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Un portrait des aînés au Canada

Un portrait des aînés au Canada

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Chapitre 4. Le soutien et le dévouement dans la collectivité

4.1. Situation des particuliers et familles
4.2 Les réseaux sociaux et l'isolement social
4.3 Donner et recevoir de l'aide et des soins
4.4 La participation à des organismes et le bénévolat
4.5 La participation à la vie politique
4.6 La confiance et le sentiment d'appartenance

Introduction

Le présent chapitre porte sur les diverses interactions sociales que les aînés ont avec les gens avec qui ils vivent, les membres de leurs réseaux sociaux, les membres de leur collectivité et la société de façon plus générale. Deux aspects de ces interactions, qui représentent la nature réciproque de la plupart des relations sociales, y sont présentés. Premièrement, nous donnons de l'information sur les personnes et les organismes qui contribuent au bien-être des aînés en leur apportant des soins, des cercles d'amis et un soutien (quels personnes et organismes? quel genre d'aide? à quel intervalle?) Deuxièmement, nous illustrons les diverses manières dont les aînés contribuent au bien-être des membres de leur famille, de leurs parents, de leurs amis et de la collectivité.

Ce chapitre se divise en six sections. La première section (4.1) décrit la situation des particuliers et la situation familiale des aînés. Comme la première source de soutien est souvent un conjoint ou un corésident (qu'il s'agisse d'un soutien financier, affectif ou informationnel), il est important de déterminer combien d'aînés vivent seuls, combien sont veufs et combien sont divorcés ou séparés. La section 4.2 poursuit cette discussion en incluant les autres relations sociales significatives dans la vie des aînés (amis, voisins et parents). On s'attarde à l'isolement social (sa fréquence) et à ses conséquences possibles sur les aînés (le lien entre le manque de relations sociales significatives et le bien-être).

La section 4.3 porte sur l'aide et les soins, tant ceux qui sont fournis que ceux reçus. Tout le monde a besoin d'aide de temps à autre, pour aller à la banque, faire des travaux extérieurs, se rendre à l'aéroport et ainsi de suite. Or, les aînés, tout spécialement ceux qui ne sont pas en bonne santé ou qui ont un problème de longue durée, sont plus susceptibles d'avoir besoin de soutien et d'aide plus fréquemment. Ce chapitre fournit des détails sur les manières dont les réseaux sociaux des aînés (famille immédiate, amis et parents), ainsi que les établissements publics et les organismes, les aident sur le plan affectif ou en pratique. On y souligne aussi le fait que les aînés sont eux-mêmes d'importants fournisseurs d'aide et de soins.

Dans les sections 4.4 et 4.5, l'accent passe du secteur privé au secteur public. Les aînés, qui sont pour la plupart retraités et qui ont élevé leurs enfants, ont en général plus de temps libre pour participer à toutes sortes d'activités dont la société peut profiter (par exemple, le bénévolat). En même temps, les aînés sont plus susceptibles d'avoir des problèmes de santé qui peuvent restreindre leur participation sociale. Trois types d'engagement social et communautaire sont examinés dans ces deux chapitres : la participation organisationnelle et le bénévolat et le don (tous deux dans la section 4.4), ainsi que l'engagement politique (section 4.5). Les aînés sont-ils plus ou moins susceptibles que les personnes plus jeunes de participer à ces activités? Est-ce que leur participation à ce type d'activité est liée au bien-être?

Enfin, la section 4.6 examine diverses opinions exprimées par les aînés à l'égard de la société et de leur collectivité. On y présente, par exemple, le niveau de confiance des aînés à l'égard des institutions, des habitants de leur voisinage et de la collectivité où ils vivent. D'autres indicateurs attitudinaux qui ont été déterminés comme étant des corrélats de la santé et du bien-être sont présentés dans ce chapitre, par exemple, le sentiment d'appartenance à sa collectivité.

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4.1. Situation des particuliers et familles

Le type de situation des particuliers dans les ménages - si les aînés vivent seuls, avec un conjoint, avec un membre de leur famille élargie ou en établissement - peut avoir une incidence considérable sur leur qualité de vie. Par exemple, en général, les aînés qui vivent avec un conjoint ont accès plus rapidement et plus immédiatement à du soutien et à des soins lorsqu'ils en ont besoin (maladie, incapacité, problème de santé à long terme) que les aînés qui vivent seuls. De plus, comme l'illustre la section 2.1 du chapitre 2 portant sur la sécurité financière, les aînés qui vivent seuls, tout particulièrement les femmes, courent un plus grand risque d'avoir un faible revenu. Par contre, les aînés qui vivent avec un conjoint peuvent être défavorisés si les deux partenaires éprouvent des problèmes de santé ou que le fardeau imposé par la présence d'un conjoint malade devient trop lourd.

La présente section dresse le profil descriptif des types de ménages où vivent les aînés. On y documente également l'évolution de l'état matrimonial chez les aînés au cours des dernières décennies.

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Les aînés vivant en établissement

Selon le Recensement de 2001, bien que la vaste majorité des aînés âgés de 65 ans et plus vivent dans un ménage privé (93 %), les 7 % qui restent vivent dans des logements collectifs (surtout des établissements de soins de santé tels que des maisons de soins infirmiers et des hôpitaux). Le fait de vivre en établissement est lié à l'âge et va de 2 % chez les aînés âgés de 65 à 74 ans à 32 % chez ceux de 85 ans et plus.

Depuis le début des années 1980, le taux de placement des aînés en établissement a diminué. Cette réduction a été particulièrement importante chez les aînés âgés de 85 ans et plus. En 2001, 32 % d'entre eux vivaient en établissement, ce qui est une baisse par rapport à 38 % en 1981.

Les femmes âgées de 85 ans et plus étaient beaucoup plus susceptibles que les hommes du même groupe d'âge de vivre en établissement en raison de leur espérance de vie plus longue. En 2001, 35 % des femmes de ce groupe démographique vivaient en établissement, comparativement à moins du quart des hommes (23 %) (graphique 4.1.1). Dans les groupes d'aînés d'âge plus jeune, les écarts entre les sexes sont moins grands.

Graphique 4.1.1 Pourcentage d'aînés vivant en établissement, par groupe d'âge et sexe, 2001. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.1.1 Pourcentage d'aînés vivant en établissement, par groupe d'âge et sexe, 2001

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Les aînés vivant seuls ou avec un conjoint

De 1981 à 2001, la fluctuation la plus importante de la part des aînés vivant seuls a été enregistrée dans le groupe des personnes âgées de 85 ans et plus. Plus précisément, alors que 22 % des aînés âgés de 85 ans et plus vivaient seuls en 1981, il en était de même pour 34 % d'entre eux en 2001 (tableau 4.1.1). En revanche, la proportion des aînés du groupe d'âge de 65 à 74 ans vivant seuls (22 %) n'a pas fluctué de 1981 à 2001.

Tableau 4.1.1 Modalités de vie des personnes âgées, par groupe d'âge, 1981 à 2001. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Tableau 4.1.1 Modalités de vie des personnes âgées, par groupe d'âge, 1981 à 2001

 

Dans les trois groupes d'âge, une proportion plus grande d'aînés vivaient avec un conjoint en 2001 qu'en 1981. Par exemple, le pourcentage est passé de 51 % à 54 % chez les personnes âgées de 65 à 74 ans entre 1981 et 2001. La plus longue espérance de vie des hommes est un facteur qui a contribué à cette hausse.

Les femmes et les hommes âgés ont des modalités de vie très différente. En 2001, 43 % des femmes faisant partie du groupe d'âge de 75 à 84 ans vivaient seules, soit deux fois plus que la proportion d'hommes aînés (18 %) (tableau 4.1.2). Le même genre d'écart existait dans les deux autres groupes d'âge.

Tableau 4.1.2 Modalités de vie des personnes âgées, par groupe d'âge et sexe, 2001. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Tableau 4.1.2 Modalités de vie des personnes âgées, par groupe d'âge et sexe, 2001

 

Par contre, les hommes aînés étaient bien plus susceptibles de vivre avec une conjointe; il s'agissait de la situation la plus courante chez les hommes âgés de 85 ans et plus (38 %), alors que c'était la moins fréquente chez les femmes du même âge (7 %).

Ces écarts entre les hommes et les femmes peuvent s'expliquer par l'espérance de vie plus longue des femmes et parce que les hommes sont plus susceptibles d'épouser des femmes plus jeunes qu'eux. Puisque les femmes ont une plus grande probabilité d'être veuves que les hommes, elles sont plus susceptibles qu'eux de vivre seules après le décès de leur conjoint.

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L'état matrimonial des aînés

Examinons maintenant l'état matrimonial des aînés qui vivent dans des ménages privés. Au cours des 20 dernières années, la fluctuation la plus importante chez les aînés, par rapport à celle des personnes âgées de 25 à 54 ans, a été la proportion de personnes qui étaient mariées ou qui vivaient en union libre. En 1981, 64 % des personnes âgées de 65 à 74 ans étaient mariés ou vivaient en union libre, comparativement à 79 % des personnes âgées de 25 à 54 ans (un écart de 15 points). En 2001, il y avait peu de différence dans la proportion de ces groupes qui étaient mariés ou qui vivaient en union libre (68 % des personnes âgées de 65 à 74 ans et 71 % des personnes âgées de 25 à 54 ans).

Parallèlement à la réduction de l'écart de la proportion d'aînés et de personnes plus jeunes qui étaient mariés, il y a eu un écart croissant entre les personnes qui n'avaient jamais été mariées. En 2001, seulement 5 % de l'ensemble des aînés ne s'étaient jamais mariés, comparativement à 8 % en 1981. La situation était à l'opposé dans le groupe d'âge de 25 à 54 ans : la proportion des personnes qui ne s'étaient jamais mariées est passée de 12 % à 19 % pendant la même période.

Dans tous les groupes d'âge, on a assisté à une augmentation considérable du pourcentage des personnes divorcées. Chez les aînés, la proportion de divorcés a triplé entre 1981 et 2001 (passant de 1,7 % à 5,1 %) (tableau 4.1.3).

Tableau 4.1.3 État matrimonial, par groupe d'âge, 1981 et 2001. Une noufelle fenêtre s'ouvrira.

Tableau 4.1.3 État matrimonial, par groupe d'âge, 1981 et 2001

 

Cette hausse de la proportion des adultes divorcés est particulièrement marquée chez les femmes âgées entre 55 et 64 ans. En 1981, seulement 4 % des femmes de cet âge étaient divorcées, comparativement à 11 % en 2001. Par conséquent, le « divorce » est devenu le deuxième état matrimonial le plus courant, après « marié/en union libre », chez les femmes de ce groupe d'âge.

En même temps que la proportion des divorces augmentait dans tous les groupes d'âge, la proportion de veufs a diminué, tout particulièrement chez les femmes aînées. La fluctuation la plus considérable a été enregistrée chez les femmes âgées de 65 à 74 ans. En 1981, 37 % d'entre elles étaient veuves, tandis qu'il en était de même pour 28 % d'entre elles en 2001.

Ces fluctuations de la proportion de personnes divorcées et veuves chez les aînés, particulièrement chez les femmes, ont d'importantes répercussions sur leur situation financière. Selon une étude récente, inspirée de l'Enquête sur la dynamique du travail et du revenu de Statistique Canada, les femmes aînées divorcées sont plus susceptibles d'avoir un revenu faible que les femmes aînées veuves (McDonald et Robb, 2004)1. Si cet écart entre les divorcées et les veuves s'élargit, il se pourrait qu'un plus grand nombre d'aînées aient un revenu faible au cours des années à venir.

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Les unions libres

L'un des changements démographiques les plus importants qui soit survenu au cours des 20 dernières années a été le nombre de plus en plus grand d'hommes et de femmes vivant en union libre au lieu d'être mariés. Toutefois, les aînés sont bien moins susceptibles que les personnes plus jeunes d'avoir ce genre de relation, puisque la majorité d'entre eux se sont unis quand le mariage légitime était la seule possibilité socialement acceptable.

En 2001, 2 % de l'ensemble des aînés vivaient en union libre, comparativement à 14 % des personnes âgées de 25 à 54 ans (graphique 4.1.2). Si la population se limite aux seules personnes vivant en union (mariées ou en union libre), l'écart est encore plus grand : près de 1 personne sur 5 du groupe d'âge de 25 à 54 ans vivait en union libre, comparativement à seulement 1 aîné sur 30.

Graphique 4.1.2 Personnes vivant avec un conjoint : pourcentage des unions libres, par groupe d'âge et situation des particuliers, 2001. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.1.2 Personnes vivant avec un conjoint : pourcentage des unions libres, par groupe d'âge et situation des particuliers, 2001

 

À mesure que la première vague des baby-boomers aura 65 ans (génération où un plus grand nombre de personnes ont vécu en union libre), la proportion d'aînés vivant en union libre pourrait augmenter légèrement. En 2004, 6 % de toutes les personnes âgées de 55 à 64 ans vivaient en union libre.

Selon les tendances observées dans tous les groupes d'âge, les aînés vivant au Québec et dans les territoires sont plus susceptibles de vivre en union libre que dans les autres provinces (tableau 4.1.4). En 2001, parmi les aînés vivant avec un conjoint, la proportion de ceux qui vivaient en union libre était deux fois plus grande au Québec que dans toutes les autres provinces, sauf la Colombie-Britannique. Par exemple, 2,5 % des aînés de l'Alberta et de l'Ontario qui vivaient avec un conjoint vivaient en union libre. En revanche, c'était le cas de 5,4 % de ceux vivant au Québec. Les proportions étaient encore plus grandes au Yukon (7,7 %) et aux Territoires du Nord-Ouest (13,3 %).

Tableau 4.1.4 Population vivant en union libre, par groupe d'âge et province, 2001. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Tableau 4.1.4 Population vivant en union libre, par groupe d'âge et province, 2001

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Les antécédents de fécondité et les enfants encore vivants

Les prochaines générations d'aînés, c'est-à-dire les baby-boomers, ont eu bien moins d'enfants que les générations précédentes (graphique 4.1.3). En 2002, plus du tiers des aînés de 64 à 74 ans (35 %) avaient eu au moins quatre enfants (toujours vivants), comparativement à seulement 11 % des adultes âgés de 45 à 54 ans.

Graphique 4.1.3 Nombre d'enfants élevés et toujours vivants, par groupe d'âge, 2002. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.1.3 Nombre d'enfants élevés et toujours vivants, par groupe d'âge, 2002

 

Comme la section 4.3 l'illustrera, les enfants sont d'importants fournisseurs de soins et de soutien pour les aînés. Les écarts entre les générations en ce qui concerne le nombre d'enfants dans la famille pourraient se répercuter sur la prochaine génération d'aînés, qui devra peut-être compter sur d'autres sources que les enfants pour obtenir le soutien nécessaire en fin de vie.

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Les grands-parents

En 2001, on estimait qu'il y avait 5,7 millions de grands-parents au Canada. Fait peu étonnant, la probabilité d'être grand-parent augmente avec l'âge. En 2001, près de 4 personnes âgées de 75 ans et plus sur 5 étaient des grands-parents, comparativement à moins de 2 sur 3 parmi les personnes âgées de 55 à 64 ans (graphique 4.1.4). Plus des deux tiers (68 %) des grands-parents étaient mariés, leur âge moyen était d'environ 65 ans et, en moyenne, chacun avait 4,7 petits-enfants.

Graphique 4.1.4 Pourcentage des grands-parents, par groupe d'âge et sexe, 2001. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.1.4 Pourcentage des grands-parents, par groupe d'âge et sexe, 2001

 

La plupart des grands-parents vivent dans des ménages distincts de leurs petits-enfants. Toutefois, selon l'Enquête sociale générale de 2001, près de 4 % des Canadiens, soit environ 930 000 personnes, vivaient dans un ménage multigénérationnel, c'est-à-dire un ménage où il y avait au moins trois générations, y compris les grands-parents, les parents et les petits-enfants.

