Section 3 Les facteurs d'évolution de la population de langue maternelle française

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L'évolution des groupes linguistiques dans une province ou une région donnée dépend de l'effet combiné des facteurs de l'accroissement naturel que sont la fécondité et la mortalité d'une part et ceux de la migration interne et internationale d'autre part. S'y ajoute la composante de la continuité linguistique intergénérationnelle, c'est-à-dire la transmission de la langue maternelle de la mère aux enfants1. Un autre facteur sera présenté dans cette section, soit celui de la continuité linguistique intragénérationnelle ou, son pendant, le transfert ou la substitution linguistique. Ce dernier, bien que n'influant pas directement sur l'évolution d'un groupe linguistique à court terme peut néanmoins avoir une influence importante à long terme dans la mesure où la langue d'usage prédominante au foyer est généralement celle qui est transmise aux enfants.

Dans la présente section, une bonne partie de l'information présentée portera sur le groupe de langue maternelle française en Saskatchewan. Toutefois, dans certains cas, ceux de la migration interprovinciale et de l'immigration internationale notamment, l'analyse portera également sur la population dont le français est la première langue officielle parlée.

3.1 Fécondité

Durant la première moitié du XXe siècle, au Canada, les différences de fécondité entre les groupes linguistiques ont permis d'expliquer en partie la croissance ou le maintien de la population de certains groupes par rapport à d'autres.

Les données tirées des recensements indiquent que le taux de fécondité des femmes francophones a diminué de façon importante, si bien que sur une période de 30 ans (1956-1961 à 1981-1986), le nombre moyen d'enfants par femme est passé de 5,43 à 2,13 (voir le tableau 3.1). La baisse de la fécondité a également touché les femmes de langue maternelle anglaise, bien qu'elle fût un peu moins importante, passant de 4,20 à 2,03 au cours de la même période. Au cours des lustres 1986 à 1991 et 1991 à 1996, on a observé une remontée de l'indice synthétique de fécondité des francophones alors que celui des anglophones s'est stabilisé. Depuis, alors que l'indice des francophones est passé sous la barre de deux enfants par femme pour ensuite regrimper à 2,03 (période de 2001 à 2006), celui des anglophones a continué sa baisse, amorcée depuis le lustre 1951 à 1956, pour atteindre 1,86 au lustre 2001 à 2006.

Les démographes établissent que, dans les conditions actuelles de faible mortalité, le seuil de remplacement des générations correspond à un indice de 2,1, c'est-à-dire de 2 100 enfants pour 1 000 femmes. On notera au tableau 3.1 que le niveau de fécondité des francophones est passé sous ce seuil de remplacement depuis la période 1996 à 2001 alors que chez les femmes anglophones ce phénomène s'est produit bien plus tôt, soit au courant de la période 1981 à 1986. Chez les femmes de tierce langue maternelle, l'indice synthétique de fécondité était encore, pour la période 2001 à 2006, supérieur au seuil de remplacement des générations.

Depuis le lustre 1981 à 1986, l'indice de fécondité des femmes de tierce langue maternelle est supérieur à celui de leurs concitoyennes francophones. À cet égard, il convient cependant d'être prudent lorsqu'on examine l'incidence d'un indice de fécondité plus élevé chez les femmes de tierce langue maternelle. Ce phénomène ne se traduit pas nécessairement par un accroissement de la population de ce groupe par rapport aux autres. Comme nous le verrons plus loin, la transmission d'une autre langue maternelle aux enfants, généralement la langue majoritaire du milieu de vie, est un phénomène non négligeable.

Tableau 3.1 Indice synthétique de fécondité selon la langue maternelle, Saskatchewan, 1956 à 2006

3.2 Transmission de la langue maternelle et effet de l'exogamie

Bien que l'indice synthétique de fécondité fournisse un renseignement utile sur le nombre de naissances au sein des différents groupes de langue maternelle, celui-ci ne fournit aucune information sur la langue maternelle transmise aux enfants. On sait en effet que la tendance à transmettre une langue à ses enfants varie en fonction d'un certain nombre de facteurs, dont l'un des plus importants est la concentration géographique de la population constituant un groupe linguistique donné. Ce facteur de concentration géographique influe également sur la propension à vivre au sein d'un couple exogame, c'est-à-dire un couple dont les conjoints2 n'ont pas la même langue maternelle. En outre, plus faible est la concentration géographique ou le poids relatif d'un groupe linguistique au sein d'un milieu donné, plus faible sera la propension des parents à transmettre la langue minoritaire. En Saskatchewan, la proportion d'enfants vivant dans une famille dont au moins un des parents est de langue maternelle française qui se sont vus transmettre le français comme langue maternelle au moment du Recensement de 2006 se situait à 21 %.

