,8 | 28,4 |
| Pas à l'école, en chômage |
21,0Note * | 17,1 | 25,5 | 39,1 | 33,0 | 45,6 |
Source : Statistique Canada, Enquête canadienne sur l'incapacité, 2022. |
||||||
114 000 jeunes en situation d’incapacité qui ne fréquentent pas l’école et n’ont pas d’emploi sont aptes au travail
Les jeunes qui ne fréquentent pas l’école et qui sont en chômage peuvent être exposés à un risque de faible revenu ou d’exclusion sociale (Brunet, 2019). Les jeunes ayant une incapacité peuvent être confrontés à des défis supplémentaires au moment de fréquenter un établissement scolaire ou d’entrer sur le marché du travail, compte tenu de leurs besoins éventuels en matière de mesures d’adaptation en milieu de travail ou en milieu scolaire ainsi que d’autres mesures de soutien. Cependant, des mesures d’adaptation et de soutien adéquates pourraient grandement favoriser leur entrée sur le marché du travail. Parmi les 141 980 jeunes en situation d’incapacité qui ne fréquentaient pas l’école et qui n’avaient pas d’emploi en 2022, 114 490 jeunes (soit 81 %) pouvaient être considérés comme étant aptes à travailler (53 160 femmes et 61 340 hommes).
2.5 Emploi chez les personnes ayant une incapacité âgées de 65 à 69 ans
Qu’elles aient ou non une incapacité, de nombreuses personnes continuent de travailler après l’âge typique du départ à la retraite. En 2021, 151 240 personnes ayant une incapacité âgées de 65 à 69 ans avaient un emploi. Cependant, les personnes de ce groupe d’âge en situation d’incapacité étaient tout de même moins susceptibles d’occuper un emploi que celles sans incapacité (22 % par rapport à 29 %). Les taux d’emploi chez les personnes de 65 à 69 ans diminuaient à mesure que la sévérité de l’incapacité augmentait : 24 % des personnes ayant une incapacité plus légère et 18 %Note E: à utiliser avec prudence des personnes ayant une incapacité plus sévère avaient un emploi.
Ces constatations demeuraient cohérentes lorsqu’elles étaient examinées selon le genre; cependant, l’écart entre les femmes ayant une incapacité et celles qui n’en avaient pas (17 % par rapport à 22 %, soit 5 points de pourcentage) était plus faible que celui entre les hommes ayant une incapacité et ceux qui n’en avaient pas (27 % par rapport à 36 %, soit 9 points de pourcentage). De même, les femmes et les hommes ayant une incapacité plus sévère étaient moins susceptibles d’avoir un emploi que les femmes et les hommes n’ayant pas d’incapacité (16 % et 21 %, par rapport à 22 % et à 36 %). Chez les femmes comme chez les hommes, les personnes ayant une incapacité plus légère avaient autant de chances d’occuper un emploi que les personnes sans incapacité. Ces constatations suivent les mêmes tendances observées en 2016, et aucune différence significative n’a été relevée entre les deux cycles de l’ECI.
Section 3 : Revenu
Cette section est guidée par trois questions. D’abord, y a-t-il une différence entre le revenu des personnes ayant une incapacité et celles n’ayant pas d’incapacité? Ensuite, à l’aide du seuil officiel de la pauvreté au Canada, dans quelle mesure la pauvreté varie-t-elle en fonction de caractéristiques clés, comme la sévérité de l’incapacité, le genre, l’âge et la situation des particuliers dans le ménage. Enfin, parmi les personnes ayant une incapacité qui ont été incapables de se procurer les aides, les appareils fonctionnels ou les médicaments requis, le fait de vivre au-dessus du seuil de la pauvreté réduit-il ou élimine-t-il le risque d’avoir des besoins liés à une incapacité insatisfaits en raison du coût?
Le cas échéant, des comparaisons entre les données de l’ECI de 2017 et celles de l’ECI de 2022 sont fournies pour souligner les différences entre les deux périodes. À cet égard, il est important de noter que les données sur le revenu et la pauvreté comprises dans l’ECI de 2022 sont couplées à partir du recensement et concernent l’année de référence 2020. De même, l’ECI de 2017 fournit des données sur le revenu et la pauvreté pour l’année de référence 2015. Les circonstances attribuables à la pandémie de COVID-19 en 2020 doivent être prises en compte lorsqu’on compare les deux périodes.
3.1 Revenu personnel médian
Le revenu médian des personnes ayant une incapacité plus sévère est inférieur d’un tiers à celui des personnes n’ayant pas d’incapacité
Chez les adultes en âge de travailler, les personnes de 25 à 64 ans, le revenu personnel médian après impôtNote (ci-après appelé le revenu médian) variait selon le statut d’incapacité et la sévérité de l’incapacité. Les personnes n’ayant pas d’incapacité avaient un revenu médian plus élevé (46 080 $) que celui des personnes ayant une incapacité (38 810 $). Les personnes ayant une incapacité plus légère (44 210 $) avaient un revenu médian supérieur à celui des personnes ayant une incapacité plus sévère (30 590 $) (graphique 3.1; tableau 3.1). Le revenu médian des personnes ayant une incapacité plus sévère était inférieur de plus de 30 % à celui des personnes n’ayant pas d’incapacité.

Tableau de données du graphique 3.1
| Statut d'incapacité et sévérité | 25 à 64 ans | 65 ans et plus | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Dollars | Intervalle de confiance à 95 % | Dollars | Intervalle de confiance à 95 % | |||
| inférieur | supérieur | inférieur | supérieur | |||
| Total, personnes ayant une incapacité | 38 810Note * | 37 760 | 40 570 | 29 720Note * | 29 090 | 30 860 |
| Personnes ayant une incapacité plus légère | 44 210Note * | 42 760 | 45 390 | 32 370 | 30 590 | 33 760 |
| Personnes ayant une incapacité plus sévère | 30 590Note * Tableau de données du graphique 3.1 Note † | 29 930 | 32 580 | 27 920Note * Tableau de données du graphique 3.1 Note † | 26 530 | 28 880 |
| Personnes sans incapacité | 46 080 | 45 720 | 46 430 | 33 430 | 32 830 | 34 050 |
Source : Statistique Canada, Enquête canadienne sur l'incapacité, 2022. |
||||||
Chez les personnes âgées, soit celles âgées de 65 ans et plus, le revenu médian variait selon le statut d’incapacité et la sévérité de l’incapacité, mais dans une moindre mesure que chez les personnes en âge de travailler. Les personnes âgées n’ayant pas d’incapacité avaient un revenu médian plus élevé (33 430 $) que celui des personnes âgées ayant une incapacité (29 720 $). En tenant compte de la sévérité de l’incapacité, le revenu médian des personnes âgées ayant une incapacité plus légère (32 370 $) était plus élevé que celui des personnes ayant une incapacité plus sévère (27 920 $), mais il était comparable à celui des personnes âgées n’ayant pas d’incapacité.
