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Chapitre 2. La santé, le bien-être et la sécurité2.1 La santé et le bien-être Tous les chapitres du présent rapport ont trait, d'une manière ou d'une autre, au bien-être des aînés. Toutefois, les trois dimensions du présent chapitre constituent des éléments particulièrement importants pour la qualité de vie des aînés. La majorité des gens s'entendent pour dire que la santé physique et mentale, le grand thème de la section 2.1 de ce chapitre, est l'un des facteurs les plus déterminants du bien-être d'une personne. Certains iraient même jusqu'à dire que la santé est synonyme de bien-être. Dans la section 2.1, nous comparons l'état de santé physique et mental de la génération actuelle des aînés à celui des personnes plus jeunes. L'accès aux services de santé et les comportements liés à la santé (l'activité physique, le tabagisme, la consommation d'alcool et l'alimentation) sont également comparés pour tous les groupes d'âge. Enfin, des renseignements sont donnés sur la santé de la prochaine génération d'aînés, les personnes qui ont maintenant entre 55 et 64 ans. La section 2.2 porte sur un autre ingrédient important du mieux-être : la sécurité financière. Les ressources financières sont non seulement liées à la santé mais encore, comme la santé elle-même, à la possibilité qu'une personne soit active lorsqu'elle vieillit. Les aînés, particulièrement certains sous-groupes tels que les femmes vivant seules, courent un plus grand risque d'insécurité financière que les autres groupes de la société. Les tendances au fil du temps, ainsi que des comparaisons entre les groupes d'âge et entre des sous-groupes d'aînés, sont présentées dans ce chapitre. Enfin, la section 2.3 s'intéresse à un aspect plus précis du mieux-être des personnes : leur protection contre le crime. 2.1 La santé et le mieux-êtreLa bonne santé et le bien-être des aînés constituent un objectif fondamental des Canadiens âgés ainsi que de la société puisque leur participation active à la collectivité en dépend en grande partie. Dans la présente section, nous examinons divers aspects de la santé et du bien-être des aînés et nous faisons des comparaisons avec des groupes d'âge plus jeunes. Dans la mesure du possible, nous y faisons aussi des comparaisons dans le temps. La présente section porte aussi sur deux facteurs qui se sont avérés influer sur la santé des gens en général : les comportements liés à la santé et l'accès aux services de santé. Il convient de souligner que d'autres facteurs importants ont une incidence sur la santé et le bien-être des aînés, par exemple, le niveau de scolarité et l'alphabétisation, les réseaux sociaux, le soutien social et la participation sociale. Ces questions sont traitées dans d'autres chapitres du rapport, où les liens entre divers indicateurs du statut socioéconomique, de la participation sociale et de l'état de santé sont présentés. La présente section débute par divers aspects de la santé physique et mentale des aînés, par exemple, l'autoévaluation de l'état de santé, la prévalence des problèmes de santé chronique et la détresse psychologique. Les dernières parties fournissent de l'information sur les comportements liés à la santé et à l'accès aux services de santé. L'état de santé généralPour la plupart des gens, le vieillissement est lié à une moins bonne santé en général et à l'apparition de diverses formes de limitations d'activités. Toutefois, des données révèlent qu'une grande proportion d'aînés se portent encore très bien lorsqu'on les compare à des personnes plus jeunes. L'espérance de vieL'espérance de vie plus longue est généralement considérée être une bonne nouvelle. En 1901, une femme née au Canada pouvait s'attendre à vivre, en moyenne, jusqu'à 50 ans et un homme, jusqu'à 47 ans (Martel et Bélanger, 2000). En 2003, l'espérance de vie à la naissance des Canadiens était d'environ 80 ans (tableau 2.1.1). La prolongation de l'espérance de vie n'est pas encore terminée; en l'espace de seulement quatre ans, soit entre 1997 et 2001, l'espérance de vie à la naissance a augmenté d'environ un an. L'espérance de vie des aînés plus jeunes ou d'âge avancé a également augmenté au cours de cette brève période (tableau 2.1.2).
Bien que la plupart des gens croient qu'il est souhaitable de vivre plus longtemps, une longue vie en bonne santé est certainement un but plus important. En 2001, on estimait que l'espérance de vie en bonne santé (ou l'espérance de vie ajustée sur la santé) des personnes âgées de 65 ans était de 12,7 ans pour les hommes et de 14,4 années pour les femmes (graphique 2.1.1)1. Graphique 2.1.1 Espérance de vie ajustée sur la santé à 65 ans selon le sexe et le tercile de revenu, 2001
Le revenu est l'un des facteurs bien connus qui est relié à l'espérance de vie en bonne santé. En 2001, les hommes âgés de 65 ans et plus et dont le revenu se situait dans le tercile le plus élevé pouvaient s'attendre à vivre 1,3 an de plus en bonne santé que les hommes du tercile inférieur (graphique 2.1.1). L'écart entre les femmes aînées des terciles de revenu inférieurs et supérieurs était moindre, soit de 0,5 an. Les taux de mortalitéLa diminution des taux de mortalité entraîne directement l'augmentation de l'espérance de vie (les taux de mortalité représentent la fréquence du décès dans des groupes d'âge particuliers). Entre 1991 et 2002, les taux de mortalité ont affiché une chute importante dans tous les groupes d'âge, sauf celui des personnes âgées de 90 ans et plus (tableau 2.1.3). Pour l'ensemble des aînés, à l'exception de ceux de ce groupe d'âge, la probabilité de décéder était plus faible en 2002 qu'elle ne l'était 11 ans auparavant. Par exemple, pour chaque tranche de 1 000 personnes âgées de 80 à 84 ans en 2002, 64,8 personnes sont décédées au cours de l'année, comparativement à 73,8 en 1991.
Les nouvelles technologies et connaissances médicales, les mesures de santé publique, les programmes de soutien du revenu des personnes âgées et le meilleur état de santé général de la population vieillissante peuvent expliquer la diminution de la mortalité au cours de la dernière décennie. Les causes de décèsLe cancer et les cardiopathies sont les principales causes de décès des aînés (tableau 2.1.4). Entre 2000 et 2002, les décès causés par le cancer ont légèrement augmenté chez les aînés âgés de 85 ans et plus (le taux était de 2 064 pour 100 000 en 2000 par rapport à 2 121 pour 100 000 en 2002), ils sont demeurés à peu près identiques dans le groupe des personnes âgées de 75 à 84 ans et ils ont diminué de façon non significative chez les aînés plus jeunes. Puisque les taux de mortalité dus à toutes les causes ont diminué en même temps, le cancer représentait une plus grande proportion des décès en 2002 qu'en 2000. Par exemple, parmi les personnes âgées de 75 à 84 ans, 28,8 % de tous les décès ont été causés par le cancer en 2000, comparativement à 27,8 % en 2002. Par exemple, parmi les personnes âgées de 75 à 84 ans, 28,8 % de tous les décès ont été causés par le cancer en 2000, comparativement à 27,8 % en 2002. Parmi les personnes âgées de 65 à 74 ans, le cancer était la cause de 42,2 % de tous les décès en 2002, comparativement à 40,9 % seulement deux ans auparavant. Tableau 2.1.4 Taux de mortalité pour 100 000 habitants chez les personnes âgées de 65 ans ou plus pour certaines causes, 2000 à 2002
Les hommes aînés sont plus susceptibles de décéder d'un cancer que les femmes aînées. En 2002, 996,6 hommes âgés de 65 à 74 ans pour 100 000 sont décédés du cancer, comparativement à seulement 650,3 femmes pour 100 000 du même groupe d'âge. La même tendance était manifeste dans les groupes d'âge plus avancé, et encore plus chez les personnes âgées de 85 ans et plus. Parmi les personnes âgées de 85 ans et plus, dont le décès avait été causé par le cancer, le taux était 1,9 fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes. Entre 2000 et 2002, la deuxième principale cause de décès chez les aînés, les cardiopathies, a diminué (tableau 2.1.4) tant chez les hommes que chez les femmes. La fréquence de la grippe et de la pneumonie comme causes de décès a également diminué considérablement pendant la période allant de 2000 à 2002. Chez les hommes âgés de 85 ans et plus, les taux de mortalité causés par la grippe et la pneumonie ont été ramenés de 806,9 pour 100 000 en 2000 à 704 pour 100 000 en 2002, soit une baisse de 13 %. Les taux de mortalité par cancer et les nouveaux cas de cancerLe tableau 2.1.5 présente les taux de mortalité par cancer selon le type de cancer. Les tumeurs malignes de la trachée, des bronches et des poumons sont responsables du plus grand nombre de décès. Les décès dus à cette cause ont augmenté de 2000 à 2002, tout spécialement chez les hommes d'âge plus avancé. En 2002, 599,2 hommes âgés de 85 ans et plus pour 100 000 sont décédés d'une tumeur maligne de la trachée, des bronches ou des poumons, tandis que ce taux était de 530,6 pour 100 000 en 2000. Tableau 2.1.5 Taux de mortalité par cancer (pour 100 000 habitants) chez les personnes âgées de 65 ans ou plus, par type de cancer, groupe d'âge et sexe, 2000 à 2002
Bien que le cancer de la prostate chez les hommes et le cancer du sein chez les femmes ne soient pas les principales causes de décès, ce sont les cancers les plus susceptibles d'être diagnostiqués chez les aînés (tableau 2.1.6). Tableau 2.1.6 Nombre de nouveaux cas de certains cancers pour 100 000 habitants de 60 ans ou plus, par groupe d'âge et sexe, 2001
L'autoévaluation de l'état de santéL'autoévaluation de l'état de santé est l'un des indicateurs les plus utiles et les plus fiables dont on dispose dans les enquêtes sur la santé de la population. Elle s'est avérée être un indicateur de l'état de santé aussi bon sinon meilleur que des mesures telles que la capacité fonctionnelle, les maladies chroniques et le bien-être psychologique (Lundberg et Manderbacka, 1996) et un bon prédicteur de l'incidence des maladies chroniques, du rétablissement après une maladie, de la perte d'autonomie et de la mortalité (Idler et Benyamini, 1997). L'état de santé est perçu de manière moins positive à mesure que les personnes vieillissent. En d'autres termes, les aînés sont bien moins susceptibles de dire qu'ils sont en très bonne ou en excellente santé que leurs homologues plus jeunes (tableau 2.1.7), ce qui n'est pas surprenant étant donné que les problèmes de santé physique ont tendance à augmenter avec l'âge2. Or, une grande proportion d'aînés disent être en excellente ou en très bonne santé : 37 % en 2003. À titre de comparaison, 63 % des membres du groupe d'âge de 25 à 54 ans en disent autant. Tableau 2.1.7 Pourcentage de personnes selon l'autoévaluation de leur état de santé, par groupe d'âge et sexe, 1994, 1995 et 2003
On tient souvent pour acquis que les aînés d'aujourd'hui sont en meilleure santé que leurs parents ou leurs grands-parents. Toutefois, l'autoévaluation de la santé n'a pas changé de manière significative de 1994 à 2003. En 1994 et 1995, 24 % des hommes aînés âgés de 65 à 74 ans et 23 % des femmes du même groupe d'âge ont dit avoir une santé passable ou mauvaise. En 2003, les proportions étaient pratiquement identiques, soit 23 % des femmes et des hommes qui faisaient partie du groupe d'âge des 65 à 74 ans (malheureusement, on ne dispose pas de données comparables pour les années antérieures à 1994). L'un des prédicteurs socioéconomiques les plus solides de l'autoévaluation de l'état de santé et d'autres indicateurs de la santé est le niveau de scolarité. Dans tous les groupes d'âge, plus le niveau de scolarité est élevé, plus la probabilité qu'une personne dise être en excellente ou en très bonne santé augmente (graphique 2.1.2). Certaines comparaisons entre les groupes d'âge et entre divers niveaux de scolarité sont particulièrement révélatrices. Par exemple, en 2003, les personnes âgées entre 65 et 74 ans qui avaient un grade universitaire étaient plus susceptibles d'être en excellente ou en très bonne santé (58 %) que les personnes âgées de 25 à 54 ans qui n'avaient pas terminé leurs études secondaires (48 %). Graphique 2.1.2 Pourcentage des personnes qui disent être en excellente ou en très bonne santé, par niveau de scolarité le plus élevé, 2003
La prochaine génération d'aînés, c'est à-dire les personnes âgées entre 55 et 64 ans, possède des caractéristiques très différentes de la génération actuelle en ce qui a trait au niveau de scolarité. Entre 1990 et 2005, la proportion de personnes ayant un certificat ou un diplôme d'études postsecondaires est passée de 7 % à 19 % dans ce groupe d'âge3 (graphique 2.1.3). Au cours de la même période, la proportion des personnes approchant de l'âge de la retraite et n'ayant pas fait d'études secondaires a été ramenée de 54 % à 25 %. Par conséquent, pendant les années à venir, lorsque les premiers membres de la génération du baby-boom auront 65 ans (en 2011), la proportion des aînés ayant fait des études postsecondaires ou ayant un grade universitaire augmentera considérablement. Si la corrélation positive entre le niveau de scolarité et la santé ne change pas au cours des années à venir, il est probable qu'une plus grande proportion d'aînés dira être en très bonne ou en excellente santé. Graphique 2.1.3 Pourcentage des personnes âgées de 55 à 64 ans ayant un grade universitaire, selon le sexe, de 1990 à 2005
Les problèmes de santé chroniquesCertains problèmes de santé chroniques sont plus susceptibles de toucher les aînés tandis que d'autres, comme l'asthme ou les problèmes de dos, sont fréquents dans tous les groupes d'âge (tableau 2.1.8). L'arthrite ou le rhumatisme est l'affection chronique la plus souvent signalée par les aînés. En 2003, 44 % des personnes âgées de 65 à 74 ans et 51 % de celles âgées de 75 ans et plus disaient avoir de l'arthrite ou du rhumatisme, la proportion des femmes affectées étant plus grande que celle des hommes.
