Enquête canadienne sur l’incapacité, 2017 : Guide des concepts et méthodes
2. Contenu de l’enquête : concepts et questions

Warning Consulter la version la plus récente.

Information archivée dans le Web

L’information dont il est indiqué qu’elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n’a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

Passer au texte

Début du texte

L’Enquête canadienne sur l’incapacité (ECI) comporte un ensemble complet de modules conçus pour dresser un portrait détaillé des personnes âgées de 15 ans et plus ayant des incapacités au Canada. L’enquête commence par une série de questions qui ont pour but d’identifier les répondants ayant une incapacité, leur type d’incapacité et le niveau de sévérité. Les répondants qui ont été identifiés comme ayant une ou plusieurs incapacités ont eu à répondre à des modules supplémentaires, qui incluaient de nombreux indicateurs de la participation sociale et économique ainsi que les types d’aides et d’obstacles présents dans l’environnement social et physique. De nouveaux domaines de contenu d’enquête ont été ajoutés à l’ECI de 2017 afin de répondre aux besoins en données émergents tels que le recours à diverses thérapies et aides des services sociaux, les modes d’accès aux services gouvernementaux, l’utilisation d’Internet et les données sur les anciens combattants des Forces armées canadiennes ayant des incapacités. Le nouveau contenu a été mis en œuvre en suivant les protocoles de consultation et d’essai. Un graphique illustrant le cheminement complet des modules du questionnaire de l’ECI de 2017 est présenté à l’annexe A.

2.1 Questions d’identification des incapacités (QII)

La première composante de l’ECI est un module intitulé  « Questions d’identification des incapacités » (QII). Les QII englobent un ensemble rigoureux de questions qui sont utilisées pour identifier les répondants ayant une incapacité. Elles permettent de déterminer 10 types d’incapacité distincts et de calculer un score de sévérité pour chaque type d’incapacité, ainsi qu’un score d’incapacité global. Les QII constituent la base de calcul des taux d’incapacité au Canada chez les personnes âgées de 15 ans et plus.

On a créé les QII dans la foulée de la nouvelle stratégie d’Emploi et Développement social Canada (EDSC) en matière de données sur les personnes ayant une incapacité, adoptée en 2010. À cette époque, des efforts ont été entrepris afin de mettre au point un nouveau module d’identification complet des personnes ayant une incapacité orienté davantage vers le modèle social de l’incapacité et améliorant la couverture de toute la gamme des types d’incapacité. Les QII ont été élaborées sur une période de deux ans, de 2010 à 2012. On a rédigé les nouvelles questions après avoir étudié en profondeur les indicateurs d’incapacité utilisés au Canada et au niveau international.  Le processus de création a nécessité de nombreuses rondes d’essais qualitatifs afin de s’assurer de la validité de chacune des questions. Cette étape a été suivie de deux essais quantitatifs d’importance, un avec l’Enquête sur la population active et l’autre avec l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, afin d’évaluer la fiabilité des QII dans des enquêtes aux contextes très différents. Ces essais ont démontré que les QII étaient un instrument fiable pour estimer la prévalence de l’incapacité au sein de la population adulteNote . Pour une analyse complète de l’élaboration de cette mesure, veuillez consulter Grondin (2016).

Les QII ont été utilisées pour la première fois dans l’ECI de 2012. Pour l’ECI de 2017, la plupart des questions sont demeurées inchangées. Le seul changement d’importance apporté à l’ECI de 2017 a été l’ajout de questions liées à l’âge du commencement de la difficulté ou condition et à l’âge du commencement des limitations d’activité pour chaque type d’incapacité. Autrement, les QII n’ont été que légèrement modifiées, principalement afin de les adapter à un environnement de questionnaire sur Internet, reflétant les nouvelles méthodes de collecte des données utilisées en 2017 (voir le chapitre 4 pour obtenir des détails sur la collecte des données). Des essais qualitatifs de tous les changements apportés au questionnaire de l’ECI de 2017 ont été menés à différents endroits au Canada, en anglais et en français, en 2015 et 2016. L’ensemble completNote des questions du module des QII de 2017 ainsi que tous les modules de l’ECI se trouvent sur le site Web de Statistique Canada.