Conformément à ce qui a été constaté chez les personnes n’ayant pas d’incapacité, les personnes âgées ayant une incapacité avaient un revenu médian inférieur à celui des personnes en âge de travailler ayant une incapacité. Cette observation valait pour les personnes âgées ayant une incapacité plus légère ainsi que pour celles ayant une incapacité plus sévère.
Le niveau de revenu des femmes est inférieur à celui des hommes
L’écart de revenu entre les sexes dans la population en général a été bien documenté au fil des ans (Drolet et Amini, 2023; Bonikowska et al., 2019; Fox et Moyser, 2018). Chez les personnes de 25 à 64 ans, l’écart de revenu entre les femmes et les hommes était important parmi les personnes n’ayant pas d’incapacité de même que parmi celles ayant une incapacité (graphique 3.2; tableau 3.1). Le revenu médian des femmes ayant une incapacité (37 010 $) était inférieur de 11 % à celui des hommes ayant une incapacité (41 580 $). Chez les personnes ayant une incapacité plus légère, le revenu médian des femmes (41 960 $) était inférieur de 12 % à celui des hommes (47 870 $). Chez les personnes ayant une incapacité plus sévère, aucune différence significative n’a été observée dans le revenu médian entre les femmes et les hommes. Chez les personnes n’ayant pas d’incapacité, le revenu médian des femmes (42 430 $) était inférieur de 16 % à celui des hommes (50 260 $).
Chez les personnes âgées de 65 ans et plus, les femmes ayant une incapacité avaient un revenu médian inférieur de 25 % à celui des hommes ayant une incapacité (26 480 $ par rapport à 35 210 $). L’écart de revenu entre les femmes et les hommes était légèrement supérieur chez les personnes âgées ayant une incapacité plus légère, le revenu médian des femmes étant inférieur de 28 % à celui des hommes (27 300 $ par rapport à 38 080 $). L’écart de revenu entre les femmes et les hommes était un peu plus faible chez les personnes âgées ayant une incapacité plus sévère, le revenu médian des femmes étant inférieur de 19 % à celui des hommes (26 030 $ par rapport à 32 090 $).
Chez les personnes ayant une incapacité plus légère, la différence de revenu médian entre les personnes âgées et les adultes en âge de travailler était plus prononcée chez les femmes (14 660 $) que chez les hommes (9 790 $). Chez les personnes ayant une incapacité plus sévère, la différence de revenu médian entre les personnes âgées et les adultes en âge de travailler n’était pas aussi importante chez les femmes (4 490 $) et n’était pas significative chez les hommes.

Tableau de données du graphique 3.2
| Groupe d'âge et statut d'incapacité / sévérité | Femmes+ | Hommes+ | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Dollars | Intervalle de confiance à 95 % | Dollars | Intervalle de confiance à 95 % | |||
| inférieur | supérieur | inférieur | supérieur | |||
| 25 à 64 ans | ||||||
| Total, personnes ayant une incapacité | 37 010Note * | 35 780 | 38 300 | 41 580 | 39 520 | 43 060 |
| Personnes ayant une incapacité plus légère | 41 960Note * | 40 850 | 43 560 | 47 870 | 43 930 | 51 470 |
| Personnes ayant une incapacité plus sévère | 30 510 | 29 600 | 34 260 | 30 760 | 28 860 | 33 570 |
| Personnes sans incapacité | 42 430Note * | 41 910 | 42 820 | 50 260 | 49 750 | 50 740 |
| 65 ans et plus | ||||||
| Total, personnes ayant une incapacité | 26 480Note * | 25 310 | 27 760 | 35 210 | 33 950 | 37 820 |
| Personnes ayant une incapacité plus légère | 27 300Note * | 25 620 | 28 280 | 38 080 | 34 170 | 39 080 |
| Personnes ayant une incapacité plus sévère | 26 030Note * | 25 220 | 26 640 | 32 090 | 29 900 | 36 710 |
| Personnes sans incapacité | 28 290Note * | 27 410 | 29 110 | 39 710 | 38 630 | 40 620 |
Source : Statistique Canada, Enquête canadienne sur l'incapacité, 2022. |
||||||
Le revenu personnel médian augmente de 2015 à 2020
De 2015 à 2020, le revenu personnel médian après impôt (exprimé en dollars constants de 2020) des personnes avec ou sans incapacité a augmenté, peu importe l’âge et le genre. Ces augmentations ont été les plus importantes chez les femmes ayant une incapacité âgées de 25 à 64 ans (+33%), les femmes ayant une incapacité âgées de 65 ans et plus (+17%) et les hommes ayant une incapacité âgés de 25 à 64 ans (+17%). (graphique 3.3; tableau 3.1).

Tableau de données du graphique 3.3
| Statut d'incapacité, groupe d'âge and genre | 2015 | 2020 | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| dollars constants 2020 | Intervalle de confiance à 95 % | dollars constants 2020 | Intervalle de confiance à 95 % | |||
| inférieur | supérieur | inférieur | supérieur | |||
| Personnes ayant une incapacité | ||||||
| 25 à 64 ans | ||||||
| Femmes+ | 27 840 | 25 740 | 29 380 | 37 010Note * | 35 780 | 38 300 |
| Hommes+ | 35 680 | 33 040 | 37 090 | 41 580Note * | 39 520 | 43 060 |
| 65 ans et plus | ||||||
| Femmes+ | 22 590 | 21 480 | 23 630 | 26 480Note * | 25 310 | 27 760 |
| Hommes+ | 32 180 | 29 550 | 34 490 | 35 210Note * | 33 950 | 37 820 |
| Personnes sans incapacité | ||||||
| 25 à 64 ans | ||||||
| Femmes+ | 37 870 | 37 330 | 38 580 | 42 430Note * | 41 910 | 42 820 |
| Hommes+ | 48 360 | 47 530 | 48 870 | 50 260Note * | 49 750 | 50 740 |
| 65 ans et plus | ||||||
| Femmes+ | 25 170 | 24 650 | 25 550 | 28 290Note * | 27 410 | 29 110 |
| Hommes+ | 37 270 | 36 060 | 38 010 | 39 710Note * | 38 630 | 40 620 |
Source : Statistique Canada, Enquête canadienne sur l'incapacité, 2017 et 2022. |
||||||
Le revenu des personnes occupées ayant une incapacité plus sévère demeure inférieur à celui des personnes sans incapacité
Comme il a été mentionné ci-dessus, les personnes ayant une incapacité présentaient un revenu personnel médian inférieur à celui de leurs homologues sans incapacité. Le fait que les personnes ayant une incapacité affichaient des taux d’emploi inférieurs à ceux des personnes n’ayant pas d’incapacité, comme l’a montré la section 2, est probablement un facteur clé contribuant aux différences de revenu médian entre ces populations. Une question se pose : en ce qui concerne les personnes occupées ayant une incapacité, le fait de travailler aide-t-il à combler l’écart de revenu entre elles et les personnes n’ayant pas d’incapacité?