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La situation des particuliers dans le ménage et le bien-être

Bien que de nombreux facteurs soient liés au bonheur, on a constaté que, comparativement aux aînés vivant avec un conjoint ou avec d'autres personnes, ceux qui vivaient seuls étaient moins susceptibles de dire qu'ils étaient très heureux (graphique 4.1.4). En 2003, plus de la moitié des aînés âgés entre 65 et 74 ans et vivant avec leur conjoint ont dit être très heureux (53 %), comparativement à 39 % de ceux qui vivaient seuls et à 37 % de ceux dont la situation des particuliers était différente.

Graphique 4.1.5 Pourcentage des aînés qui ont dit être très heureux, par situation des particuliers et groupe d'âge, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.1.5 Pourcentage des aînés qui ont dit être très heureux, par situation des particuliers et groupe d'âge, 2003

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4.2 Les réseaux sociaux et l'isolement social

Chez les aînés, la situation des particuliers au sein du ménage est liée à leur bien-être financier et, possiblement, à leur accès au soutien social. Les relations sociales qui existent en dehors des ménages peuvent également avoir une incidence sur le bien-être général et l'accès au soutien social. Par exemple, de nombreux aînés vivent seuls, mais ont quand même un grand réseau de parents, d'amis et de voisins sur qui compter. En revanche, certains aînés sont mariés mais vivent une situation d'isolement par rapport à d'autres relations sociales significatives ou de soutien. Lorsqu'on mesure le niveau d'accès au soutien social ou le risque d'isolement social, les données sur les réseaux sociaux sont un complément précieux de celles sur la situation des particuliers dans le ménage.

La présente section porte sur l'interdépendance sociale ou les interactions des aînés avec des personnes avec qui ils ne vivent pas, c'est-à-dire des amis, des parents, des voisins et d'autres connaissances. Les aînés peuvent-ils compter sur autant d'amis intimes, de membres de la famille et de voisins avec qui socialiser que les personnes plus jeunes? La majorité des aînés ont-ils une personne à qui parler de leurs états d'âme? Les réseaux sociaux des aînés sont-ils différents de ceux des personnes des autres groupes d'âge ou semblables à eux?

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Les amis intimes et les autres amis

Les amis intimes sont souvent considérés être les meilleures personnes avec qui partager des expériences personnelles, des opinions et des sentiments, ou simplement avec qui passer du temps. Outre les conjoints, ils sont souvent la principale source de soutien affectif d'une personne. Les « autres » amis sont également importants pour une personne. Même s'ils ne sont peut-être pas les meilleures personnes pour apporter un soutien affectif, ils peuvent être de bons camarades ou une bonne source d'accès à divers genres d'information.

En 2003, on a posé la question suivante aux participants à l'Enquête sociale générale : Combien d'ami(e)s intimes avez-vous, c'est-à-dire des personnes avec qui vous n'êtes pas parent, mais avec qui vous êtes à l'aise, vous pouvez dire ce que vous pensez et à qui vous pouvez demander de l'aide? On leur demandait également combien d'autres amis ils avaient.

Même si les conséquences qui découlent du fait d'avoir six amis intimes au lieu de quatre ne sont pas claires, le fait de n'avoir aucun ami intime peut être un indice d'isolement social. Cinq pour cent des personnes âgées de 25 à 54 ans ont dit ne pas avoir d'amis dont ils se sentaient proches, comparativement à 14 % des aînés (tableau 4.2.1). Les aînés d'âge avancé de 75 ans et plus étaient particulièrement plus susceptibles de dire n'avoir aucun ami intime (18 %).

Tableau 4.2.1 Pourcentage n'ayant pas d'amis intimes et/ou pas d'autres amis, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Tableau 4.2.1 Pourcentage n'ayant pas d'amis intimes et/ou pas d'autres amis, 2003

 

Une tendance analogue était évidente en ce qui concerne les personnes qui n'avaient pas d'« autres » amis. Tout spécialement, la part des aînés âgés de 75 ans et plus qui ont dit ne pas avoir d'autres amis était encore une fois bien plus grande (19 %) que celle des personnes âgées de 25 à 54 ans (5 %). Cette proportion était plus modérée (9 %) chez les aînés âgés de 65 à 74 ans.

Peu de personnes ont dit n'avoir aucun ami, intime ou autre, bien que cela soit plus courant chez les aînés. Chez les personnes âgées de 65 ans et plus, près de 10 sur 100 ont dit ne pas avoir d'amis intimes ou d'autres amis. En revanche, seulement une personne sur 100 du groupe d'âge de 25 à 54 ans en a dit autant.

La part des aînés qui ont dit n'avoir aucun ami intime ou aucun autre ami était plus élevée dans certaines régions que d'autres (graphique 4.2.1). Les aînés du Québec étaient particulièrement susceptibles de dire qu'ils n'avaient aucun ami intime (23 %), soit presque quatre fois la proportion observée en Colombie-Britannique, où 6 % des aînés ont dit n'avoir aucun ami intime. Les aînés du Québec étaient non seulement plus susceptibles de dire qu'ils n'avaient aucun ami intime, mais encore qu'ils n'avaient aucun « autre » ami.

Graphique 4.2.1 Pourcentage des aînés n'ayant aucun ami intime ou autre ami, par région de résidence, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.2.1 Pourcentage des aînés n'ayant aucun ami intime ou autre ami, par région de résidence, 2003

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Les occasions de se faire des amis

Généralement, les amitiés intimes ou les « autres » amitiés se développent à l'école, dans les établissements d'études postsecondaires et en milieu de travail. Des liens sociaux étroits peuvent également être tissés ou renforcés lorsque les gens fondent une famille. À ces diverses étapes de la vie (années scolaires, transition vers le marché du travail et création d'une famille), ils peuvent perdre leurs amis de vue. Les occasions de se faire de nouveaux amis sont cependant en général assez fréquentes pour les personnes plus jeunes.

Certaines données laissent entendre que cela est peut-être moins fréquent chez les aînés. Dans l'Enquête sociale générale de 2003, on posait la question suivante aux répondants : Au cours du dernier mois, combien de personnes avez-vous rencontrées pour la première fois en dehors du travail et de l'école, c'est à dire des gens que vous n'aviez jamais rencontrés, et avec qui vous entendez rester en contact? La majorité des membres de tous les groupes d'âge ont dit n'avoir pas rencontré de nouvelles personnes au cours du mois précédent (tableau 4.2.1). Toutefois, les aînés étaient proportionnellement plus susceptibles de dire n'avoir pas rencontré de nouvelles personnes (75 % par rapport à 62 % des membres du groupe d'âge de 25 à 54 ans).

Parmi les aînés âgés de 75 ans et plus, un peu plus de quatre sur cinq ont dit n'avoir pas rencontré de nouvelles personnes au cours du dernier mois (82 %).

Bien que cet écart entre les groupes d'âge puisse aider à comprendre, du moins en partie, pourquoi les aînés sont plus susceptibles de dire qu'ils n'ont pas d'amis, d'autres raisons sont possibles. Par exemple, il se peut que les aînés aient plus tendance à perdre les amis qu'ils avaient auparavant (en raison de leur décès, de leur migration et ainsi de suite). En outre, il se peut que, pendant leur vie, les membres de la génération actuelle d'aînés aient accordé relativement moins d'importance à l'amitié et davantage aux relations familiales, tout spécialement puisque les familles étaient souvent plus grandes lorsque ces aînés élevaient leurs enfants.

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La présence d'amis intimes et d'autres amis, la santé et le bonheur

Pourquoi la présence ou l'absence d'amis devrait-elle compter? De nombreuses études ont fait ressortir une corrélation étroite entre les relations sociales positives et la santé physique et mentale (Berkman, Glass et Brissette, 2000)2. Le manque de relations sociales a également été identifié comme un facteur de risque de développer des problèmes de santé (Kawachi, Colditz et Ascherio, 1996)3 . En outre, selon une étude qualitative réalisée dernièrement auprès d'aînés et de professionnels chargés de planifier ou de fournir des services à des adultes âgés, « la solitude, l'isolement et la perte d'un être cher sont indiqués spontanément comme des éléments majeurs ayant un effet nuisible sur la qualité de vie » (Richard, Laforest, Dufresne et Sapinski, 2005)4.

Conformément aux résultats de ces études, il semble que les aînés qui ont dit ne pas avoir d'amis intimes ou d'autres amis soient moins susceptibles d'être en excellente ou en très bonne santé (graphique 4.2.2). Par ailleurs, ceux qui ont dit ne pas avoir d'amis intimes ou d'autres amis sont bien moins susceptibles de dire qu'ils sont très heureux (graphique 4.2.3). Il convient néanmoins de souligner que les aînés en mauvaise santé (physique ou mentale) ont peut-être plus de difficulté à garder des relations sociales et que l'état de santé peut être un facteur qui influe sur la probabilité qu'une personne dise n'avoir aucun ami intime ou aucun autre ami.

Graphique 4.2.2 Pourcentage des aînés qui ont dit avoir une très bonne ou une excellente santé, par groupe d'âge et présence d'amis intimes/autres amis, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.2.2 Pourcentage des aînés qui ont dit avoir une très bonne ou une excellente santé, par groupe d'âge et présence d'amis intimes/autres amis, 2003


Graphique 4.2.3 Pourcentage d'aînés qui ont dit être heureux, par groupe d'âge et présence d'amis intimes/autres amis, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.2.3 Pourcentage d'aînés qui ont dit être heureux, par groupe d'âge et présence d'amis intimes/autres amis, 2003

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Les relations sociales avec des parents

Certaines personnes ne se sentent pas nécessairement à l'aise avec des « amis » mais plutôt avec des parents qui vivent à l'extérieur de leur ménage. On a demandé aux répondants de l'Enquête sociale générale de 2003 avec combien de parents ils se sentaient proches, c'est-à-dire ceux avec qui ils se sentaient à l'aise, avec qui ils pouvaient parler de ce qui les préoccupait ou communiquer s'ils avaient besoin d'aide.

Comparativement aux écarts entre les personnes qui ont dit n'avoir aucun ami intime ou aucun autre ami, les écarts entre les aînés et les personnes plus jeunes qui ont dit ne pas avoir de liens étroits avec des parents sont faibles. Environ 8 % des aînés ont dit ne pas avoir de parents dont ils se sentaient proches, soit légèrement plus que les 6 % de personnes âgées 25 à 54 ans qui en ont dit de même. Tout autant d'aînés âgés de 75 ans et plus que ceux âgés entre 65 et 74 ans ont dit n'avoir aucun parent proche.

Visiblement, les aînés qui ont dit ne pas se sentir proches d'un parent qui vivait à l'extérieur de leur ménage n'étaient pas, pour la majorité, les mêmes que ceux qui ont dit ne pas avoir d'amis intimes. En 2003, seulement 2 % de l'ensemble des aînés ont déclaré ne pas avoir d'amis intimes ni de parents dont ils se sentaient proches. En d'autres termes, environ 98 % des aînés ont dit avoir au moins une personne dont ils se sentaient proches. Les aînés qui vivaient seuls étaient aussi susceptibles que ceux qui vivaient avec un conjoint ou d'autres personnes de déclarer n'avoir aucun ami intime ou aucun parent proche (2 %).

Les données de l'Enquête sociale générale la plus récente de Statistique Canada sur l'emploi du temps (2005) nous permettent de mieux comprendre les relations des aînés avec leurs parents et les membres de leur famille. Dans cette enquête, on demandait aux répondants : Les personnes que vous considérez comme vos proches peuvent être celles avec qui vous discutez de questions importantes ou avec qui vous communiquez souvent, ou encore, celles sur qui vous pouvez compter lorsque vous avez besoin d'aide. Compte tenu de toutes les personnes qui correspondent à cette description et qui n'habitent pas avec vous, combien sont : 1) des membres de votre famille immédiate (père et mère, frères et soeurs, enfants adultes ou belle-famille)?; 2) d'autres parents avec qui vous avez des liens étroits?

Étant donné que de nombreux aînés ont vécu dans de grandes familles (mais également parce que les personnes plus jeunes sont plus susceptibles de vivre encore avec leurs enfants), une proportion un peu plus grande d'aînés ont dit avoir au moins six membres de la famille immédiate avec qui ils n'habitaient pas et avec qui ils avaient des « liens étroits ». Tout spécialement, 29 % des aînés âgés entre 65 et 74 ans et 30 % de ceux âgés de 75 ans et plus ont dit avoir des liens étroits avec au moins six membres de leur famille immédiate. En revanche, ce n'était le cas que d'environ 22 % des personnes âgées de 25 à 54 ans.

Par contre, les aînés étaient plus susceptibles de déclarer ne pas se sentir proches des autres membres de leur parenté que les personnes plus jeunes (graphique 4.2.4). En 2005, environ 52 % des aînés âgés de 75 ans et plus ont dit ne pas avoir d'« autres parents » dont ils se sentaient proches, comparativement à 41 % des membres du groupe d'âge de 25 à 54 ans. Le fait que certains membres de la famille élargie des aînés soient décédés peut expliquer en partie l'écart entre les générations. Somme toute, les aînés sont moins susceptibles d'être isolés de leur famille immédiate, mais plus susceptibles de dire ne pas avoir de liens étroits dans leur famille élargie.

Graphique 4.2.4 Nombre d'autres parents considérés être très proches, par groupe d'âge, 2005. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.2.4 Nombre d'autres parents considérés être très proches, par groupe d'âge, 2005

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Fréquence des rencontres et des conversations avec les membres de la parenté

Les aînés, plus spécialement ceux âgés de 75 ans et plus, sont légèrement plus susceptibles que les personnes plus jeunes de voir les membres de leur parenté fréquemment. En 2003, environ 45 % des aînés âgés de 75 ans et plus ont dit avoir vu les membres de leur parenté au moins quelques fois par semaine au cours du dernier mois, comparativement à 38 % des membres du groupe d'âge de 25 à 54 ans (graphique 4.2.5).

Graphique 4.2.5 Fréquence des communications avec des parents, par groupe d'âge, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.2.5 Fréquence des communications avec des parents, par groupe d'âge, 2003

 

En outre, les aînés d'âge avancé étaient légèrement plus susceptibles de parler régulièrement à des parents au téléphone que les personnes âgées de 25 à 54 ans. Près du quart des personnes âgées de 75 ans et plus ont dit avoir parlé à un membre de sa parenté au téléphone au moins une fois par semaine au cours du mois précédent en 2003. Il en était de même de 18 % des personnes âgées de 25 à 54 ans.

Plusieurs facteurs sont liés à la fréquence des rencontres des aînés avec des parents. Par exemple, les aînés qui étaient veufs étaient bien plus susceptibles de rencontrer leurs parents toutes les semaines que ceux qui étaient divorcés, séparés ou célibataires (graphique 4.2.6). De même, les aînés qui vivaient en région rurale étaient plus susceptibles que ceux qui vivaient dans une grande région urbaine de voir leurs parents au moins une fois par semaine (graphique 4.2.7). Malheureusement, on ne peut savoir si les aînés étaient plus satisfaits de la fréquence à laquelle ils avaient rencontré leurs parents ou leur avaient parlé.

Graphique 4.2.6 Pourcentage des aînés qui rencontrent leurs parents au moins une fois par semaine, par état matrimonial et groupe d'âge, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.2.6 Pourcentage des aînés qui rencontrent leurs parents au moins une fois par semaine, par état matrimonial et groupe d'âge, 2003


Graphique 4.2.7 Pourcentage des aînés qui rencontrent leurs parents au moins une fois par semaine, par lieu de résidence et groupe d'âge, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.2.7 Pourcentage des aînés qui rencontrent leurs parents au moins une fois par semaine, par lieu de résidence et groupe d'âge, 2003

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Les membres des réseaux sociaux étroits des aînés

On a pu décrire plus en détail la composition des réseaux sociaux des personnes qui ont dit avoir au moins une personne proche. Outre les membres de leur famille immédiate et leurs parents, les répondants à l'enquête devaient également dire combien de personnes dont ils se sentaient proches étaient en fait des voisins et d'autres personnes5.