L'hypertension était le deuxième problème de santé chronique le plus courant chez les aînés. En 2003, plus de 40 % des aînés avaient cette maladie. Les femmes étaient particulièrement à risque : la moitié de celles âgées de 75 ans et plus ont dit qu'un problème d'hypertension avait été diagnostiqué chez elles, comparativement à 37 % des hommes du même groupe d'âge. L'obésité, facteur étroitement corrélé à la probabilité de développer de l'hypertension et de l'arthrite (Wilkins, 2004), est à la hausse depuis quelques années (Tjepkema, 2005). À moins que cette tendance ne soit renversée, la fréquence de ces deux problèmes de santé chroniques augmentera au cours des années à venir. Enfin, les groupes d'âge plus avancé sont tout spécialement affligés par des problèmes liés aux yeux (les cataractes et le glaucome), comparativement aux personnes plus jeunes. En 2003, 28 % des aînés âgés de 75 ans et plus avaient des cataractes. Les cataractes peuvent entraîner une perte de la vue progressive mais non douloureuse et, si elles ne sont pas traitées, une chirurgie peut finir par être nécessaire. Comme la proportion des personnes âgées de 75 ans et plus s'accroît rapidement, on s'attend à ce que la demande de chirurgie de la cataracte augmente. En 2003, environ 79 % des hommes aînés et 84 % des femmes aînées avaient un problème de vision sous une forme ou une autre (allant de la difficulté à lire ou à regarder la télévision à une déficience plus grave, comme le fait de ne pas voir assez bien pour pouvoir conduire) (Millar, 2004). La plupart de ces aînés ont fait corriger leurs difficultés. Dans l'ensemble, seulement 4 % des aînés avaient un problème de vision non corrigé en 2003, et cette proportion était de 8 % chez les personnes âgées de 80 ans et plus. Tous les problèmes de santé chroniques n'ont pas les mêmes répercussions sur la santé; pour les aînés, les maladies ayant le plus grand impact sur la qualité de vie liée à la santé sont la maladie d'Alzheimer, l'accident vasculaire cérébral, l'épilepsie, les troubles intestinaux et l'incontinence urinaire (Schultz et Kopec, 2002). Les limitations d'activités et la dépendanceLes limitations d'activités comptent parmi les facteurs les plus importants qui diminuent la qualité de vie d'une personne et qui l'empêchent de s'intégrer pleinement dans la société. L'autonomie, qui est une grande inquiétude chez les aînés, sous-entend la possibilité de faire des activités quotidiennes par soi-même. Selon des recherches, il existe un lien très positif entre l'autoévaluation de l'état de santé et la possibilité de faire des activités quotidiennes sans limitation ou dépendance à l'égard d'autres personnes (Shields et Shoostari, 2001). En 2003, un aîné âgé de 75 ans et plus sur dix et vivant dans un ménage privé avait besoin de l'aide d'une autre personne pour ses soins personnels, comme se laver, s'habiller, manger ou prendre des médicaments (tableau 2.1.9). Une seule personne âgée de 25 à 54 ans sur 100 était dans la même situation. Toutefois, la proportion des aînés qui avaient besoin d'aide pour leurs soins personnels en 2003 n'était pas bien différente de celle qui prévalait en 1994 et 1995. Tableau 2.1.9 Pourcentage de personnes disant avoir besoin d'aide pour accomplir des activités quotidiennes, par groupe d'âge, 1994, 1995 et 2003
Les travaux ménagers constituent l'activité la plus problématique pour les aînés. En 2003, un quart des personnes âgées de 75 ans et plus disaient avoir besoin d'aide pour faire leurs travaux ménagers quotidiens. Toutefois, on ne sait pas quel genre de travaux les aînés trouvaient les plus difficiles à faire seuls. Il est fort probable que bon nombre d'entre eux peuvent faire des tâches qui nécessitent un effort physique modeste. Dans l'ensemble, il semblerait que, jusqu'à 75 ans, presque tous les aînés peuvent faire leurs activités quotidiennes par eux-mêmes, y compris préparer les repas. En général, les aînés ne semblaient pas être plus ou moins dépendants à l'égard d'autres personnes en 2003 qu'ils ne l'étaient en 1994 et 1995. Tel que susmentionné, des indices donnent à penser que la dépendance à l'égard d'autres personnes et/ou la maladie qui cause cette dépendance ont des conséquences dramatiques sur la qualité de vie des aînés. Parmi les personnes âgées de 65 ans et plus qui avaient besoin d'aide pour se déplacer dans la maison, 15 % ont dit être insatisfaites ou très peu satisfaites de leur vie en général. À titre de comparaison, seulement 3 % de celles qui ont dit pouvoir se déplacer dans la maison se sentaient ainsi. Les aînés qui avaient besoin de l'aide des autres pour leurs soins personnels étaient bien plus susceptibles de se dire moins satisfaits de leur vie; en 2003, 12 % de ces personnes ont dit être insatisfaites ou très peu satisfaites de leur vie. Les difficultés liées aux activités quotidiennesLa participation active à la société peut également être compromise si une personne éprouve des difficultés à entendre, à voir, à marcher, à monter des escaliers, à se pencher, à apprendre ou à faire des activités semblables. Toutes ces difficultés, si elles sont cumulatives, peuvent grandement entraver la qualité de vie d'une personne de tout âge. De nombreux genres de problèmes physiques ou cognitifs peuvent limiter les activités quotidiennes des aînés. Les problèmes de mobilité sont tout spécialement fréquents chez les aînés d'âge avancé : 47 % des personnes âgées de 85 ans et plus ne peuvent pas marcher, ont besoin d'un soutien mécanique ou d'un fauteuil roulant ou de l'aide d'une autre personne pour se déplacer (tableau 2.1.10), ce qui est le cas de seulement 8 % des aînés âgés de 65 à 74 ans. Une bonne ouïe et une bonne vision, la capacité de régler les problèmes quotidiens et de se rappeler la plupart des choses sont des tâches qui deviennent plus difficiles chez les personnes âgées de 85 ans et plus.
Par contre, les troubles du sommeil et la sensation de malaise ou de douleur n'étaient pas aussi étroitement liés à l'âge. Environ 26 % des personnes âgées de 55 à 64 ans ont dit éprouver de la difficulté à s'endormir ou à rester endormies, comparativement à 32 % des personnes âgées de 75 à 84 ans. Les blessuresComparativement aux personnes plus jeunes, les aînés sont bien moins susceptibles de se blesser, surtout parce qu'un moins grand nombre d'entre eux prennent part à des activités au cours desquelles le risque de blessure est élevé. En 2000 et 2001, 6 % des hommes et 9 % des femmes âgés de 65 à 79 ans étaient gravement blessés; c'est à-dire qu'ils avaient une blessure suffisamment grave pour limiter leurs activités habituelles, par exemple, une fracture, une entorse, une coupure ou une brûlure grave ou un empoisonnement (Wilkins et Park, 2003). Ces taux sont les plus faibles qui aient été observés parmi tous les groupes d'âge de la population (graphique 2.1.4). Graphique 2.1.4 Pourcentage des hommes et des femmes qui ont été gravement blessés au cours de la dernière année, par groupe d'âge, 2000 et 2001
Les chutes étaient la principale cause des blessures graves pour l'ensemble de la population en 2000 et 2001. Parmi les aînés, 53 % des chutes avec blessures ont été causées lorsqu'une personne a glissé, trébuché ou titubé (sur une surface non glacée). Par ailleurs, 19 % des personnes âgées de 65 ans et plus qui ont été blessées lors d'une chute ont dit avoir glissé ou trébuché sur la glace ou la neige (comparativement à 13 % des personnes âgées de 12 à 64 ans). La santé mentaleUne conception positive de la vie est un aspect capital du bien-être. En règle générale, la santé mentale est étroitement liée à la santé physique. Non seulement la santé mentale est-elle un facteur qui influe sur la santé physique mais encore elle subit l'influence de la santé physique (Beaudet, 1999). À mesure qu'ils vieillissent, la plupart des gens développent des problèmes de santé physique, qui peuvent avoir une incidence sur leur moral. L'état psychologique des aînés est-il moins bon que celui des personnes plus jeunes? De nombreux indicateurs, comme le niveau de détresse psychologique et le bien-être, indiquent que cela ne semble pas être le cas. La détresse psychologique chez les aînésLa détresse psychologique consiste à ressentir de la nervosité, de la tristesse, du désespoir, à manquer d'estime de soi et à éprouver d'autres émotions négatives. La détresse psychologique diminue à mesure que les gens vieillissent (des résultats plus élevés indiquent un niveau plus grand de détresse psychologique) (graphique 2.1.5). Toutefois, dans le groupe d'âge plus avancé (75 ans et plus), cette tendance à la baisse est inversée et, même si le résultat de la détresse psychologique est bien inférieur à celui de la population plus jeune, il correspond à celui des personnes qui approchent de l'âge de la retraite (de 55 à 64 ans). Même si la résilience et l'expérience de vie peuvent favoriser la baisse du niveau de détresse psychologique à mesure qu'une personne vieillit, les problèmes de santé physique et le risque plus élevé d'isolement social peuvent expliquer pourquoi les personnes qui ont plus de 75 ans ont dit éprouver une détresse plus grande.