2.2 Identification des personnes ayant une incapacité : 10 types d’incapacités

Le modèle social de l’incapacité indique qu’à elle seule, une difficulté ne suffit pas à définir une incapacité; une limitation d’activité doit également être déclarée. Pour identifier les personnes ayant une incapacité, les QII mesurent d’abord le degré de difficulté vécue dans divers domaines de fonctionnement et évaluent ensuite la fréquence à laquelle les activités sont limitées par ces difficultés. Seules les personnes qui déclarent une limitation de leurs activités sont identifiées comme ayant une incapacité.

Les QII utilisent des questions d’identification afin d’identifier précisément dix types d’incapacité distincts et de quantifier le niveau de sévérité de chaque type. Le recours à des questions d’identification assure la cohérence des mesures, peu importe le type d’incapacité, y compris la présence d’une condition à long terme ou d’un problème de santé chronique qui dure ou qui pourrait durer six mois ou plus.

Les QII portent sur les catégories d’incapacité suivantesNote :

  1. Vision
  2. Ouïe
  3. Mobilité
  4. Flexibilité
  5. Dextérité
  6. Douleur
  7. Apprentissage
  8. Développement
  9. Santé mentale
  10. Mémoire

On retrouve également dans les QII une question au sujet de tout autre problème de santé ou condition qui dure ou pourrait durer six mois ou plus. Il s’agit d’une question supplémentaire au cas où les 10 types d’incapacité n’auraient pas couvert la situation du répondant. Cette question est associée à un 11e type d’incapacité, l’incapacité « inconnue », c’est-à-dire que lorsque les répondants déclaraient cette autre limitation, mais sans déclarer aucun des 10 types d’incapacité déjà saisis par les QII, ils étaient identifiés comme ayant une incapacité « inconnue ». Lorsqu’il y avait à la fois une limitation liée à l’un des 10 types d’incapacité connus et une « autre » limitation, cette dernière était ignoréeNote .

Définition opérationnelle de l’incapacité aux fins de l’ECI

Pour chacun des 10 types d’incapacité, les QII comprennent toujours au moins une question sur le niveau de difficulté lié à ce type d’incapacité (Aucune difficulté, Un peu de difficulté, Beaucoup de difficulté, ou En est incapable) et une question sur la fréquence des limitations d’activité (Jamais, Rarement, Parfois, Souvent ou Toujours). Pour identifier une incapacité d’un type précis, il faut que la fréquence des limitations soit « Parfois », « Souvent » ou « Toujours », ou qu’elle soit « Rarement », mais combinée à un niveau de difficulté de « Beaucoup » ou « Incapable de le faire ».

Le tableau 2.1 ci-dessous résume la combinaison de réponses aux QII qui permettent généralement d’identifier une incapacité. Cette classification s’applique à la majorité des types d’incapacité évalués par les QII.


Tableau 2.1
Combinaisons de réponses aux questions d’identification des incapacités utilisées pour identifier une incapacité
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Combinaisons de réponses aux questions d’identification des incapacités utilisées pour identifier une incapacité. Les données sont présentées selon Dans quelle mesure avez-vous de la difficulté à...? (titres de rangée) et À quelle fréquence vos activités sont-elle limitées...?(figurant comme en-tête de colonne).
Dans quelle mesure avez-vous de la difficulté à...? À quelle fréquence vos activités sont-elle limitées...?
Jamais Rarement Parfois Souvent Toujours
Aucune difficulté Pas d'incapacité Pas d'incapacité Incapacité Incapacité Incapacité
Un peu de difficulté Pas d'incapacité Pas d'incapacité Incapacité Incapacité Incapacité
Beaucoup de difficulté Pas d'incapacité Incapacité Incapacité Incapacité Incapacité
En est incapable Pas d'incapacité Incapacité Incapacité Incapacité Incapacité

Il convient de souligner que, dans certains cas, ces critères ont été modifiés. Plus particulièrement, une personne qui déclare souffrir d’un trouble du développement est considérée comme ayant une incapacité si cet état a été diagnostiqué chez elle, peu importe le degré de difficulté ou la fréquence de la limitation d’activités déclarés.

Une autre exception à souligner est l’incapacité de type « Inconnu », pour laquelle nous ne posons pas de question sur le degré de difficulté. Ainsi, une personne sera considérée comme ayant une incapacité de type « Inconnu » seulement si elle déclare être limitée « Parfois », « Souvent » ou « Toujours » à cause d’un problème de santé ou d’une condition qui n’avait pas été identifiée préalablement et si elle ne déclare aucune autre limitation pour les 10 types d’incapacité.

