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    Programme pour l'évaluation internationale des compétences des adultes collection

    Les compétences au Canada : Premiers résultats du Programme pour l'évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA)

    Introduction

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    Les compétences et la société de l’information

    Les trois dernières décennies ont été marquées par de profonds changements sociaux, politiques et économiques partout dans le monde. Bien des raisons permettent d’expliquer une telle transition, mais l’une des plus importantes est la révolution de la technologie informatique. La puissance de traitement des ordinateurs se développe à un rythme stupéfiant depuis 1980 et poursuit son accélération. Cette montée en puissance a engendré, à son tour, une rapide diminution du coût des technologies de l’information et des communications (TIC), en même temps qu’un accroissement de leur disponibilité.

    Le résultat obtenu est le reflet d’une transformation authentique. Alors qu’il y a une génération de cela, les ordinateurs étaient perçus comme des outils complémentaires ou subsidiaires pour accomplir certaines tâches, ils sont aujourd’hui considérés comme des nécessités. Ainsi, les TIC se généralisent. Elles sont tellement implantées dans les sociétés modernes qu’il est pratiquement impossible de les éviter et elles façonnent de plus en plus notre expérience en salle de classe, en milieu de travail et même dans la vie quotidienne.

    Comprendre comment les sociétés s’adaptent

    Face à l’amplitude d’une telle transformation, les sociétés se doivent de mieux comprendre quelles sont les compétences que les gens possèdent, et de quelle manière ces compétences sont utilisées. Il s’agit de bien plus qu’une simple question de bien-être économique. Une grande partie de la discussion a été consacrée aux aptitudes que possèdent les populations, ainsi qu’à leur influence sur la compétitivité internationale – un sujet d’importance majeure. Il faut néanmoins souligner que ces aptitudes exercent une incidence sur tout un éventail de facteurs qui s’étendent bien au-delà de la situation économique relative de différents pays. Elles ont également de profondes conséquences sur de vastes considérations nationales, telles que les disparités économiques entre différents groupes; les résultats en matière de santé; les niveaux d’engagement politique; et la mesure dans laquelle les personnes se sentent intégrées à la société, ou isolées de celle-ci. Les compétences détenues par la population d’un pays annoncent non seulement ses futures perspectives économiques internationales, mais illustrent aussi les défis auxquels il fait face, tout en déterminant la manière dont il s’adapte au changement.

    Les compétences clés : littératie, numératie et résolution de problèmes dans des environnements technologiques

    Pour favoriser une meilleure compréhension de ces défis, le Canada s’est joint au Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA) de l’OCDE. Le programme, qui repose sur de précédentes évaluations internationales, fournit des mesures comparables à l’échelle internationale qui portent sur trois compétences essentielles au traitement de l’information : la littératie, la numératie et la résolution de problèmes dans des environnements technologiques (appelée « RP-ET » dans le présent rapport).

    Début de l'encadré 1

    Une initiative internationale

    Le Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA) est une initiative de l’OCDE qui met à contribution à la fois le secteur de l’éducation et celui du marché du travail. La mission de l’OCDE est de promouvoir les politiques qui permettront d’améliorer le bien-être économique et social des personnes aux quatre coins du monde.

    La conception et la mise en œuvre du PEICA sont placées sous la responsabilité d’un consortium international dirigé par l’Educational Testing Service – ETS (service d’évaluation du rendement scolaire) aux États-Unis. Les autres partenaires sont les suivants : Westat, aux États-Unis; cApStAn, en Belgique; le Research Centre for Education and the Labour MarketROA (centre de recherche pour l’éducation et le marché du travail) à l’Université de Maastricht, aux Pays-Bas; ainsi que GESIS-Leibniz Institute for the Social Sciences (institut de sciences sociales GESIS-Leibniz), le German Institute for International Educational ResearchDIPF (institut allemand de recherches internationales sur l’éducation) et le Data Processing and Research Centre (centre de traitement des données et de recherche) de l’Association internationale pour l’évaluation du rendement scolaire (AIE), en Allemagne.

