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Ce portrait démolinguistique des anglophones du Québec contient beaucoup d'informations variées sur les caractéristiques, les pratiques et les perceptions de ce groupe linguistique. Que doit-on en retenir? Bien qu'ils ne constituent pas une liste exhaustive des informations clés que contient le présent document, les éléments suivants permettent d'en cerner la vision d'ensemble.

  1. La population de langue maternelle anglaise du Québec comptait 607 165 personnes en 2006 comparativement à 558 256 personnes en 1951, soit une hausse de 8.8 %. En comparaison, la population de langue maternelle française s'est accrue de 76.8 % pour atteindre 5 916 845 en 2006 alors que celle de tierce langue maternelle a plus que quintuplé (soit un accroissement de 506.3 %) totalisant 911 895 personnes en 2006 comparativement à un peu plus de 150 000 en 1951. La migration des anglophones vers les autres provinces canadiennes est le principal facteur responsable de cette faible variation de l'effectif de la population de langue maternelle anglaise.

  2. Le critère de première langue officielle parlée (PLOP) constitue une définition plus inclusive de la population anglophone. Ainsi, la part relative de la population de PLOP anglaise est de 11,9 % (885 000) lorsqu'on exclut ceux ayant le français et anglais comme double première langue officielle, et de 13,4 % (995 000) lorsqu'on inclut la moitié de la population ayant et le français et l'anglais en tant que PLOP. Il s'agit donc d'une différence appréciable en comparaison des 607 000 personnes ayant l'anglais comme langue maternelle. Une telle différence résulte principalement de l'attrait historique important de l'anglais auprès des immigrants qui se sont établis au Québec.

  3. Bien qu'à l'échelle de la province de Québec la proportion d'anglophones au sein de l'ensemble de la population québécoise soit de 13,4 %, celle-ci est très inégalement distribuée sur le territoire. Trois régions de la province regroupent en effet près de 92 % (ou 911 000 personnes) de la population anglophone. Les anglophones de la Région métropolitaine de recensement de Montréal (RMR) représentent 80,5 % (ou 801 000) de l'ensemble de la population anglophone du Québec alors que leur part relative au sein de la population de cette RMR est de 22 %.

  4. L'évolution de la structure par âge de la population anglophone du Québec témoigne d'un vieillissement de la population et résulte de l'effet conjugué d'une fécondité inférieure au seuil de remplacement de la population et d'un solde migratoire négatif important, en particulier au cours des années 1970, au profit des autres provinces canadiennes, principalement l'Ontario.

  5. Entre 1971 et 2006, la proportion de couples exogames anglais-français et de couples exogames anglais-tierce langue parmi l'ensemble des couples composés d'un conjoint de langue maternelle anglaise a fortement augmenté au Québec, passant de 25 % à 46 % et de 5 % à 13 % respectivement, au cours de cette même période.

  6. En raison de la forte augmentation de la proportion des couples exogames anglais-français entre 1971 et 2006, on constate un recul marqué de la transmission de l'anglais aux enfants de moins de 18 ans issus de ce type de couple. Ainsi, la proportion des enfants issus des couples français-anglais qui s'étaient vus transmettre l'anglais comme langue maternelle au moment du Recensement de 2006 se situait à 34 % alors que cette proportion était de 51 % en 1971.

  7. Au Québec, les transferts linguistiques sont proportionnellement plus nombreux chez les personnes de tierces langues maternelles que chez celles de langue maternelle anglaise ou française. Alors que dans les autres provinces, ils sont principalement orientés vers l'anglais, les transferts linguistiques des allophones du Québec sont partagés entre le français et l'anglais. En effet, en 2006, 50 % des allophones qui ont effectué un transfert linguistique utilisent principalement le français à la maison alors que 48 % d'entre eux utilisent principalement l'anglais.

  8. L'examen des pratiques linguistiques dans divers domaines des sphères publique et privée révèle que la population dont la première langue officielle parlée est l'anglais et celle ayant et l'anglais et le français comme premières langues officielles parlées se démarquent l'une de l'autre. Chez la population de langue anglaise, on constate en effet une nette prédominance de l'anglais dans les deux sphères. Chez la population de double langue officielle, l'anglais est le plus souvent utilisé dans la consommation de médias, alors que c'est le français qui l'est dans la sphère publique et une tierce langue à la maison. Toutefois, on observe dans tous les domaines une utilisation assez importante de l'anglais et du français par la population de première langue officielle parlée (PLOP) anglais-français.