Enfin, pour les incapacités concernant la vision, l’ouïe, la mobilité, la flexibilité et la dextérité, qui sont évaluées à l’aide de questions liées à des tâches, la réponse « Aucune difficulté » n’est pas suivie de la question sur les limitations d’activités. Donc, toutes les réponses « Aucune difficulté » pour ces catégories d’incapacité sont classées dans la catégorie « Pas d’incapacité ».

Pour obtenir tous les détails sur les questions particulières et la classification utilisée pour chaque type d’incapacité, reportez-vous à l’annexe B.

2.3 Calcul des taux d’incapacité au Canada

L’un des principaux objectifs de l’ECI de 2017 consiste à calculer les taux d’incapacité chez les adultes au Canada. Ceux-ci peuvent être calculés selon la province et le territoire, par exemple, ou selon le groupe d’âge. Voici la formule à utiliser pour obtenir un taux d’incapacité :

(Personnes ayant une incapacité / (Personnes ayant une incapacité + Personnes sans incapacité)) x 100

Afin d’obtenir ce genre de statistiques, il fallait que la méthodologie de l’ECI réussisse non seulement à identifier les personnes ayant une incapacité, mais également à fournir des estimations du nombre de personnes sans incapacité au Canada. Voilà pourquoi, dans le cadre de l’ECI, deux échantillons distincts de personnes ont été constitués à partir du Recensement de la population de 2016 :

  1. Celles qui ont été sélectionnées en raison de leur réponse à la question du recensement sur les activités de la vie quotidienne (l’échantillon des OUI), et auxquelles on a ensuite posé les QII de l’ECI  afin de déterminer si elles ont une incapacité.
  2. Celles qui ont été écartées en raison de leur réponse à la question du recensement sur les activités de la vie quotidienne (l’échantillon des NON) et qui étaient automatiquement considérées comme des personnes sans incapacité.

Ces méthodes sont décrites en détail au chapitre 3 de ce guide.

2.4 Évaluation de la sévérité des incapacités

Utilité de l’indiceNote de sévérité

Selon les études faites à partir de l’Enquête canadienne sur l’incapacité de 2012, il est évident que la sévérité des incapacités est un important indicateur de la réduction des activités de ces personnes, surtout dans les domaines de la vie économique (Till et al., 2015; Arim, 2015; Turcotte, 2014). Les personnes ayant une incapacité sévère ou très sévère sont moins susceptibles d’être sur le marché du travail, par exemple, ou d’être titulaires d’un diplôme universitaire. De plus, les personnes ayant une incapacité sévère ou très sévère sont plus susceptibles d’avoir besoin de mesures de soutien et de services, comme des aides, des appareils fonctionnels, des soins, du transport en commun adapté et de l’aide financière.

L’inclusion du degré de sévérité des incapacités représente donc un facteur important dans les analyses de la participation des personnes ayant une incapacité. Grâce à l’indice de sévérité des incapacités et aux classes de sévérité, faciles à utiliser, uniformes et inclus dans les fichiers de données de l’ECI de 2017, les analystes peuvent faire des inférences plus précises relativement à la situation des personnes avec incapacité. Les chercheurs impliqués dans les politiques en matière d’incapacité peuvent également utiliser ces variables analytiques clés pour élaborer des politiques et programmes dans le but d’aider les personnes avec  incapacité.

L’indice de sévérité

L’indice (ou score) de sévérité élaboré à partir des questions d’identification des incapacités (QII) reflète le modèle social de l’incapacité. Ce modèle considère non seulement le niveau de difficulté fonctionnelle d’une personne, mais tient aussi compte de son évaluation subjective vis-à-vis l’impact de ces difficultés sur ses activités.

Grâce à une grille de pointage qui tient compte à la fois de l’intensité des difficultés (Aucune difficulté, Un peu de difficulté, Beaucoup de difficulté ou En est incapable) et de la fréquence des limitations d’activité (Jamais, Rarement, Parfois, Souvent ou Toujours), un score est assigné à chacun des 10 typesNote d’incapacité. La valeur du score pour un type d’incapacité en particulier est de zéro si la personne n’a pas ce type d’incapacité, mais si on a identifié une incapacité de ce type, alors le score pour ce type d’incapacité augmente avec le niveau de difficulté et la fréquence de la limitation.