Les personnes avec ou sans incapacité âgées de 25 à 64 ans et qui occupaient un emploi pendant la totalité ou une partie de l’année 2020 avaient un revenu personnel médian plus de deux fois supérieur à celui de leurs homologues en chômage (graphique 3.4; tableau 3.2). Cette même tendance a été observée, quelle que soit la sévérité de l’incapacité. Chez les personnes occupées, celles n’ayant pas d’incapacité et celles ayant une incapacité plus légère avaient des revenus médians similaires (50 140 $ et 49 100 $, respectivement), supérieur à celui des personnes ayant une incapacité plus sévère (42 290 $).
En limitant l’analyse aux personnes qui ont travaillé à temps plein pendant au moins 49 semaines en 2020 (toute l’année à temps plein), le revenu médian des personnes ayant une incapacité plus légère était supérieur à celui des personnes n’ayant pas d’incapacité (60 070 $ par rapport à 58 530 $). Il convient de noter que ce résultat diffère des constatations précédentes, lesquelles révélaient que, chez les personnes ayant travaillé à temps plein pendant au moins 49 semaines en 2015, les personnes sans incapacité avaient un revenu médian supérieur à celui des personnes ayant une incapacité plus légère (Morris et coll., 2018). Le revenu médian des travailleurs toute l’année à temps plein ayant une incapacité plus sévère représentait 88 % de celui des travailleurs ayant une incapacité plus légère en 2020 (52 900 $ par rapport à 60 070 $), ce qui concorde avec les constatations précédentes.

Tableau de données du graphique 3.4
| Statut d'incapacité / sévérité | En chômage | Occupé | Occupé toute l'année, à temps plein | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Dollars | Intervalle de confiance à 95 % | Dollars | Intervalle de confiance à 95 % | Dollars | Intervalle de confiance à 95 % | ||||
| inférieur | supérieur | inférieur | supérieur | inférieur | supérieur | ||||
| Total, personnes ayant une incapacité | 18 980Note * | 18 000 | 19 890 | 46 950Note * | 46 190 | 48 560 | 58 920 | 57 140 | 59 590 |
| Personnes ayant une incapacité plus légère | 19 230Note * | 18 400 | 20 630 | 49 100 | 47 780 | 50 490 | 60 070Note * | 59 040 | 60 730 |
| Personnes ayant une incapacité plus sévère | 18 730Note * | 18 330 | 19 710 | 42 290Note * Tableau de données du graphique 3.4 Note † | 40 830 | 43 780 | 52 900Note * Tableau de données du graphique 3.4 Note † | 50 950 | 54 530 |
| Personnes sans incapacité | 22 960 | 22 290 | 23 860 | 50 140 | 49 670 | 50 540 | 58 530 | 58 030 | 59 140 |
|
|||||||||
De 2015 à 2020, la plus forte hausse en pourcentage du revenu personnel médian est enregistrée chez les personnes en chômage
De 2015 à 2020, le revenu personnel médian après impôt de tous les adultes de 25 à 64 ans a augmenté, sans égard au statut d’incapacité. Cette augmentation a été observée chez les personnes en chômage, les personnes occupant un emploi et les personnes occupant un emploi toute l’année à plein temps (graphique 3.5; tableau 3.2). Notamment, la plus forte augmentation en pourcentage a été observée au sein du groupe de personnes en chômage, dans lequel le revenu personnel médian des personnes n’ayant pas d’incapacité a augmenté de plus de 60 % (passant de 14 020 $ en 2015 à 22 960 $ en 2020) et celui des personnes ayant une incapacité a progressé de près de 40 % (passant de 13 740 $ à 18 980 $). De même, le revenu médian des personnes ayant une incapacité plus légère a augmenté de 35 % (passant de 14 230 $ à 19 230 $), et celui des personnes ayant une incapacité plus sévère a crû de 38 % (passant de 13 560 $ à 18 730 $).
La hausse du revenu médian enregistrée de 2015 à 2020 parmi tous les groupes, particulièrement chez les personnes en chômage, peut être en partie attribuée aux circonstances extraordinaires engendrées par la pandémie de COVID-19. Pour relever les défis économiques de la pandémie, le gouvernement du Canada a alloué des milliards de dollars pour mettre en œuvre diverses mesures temporaires, principalement axées sur le remplacement du revenu pour les personnes qui étaient incapables de travailler en raison de la pandémie (Statistique Canada, 2022). À noter que la mesure dans laquelle le soutien du revenu temporaire a contribué aux variations du revenu médian des personnes avec ou sans incapacité de 2015 à 2020 est encore en cours d’évaluation.