  9. En raison de la forte concentration des anglophones dans la région de Montréal et de la proximité de l'Ontario dans le cas de l'Outaouais, les proportions de personnes dont l'anglais n'est pas la première langue officielle parlée pouvant soutenir une conversation en anglais y sont plus élevées. À l'échelle du Québec, plus du tiers des non-anglophones peuvent soutenir une conversation en anglais. Cette proportion est de 60 % dans la région de l'Outaouais et de 47 % à Montréal.

  10. En 2006, plus de 68 % des personnes de langue maternelle anglaise étaient nés au Québec, comparativement à près de 57 % de celles dont l'anglais est la première langue officielle parlée.

  11. Fait notable, 40 % de l'ensemble des anglophones du Canada nés au Québec et ayant l'anglais comme première langue officielle parlée résidaient à l'extérieur de cette province en 2006 : 27 % d'entre eux résidaient en Ontario et 14 % ailleurs au Canada.

  12. Au Québec, la proportion d'immigrants varie énormément d'un groupe linguistique à l'autre. C'est parmi la population ayant et l'anglais et le français comme PLOP que les immigrants sont proportionnellement les plus nombreux, 73,8 % en 1971 contre 68,6 % en 2006, alors qu'au sein de la population dont l'anglais est la seule première langue officielle parlée ces proportions sont de 25,2 % et 28,0 % respectivement. En ce qui concerne le groupe de PLOP français, la part qu'y représentent les immigrants a peu varié puisqu'elle était de 2,8 % en 1971 et de 6,6 % 35 ans plus tard.

  13. Depuis 1976, les anglophones ayant l'anglais comme première langue officielle parlée au Québec ont connu d'importantes pertes migratoires au profit d'autres provinces et territoires. La migration de cette population du Québec vers les autres provinces et territoires a culminé au cours du lustre 1976 à 1981 : plus de 151 000 personnes ont quitté le Québec, alors que seulement un peu plus de 28 000 personnes sont venues s'y installer, pour un solde net négatif d'un peu plus de 123 000 personnes. Entre 1976 et 2006, un total de 300 700 anglophones de plus ont quitté le Québec vers d'autres provinces que d'anglophones qui ont migré des autres provinces vers le Québec.

  14. Chez les personnes dont la première langue officielle parlée est l'anglais, c'est l'anglais qui est le plus souvent utilisée dans tous les domaines des sphères privée et publique. Bien que l'utilisation quasi exclusive de l'anglais au foyer ait été déclarée par 80 % d'entre eux, c'est dans la consommation des médias que l'usage de cette langue est le plus répandu : 97 % de la population de PLOP anglais utilise cette langue le plus souvent (seul ou avec une autre langue). L'anglais est également parlé le plus souvent avec les amis par les Anglophones dans une proportion de 87 %. Alors que près de 60 % de ceux-ci y font une utilisation prédominante de cette langue au sein des réseaux immédiats ou dans les institutions et commerces, cette proportion est de 53 % au travail. L'utilisation de l'anglais dans les divers domaines de la sphère publique varie bien sûr d'une région à l'autre de la province, les régions de Montréal et de l'Outaouais étant celles où l'utilisation de cette langue est la plus répandue.

  15. Lors du Recensement de 2006, 86 % des médecins travaillant au Québec, soit 9 025 d'entre eux, ont déclaré pouvoir soutenir une conversation en anglais, alors que 51 % ont déclaré utiliser l'anglais au moins régulièrement dans le cadre de leur travail. Chez les infirmières, dont l'effectif était de 61 320 en 2006, ces proportions sont de 45 % et 37 % respectivement.

  16. Les résultats de l'Enquête sur la vitalité des minorités de langue officielle (EVMLO) révèlent que la majorité des anglophones du Québec indiquent utiliser l'anglais lors des consultations avec les différents professionnels de la santé à propos desquels des renseignements ont été recueillis dans le cadre de cette enquête, soit les médecins de famille, les infirmières, et les professionnels des autres endroits fréquentés pour obtenir des soins. Toutefois, les proportions observées varient d'une région à l'autre. En outre, les consultations effectuées auprès des professionnels de la ligne téléphonique d'information (Info-santé) se font davantage en français : à l'échelle de la province, seuls 43 % des anglophones du Québec utilisent l'anglais avec ces professionnels.