Entre 1971 et 2006, la proportion d'enfants issus d'une famille exogame français-anglais parmi l'ensemble des familles dont au moins un parent est de langue maternelle française a augmenté en Saskatchewan, passant de 40 % à 81 % (voir le graphique 3.1). À l'opposé, la part des enfants vivant au sein d'une famille endogame dont les deux parents ont le français comme langue maternelle a substantiellement diminué, passant de 40 % en 1971 à 14 % en 2006. Par le fait même, la proportion d'enfants dont un parent est de langue française et l'autre de tierce langue a elle aussi diminué, passant de 20 % en 1971 à 5 % en 2006.

Au cours de cette même période, la proportion de couples exogames français-anglais parmi l'ensemble des couples composés d'au moins un conjoint de langue maternelle française s'est fortement accrue, passant de 40 % à 71 %. Ainsi, la proportion de couples endogames dont les deux conjoints ont le français comme langue maternelle et celle des couples exogames français-tierce langue ont chuté, passant de 40 % à 19 % et de 19 % à 10 % respectivement, entre 1971 et 2006.

Graphique 3.1 Proportion d'enfants de moins de 18 ans vivant au sein d'une famille dont au moins un parent est de langue maternelle française, selon la langue maternelle des parents, Saskatchewan, 1971 et 2006

En raison de l'augmentation de la proportion de couples exogames français-anglais entre 1971 et 2006, on pourrait s'attendre à observer une baisse du taux de transmission de la langue minoritaire (en l'occurrence le français) aux enfants. Or, alors que les enfants de moins de 18 ans issus de couples exogames français-anglais s'étaient vus transmettre le français comme langue maternelle dans une proportion de 4 % en 1971, cette proportion atteignait 8 % en 2006 (voir le graphique 3.2). On observe également une augmentation de la transmission du français aux enfants issus de couples exogames français-tierce langue, de 12 % à 27 % au cours de la même période. Cette hausse s'expliquerait notamment par une augmentation du nombre d'enfants qui fréquentent des écoles de langue française.

Le graphique 3.2 illustre également que chez les couples endogames francophones, la transmission du français aux enfants de moins de 18 ans est restée plutôt stable, passant de 78 % en 1971 à 81 % en 2006.

Graphique 3.2 Langue maternelle des enfants de moins de 18 ans selon la langue maternelle des parents, Saskatchewan, 1971 et 2006

On observe entre 1971 et 2006 une augmentation du taux de transmission du français aux enfants issus de couples exogames français-anglais. Cette hausse est plus marquée parmi les familles dont la mère est de langue maternelle française que parmi celles dont le père a cette langue maternelle. Ainsi, les données de recensement révèlent que le taux de transmission du français des mères de langue maternelle française à leurs enfants a fortement augmenté, de 4 % en 1971 à 15 % en 2006 alors que celui des pères de langue maternelle française est passé de 4 % à 7 % respectivement.

On pourrait s'attendre à ce que cette hausse de la transmission du français soit en partie attribuable à une augmentation de la connaissance de la langue française chez les conjoints non francophone en union avec un conjoint francophone. Or dans le cas de la Saskatchewan, bien que le français soit davantage transmis aux enfants en 2006 qu'il ne l'était en 1971, on constate que la proportion de conjoints de langue maternelle autre que française qui peuvent soutenir une conversation en français et en anglais a quant à elle évolué de façon inégale selon la combinaison linguistique du couple (voir le tableau 3.2). Alors que 11 % des conjoints de langue anglaise en union avec une conjointe de langue française déclaraient pouvoir soutenir une conversation en français en 1971, cette proportion était de 6 % en 2006. Une diminution du même ordre de grandeur est également constatée chez les conjoints et conjointes de langue maternelle tierce. Chez ces derniers, entre 4 % et 6 % étaient en mesure de soutenir une conversation en français en 2006 alors que ces proportions étaient de 8 % et 11 % en 1971.

Seules les conjointes de langue anglaise en union avec un conjoint de langue française étaient proportionnellement plus nombreuses à déclarer pouvoir soutenir une conversation en français en 2006 (11 %), par rapport à 1971 (7 %). De plus, elles affichaient le taux le plus élevé de bilinguisme français-anglais observé parmi tous les conjoints non francophones formant un couple exogame.

Tableau 3.2 Proportion de conjoints de langue maternelle autre que français qui peuvent soutenir une conversation en français et en anglais, selon la combinaison linguistique du couple, Saskatchewan, 1971 et 2006

Par ailleurs, mentionnons qu'en 1971, 3,8 % des conjointes de langue maternelle française qui vivaient avec un conjoint de langue anglaise parlaient français le plus souvent à la maison, comparativement à 2,5 % des conjoints de langue maternelle française vivant avec une conjointe de langue anglaise. Trente-cinq ans plus tard, en 2006, ces proportions étaient de 5,8 % et de 3,1 % respectivement.