Tableau de données du graphique 3.5
| Travail et statut d'incapacité / sévérité | 2015 | 2020 | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| dollars constants 2020 | Intervalle de confiance à 95 % | dollars constants 2020 | Intervalle de confiance à 95 % | |||
| inférieur | supérieur | inférieur | supérieur | |||
| En chômage | ||||||
| Total, personnes ayant une incapacité | 13 740 | 13 200 | 14 450 | 18 980Note * | 18 000 | 19 890 |
| Personnes ayant une incapacité plus légère | 14 230 | 12 580 | 14 650 | 19 230Note * | 18 400 | 20 630 |
| Personnes ayant une incapacité plus sévère | 13 560 | 13 500 | 14 580 | 18 730Note * | 18 330 | 19 710 |
| Personnes sans incapacité | 14 020 | 13 430 | 15 270 | 22 960Note * | 22 290 | 23 860 |
| Occupé | ||||||
| Total, personnes ayant une incapacité | 40 790 | 39 480 | 41 550 | 46 950Note * | 46 190 | 48 560 |
| Personnes ayant une incapacité plus légère | 42 910 | 41 600 | 44 770 | 49 100Note * | 47 780 | 50 490 |
| Personnes ayant une incapacité plus sévère | 34 630 | 31 540 | 36 430 | 42 290Note * | 40 830 | 43 780 |
| Personnes sans incapacité | 45 910 | 45 520 | 46 470 | 50 140Note * | 49 670 | 50 540 |
| Occupé toute l'année, à temps plein | ||||||
| Total, personnes ayant une incapacité | 49 700 | 48 910 | 51 980 | 58 920Note * | 57 140 | 59 590 |
| Personnes ayant une incapacité plus légère | 51 210 | 49 530 | 52 530 | 60 070Note * | 59 040 | 60 730 |
| Personnes ayant une incapacité plus sévère | 45 130 | 39 970 | 46 970 | 52 900Note * | 50 950 | 54 530 |
| Personnes sans incapacité | 53 500 | 52 940 | 54 280 | 58 530Note * | 58 030 | 59 140 |
|
||||||
3.2 Pauvreté
Les personnes ayant une incapacité sont moins susceptibles de profiter d’une sécurité financière et plus susceptibles de vivre dans la pauvreté que les personnes n’ayant pas d’incapacité (Scott et coll., 2022; Maroto et Pettinicchio, 2020). La présente section fournit des renseignements concernant l’étendue de la pauvreté chez les personnes avec ou sans incapacité en utilisant la mesure fondée sur un panier de consommation (MPC) (encadré 6). En 2020, 10 % des personnes ayant une incapacité âgées de 15 ans et plus vivaient dans la pauvreté comparativement à 7 % de leurs homologues n’ayant pas d’incapacité (tableau 3.3.A).
Début de l'encadréSeuil officiel de la pauvreté au Canada
La mesure fondée sur un panier de consommation (MPC) constitue la mesure officielle de la pauvreté au Canada depuis 2018. La mesure établit des seuils de pauvreté fondés sur le coût d’un ensemble précis de (« panier ») de biens et de services représentant un niveau de vie de base modeste (nourriture, vêtements, logement, transport et autres articles) dans une région donnée et selon une taille de famille préciseNote . Le revenu disponible d’une famille est ensuite comparé au seuil correspondant pour déterminer si la famille est au-dessus ou en dessous de ce seuil. On considère que les membres d’une famille vivant sous le seuil vivent dans la pauvretéNote .
Des révisions et des mises à jour de la MPC sont requises régulièrement afin de garantir que la mesure continue de représenter les niveaux de vie de base avec le temps, et que les principaux paramètres proviennent des plus récentes données et méthodes disponibles. La plus récente méthodologie de la MPC est celle de la MPC de l’année de base 2018, qui a remplacé la MPC de l’année de base 2008 utilisée précédemment. La MPC de l’année de base 2018 comportait d’importantes mises à jour des composantes du logement, des vêtements, de la nourriture et du transport du panier de la MPC, ainsi que des changements de l’ajustement selon le type de mode d’occupation, aux frais médicaux et au traitement des gains en capital (Djidel et coll., 2020).
Ces changements apportés à la méthodologie de la MPC ont comme conséquence que les seuils de faible revenu établis à l’aide de la MPC de l’année de base 2018 sont supérieurs à ceux correspondant à la MPC de l’année de base 2008. Par conséquent, les taux de pauvreté fondés sur la MPC de l’année de base 2018 seront supérieurs à ceux fondés sur la MPC de l’année de base 2008, même dans les cas où le revenu familial demeure inchangé. Par exemple, Djidel et coll. (2020) estime qu’en 2018, le pourcentage de personnes vivant dans la pauvreté à l’échelle du Canada a augmenté, passant de 8,7 % (selon la MPC de l’année de base 2008) à 11,0 % (selon la MPC de l’année de base 2018).
Aux fins du présent article, les taux de pauvreté sont estimés à l’aide de la MPC de l’année de base 2018 pour les cycles de l’ECI de 2017 et de 2022. Veuillez noter que, dans le rapport précédent intitulé « Un profil de la démographie, de l’emploi et du revenu des Canadiens ayant une incapacité âgés de 15 ans et plus, 2017 » (Morris et coll., 2018), les taux de pauvreté étaient estimés à l’aide de la MPC de l’année de base 2008 et, par conséquent, ne sont pas comparables aux estimations présentées ici.
Les adultes en âge de travailler ayant une incapacité plus sévère sont plus de deux fois plus susceptibles de vivre dans la pauvreté que les adultes en âge de travailler ayant une incapacité plus légère ou n’ayant pas d’incapacité
Le taux de pauvreté chez les personnes ayant une incapacité âgées de 25 à 64 ans était de 12 % en 2020, comparativement à 7 % chez celles n’ayant pas d’incapacité. Les personnes ayant une incapacité plus sévère (18 %) étaient plus susceptibles de vivre sous le seuil officiel de la pauvreté au Canada que les personnes ayant une incapacité plus légère (8 %) (graphique 3.6; tableau 3.3). Par conséquent, le taux de pauvreté chez les adultes en âge de travailler ayant une incapacité plus sévère était plus du double de celui des adultes en âge de travailler ayant une incapacité plus légère ou n’ayant pas d’incapacité.
Les jeunes sont plus de deux fois plus susceptibles de vivre dans la pauvreté que les personnes âgées, quelle que soit la sévérité de l’incapacité
Les personnes ayant une incapacité âgées de 15 à 24 ans affichaient un taux de pauvreté de 12 % en 2020, soit un taux semblable à celui de leurs homologues n’ayant pas d’incapacité. Les jeunes de 15 à 24 ans ayant une incapacité plus sévère avaient un taux plus élevé (15 %) que celui des jeunes de 15 à 24 ans ayant une incapacité plus légère (10 %). Le taux de pauvreté chez les jeunes ayant une incapacité (12 %) était plus du double de celui des personnes âgées ayant une incapacité (5 %). Une tendance semblable a été observée chez les jeunes et les personnes âgées sans incapacité (graphique 3.6; tableau 3.3.A).
De façon générale, les femmes ayant une incapacité âgées de 15 ans et plus étaient aussi susceptibles que les hommes de vivre dans la pauvreté en 2020. Toutefois, chez les personnes de 25 à 64 ans ayant une incapacité plus légère, les hommes affichaient un taux de pauvreté légèrement supérieur à celui des femmes (9 % par rapport à 7 %) (tableau 3.3.A).