    Le Canada est l’un des 24 pays et régions infranationales qui ont participé au premier cycle du PEICA (d’août 2011 à juin 2012). (Un deuxième cycle du PEICA se déroulera dans neuf pays supplémentaires en 2014 et les résultats seront publiés en 2016. Voici les pays en question : le Chili, la Grèce, l’Indonésie, Israël, la Lituanie, la Nouvelle-Zélande, Singapour, la Slovénie et la Turquie.)

    Fin de l'encadré 1

    Étant donné le caractère essentiel de la communication écrite et des mathématiques de base dans pratiquement tous les domaines de la vie, et à la lumière de l’intégration rapide des TIC, les personnes doivent être en mesure de comprendre et de traiter de l’information textuelle et numérique, sous forme imprimée et électronique, et d’y répondre, pour pouvoir participer pleinement à la société – en tant que citoyens, membres d’une famille, consommateurs ou employés. Les trois compétences susmentionnées sont considérées comme essentielles à la participation sociale : elles servent de base au développement d’autres compétences cognitives, d’un ordre plus élevé, et sont des conditions préalables pour accéder à des domaines précis de connaissance et en acquérir une compréhension adéquate. En outre, elles sont nécessaires dans un large éventail de contextes, tant à l’école et au travail que dans la vie quotidienne.

    Ce premier rapport pancanadien sur le PEICA donne un aperçu initial de la répartition de ces compétences parmi les Canadiens, ainsi que de la manière dont les résultats se comparent à ceux des populations d’autres pays. 

    Qu’est-ce que le PEICA?

    Le PEICA est une enquête hautement complexe qui porte sur les compétences en traitement de l’information des jeunes et des adultes âgés de 16 à 65 ansNote 1. Le Canada est l’un des 24 pays et régions infranationalesNote 2 qui participent à l’initiative. En plus de sonder le pays tout entier, le Canada a recueilli des données pour chaque province et chaque territoire.

    Liste I.1 Pays et régions intranationales participant au PEICA, 2012

    Principaux éléments du PEICA au Canada

    L’enquête du PEICA se compose de trois parties principales : un questionnaire contextuel, une évaluation directe et un module sur l’utilisation des compétences.

    Questionnaire contextuel

    Le questionnaire contextuel du PEICA met dans leur contexte les résultats des évaluations des compétences, en classant les participants de l’enquête selon un éventail de facteurs qui influent sur le développement et le maintien des compétences. Plus exactement, le questionnaire facilite l’analyse de la répartition des compétences par rapport à des variables sociodémographiques. Il permet aussi d’examiner des résultantes qui peuvent être associées aux compétences.

    Le questionnaire contient les sections suivantes :

    • caractéristiques démographiques (p. ex., âge, sexe, identité autochtone, statut d’immigrant);
    • niveau de scolarité et formation (p. ex., plus haut niveau de scolarité atteint, lieu et année d’obtention du diplôme, domaine d’études);
    • situation d’emploi et revenu (p. ex., en emploi ou non, type de travail, revenus);
    • antécédents sociaux et linguistiques (p. ex., autodéclaration d’état de santé, langue parlée à la maison).

    Évaluation directe des compétences en traitement de l’information

    La composante d’évaluation directe permet de mesurer trois compétences essentielles en traitement de l’information, telles qu’elles sont définies par le PEICA : littératie, numératie et RP-ET. Ces compétences correspondent aux compétences essentielles de la vie quotidienne – à la maison, à l’école, au travail et dans la collectivité. Il convient de préciser qu’elles sont évaluées dans la langue officielle choisie par les répondants (français ou anglais); et que par conséquent, l’aisance des répondants dans cette langue exerce une incidence sur les résultats.