3.3 La structure par âge

L'examen de l'évolution de la structure par âge de la population francophone de la Saskatchewan est instructif dans la mesure où il permet de mettre au jour une partie de l'histoire démographique de cette population tout en fournissant une indication de son évolution future. Entre 1971 et 2006, cette évolution est essentiellement le résultat de la diminution du taux de fécondité des femmes francophones, d'un solde migratoire interprovincial négatif de la population de langue maternelle française, d'une diminution de l'immigration internationale et de l'augmentation de l'espérance de vie. À tous ces phénomènes vient s'ajouter une transmission faible ou modérée du français comme langue maternelle aux enfants. Rappelons en effet qu'au moment du Recensement de 2006, un peu plus d'un enfant de moins de 18 ans sur cinq issu de couples composés d'au moins un conjoint de langue maternelle française s'était vu transmettre le français comme langue maternelle.

Le graphique 3.3 permet de cerner l'évolution de la structure par âge de la population de langue maternelle française en Saskatchewan. Nous avons déjà mentionné qu'entre 1971 et 2006, la population de ce groupe linguistique a connu une baisse de 47 % de son effectif, passant ainsi de 31 800 à 16 800 personnes. En fait, ce sont toutes les cohortes âgées de moins de 65 ans qui ont connu une baisse de leur effectif, et ce, en raison d'un solde migratoire interprovincial négatif, de la baisse de la fécondité des femmes francophones et de la non-transmission du français aux enfants de parents francophones. À l'opposé, on observe une légère hausse du nombre de personnes âgées de 65 ans ou plus en raison du vieillissement de la population et de l'allongement de l'espérance de vie.

En 2006, le nombre d'enfants âgés de moins de 5 ans (330) était plus faible que le nombre d'adultes âgés de 25 à 29 ans (595), l'âge moyen de la fécondité, pour un rapport de 0,55. Par comparaison, en 1971 ce rapport était de 0,80 (soit 1 470 / 1 840). En outre, notons que sur le graphique 3.3, l'effectif de la génération des baby-boomers (nés entre 1946 et 1966), qui correspondait aux cohortes d'âges des 5 à 9 ans à 20 à 24 ans (10 125) en 1971, est beaucoup plus important que celui des cohortes âgées de 40 à 44 ans à 55 à 59 ans (6 105) 35 ans plus tard. Ces faits s'expliquent en partie par un solde migratoire interprovincial négatif du groupe de langue maternelle française en Saskatchewan.

Graphique 3.3 Structure par âge de la population de langue maternelle française, Saskatchewan, 1971 et 2006

Toutes choses étant égales par ailleurs, le faible effectif des plus jeunes générations en 2006, couplé au fait qu'au cours des prochaines décennies plusieurs cohortes franchiront le cap des 65 ans, résultera en une structure par âge témoignant d'un vieillissement important de la population de langue maternelle française en Saskatchewan. Du reste, déjà en 2006, la proportion de la population francophone âgée de 65 ans ou plus est près de 5 fois plus élevée que celle âgée de moins de 15 ans.

Le vieillissement de la population de langue maternelle française étant principalement le fait d'un faible taux de fécondité et d'un allongement progressif de l'espérance de vie, on peut présumer qu'il résulte également d'une non-transmission de la langue maternelle française aux enfants. Tel que mentionné plus haut, le taux de transmission intergénérationnelle du français dans les familles composées de couples exogames français-anglais est faible, bien qu'il ait augmenté entre 1971 et 2006 (voir le graphique 3.1). C'est plutôt la transmission de l'anglais (89 %) aux enfants issus de ces couples exogames qui prévalait en 2006.

Prise dans son ensemble, la continuité linguistique intergénérationnelle n'a pas favorisé la population francophone au cours de cette période. Celle-ci se mesure en établissant le rapport du nombre d'enfants de langue maternelle française âgés de moins de 5 ans à celui du nombre d'enfants dont la mère est de langue maternelle française3. En Saskatchewan, cet indice se situait à 0,53 en 2006, une hausse par rapport à 1971 alors qu'il était de 0,46. Notons qu'« un groupe linguistique ressort gagnant du processus de transmission de la langue maternelle lorsque l'indice est supérieur à 1. […] À l'inverse, le bilan des déplacements est défavorable à une langue maternelle lorsque son indice est inférieur à 1. » (Lachapelle et Lepage, 2011 : page 91). Dans le cas de la Saskatchewan, bien que cet indice ait augmenté, la transmission intergénérationnelle reste défavorable à la population de langue maternelle française dans la mesure où cet indice de continuité intergénérationnelle est inférieur à 14.

La forte baisse des naissances qu'a connue le groupe de langue maternelle française depuis 35 ans n'est pas unique à ce groupe linguistique. Le graphique 3.4 rend compte de la structure par âge des principaux groupes de langue maternelle en 2006. Bien que la part relative des cohortes de moins de 45 ans du groupe de langue maternelle anglaise soit plus importante que ne l'est celle des deux autres groupes, on constate que les conséquences d'un indice de fécondité inférieur au seuil de remplacement des générations sont également apparentes chez les moins de 15 ans de ce groupe linguistique. Contrairement au groupe de langue maternelle française et tierce, le groupe anglophone bénéficie de l'apport de la mobilité linguistique intergénérationnelle des deux autres groupes.