Tableau de données du graphique 3.6
| Statut d'incapacité et groupe d'âge | 2015 | 2020 | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | |||
| inférieur | supérieur | inférieur | supérieur | |||
| Personnes ayant une incapacité | ||||||
| 15 à 24 ans | 25,8 | 23,3 | 28,4 | 11,8Note * | 10,3 | 13,4 |
| 25 à 64 ans | 21,9 | 20,6 | 23,2 | 11,7Note * | 10,7 | 12,7 |
| 65 ans et plus | 9,5 | 8,5 | 10,7 | 5,1Note * | 4,3 | 6,0 |
| Personnes sans incapacité | ||||||
| 15 à 24 ans | 18,8 | 18,1 | 19,6 | 11,9Note * | 11,3 | 12,5 |
| 25 à 64 ans | 11,6 | 11,2 | 12,0 | 7,1Note * | 6,8 | 7,4 |
| 65 ans et plus | 6,9 | 6,3 | 7,4 | 3,9Note * | 3,5 | 4,3 |
Source : Statistique Canada, Enquête canadienne sur l'incapacité, 2017 et 2022. |
||||||
Le taux de pauvreté diminue de 2015 à 2020
De 2015 à 2020, le taux de pauvreté chez les personnes ayant une incapacité âgées de 15 ans et plus au Canada a reculé, passant de 18 % à 10 %. Chez les personnes sans incapacité, le taux a baissé pour passer de 12 % à 7 % (graphique 3.6; tableau 3.3.A). Chez les personnes de 15 à 24 ans n’ayant pas d’incapacité, le taux de pauvreté a diminué, passant de 19 % en 2015 à 12 % en 2020. De 2015 à 2020, des variations similaires ont été observées dans la même catégorie d’âge chez les personnes ayant une incapacité plus légère (24 % par rapport à 10 %) et celles ayant une incapacité plus sévère (30 % par rapport à 15 %). L’extension de l’analyse aux personnes de 25 à 64 ans et à celles de 65 ans et plus fournit une preuve supplémentaire de la réduction globale de la pauvreté chez les personnes avec ou sans incapacité.
Il est important de reconnaître que la réduction des taux de pauvreté chez les personnes avec ou sans incapacité de 2015 à 2020 est probablement liée à l’aide financière fournie par le gouvernement du Canada pour aider les Canadiennes et Canadiens touchés par la pandémie de COVID-19 (Statistique Canada, 2022).
Les parents seuls et les personnes vivant seules continuent de présenter un plus grand risque de vivre dans la pauvreté
Chez les personnes vivant dans un même ménage, la situation dans le ménage décrit les principales structures familiales, et tout particulièrement la place du répondant au sein de cette structure. De manière générale, certaines structures familiales, comme les ménages ne comptant qu’un seul parent et les ménages constitués d’une personne vivant seule, affichent un risque plus élevé de vivre dans la pauvreté (Notten et coll., 2023; Le Quotidien, 2023b; Raphael, 2020). Par conséquent, l’analyse qui suit met l’accent sur le risque de pauvreté chez les personnes de 15 à 64 ans vivant dans différents ménages et différentes structures familiales, et détermine si la présence d’une incapacité accroît ce risque.
En 2020, conformément aux résultats de l’ECI précédente, les taux de pauvreté les plus faibles parmi les personnes ayant une incapacité ont été observés chez les personnes en couple (avec ou sans enfants) ou vivaient avec un ou des parents ou tuteurs en tant qu’enfant adulte. Cependant, chez les personnes formant un couple sans enfant, celles ayant une incapacité plus sévère affichaient un taux de pauvreté de 9 %, soit environ le double de celui de leurs homologues ayant une incapacité plus légère ou n’ayant pas d’incapacité (graphique 3.7; tableau 3.4.A).
Les parents seulsNote et les personnes vivant seules présentaient le plus grand risque de vivre dans la pauvreté. Dans le cas des personnes sans incapacité, le taux de pauvreté chez les parents seuls était trois fois supérieur à celui des couples sans enfants (13 % par rapport à 4 %). Toutefois, le fait d’être un parent seul avait un effet plus important pour les personnes ayant une incapacité (18 % des parents seuls ayant une incapacité vivaient sous le seuil de la pauvreté), et cela était exacerbé par la sévérité de l’incapacité : 23 % des parents seuls ayant une incapacité plus sévère vivaient sous le seuil de la pauvreté. Il est important de noter que parmi les parents seuls ayant une incapacité, près de 8 sur 10 (85 %) étaient des femmes, et que parmi les parents seuls n’ayant pas d’incapacité, environ 7 sur 10 (75 %) étaient des femmes.

Tableau de données du graphique 3.7
| Statut d'incapacité / sévérité et situation dans le ménage | Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | |
|---|---|---|---|
| inférieur | supérieur | ||
| Total, personnes ayant une incapacité | |||
| En couple, sans enfants | 6,0Note * | 4,7 | 7,7 |
| En couple, avec enfants | 3,3 | 2,4 | 4,6 |
| Parent seul | 18,4Note * | 14,5 | 23,1 |
| Vivant avec parent(s) | 4,8 | 3,7 | 6,1 |
| Vivant seul | 28,0Note * | 25,0 | 31,3 |
| Personnes ayant une incapacité plus légère | |||
| En couple, sans enfants | 4,5 | 3,1 | 6,4 |
| En couple, avec enfants | 2,5Note * | 1,6 | 3,9 |
| Parent seul | 14,1 | 10,0 | 19,6 |
| Vivant avec parent(s) | 3,9 | 2,9 | 5,3 |
| Vivant seul | 18,4 | 15,2 | 22,0 |
| Personnes ayant une incapacité plus sévère | |||
| En couple, sans enfants | 9,2Note * Tableau de données du graphique 3.7 Note † | 6,6 | 12,5 |
| En couple, avec enfants | 5,0 | 3,1 | 8,0 |
| Parent seul | 22,7Note * | 16,4 | 30,4 |
| Vivant avec parent(s) | 6,2 | 4,2 | 8,9 |
| Vivant seul | 42,1Note * Tableau de données du graphique 3.7 Note † | 36,9 | 47,5 |
| Personnes sans incapacité | |||
| En couple, sans enfants | 4,3 | 3,9 | 4,8 |
| En couple, avec enfants | 4,3 | 3,9 | 4,6 |
| Parent seul | 13,3 | 11,7 | 15,1 |
| Vivant avec parent(s) | 4,0 | 3,6 | 4,4 |
| Vivant seul | 17,9 | 16,6 | 19,3 |
|
|||
Parmi les personnes ayant une incapacité plus sévère vivant seules, 2 sur 5 vivent dans la pauvreté
Chez les personnes de 15 à 64 ans ayant une incapacité, le taux de pauvreté de celles vivant seules était plus de quatre fois supérieur à celui des personnes qui formaient un couple sans enfant (28 % par rapport à 6 %) (graphique 3.7; tableau 3.4.A). Une tendance similaire a été observée chez les personnes n’ayant pas d’incapacité (18 % par rapport à 4 %). Chez les personnes ayant une incapacité plus légère, le taux de pauvreté pour celles vivant seules était plus de trois fois supérieur à celui des personnes formant un couple sans enfant (18 % par rapport à 5 %). Les personnes ayant une incapacité plus sévère qui vivaient seules affichaient le taux de pauvreté le plus élevé parmi tous les groupes étudiés, soit environ 2 personnes sur 5 vivant sous le seuil officiel de la pauvreté au Canada (42 %).