Les membres de la famille immédiate représentaient une plus grande part des réseaux sociaux des aînés que ceux des personnes plus jeunes. Tout spécialement, les membres de la famille immédiate (père et mère, frères et soeurs, enfants adultes ou belle-famille) représentaient 46 % de tous les réseaux sociaux des aînés âgés de 75 ans et plus (graphique 4.2.8). Cela signifie que, pour un aîné « typique » ayant dit avoir, par exemple, 15 personnes proches, environ sept d'entre elles seraient des membres de la famille immédiate. En revanche, les membres de la famille immédiate représentaient 38 % de tous réseaux sociaux étroits des personnes âgées de 25 à 54 ans.

Graphique 4.2.8 Part des réseaux sociaux composés de membres de la famille immédiate, de parents, de voisins et d'autres personnes, par groupe d'âge, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.2.8 Part des réseaux sociaux composés de membres de la famille immédiate, de parents, de voisins et d'autres personnes, par groupe d'âge, 2003

 

Par contre, les « autres personnes » (c'est-à-dire les personnes autres que des parents, des membres de la famille immédiate et des voisins) représentaient en général une plus faible part du réseau social étroit des aînés. Cela n'est pas surprenant étant donné que les aînés sont plus susceptibles de dire ne pas avoir d'amis intimes ou d'autres amis.

Enfin, les voisins constituaient une part plus grande des réseaux sociaux des aînés que ceux des personnes plus jeunes. En 2005, les voisins représentaient, en moyenne, 14 % de tous les réseaux sociaux étroits des aînés âgés de 75 ans et plus, comparativement à 9 % de ceux des personnes âgées de 25 à 54 ans. Cela est peut-être dû au fait que les aînés sont plus susceptibles d'avoir vécu plus longtemps dans leur quartier.

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Les relations avec les voisins

Les voisins ne sont pas les personnes avec qui la plupart des gens entretiennent les relations les plus étroites (si certains d'entre eux sont proches, ils représentent habituellement une faible part de toutes les relations étroites des répondants). Les voisins ne sont pas les premières personnes auxquelles les gens songent lorsqu'ils veulent se confier à propos de questions personnelles ou demander une aide qui nécessite beaucoup d'engagement. Toutefois, les voisins sont souvent les personnes qui fournissent et qui reçoivent des échanges de faveurs divers et fréquents. Pour des petits services et des échanges au quotidien (p. ex., emprunter une tasse de farine ou arroser les plantes pendant les vacances), les voisins sont souvent la meilleure source d'aide (et la plus accessible). Naturellement, la condition minimale à ces échanges est la connaissance des voisins.

Les aînés sont légèrement plus susceptibles de connaître leurs voisins que les personnes âgées de 25 à 54 ans. Cinquante et un pour cent des aînés âgés entre 65 et 74 ans et 48 % de ceux âgés de 75 ans et plus ont dit connaître bon nombre ou la plupart de leurs voisins, comparativement à 41 % des membres du groupe d'âge de 25 à 54 ans.

Cet écart s'explique peut-être presque entièrement par le fait que les aînés ont vécu dans leur quartier pendant plus longtemps. En 2003, environ 86 % des aînés âgés de 75 ans et plus et vivant dans un logement privé étaient dans leur quartier depuis cinq ans ou plus. Il en était de même de seulement 55 % des personnes âgées de 25 à 54 ans (graphique 4.2.9).

Graphique 4.2.9 Durée de la résidence dans le quartier, par groupe d'âge, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.2.9 Durée de la résidence dans le quartier, par groupe d'âge, 2003

 

Lorsque l'on établit une distinction entre les personnes qui ont vécu dans leur quartier pendant plus longtemps et celles qui sont des résidents plus récents, l'écart entre les aînés et les personnes plus jeunes disparaît presque complètement. Par exemple, parmi les aînés âgés de 75 ans et plus, vivant dans un logement privé et qui étaient dans leur quartier depuis moins de cinq ans, environ 26 % ont déclaré connaître la plupart de leurs voisins, comparativement à 24 % des personnes âgées de 25 à 54 ans. Parmi les personnes qui s'étaient établies au moins cinq ans auparavant, 55 % des personnes âgées de 25 à 54 ans ont dit connaître bon nombre ou la plupart de leurs voisins, pourcentage qui n'est pas statistiquement différent de la proportion des aînés.

En somme, les aînés sont plus susceptibles d'avoir une plus grande part de voisins dans leurs réseaux sociaux étroits. Toutefois, ils sont seulement un peu plus susceptibles de connaître bon nombre ou la plupart de leurs voisins que les personnes plus jeunes. L'écart entre les aînés et les personnes plus jeunes est dû en grande partie au fait que les aînés ont vécu, en moyenne, plus longtemps dans leur collectivité.

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Les réseaux sociaux des aînés vivant seuls

Les aînés qui vivent seuls courent peut-être un risque tout particulier d'isolement social s'il y a peu de gens dans leur vie dont ils se sentent proches ou avec qui ils peuvent parler et socialiser. Selon l'Enquête sociale générale de 2003, les aînés vivant seuls étaient légèrement plus susceptibles que les aînés vivant avec leur conjoint de déclarer ne pas avoir d'autres amis (tableau 4.2.2). Environ 16 % des aînés vivant seuls ont dit ne pas avoir d'autres amis, comparativement à 11 % des aînés vivant avec leur conjoint. Les aînés vivant seuls étaient également plus susceptibles que les aînés mariés de déclarer qu'au cours du mois précédent ils n'avaient pas rencontré de nouvelles personnes avec qui ils espéraient rester en contact. Néanmoins, ils n'étaient pas plus susceptibles de dire qu'ils n'avaient ni amis intimes ni parents dont ils se sentaient proches dans leur vie.

Tableau 4.2.2 Réseaux sociaux des personnes âgées selon le type de modalités de vie, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Tableau 4.2.2 Réseaux sociaux des personnes âgées selon le type de modalités de vie, 2003

 

En fait, les aînés vivant seuls avaient des rapports plus fréquents avec les membres de leur parenté que ceux qui vivaient avec leur conjoint et que ceux dans une autre situation. Quarante-huit pour cent des aînés vivant seuls ont dit voir des parents (à l'exclusion des personnes avec qui ils vivaient) toutes les semaines, comparativement à 42 % des aînés vivant avec leur conjoint. De même, 28 % des aînés vivant seuls parlaient à des membres de leur parenté tous les jours, comparativement à 19 % des aînés vivant avec leur conjoint. Par contre, les aînés vivant seuls étaient légèrement moins susceptibles de connaître la plupart ou la totalité de leurs voisins.

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4.3 Donner et recevoir de l'aide et des soins

Dans les deux premières sections de ce chapitre, nous avons décrit les modalités de vie et les réseaux sociaux des aînés. Dans la présente section, nous examinons comment les aînés mobilisent les membres de leur réseau pour avoir accès à diverses ressources ou, de façon plus générale, comment des personnes ou des organismes officiels interviennent dans la vie des aînés pour les aider. Nous examinons également l'aide apportée par les aînés, y compris les dons à des organismes de bienfaisance ou sans but lucratif.

Dans la première partie de la section, nous comparons les aînés aux adultes plus jeunes qui aident des membres de leurs réseaux sociaux qui n'habitent pas avec eux et qui obtiennent de l'aide d'eux. Cette partie est étroitement liée au contenu de la section sur les réseaux sociaux (section 4.2) et exclut l'aide provenant de sources officielles telles que des employés rémunérés, des gouvernements et des organisations non gouvernementales.

La seconde partie de la section se limite aux personnes qui ont obtenu de l'aide en raison d'un problème physique ou de santé de longue durée. L'analyse est élargie de manière à inclure l'aide et les soins fournis par toutes les sources, c'est-à-dire l'aide officielle des organismes ou des employés du secteur public, ainsi que l'aide non officielle des corésidents et des membres du réseau social. Étant donné la nature des données utilisées, la seconde partie de la section s'attarde principalement aux aînés âgés de 65 ans et plus.

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Partie 1 : Les échanges d'aide entre personnes qui ne vivent pas ensemble

L'aide reçue des membres du réseau social

Dans de nombreuses occasions de la vie quotidienne, l'aide des parents, des voisins ou des amis est inestimable (pour des tâches qui nécessitent un grand effort physique, lorsque le conjoint ne peut pas apporter de l'aide, etc.). Dans ces circonstances, les membres du réseau social peuvent être très utiles, surtout pour les personnes qui vivent seules.

Tel que susmentionné, les aînés sont plus susceptibles que les personnes des groupes d'âge plus jeunes de dire qu'ils n'ont pas d'amis intimes ou d'autres amis. En même temps, les aînés sont légèrement plus susceptibles de mentionner qu'ils connaissent bon nombre ou la majorité de leurs voisins et également plus susceptibles de dire que de nombreux membres de leur famille immédiate leur sont proches. Quelles sont les répercussions de ces écarts entre les aînés et les personnes plus jeunes, le cas échéant, sur les tendances de l'échange dans les réseaux sociaux? Les aînés sont-ils plus ou moins susceptibles d'obtenir de l'aide des membres de leur réseau social? Quel genre d'aide les aînés sont-ils plus susceptibles de recevoir des personnes qui n'habitent pas avec eux?

En 2003, on a demandé aux répondants de l'Enquête sociale générale si, au cours du dernier mois, une personne les avait aidés à faire diverses tâches6. Les répondants devaient exclure l'aide qu'ils recevaient des personnes avec qui ils habitaient, ainsi que l'aide provenant d'organismes.

Les aînés étaient moins susceptibles que les personnes plus jeunes de dire avoir reçu des formes d'aide intangibles, comme des conseils ou une personne qui les écoute. Environ 11 % des aînés ont mentionné qu'une personne les avait aidés en leur enseignant, en les encadrant ou en leur donnant des conseils pratiques, comparativement à 30 % des personnes âgées de 25 à 54 ans (tableau 4.3.1). De même, la part des aînés qui ont déclaré qu'une personne leur avait apporté un soutien affectif (28 %) était bien inférieure à celle des membres du groupe d'âge de 25 à 54 ans (43 %). Ces écarts peuvent être le reflet d'une plus grande difficulté à avoir accès à ce genre d'aide, au plus grand nombre d'obstacles à surmonter pour demander de l'aide ou à un moins grand besoin d'aide.

Les aînés âgés de 75 ans et plus étaient tout aussi susceptibles que les personnes de moins de 65 ans d'obtenir de l'aide d'une personne avec qui ils ne vivaient pas pour faire des travaux ménagers, d'entretien ou d'extérieur. Toutefois, les personnes âgées de 25 à 54 ans étaient plus susceptibles d'avoir reçu ce genre d'aide au cours du dernier mois (24 %) que les aînés âgés entre 65 et 74 ans (20 %) (tableau 4.3.1). Cela ne signifie pas que les aînés plus jeunes n'aient pas besoin d'aide, mais sous-entend peut-être qu'ils sont moins susceptibles que les adultes plus jeunes de compter sur des personnes avec qui ils n'habitent pas pour obtenir de l'aide afin d'exécuter diverses tâches domestiques.

Tableau 4.3.1 Personnes qui ont reçu de l'aide au cours du dernier mois1 : type d'aide reçue, par groupe d'âge, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Tableau 4.3.1 Personnes qui ont reçu de l'aide au cours du dernier mois : type d'aide reçue, par groupe d'âge, 2003

 

La fréquence de l'aide obtenue pour le transport ou les courses était bien plus grande chez les aînés plus âgés, c'est-à-dire ceux de 75 ans et plus, que chez les personnes des groupes d'âge plus jeunes. En 2003, environ 29 % des aînés âgés de 75 ans et plus ont dit avoir reçu ce genre d'aide d'une personne de l'extérieur de leur ménage au cours du dernier mois. En revanche, seulement 16 % des membres du groupe d'âge de 65 à 74 ans ont dit en avoir reçu. Fait intéressant, les aînés du dernier groupe d'âge étaient encore moins susceptibles que les personnes âgées de 25 à 54 ans d'avoir reçu de l'aide pour le transport ou les courses.

Le fait que la grande majorité des aînés âgés de 65 à 74 ans aient un permis de conduire en vigueur et accès à un véhicule aide à expliquer pourquoi une si faible proportion de membres de ce groupe d'âge ont reçu de l'aide pour le transport ou les courses d'une personne avec qui ils ne vivaient pas. En 2005, 89 % des personnes âgées de 65 à 74 ans ont déclaré qu'elles ou un membre de leur ménage louaient un véhicule ou en étaient propriétaires, comparativement à 73 % des aînés âgés de 75 ans et plus. En outre, une proportion bien plus grande de personnes âgées de 65 à 74 ans que d'aînés âgés de 75 ans et plus ont dit avoir un permis de conduire en règle (respectivement 85 % et 60 %).

Parmi les aînés, ceux qui vivaient seuls étaient plus susceptibles de recevoir toutes les formes d'aide (à l'exception de l'enseignement, de l'encadrement ou des conseils pratiques) que les aînés vivant avec un conjoint et ceux vivant avec une personne autre que leur conjoint (graphique 4.3.1). Les écarts étaient tout spécialement remarquables en ce qui concerne l'aide apportée pour le transport ou les courses : environ 35 % des aînés vivant seuls avaient reçu de genre d'aide au cours du mois précédent, comparativement à 14 % de ceux qui vivaient avec un conjoint. De même, les aînés vivant seuls étaient plus susceptibles de mentionner qu'une personne leur avait apporté un soutien affectif; il est probable que les personnes vivant avec un conjoint ou avec d'autres personnes obtiennent cette forme de soutien dans leur ménage.

Graphique 4.3.1 Pourcentage des aînés qui ont reçu de l'aide au cours du mois précédent, par situation des particuliers, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.3.1 Pourcentage des aînés qui ont reçu de l'aide au cours du mois précédent, par situation des particuliers, 2003

 

Les femmes aînées étaient plus susceptibles que les hommes de dire qu'elles avaient reçu un soutien affectif au cours du mois précédent. De même, elles étaient plus susceptibles de dire qu'elles avaient reçu de l'aide pour le transport et/ou les courses (graphique 4.3.2). Le fait que les hommes aînés soient plus susceptibles (89 %) que les femmes aînées (62 %) d'avoir un permis de conduire en règle explique peut-être en partie ce dernier écart7. Au sujet du soutien affectif, des études ont démontré que les hommes sont plus susceptibles d'obtenir ce type de soutien de leur conjointe, tandis que les femmes sont plus susceptibles de l'obtenir d'une personne autre que leur époux.

Graphique 4.3.2 Pourcentage des aînés qui ont reçu une forme d'aide non officielle au cours du mois précédent, selon le sexe, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.3.2 Pourcentage des aînés qui ont reçu une forme d'aide non officielle au cours du mois précédent, selon le sexe, 2003

 

Enfin, les personnes qui ont dit n'avoir aucun ami intime étaient bien moins susceptibles de déclarer avoir obtenu du soutien affectif au cours du mois précédent (graphique 4.3.3). Par exemple, seulement 15 % environ des aînés âgés entre 65 et 74 ans qui ont dit ne pas avoir d'amis intimes ont déclaré avoir reçu du soutien affectif au cours du mois précédent. Par contre, environ 29 % de ceux qui avaient au moins un ami intime ou un parent ont dit avoir reçu du soutien affectif.