  17. Bien que le nombre de policiers qui déclarent utiliser l'anglais dans le cadre de leur travail soit beaucoup plus élevé que le nombre de policiers anglophones, les résultats de l'EVMLO révèlent que les interactions qu'ont les anglophones du Québec avec la police municipale et la police provinciale se font généralement en français.

  18. Dans toutes les régions de la province, l'usage de l'anglais prédomine lors des interactions avec les avocats, exception faite de la région de Québec et ses environs et celle du Reste du Québec.

  19. La popularité des programmes d'immersion en français n'a cessé de croître auprès des parents anglophones québécois depuis leur création au cours des années 1960. En revendiquant de meilleurs programmes d'enseignement du français langue seconde, les parents anglophones du Québec ont ainsi fait en sorte que le niveau de bilinguisme de leurs enfants se soit accru de façon remarquable.

  20. La croissance des unions exogames français-anglais explique en partie le fait que plusieurs parents anglophones choisissent d'inscrire leurs enfants à l'école française. Selon les données de l'EVMLO, moins de 40 % des enfants dont le parent répondant a l'anglais comme langue maternelle vivent dans des familles endogames anglaises. Environ la moitié d'entre eux vivent dans des familles exogames anglaises-françaises.

  21. Les résultats de l'EVMLO confirment le phénomène suivant lequel la fréquentation de l'école anglaise semble être un choix plus répandu au niveau secondaire. Ces résultats révèlent en effet que l'exposition au français est importante aux niveaux prématernelle et maternelle (53 %) ainsi qu'au niveau primaire (48 % dans une école française et 32 % dans un programme d'immersion française à l'école anglaise). De fait, au niveau primaire, seuls 17 % des jeunes anglophones fréquentent un programme régulier en anglais comparativement à 38 % au niveau secondaire.

  22. Les statistiques portant sur les diplômes, certificats ou grades obtenus au niveau postsecondaire révèlent également qu'il existe un écart important au chapitre des grades ou diplômes universitaires à l'avantage des anglophones. Ces derniers détiennent en effet de tels diplômes ou grades dans une proportion de près de 25 % comparativement à un peu plus de 15 % chez les francophones.

  23. Tant chez les anglophones que chez les francophones, les immigrants sont généralement plus susceptibles de détenir un grade universitaire, en raison notamment du fait que le niveau de scolarité constitue l'un des critères de sélection des immigrants au Canada. En 2006, chez les anglophones âgés de 25 à 34 ans, on constate que 46 % de ceux nés à l'extérieur du pays détiennent un diplôme universitaire, comparativement à 41 % de ceux nés dans une autre province (dans la plupart des cas, en Ontario) alors que 31 % des anglophones nés au Québec détiennent un tel diplôme.

  24. L'analyse sommaire des données du Recensement de 2006 révèle que les anglophones du Québec sont proportionnellement plus nombreux que les francophones à œuvrer dans certains secteurs tels celui des services professionnels, scientifiques et techniques, celui des services administratifs et de gestion ou encore celui du commerce de gros.

  25. Les statistiques sur les administrations publiques fédérales (incluant les services de défense), provinciales et territoriales, et locales, municipales et régionales révèlent une sous-représentation d'anglophones et une surreprésentation de francophones au sein de chacun de ces secteurs d'emploi, tout particulièrement au sein de la fonction publique provinciale. Ainsi, au Québec, l'administration publique fédérale est composée de 11,7 % d'anglophones et de 88,2 % de francophones. Pour ce qui est de la fonction publique québécoise, la part relative des anglophones n'est que de 2,8 % alors que les francophones y forment 97,2 % de la main-d'œuvre.

  26. Les données du Recensement de 2006 sur le revenu révèlent que les écarts de revenu au sein du groupe anglophone sont plus importants qu'au sein du groupe francophone, une plus forte proportion d'anglophones ayant déclaré des revenus supérieurs à 100 000 $ et une plus forte proportion se trouvant sous le seuil de faible revenu.

  27. Lorsqu'on a demandé aux anglophones du Québec de décrire la vitalité de la communauté anglophone de leur municipalité, 43 % d'entre eux ont déclaré qu'elle est « forte » ou « très forte », 26 % qu'elle est « faible » ou « très faible » et 28 % qu'elle n'est ni forte ni faible.
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