Il est plus simple d'examiner le lien entre l'âge et la détresse psychologique si l'on observe les tendances équivalentes d'un élément de la détresse psychologique, soit la fréquence à laquelle les personnes se sont senties tristes ou déprimées au cours du dernier mois. Les personnes plus jeunes (de 25 à 54 ans) étaient les plus susceptibles de dire qu'elles s'étaient senties tristes ou déprimées (une petite partie du temps ou plus souvent) au cours du dernier mois (47 %). Cette proportion était inférieure dans le groupe d'âge de 55 à 64 ans et était la plus faible chez les personnes âgées de 65 à 74 ans; environ le tiers (33 %) des aînés de ce groupe d'âge ont dit s'être sentis tristes ou déprimés au cours du dernier mois. Les personnes âgées de 75 ans et plus étaient un peu moins susceptibles que celles âgées de 65 à 74 ans de dire qu'elles ne s'étaient pas senties tristes ou déprimées au cours du dernier mois. Le niveau de bien-être des aînésLe lien entre l'âge et le bien-être (graphique 2.1.6) est très semblable à celui entre l'âge et la détresse psychologique, qui est décrit ci dessus. L'échelle du bien-être est une mesure des sentiments qu'une personne ressent dans divers aspects de sa vie, comme la fréquence avec laquelle elle a confiance en elle, elle est satisfaite de ses réalisations, elle se sent aimée et appréciée, elle a des buts et ambitions, et ainsi de suite.
En 2002, les aînés étaient plus susceptibles que les personnes plus jeunes d'avoir des résultats plus élevés sur l'échelle du bien-être, ce qui s'appliquait tant aux hommes qu'aux femmes. Toutefois, le niveau de bien-être des aînés âgés de 75 ans et plus était légèrement inférieur à celui de ceux qui avaient de 65 à 74 ans. La répartition des réponses entre les groupes d'âge à l'un des éléments de l'échelle du bien-être illustre bien cette question. Les participants à l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2002, composante santé mentale, devaient dire si, au cours du dernier mois, ils avaient été satisfaits de ce qu'ils avaient pu réaliser, s'ils s'étaient sentis fiers d'eux-mêmes. Parmi les personnes âgées de 65 à 74 ans, 58 % ont dit avoir été presque toujours satisfaites et fières d'elles-mêmes, comparativement à seulement 40 % des personnes âgées de 25 à 54 ans. Par contre, les aînés âgés de 75 ans et plus étaient légèrement moins susceptibles que ceux âgés de 65 à 74 ans de dire qu'ils avaient été presque toujours satisfaits ou fiers (55 %). L'autoévaluation du stressIl a été démontré que le stress, soit les situations où une personne ne peut pas fonctionner efficacement, modifie la réaction immunitaire et influe sur l'apparition et la progression des maladies physiques (p. ex., Kiecolt-Glaser et al., 2002). La majorité des aînés ont dit que le niveau de stress dans leur vie était relativement faible comparativement aux groupes d'âge plus jeunes (tableau 2.1.11). En 2002, 63 % des aînés âgés de 75 ans et plus ont affirmé que leur vie n'était pas du tout stressante ou qu'elle était très peu stressante, mais seulement 27 % des personnes âgées de 25 à 54 ans en ont dit de même.
Contrairement aux deux indicateurs de la santé mentale présentés ci dessous (la détresse psychologique et le bien-être), il n'existe aucune tendance chez les aînés d'âge avancé à dire qu'ils éprouvent un niveau de stress plus élevé que chez ceux du groupe d'âge de 65 à 74 ans. En fait, le stress diminue constamment avec l'âge. Fait peu étonnant, les sources du stress étaient un peu différentes chez les personnes plus jeunes et les personnes plus âgées. Parmi les personnes âgées de 25 à 54 ans, le travail était la principale source de stress dans la vie, tandis que, pour les aînés, il s'agissait de la santé (graphique 2.1.7). Fait intéressant, environ le tiers des aînés âgés de 75 ans et plus (33 %) ont dit que rien dans leur vie ne leur causait de stress. Graphique 2.1.7 Facteur le plus important du stress que vous pouvez éprouver, par groupe d'âge, 2002
Le sentiment de contrôleLe sentiment de contrôle est le niveau de contrôle qu'une personne croit avoir sur sa vie. Les gens qui ont peu de contrôle disent, par exemple, exercer peu de contrôle sur les choses qui leur arrivent et ne pas pouvoir faire grand-chose pour changer bon nombre des éléments importants de leur vie. Le contrôle est une ressource psychologique capitale pour une personne. Selon des études, les personnes dont le niveau de contrôle est plus élevé réussissent mieux sur le marché du travail (Dunifon et Duncan, 1998); on a aussi constaté que le contrôle avait un effet protecteur contre le décès précoce (Pennix, van Tilburg, Kriegsman et al. 1997). Par ailleurs, les personnes qui ressentent un niveau de contrôle moins grand risquent davantage de faire une dépression (Beaudet, 1999) et réussissent moins bien à gérer le stress (Ross et Broh, 2000). Le concept de contrôle englobe la valeur de base de l'autonomie des aînés, c'est à-dire le fait d'exercer un contrôle sur sa vie, de se réaliser autant qu'une personne le souhaite et de prendre ses propres décisions. La plupart des gens disent avoir un niveau de contrôle assez grand sur leur vie (tableau 2.1.12). Néanmoins, ce sentiment de contrôle diminue considérablement avec l'âge. Seulement 6 % des personnes âgées de 75 ans et plus avaient un résultat élevé sur l'échelle du contrôle, comparativement à 24 % des personnes âgées de 25 à 54 ans. De nombreux facteurs sont liés à ce phénomène, notamment l'état de santé physique, un faible niveau de revenu et d'autres facteurs liés au vieillissement. Même si l'on tient compte de ces indicateurs, l'âge demeure un corrélat significatif du faible sentiment de contrôle (Milan, 2006). Il se peut que le vieillissement soit lié à une évaluation plus réaliste de la possibilité d'avoir le plein contrôle de sa vie. Autrement, il se peut que les aînés d'aujourd'hui aient été amenés à croire dans leur jeunesse que le contrôle qu'une personne exerce sur sa vie n'est pas nécessairement une conséquence de sa volonté mais bien de circonstances externes.
Les comportements liés à la santéIl a été démontré que certains comportements, tant actuels que passés, influent sur la qualité de vie et sur la probabilité de vieillir en santé (Martel, Bélanger et al., 2005). On les connaît parfois sous le nom de « modes de vie sains ». Nous examinons ici trois genres de comportements : l'activité physique, le tabagisme et la consommation d'alcool. L'obésité, indicateur du comportement personnel et facteur lié au développement de certains problèmes de santé chroniques tels que l'hypertension, est également examinée. Enfin, le lien entre le niveau de scolarité d'une personne et l'adoption de comportements positifs liés à la santé est étudié. La consommation de fruits et légumesComme le reconnaît Santé Canada : « Une saine alimentation est à la base d'une bonne santé et un élément clé du développement de la santé humaine - depuis la période prénatale et la petite enfance jusqu'au troisième âge »4. La consommation de fruits et légumes est une composante essentielle d'une saine alimentation et de nombreuses études ont démontré que la consommation quotidienne de fruits et légumes en quantité suffisante peut protéger contre le risque de développer une maladie cardiovasculaire et certains cancers (Steinmetz et Potter, 1996). Graphique 2.1.8 Pourcentage des personnes qui consomment au moins cinq portions de fruits et légumes par jour, par groupe d'âge et sexe, 2003
Le Guide alimentaire canadien recommande qu'une personne consomme entre 5 et 10 portions de légumes par jour. En 2003, 48 % des aînés ont dit consommer au moins cinq portions de fruits et légumes par jour, comparativement à 39 % des personnes âgées de 25 à 54 ans. Dans une étude antérieure faisant appel aux données de l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2000 et 2001, on a également constaté que la consommation de fruits et légumes était plus élevée chez les aînés que chez les personnes plus jeunes (Pérez, 2002). Dans tous les groupes d'âge, les femmes sont plus susceptibles que les hommes de consommer le nombre recommandé de portions de fruits et légumes par jour. Toutefois, l'écart entre les sexes diminue dans le groupe d'âge le plus avancé : parmi les aînés âgés de 75 ans et plus, 52 % des femmes ont consommé au moins cinq portions par jour, comparativement à 45 % des hommes. L'indice de l'activité physiqueLes personnes actives physiquement sont en général en meilleure santé et ont également plus de chances de le demeurer plus tard. Parmi les autres résultats positifs, les personnes qui sont actives physiquement sont moins sensibles à plusieurs problèmes de santé chroniques et problèmes affectifs. Fait peu étonnant, les aînés d'âge avancé sont moins susceptibles que les groupes d'âge plus jeunes d'être actifs physiquement (tableau 2.1.13). Toutefois, l'écart entre les Canadiens plus jeunes et plus âgés n'est pas aussi grand qu'on aurait pu s'y attendre, tout spécialement chez les hommes. Tableau 2.1.13 Pourcentage de personnes qui sont actives, modérément actives ou inactives, par groupe d'âge, 2003
En 2003, 27 % des hommes âgés de 65 à 74 ans étaient considérés actifs physiquement pendant leurs loisirs, soit un pourcentage presque identique à la proportion des hommes du groupe d'âge de 25 à 54 ans (26 %). En revanche, une proportion légèrement plus grande de femmes âgées de 25 à 54 ans (22 %) que celles âgées de 65 à 74 ans (17 %) étaient actives. Après le milieu de la septième décennie, le niveau d'activité physique diminue considérablement. Les deux tiers des personnes faisant partie du groupe d'âge de 75 ans et plus étaient inactives physiquement, comparativement à la moitié des membres du groupe de personnes âgées de 25 à 54 ans. Chez de nombreux aînés, cette diminution de l'activité physique est une conséquence de l'apparition de certaines incapacités ou limitations. Une plus grande proportion d'hommes que de femmes sont actifs physiquement. Il est étonnant de constater que la proportion des hommes actifs âgés de 75 ans et plus (20 %) est presque identique à la proportion des femmes actives du groupe de 25 à 54 ans (22 %). De plus, la proportion des hommes du groupe de 65 à 74 ans qui étaient actifs ou modérément actifs (53 %) était plus élevée que celle des femmes actives du groupe d'âge plus jeune (48 %). Parmi les provinces, les aînés de la Colombie-Britannique étaient les plus actifs physiquement (tableau 2.1.14). Il se peut que le plus grand niveau d'activité physique en Colombie-Britannique soit attribuable au climat plus clément, qui facilite des activités physiques telles que la marche pour faire de l'exercice ou le jardinage. Tableau 2.1.14 Pourcentage de personnes qui sont actives, modérément actives ou inactives, par province et groupe d'âge, 2003
L'obésitéAu cours des 25 dernières années, le pourcentage de la population que l'on peut qualifier d'obèse a augmenté dans tous les groupes d'âge (graphique 2.1.9). En 1978 et 1979, seulement 11 % des personnes âgées de 75 ans et plus étaient dites obèses; en 2004, ce pourcentage était passé à 24 %5. Graphique 2.1.9 Pourcentage des personnes obèses, par groupe d'âge, Canada, à l'exclusion des territoires, 1978/1979 et 2004
Bien que, dans les groupes de personnes plus jeunes, la fréquence de l'obésité ne soit pas différente chez les hommes et les femmes, certains écarts apparaissent après 75 ans. Dans ce groupe d'âge, 19 % des hommes et 27 % des femmes étaient dits obèses. Cette disparité correspond à l'écart enregistré dans les niveaux d'activité physique des hommes et des femmes âgés de 75 ans et plus. Bien que l'obésité puisse découler de l'inactivité physique, elle peut réduire la possibilité de pratiquer de telles activités. Le tabagismeIl est bien connu que le tabagisme est la cause première des décès évitables au Canada. Les aînés sont moins susceptibles que les groupes d'âge plus jeunes de fumer régulièrement (tableau 2.1.15). Or, l'écart en 2003 était moins marqué qu'il ne l'était en 1994 et 1995, puisque le tabagisme est devenu de moins en moins fréquent dans les groupes plus jeunes.