Graphique 4.3.3 Pourcentage de personnes qui ont reçu du soutien affectif dans le mois précédent, selon la présence d'un ami proche, par groupe d'âge, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.3.3 Pourcentage de personnes qui ont reçu du soutien affectif dans le mois précédent, selon la présence d'un ami proche, par groupe d'âge, 2003

 

La fréquence de l'aide reçue et les sources d'aide

Les aînés qui ont obtenu de l'aide de personnes de l'extérieur de leur ménage étaient plus susceptibles de recevoir de l'aide régulièrement que les personnes d'âge moyen. Cependant, la probabilité que les aînés d'âge avancé (de 75 ans et plus) obtiennent de l'aide régulièrement était très semblable à celle des personnes plus jeunes (âgées entre 25 et 34 ans) (graphique 4.3.4). En 2003, parmi celles qui avaient reçu au moins une forme d'aide non rémunérée au cours du dernier mois, 35 % des personnes âgées de 25 à 34 ans ont dit que cette aide était régulière, comparativement à 38 % des personnes âgées de 75 ans et plus. Les raisons pour lesquelles les personnes ont obtenu de l'aide sont probablement un peu différentes selon le groupe d'âge. Néanmoins, ces chiffres illustrent le fait que les aînés ne sont pas les seuls, et peut-être pas les principaux, bénéficiaires du soutien social dans la société.

Graphique 4.3.4 Personnes ayant reçu une forme d'aide au cours du mois précédent : pourcentage de celles qui ont reçu cette aide de façon régulière, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.3.4 Personnes ayant reçu une forme d'aide au cours du mois précédent : pourcentage de celles qui ont reçu cette aide de façon régulière, 2003

 

Fait peu étonnant, étant donné la taille et la composition de leur réseau social, les aînés ne comptent pas sur les mêmes genres de personnes que les personnes plus jeunes lorsqu'ils ont besoin d'aide. Parmi ceux qui ont reçu au moins une forme d'aide au cours du dernier mois, plus des deux tiers des aînés âgés de 75 ans et plus ont dit qu'elle provenait d'un membre de leur parenté (70 %). Il en était de même de moins de la moitié des membres du groupe d'âge de 55 à 64 ans (48 %). En revanche, les aînés étaient moins susceptibles d'obtenir de l'aide de leurs amis. Trente-neuf pour cent des aînés âgés de 75 ans et plus qui ont obtenu de l'aide ont dit qu'elle provenait d'un ami, comparativement à 69 % des membres du groupe d'âge de 25 à 54 ans (graphique 4.3.5).

Graphique 4.3.5 Personne ayant obtenu de l'aide au cours du mois précédent : pourcentage de l'aide provenant de parents, voisins et amis, par groupe d'âge, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.3.5 Personne ayant obtenu de l'aide au cours du mois précédent : pourcentage de l'aide provenant de parents, voisins et amis, par groupe d'âge, 2003

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L'aide apportée par les aînés à des personnes avec qui ils n'habitaient pas

Une proportion considérable d'aînés canadiens aident d'autres personnes et ce, de bien des manières. Les répondants de l'Enquête sociale générale de 2003 de Statistique Canada devaient dire si, au cours du mois précédent, ils avaient aidé une personne avec qui ils n'habitaient pas.

Les aînés plus jeunes étaient un peu plus susceptibles d'apporter ce genre d'aide que les aînés âgés de 75 ans et plus. Par exemple, environ le quart des aînés âgés entre 65 et 74 ans (26 %) ont déclaré avoir aidé une personne de l'extérieur de leur foyer à faire des travaux ménagers, d'entretien ou d'extérieur (tableau 4.3.2). En revanche, seulement 11 % des aînés âgés de 75 ans et plus en ont fait de même. En outre, 22 % des aînés plus jeunes ont aidé à garder des enfants, comparativement à 9 % des aînés âgés de 75 ans et plus. Cela reflète probablement le fait que les aînés plus jeunes sont plus susceptibles d'avoir de petits-enfants en bas âge que les aînés d'âge avancé.

Tableau 4.3.2 Personnes qui ont donné de l'aide au cours du dernier mois : type d'aide fournie, par groupe d'âge, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Tableau 4.3.2 Personnes qui ont donné de l'aide au cours du dernier mois : type d'aide fournie, par groupe d'âge, 2003

 

Fait intéressant, dans tous les groupes d'âge, sauf dans celui des personnes de 75 ans et plus, la proportion des personnes qui ont dit apporter de l'aide était plus grande que la proportion de celles qui ont dit en recevoir. Par exemple, seulement 16 % des aînés âgés de 65 à 74 ans ont dit recevoir de l'aide pour le transport ou les courses, tandis que ceux du même groupe d'âge qui ont mentionné apporter ce genre d'aide étaient deux fois plus nombreux, soit 33 % (graphique 4.3.6).

Graphique 4.3.6 Pourcentage des aînés âgés de 65 à 74 ans qui ont reçu et apporté de l'aide au cours du mois précédent, par forme d'aide, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.3.6 Pourcentage des aînés âgés de 65 à 74 ans qui ont reçu et apporté de l'aide au cours du mois précédent, par forme d'aide, 2003

 

Par contre, les aînés âgés de 75 ans et plus étaient plus susceptibles de dire qu'ils avaient obtenu de l'aide pour faire des travaux ménagers, d'entretien ou d'extérieur ainsi que pour le transport ou les courses que d'en avoir apporté (graphique 4.3.7). Cependant, ils ont dit qu'ils étaient plus susceptibles d'avoir aidé une autre personne en lui enseignant, en l'encadrant ou en lui donnant des conseils pratiques. De même, ils ont déclaré apporter plus de soutien affectif qu'ils n'en recevaient.

Graphique 4.3.7 Pourcentage des aînés âgés de 75 ans et plus qui ont reçu et apporté de l'aide au cours du mois précédent, par forme d'aide, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.3.7 Pourcentage des aînés âgés de 75 ans et plus qui ont reçu et apporté de l'aide au cours du mois précédent, par forme d'aide, 2003

 

Tel que susmentionné, les formes d'aide reçues par les hommes et les femmes étaient différentes. Les données de l'Enquête sociale générale de 2003 montrent que les formes d'aide que les hommes et les femmes apportaient étaient elles-aussi différentes. Selon ces données, les hommes aînés se spécialisent davantage dans les formes d'aide suivantes : travaux ménagers, d'entretien ou d'extérieur; transport ou courses; enseignement, encadrement ou conseils pratiques. En revanche, les femmes aînées sont plus susceptibles d'aider à garder des enfants et à apporter un soutien affectif (graphique 4.3.8).

Graphique 4.3.8 Pourcentage des aînés qui ont apporté une aide au cours du mois précédent, selon le sexe, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.3.8 Pourcentage des aînés qui ont apporté une aide au cours du mois précédent, selon le sexe, 2003

 

Les aînés qui ont aidé une personne étaient plus susceptibles que les personnes âgées de 25 à 54 ans d'aider un voisin et moins susceptibles d'aider un ami (graphique 4.3.9). Ces tendances sont semblables à celles observées pour l'aide reçue. Les aînés étaient plus susceptibles que les adultes plus jeunes de connaître bon nombre de leurs voisins et ils avaient en général une attitude plus positive envers eux (voir les détails dans la section 4.6 du présent chapitre). Le fait qu'ils étaient également plus susceptibles d'apporter de l'aide à leurs voisins reflète ces réalités.

Graphique 4.3.9 Personnes qui ont apporté une forme d'aide au cours du mois précédent : pourcentage de celles qui ont apporté de l'aide à des parents, des voisins et des amis, par groupe d'âge, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.3.9 Personnes qui ont apporté une forme d'aide au cours du mois précédent : pourcentage de celles qui ont apporté de l'aide à des parents, des voisins et des amis, par groupe d'âge, 2003

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L'échange de faveurs entre voisins

Les aînés sont plus susceptibles de connaître leurs voisins que les personnes plus jeunes, mais moins susceptibles d'échanger des faveurs avec eux. Environ 59 % des membres du groupe d'âge de 25 à 54 ans ont déclaré avoir obtenu une faveur de leurs voisins au cours du mois précédent, comparativement à 56 % des aînés âgés entre 65 et 74 ans et 52 % de ceux âgés de 75 ans et plus (graphique 4.3.10). Les personnes plus jeunes sont peut-être plus susceptibles d'avoir besoin d'une forme d'aide que peuvent leur apporter les voisins étant donné l'étape où elles en sont dans leur cycle de vie (par exemple, en raison de la présence de jeunes enfants).

Graphique 4.3.10 Pourcentage des personnes ayant obtenu une faveur d'un voisin et ayant rendu une faveur à un voisin, par groupe d'âge, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.3.10 Pourcentage des personnes ayant obtenu une faveur d'un voisin et ayant rendu une faveur à un voisin, par groupe d'âge, 2003

 

Le pourcentage des personnes âgées de 25 à 54 ans, de celles âgées de 55 à 64 ans et de celles âgées de 65 à 74 ans qui ont fait une faveur à un voisin au cours du mois précédent était semblable. Néanmoins, les aînés âgés de 75 ans et plus étaient moins susceptibles que les autres de l'avoir fait, soit 51 %, comparativement à 63 % des membres du groupe d'âge de 25 à 54 ans.

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Le don à des organismes de bienfaisance ou sans but lucratif

En 2004, environ 22,2 millions de Canadiens, soit 85 % de la population âgée de 15 ans et plus, ont fait un don financier à un organisme de bienfaisance ou à un autre organisme sans but lucratif. Les bénéficiaires de ces dons comprenaient des organismes religieux, des organismes de la santé, des organismes de services sociaux et des hôpitaux.

Les aînés ne sont pas très différents des autres groupes d'âge lorsqu'il s'agit des dons. En 2004, 87 % des aînés âgés de 65 à 74 ans ont fait un don financier à un organisme de bienfaisance ou sans but lucratif, soit environ la même proportion que les membres du groupe d'âge de 25 à 54 ans (88 %) (tableau 4.3.3).

Cependant, le montant moyen des dons annuels versés par des aînés était bien plus élevé que celui des personnes plus jeunes. En 2004, les donateurs âgés de 75 ans et plus ont donné en moyenne 646 $. À titre de comparaison, la moyenne était de 395 $ chez les personnes âgées de 25 à 54 ans (tableau 4.3.3).

Tableau 4.3.3 Taux de don et répartition des dons, par groupe d'âge, 2004. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Tableau 4.3.3 Taux de don et répartition des dons, par groupe d'âge, 2004

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Partie 2 : Les aînés qui reçoivent des soins à cause de leur état de santé

Ces dernières années, la proportion d'aînés vivant dans des ménages privés est à la hausse. Parmi ces aînés, tout spécialement parmi les personnes d'âge avancé, bon nombre ont un problème de santé à long terme (voir section 2.1 sur la santé). Alors que bien des aînés ayant un problème de santé à long terme sont autonomes et peuvent demeurer dans leur maison, bon nombre ont aussi besoin d'aide dans la vie quotidienne.

Les services publics ou les organismes privés peuvent répondre à certains de leurs besoins, par exemple, le nettoyage de la maison, le transport et les soins personnels. Néanmoins, ils ne peuvent pas répondre aux besoins de tous les aînés et ne sont pas toujours les mieux placés pour le faire. En outre, les ressources financières ne sont pas toujours suffisantes pour leur apporter tous les soins dont ils pourraient avoir besoin. Dans bien des cas, la présence et l'engagement d'un membre de la famille proche, d'un conjoint ou d'un voisin peut faire une grande différence dans leur qualité de vie, augmentant ainsi leur possibilité de vivre à la maison.

Dans cette deuxième partie de la présente section, nous nous concentrons sur les aînés qui reçoivent de l'aide et des soins en raison d'un problème de santé à long terme. Combien d'aînés reçoivent des soins parce qu'ils ont un problème de santé à long terme? Qui leur fournit ces soins? Leurs besoins sont-ils comblés?

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Les aînés qui reçoivent de l'aide en raison d'un problème de santé à long terme

En 2002, près d'un million d'aînés (945 000) qui vivaient dans des logements privés ont dit recevoir de l'aide parce qu'ils avaient un problème de santé à long terme ou un problème physique qui les empêchait de faire des activités quotidiennes. Autrement dit, 26 % des Canadiens âgés de 65 ans et plus reçoivent, en raison de leur état de santé, de l'aide pour les travaux ménagers à l'intérieur ou à l'extérieur, le magasinage, le transport ou les soins personnels.

Les Canadiens âgés de 85 ans et plus étaient près de quatre fois plus susceptibles que leurs homologues plus jeunes âgés de 65 à 74 ans de recevoir des soins pour un problème de santé à long terme (respectivement 60 % et 16 %) (tableau 4.3.4). Les aînés âgés entre 75 et 84 ans se situaient entre les deux, environ le tiers d'entre eux (34 %) recevant des soins.

Tableau 4.3.4 Pourcentage de personnes âgées qui ont reçu de l'aide à cause d'un problème de santé de longue durée, par groupe d'âge et sexe, 2002. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Tableau 4.3.4 Pourcentage de personnes âgées qui ont reçu de l'aide à cause d'un problème de santé de longue durée, par groupe d'âge et sexe, 2002

 

Dans chaque groupe d'âge, les femmes étaient plus susceptibles de recevoir des soins que les hommes. Parmi les personnes âgées de 65 à 74 ans, par exemple, environ 19 % des femmes recevaient de l'aide, comparativement à 13 % des hommes. L'écart était plus grand dans le groupe d'âge de 75 à 84 ans, où 64 % des femmes recevaient des soins comparativement à 53 % des hommes (tableau 4.3.4).

Tableau 4.3.5 Pourcentage de personnes âgées qui ont reçu des soins à cause d'un problème de santé de longue durée, selon la présence de divers problèmes de santé et l'âge, 2002. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Tableau 4.3.5 Pourcentage de personnes âgées qui ont reçu des soins à cause d'un problème de santé de longue durée, selon la présence de divers problèmes de santé et l'âge, 2002

 

Néanmoins, les écarts entre les hommes et les femmes variaient, selon la situation des particuliers dans le ménage. Parmi les aînés vivant avec leur conjoint, les hommes étaient presque aussi susceptibles que les femmes de recevoir de l'aide (19 % des hommes et 22 % des femmes). En revanche, l'écart était bien plus grand entre les femmes et les hommes aînés vivant seuls. En 2002, environ 37 % des femmes vivant seules ont reçu de l'aide, comparativement à 23 % des hommes.

Le fait que les femmes aînées vivant seules sont, en moyenne, légèrement plus vieilles que les hommes n'explique pas cet écart8. Si l'on ne retient que les aînés âgés de 85 ans et plus, la proportion de femmes vivant seules et ayant reçu de l'aide pour un problème de santé à long terme était toujours bien plus élevée que celle des hommes, soit respectivement 62 % et 52 %.

Des écarts entre les régions étaient également évidents et les aînés vivant dans les provinces de l'Atlantique étaient bien plus susceptibles de recevoir de l'aide en raison d'un problème de santé à long terme, tandis que ceux qui vivaient au Québec l'étaient moins. En 2002, environ 40 % des aînés du Canada atlantique avaient reçu une forme d'aide, soit plus de deux fois la proportion des aînés du Québec (18 %). À l'ouest du Québec, les proportions d'aînés vivant dans des ménages privés qui ont reçu de l'aide variaient entre 26 % et 28 %.

À plusieurs endroits dans le présent rapport, nous soulignons l'importance de l'évolution du profil de la scolarité des aînés (et de la prochaine génération d'aînés). Comme nous l'avons vu dans la section sur la santé, le bien-être et la sécurité, il existe un lien étroit dans tous les groupes d'âge entre le niveau de scolarité et la santé; tout spécialement, plus le niveau de scolarité est élevé, plus la probabilité d'être en bonne santé ou de dire avoir des comportements de santé plus positifs est grande. Si l'on tient compte de cette information, on pourrait s'attendre à ce que les aînés ayant un niveau de scolarité plus élevé soient bien moins susceptibles de recevoir de l'aide en raison d'un problème de santé à long terme, puisqu'ils seraient moins susceptibles d'en avoir besoin.