    Chaque compétence est mesurée selon un continuum et selon le contexte dans lequel elle est utilisée. Pour aider à interpréter les résultats, ce continuum a été divisé en différents niveaux de compétence. Ces derniers ne représentent pas des démarcations strictes entre les aptitudes, mais ils servent à décrire un ensemble de compétences que possèdent les personnes dans une plus ou moins grande mesure. Cela ne veut pas dire que les personnes obtenant un rendement qui se situe à un niveau moins élevé sont dans l’impossibilité d’accomplir des tâches d’un niveau plus élevé; cela indique simplement qu’elles sont moins susceptibles d’accomplir ces tâches que les personnes obtenant un rendement qui se situe à un tel niveau.

    Le PEICA reconnaît que des concepts comme la littératie, la numératie et la RP-ET sont trop complexes et trop diversifiés pour être représentés par une seule mesure. Par exemple, il existe des formes multiples de littératie, et non pas un seul type. Le but du programme n’est donc pas de redéfinir ou de simplifier de tels concepts; il s’agit d’évaluer une dimension mesurable et précise qui correspond à un concept donné. Les compétences évaluées dans le cadre du PEICA sont définies en fonction de trois paramètres : contenu, stratégies cognitives et contexte. Pour chaque domaine étudié, le contenu et les stratégies cognitives sont définis selon un cadre précis, qui décrit l’élément mesuré et oriente l’interprétation des résultats (OCDE 2012).  Le contexte définit les différentes situations dans lesquelles ces compétences sont utilisées, et inclut le travail, l’éducation, la vie personnelle, ainsi que la société.

    Littératie
    Le but est de mesurer la capacité des répondants de comprendre des textes écrits (imprimés et numériques) afin de participer à la société, d’atteindre leurs objectifs, de perfectionner leurs connaissances et de développer leur potentiel. La démarche nécessite de repérer, de cerner et de traiter l’information qui apparaît dans une variété de textes associés à un éventail de milieux.

    • Le PEICA comprend également une évaluation des composantes de la lecture, conçue dans l’optique de fournir de l’information à propos des adultes qui affichent de très faibles niveaux de compétence en lecture. L’évaluation sert à mesurer les compétences dans les domaines du vocabulaire imprimé (mettre en correspondance des mots avec l’image d’un objet), du traitement de phrases (déterminer si une phrase produit un sens logique) et de la compréhension de passages (choisir les mots qui ont le plus de sens dans un contexte donné). Les résultats de l’évaluation des composantes de la lecture ne sont pas inclus dans le présent rapport.

    Numératie
    Le but est de mesurer la capacité des répondants de comprendre de l’information mathématique afin de gérer les exigences mathématiques dans un éventail de situations de la vie quotidienne. La démarche nécessite de comprendre le contenu et les idées mathématiques (p. ex., quantités, nombres, dimensions, relations), de même que la représentation d’un tel contenu (p. ex., objets, images, diagrammes, graphiques).

    RP-ET
    Le but est de mesurer la capacité des répondants à utiliser la technologie numérique, les outils de communication et les réseaux afin d’obtenir et d’évaluer de l’information, de communiquer avec autrui et d’accomplir des tâches pratiques. La démarche nécessite de comprendre la technologie (p. ex., matériel informatique, applications logicielles, commandes et fonctions) et de résoudre des problèmes en l’utilisant. La mesure de cette compétence est divisée en deux paramètres distincts, mais liés : 1) connaissance des ordinateurs et de leur utilisation; et 2) capacité de résoudre des problèmes fréquemment rencontrés dans des environnements technologiques. 

    Module sur l’utilisation des compétences

    Le module sur l’utilisation des compétences recueille des renseignements autodéclarés sur la manière dont un éventail de compétences est utilisé au travail et dans la vie quotidienne, y compris sur l’intensité et la fréquence avec lesquelles ces compétences sont utilisées. Il comprend des renseignements au sujet de l’utilisation des éléments suivants :

    • compétences cognitives, telles que la maîtrise de la lecture, de la numératie et des TIC;
    • compétences non cognitives (telles que la capacité de travailler de façon collaborative ou en tant que membre d’une équipe), compétences en matière d’interaction, compétences en matière d’organisation et de planification, ainsi que compétences en matière de négociation;
    • compétences en milieu de travail, telles que l’autonomie par rapport à des aspects clés du travail et les différents types d’aptitudes qui sont utilisées au travail.