En 2003, 11 % des personnes âgées de 65 à 74 ans fumaient quotidiennement, comparativement à 14 % en 1994 et 1995. Toutefois, la proportion des aînés qui n'avaient jamais fumé était plus élevée en 1994 et 1995 qu'en 2003. Ces fluctuations dans le temps se reflètent dans les proportions d'anciens fumeurs. Dans tous les groupes d'âge, la proportion d'anciens fumeurs était plus grande en 2003, ce qui est particulièrement vrai chez les femmes. En 2003, 43 % des femmes âgées de 65 à 74 ans étaient d'anciennes fumeuses, comparativement à 34 % en 1994 et 1995, ce qui est le reflet du fait que le tabagisme chez les jeunes femmes était bien plus populaire à la fin des années 40 et dans les années 1950 (Santé Canada, 2002). Bien que les hommes âgés de 25 à 54 ans soient plus susceptibles de fumer que les femmes, cette différence s'estompe dans les groupes de personnes plus âgées. Cela dit, le pourcentage des hommes aînés qui sont d'anciens fumeurs est bien supérieur à la proportion des femmes. Dans le groupe d'âge de 75 ans et plus, près des trois quarts des hommes étaient d'anciens fumeurs en 2003, comparativement à seulement 40 % des femmes. La consommation d'alcool chez les aînésLa proportion de buveurs habituels dans la population a augmenté dans tous les groupes d'âge entre 1994, 1995 et 2003. Néanmoins, les aînés sont moins susceptibles que les personnes plus jeunes de consommer de l'alcool régulièrement (tableau 2.1.16). En 2003, 48 % des aînés étaient des buveurs habituels, c'est à-dire qu'ils buvaient des boissons alcoolisées au moins une fois par mois (comparativement à 67 % des personnes âgées de 25 à 54 ans).
La consommation régulière d'alcool n'est pas nécessairement jugée être un comportement malsain puisqu'elle peut aider à réduire la probabilité de développer certaines maladies et qu'elle est associée à une plus grande probabilité qu'une personne dise être en excellente ou en très bonne santé (Shields et Shoostari, 2001). Toutefois, la consommation abusive d'alcool peut être plus problématique. La consommation abusive d'alcool peut se définir comme la prise d'au moins cinq consommations en une seule occasion au moins une fois par mois au cours des 12 derniers mois. Les aînés sont bien moins susceptibles que les personnes des groupes d'âge plus jeune d'être de grands buveurs (graphique 2.1.10). En 2003, 12 % des hommes âgés de 65 à 74 ans et 3 % des femmes du même groupe d'âge étaient considérés être de grands buveurs. En revanche, 32 % des hommes âgés de 25 à 54 ans et 11 % des femmes de ce groupe d'âge étaient considérés être de grands buveurs.
La scolarité et les comportements liés à la santéL'un des facteurs les plus importants qui soient liés à l'adoption d'un mode de vie sain est le niveau de scolarité. En règle générale, plus le niveau de scolarité est élevé, moins la probabilité de fumer, d'être inactif physiquement, de ne pas manger suffisamment de fruits et de légumes et d'être un grand buveur est grande. Ce lien est clair et manifeste dans tous les groupes d'âge. Par exemple, la proportion des aînés actifs physiquement qui avaient un grade universitaire dans le groupe des personnes âgées de 65 à 74 ans était de 63 % (actifs ou modérément actifs), comparativement à 40 % de ceux qui n'avaient pas terminé leurs études secondaires (graphique 2.11). De plus, la proportion des aînés très instruits qui fumaient était plus faible que celles des aînés ayant un niveau de scolarité moins élevé (graphique 2.12). Finalement, 55 % des aînés âgés de 65 à 74 ans et ayant un grade universitaire consommaient au moins cinq portions de fruits et légumes par jour, comparativement à 42 % de ceux qui n'avaient pas terminé leurs études secondaires (graphique 2.1.13). Graphique 2.1.11 Pourcentage des personnes actives physiquement par groupe d'âge et niveau de scolarité, 2003 Graphique 2.1.12 Pourcentage des personnes qui fumaient chaque jour, par groupe d'âge et niveau de scolarité, 2003 Graphique 2.1.13 Pourcentage des personnes qui consommaient au moins cinq portions de fruits et légumes chaque jour, par groupe d'âge et niveau de scolarité, 2003
Cela dit, le lien entre le niveau de scolarité et la consommation abusive d'alcool n'est pas aussi évident qu'il ne l'est pour le tabagisme et l'activité physique (tableau 2.1.17). Dans le groupe des personnes âgées de 25 à 54 ans, 28 % des personnes qui n'avaient pas terminé leurs études secondaires étaient considérées être de grands buveurs, comparativement à 17 % de celles qui avaient un grade universitaire. Or, ce lien disparaît dans les groupes plus âgés. Parmi les aînés âgés de 65 à 74 ans, il n'y a pas de lien entre le niveau de scolarité et la probabilité d'être un grand buveur. Tableau 2.1.17 Pourcentage de personnes qui sont des buveurs excessifs, par niveau de scolarité et groupe d'âge, 2003
Une fois encore, ces observations ont des conséquences sur les prochaines générations d'aînés. Tel que susmentionné et décrit en détail au chapitre 3, le niveau de scolarité de la génération du baby-boom est bien plus élevé que celui des générations actuelles d'aînés. Par conséquent, si des personnes plus instruites conservent leurs saines habitudes pendant qu'elles vieillissent, on peut prévoir deux effets généraux : une proportion inférieure de fumeurs chez les aînés et un plus grand niveau d'activité physique. Cependant, la manière dont le niveau global de consommation abusive d'alcool chez les aînés, qui est assez faible, évoluera au cours des années à venir n'est pas claire. L'accès aux services de santéLes besoins des aînés en services médicaux sont, en général, plus grands que ceux des personnes plus jeunes. Un bon accès aux services de santé est nécessaire non seulement en cas d'urgence mais aussi pour conserver une bonne santé. À plus grande échelle, le vieillissement de la population impose des défis au système de soins de santé, qui, au cours des prochaines années, sera confronté à une plus grande demande de services. Non seulement les aînés utilisent-ils les services de soins de santé plus souvent, mais encore, ils ont besoin de types de services variés. La présente partie contient de l'information sur l'utilisation de différents services par les aînés et leur fréquence d'utilisation. On y donne des renseignements non seulement sur le bien-être des aînés mais encore sur les genres de services de soins de santé qui pourraient être en plus grande demande à mesure que la population vieillira. Les aînés qui ont un médecin de famillePuisque le suivi par un médecin est particulièrement important chez les aînés, le fait d'avoir un médecin de famille, même s'il s'agit d'un avantage pour tous, est capital pour les aînés. En 2003, les aînés étaient bien plus susceptibles d'avoir un médecin de famille que les membres du groupe d'âge de 25 à 54 ans (tableau 2.1.18). Cela était vrai pour toutes les provinces et pour le Canada dans l'ensemble, surtout au Québec, où seulement 70 % des personnes âgées de 25 à 54 ans avaient un médecin de famille, comparativement à 93 % des aînés du groupe d'âge de 65 à 74 ans. Tableau 2.1.18 Pourcentage de personnes qui ont un médecin de famille, par groupe d'âge et province, 2003
La fréquence des consultations médicalesLa fréquence à laquelle les aînés consultent un médecin est, on ne s'en étonnera pas, bien plus grande que celle des personnes plus jeunes. Dans les groupes d'âge plus jeunes, les femmes consultent un médecin plus souvent que les hommes (tableau 2.1.19). Toutefois, à mesure que les hommes vieillissent, leur taux de visites chez le médecin se rapproche de celui des femmes. En 2003, 67 % des hommes aînés et 68 % des femmes aînées ont consulté un médecin au moins trois fois pendant l'année. Tableau 2.1.19 Fréquence des consultations chez le médecin au cours des 12 derniers mois, par groupe d'âge et sexe, 2003
Bien que de nombreuses consultations puissent être le signe de problèmes de santé, le fait qu'une personne ne consulte pas un médecin n'est pas un indice que tout va bien. Les personnes qui ne consultent jamais de médecin ne sont peut-être pas au courant d'un problème qui pourrait se développer ou d'une situation actuelle qui pourrait s'aggraver si elle n'était pas traitée immédiatement. En fait, on a constaté que la probabilité de perdre sa bonne santé était plus grande chez les aînés qui ne consultaient pas de médecin que chez ceux qui en consultait un, une fois ou deux par année (Martel, Bélanger, Berthelot et al., 2005). La proportion de personnes qui n'avaient pas consulté de médecin au cours des 12 derniers mois était bien plus faible chez les aînés que chez les personnes plus jeunes. En 2003, 10 % des aînés âgés de 65 à 74 ans n'avaient pas consulté de médecin au cours des 12 derniers mois, comparativement à 21 % des personnes âgées de 25 à 54 ans. Les aînés ont de la difficulté à avoir accès à des services de santéBon nombre des problèmes de santé pour lesquels des aînés consultent leur médecin sont plus graves que ceux des personnes plus jeunes. Par conséquent, les aînés qui sont confrontés à des difficultés d'accès aux services de santé dont ils ont besoin pourraient être tout spécialement vulnérables. Or, la proportion des aînés qui ont dit avoir de la difficulté à accéder aux services de santé était bien moins grande que celle des personnes âgées de 25 à 54 ans (graphique 2.1.14). Graphique 2.1.14 Pourcentage des personnes qui ont dit avoir de la difficulté à accéder aux services de santé, par groupe d'âge et sexe, 2003