Bien qu'il existe un écart entre ceux qui ont un niveau de scolarité élevé et ceux dont le niveau de scolarité est plus faible, cet écart n'est pas aussi grand que celui observé pour l'état de santé. Dans le groupe d'âge de 65 à 74 ans, par exemple, la proportion des aînés ayant un diplôme d'études collégiales ou universitaires et ayant reçu de l'aide n'était que légèrement inférieure à la proportion de ceux qui n'avaient pas obtenu de diplôme d'études secondaires (respectivement 18 % et 13 %). Dans le groupe d'âge de 75 ans et plus, il n'y avait un écart selon le niveau de scolarité qu'entre les femmes. En somme, les aînés dont le niveau de scolarité est le plus élevé sont seulement un peu moins susceptibles de recevoir de l'aide en raison d'un problème de santé à long terme.

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Les divers problèmes de santé et les soins reçus

Certains problèmes de santé sont assez fréquents chez les aînés, notamment la mobilité restreinte, la mémoire défaillante et des malaises ou des douleurs; d'autres problèmes sont moins courants, entre autres les problèmes d'élocution, de dextérité et les troubles auditifs non corrigés (voir le chapitre 2, tableau 2.1.10). Toutefois, ces divers genres de problèmes de santé n'ont pas les mêmes effets sur la vie quotidienne. Certains problèmes moins fréquents peuvent faire augmenter de façon remarquable l'aide dont une personne a besoin; d'autres qui sont plus fréquents dans la population sont moins étroitement liés à la probabilité de recevoir des soins.

Par exemple, la difficulté à s'endormir ou à rester endormi régulièrement et les troubles de la mémoire, qui sont tous deux courants chez les aînés, ne font pas augmenter la probabilité de recevoir de l'aide de façon très marquée. Parmi les aînés âgés de 85 ans et plus, 59 % de ceux qui ont dit n'avoir pas de problème d'insomnie recevaient de l'aide en raison d'un problème de santé à long terme; le pourcentage correspondant de ceux qui ont dit avoir des problèmes d'insomnie étaient très semblables, soit 63 % (tableau 4.3.4).

Par contre, le fait d'avoir des problèmes de dextérité9 augmentait considérablement la probabilité de recevoir de l'aide. Dans le groupe d'âge de 85 ans et plus, presque l'ensemble des aînés (95 %) éprouvant des problèmes de dextérité ont dit recevoir de l'aide en raison d'un problème de santé à long terme, ce qui était le cas de seulement 55 % de ceux qui n'avaient pas de problèmes de dextérité. D'autres problèmes à long terme qui étaient tout spécialement liés à l'obtention d'une aide comprenaient les troubles visuels non corrigés et les problèmes d'élocution. Les aînés âgés de 65 ans et plus ayant un problème d'élocution étaient près de trois fois plus susceptibles de recevoir des soins que ceux qui n'avaient pas un tel problème.

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L'âge et la probabilité de recevoir des soins

Tel que susmentionné, de nombreux facteurs sont liés à la probabilité de recevoir de l'aide et des soins et la santé est évidemment un facteur capital. Cela étant dit, l'âge en soi est l'un des éléments les plus déterminants qui soient liés à la probabilité de recevoir de l'aide en raison d'un problème de santé à long terme. Le graphique 4.3.11 illustre cette réalité. Même si la mauvaise santé est liée à une plus grande probabilité de recevoir de l'aide pour tous les groupes d'âge, ce lien est bien plus fort chez les aînés âgés de 65 à 74 ans que ceux d'âge avancé, soit de 85 ans et plus. De façon plus précise, dans le groupe d'âge de 65 à 74 ans, les aînés qui ont déclaré être en bonne santé étaient près de quatre fois moins susceptibles de recevoir de l'aide que ceux dont la santé était mauvaise ou passable (respectivement 12 % et 43 %). En revanche, 59 % des aînés âgés de 85 ans et plus dont la santé était passable ou mauvaise recevaient de l'aide, comparativement à la moitié (50 %) de ceux qui ont dit que leur santé était bonne.

Graphique 4.3.11 Pourcentage des aînés qui recevaient de l'aide en raison d'un problème de santé à long terme, selon l'état de santé, 2002. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.3.11 Pourcentage des aînés qui recevaient de l'aide en raison d'un problème de santé à long terme, selon l'état de santé, 2002

 

On constate la même tendance lorsqu'on mesure l'état de santé des aînés à l'aide de l'indice de l'état de santé. Cet indice est une mesure plus « directe » de la santé, mais il est aussi global que l'autoévaluation de l'état de santé, puisqu'il inclut des éléments affectifs et physiques. Dans les groupes d'âge plus jeunes, les personnes dont la santé était moins bonne étaient sept fois plus susceptibles de recevoir de l'aide que celles dont l'état de santé était plus positif. Il en allait de même des aînés âgés de 85 ans et plus, mais l'écart entre ceux qui étaient en très bonne santé et ceux dont la santé était mauvaise était bien moins grand, ceux qui étaient en mauvaise santé étant environ trois fois plus susceptibles de recevoir de l'aide que ceux qui étaient en meilleure santé (mesurée à l'aide de l'indice de l'état de santé) (graphique 4.3.12).

Graphique 4.3.12 Pourcentage des aînés qui recevaient de l'aide en raison d'un problème de santé à long terme, par niveau de l'indice de l'état de santé et par groupe d'âge, 2002. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.3.12 Pourcentage des aînés qui recevaient de l'aide en raison d'un problème de santé à long terme, par niveau de l'indice de l'état de santé et par groupe d'âge, 2002

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Les besoins en soins non comblés

Le fait que 74 % des aînés n'aient pas reçu d'aide en raison d'un problème de santé à long terme ne signifie pas nécessairement que tous ceux qui avaient besoin d'aide en ont reçu. En 2002, environ 2 % des aînés vivant dans des ménages privés avaient des besoins en soins non comblés; c'est-à-dire qu'ils ont dit avoir besoin de soins en raison d'un problème de santé à long terme, mais n'en ont pas reçu.

Comme l'illustre le tableau 4.3.6, les aînés qui n'ont pas reçu d'aide, même s'ils en avaient besoin, étaient plus jeunes et en meilleure santé, en moyenne, que ceux qui ont dit avoir reçu l'aide dont ils avaient besoin; en même temps, ils étaient plus vieux et en moins bonne santé que les aînés qui n'avaient pas besoin de soins. Plus précisément, les aînés qui avaient besoin de soins, mais qui n'en ont pas reçu étaient, en moyenne, âgés de 75 ans. En revanche, ceux qui ont reçu de l'aide en raison d'un problème de santé à long terme avaient 78,4 ans. Ceux qui n'ont pas reçu de soin parce qu'ils n'en avaient pas besoin étaient les plus jeunes de tous, à 73,2 ans.

Tableau 4.3.6 Caractéristiques des personnes âgées qui n'ont pas reçu de soins, de celles dont les besoins de soins n'ont pas été comblés, et de celles qui ont reçu des soins, 2002. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Tableau 4.3.6 Caractéristiques des personnes âgées qui n'ont pas reçu de soins, de celles dont les besoins de soins n'ont pas été comblés, et de celles qui ont reçu des soins, 2002

 

Il existe des écarts entre les régions quant à la prestation (ou non) des soins qui étaient nécessaires. Au Québec, environ 2,9 % des aînés ont dit ne pas avoir reçu les soins dont ils avaient besoin. Cette proportion était plus élevée que dans les provinces de l'Atlantique (1 %), en Ontario (1,2 %) et dans les Prairies (1,4 %). Toutefois, elle n'était pas significativement différente de celle de la Colombie-Britannique, où environ 2,4 % des aînés ont dit que, même s'ils avaient besoin de soins en raison d'un problème de santé, ils n'en avaient pas reçu.

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Les diverses formes d'aide que les aînés ont reçues

Les formes d'aide que les aînés ont reçues en raison d'un problème de santé à long terme variaient considérablement selon le groupe d'âge. Ainsi, 9 % des aînés âgés entre 65 et 74 ans ont reçu de l'aide pour l'entretien ménager et les travaux à l'extérieur; en revanche, seulement 5 % d'entre eux ont obtenu de l'aide pour faire du magasinage, se déplacer (transport), aller à la banque ou payer des factures (tableau 4.3.7). Cela n'est pas surprenant puisque les travaux à l'extérieur et l'entretien ménager nécessitent plus d'efforts physiques. Ainsi, même des problèmes de santé à long terme moins graves (p. ex., des maux de dos modérés) peuvent limiter la capacité d'exécuter ces tâches.

Tableau 4.3.7 Personnes âgées qui ont reçu des soins à cause d'un problème de santé de longue durée : types de soins reçus, selon le sexe et le groupe d'âge, 2002. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Tableau 4.3.7 Personnes âgées qui ont reçu des soins à cause d'un problème de santé de longue durée : types de soins reçus, selon le sexe et le groupe d'âge, 2002

 

À un âge plus avancé, les aînés sont moins susceptibles d'avoir besoin d'aide pour les travaux domestiques (certains ont pu emménager dans une résidence qui nécessite moins d'entretien) et ils sont plus susceptibles d'avoir besoin d'aide pour faire toutes les autres formes d'activités. Par exemple, 36 % des aînés âgés de 85 ans et plus et vivant encore dans une résidence privée ont obtenu de l'aide pour prendre un bain, faire leur toilette, se couper les ongles d'orteils ou des doigts, se brosser les dents, se laver la tête et entretenir leurs cheveux.

Fait peu étonnant, puisque les hommes aînés ne sont pas aussi susceptibles que les femmes de recevoir de l'aide, ils ne sont pas aussi susceptibles de recevoir les diverses formes d'aide. Entre autres choses, les femmes aînées, et particulièrement celles âgées entre 75 et 84 ans, étaient bien plus susceptibles d'obtenir de l'aide pour le magasinage ou le transport que les hommes (respectivement 18 % et 8 %).

Les femmes aînées étaient également deux fois plus susceptibles de recevoir de l'aide pour les travaux à l'intérieur en raison d'un problème de santé à long terme, soit 18 % comparativement à 9 % pour les hommes. Cependant, il faut interpréter cet écart entre les hommes et les femmes avec prudence. Dans de nombreux couples, les responsabilités sont réparties selon les rôles masculins et féminins traditionnels et les hommes sont plus susceptibles de dire qu'on leur apporte de l'aide pour faire les travaux à l'intérieur puisque c'est de cette manière que les tâches sont divisées dans leur ménage plutôt qu'en raison de leur problème de santé10.

Par ailleurs, la probabilité de recevoir plus de formes d'aide augmente considérablement avec l'âge. Parmi les aînés âgés de 85 ans et plus qui ont reçu une certaine forme de soins en raison d'un problème de santé à long terme, le tiers a obtenu de l'aide dans les quatre grandes catégories d'activité, c'est-à-dire les travaux à l'intérieur, les travaux à l'extérieur, le transport et les soins personnels (graphique 4.3.13). Seulement 15 % des aînés âgés entre 65 et 74 ans étaient dans cette situation.

Graphique 4.3.13 Aînés qui recevaient de l'aide en raison d'un problème de santé à long terme : nombre de formes d'aide reçues, par groupe d'âge, 2002. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.3.13 Aînés qui recevaient de l'aide en raison d'un problème de santé à long terme : nombre de formes d'aide reçues, par groupe d'âge, 2002

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Les sources d'aide officielles et non officielles

Les aînés qui ont un problème de santé à long terme peuvent recevoir de l'aide et des soins de sources non officielles, comme leur conjoint, des parents et des amis; de sources officielles telles que le gouvernement et des organismes non gouvernementaux; ou de ces deux sources. Pour de nombreuses raisons, les établissements publics souhaitent connaître le nombre d'aînés qui reçoivent des soins des sources non officielles; cette information les aide à planifier les coûts et à prévoir la demande de services, à estimer le soutien possible de fournisseurs de soins et d'autres questions du genre. Les aidants naturels s'intéressent également à la prestation de soins à domicile par le secteur public, tout spécialement lorsque leur participation nécessite beaucoup de temps, d'argent et de ressources psychologiques. La plupart des aînés qui reçoivent des soins en raison de problèmes de santé à long terme les reçoivent-ils d'une source non officielle, officielle ou de ces deux sources?

Parmi tous les aînés qui ont obtenu de l'aide en raison d'un problème de santé à long terme, environ les trois quarts (72 %) ont reçu cette aide, en partie ou en totalité, de sources non officielles et un peu moins de la moitié (45 %) l'ont reçue uniquement de sources non officielles (tableau 4.3.8). Toutefois, les aînés d'âge avancé, soit ceux de 85 ans et plus, qui ont reçu des soins étaient moins susceptibles de les avoir obtenus exclusivement de sources informelles. Plus précisément, 53 % des aînés âgés entre 65 et 74 ans qui ont reçu des soins les ont obtenus de sources informelles seulement, comparativement à 40 % des personnes âgées de 85 ans et plus. Fait peu étonnant, la proportion de ceux qui ont reçu des soins de sources officielles était plus élevée parmi les aînés d'âge avancé. Ainsi, 60 % de ceux âgés de 85 ans et plus ont reçu, en partie ou en totalité, de l'aide d'une source officielle, qu'il s'agisse du gouvernement, d'un employé rémunéré personnellement ou d'un organisme non gouvernemental. En revanche, moins de la moitié de ceux âgés entre 65 et 74 ans (47 %) étaient dans cette situation. À mesure que les aînés vieillissent, puisque les problèmes de santé chroniques pour lesquels ils ont besoin d'aide peuvent devenir plus graves ou nombreux, ils peuvent avoir besoin de soins à domicile plus spécialisés et il se peut que les membres de leur réseau social ne soient plus suffisants pour leur apporter un soutien.

Tableau 4.3.8 Personnes âgées qui ont reçu des soins à cause d'un problème de santé de longue durée : sources officielles et officieuses d'aide, 2002. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Tableau 4.3.8 Personnes âgées qui ont reçu des soins à cause d'un problème de santé de longue durée : sources officielles et officieuses d'aide, 2002

 

La situation des particuliers dans le ménage est non seulement liée à la probabilité de recevoir de l'aide en raison d'un problème de santé à long terme mais elle est également corrélée à la probabilité d'en recevoir de sources informelles ou officielles. Fait peu étonnant, les aînés vivant seuls sont plus susceptibles de recevoir de l'aide de sources officielles (exclusivement ou en partie) que ceux vivant avec un conjoint (respectivement 64 % et 52 %) et ceux vivant avec d'autres personnes (40 %). Les aînés qui ne vivent pas avec un conjoint mais avec d'autres personnes (comme des parents) sont bien moins susceptibles de recevoir uniquement de l'aide d'une source officielle. Environ 14 % d'entre eux ont reçu tous leurs soins uniquement de sources officielles, comparativement à 33 % des aînés vivant seuls. Il se peut que les aînés vivant avec d'autres personnes aient adopté ce mode de vie parce qu'il leur permet d'obtenir plus facilement de l'aide.

La province de résidence est également un facteur qui influe sur la probabilité de recevoir des soins de sources officielles et informelles. Les aînés vivant au Québec sont non seulement moins susceptibles de recevoir de l'aide et des soins en raison d'un problème de santé à long terme. En effet, lorsque les aînés du Québec reçoivent une forme d'aide, ils sont également moins susceptibles d'en recevoir d'une source officielle. En Ontario, 33 % des bénéficiaires de soins âgés de 65 ans et plus ont obtenu tous leurs soins de sources officielles, comparativement à 21 % au Québec. Les aînés vivant au Québec sont les plus susceptibles de recevoir tous leurs soins de sources informelles (54 %).