Un indice de sévérité global est ensuite dérivé en tenant compte des scores calculés pour tous les types d’incapacité. L’indice de sévérité global d’une personne est obtenu en calculant la moyenne des scores assignés aux 10 types d’incapacitéNote (c’est-à-dire qu’on fait la somme des 10 scores et qu’on divise par 10). Ainsi, plus le nombre de types d’incapacité identifiés pour un répondant est grand, plus l’indice de sévérité global sera élevé.

Les classes de sévérité

Afin de faciliter l’utilisation des scores pour chaque type d’incapacité, deux classes de sévérité ont été établies pour chacun d’entre eux.

Pour le score de chaque type d’incapacité, les classes sont :

Pour le score global tenant compte des 10 types d’incapacité, quatre classes de sévérité ont été établies comme suit :

Il est important de comprendre que le nom assigné à chaque classe a pour seul but d’en faciliter l’utilisation. Il ne constitue pas une forme d’étiquette ou de jugement du niveau d’incapacité de la personne. En d’autres termes, la façon d’interpréter ces classes est de dire que les personnes de la classe 1 ont une incapacité moins sévère que celles de la classe 2, les personnes de la classe 2 ayant une incapacité moins sévère que celles de la classe 3, et les personnes de la classe 3 ayant une incapacité moins sévère que celles de la classe 4.

Le tableau suivant présente la répartition des personnes ayant une incapacité selon les quatre classes de sévérité (score global tenant compte de tous les types d’incapacité).


Tableau 2.2
Répartition des personnes ayant une incapacité selon la classe de sévérité, Canada
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Répartition des personnes ayant une incapacité selon la classe de sévérité. Les données sont présentées selon Classe de sévérité (titres de rangée) et Personnes avec incapacité, calculées selon nombre et pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Classe de sévérité Personnes avec incapacité
nombre pourcentage
Classe 1 = légère 2 324 430 37,2
Classe 2 = modérée 1 242 910 19,9
Classe 3 = sévère 1 295 660 20,7
Classe 4 = très sévère 1 383 630 22,2

Pour en savoir davantage sur les méthodes employées pour dériver les indices et les classes de sévérité, reportez-vous à l’annexe C.

2.5 Portrait des adultes canadiens ayant une incapacité

En plus des QII qui servent à identifier les types d’incapacité et leur sévérité, un ensemble de 45 modules de questions a été élaboré en vue de l’Enquête canadienne sur l’incapacité (ECI), qui est plus exhaustive. Le contenu global de l’ECI de 2017 comprend des centaines d’indicateurs portant sur de nombreuses sphères de fonctionnement et de participation, permettant ainsi d’obtenir un portrait précis des problèmes qui touchent les adultes canadiens ayant des incapacités (veuillez consulter la description détaillée des indicateurs de l’enquête à l’annexe D).

L’enquête comportait les thèmes généraux suivants :

Caractéristiques liées à l’incapacité

Les mesures de l’enquête comprenaient une série de questions clés liées à des caractéristiques du fonctionnement élémentaire et de l’invalidité, y compris l’âge auquel la difficulté a commencé et celui auquel la limitation a commencé, pour chaque type d’incapacité, ainsi que les principales conditions médicales sous-jacentes.

Aides et obstacles

Les autres mesures prioritaires pour 2017 concernaient les types d’aides auxquelles les personnes ayant une incapacité ont recours pour surmonter leurs défis de fonctionnement. On a posé un ensemble complet de questions au sujet des aides et des appareils fonctionnels, des médicaments et des services de soutien pour la vie quotidienne. Une nouveauté pour l’enquête de 2017 : des questions sur le recours à diverses thérapies et divers soutiens des services sociaux, les modes d’accès aux services gouvernementaux et l’utilisation d’Internet. Les lacunes en matière de soutien et les types d’obstacles qui surviennent lorsqu’on tente d’obtenir l’aide requise ont aussi été saisis grâce à l’enquête, y compris le fait d’être confiné à la maison. Les autres indicateurs comprenaient les aides financières par l’entremise de diverses sources de revenu personnel, y compris les sources de revenus liées à l’incapacité comme les prestations d'invalidité du Régime de pensions du Canada  (RPC) ou du Régime de rentes du Québec (RRQ) et les régimes d'assurance-invalidité privés ou liés à l’emploi.