Certains indices donnent à penser que, dans le groupe des personnes plus jeunes, celles dont le revenu était plus élevé étaient moins susceptibles d'éprouver des difficultés à avoir accès au système de soins de santé (graphique 2.1.15). Toutefois, les aînés qui se trouvaient dans le quartile de revenu le plus bas n'étaient pas moins susceptibles que ceux du quartile de revenu le plus élevé à dire éprouver des difficultés à accéder aux services de santé dont ils avaient besoin. Graphique 2.1.15 Pourcentage des personnes qui ont dit avoir de la difficulté à accéder aux services de santé, par groupe d'âge et quartile de revenu, 2003
Les aînés consultent divers types de professionnels de la santéCertains problèmes de santé sont liés à l'âge (comme les problèmes de vision et les troubles auditifs), tandis que d'autres sont fréquents dans tous les groupes d'âge (par exemple, les problèmes de dos). Ces différences se reflètent dans les services non médicaux auxquels les aînés et les personnes non âgées ont accès (tableau 2.1.20). Tableau 2.1.20 Pourcentage de personnes qui ont consulté divers types de professionnels de la santé au cours des 12 derniers mois, 2003
Étant donné le vieillissement de la population, on peut prévoir que le besoin en spécialistes de la vue augmentera de beaucoup au Canada. En 2003, 54 % des aînés âgés de 65 à 74 ans et 60 % de ceux âgés de 75 ans et plus ont consulté un spécialiste de la vue (tableau 2.1.20). En revanche, seulement 33 % des personnes âgées de 25 à 54 ans en ont fait autant. Les troubles visuels sont presque inévitables lorsqu'une personne vieillit et la proportion de personnes qui auront besoin de lunettes augmentera subitement dans 20 ans, alors qu'une personne sur cinq sera âgée de 65 ans et plus. Bien des personnes qui tentent d'éviter la maladie, de maintenir ou d'améliorer leur état de santé, ont recours à des services de santé parallèles. La médecine parallèle comprend des traitements et des soins de santé qui ne sont pas enseignés à grande échelle dans les écoles de médecine, qui ne sont pas utilisés habituellement dans les hôpitaux et qui ne sont généralement pas remboursés par les régimes d'assurance-maladie (Millar, 2001). Les praticiens de médecine parallèle incluent les massothérapeutes, les homéopathes, les naturopathes et les acupuncteurs. La proportion des personnes qui ont eu recours à des services de médecine parallèle ou complémentaire était bien moins élevée dans les groupes plus âgés que dans les groupes plus jeunes (graphique 2.1.16). En 2003, seulement 5 % des aînés âgés de 75 ans et plus ont eu recours à des soins de santé parallèles, comparativement à 16 % dans le groupe des personnes âgées de 25 à 54 ans. Graphique 2.1.16 Pourcentage des personnes qui ont utilisé des services de médecine parallèle ou complémentaire, par groupe d'âge et sexe, 2003
Néanmoins, ces écarts entre les groupes d'âge n'indiquent pas nécessairement que la demande de services de soins de santé parallèles diminuera à mesure que la population vieillira. Les aînés d'aujourd'hui ont peut-être été moins en contact pendant leur vie avec des types de médecine parallèle et hésitent peut-être davantage à y avoir recours. En revanche, bien des baby-boomers qui vieillissent sont plus susceptibles d'utiliser ou d'avoir utilisé des services parallèles. Lorsqu'ils deviendront des aînés et qu'ils développeront plus de problèmes de santé, les soins médicaux parallèles ou complémentaires pourraient être une solution vers laquelle ils se tourneront. De même, les personnes ayant un revenu plus grand et un niveau de scolarité plus élevé, ce qui sera une caractéristique d'une plus grande proportion d'aînés au cours des années à venir, sont généralement plus susceptibles de faire appel à la médecine parallèle. Par conséquent, le vieillissement de la population pourrait même signifier que la demande de médecine parallèle ou complémentaire augmentera au cours des prochaines années. L'assuranceLes besoins des aînés en médicaments peuvent être grands et les coûts peuvent devenir très prohibitifs pour eux. Une assurance fait souvent toute la différence en ce qui concerne la prévention des maladies ou l'accès aux services de santé. Au total, environ 80 % des aînés ont dit avoir une assurance incluant les médicaments d'ordonnance en 2003. Cette proportion n'était pas très différente de celle du groupe des personnes âgées de 25 à 54 ans (tableau 2.1.21). Toutefois, l'assurance incluant les médicaments affichait des écarts considérables par province. En 2003, seulement 52 % des aînés qui vivaient en Saskatchewan et 60 % de ceux qui vivaient au Manitoba ont dit avoir une assurance-médicaments. À titre de comparaison, on en comptait 86 % en Nouvelle-Écosse et 90 % en Alberta (tableau 2.1.22). Tableau 2.1.21 Pourcentage de personnes qui ont dit être couvertes par l'assurance, selon le groupe d'âge et le sexe, 2003 Tableau 2.1.22 Pourcentage de personnes âgées (65 ans ou plus) qui ont dit être couvertes par l'assurance-santé, selon la province, 2003
Les aînés, tout spécialement les femmes, sont un peu désavantagés par rapport au groupe d'âge sur le marché du travail en ce qui touche l'assurance dentaire. En 2003, 22 % des femmes âgées de 75 ans et plus avaient une assurance incluant les frais dentaires, comparativement à 69 % des femmes âgées de 25 à 54 ans. La probabilité que les aînés aient eu une assurance incluant les frais dentaires pendant leur vie active est un peu inférieure à la génération actuelle des employés et des travailleurs. Tel que susmentionné, les aînés sont bien plus susceptibles d'avoir des troubles visuels. Cependant, ils sont bien moins susceptibles que les personnes des groupes plus jeunes d'être couverts par une assurance. En 2003, 35 % des aînés âgés de 65 à 74 ans avaient une assurance incluant les lunettes ou les lentilles cornéennes, comparativement à 60 % des personnes âgées de 25 à 54 ans. Une fois encore, on constate des écarts considérables de la couverture d'assurance entre les provinces. Au Québec, seulement 18 % des aînés avaient une assurance incluant les lunettes ou les lentilles cornéennes, soit trois fois moins qu'au Nouveau-Brunswick où 52 % des personnes âgées de 65 ans et plus avaient une assurance couvrant les troubles visuels. Enfin, les personnes qui étaient les moins susceptibles d'être hospitalisées étaient les plus susceptibles d'avoir une assurance incluant les frais d'hôpital. En 2003, environ 67 % des personnes âgées de 25 à 54 ans avaient une assurance qui payait les frais d'hôpital en cas de besoin, comparativement à 41 % des aînés âgés de 75 ans et plus. Les hommes aînés étaient légèrement plus susceptibles que les femmes aînées d'être couverts (45 % par rapport à 39 %). L'âge n'est pas le seul facteur qui influe sur la probabilité d'être couvert par une assurance. Parmi les aînés, ceux dont le niveau de revenu était le plus élevé étaient plus susceptibles d'être couverts (tableau 2.1.23 et graphique 2.1.17). Par exemple, environ les deux tiers des aînés faisant partie du quartile de revenu le plus élevé avaient une assurance incluant les frais d'hôpital, comparativement à seulement 24 % de ceux du quartile inférieur. Les différences étaient moins grandes en ce qui concerne l'assurance incluant les médicaments sur ordonnance, mais ceux qui étaient moins bien placés pour payer leurs médicaments (c.-à-d. ceux qui se situaient dans le quartile de revenu le plus faible) étaient également les moins susceptibles d'être couverts par une assurance. Tableau 2.1.23 Pourcentage de personnes âgées qui ont dit être couvertes par l'assurance, selon le niveau de suffisance du revenu, 2003 Graphique 2.1.17 Pourcentage des aînés qui ont dit avoir une assurance incluant les frais d'hôpital, par niveau de revenu, 2003
L'augmentation des dépenses de santéDans une étude récente intitulée « L'évolution des habitudes de dépenses des Canadiens âgés », Chawla (2005 : 17) constate ce qui suit : « Entre 1982 et 2003, les dépenses des ménages en matière de santé ont augmenté en raison de la hausse des cotisations aux régimes d'assurance-maladie publics et privés, et de l'augmentation des dépenses en traitements et médicaments non assurés6. Les ménages qui comptent une personne repère de 55 ans et plus ont vu leurs dépenses de santé se chiffrer à 7,2 milliards de dollars en 2003, contre 2,1 milliards de dollars en 1982. Et dans les deux années, les cotisations aux régimes d'assurance-maladie ont représenté 30 % de ces frais. Comme l'assurance médicale supplémentaire par l'intermédiaire d'un régime d'assurance privé est souvent un avantage social d'un emploi, la proportion des ménages qui bénéficient d'un tel régime diminue entre les groupes d'âge de 55 à 64 ans et 75 ans et plus. Par exemple, pour les femmes seules, cette proportion est passée de 53 % à 47 % en 1982 et de 49 % à 42 % en 2003. Par conséquent, non seulement davantage de ménages d'au moins 75 ans consacrent plus de dépenses personnelles à la santé, mais ces frais directs constituent aussi la part du lion de leurs dépenses de santé. Chez les femmes seules, ce pourcentage est passé de 78 % en 1982 à 81 % en 2003, alors qu'il a grimpé chez les hommes, passant de 64 % à 75 % (Tableau 2.1.24).