Un lien négatif faible entre le niveau de scolarité et la probabilité de recevoir des soins a été documenté ci dessus (c'est-à-dire que plus le niveau de scolarité est élevé, moins la probabilité de recevoir des soins en raison d'un problème de santé à long terme est grande, probablement en raison de l'état de santé plus positif). Il existe également un lien, plus fort, entre le niveau de scolarité et la probabilité de recevoir des soins de sources officielles plutôt que de sources informelles. Parmi les aînés qui ont reçu des soins en raison d'un problème de santé à long terme, 37 % de ceux qui avaient un diplôme collégial ou un grade universitaire les ont reçus exclusivement de sources officielles. En revanche, il en était de même de seulement 22 % de ceux qui n'avaient pas fait d'études secondaires. De façon plus générale, 65 % des aînés qui recevaient des soins et dont le niveau de scolarité était le plus élevé ont reçu une partie de leurs soins de sources officielles, comparativement à 48 % de ceux dont le niveau de scolarité était le moins élevé. Il se peut que les aînés ayant un niveau de scolarité plus élevé aient plus de ressources de tous genres (ressources financières ou information, par exemple), ce qui leur permet d'acheter certains des services dont ils ont besoin. Les aînés ayant un niveau de scolarité plus élevé et les membres de leur réseau social sont probablement plus susceptibles de savoir comment avoir accès à ces services.

Tel que mentionné au premier chapitre, le fait que des aînés vivent dans de petites collectivités par rapport à des centres urbains a des répercussions sur la prestation de services, tels que les soins de santé et l'aide à domicile. Il se peut, par exemple, qu'il soit plus difficile pour les organismes gouvernementaux ou non gouvernementaux de fournir des services en région éloignée. Néanmoins, les aînés vivant dans des régions plus urbaines n'étaient ni plus ni moins susceptibles que ceux vivant dans de petites villes de recevoir leurs soins de sources officielles (ces différences n'étaient pas statistiquement significatives). Une fois encore, il faut interpréter ces résultats avec prudence : le fait qu'il n'y ait pas d'écarts significatifs entre les régions rurales et urbaines ne signifie pas nécessairement qu'il est aussi facile d'obtenir de l'aide officielle dans tous les genres de régions. De nombreux facteurs peuvent influer sur la source des soins offerts aux aînés qui en ont besoin.

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Le rôle des réseaux sociaux dans la prestation d'aide aux aînés

Les aînés qui ont beaucoup de ressources sociales sont probablement mieux placés pour recevoir de l'aide ou des soins de sources informelles que ceux qui sont plus isolés sur le plan social. En même temps, ils sont peut-être mieux placés pour obtenir de l'aide de différentes personnes et, par conséquent, moins susceptibles de surcharger les membres de leur réseau social. Enfin, les aînés ayant un réseau social plus grand sont peut-être en mesure de mobiliser des sources officielles plus facilement en cas de besoin (puisqu'ils ont plus de personnes-ressources).

Les enfants sont souvent les principaux fournisseurs d'aide et de soins non officiels aux aînés. Le lien entre le nombre d'enfants toujours vivants et la probabilité de recevoir des soins de sources informelles est évident. Par exemple, la part des aînés qui recevaient des soins exclusivement de sources informelles était deux fois plus grande chez ceux qui avaient au moins six enfants, comparativement à ceux qui n'avaient pas d'enfants (tableau 4.3.9). Naturellement, la probabilité de recevoir exclusivement des soins de sources officielles diminuait considérablement avec le nombre d'enfants. Tout spécialement, près de la moitié des aînés qui n'avaient pas d'enfants se fiaient exclusivement à des sources officielles pour obtenir des soins (47 %). La situation était très différente pour ceux qui avaient six enfants ou plus : seulement 19 % d'entre eux recevaient tous leurs soins de sources officielles.

Tableau 4.3.9 Personnes âgées qui ont reçu de l'aide à cause d'un problème de santé de longue durée : caractéristiques des réseaux sociaux et sources officieuses et officielles d'aide, 2002. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Tableau 4.3.9 Personnes âgées qui ont reçu de l'aide à cause d'un problème de santé de longue durée : caractéristiques des réseaux sociaux et sources officieuses et officielles d'aide, 2002

 

Le nombre de frères et soeurs est également lié à la probabilité de recevoir des soins de sources informelles ou officielles. Toutefois, les aînés n'ayant ni frères ni soeurs sont moins susceptibles de recevoir tous leurs soins de sources officielles que les aînés n'ayant pas d'enfants. En 2002, 37 % des aînés qui n'avaient pas de frères et soeurs survivants ont reçu tous leurs soins de sources officielles, comparativement à 47 % de ceux qui n'avaient pas d'enfants.

Comme l'illustrent les graphiques 4.3.14 à 4.3.17, les aînés qui recevaient des soins étaient plus susceptibles de dire qu'un fils ou une fille leur avait apporté de l'aide plutôt qu'un frère ou une sour. Par exemple, environ 17 % des aînés qui ont obtenu de l'aide pour faire des travaux à l'intérieur ont reçu cette aide, en partie ou en totalité, d'une fille. Seulement 1 % des aînés ont reçu de l'aide d'un frère ou d'une sour.

Graphique 4.3.14 Aînés ayant reçu de l'aide pour les travaux à l'intérieur en raison d'un problème de santé à long terme : sources de l'aide, 2002. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.3.14 Aînés ayant reçu de l'aide pour les travaux à l'intérieur en raison d'un problème de santé à long terme : sources de l'aide, 2002

 

Comme cette situation est le reflet de la répartition traditionnelle des travaux ménagers et domestiques selon les sexes. En effet, les aînés qui ont obtenu de l'aide pour l'entretien de la maison ou les travaux à l'extérieur étaient plus susceptibles de recevoir cette forme d'aide d'un fils (24 %) que d'une fille (11 %). Une fois encore, les frères et soeurs n'étaient pas très susceptibles d'apporter aux aînés une aide pour faire l'entretien ménager et les travaux à l'extérieur.

Graphique 4.3.15 Aînés ayant obtenu de l'aide pour les travaux à l'extérieur en raison d'un problème de santé à long terme : sources de l'aide, 2002. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.3.15 Aînés ayant obtenu de l'aide pour les travaux à l'extérieur en raison d'un problème de santé à long terme : sources de l'aide, 2002

 

Fait remarquable, une grande proportion d'aînés qui ont reçu de l'aide pour faire des travaux à l'intérieur ou à l'extérieur de leur maison l'ont obtenue d'un employé rémunéré. Les employés rémunérés ont joué un rôle aussi important que les filles pour les travaux domestiques et que les fils pour l'entretien de la maison ou les travaux à l'extérieur. Toutefois, ils étaient bien moins susceptibles d'apporter une aide pour le magasinage, le transport ou le paiement des factures, ainsi que les soins personnels.

Graphique 4.3.16 Aînés ayant reçu de l'aide pour le magasinage, le transport ou le paiement des factures en raison d'un problème de santé à long terme : sources de l'aide, 2002. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.3.16 Aînés ayant reçu de l'aide pour le magasinage, le transport ou le paiement des factures en raison d'un problème de santé à long terme : sources de l'aide, 2002

 

Les aînés qui ont reçu de l'aide pour leurs soins personnels étaient particulièrement susceptibles de recevoir cette aide du gouvernement ou d'un organisme non gouvernemental. En 2002, 29 % des aînés qui ont reçu de l'aide pour leurs soins personnels l'ont obtenue, en totalité ou en partie, d'au moins un organisme non gouvernemental. De même, près du quart des bénéficiaires de soins ont déclaré que leurs soins personnels avaient été fournis par le gouvernement (24 %), soit environ la même proportion que ceux qui les ont reçus d'un conjoint (23 %).

Graphique 4.3.17 Aînés ayant reçu de l'aide pour les soins personnels en raison d'un problème de santé à long terme : sources de l'aide, 2002. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.3.17 Aînés ayant reçu de l'aide pour les soins personnels en raison d'un problème de santé à long terme : sources de l'aide, 2002

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4.4 La participation à des organismes et le bénévolat

Pour les aînés, la participation à des organismes et associations, ainsi que le bénévolat, est non seulement une façon de contribuer à leur collectivité et à la société, mais encore une bonne manière de rencontrer des gens et d'éviter l'isolement social. Dans la présente section, nous présentons de l'information sur les membres d'organismes, la participation à ces organismes, ainsi que le profil de ceux dans lesquels les aînés sont les plus actifs. Certains des facteurs liés à l'engagement envers un organisme y figurent également. Dans la dernière partie de la section, nous fournissons des renseignements sur le bénévolat (notamment le taux de participation et le nombre d'heures de bénévolat).

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Les taux de participation et types d'organismes

En 2003, dans l'Enquête sociale générale, on posait aux répondants des questions sur les groupes ou organismes, réseaux et associations dont ils faisaient partie. Il pouvait s'agir de groupes organisés de manière officielle ou simplement de groupes de personnes qui se réunissaient régulièrement pour faire une activité ou parler de certaines choses.

Les aînés âgés de 65 à 74 ans (54 %) étaient tout aussi susceptibles que les personnes âgées de 25 à 54 ans (54 %) et que celles âgées de 55 à 64 ans (55 %) d'être membres d'au moins un organisme ou d'en être un participant11. Toutefois, la proportion des personnes âgées de 75 ans et plus qui faisaient partie d'au moins un groupe était légèrement inférieure, soit 46 %.

La fréquence de la participation à des activités de groupe et à des réunions ne varie pas beaucoup selon l'âge. Parmi les aînés actifs dans au moins un organisme, 43 % prenaient part à des activités au moins une fois par semaine, proportion qui n'était pas différente de celle des personnes âgées de 25 à 54 ans.

Or, les genres d'organismes auxquels les aînés prenaient part étaient un peu différents de ceux auxquels participaient les personnes plus jeunes (tableau 4.4.1). Premièrement, les aînés étaient plus susceptibles d'être membres ou participants de groupes religieux. En 2003, 23 % des personnes âgées de 65 à 74 ans et 21 % de celles âgées de 75 ans et plus ont pris part à des activités de ce genre de groupes; en revanche, 16 % des membres du groupe d'âge de 25 à 54 ans en ont fait autant.

Tableau 4.4.1 Pourcentage qui étaient membres ou participants d'un organisme au cours des 12 derniers mois, par groupe d'âge et type d'organisme, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Tableau 4.4.1 Pourcentage qui étaient membres ou participants d'un organisme au cours des 12 derniers mois, par groupe d'âge et type d'organisme, 2003

 

Deuxièmement, les aînés (tout particulièrement les hommes) étaient plus susceptibles de participer aux activités de clubs sociaux ou de sociétés fraternelles (tels que le Club Kiwanis, les Chevaliers de Colomb et le Club Lions) que les personnes plus jeunes. En 2003, environ 16 % des aînés âgés entre 65 et 74 ans faisaient partie d'un club social ou d'une société fraternelle, comparativement à 7 % des personnes âgées de 25 à 54 ans (et environ 4 % des adultes plus jeunes âgés entre 25 et 34 ans). Étant donné ces pourcentages, il est probable qu'au cours des prochaines années, certains de ces clubs sociaux et sociétés fraternelles de longue date éprouveront des difficultés à remplacer leurs membres par de nouveaux.

Les hommes de tous âges, spécialement les hommes aînés, étaient plus susceptibles que les femmes d'être membres d'un club social ou d'une société fraternelle et d'un parti ou d'un groupe politique. En 2003, la proportion était d'un homme aîné sur cinq (21 %), comparativement à environ une femme aînée sur dix (11 %). Le fait que certains de ces organismes sont réservés aux hommes, comme les Chevaliers de Colomb, explique probablement l'écart entre les sexes quant à la participation à ce genre d'organisme.

La popularité des organismes sportifs et récréatifs diminuait dans les groupes d'âge plus avancé. En 2003, 30 % des personnes âgées de 25 à 54 ans étaient membres ou participants d'un organisme tel qu'une ligue de hockey, un club de santé ou un club de golf, comparativement à 12 % des personnes âgées de 75 ans et plus. Les personnes plus jeunes étaient également plus susceptibles de faire partie d'associations scolaires, communautaires, de quartier ou de citoyens : 17 % des personnes âgées de 25 à 54 ans par rapport à 10 % des aînés. Ces écarts entre les adultes plus jeunes et les aînés font simplement ressortir le fait qu'ils en sont à des étapes différentes de leur vie. Les personnes plus jeunes ont tendance à avoir de jeunes enfants à la maison et s'engagent davantage dans des associations communautaires, scolaires ou de quartier. En fait, parmi les personnes âgées de 25 à 54 ans qui n'avaient pas d'enfants, la proportion de celles qui faisaient partie d'une association communautaire n'était pas différente de celle des aînés âgés de 65 à 74 ans, soit 12 %.

La prochaine génération d'aînés, c'est à-dire les personnes qui sont maintenant âgées de 55 à 64 ans, est plus susceptible d'appartenir à certains genres d'organismes que les aînés actuels et les personnes plus jeunes. Parmi les quatre groupes d'âge, ils étaient les plus susceptibles de faire partie d'un parti ou d'un groupe politique, ainsi que d'être membres d'un organisme à vocation culturelle, pédagogique ou d'un club tel qu'une troupe de théâtre, un club de lecture ou un club de bridge. En 2003, près d'une femme âgée de 55 à 64 ans sur quatre était active dans un organisme à vocation culturelle, pédagogique ou un club (24 %).

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Les facteurs liés à la participation à un organisme

Tous les gens ne font pas partie d'un organisme. Parmi les personnes plus jeunes et les aînés, le niveau de scolarité est lié à la probabilité de faire partie d'un organisme (graphique 4.4.1). En 2003, 76 % des aînés âgés entre de 65 à 74 ans qui avaient un grade universitaire faisaient partie d'un organisme. En revanche, 41 % de leurs homologues qui n'avaient pas fait d'études secondaires étaient dans la même situation.

Graphique 4.4.1 Pourcentage des personnes qui sont membres d'un organisme ou d'une association bénévole, par groupe d'âge et niveau de scolarité, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.4.1 Pourcentage des personnes qui sont membres d'un organisme ou d'une association bénévole, par groupe d'âge et niveau de scolarité, 2003

 

Tel qu'indiqué ailleurs dans le présent rapport, la prochaine génération d'aînés sera bien plus instruite que la génération actuelle. Si le lien entre le niveau de scolarité et la participation à un organisme demeure stable au cours des années à venir, on pourrait s'attendre à une hausse du niveau de participation globale des aînés, en chiffres absolus et relatifs.

On constate également que le lien entre le niveau de scolarité et la probabilité de participation est plus fort pour certains genres d'organismes que pour d'autres. Par exemple, les personnes âgées de 55 à 64 ans qui ont un grade universitaire étaient près de cinq fois plus susceptibles d'être membres d'un organisme à vocation culturelle, pédagogique ou d'un club que celles qui n'avaient pas fait d'études secondaires (40 % par rapport à 8 %) (graphique 4.4.2). En revanche, le taux de participation à des clubs sociaux ou à des sociétés fraternelles était semblable pour tous les niveaux de scolarité, se situant à 14 % pour ceux qui avaient un grade universitaire et à 10 % pour ceux qui n'avaient pas terminé leurs études secondaires. Par conséquent, les fluctuations du profil éducatif de la prochaine génération d'aînés pourraient avoir des répercussions non seulement sur le niveau de leur engagement organisationnel mais encore sur le genre d'organisme dont ils font partie.

Graphique 4.4.2 Pourcentage des personnes âgées de 55 à 64 ans qui sont membres ou participants de divers genres d'organismes, par niveau de scolarité le plus élevé, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.4.2 Pourcentage des personnes âgées de 55 à 64 ans qui sont membres ou participants de divers genres d'organismes, par niveau de scolarité le plus élevé, 2003

 

La participation à la vie civile pendant la jeunesse est un autre corrélat significatif de l'engagement communautaire à l'âge adulte. On dit souvent que les personnes qui étaient actives et engagées lorsqu'elles étaient des adolescents ou de jeunes adultes maintiennent cet engagement plus tard dans leur vie d'adulte. Les données de l'ESG ne contredisent pas cette interprétation (graphique 4.4.3). Dans le groupe d'âge de 55 à 64 ans, par exemple, les personnes qui ont dit avoir été engagées dans la vie civile d'une certaine manière pendant leur jeunesse étaient environ deux fois plus susceptibles d'être membres ou participants d'un organisme plus tard dans leur vie que celles qui ont dit ne pas en avoir fait partie lorsqu'elles étaient jeunes.