Éducation

Les questions sur les expériences pédagogiques des adultes ayant une incapacité répondaient à des besoins en données de base. Les indicateurs de scolarité comprenaient la fréquentation scolaire actuelle, le plus haut niveau de scolarité atteint et le principal domaine d’études. Des questions détaillées ont aussi permis d’examiner les mesures d’adaptation requises à l’école, les besoins insatisfaits ainsi que d’autres obstacles survenus au cours des études, dont les dépenses supplémentaires, le temps additionnel requis et les expériences d’exclusion sociale ou d’intimidation.

Emploi

L’emploi étant un thème de base de l’enquête, de nombreux aspects de l’activité sur le marché du travail ont été mesurés, comme l’industrie, la profession et les heures de travail, les expériences de chômage ou le fait d’être complètement empêché de travailler, et des renseignements sur la retraite. Plusieurs indicateurs liés à l’emploi ont été ajoutés à l’enquête de 2017, comme les méthodes de recherche d’emploi, la mobilité de la main-d’œuvre et les raisons d’être travailleur autonome. Les indicateurs de l’enquête ont aussi évalué les obstacles en matière d’emploi auxquels sont confrontées les personnes ayant une incapacité, les mesures d’adaptation requises, les besoins insatisfaits et la discrimination sur le marché du travail.

De plus, les anciens combattants des Forces armées canadiennes ayant des incapacités ont été identifiés pour la première fois dans le cadre de l’ECI, permettant ainsi de dresser un portrait de l’incapacité chez les hommes et les femmes ayant servi dans les forces militaires du Canada.

L’ECI sert aussi de référence sur les questions d’équité en matière d’emploi pour les personnes ayant une incapacité au Canada, comparativement à l’ensemble de la population canadienne. L’enquête permet d’identifier les personnes ayant une incapacité qui répondent aux critères particuliers de la Loi sur l’équité en matière d’emploi de 1995. Ces critères sont précisés à l’annexe E, qui comprend également les questions d’enquête particulières qui sont utilisées pour répondre aux critères de définition de l’équité en matière d’emploi.

Vous trouverez plus de renseignements sur le contenu de l’enquête dans les sections 2.7 à 2.11, ainsi qu’aux annexes A à F. La section 8.6 présente un résumé des principaux changements apportés au contenu de l’ECI entre le cycle de 2012 et celui de 2017.

2.6 Élaboration et mise à l’essai du contenu thématique

L’élaboration du contenu thématique de l’ECI de 2017 a commencé par un examen exhaustif du contenu de l’ECI de 2012. Des commentaires détaillés ont été recueillis auprès des méthodologistes de l’ECI, des analystes, des utilisateurs de centres de données de recherche, des développeurs d’enquête et des gestionnaires de Statistique Canada et d’EDSC qui avaient travaillé avec l’ECI de 2012. Le groupe consultatif technique sur les personnes ayant une incapacité d’EDSC a également fourni ses commentaires. Les conclusions de ce processus de consultation ont constitué la base en vue de l’élaboration de nouveau contenu pour l’enquête de 2017 et de l’amélioration du contenu réutilisé de 2012.

Suite à l’établissement des priorités pour 2017, on a intégré à l’enquête des indicateurs tirés de nombreuses sources. L’ECI de 2012 était la source principale, alors que de nombreuses questions demeuraient pertinentes à la recherche sur les incapacités. Plusieurs mesures normalisées et bien établies qui avaient été utilisées dans d’autres enquêtes de Statistique Canada ont été ajoutées au questionnaire, y compris les questions générales sur la santé et les modules sur l’activité sur le marché du travail. Ce contenu a été modifié pour l’adapter au contexte de l’ECI. Les nouveaux domaines d’enquête pour l’ECI de 2017 comprenaient plusieurs questions originales élaborées en consultation avec des sources spécialisées, y compris Anciens combattants Canada et Service Canada. La Société canadienne d’hypothèques et de logement a aussi fourni de précieux renseignements. Veuillez noter que la source particulière de chaque question d’enquête est précisée dans le dictionnaire de données de l’ECI de 2017.