Mentionnons en outre que la surreprésentation du groupe de langue maternelle française parmi les cohortes âgées de 45 ans et plus, à l'exception de la cohorte âgée de 75 à 84 ans, fait état d'un vieillissement de la population qui est plus marqué chez ce groupe linguistique que chez les deux autres.

Graphique 3.4 Structure par âge des populations de langue maternelle française, anglaise et autres, Saskatchewan, 2006 (taux pour 1 000)

3.4 Les transferts linguistiques ou la mobilité linguistique intragénérationnelle

Les transferts linguistiques, aussi appelés substitutions linguistiques, désignent le phénomène suivant lequel la principale langue d'usage au foyer est différente de la langue maternelle des individus. Ce phénomène de mobilité linguistique n'a pas d'incidence directe sur l'évolution des groupes linguistiques définis selon la langue maternelle. Toutefois, dans la mesure où la langue qui domine au foyer est habituellement celle qui est transmise aux enfants, elle influe donc à long terme sur le devenir des groupes linguistiques. En outre, lorsque le critère utilisé pour la définition des groupes linguistiques est celui de la première langue officielle parlée, la langue parlée le plus souvent à la maison a une influence directe sur l'effectif du groupe francophone. Par exemple, selon ce critère, les personnes ayant une connaissance des deux langues officielles et qui ont soit le français et l'anglais, soit une tierce langue comme langue maternelle font partie du groupe de langue française s'ils parlent le français le plus souvent au foyer5.

Au fil des recensements, on constate que le taux de transferts linguistiques chez les personnes de langue maternelle française en Saskatchewan a augmenté (voir le tableau 3.3). Ainsi, en 1971, 52 % des Fransaskois dont le français était la langue maternelle déclaraient parler une autre langue, essentiellement l'anglais, le plus souvent à la maison. Trente-cinq ans plus tard, 75 % des personnes de langue maternelle française déclaraient parler une autre langue que le français le plus souvent au foyer. Presque nulle chez les personnes de langue maternelle anglaise, la proportion de transferts linguistiques est restée stable, se situant à 0,7 % en 1971 et à 0,2 % en 2006. Chez les personnes de tierce langue maternelle, les transferts linguistiques ont légèrement diminué au cours des 35 dernières années, passant de 65 % en 1971 à 59 % en 2006.

Tableau 3.3 Taux de transferts linguistiques selon la langue maternelle, Saskatchewan, 1971 à 2006

Un indice de continuité linguistique peut également être utilisé comme corollaire du taux de transfert linguistique. Cet indice représente le rapport de l'effectif des personnes d'une langue d'usage donnée (au foyer) à l'effectif des personnes de langue maternelle correspondante. Lorsque cet indice est supérieur à 1, cela signifie que ce groupe ressort gagnant des échanges avec les autres groupes linguistiques alors qu'un indice inférieur à 1 signifie une situation défavorable au groupe en question.

À la lumière des statistiques présentées au tableau 3.4, on constate que le groupe de langue maternelle française a vu son indice de continuité linguistique passer de 0,50 à 0,26 entre 1971 et 2006. Le groupe anglophone a également vu son indice de continuité diminuer, passant de 1,22 en 1971 à 1,10 en 2006. La diminution de l'indice de continuité linguistique s'explique en partie par la décroissance de la population de ces différents groupes linguistiques de la Saskatchewan observée entre 1971 et 2006. En ce qui concerne le groupe de langue maternelle tierce, son indice de continuité linguistique est demeuré à peu près stable, soit de 0,37 en 1971 et de 0,41 en 2006.

Tableau 3.4 Population selon la langue maternelle, la langue parlée le plus souvent à la maison et indice de continuité linguistique, Saskatchewan, 1971 et 2006

L'indice de continuité de 0,26 du groupe de langue maternelle française prend par ailleurs en compte le fait qu'en Saskatchewan, 100 personnes ont une tierce langue maternelle et parlent le français le plus souvent à la maison (tableau 3.5). De même, il tient compte du fait que plus de 240 personnes de langue maternelle anglaise ont le français comme principale langue d'usage au foyer.

Tableau 3.5 Population selon la langue maternelle et la langue parlée le plus souvent à la maison, Saskatchewan, 2006

En raison du fait que la principale langue d'usage d'un individu à la maison diffère de sa langue maternelle, la notion de transfert linguistique a souvent été perçue comme un phénomène désignant l'abandon de la langue maternelle. Or, depuis 2001, le recensement canadien comporte une question sur les langues autres que la langue principale qui sont parlées de façon régulière au foyer. Bien qu'il puisse être difficile de juger de la façon dont les répondants interprètent cette nouvelle question, des tests qualitatifs effectués auprès de répondants ainsi que les résultats de l'Enquête sur la vitalité des minorités de langue officielle ont montré que ceux-ci y associaient habituellement une utilisation quotidienne de cette langue.

Les résultats du recensement sur cette question permettent de distinguer le phénomène du transfert linguistique partiel de celui du transfert linguistique complet. Par le fait même, le corollaire de cette distinction amène à nuancer la notion de continuité linguistique dans la mesure où l'utilisation régulière de sa langue maternelle au foyer ne peut être automatiquement interprétée comme une discontinuité d'usage linguistique.