Graphique 4.4.3 Pourcentage des personnes qui sont actives dans un organisme, par participation pendant la jeunesse, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.4.3 Pourcentage des personnes qui sont actives dans un organisme, par participation pendant la jeunesse, 2003

 

Une proportion plus grande de personnes dans les groupes d'âge de 25 à 54 ans et de 55 à 64 ans, comparativement aux aînés, ont dit avoir été engagées d'une manière ou d'une autre dans la vie civile ou un organisme lorsqu'elles étaient jeunes. Cela est vrai pour tous les genres d'activités, sauf celles qui sont liées à des organismes religieux (graphique 4.4.4). Une fois encore, si les tendances du lien entre la participation antérieure et actuelle demeurent constantes au cours des années à venir, il est probable qu'une plus grande proportion de la prochaine génération d'aînés participera à des activités communautaires.

Graphique 4.4.4 Pourcentage des personnes qui étaient actives dans un organisme ou qui ont fait du bénévolat pendant leur jeunesse, par type d'activité, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.4.4 Pourcentage des personnes qui étaient actives dans un organisme ou qui ont fait du bénévolat pendant leur jeunesse, par type d'activité, 2003

 

Enfin, il semble que les aînés soient légèrement plus susceptibles de réduire leur niveau de participation avec le temps (graphique 4.4.5). Les répondants de l'ESG devaient dire si leur participation à des organismes avait augmenté, diminué ou était demeurée identique au cours des cinq dernières années. Parmi ceux qui faisaient partie d'au moins un organisme ou groupe (à l'exclusion des syndicats ou des associations professionnelles), 36 % des aînés âgés de 75 ans et plus étaient plus susceptibles de dire que leur participation avait diminué au cours des cinq dernières années; par contre, environ 20 % des personnes âgées de 25 à 54 ans et environ le quart de celles âgées de 65 à 74 ans en ont fait de même. Cela dit, en 2003, 23 % des personnes âgées de 65 à 74 ans qui étaient membres d'au moins un organisme ont dit que leur participation avait augmenté au cours des cinq dernières années. De nombreux aînés réduisent peut-être leur niveau d'activité dans un organisme pour des raisons de santé, mais d'autres en font peut-être plus parce qu'ils ont plus de temps libre après la retraite.

Graphique 4.4.5 Pourcentage des personnes qui ont dit que leur participation à des organismes avait augmenté, diminué ou était demeurée stable au cours des cinq dernières années, par groupe d'âge, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.4.5 Pourcentage des personnes qui ont dit que leur participation à des organismes avait augmenté, diminué ou était demeurée stable au cours des cinq dernières années, par groupe d'âge, 2003

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Le bénévolat

Il est généralement reconnu que le bénévolat a des répercussions positives considérables sur les collectivités (Hall et al. 2006). On pense aussi de plus en plus que le bénévolat a des effets positifs sur les bénévoles, apportant un sens à leur vie et leur offrant des occasions de socialiser. Certains auteurs avancent même que le bénévolat peut favoriser le bien-être physique et psychologique (p. ex., Conseil consultatif national sur le troisième âge, 2005 2006; Cromie, W.J., 1999).

Selon les dernières données de l'Enquête nationale sur le don, le bénévolat et la participation (2004), près de 12 millions de Canadiens, soit 45 % de la population âgée de 15 ans et plus, a fait du bénévolat pendant les 12 mois qui ont précédé l'enquête.

La proportion des personnes qui font du bénévolat pour des organismes de bienfaisance ou d'autres organismes sans but lucratif a tendance à diminuer avec l'âge. Toutefois, de nombreux aînés font des activités bénévoles, tout spécialement ceux âgés de 65 à 74 ans : en 2004, 39 % d'entre eux ont fait du bénévolat (tableau 4.4.2).

Tableau 4.4.2 Taux de bénévolat et répartition des heures de bénévolat, par groupe d'âge, 2004. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Tableau 4.4.2 Taux de bénévolat et répartition des heures de bénévolat, par groupe d'âge, 2004

 

Bien qu'ils soient légèrement moins susceptibles de faire du bénévolat, les aînés qui sont bénévoles sont plus susceptibles de consacrer un plus grand nombre d'heures moyen à leurs activités. En 2004, les bénévoles âgés entre 65 et 74 ans ont fait du bénévolat pendant 250 heures en moyenne, soit environ 100 heures de plus que le nombre moyen d'heures de bénévolat fait par des personnes âgées de 25 à 54 ans.

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Les obstacles au bénévolat

Les aînés qui n'ont pas fait de bénévolat avaient des raisons de s'abstenir quelque peu différentes des personnes plus jeunes. Chez les personnes âgées de 75 ans et plus en 2004, la raison la plus courante pour ne pas faire de bénévolat était les problèmes de santé ou une incapacité physique, 71 % comparativement à seulement 17 % des non-bénévoles âgés entre 25 et 54 ans (tableau 4.4.3). En revanche, les personnes âgées entre 25 et 54 ans qui n'avaient pas fait de bénévolat étaient bien plus susceptibles de dire qu'elles manquaient de temps (77 % par rapport à 26 % des aînés âgés de 75 ans et plus).

Tableau 4.4.3 Raisons données par les non-bénévoles pour ne pas faire de bénévolat, par groupe d'âge, 2004. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Tableau 4.4.3 Raisons données par les non-bénévoles pour ne pas faire de bénévolat, par groupe d'âge, 2004

 

Comme de nombreux aînés ont contribué et donné à leur collectivité de manière intensive pendant toute leur vie, il n'est pas surprenant de constater que les aînés non bénévoles sont deux fois plus susceptibles que leurs homologues plus jeunes de dire qu'ils n'ont pas fait de bénévolat parce qu'ils ont déjà assez donné de leur temps.

Aussi bien chez les aînés que chez les personnes plus jeunes, les autres raisons les plus fréquemment mentionnées pour ne pas faire de bénévolat incluaient l'incapacité à prendre un engagement à long terme et la préférence pour le don en argent au lieu du temps.

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Les facteurs liés au bénévolat

Selon l'analyse de l'Enquête nationale sur le don, le bénévolat et la participation de 2004, les personnes qui ont un grade universitaire sont bien plus susceptibles d'être bénévoles (Hall et all., 2004). Il en va de même des aînés âgés de 65 à 74 ans. Dans ce groupe, les aînés ayant fait des études universitaires étaient plus de deux fois plus susceptibles de faire du bénévolat que ceux qui n'avaient pas terminé leurs études secondaires, soit 57 % comparativement à 24 % (graphique 4.4.6).

Graphique 4.4.6 Pourcentage des personnes qui ont fait du bénévolat au cours de la dernière année, par niveau de scolarité le plus élevé et groupe d'âge, 2004. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.4.6 Pourcentage des personnes qui ont fait du bénévolat au cours de la dernière année, par niveau de scolarité le plus élevé et groupe d'âge, 2004

 

Dans des études antérieures, la présence à des offices religieux s'est également avérée avoir une forte corrélation avec la probabilité de faire du bénévolat (Hall et al., 2004). Par exemple, environ 56 % des aînés âgés entre 65 et 74 ans qui assistaient à des offices religieux toutes les semaines avaient fait du bénévolat en 2004, comparativement à seulement 27 % de ceux qui assistaient rarement ou n'assistaient jamais à des offices religieux (graphique 4.4.7).

Graphique 4.4.7 Pourcentage des personnes qui ont fait du bénévolat au cours de la dernière année, par groupe d'âge et fréquence de la présence à des offices religieux, 2004. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.4.7 Pourcentage des personnes qui ont fait du bénévolat au cours de la dernière année, par groupe d'âge et fréquence de la présence à des offices religieux, 2004

 

On peut observer le même lien chez les « personnes approchant de l'âge de la retraite », c'est à-dire celles âgées de 55 à 64 ans. Toutefois, les membres de ce groupe d'âge sont moins susceptibles d'assister à des offices religieux toutes les semaines : seulement 26 % comparativement à 40 % des aînés âgés entre 65 et 74 ans, selon l'ENDRP de 2004. En somme, étant donné le grand nombre de titulaires de diplômes universitaires qui prendront leur retraite et/ou qui deviendront des personnes âgées dans les années à venir, il est possible que la prévalence du bénévolat s'intensifie chez les personnes âgées.

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La participation à un organisme, le bénévolat et la vie sociale

Fait peu étonnant, les membres d'organismes sont moins susceptibles d'être victimes d'isolement social que les non-membres. En 2003, 43 % des aînés âgés de 75 ans et plus qui étaient membres d'au moins un organisme ont dit avoir au moins six amis intimes, comparativement à 23 % de ceux qui n'étaient membres d'aucun organisme (graphique 4.4.8). De même, le pourcentage des personnes qui ont dit avoir au moins six « autres » amis était bien plus élevé chez celles qui étaient actives dans au moins un organisme (graphique 4.4.9).

Graphique 4.4.8 Pourcentage des personnes qui ont dit avoir au moins six amis intimes, par groupe d'âge et participation à un organisme, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.4.8 Pourcentage des personnes qui ont dit avoir au moins six amis intimes, par groupe d'âge et participation à un organisme, 2003


Graphique 4.4.9 Pourcentage des personnes ayant au moins six autres amis, par groupe d'âge et participation à un organisme, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.4.9 Pourcentage des personnes ayant au moins six autres amis, par groupe d'âge et participation à un organisme, 2003

 

Par ailleurs, parmi les aînés âgés de 75 ans et plus, seulement 9 % de ceux qui étaient membres ou participants d'un organisme, comparativement à 25 % de ceux qui ne l'étaient pas, ont dit ne pas avoir d'amis intimes (graphique 4.4.10).

Graphique 4.4.10 Pourcentage des personnes qui ont dit ne pas avoir d'amis intimes, par groupe d'âge et participation à un organisme, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.4.10 Pourcentage des personnes qui ont dit ne pas avoir d'amis intimes, par groupe d'âge et participation à un organisme, 2003

 

En outre, le bénévolat est étroitement lié à l'interdépendance sociale. Par exemple, en 2003, seulement 5 % des aînés qui avaient fait du bénévolat non rémunéré n'avaient pas d'amis intimes. Parmi les aînés qui n'avaient pas été bénévoles au cours des 12 derniers mois, la proportion était plus de trois fois plus grande (17 %). De nombreux facteurs peuvent influer sur la probabilité de ne pas avoir d'amis intimes (par exemple, la santé ou le lieu de résidence d'une personne). Il se peut également que les aînés qui ont plus d'amis soient aussi plus susceptibles de faire partie d'un organisme ou de faire du bénévolat. Toutefois, comme les données le laissent entendre, la participation à des organismes ou le bénévolat pourrait être une bonne occasion pour les aînés de se faire des amis.

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4.5 La participation à la vie politique

Pour de nombreux citoyens, la participation active à la société rime avec l'action politique. Les aînés ne font pas exception. En prenant part au débat politique, les aînés peuvent porter à l'attention des représentants de l'État des questions importantes pour leur bien-être et leur collectivité. En exerçant leur droit de vote, ils peuvent inciter les partis politiques à prendre leurs besoins en compte dans la formulation des programmes sociaux. Il est courant que les politicologues pensent que : « dans la mesure où l'activité des citoyens offre une voie essentielle d'expression des préférences, les personnes qui sont moins actives paient le prix en termes de représentation » (Verba, Burns et Scholzman, 1997). Les aînés sont-ils plus ou moins susceptibles que les personnes d'autres groupes d'âge de prendre part à la politique? Lorsqu'ils y prennent part, choisissent-ils certaines formes d'action politique plutôt que d'autres? Dans la présente section, nous fournissons des renseignements sur les divers genres d'activités politiques auxquelles les personnes âgées prennent part.

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La participation « passive » à la vie politique

L'un des facteurs qui est lié à la participation active à la vie politique est, on ne s'en étonnera pas, l'intérêt pour la politique qui, lui aussi, subit l'influence de nombreux autres facteurs, comme les capacités de lecture et d'écriture ainsi que d'autres ressources personnelles (Verba, Scholzman et Brady, 1995). Les personnes qui disent avoir cherché de l'information sur une question politique (ou peut-être sur de nombreuses questions) au cours de la dernière année ne sont pas nécessairement actives en politique; toutefois, elles s'intéressent probablement davantage à la politique que la majorité des gens.

En 2003, les aînés étaient moins susceptibles d'avoir cherché de l'information sur une question politique que les personnes âgées de 25 à 54 ans (respectivement 17 % et 26 %) (tableau 4.5.1). Cela est particulièrement vrai pour les personnes âgées de 75 ans et plus, qui étaient deux fois moins susceptibles que les personnes âgées de 25 à 54 ans d'avoir cherché de l'information.

Tableau 4.5.1 Pourcentage de personnes qui ont participé à des activités politiques, par groupe d'âge, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Tableau 4.5.1 Pourcentage de personnes qui ont participé à des activités politiques, par groupe d'âge, 2003

 

La recherche d'information sur une question politique est étroitement liée au niveau de scolarité d'une personne. Le fait que le niveau de scolarité moyen des aînés soit inférieur aide à expliquer l'écart entre ce groupe et les personnes plus jeunes. Effectivement, lorsque l'on tient compte du niveau de scolarité, les écarts entre les aînés et les personnes plus jeunes sont presque inexistants. Par exemple, parmi les aînés qui n'ont pas terminé leurs études secondaires, la proportion de ceux qui ont cherché de l'information sur une question politique était identique à celle des personnes âgées de 25 à 54 ans qui avaient le même niveau de scolarité (9 %) (graphique 4.5.1). De même, parmi les personnes qui avaient un grade universitaire, celles âgées de 65 à 74 ans étaient presque aussi susceptibles d'avoir cherché de l'information sur une question politique que celles âgées de 25 à 54 ans (38 % et 42 %).

Graphique 4.5.1 Pourcentage des personnes qui ont cherché de l'information sur une question politique au cours de la dernière année, par groupe d'âge et niveau de scolarité, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.5.1 Pourcentage des personnes qui ont cherché de l'information sur une question politique au cours de la dernière année, par groupe d'âge et niveau de scolarité, 2003

 

L'intérêt pour les questions politiques et sociales se manifeste de bien des manières, par exemple, en se tenant régulièrement au courant des nouvelles et de l'actualité. En 2003, la grande majorité des aînés (89 %) ont dit suivre les nouvelles et l'actualité quotidiennement. Par ailleurs, 68 % des membres du groupe d'âge de 25 à 54 ans en ont fait autant. L'intérêt pour les nouvelles est également lié au niveau de scolarité, puisque les personnes dont le niveau de scolarité est plus élevé sont plus susceptibles de suivre les nouvelles tous les jours. Toutefois, les aînés de tous les niveaux de scolarité étaient plus susceptibles de dire qu'ils avaient suivi les nouvelles quotidiennement que les personnes plus jeunes. Par exemple, 85 % des aînés âgés de 65 à 74 ans qui n'avaient pas terminé leurs études secondaires étaient au courant des dernières nouvelles, comparativement à 74 % des adultes âgés de 25 à 54 ans qui avaient un grade universitaire.

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Les formes « actives » de participation à la vie politique

Les aînés sont plus susceptibles de voter, à tous les paliers de gouvernement, que les personnes plus jeunes. En 2003, près de neuf personnes âgées de 65 ans et plus sur dix ont dit avoir voté aux dernières élections fédérales, tandis qu'environ sept personnes âgées de 25 à 54 ans sur dix en ont fait de même. Les mêmes tendances sont manifestes pour les élections provinciales et municipales.