Le questionnaire de l’ECI a dû être adapté à un nouveau système de collecte des données mis en œuvre pour l’enquête de 2017. Les questions de l’ECI de 2017 étaient les premières à être conçues pour un questionnaire électronique sur Internet (QE). Les questionnaires électroniques se présentent sous forme d’écrans conviviaux et accessibles qui sont consultables en ligne. En ce qui a trait au contenu, le QE nécessitait parfois quelques modifications mineures au libellé et au format des questions qui avaient d’abord été conçues pour un environnement d’interviews téléphoniques assistées par ordinateur (ITAO). Par exemple, les consignes à l’intention des intervieweurs ont été converties en texte d’aide à l’écran.

Afin d’évaluer le nouveau questionnaire électronique de l’ECI, une série d’opérations d’essais a été entreprise au cours d’une période de 15 mois. Cela comprenait des évaluations axées sur le contenu du libellé et de l’enchaînement des questions ainsi que des essais techniques de la nouvelle application d’enquête par QE. Une ébauche de questionnaire papier a été soumise à un prétest qualitatif de novembre 2015 à janvier 2016. Cet essai préliminaire comprenait 47 interviews cognitives détaillées, menées en anglais et en français, dans quatre emplacements répartis dans tout le Canada. Les résultats obtenus ont mené à des recommandations en vue d’améliorer la formulation des questions, les instructions et les catégories de réponse ainsi que la séquence du questionnaire. Par la suite, on a élaboré l’application de QE, et des essais préliminaires ont été effectués à l’interne, en se fondant sur des protocoles rigoureux d’assurance de la qualité. L’étape suivante était celle de l’essai technique officiel de l’application du QE, qui a eu lieu en septembre 2016 dans trois villes différentes. Dans le cadre de cet essai, on évaluait la fonctionnalité du système en observant les répondants naviguer sur les écrans de l’enquête et en procédant à des interviews cognitives afin d’analyser leur expérience d’utilisation de l’application. Le format d’autodéclaration (QEr) et le format mené par l’intervieweur (QEi) ont été mis à l’essai, tant en anglais qu’en français. Les résultats étaient positifs dans l’ensemble, avec certaines modifications supplémentaires requises, principalement pour sauter des séquences de schémas et certaines formulations de questions. Pour finir, un essai d’acceptation à l’interne a été mené, il comprenait à la fois des essais modulaires et intégrés de l’enquête. L’autorisation définitive des modules d’enquête a été donnée en décembre 2016.

Une dernière mesure a été prise relativement à l’élaboration du contenu de l’ECI de 2017 : un examen détaillé des variables du Recensement de 2016 en fonction de leur contribution analytique potentielle d’un couplage de leurs enregistrements à ceux de l’ensemble de données de l’ECI. Étant donné que l’échantillon de l’ECI de 2017 a été constitué à partir des données du Recensement de 2016 (reportez-vous au chapitre 3 pour en apprendre davantage), des données utiles provenant du Recensement peuvent être associées aux données recueillies au cours de l’interview de l’ECI de 2017. Cette approche réduit le nombre de questions à inclure dans l’ECI et permet de brosser un tableau précis des gens ayant une incapacité à l’intention des utilisateurs de données de l’ECI. Ces variables permettent aussi aux utilisateurs de comparer les personnes qui ont une incapacité et celles qui n’en ont pas. Plus de 600 variables de recensement couvrant 13 domaines spécialisés distincts ont été examinées aux fins de couplage potentiel. La sélection des variables de recensement finales aux fins de couplage avec l’ECI (approximativement 300) était fondée sur des consultations approfondies avec les spécialistes de domaines de recensement, les chercheurs sur les politiques en matière d’incapacité, les analystes de l’ECI, les méthodologistes et les experts en services à la clientèle. 

2.7 Modules du questionnaire

Voici les modules du questionnaire qui se trouvent dans l’Enquête canadienne sur l’incapacité de 2017. Un graphique illustrant le cheminement des modules est présenté à l’annexe A et de plus amples renseignements sur les indicateurs de l’enquête propres à chaque module sont fournis à l’annexe D. Le questionnaire complet de l’Enquête canadienne sur l’incapacité de 2017 est accessible sur le site Web de Statistique Canada.

L’Enquête canadienne sur l’incapacité de 2017

En complément à l’information sur les indicateurs du questionnaire, qui figure à l’annexe D, l’annexe E présente la liste des questions d’enquête particulières utilisées pour répondre aux critères de définition de la Loi sur l’équité en matière d’emploi, et l’annexe F liste les catégories de questions supplémentaires créées au cours de l’étape de codage, de même que les classifications types qui ont servi à créer des indicateurs pour les questions ouvertes.