En 2006, plus de 3 800 Saskatchewanais parlaient le français comme seule langue principale à la maison alors que plus de 900 personnes déclaraient parler cette langue le plus souvent en combinaison avec l'anglais ou une tierce langue (voir le tableau 3.6). Ainsi, ce sont 0,5 % des Saskatchewanais qui ont déclaré avoir le français comme principale langue d'usage. Les données tirées du Recensement de 2006 révèlent également que 7 945 personnes ont déclaré parler régulièrement le français à la maison, bien qu'il ne s'agisse pas de leur principale langue d'usage (voir le tableau 3.7). En somme, le français est parlé le plus souvent ou régulièrement au foyer par 1,3 % de la population de la province, soit environ 12 700 personnes.

Tableau 3.6 Population selon la langue maternelle, la langue parlée le plus souvent à la maison et les autres langues parlées régulièrement à la maison, Saskatchewan, 2006

Tableau 3.7 Effectif et proportion de la population ayant le français en tant que langue maternelle, première langue officielle parlée, langue parlée le plus souvent à la maison et langue parlée régulièrement à la maison, Saskatchewan, 2006

L'information sur l'utilisation régulière du français comme langue secondaire au foyer permet de distinguer les transferts linguistiques complets des transferts linguistiques partiels. Ainsi, en se fondant sur les réponses uniques à la question sur la première langue apprise et encore comprise au moment du Recensement de 2006 (communément appelée langue maternelle), on constate que, pour l'ensemble de la Saskatchewan, 55 % des personnes dont le français est la langue maternelle n'utilisent pas cette langue au moins régulièrement à la maison (transfert complet) alors que 19 % en font un usage régulier (transfert partiel) (voir le tableau 3.8). Par conséquent, le français est la principale langue d'usage au foyer pour 26 % de l'ensemble des francophones. Notons par ailleurs qu'en Saskatchewan, les francophones qui opèrent un transfert linguistique le font vers l'anglais dans la quasi-totalité des cas.

On sait que les taux de transferts linguistiques complets et partiels varient selon le groupe d'âge (voir le tableau 3.8). En Saskatchewan, les statistiques du Recensement de 2006 révèlent que plus les francophones sont âgés, plus ils sont susceptibles d'avoir fait un transfert linguistique complet, exception faite des personnes âgées de 65 ans ou plus et dont le comportement linguistique se rapproche davantage de celui des 35 à 54 ans. D'une part, les francophones âgés de 55 à 64 ans sont plus enclins à utiliser une autre langue que le français à la maison (66 %) que ceux des autres groupes d'âge alors que ceux de moins de 15 ans sont moins susceptibles de le faire (12 %). Pour ce qui est des taux de transferts linguistiques partiels, les francophones âgés de 15 à 34 ans s'avèrent être ceux affichant les taux les plus élevés (entre 27 % et 29 %). Quant au taux de transfert complet chez ce groupe de francophones, il varie entre 28 % et 43 %, tout dépendant du groupe d'âge. On observe par ailleurs que chez ces francophones âgés de 15 à 34 ans le français est la langue d'usage principale au foyer pour 30 % à 43 % d'entre eux.

Tableau 3.8 Taux de transferts linguistiques complets et partiels des francophones selon le groupe d'âge, Saskatchewan, 2006

L'exogamie est souvent associée aux transferts linguistiques des francophones à l'extérieur du Québec. En effet, 92 % des Fransaskois qui vivent en situation d'exogamie avec un conjoint de langue maternelle anglaise parlent l'anglais le plus souvent à la maison. Les données de l'EVMLO permettent cependant de mieux documenter le lien entre l'exogamie et le transfert linguistique des francophones. Ainsi, chez plus de la moitié des Fransaskois, on constate que le transfert linguistique a eu lieu bien avant le moment de former une union avec un conjoint anglophone : environ 86 % des francophones qui vivent en situation d'exogamie ont commencé à parler l'anglais le plus souvent à la maison avant l'âge de 21 ans, dont 58 % avant l'âge de 15 ans. Chez les Fransaskois âgés de 25 à 44 ans, soit ceux susceptibles d'avoir de jeunes enfants, ces proportions s'élevaient à 83 % et à 61 % respectivement. Ainsi, ce n'est pas seulement l'exogamie qui influe sur le fait qu'un francophone parle l'anglais le plus souvent à la maison. De fait, ces résultats donnent à penser qu'habiter en milieu fortement minoritaire accroît l'usage de la langue majoritaire dans les activités quotidiennes et influe à moyen terme sur la langue principale des francophones et, ultimement, sur la propension à choisir un conjoint de langue anglaise. Quoi qu'il en soit, le lien entre exogamie et langue d'usage au foyer est certainement bi-directionnel.