Outre l'assurance-maladie, tous les ménages, peu importe leur âge, ont consacré la plus grande partie de leurs dépenses aux médicaments sur ordonnance, ainsi qu'au matériel et aux appareils médicaux. Après ces deux éléments, l'ordre des dépenses en services dentaires, soins de la vue et autres soins de santé et services médicaux a varié selon les groupes d'âge, davantage en 1982 qu'en 2003. Toutefois, chez les couples et les personnes seules de 75 ans et plus en 2003, les dépenses personnelles en matière de santé ont été constamment dans l'ordre suivant : médicaments sur ordonnance, autres services médicaux et soins de santé, services dentaires et soins de la vue. » 2.2 Le bien-être financier des aînésLe bien-être financier est un élément essentiel à la santé, au mieux-être et à la sécurité des aînés et des personnes non âgées. Tel que mentionné dans un document préparé par le Comité des ministres fédéral, provinciaux et territoriaux responsables des aînés7 : « le revenu est l'un des facteurs les plus déterminants de la santé et le fondement de la capacité des personnes à accéder au logement et au transport nécessaires pour maintenir leur autonomie; à des aliments nutritifs et en quantité suffisante pour demeurer en santé; ainsi qu'à des services médicaux non assurés et à un soutien tel que des médicaments et l'aide à domicile ». Dans la présente section, nous examinons les caractéristiques financières des aînés au Canada selon plusieurs mesures, notamment les sources de revenu, le patrimoine, la prévalence du faible revenu, l'insécurité alimentaire et les dépenses. Nous insistons sur les fluctuations dans le temps. Tous les chiffres sur le revenu de cette partie sont en dollars constants de 2003 et sont arrondis à la centaine près. Le montant et les sources de revenuLa situation financière des aînés au Canada s'est beaucoup améliorée au cours des 25 dernières années. Entre 1980 et 2003, le revenu total moyen avant impôt d'un couple d'aînés8 a crû de 39 800 $ à 49 300 $, soit une hausse de 24 %. Leur revenu total moyen après impôt a augmenté de 18 %, passant de 36 300 $ à 42 800 $ (tableau 2.2.1). Si l'on examine les couples d'aînés au point milieu de la répartition des revenus, le revenu médian après impôt est passé de 27 900 $ à 36 500 $, soit une hausse de 8 600 $ ou 31 %. Dans les provinces, le revenu médian après impôt des couples d'aînés mariés allait de 31 700 $ au Québec à 41 400 $ en Ontario (tableau 2.2.2). Tableau 2.2.1 Revenu moyen et médian reçu par les personnes âgées, selon le type de famille, Canada, certaines années Tableau 2.2.2 Revenu médian après impôt chez les personnes âgées, par type de famille et province, certaines années
Les mêmes tendances à la hausse étaient manifestes chez les aînés qui ne vivaient pas avec des membres de leur famille. Entre 1980 et 2003, le revenu médian après impôt des hommes aînés seuls a augmenté de 43 %, passant de 14 100 $ à 20 200 $, tandis que celui des femmes aînées seules a augmenté de 42 %, passant de 12 800 $ à 18 200 $ (graphique 2.2.1).
Le revenu des aînés a non seulement augmenté en termes absolus mais encore par rapport au revenu des personnes des groupes plus jeunes. Pour chaque tranche de 1 $ reçu par un aîné en 1980, une personne âgée de 35 à 44 ans recevait 1,57 $9. En 2003, l'écart avait diminué et était de 1,29 $. L'accroissement du revenu relatif des aînés était plus manifeste chez les hommes que chez les femmes (graphiques 2.2.2 et 2.2.3). Pour chaque tranche de 1 $ reçue par un homme aîné en 1980, un homme âgé de 35 à 44 ans recevait 2,06 $. En 2003, il s'agissait de 1,59 $. Les femmes de la plupart des groupes d'âge10 ont affiché des gains de revenu considérables pendant les années 1980 et 1990 et les gains des aînées étaient plus modestes par rapport aux femmes des groupes d'âge plus jeunes. Pour chaque tranche de 1 $ reçu par une aînée dans les années 1980, une femme âgée de 35 à 44 ans recevait 1,61 $. Dans les années 1990 et jusqu'en 2003, il s'agissait de 1,50 $. Graphique 2.2.2 Revenu des hommes non âgés par rapport au revenu des hommes aînés, Canada, de 1980 à 2003, groupes d'âges sélectionnés Graphique 2.2.3 Revenu des femmes non âgées par rapport au revenu des femmes aînées, Canada, de 1980 à 2003, groupes d'âges sélectionnés
La « maturité » du Régime de pensions du Canada et du Régime de rentes du Québec a été un facteur de l'augmentation du revenu des aînés. Le RPC/RRQ a été instauré en 1966 et la première cohorte d'aînés à recevoir des prestations complètes a eu 65 ans en 1976. Avec le vieillissement des cohortes successives de Canadiens, la part des aînés ayant droit aux prestations complètes du RPC/RRQ a augmenté. Entre 1980 et 2003, la part des hommes aînés qui touchaient un revenu du RPC/RRQ est passée de 68,6 % à 95,8 % et le montant moyen reçu par un bénéficiaire, de 4 000 $ à 6 500 $ (tableau 2.2.3). Une plus grande variation est survenue chez les femmes à la suite de leur plus grande participation au marché du travail. Entre 1980 et 2003, la part des aînées qui recevaient des prestations du RPC/RRQ est passée de 34,8 % à 85,8 % et le montant moyen reçu, de 3 100 $ à 4 900 $. Étant donné le revenu agrégé total reçu par toutes les femmes âgées de 65 ans et plus, la part qu'elles ont reçue du RPC/RRQ est passée de 7,3 % à 20,5 % (graphique sur le revenu 2.2.4). Chez les hommes, cette part est passée de 10,4 % à 20,2 % (graphique sur le revenu 2.2.5). Tableau 2.2.3 Caractéristiques du revenu des personnes âgées, selon le sexe et certaines sources de revenu, Canada, certaines années Graphique 2.2.4 Femmes âgées de 65 ans et plus : part du revenu agrégé total par source de revenu, Canada, de 1983 à 2003 Graphique 2.2.5 Hommes âgés de 65 ans et plus : pourcentage du revenu agrégé total par source de revenu, Canada, de 1983 à 2003
L'amélioration de la situation financière des aînés est également le résultat de la couverture élargie des régimes de retraite professionnels privés et des caractéristiques de ces régimes. Les régimes privés ont été élargis dans les années 1950 et 1960, pour atteindre un taux de couverture des travailleurs rémunérés de 40 % en 1970. Les cohortes qui ont pris leur retraite en 1980 n'avaient probablement pas accumulé un grand nombre d'années de cotisations puisqu'elles étaient entrées sur le marché du travail dans les années 1930 et 1940. En revanche, la couverture était plus étendue dans les cohortes subséquentes, qui avaient également cotisé pendant une plus grande partie de leur vie active. Par conséquent, entre 1980 et 2003, la proportion des hommes âgés de 65 ans et plus qui recevaient un « revenu de retraite » d'un régime de pension ou d'autres sources privées est passée de 39,8 % à 69,8 % et le montant moyen reçu par chaque bénéficiaire est passé de 10 700 $ à 17 900 $ (la vaste majorité du « revenu de retraite » (plus de 90 %) provient de régimes de pension privés et le reste est surtout composé du revenu provenant des régimes enregistrés d'épargne-retraite)11. De même, la part des femmes âgées de 65 ans et plus qui recevaient un revenu de retraite a plus que doublé (passant de 19,7 % à 53,0 %) et le montant moyen reçu est passé de 6 900 $ à 10 200 $. Comme l'illustre le graphique 5 sur le revenu, la part du revenu agrégé total des hommes aînés provenant d'un revenu de retraite est passée de 16,2 % à 40,5 % entre 1980 et 2003, tandis que celle des femmes aînées est passée de 9,0 % à 26,3 %. Si l'on examine d'autres sources de revenu, plus de 95 % des aînés reçoivent des prestations de la Sécurité de la vieillesse (SV), du Supplément de revenu garanti (SRG) ou une allocation au conjoint (AAC). La part du revenu agrégé total provenant de ces sources a diminué depuis le début des années 1980, en même temps que le revenu provenant des régimes de pension publics et privés augmentait. Néanmoins, la SV, le SRG et l'AAC représentaient toujours la plus grande part du revenu des femmes aînées en 2003 (31,7 %). La part du revenu agrégé total provenant de revenus de placement12 a diminué de façon abrupte depuis le début des années 1980, en grande partie en raison de la chute des taux d'intérêt pendant cette période13. Finalement, entre 1980 et 1992, la part des hommes âgés de 65 ans et plus qui recevaient une rémunération a été ramenée de 24,2 % à 12,7 %, ce qui est représentatif de la tendance à prendre sa retraite plus jeune. Toutefois, en 2003, cette part était remontée à 25,1 % (tableau 2.2.3). Le taux de participation au marché du travail des hommes aînés a augmenté depuis le milieu des années 1990 (voir le chapitre 3, section 3.2). Mais, bien que la part des hommes aînés ayant un salaire ait augmenté dans les années 1990, il n'en a pas été de même de la rémunération moyenne. En 2003, leur rémunération moyenne (soit 9 900 $) représentait moins de la moitié de celle qu'ils touchaient en 1980, soit 24 800 $. La fréquence accrue des emplois à temps partiel et de ceux qui ne durent pas toute l'année a peut-être contribué à cette tendance. Le faible revenuLes niveaux de revenu à la hausse des aînés ont profité à ceux qui se trouvaient dans les catégories de faible revenu, entraînant une diminution bien documentée de la fréquence du faible revenu chez les aînés au Canada. Les mesures du « faible revenu » visent à identifier les personnes et les familles dont la situation financière est bien pire que celle d'autres membres de la population. La fréquence du faible revenu peut se mesurer de plusieurs façons, mais toutes illustrent la même tendance à la baisse depuis le début des années 1980. Entre 1980 et 2003, la part des aînés ayant un faible revenu a été ramenée de 34,1 % à 15,1 % lorsqu'on la mesure à l'aide du seuil de faible revenu avant impôt (SFR) et de 21,3 % à 6,8 %, si on la mesure à l'aide du seuil de faible revenu après impôt (SFR RAI - voir le graphique 2.2.6). Ces tendances n'étaient pas le simple résultat du déplacement d'un grand nombre d'aînés d'un point situé juste en dessous du seuil de faible revenu à un point situé juste au dessus de ce seuil; l'augmentation du revenu gagné par les aînés qui avaient un faible revenu a été considérable (Myles, 2000).