La description complète de toutes les variables de l’enquête se trouve dans les dictionnaires de données de l’ECI de 2017. Pour apprendre comment se procurer les dictionnaires de données, communiquez avec les Services à la clientèle de Statistique Canada ou composez le 1-800-263-1136.

2.8 Variables dérivées

Afin de faciliter une analyse approfondie du riche ensemble de données de l’ECI, plus de 130 variables dérivées (VD) ont été créées en regroupant ou en combinant les réponses à une ou plusieurs questions du questionnaire.

Une grande variété de VD ont été élaborées afin de saisir les principaux indicateurs d’incapacité découlant des questions d’identification des incapacités de l’ECI. Ces VD comprenaient des indicateurs de la situation vis-à-vis de l’incapacité et du type d’incapacité, fondés sur les définitions utilisées dans le cadre de l’ECI (consultez la section 2.2 pour prendre connaissance des définitions d’incapacité de l’enquête). Des VD ont aussi été créées afin de saisir les scores et les classes de sévérité des incapacités pour chacun des types d’incapacité. De plus, l’âge auquel chaque type de difficulté ou de condition a commencé, l’âge auquel la limitation a commencé, pour chaque type d’incapacité, et la différence entre ces deux âges pour un même répondant ont été rassemblés au sein de groupes de cinq ans afin de faciliter l’utilisation de ces nouveaux indicateurs de données.

D’autres VD ont été créées dans le but de faciliter l’utilisation de la vaste gamme d’indicateurs pour dresser un portrait des adultes ayant une incapacité au Canada et de leur participation à la société. Les VD portaient notamment sur le recours à des appareils fonctionnels, l’aide requise pour les activités quotidiennes, les besoins en matière de diverses thérapies de soins de santé et divers services sociaux, et les types de besoins insatisfaits en matière de soutien aux activités quotidiennes. Plusieurs VD reflétaient le codage des variables selon les systèmes de classification normalisés à différents niveaux de détail (niveaux de série et de sous-série officiels). Parmi eux, on comptait la Classification internationale des maladies, la Classification des programmes d’enseignement, le Système de classification des industries de l’Amérique du Nord et la Classification nationale des professions. Les VD ont également permis de saisir d’autres concepts importants liés à l’éducation et à la main-d’œuvre, notamment la situation de fréquentation scolaire, la situation d’activité et la situation d’emploi à temps plein ou à temps partiel. Finalement, des VD sur les anciens combattants des Forces armées canadiennes ont été élaborées à l’intention des utilisateurs.

2.9 Contenu couplé du Recensement de 2016

L’échantillon de l’ECI a été constitué à partir de répondants au Recensement de 2016 (reportez-vous au chapitre 3 pour en savoir davantage). Au début de l’interview de l’ECI de 2017, tous les répondants ont été mis au courant des projets de couplage des données de l’ECI avec l’information qu’ils avaient donnée au Recensement. Toutes les données couplées demeureront confidentielles et ne serviront qu’à des fins statistiques.

Les avantages particuliers du couplage d’enregistrements ECI-Recensement sont les suivants : diminution du fardeau de réponse pour la population cible de l’ECI, accès à des renseignements utiles à l’ajustement des poids de l’enquête pour tenir compte de la non-réponse, une étape essentielle à la production d’estimations valides, et création d’un fichier complet de microdonnées sur les personnes ayant une incapacité au Canada. Prises ensemble, les données de ces deux sources dressent un portrait statistique précis des personnes ayant une incapacité au Canada (et il est impossible d’obtenir ces données d’autres sources).

Comme il est expliqué plus longuement au chapitre 3, on a également constitué un échantillon de personnes sans incapacité pour l’ECI à partir des données du recensement. Le couplage avec le recensement permet donc aux utilisateurs de données de comparer certaines caractéristiques des personnes ayant une incapacité à celles des personnes qui n’en ont pas.