Les données tirées de l'EVMLO jettent un éclairage sur l'association qu'on tend à établir entre transfert linguistique et anglicisation. L'enquête comprend en effet une question sur la langue principale des répondants, c'est-à-dire celle dans laquelle ils sont le plus à l'aise pour parler. Les données révèlent que 33 % de la population dont le français est la première langue officielle parlée a soit le français (17 %) soit les deux langues officielles (16 %) comme langues principales.

Dans l'ensemble de la Saskatchewan, une proportion plus importante de francophones déclarent parler anglais le plus souvent à la maison (transferts linguistiques complets et partiels) que celle des francophones qui déclarent être plus à l'aise en anglais qu'en français6. Ainsi, 75 % des Fransaskois déclarent parler l'anglais7 le plus souvent à la maison alors que 67 % ont déclaré être plus à l'aise en anglais qu'en français.

3.5 Usage du français dans la sphère publique

Les statistiques tirées du recensement de la population permettent de faire état de l'utilisation des langues dans la sphère privée (au foyer) et, comme nous le verrons à la section portant sur la population active, sur l'utilisation des langues en milieu de travail. Mais que savons-nous de l'utilisation de l'anglais et du français par les Fransaskois, dans des domaines d'interaction autres que celui du foyer?

L'Enquête sur la vitalité des minorités de langue officielle comporte de nombreuses questions sur l'utilisation des langues dans divers domaines de la sphère publique tels les commerces, les institutions du système de santé (que nous aborderons plus en détail à la section suivante), les activités de bénévolat, de soutien social, les activités communautaires ou sportives, etc. Certaines questions de l'enquête portent également sur des domaines qui se situent à la frontière des sphères privée et publique tels, par exemple, la langue parlée avec les amis à l'extérieur du foyer ou la langue dans laquelle on « consomme » divers médias.

L'examen des pratiques linguistiques dans divers domaines des sphères publique et privée révèle que, en Saskatchewan, la population dont la première langue officielle parlée est le français fait surtout usage de l'anglais dans les deux sphères (voir le graphique 3.5). L'utilisation prédominante (surtout ou seulement) de l'anglais au foyer a été déclarée par 71 % d'entre eux; 18 % y parlent surtout ou seulement le français. C'est dans les échanges qui ont lieu dans les institutions et les commerces que l'usage de l'anglais est le plus répandu. Ainsi, 96 % de la population de PLOP français y utilise cette langue de façon prédominante (surtout ou seulement) alors que 74 % l'utilise de façon exclusive.

Outre les choix linguistiques à la maison et dans les institutions et les commerces, le degré d'utilisation prédominante (surtout ou seulement) de l'anglais au sein des réseaux immédiats, au travail et avec les amis est sensiblement le même, variant de 79 % à 81 % selon le domaine. Les données de l'Enquête sur la vitalité des minorités de langue officielle révèlent également que près de 88 % des personnes dont le français est l'unique première langue officielle parlée consomment surtout ou seulement les différents médias en anglais. Notons finalement que l'indice général d'utilisation des langues dans la sphère publique révèle que 87 % de la population dont le français est la seule première langue officielle parlée utilise surtout ou seulement l'anglais dans l'ensemble des domaines de la sphère publique (médias, institutions et commerces, travail, réseau immédiat et amis à l'extérieur du foyer)8. Ainsi, dans la sphère publique, 55 % des francophones utilisent exclusivement l'anglais alors que 31 % utilisent surtout l'anglais (avec une autre langue).

Graphique 3.5 Proportion de francophones selon l'utilisation des langues dans divers domaines de la sphère publique et privée, Saskatchewan, 2006

3.6 Connaissance du français

Pour les personnes ayant comme langue principale le français, les opportunités d'utiliser cette langue peuvent s'accroître si elles sont en contact avec des personnes qui peuvent soutenir une conversation en français, même si cette langue n'est pas leur première langue officielle parlée.

La proportion de personnes qui ont déclaré pouvoir soutenir une conversation en français (5,0 %) au sein de l'ensemble de la population de la Saskatchewan en 2006 est plus importante que celle de la population qui a déclaré le français seul ou avec une autre langue comme langue maternelle (1,8 %) ou encore que celle dont le français est la première langue officielle parlée (1,6 %). La part relative de Saskatchewanais ayant la capacité de soutenir une conversation en français est fortement polarisée selon le groupe linguistique. Bien que 85% des personnes de langue maternelle française aient déclaré une connaissance des deux langues officielles, cette proportion n'était que de 4 % chez les personnes de langue maternelle anglaise et de 2 % chez les personnes de tierce langue maternelle (voir le tableau 3.9). Chez ces dernières, 2,6 % des personnes ont déclaré ne pouvoir soutenir une conversation ni en français ni en anglais.