La diminution de l'incidence du faible revenu est évidente chez les aînés de tous les types de situations des particuliers, même si elle demeure la plus élevée pour les femmes aînées vivant seules (tableaux 2.2.4 et 2.2.5). Dans les dix provinces, la fréquence du faible revenu chez les aînés est la plus élevée en Colombie-Britannique et au Québec (tableau 2.2.6). Tableau 2.2.5 Pourcentage de personnes âgées à faible revenu, par type de famille, Canada, certaines année
Le faible revenu du point de vue internationalÀ l'échelle internationale, l'incidence du faible revenu chez les aînés est maintenant moins élevée au Canada que dans la plupart des autres pays industrialisés, y compris la Suède, les États-Unis et le Royaume-Uni (tableau 2.2.7). Voilà une fluctuation marquée par rapport aux années 1970, alors que l'incidence au Canada était parmi les plus élevées des pays industrialisés. La « maturité » du système de pension public au Canada, comme nous en avons discuté, a été un facteur clé de ce changement (Picot et Myles, 2005). Tableau 2.2.7 Taux de faible revenu relatifs chez les personnes âgées de la fin des années 1970 à la fin des années 1990 dans huit pays
La durée du faible revenuLe fait d'avoir un faible revenu de façon continue et constante a des répercussions plus négatives que le fait d'avoir un faible revenu pendant une courte période (p. ex., McDonough et Berglund, 2005). Dans ce contexte, la durée du faible revenu est une question importante à prendre en compte. Au cours de la période de six ans allant de 1996 à 2003, 13,7 % des aînés se situaient sous le SFR après impôt pendant au moins un an (tableau 2.2.8). Un peu plus de 4 % des aînés se sont situés sous le SFR après impôt pendant les six années et un peu plus de 6 % se se sont situés sous le SFR pendant quatre ans ou plus. Il n'existe pas de définition standard de l'expression « faible revenu persistant » mais, si on détermine qu'il s'agit d'une personne qui s'est située sous le SFR après impôt pendant au moins quatre ans sur une période de six ans, environ un aîné sur vingt avait un « faible revenu persistant » à la fin des années 1990. Si le SFR avant impôt est utilisé, un aîné sur six (16 %) avait un « faible revenu persistant » pendant cette période. Tableau 2.2.8 Pourcentage de personnes à faible revenu, par nombre d'années de faible revenu, 1993 à 1998 et 1996 à 2001
L'insécurité alimentaireL'insécurité alimentaire signifie que la disponibilité d'aliments suffisamment nutritifs et sains est limitée ou incertaine ou que la capacité d'acquérir des aliments de manière socialement acceptable est limitée ou incertaine. En 2000 et 2001, l'insécurité alimentaire touchait une proportion plus faible de personnes âgées de 65 ans et plus (7 %) que de personnes âgées de 25 à 44 ans (18 %) ou de 45 à 64 ans (12 %) (tableau 2.2.9). En partie, cela est représentatif du fait que les aînés ne sont en général pas responsables d'enfants au sein de leur ménage.
Le patrimoineL'amélioration des caractéristiques financières des aînés est non seulement évidente en ce qui concerne leur revenu annuel, mais également leur patrimoine, défini comme l'ensemble de l'actif moins l'ensemble des dettes. Entre 1984 et 1999, le patrimoine médian des familles dont le chef avait 65 ans ou plus est passé de 80 800 $ à 126 000 $, soit un gain de 45 200 $ ou 56 %. Celui des familles dont le chef avait de 55 à 64 ans a augmenté de 19,4 %, tandis que celui des familles dont le chef avait moins de 55 ans a diminué pendant cette période (tableau 2.2.10). L'accroissement du patrimoine a été évident chez les aînés qui vivaient seuls (69,2 %) et les couples mariés (46,6 %).
La propriété domiciliairePour de nombreux Canadiens, la maison est l'un des éléments d'actif les plus importants et, depuis le début des années 1980, la part des aînés qui sont propriétaires d'un tel élément d'actif a augmenté (tableau 2.2.11). Parmi les ménages d'aînés, c'est-à-dire ceux dont le chef est une personne âgée de 65 à 74 ans, la part de ceux qui vivaient en logement en propriété est passée de 66,1 % à 75,4 % entre 1981 et 2001, tandis que la part de ceux qui vivaient en logement en location a été ramenée de 33,9 % à 24,6 %14. Une fluctuation comparable de la propriété domiciliaire était évidente dans les ménages dont le chef était un aîné âgé de 75 à 84 ans mais non dans ceux dont le chef était une personne âgée de 85 ans ou plus. Bien que la majeure partie des ménages d'aînés propriétaires de leur maison n'aient plus d'hypothèque à payer, la part de ceux qui devaient payer une hypothèque a augmenté entre 1981 et 2001. Tableau 2.2.11 Mode d'occupation, par âge du principal soutien du ménage, Canada, 1981, 1991 et 2001
Les dépensesPuisque le revenu des aînés a augmenté au cours des 20 dernières années, que font-ils de leur argent? Pour répondre à cette question, examinons leurs dépenses. Dans les couples mariés âgés de 65 à 74 ans, 16 cents sur chaque dollar reçu en 2003 ont été consacrés à l'impôt sur le revenu, 74 cents ont servi à un usage personnel, 3 cents ont été consacrés à la sécurité et aux cadeaux/contributions, et 4 cents ont été épargnés (tableau 2.2.12). Les couples de ce groupe d'âge ont dépensé de plus grandes parts de leur revenu pour un usage personnel et l'impôt sur le revenu en 2003 qu'en 1982, tout comme les aînés des autres groupes d'âge et dont la situation des particuliers est différente. Selon une étude récente, les Canadiens dépensent en général plus et épargnent moins qu'ils ne le faisaient par le passé (Chawla et Wannell, 2005).
Les femmes aînées seules ont consacré une plus grande part de leur revenu à un usage personnel que les hommes aînés seuls et les couples mariés. Parce que le revenu des femmes seules était inférieur à celui des autres groupes démographiques, le logement accaparait une plus grande partie de leur revenu, alors que l'impôt sur le revenu en retenait une moins grande part. Le logement, le transport et les aliments représentent environ les deux tiers de chaque dollar de consommation dépensé par les ménages composés d'aînés (tableau 2.2.13). Les loisirs, les dépenses domestiques et les dépenses de santé représentent environ de 15 à 20 cents sur chaque dollar de consommation.
Entre 1982 et 2003, on a constaté des fluctuations considérables des régimes de consommation des aînés. Parmi les couples et les personnes seules, la part de chaque dollar de consommation dépensé en vêtements a diminué d'environ 1 ou 2 cents et la part consacrée aux aliments a diminué d'environ 4 à 9 cents. Le revenu des aînés a augmenté pendant cette période et, parce qu'une personne ne peut manger plus qu'à sa faim, la part affectée aux aliments a diminué. En outre, certaines des dépenses réduites destinées aux aliments et aux revêtements peuvent être attribuées à une diminution du prix de ces produits grâce à la concurrence accrue dans le commerce de détail et de gros, à l'ouverture de magasins à rabais et aux modifications des tarifs et des quotas sur les importations. Les aînés ont consacré une plus grande part de leurs dollars de consommation à d'autres articles. La part de chaque dollar consacrée à la santé a augmenté d'environ 3 à 5 cents entre 1982 et 2003, selon l'âge et le type de famille. Les primes d'assurance-maladie représentaient la plus grande part de ces coûts, suivies des médicaments d'ordonnance, de l'équipement et des appareils médicaux, des soins dentaires, des soins des yeux, ainsi que d'autres services médicaux et de santé. Enfin, les aînés ont consacré une plus grande part de leurs dollars de consommation aux loisirs en 2003 qu'en 1982, soit une hausse d'environ 2 à 4 cents pour chaque dollar. L'inflation et les aînésPuisque les régimes de consommation des aînés et des personnes non âgées varient et que le prix de différents types de produits varie, on se demande si l'inflation touche les aînés d'une manière différente du reste de la population. On peut établir des indices des prix à la consommation distincts pour les aînés et les personnes non âgées en fonction des régimes de consommation de chaque groupe (Chiru, 2005). Entre 1992 et 2004, le taux de croissance de l'indice des prix à la consommation (IPC) des aînés en général a suivi les fluctuations de l'IPC des ménages composés de personnes non âgées. Pendant certaines périodes, les prix ont augmenté à un rythme plus grand pour les aînés tandis qu'à d'autres, ils ont augmenté plus rapidement pour les personnes non âgées. Dans l'ensemble, les données démontrent que l'indice des prix à la consommation diffusé tous les mois par Statistique Canada est un bon indicateur des fluctuations du prix pour les aînés. Graphique 2.2.7 Taux de croissance annuel de l'indice des prix à la consommation (sur 12 mois), moyenne mobile sur 3 mois, aînés et personnes non âgées
La satisfaction financièrePour conclure cette deuxième section, on se tourne maintenant vers l'évaluation subjective que les aînés ont faite de leur situation financière. La transition du marché du travail à la retraite est une étape clé de la vie et s'accompagne de changements financiers. Le fait que les personnes et les familles puissent ou non maintenir leur niveau de vie après la retraite est une question importante. Pour évaluer dans quelle mesure les gens y parviennent, dans l'Enquête sociale générale de 2002, on demandait aux retraités si leur situation financière était meilleure, pire ou à peu près équivalente pendant la retraite à ce qu'elle était dans l'année qui avait précédé leur retraite. Un peu plus de la moitié (54 %) des retraités récents15 ont dit que leur situation financière était « à peu près identique », tandis que 13 % ont affirmé que leur situation financière s'était améliorée (tableau 2.2.14). Un tiers a dit que sa situation financière avait empiré. Tableau 2.2.14 Nouveaux retraités : situation financière actuelle comparativement à l'année précédant la retraite, selon certaines caractéristiques, Canada, 2002
Les retraités non volontaires (c'est à-dire ceux qui ne voulaient pas prendre leur retraite) et les personnes dont l'état de santé était passable ou mauvais lorsqu'elles ont pris leur retraite étaient plus susceptibles que les autres de dire que leur situation financière avait empiré. Les retraités non volontaires ont le plus souvent quitté le marché du travail pour des raisons de santé. Les membres de ménages ayant un faible revenu étaient les plus susceptibles de dire que leur situation financière avait empiré, 44 % de ceux des ménages dont le revenu était inférieur à 20 000 $ ont fait cette affirmation, comparativement à 25 % de ceux dont le revenu du ménage était de 60 000 $ ou plus. Près de la moitié des retraités récents qui étaient immigrants (45 %) ont dit que leur situation avait empiré, comparativement à 30 % des retraités récents qui étaient nés au Canada. Lorsque l'on examine la situation financière des aînés de façon plus générale, les aînés évaluent de façon plus positive leurs finances que les personnes des groupes d'âge plus jeunes, et ce, pour toutes les catégories de revenu. Dans une enquête de 2003, les répondants étaient priés d'indiquer leur satisfaction à l'égard de leurs finances sur une échelle de 1 à 10, où 10 représentait le niveau de satisfaction le plus élevé. Parmi les personnes âgées de 65 à 74 ans dont le revenu total du ménage était inférieur à 30 000 $, le niveau moyen de satisfaction financière était de 6,1, comparativement à 5,1 pour les personnes âgées de 25 à 54 ans. La même tendance se manifeste dans les catégories de revenu plus élevé. Des constatations semblables ont été signalées dans des recherches antérieures. 