De 2015 à 2020, le taux de pauvreté a généralement diminué chez les personnes ayant une incapacité âgées de 15 à 64 ans, quelle que soit leur situation dans le ménage. Cette constatation valait aussi pour les personnes n’ayant pas d’incapacité. Chez les personnes ayant une incapacité, les baisses les plus prononcées en points de pourcentage ont été observées chez les parents seuls (passant de 40 % en 2015 à 18 % en 2020) et chez les personnes vivant seules (passant de 47 % à 28 %) (tableau 3.4.A). Il existe toutefois une exception à la tendance générale : le taux de pauvreté chez les personnes ayant une incapacité plus légère qui formaient un couple sans enfant n’a pas varié de façon marquée de 2015 à 2020.
3.3 Besoins insatisfaits en matière de soutien aux personnes ayant une incapacité en raison du coût
Le coût est la principale cause de la non-satisfaction des besoins en matière d’aides, d’appareils ou de services de soins de santé
L’ECI comporte plusieurs questions sur les besoins concernant divers types de soutien aux personnes ayant une incapacité, y compris les aides et les appareils (comme une canne, une marchette, un logiciel spécialisé ou des éléments architecturaux dans la maison, notamment des embrasures de porte élargies et des rampes), les médicaments d’ordonnance ainsi que l’accès aux services de soins de santé (p. ex. les services de consultation, la physiothérapie; voir l’encadré 7)Note .
En 2022, 56 % des personnes ayant une incapacité, soit près de 4,5 millions de personnes, ont déclaré au moins un besoin insatisfait en matière d’aides, d’appareils, de médicaments ou de services de soins de santé. Les trois quarts (73 %) des personnes ayant des besoins insatisfaits (soit 3,2 millions de personnes) ont indiqué que le coût était la cause de la non-satisfaction de ces besoins.
Environ 2,3 millions de personnes (29 % des personnes ayant une incapacité) avaient des besoins insatisfaits en matière de services de soins de santé en raison du coût. De même, 1,2 million de personnes avaient des besoins insatisfaits en matière d’aides et d’appareils en raison du coût (16 %), et 1 million de personnes ont déclaré avoir des besoins insatisfaits en matière de médicaments d’ordonnance en raison du coût (13 %) (tableau 3.5.A; tableau 3.5.B).
Début de l'encadréBesoins insatisfaits en matière de soutien en raison du coût
Les « besoins insatisfaits en raison du coût » désignent les cas où les personnes ayant une incapacité ont besoin d’au moins un type de soutien (comme les aides, les médicaments ou les services de soins de santé), mais ne l’ont pas en raison du coût. Comme ce fut le cas en 2017, l’ECI de 2022 posait d’abord une série de questions sur les besoins et l’utilisation de divers types de soutien aux personnes ayant une incapacité, y compris les aides et les appareils (comme une canne, une marchette, un logiciel spécialisé ou des éléments architecturaux dans la maison, notamment des embrasures de porte élargies et des rampes) ainsi que l’accès aux services de soins de santé (p. ex. les services de counselling et la physiothérapie).
Si une personne ayant une incapacité indiquait ne pas disposer d’un soutien particulier dont elle a besoin, l’ECI de 2022 lui présentait une liste de causes possibles de la non-satisfaction de ce besoin parmi lesquelles le répondant doit sélectionner celle qui correspond à sa situation, comme le « coût » ou le soutien qui n’est « pas disponible ». Si le « coût » est sélectionné comme l’une des raisons pour lesquelles la personne ayant une incapacité ne dispose pas d’au moins un soutien dont elle avait besoin, il s’agit dans ce cas d’un « besoin insatisfait en raison du coût ».
Il est important de noter que les questions sur les médicaments sur ordonnance n’ont pas suivi ce format. Au lieu, on a demandé aux répondants s’ils avaient été incapables de se procurer des médicaments sur ordonnance en raison du coût, ou s’ils avaient pris des médicaments moins souvent que prévu en raison du coût, à un moment ou un autre au cours des 12 derniers mois.
Note sur la comparabilité des données de 2017 à 2022
Dans le cadre de l’ECI de 2022, la liste des types de soutien aux personnes ayant une incapacité a été élargie pour inclure des aides et des appareils supplémentaires non couverts dans l’ECI de 2017. De nouvelles questions relatives aux causes de non-satisfaction des besoins en matière de services de soins de santé ont également été ajoutées à l’ECI de 2022. En raison de ces changements, les différences concernant la non-satisfaction des besoins entre les cycles de 2017 et de 2022 n’ont pas été analysées.
Les femmes sont plus susceptibles de déclarer des besoins insatisfaits en raison du coût
Les femmes ayant une incapacité étaient plus susceptibles que les hommes d’indiquer que le coût était la cause de la non-satisfaction de leurs besoins en matière de services de soins de santé (34 % par rapport à 22 %) et de médicaments sur ordonnance (14 % par rapport à 10 %). Dans l’ensemble, près de la moitié (45 %) des femmes ayant une incapacité ont déclaré des besoins insatisfaits en matière d’aides, d’appareils fonctionnels, de médicaments ou de services de soins de santé en raison du coût, comparativement au tiers (35 %) des hommes (graphique 3.8; tableau 3.5.A).