Tableau 3.9 Connaissance des langues officielles selon la langue maternelle, Saskatchewan, 2001 et 2006

Dans les municipalités où les francophones représentent moins de 10 % de la population, le taux de bilinguisme français-anglais chez les non-francophones atteint à peine 4 % (voir le graphique 3.6). Dans celles où ils représentent entre 10 % et 30 % de la population de leur municipalité, le niveau de connaissance du français chez les non-francophones grimpe à 8 % alors que dans les municipalités où les francophones représentent 50 à 69 % de la population, le taux de bilinguisme français-anglais chez les anglophones atteint près de 55 %. Ainsi, plus forte est la part relative des francophones au sein de leur municipalité, plus élevée sera le niveau de connaissance du français chez les non-francophones.

Graphique 3.6 Taux de bilinguisme français et anglais chez les personnes dont l'anglais est la première langue officielle parlée selon la proportion que représentent les francophones au sein de la municipalité de résidence, Saskatchewan, 2006

Les statistiques tirées du Recensement de 2006 révèlent que le bilinguisme français-anglais chez les non-francophones est plus répandu chez les personnes de langue maternelle anglaise que chez celles de tierce langue maternelle, et ce, dans pratiquement tous les groupes d'âge observés (données non montrées). On y note en effet que les personnes de langue maternelle anglaise âgées de moins de 45 ans présentent un taux de bilinguisme beaucoup plus élevé que les personnes de tierce langue maternelle des groupes d'âge correspondants. En revanche, les écarts observés entre les deux groupes sont très faibles, voire inexistants dans certains cas, au-delà de 59 ans. Les taux plus élevés de bilinguisme français-anglais observés chez les personnes de langue maternelle anglaise sont attribuables à leur fréquentation des programmes scolaires d'immersion.

En outre, la capacité des jeunes anglophones à maintenir leur connaissance du français comme langue seconde diminue avec le temps. Comme en témoigne le graphique 3.7, lorsqu'on considère les jeunes de 15 à 19 ans en 1996, on constate que leur taux de bilinguisme déclaré lors de ce recensement (10,5 %) atteint 7,9 % en 2001, alors que cette cohorte est âgée de 20 à 24 ans, et 6,3 % en 2006 alors que cette même cohorte est âgée de 25 à 29 ans. On observe une tendance analogue chez les jeunes qui étaient âgés de 15 à 19 ans en 2001 et qui ont entre 20 et 24 ans cinq ans plus tard. Notons que le sommet du taux de bilinguisme français-anglais atteint chez les non-francophones à l'âge de 15 à 19 ans correspond à la période à laquelle les jeunes quittent l'école.

Graphique 3.7 Proportion de personnes de langue maternelle anglaise pouvant soutenir une conversation en français et en anglais selon le groupe d'âge, Saskatchewan, 1996, 2001 et 2006

Il est difficile de cerner les causes exactes de cette baisse de la capacité de soutenir une conversation en français chez les jeunes Saskatchewanais de langue maternelle anglaise âgés de 15 à 19 ans. Comme en rend compte le tableau 3.10, les effectifs de fréquentation des programmes d'immersion ont pour leur part légèrement fluctué entre 2000 et 2006, tout en étant toujours supérieurs à 8 000 inscriptions. Par ailleurs, l'année 2002-2003 se démarque des autres en ce sens que les effectifs inscrits à un programme d'immersion ont augmenté de près de 6 %, atteignant 9 172 inscriptions. On remarque aussi que depuis l'année scolaire 2000-2001, l'effectif de fréquentation des programmes réguliers de langue française a légèrement augmenté (à l'exception de l'année 2004-2005) atteignant 1 132 inscriptions en 2006-2007. De plus amples recherches seraient nécessaires pour approfondir la compréhension de ce phénomène.

Tableau 3.10 Effectif des enfants inscrits en immersion française et dans des programmes réguliers de langue française aux niveaux primaire et secondaire dans les écoles publiques de la Saskatchewan, 2000-2001 à 2006-2007

3.7 Migration (mouvements migratoires interprovinciaux et internationaux)

La mobilité des francophones à l'intérieur du Canada ainsi que l'apport de l'immigration internationale sont des facteurs qui influent légèrement sur l'évolution de la population de langue française de la Saskatchewan.

3.7.1 Lieu de naissance

Le tableau 3.11 rend compte du lieu de naissance des francophones de la Saskatchewan. On y observe que, en 2006, plus de 73 % des personnes de langue maternelle française étaient nées en Saskatchewan. On retrouve sensiblement la même proportion chez les personnes dont le français est la première langue officielle parlée. Peu importe le critère retenu, 23 % des francophones de la Saskatchewan étaient nés dans une autre province ou un territoire du Canada, dont près de 10 % au Québec. Quant aux personnes nées à l'étranger, des immigrants pour la plupart9, ils composaient près de 4 % de la population de langue maternelle française et 5 % de celle dont le français est la première langue officielle parlée.