Quelque 300 variables du recensement couvrant 15 domaines spécialisés distincts ont été sélectionnées et couplées avec la version finale du fichier de l’ECI de 2017, pour les personnes ayant une incapacité et les personnes sans incapacité. Ces domaines allaient des variables socioculturelles à la situation des particuliers dans le ménage en passant par les besoins de base en matière de logement, l’éducation, l’emploi, le revenu et les indicateurs spéciaux de faible revenu. De nombreuses variables ont été ajoutées au couplage de ce cycle en raison de l’élargissement du couplage entre les données du recensement et celles de l’impôt sur le revenuNote , ce qui a eu pour résultat d’augmenter le nombre de variables auxquelles l’ECI avait accès. Voici la liste des catégories de variables du recensement qui ont été couplées dans les fichiers analytiques de l’ECI.

Il convient de souligner que les variables du Recensement renvoient à la situation de chaque répondant le jour du Recensement de 2016, c’est-à-dire le 10 mai 2016. Par conséquent, pour les répondants de l’ECI de 2017, les utilisateurs doivent savoir que, dans certains cas, il se peut que le répondant ait déménagé, que des changements soient survenus dans la composition de son ménage ou qu’il ait changé d’emploi entre la date de l’interview du Recensement de 2016 et celle de l’interview de l’ECI de 2017. Autrement dit, il est possible qu’une partie des renseignements provenant du Recensement ne corresponde pas à la situation du répondant au moment où l’interview de l’ECI a eu lieu. En outre, certaines données du recensement ont fait l’objet de processus d’imputation ou ont été complétées par des membres du ménage autres que le répondant sélectionné dans le cadre de l’ECI et, par conséquent, elles pourraient présenter certaines incohérences par rapport aux données recueillies pour l’ECI.

La liste complète des variables dérivées du recensement accompagnées de leurs spécifications se trouve dans les dictionnaires de données de l’ECI de 2017. Les variables du recensement sont regroupées selon le sujet-matière. Pour en savoir plus, communiquez avec les Services à la clientèle de Statistique Canada ou composez le 1-800-263-1136.

2.10 Remarque concernant les données sur l’âge

L’âge figure au nombre des principaux facteurs démographiques qui nous intéressent dans l’analyse des incapacités au Canada. Lorsqu’on utilise l’âge dans une étude qui se fonde sur les données de l’ECI de 2017 conjointement avec des données couplées provenant du Recensement de 2016, il importe que les utilisateurs se rappellent les différentes périodes de référence visées. La section 6.2 du présent guide explique les périodes de référence de l’enquête. Pour ce qui est de l’âge, il convient de souligner que la collecte des données dans le cadre du Recensement a été effectuée le 10 mai 2016, et celle de l’ECI, de 10 à 15 mois plus tard, soit entre mars et août 2017. Ainsi, les répondants à l’ECI qui avaient 15 ans à l’époque du recensement avaient 10 à 15 mois de plus au moment de l’ECI. Les estimations sur les personnes ayant une incapacité diffusées par Statistique Canada seront généralement fondées sur l’âge à la date de référence, soit le 10 mai 2016. En ce qui a trait aux études particulières qui pourraient être sensibles à l’écart entre ces deux périodes de références, les utilisateurs de données auront le choix d’utiliser l’âge établi en fonction de la période de référence du Recensement de 2016 ou encore l’âge en fonction de la date de l’interview de l’ECI de 2017. Dans la section 6.2, on explique l’utilisation des périodes de référence de l’enquête par rapport à différents types d’analyses de données susceptibles d’intéresser les utilisateurs.

2.11 Régions géographiques

L’ECI de 2017 a été conçue pour produire des données fiables pour chaque province et territoire. On peut également avoir accès à d’autres variables géographiques dans la base de données de l’ECI de 2017, dérivées des régions géographiques établies pour le recensement, comme les régions métropolitaines de recensement (RMR) et les régions inuites. De plus, les régions géographiques comprendront les régions sociosanitaires au Canada, qui représentent les secteurs administratifs ou régions administratives tels qu’utilisés par les autorités sanitaires. Cependant, les utilisateurs doivent prendre note que ce ne sont pas toutes les données de l’ECI qui peuvent être croisées ou analysées à ces niveaux géographiques plus détaillés. Il sera possible de produire des tableaux de données, mais il y aura lieu d’examiner la fiabilité des estimations des données à ces niveaux géographiques en fonction de chaque cas.

Le dictionnaire du Recensement de 2016 présente les régions géographiques liées à l’ECI. On trouvera de plus amples renseignements au sujet des régions sociosanitaires sur le site Web de Statistique Canada.


Date de modification :