Tableau de données du graphique 3.8
| Genre et type de besoins insatisfaits | Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | |
|---|---|---|---|
| inférieur | supérieur | ||
| Total, tous les genres | |||
| Aides, appareils ou technologies fonctionnels | 15,5 | 14,7 | 16,3 |
| Médicaments sur ordonnance |
12,5 | 11,8 | 13,3 |
| Thérapies et services de soins de santé |
29,1 | 28,2 | 30,1 |
| TotalTableau de données du graphique 3.8 Note 1 | 40,7 | 39,6 | 41,7 |
| Femmes+ | |||
| Aides, appareils ou technologies fonctionnels | 16,0 | 15,0 | 17,1 |
| Médicaments sur ordonnance |
14,2Note * | 13,2 | 15,3 |
| Thérapies et services de soins de santé |
34,3Note * | 33,0 | 35,6 |
| TotalTableau de données du graphique 3.8 Note 1 | 45,4Note * | 44,0 | 46,8 |
| Hommes+ | |||
| Aides, appareils ou technologies fonctionnels | 14,7 | 13,7 | 15,9 |
| Médicaments sur ordonnance |
10,4 | 9,4 | 11,5 |
| Thérapies et services de soins de santé |
22,3 | 21,0 | 23,8 |
| TotalTableau de données du graphique 3.8 Note 1 | 34,5 | 33,0 | 36,1 |
Source : Statistique Canada, Enquête canadienne sur l'incapacité, 2022. |
|||
L’âge et la sévérité de l’incapacité ont une incidence sur la capacité de se procurer des aides, des médicaments et des services de soins de santé
Parmi les personnes ayant une incapacité âgées de 15 à 64 ans, 46 % (soit 2,5 millions de personnes) avaient au moins un besoin insatisfait en matière d’aides, d’appareils, de médicaments d’ordonnance ou de services de soins de santé en raison du coût, comparativement à 30 % (soit 758 610 personnes) chez les personnes ayant une incapacité âgées de 65 ans et plus (graphique 3.9). Lorsque l’on répartit cette proportion selon le type de soutien, environ 1 personne ayant une incapacité sur 6, peu importe l’âge, avait au moins un besoin insatisfait en matière d’aides ou d’appareils en raison du coût. Cependant, les personnes non âgées étaient deux fois plus susceptibles que les personnes de 65 ans et plus de déclarer des besoins insatisfaits en matière de médicaments d’ordonnance (15 % par rapport à 7 %) ou de services de soins de santé (35 % par rapport à 17 %) en raison du coût (tableau 3.5.A).
La sévérité de l’incapacité avait aussi une incidence sur la probabilité d’avoir des besoins insatisfaits en matière de soutien aux personnes ayant une incapacité en raison du coût. Parmi les personnes ayant une incapacité plus légère, 32 % avaient au moins un besoin insatisfait en matière d’aides, d’appareils, de médicaments d’ordonnance ou de services de soins de santé en raison du coût. Cette proportion a augmenté pour atteindre 53 % chez les personnes ayant une incapacité plus sévère. Lorsque l’on répartit la proportion selon le type de soutien, les personnes ayant une incapacité plus sévère étaient plus susceptibles de déclarer des besoins insatisfaits en raison du coût pour chaque type de soutien que celles ayant une incapacité plus légère. À titre d’exemple, les personnes ayant une incapacité plus sévère (26 %) étaient trois fois plus susceptibles d’avoir des besoins insatisfaits en matière d’aides ou d’appareils en raison du coût que les personnes ayant une incapacité plus légère (8 %).

Tableau de données du graphique 3.9
| Certaines caractéristiques | Pourcentage | Intervalle de confiance à 95 % | |
|---|---|---|---|
| inférieur | supérieur | ||
| Sévérité de l'incapacité | |||
| Plus légèreTableau de données du graphique 3.9 Note † | 32,2 | 30,8 | 33,5 |
| Plus sévère | 52,8Note * | 51,1 | 54,5 |
| Groupe d'âge | |||
| 15 à 64 ansTableau de données du graphique 3.9 Note † | 45,5 | 44,2 | 46,8 |
| 65 ans et plus | 30,2Note * | 28,4 | 32,0 |
| Situation de pauvreté | |||
| Pas en situation de pauvretéTableau de données du graphique 3.9 Note † | 39,4 | 38,3 | 40,5 |
| En situation de pauvreté | 53,0Note * | 49,2 | 56,7 |
Source : Statistique Canada, Enquête canadienne sur l'incapacité, 2022. |
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Parmi les personnes vivant au-dessus du seuil de la pauvreté, 2 personnes sur 5 ne peuvent toujours pas se procurer toutes les aides, tous les médicaments et tous les services de soins de santé requis
Chez les personnes en situation d’incapacité âgées de 15 ans et plus qui vivaient sous le seuil officiel de la pauvreté au Canada, 1 personne sur 2 (53 %) avait au moins un besoin insatisfait en matière d’aide, d’appareil, de médicament d’ordonnance ou de service de soins de santé en raison du coût (graphique 3.9; tableau 3.5.A).
Bien que les besoins insatisfaits en raison du coût étaient inférieurs chez les personnes vivant au-dessus du seuil officiel de la pauvreté au Canada, 2 personnes sur 5 de ce groupe (39 %) ont tout de même déclaré avoir au moins un besoin insatisfait en raison du coût.
Conclusion
Le présent article brosse un portrait général de certains résultats clés tirés de l’ECI de 2022 concernant les caractéristiques en matière de renseignements démographiques, d’emploi et de revenu des personnes ayant une incapacité et comprend des comparaisons aux données sur les personnes n’ayant pas d’incapacité. Cette étude fournit aussi des renseignements sur les besoins insatisfaits en raison du coût concernant divers types de soutien aux personnes ayant une incapacité, y compris les aides, les appareils, les médicaments d’ordonnance et l’accès à des services de soins de santé. Il s’agit aussi de la première fois où des comparaisons peuvent être effectuées, lorsque cela est judicieux, entre deux cycles de l’ECI afin de mettre en évidence les variations importantes observées au fil du temps. Parmi les résultats se dégagent plusieurs thèmes dans des domaines clés.
Prévalence de l’incapacité
De 2017 à 2022, le taux global d’incapacité parmi les personnes de 15 ans et plus au Canada a augmenté pour passer de 22 % à 27 %. Pendant cette période, le taux d’incapacité a crû pour la plupart des groupes d’âge, à l’exception des personnes âgées de 75 ans et plus. La plus forte hausse en points de pourcentage a été enregistrée chez les jeunes de 15 à 24 ans, suivis des adultes de 25 à 44 ans et des adultes de 45 à 64 ans. L’augmentation du taux global d’incapacité peut être attribuée à plusieurs facteurs, y compris une plus grande proportion de personnes âgées au sein de la population totale en 2022 en raison du vieillissement démographique (les personnes âgées ont des taux d’incapacité supérieurs aux personnes non âgées) ainsi qu’une augmentation des taux d’incapacité, plus particulièrement les incapacités liées à la santé mentale, chez les personnes plus jeunes.
La répartition du nombre de types d’incapacité concomitante en 2022 correspondait à celle de 2017, tant dans l’ensemble de la population ayant une incapacité qu’au moment d’effectuer l’analyse selon le genre ou le groupe d’âge.