    Le présent rapport n’inclut aucun renseignement ou résultat tiré du module. Cependant, les données recueillies sont propices à une analyse future, hautement détaillée et axée sur certains aspects importants du marché du travail, comme l’étendue et la répartition des compétences utilisées sur le marché du travail (OCDE 2013b).

    Placer les résultats dans leur contexte

    Bien qu’il puisse être tentant de faire des comparaisons rapides entre les pays ou les régions infranationales, il convient de modérer une telle tentation au moyen d’une compréhension aiguë de la complexité des données. Un large éventail de nations a participé au PEICA, et les populations interrogées ont commencé leur scolarité dans une période comprise entre le début des années 1950 et le début des années 2000 – un demi-siècle qui a été marqué par de profonds changements. Par conséquent, les résultats sont affectés par plusieurs facteurs qui varient d’une instance à l’autre, dont les suivants :

    • l’évolution des systèmes d’éducation et de formation;
    • les changements des politiques d’éducation;
    • le développement des économies régionales et nationales;
    • les tendances en matière d’immigration; et
    • les changements des attentes et des normes sociales.

    Tirer des conclusions hâtives comporte des risques, et cela est particulièrement vrai dans le cas du Canada, dont le rendement national découle de résultats provinciaux et territoriaux. Outre les grandes différences entre les instances provinciales/territoriales, il existe des différences majeures entre les populations au sein de celles-ci – et l’on peut uniquement comprendre ces différences dans un contexte plus large. Par exemple, les répondants du Canada ont reçu le test en langue française ou anglaise; toutefois, ni l’une ni l’autre n’est la langue maternelle d’une portion de la population du Canada. En ce sens, les scores du PEICA correspondant à ces populations permettent de mesurer les compétences dans une langue seconde.

    Parmi les exemples de différences entre les instances provinciales/territoriales et au sein de celles-ci, citons les éléments suivants : la composition sociodémographique de leurs populations; le niveau de scolarité de ces populations; la proportion d’immigrants dans une population donnée; la répartition des résidents dans les zones rurales vs ceux qui habitent les centres de population; ainsi que la nature du marché du travail et des économies locales. Ces facteurs reflètent la diversité de la population du Canada, mais compliquent inévitablement l’analyse des résultats et nuisent aux comparaisons simples entre les instances.

    À propos du rapport

    Le présent rapport pancanadien est un complément au rapport international de l’OCDE sur le PEICA et vise à donner un aperçu initial des statistiques descriptives de l’enquête auprès des Canadiens.

    Le chapitre 1 fournit une analyse descriptive et comparative de la répartition de la maîtrise des compétences clés parmi les populations des 13 provinces et territoires du Canada, d’un point de vue international. Le chapitre 2 examine le lien entre la maîtrise des aptitudes et les facteurs qui influent sur le développement et le maintien des compétences au Canada, comme les caractéristiques sociodémographiques. Cet examen est approfondi au chapitre 3, qui étudie le niveau de compétence de certaines populations au sein du Canada. Enfin, le chapitre 4 donne un aperçu des compétences en littératie et en numératie au Canada en 2003 et en 2012.

    Sur la scène internationale comme au Canada, il faudra consolider les enseignements tirés du PEICA pour mieux comprendre les raisons qui se cachent derrière les chiffres. Par conséquent, le présent rapport peut être considéré comme une première étude des données du PEICA. Il servira de point de départ pour mener une analyse plus approfondie, qui sera publiée dans les prochaines années.


    Notes

    1. Bien que la population de l’enquête du PEICA comprenne les jeunes (ceux âgés de 16 à 24 ans) et les adultes, seul le terme «adulte» sera utilisé dans ce rapport pour désigner les deux groupes afin de ne pas alourdir le texte.
    2. Veuillez noter qu’au moment de la rédaction, les données n’étaient pas disponibles pour la France et la Fédération de Russie. De ce fait, les résultats figurant dans le présent rapport correspondent seulement à 22 pays et régions infranationales.
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