2.3 La victimisationFaire en sorte que les aînés ne soient pas victimes d'actes criminels à l'intérieur ou à l'extérieur de leur famille est une préoccupation importante, surtout dans le contexte du vieillissement de la population canadienne. Dans la présente partie, nous examinons dans quelle mesure les aînés sont victimes d'actes criminels et se sentent en sécurité dans leur collectivité. Nous présentons d'abord de l'information sur les incidents de violence qui ont été déclarées à la police. Le Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l'affaire (programme DUC2) de Statistique Canada compile l'information fournie par 122 services de police représentant 61 % des crimes commis au Canada en 2003. Ces données aident à comprendre les caractéristiques des victimes, des accusés et des incidents de violence familiale à l'endroit des aînés. En outre, des données proviennent de l'Enquête sur les homicides16. Toutefois, tous les crimes dont des personnes sont victimes ne sont pas déclarés à la police. Dans la seconde partie, les cas autodéclarés de victimisation sont présentés. Ils proviennent de l'Enquête sociale générale de 2004 de Statistique Canada, dans laquelle on demandait aux personnes non âgées et aux aînés s'ils avaient été victimes d'un crime au cours de l'année précédente. Les aînés victimes de crimes de violenceComme par les années passées, en 2003, les personnes de 65 ans et plus étaient moins susceptibles que les personnes des autres groupes d’âge d’être victimes de crimes avec violence. Le taux de victimisation des hommes âgés était de 184 pour 100 000 habitants alors que celui des femmes âgées s’élevait à 119 pour 100 000 habitants. En 2003, un peu moins de 4 000 affaires de violence à l'endroit de personnes âgées de 65 ans et plus ont été déclarées à 122 services de police au Canada (tableau 2.3.1). Puisque plus du quart (29 %) de ces affaires avaient été commises par un membre de la famille, nous présentons ici de l'information sur les incidents commis par des membres de la famille et d'autres personnes. Tableau 2.3.1 Nombre et proportion de personnes âgées victimes d'un crime avec violence, selon le sexe et le lien de l'auteur présumé avec la victime, affaires signalées à un sous-ensemble de services de police, 2003
Ces affaires de violence déclarées ont été perpétrées de façon presque égale à l'endroit de femmes (46 %) et d'hommes (54 %). Un peu moins des deux tiers (63 %) ont été commises par des personnes de l'extérieur de la famille, le plus souvent des étrangers (34 %) ou de simples connaissances (19 %), tandis que plus du quart (29 %) ont été commises par des membres de la famille17. Les femmes aînées étaient plus susceptibles que les hommes d'être victimes de violence familiale. Parmi les aînés qui ont été victimes d'une affaire de violence en 2003, quatre femmes sur dix (39 %) ont été victimes d'un membre de la famille, comparativement à deux hommes sur dix (20 %). Les voies de fait simples étaient la forme des affaires de violence à l'endroit des aînés la plus souvent déclarée en 2003, représentant 40 % de tous les crimes de violence (tableau 2.3.2). Les voies de fait simples comprennent des comportements qui n'entraînent pas de blessure grave, comme pousser, donner un coup de poing et donner un coup du plat de la main, ainsi que menacer d'employer la force. Les voies de fait simples représentaient 55 % des infractions commises par des membres de la famille et 33 % des infractions commises par d'autres personnes. Tableau 2.3.2 Nombre et proportion de personnes âgées victimes d'un crime avec violence, selon le type de crime et le lien familial ou non familial avec l'auteur présumé, affaires signalées à un sous-ensemble de services de police, 2003
Les enfants d'âge adulte et les conjoints de sexe masculin étaient le plus souvent accusés dans des affaires de violence familiale à l'endroit d'aînés. Le tiers des accusés étaient des enfants adultes de sexe masculin (33 %), suivis des conjoints de sexe masculin (conjoints actuels et ex conjoints - 30 %) et des membres de la famille élargie de sexe masculin (15 %), comme des frères et des oncles. L'âge moyen des conjoints accusés d'avoir victimisé leur partenaire était de 66 ans, tandis que l'âge moyen des enfants adultes était de 40 ans. La majorité des agressions dans la famille à l'endroit d'aînés ont eu lieu à la maison et la victime et l'accusé partageaient souvent un logement. Environ huit victimes âgées sur dix vivaient avec l'enfant adulte par qui elles ont été agressées. Le vol qualifié était le deuxième type d'incident le plus souvent déclaré, représentant 19 % de toutes les affaires (tableau 2.3.2). Le vol qualifié représentait uniquement 1 % des infractions commises par des membres de la famille, mais 28 % de celles commises par d'autres personnes. Les menaces et les voies de fait graves représentaient respectivement 18 % et 12 % des cas de victimisation d'aînés. En 2003, plus du tiers des victimes aînées ont subi une blessure mineure (36 %) à la suite d'une infraction commise par un membre de la famille. Par ailleurs, 3 % des victimes aînées ont subi des blessures physiques graves. Les victimes, femmes et hommes âgés de 65 ans et plus, étaient à peu près aussi susceptibles de subir une forme de blessure (respectivement 41 % et 37 %). Les homicides d'aînésEn 2004, 50 homicides d'aînés (23 hommes et 27 femmes) ont été commis, soit environ 8 % de tous les homicides commis au Canada. Dix-huit de ces homicides ont été commis par un membre de la famille et 25, par une autre personne. La police a signalé que les sept autres homicides étaient non résolus. Malgré des fluctuations annuelles, le taux d'homicide d'aînés était inférieur dans les années 1990 et 2000 à celui des années 1970 et 1980 (graphique 2.3.1). Entre 1974 et 1979, le taux annuel moyen d'homicide d'aînés était de 21,5 aînés pour un million; dans les années 1980, de 18,1 aînés pour un million; dans les années 1990, de 12,6 pour un million; et entre 2000 et 2004, de 10,7 pour un million. Graphique 2.3.1 Taux d'homicides d'aînés (65 ans et plus), selon le lien avec l'accusé, de 1974 à 2004
Les femmes âgées sont plus susceptibles d'être tuées par un membre de la famille que les hommes âgés. Parmi les homicides résolus entre 1994 et 2003, plus des deux tiers (67 %) des femmes âgées ont été tuées par un membre de la famille, habituellement un conjoint (29 % de tous les homicides de femmes âgées) ou un fils adulte (24 %). Par ailleurs, la moitié (49 %) des hommes âgés ont été tués par une connaissance, habituellement une personne que la victime voyait à l'occasion (25 % de tous les homicides d'hommes âgés) ou un voisin (11 %). Des 31 % de victimes âgées de sexe masculin qui ont été tuées par un membre de la famille, environ la moitié l'ont été par un fils. Le mobile des homicides d'aînés variait selon que l'accusé avait ou un non un lien avec la victime. Entre 1994 et 2003, les homicides d'aînés commis dans la famille étaient le plus souvent l'aboutissement d'une altercation ou d'une querelle (29 %). La frustration, la colère ou le désespoir étaient le mobile de 26 % des homicides. Par contre, les homicides d'adultes âgés commis par des non-membres de la famille étaient le plus souvent motivés par un gain financier (31 %). De nombreux homicides d'aînés tiraient leur origine dans des antécédents de mauvais traitements antérieurs. Entre 1994 et 2003, la police a déclaré des antécédents de violence familiale dans 32 % des homicides d'aînés commis par un membre de la famille. Les aînés qui ont été victimes d'un crimeAttardons-nous maintenant aux incidents criminels autodéclarés tirés de l'Enquête sociale générale de Statistique Canada. Il est important de se rappeler que l'incidence des crimes découlant de l'autodéclaration est différente de l'incidence des crimes provenant des rapports de police pour plusieurs raisons18. Les aînés sont moins susceptibles d'être victimes d'actes criminels que les membres des groupes d'âge plus jeunes. En 2004, 9,8 % des Canadiens âgés de 65 ans et plus ont dit avoir été victimes d'un crime pendant l'année précédente, comparativement à 31,5 % des personnes âgées de 35 à 44 ans et à 42,5 % des personnes âgées de 15 à 24 ans (tableau 2.3.3). Les hommes âgés étaient légèrement plus susceptibles que les femmes âgées d'avoir été victimes d'un crime, soit respectivement 11,6 % et 8,5 %. Tableau 2.3.3 Pourcentage de la population qui a été victime d'au moins un crime au cours de la dernière année, par sexe et groupe d'âge, 1999 et 2004
Les taux de victimisation individuels19Les taux de victimisation sont une autre façon de mesurer la criminalité. Ils indiquent le nombre d'actes criminels pour chaque tranche de 1 000 personnes d'une population donnée20. Comme l'illustre le graphique 2.3.2, le taux de victimisation lié aux crimes de violence, comme les agressions, les agressions sexuelles et les vols qualifiés, était le plus élevé chez les personnes âgées de 15 à 24 ans, soit 226 crimes de violence pour 1 000 personnes dans ce groupe d'âge. Le taux de victimisation diminue de façon constante à mesure que l'âge augmente, 12 actes violents ayant été commis pour 1 000 personnes âgées de 65 ans et plus.
Le taux de victimisation lié au vol de biens personnels diminue également à mesure que l'âge augmente (graphique 2.3.3). Parmi les personnes âgées de 65 ans et plus, 22 infractions de vol de biens personnels pour 1 000 membres de ce groupe d'âge ont été commises, comparativement à 165 chez les personnes âgées de 15 à 24 ans.
La violence conjugaleDans l'ensemble, 2 % des femmes et des hommes en relation ou qui avaient déjà eu un partenaire ont été victimes d'une certaine forme de violence conjugale au cours des 12 mois précédents, ce qui représente de façon estimative 196 000 femmes et 173 000 hommes âgés de 15 ans et plus au Canada. La violence conjugale touche tous les groupes sociodémographiques. Toutefois, certains segments de la population sont plus vulnérables que d'autres : les personnes jeunes, qui vivent en union libre, qui sont en relation depuis trois ans ou moins, qui sont autochtones et dont le partenaire est un grand buveur. L'âge est étroitement lié à la violence conjugale. Selon l'Enquête sociale générale de 2004, les personnes de moins de 25 ans sont nettement plus susceptibles que celles plus âgées d'être victimes de leur partenaire intime. Les taux de violence conjugale sont les moins élevés chez les personnes âgées de 65 ans et plus, où seulement 1 % des personnes mariées ou vivant en union libre ont été victimes d'une certaine forme de violence aux mains de leur partenaire au cours des 12 mois précédents. L'âge du partenaire est également un facteur lié au risque de violence conjugale. Tout comme l'âge de la victime, les personnes dont le partenaire a moins de 25 ans (5 %) sont plus susceptibles d'être victimes de violence que celles dont le partenaire a plus de 25 ans. Les perceptions des services de police locauxComparativement aux personnes de moins de 45 ans, les aînés évaluent en général de façon plus positive le travail des services de police locaux, même si leur point de vue est semblable à celui des personnes âgées de 45 à 64 ans. Environ les deux tiers des aînés croient que leur service de police local fait du bon travail lorsqu'il s'agit d'exécuter les lois, d'assurer la sécurité des citoyens et de traiter les gens de façon équitable (tableau 2.3.4). De plus petites proportions de personnes âgées de moins de 45 ans croient que les services de police locaux font du bon travail dans ces domaines. De même, les aînés sont plus susceptibles que les personnes plus jeunes de penser que les services de police locaux font du bon travail lorsqu'il s'agit de répondre promptement à un appel, d'avoir un esprit ouvert invitant à la discussion et de fournir de l'information afin de réduire la criminalité. Notes:
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