Prévalence des incapacités liées à la santé mentale
Bien que les taux d’incapacité aient augmenté de 2017 à 2022 pour tous les types d’incapacité, la plus importante hausse a été enregistrée pour les incapacités liées à la santé mentale. Cette constatation concorde avec des résultats antérieurs sur la santé mentale, qui indiquaient que la proportion de personnes déclarant une santé mentale très bonne ou excellente avait reculé au cours des dernières années (Le Quotidien, 2023c).
Alors que le taux global d’incapacité liée à la santé mentale a augmenté de 2017 à 2022, la variation n’était pas uniforme d’un groupe d’âge à l’autre. La hausse des incapacités liées à la santé mentale était plus prononcée chez les jeunes de 15 à 24 ans, suivis des adultes de 25 à 44 ans. Chez les adultes de 45 à 64 ans, la hausse du taux d’incapacité liée à la santé mentale a été moins prononcée, et elle n’était pas statistiquement significative chez les personnes âgées de 65 ans et plus. Cela vient renforcer la constatation tirée de l’ECI de 2017 selon laquelle les jeunes ayant une incapacité avaient un profil légèrement différent de celui des adultes en âge de travailler et des personnes âgées ayant une incapacité (Morris et coll., 2018).
Emploi
Chez les personnes ayant une incapacité âgées de 25 à 64 ans, le taux d’emploi a augmenté de 2016 à 2021. Toutefois, le taux d’emploi a reculé au cours de la même période chez les personnes n’ayant pas d’incapacité. Ces constatations concordent avec les données de l’Enquête sur la population active récente concernant les expériences d’emploi des personnes ayant une incapacité (Le Quotidien, 2023d).
Malgré la hausse du taux d’emploi des adultes en âge de travailler (25 à 64 ans) ayant une incapacité de 2016 à 2021, ces adultes étaient tout de même moins susceptibles d’occuper un emploi en 2021 que leurs homologues sans incapacitéNote .
Revenu personnel médian, pauvreté et besoins insatisfaits en matière de soutien
De 2015 à 2020, le revenu personnel médian après impôt a augmenté à la fois chez les personnes ayant une incapacité et chez celles sans incapacité. Il en va de même pour les adultes en âge de travailler (25 à 64 ans) et les personnes âgées de 65 ans et plus, sans égard à leur statut d’incapacité. Pendant cette période, les taux de pauvreté ont aussi diminué considérablement chez les personnes avec ou sans incapacité âgées de 15 ans et plus. Ces constatations correspondent aux données récentes du Recensement de la population de 2021, qui ont aussi montré une baisse du taux de pauvreté dans la population en général (Statistique Canada, 2021).
Il est important de noter que les revenus plus élevés et les taux de pauvreté plus bas observés en 2020 chez les personnes avec ou sans incapacité, par rapport à 2015, peuvent être en partie attribuables aux circonstances exceptionnelles provoquées par la pandémie de COVID-19. Plus particulièrement, pendant la pandémie, le gouvernement du Canada a mis en place des mesures d’aide financière d’urgence aux personnes qui avaient été durement touchées au Canada (Gouvernement du Canada, 2022b). La plupart des prestations d’aide liées à la pandémie, comme la Prestation canadienne d’urgence (PCU), étaient temporaires et axées sur le remplacement du revenu pour les particuliers incapables de travailler en raison des répercussions de la COVID-19 sur leur santé ou des mesures de santé publique connexes (Le Quotidien, 2022; Gouvernement du Canada, 2022b; Statistique Canada, 2022; Morissette et coll., 2021). La plupart de ces programmes de soutien du revenu liés à la pandémie de COVID-19 avaient pris fin à l’automne 2021 (la PCU a pris fin en septembre 2020, et la Prestation canadienne de la relance économique, en octobre 2021) (Statistique Canada, 2021). Les résultats de l’Enquête canadienne sur le revenu indiquent une augmentation des taux de pauvreté en 2021 par rapport à 2020 chez les personnes ayant une incapacité et dans la population en général, bien que ces taux demeurent inférieurs à ceux enregistrés avant la pandémie (Le Quotidien, 2023b).
Enfin, la présente étude a révélé qu’en 2022, plus de la moitié des personnes ayant une incapacité au Canada avaient au moins un besoin insatisfait en matière de soutien aux personnes ayant une incapacité, y compris les aides, les appareils, les médicaments d’ordonnance et l’accès aux services de soins de santé. Le coût constituait la principale cause déclarée de la non-satisfaction de nombreux besoins. Les femmes, les jeunes, les personnes ayant une incapacité plus sévère et les personnes vivant sous le seuil officiel de la pauvreté au Canada présentaient les taux les plus élevés de besoins insatisfaits en raison du coût. Même parmi les personnes en situation d’incapacité vivant au-dessus du seuil de la pauvreté, 2 personnes sur 5 étaient incapables de se procurer au moins un soutien requis aux personnes ayant une incapacité en raison du coût.
Recherches futures
Nos connaissances sur les facteurs associés aux variations entre les données des ECI de 2017 et de 2022 mentionnées dans ce rapport comportent un certain nombre de lacunes : il serait avantageux de mener d’autres recherches. Par example, le présent rapport a révélé une hausse dans la prévalence de l’ensemble des types d’incapacité, en particulier les incapacités liées à la santé mentale, mais l’examen des causes de ces variations dépassait le cadre du rapport. Dans ce cas, de futures recherches pourraient examiner les facteurs associés aux incapacités liées à la santé mentale et déterminer si ces facteurs ont changé de 2017 à 2022.
De même, la hausse du taux d’emploi chez les personnes ayant une incapacité au cours de cette période n’est pas encore parfaitement comprise. L’examen des variations de la composition de la population active, y compris la mesure dans laquelle les variations de l’emploi chez les personnes ayant une incapacité proviennent des nouveaux venus dans la population active ainsi que les variations de la prévalence de l’incapacité chez les personnes occupant déjà un emploi, contribuerait à améliorer la compréhension des résultats sur le marché du travail chez les personnes ayant une incapacité.
Finalement, l’examen des sources de revenus au fil du temps favoriserait une meilleure compréhension des variations mises en évidence dans le présent rapport relativement au revenu et à la pauvreté chez les personnes ayant une incapacité. De futures recherches pourraient examiner la mesure dans laquelle l’aide financière accordée aux Canadiennes et Canadiens pendant la pandémie de COVID-19 a contribué, entre autres facteurs, à la hausse des revenus et à la diminution de la pauvreté observées en 2020.
Tableaux de données détaillés
Références
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