Tableau 3.11 Lieu de naissance des francophones selon la langue maternelle et la première langue officielle parlée, Saskatchewan, 2006

3.7.2 Immigration internationale

La Saskatchewan reçoit peu d'immigrants internationaux dont la première langue officielle est le français. Alors qu'en 1971, 2 365 immigrants francophones étaient recensés, en 2006 on dénombrait moins de 700 individus dont le français était la première langue officielle parlée et qui sont nés à l'étranger, composant 1,4 % de la population immigrante totale de la province. Alors qu'en 1971, la part de la population immigrée de langue française au sein de la population francophone était de 7,3 %, elle atteignait près de 4,6 % en 2006, soit une part à peu près équivalente à celle de la population immigrante de langue anglaise au sein de la population anglophone (4,9 %) (voir le tableau 3.12).

Tableau 3.12 Effectif et proportion d'immigrants de langue française et de langue anglaise, Saskatchewan, 1971 à 2006

Bien que les immigrants de langue française de la Saskatchewan soient d'origines diverses, une forte proportion d'entre eux proviennent en réalité d'un nombre restreint de pays. Les données du Recensement de 2006 révèlent qu'un immigrant francophone sur quatre est originaire de la France. Après la France, les immigrants proviennent principalement de Maurice (7,3 %), des États-Unis (7,2 %), de la Belgique (6,9 %), de l'Algérie (6,7 %) et de la République démocratique du Congo (6,3 %).

3.7.3 Migration interprovinciale

Entre 1981 et 2006, la Saskatchewan a accueilli entre 1 000 et 2 000 francophones par période quinquennale en provenance des autres provinces et territoires canadiens (voir tableau 3.13). Par contre, à chacune de ces mêmes périodes, près de 2 000 francophones quittaient la province pour s'installer ailleurs au pays. Par conséquent, depuis 1981, le solde migratoire interprovincial des francophones est négatif et se chiffrait à -630 pour la période 2001 à 2006. En ce qui a trait aux anglophones de la province, on remarque qu'ils ont également été plus nombreux, depuis 1981, à avoir quitté la Saskatchewan qu'à être venus s'y installer. Cependant, les flux migratoires des anglophones étant largement plus élevés que ceux attribuables aux francophones, la Saskatchewan affiche depuis plus de deux décennies un solde migratoire net négatif qui a largement fluctué. C'est entre 1981 et 1986 que la province a connu son solde migratoire le moins défavorable, comptant une migration nette de -2 810. Cinq ans plus tard, soit entre 1986 et 1991, la province affichait son solde migratoire le plus défavorable, soit de -60 360. Depuis, 1996, le solde migratoire de la Saskatchewan avoisine les -25 000.

Tableau 3.13 Migration interprovinciale entre la Saskatchewan et les autres provinces et territoires selon la première langue officielle parlée, 1981 à 1986, 1986 à 1991, 1991 à 1996, 1996 à 2001 et 2001 à 2006

Les graphiques 3.8 et 3.9 rendent compte des mouvements migratoires entre la Saskatchewan et les autres provinces et territoires entre 2001 et 2006. On y constate que parmi les quelque 1 075 francophones qui sont venus s'établir en Saskatchewan en provenance des autres provinces et territoires, 30 % résidaient au Québec en 2001. Les autres francophones provenaient principalement de l'Ontario (23 %), de l'Alberta (16 %) et de la Colombie-Britannique (13 %). Parmi les quelque 1 710 francophones qui vivaient en Saskatchewan en 2001 et qui ont par la suite migré vers d'autres provinces, près de la moitié (42 %) se sont établis au Québec alors que le reste des francophones ont choisi principalement l'Alberta (25 %), l'Ontario (14 %) et la Colombie-Britannique (9 %).

Graphique 3.8 Province ou territoire d'origine des francophones qui se sont établis en Saskatchewan entre 2001 et 2006

Graphique 3.9 Destination des francophones qui ont quitté la Saskatchewan pour s'établir dans une autre province ou territoire entre 2001 et 2006


Notes

  1. La transmission d'une langue se fait aussi bien entendu des pères aux enfants, mais c'est habituellement celle de la mère qui prédomine.
  2. Le terme « conjoint » inclut les personnes légalement mariées ainsi que celles vivant en union de fait.
  3. Pour ce faire, les démographes considèrent généralement les enfants vivant dans une famille biparentale ou monoparentale dirigée par une femme, lesquels représentent plus de 97 % de l'ensemble des enfants de ce groupe d'âge.
  4. Pour un examen approfondi de cette approche, se référer à Lachapelle et Lepage (2011).
  5. Rappelons que les personnes de tierce langue maternelle qui ne connaissent que le français se voient attribuer le français en tant que première langue officielle parlée, peu importe qu'elles parlent ou non cette langue le plus souvent à la maison.
  6. Ce constat vaut tant pour la population ayant le français comme langue maternelle que comme première langue officielle parlée.
  7. Cette proportion inclus les réponses uniques et multiples. Par le fait même elle comptabilise 4 % de francophones qui déclarent utiliser à la fois le français et l'anglais comme langues le plus souvent parlées à la maison.
  8. Se référer à l'Annexe C pour une description de l'indice général d'utilisation des langues dans la sphère publique.
  9. Les personnes nées à l'étranger comprennent les immigrants, les résidents non permanents et les Canadiens de naissance nés à l'étranger.
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