Comme le reste de la population, les aînés sont moins susceptibles de voter aux élections municipales. Cependant, ils sont bien plus susceptibles d'être des électeurs réguliers, c'est à-dire de voter chaque fois qu'ils ont l'occasion d'exercer leur droit. Par exemple, en 2003, la part des aînés qui ont dit avoir voté à chacune des trois dernières élections (fédérales, provinciales et municipales) était plus de deux fois supérieure à celle des membres du groupe d'âge de 25 à 34 ans (graphique 4.5.2). Plus précisément, 77 % des personnes âgées entre 65 et 74 ans ont dit avoir voté aux dernières élections fédérales, provinciales et municipales, comparativement à seulement 34 % des personnes âgées de 25 à 34 ans.

Graphique 4.5.2 Pourcentage des personnes qui ont voté aux dernières élections fédérales, provinciales et municipales, par groupe d'âge, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.5.2 Pourcentage des personnes qui ont voté aux dernières élections fédérales, provinciales et municipales, par groupe d'âge, 2003

 

Si l'on examine d'autres formes d'activité politique, les aînés, particulièrement ceux âgés de 75 ans et plus, sont un peu moins susceptibles de signer une pétition, de boycotter ou de choisir un produit pour des raisons d'éthique, et de participer à une manifestation ou à une marche de protestation. Toutefois, pour ce qui est de la participation politique autre que le vote, les aînés plus jeunes âgés entre 65 et 74 ans sont un peu différents des aînés d'âge « avancé », soit ceux de 75 ans et plus. Par exemple, en 2003, la part des aînés plus jeunes qui ont exprimé leur vision des choses sur une question en communiquant avec un journal ou un politicien n'était pas différente de celle des personnes âgées de 25 à 54 ans (respectivement 14 % et 13 %). Toutefois, les aînés plus jeunes étaient bien plus susceptibles que les aînés d'âge plus avancé de le faire (tableau 4.5.1). En outre, la part des aînés plus jeunes qui ont assisté à une assemblée publique était bien plus grande que celle des aînés d'âge avancé, bien qu'elle ne soit pas très différente des proportions des groupes d'âge plus jeunes.

Les femmes et les hommes âgés sont aussi un peu différents en ce qui concerne leur participation à la vie politique. Par exemple, dans tous les groupes d'âge, les hommes sont plus susceptibles que les femmes d'assister à des assemblées publiques et de communiquer avec des journaux ou des politiciens pour exprimer leur point de vue sur une question (graphiques 4.5.3 et 4.5.4). Cet écart est tout spécialement important dans les groupes d'âge avancé. Toutefois, les hommes aînés ne sont pas plus susceptibles que les femmes aînées de voter et de signer des pétitions.

Graphique 4.5.3 Pourcentage des personnes qui ont assisté à une assemblée publique au cours des 12 derniers mois, par groupe d'âge et sexe, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.5.3 Pourcentage des personnes qui ont assisté à une assemblée publique au cours des 12 derniers mois, par groupe d'âge et sexe, 2003


Graphique 4.5.4 Pourcentage des personnes qui ont exprimé leur vision des choses sur une question en communiquant avec un journal ou un politicien, par groupe d'âge et sexe, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.5.4 Pourcentage des personnes qui ont exprimé leur vision des choses sur une question en communiquant avec un journal ou un politicien, par groupe d'âge et sexe, 2003

 

Tel que susmentionné, l'intérêt pour la politique est étroitement lié à la participation active. On peut dire que les personnes qui suivent les nouvelles quotidiennement et qui ont cherché de l'information sur une question politique au cours de la dernière année ont un intérêt plus grand pour les questions politiques et sociales. Conformément à cette définition, en 2003, environ 19 % des hommes aînés et 13 % des femmes aînées pourraient être définis comme ayant un grand intérêt pour les questions politiques et sociales. Parmi les aînés âgés entre 65 et 74 ans qui avaient un grand intérêt pour la politique, 78 % ont adopté au moins un genre de comportement politique autre que le vote, comparativement à 33 % de ceux qui s'y intéressaient moins.

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La participation à la vie politique et à la vie sociale

La participation à la vie politique, tout comme la participation à des organismes, est une autre façon de rencontrer de nouvelles personnes et de tisser des liens sociaux. En 2003, dans l'Enquête sociale générale, on demandait aux répondants si, au cours du dernier mois, ils avaient rencontré au moins une nouvelle personne avec qui ils comptaient rester en rapport (à l'exclusion des nouvelles personnes rencontrées au travail ou à l'école). Dans tous les groupes d'âge, les personnes qui avaient pris part à au moins une activité politique (autre que le vote) étaient plus susceptibles d'avoir rencontré une nouvelle personne au cours du mois précédent (graphique 4.5.5), tout spécialement les personnes âgées de 65 à 74 ans. Dans ce groupe d'âge, 43 % des personnes qui avaient pris part à une activité politique ont également dit avoir rencontré au moins une nouvelle personne au cours du dernier mois, soit plus de deux fois la proportion d'aînés du même groupe d'âge (21 %) qui n'avaient participé à aucune activité politique.

Graphique 4.5.5 Pourcentage des personnes qui, au cours du dernier mois, on rencontré une nouvelle personne avec qui elles comptaient rester en rapport, par groupe d'âge et participation à la vie politique, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.5.5 Pourcentage des personnes qui, au cours du dernier mois, on rencontré une nouvelle personne avec qui elles comptaient rester en rapport, par groupe d'âge et participation à la vie politique, 2003

 

La participation à une activité politique, tout particulièrement la présence à des assemblées publiques, aide peut-être également à renforcer les liens dans le quartier (bien que des liens solides dans le quartier puissent également favoriser la participation à des activités politiques). En 2003, ceux qui avaient pris part à une assemblée publique au cours de la dernière année étaient bien plus susceptibles d'avoir échangé une faveur avec leurs voisins que ceux qui n'avaient assisté à aucune assemblée (graphique 4.5.6)12. Cela est vrai pour tous les groupes d'âge. Toutefois, il est impossible d'établir un lien de causalité entre ces deux facteurs puisque les personnes qui sont mieux intégrées dans leur collectivité (et plus susceptibles d'aider leurs voisins) sont également peut-être plus susceptibles de prendre part à des assemblées publiques. Néanmoins, ce lien semble être assez solide13.

Graphique 4.5.6 Pourcentage des personnes qui ont dit qu'un voisin leur avait fait une faveur, par groupe d'âge et présence à des assemblées publiques, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.5.6 Pourcentage des personnes qui ont dit qu'un voisin leur avait fait une faveur, par groupe d'âge et présence à des assemblées publiques, 2003

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4.6 La confiance et le sentiment d'appartenance

La confiance dans les institutions

La confiance est un ingrédient positif de nombreux aspects de la vie sociale. Il est généralement reconnu, par exemple, que la confiance que les gens, les investisseurs, les consommateurs et les entrepreneurs ont dans le marché est capitale pour la santé et la stabilité de l'économie (la confiance dans la valeur de l'argent, des attentes positives, la confiance à l'égard de la conjoncture économique future et ainsi de suite). La confiance dans le système démocratique et ses institutions est également considérée être un facteur clé de sa viabilité; si les citoyens n'ont pas confiance dans les institutions publiques, la légitimité et la capacité d'agir du gouvernement sont peut-être en péril. La diminution de la confiance dans les institutions publiques et privées est une inquiétude ces dernières années. Les aînés sont-ils plus ou moins susceptibles que les personnes plus jeunes d'avoir confiance dans les diverses institutions de la société?

En 2003, on a demandé aux répondants de l'Enquête sociale générale (ESG) quel était leur niveau de confiance dans diverses institutions14. Les aînés sont les personnes qui ont évalué les services de police de la manière la plus favorable, 47 % d'entre eux ont dit avoir une « grande » confiance dans les hommes et les femmes en uniforme (graphique 4.6.1). Parmi les personnes âgées de 25 à 54 ans, les services de police étaient aussi l'institution dans laquelle la plus grande proportion de répondants avait une grande confiance (35 %).

Graphique 4.6.1 Pourcentage des personnes qui ont dit avoir une « grande » confiance dans des institutions choisies, par groupe d'âge, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.6.1 Pourcentage des personnes qui ont dit avoir une « grande » confiance dans des institutions choisies, par groupe d'âge, 2003

 

Les aînés ont également une opinion relativement positive des banques, surtout comparativement à l'attitude un peu moins positive des personnes âgées de 25 à 54 ans. Environ 34 % des aînés âgés de 75 ans et plus ont dit avoir une « grande » confiance dans les banques, soit plus de deux fois la proportion des membres du groupe d'âge de 25 à 54 ans (16 %).

L'écart entre les aînés et leurs homologues plus jeunes quant à leur confiance dans le système de santé était également considérable. En 2002, 30 % des aînés âgés de 75 ans et plus ont dit avoir une grande confiance dans ce système, comparativement à 17 % des membres du groupe d'âge de 25 à 54 ans. Cela dit, la plupart des répondants ont déclaré avoir une « certaine » ou une « grande » confiance dans le système de santé (voir le tableau 4.6.1).

Tableau 4.6.1 Pourcentage de personnes qui disent avoir une grande confiance ou une certaine confiance en diverses institutions, par groupe d'âge, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Tableau 4.6.1 Pourcentage de personnes qui disent avoir une grande confiance ou une certaine confiance en diverses institutions, par groupe d'âge, 2003

 

Le niveau de confiance exprimé à l'égard du système scolaire, du système d'aide sociale et du système judiciaire (y compris les tribunaux) varie moins entre les groupes d'âge. Par exemple, la proportion d'aînés âgés entre 65 et 74 ans qui ont dit avoir une grande confiance dans le système scolaire n'était pas statistiquement différente de la proportion des personnes âgées de 25 à 54 ans.

Enfin, les aînés et les personnes plus jeunes ne sont pas très différents quant à leur confiance dans le Parlement fédéral. Même si les aînés sont bien plus susceptibles de voter que les personnes plus jeunes (tout spécialement les jeunes adultes), seulement 11 % des personnes âgées entre 65 et 74 ans ont dit avoir une grande confiance dans le Parlement, comparativement à 8 % des membres du groupe d'âge de 25 à 54 ans. En fait, dans l'ensemble, la majorité des aînés et des personnes plus jeunes ont dit avoir « peu de confiance » ou « aucune confiance » au Parlement (voir le tableau 4.6.1).

Le système de santé est l'institution avec laquelle les aînés ont le plus d'interactions et celle qui est la plus susceptible d'influer sur leur quotidien. Bien que les trois quarts des aînés aient dit avoir une certaine ou une grande confiance dans le système de santé, le niveau de confiance varie selon la province (graphique 4.6.2). Les aînés vivant au Québec et en Ontario sont plus positifs, environ quatre sur cinq déclarant avoir une grande ou une certaine confiance dans ce système. En revanche, les aînés de la Colombie-Britannique avaient bien moins confiance : environ 40 % d'entre eux ont dit avoir « peu de confiance » ou « aucune confiance » dans le système de santé.

Graphique 4.6.2 Niveau de confiance exprimé par les aînés à l'égard du système de santé, par province, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.6.2 Niveau de confiance exprimé par les aînés à l'égard du système de santé, par province, 2003

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La confiance à l'égard des autres

Ces dernières années, les commentateurs sociaux, les chercheurs en sciences sociales et les analystes des politiques ont eu de nombreuses discussions sur le concept de la confiance. L'idée fondamentale est la suivante : dans une société où les gens se font confiance (dans des limites raisonnables, puisqu'on ne peut faire confiance à tout le monde), les coûts opérationnels des divers aspects de la vie socioéconomique sont réduits considérablement.

On a demandé aux répondants : De façon générale, diriez-vous qu'on peut faire confiance à la plupart des gens ou diriez-vous qu'on n'est jamais trop prudent dans nos relations avec les gens?

Dans l'ensemble, 56 % de tous les Canadiens adultes âgés de 25 ans et plus croient pouvoir faire confiance à la plupart des gens. Cette proportion ne varie pas beaucoup selon l'âge. Plus précisément, 56 % des membres du groupe d'âge de 25 à 54 ans ont déclaré pouvoir faire confiance à la plupart des gens, comparativement à 53 % des aînés âgés entre 65 et 74 ans et à 54 % de ceux âgés de 75 ans et plus.

Le niveau de confiance exprimé varie considérablement selon le niveau de scolarité (graphique 4.6.3). Les personnes dont le niveau de scolarité est inférieur aux études secondaires sont moins susceptibles de croire qu'elles peuvent faire confiance à la plupart des gens. Par exemple, dans le groupe d'âge de 65 à 75 ans, 41 % des aînés n'ayant pas obtenu leur diplôme d'études secondaires croyaient pouvoir faire confiance à la plupart des gens; le reste a dit qu'on n'était jamais trop prudent dans ses relations avec les gens. En revanche, 70 % des aînés du même groupe d'âge et ayant un diplôme universitaire ont déclaré que l'on pouvait faire confiance à la plupart des gens.

Graphique 4.6.3 Pourcentage des personnes ayant dit pouvoir faire confiance à la plupart des gens, par niveau de scolarité et groupe d'âge, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.6.3 Pourcentage des personnes ayant dit pouvoir faire confiance à la plupart des gens, par niveau de scolarité et groupe d'âge, 2003

 

Le niveau de confiance à l'égard des membres de la famille et des étrangers est, de toute évidence, différent. Toutefois, dans ces deux cas, les aînés sont plus susceptibles de faire confiance. En 2003, 87 % des personnes âgées entre 65 et 74 ans et 91 % de celles âgées de 75 ans et plus ont dit avoir une grande confiance dans les membres de leur famille. En revanche, 81 % des personnes âgées de 25 à 54 ans en ont dit autant.

Bien peu de gens sont susceptibles de dire qu'on peut « faire entièrement confiance » aux étrangers. Seulement 1 % des personnes âgées de 25 à 54 ans mais 6 % des aînés âgés de 75 ans et plus étaient de cet avis. Par ailleurs, les aînés âgés entre 65 et 74 ans se situaient entre ces deux catégories, soit à 3 %.

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La confiance à l'égard des voisins

Les gens passent beaucoup de temps dans leur quartier et la confiance qu'ils ont à l'égard de leurs voisins peut avoir des répercussions importantes sur leur qualité de vie. Dans les quartiers où les gens se font confiance, les résidents craignent moins de marcher à la nuit tombée, les parents sont plus enclins à laisser leurs enfants jouer dehors sans être accompagnés d'un adulte et ainsi de suite.

La proportion des aînés qui ont dit faire confiance à leurs voisins était bien plus élevée que celle des personnes plus jeunes.

Premièrement, 56 % des aînés âgés de 75 ans et plus ont dit qu'ils pouvaient « faire entièrement confiance » à leurs voisins, comparativement à 24 % des membres du groupe d'âge de 25 à 54 ans. Pour mesurer la confiance dans les voisins et d'autres personnes en général, on a demandé aux répondants : « Si vous perdiez votre portefeuille ou votre sac à main qui contient deux cents dollars et que le portefeuille ou le sac à main est retrouvé par un de vos voisins, quelles sont vos chances de le récupérer avec l'argent? » Les réponses possibles étaient : « très probable », « peu probable » ou « improbable ». Cinquante-huit pour cent des aînés âgés entre 65 et 74 ans et 61 % de ceux âgés de 75 ans et plus ont répondu qu'il était « très probable » que leur portefeuille ou leur sac à main soit retourné, comparativement à 45 % des personnes âgées de 25 à 54 ans.

Les personnes qui font confiance à leurs voisins sont plus susceptibles que les autres de se sentir à l'abri du crime lorsqu'elles circulent seules dans leur quartier après la tombée de la nuit. Par exemple, 55 % des aînés âgés de 75 ans et plus qui ont dit faire confiance à la plupart des résidents de leur quartier ont également déclaré se sentir raisonnablement en sécurité ou très en sécurité lorsqu'elles circulaient dans leur quartier après la tombée de la nuit (graphique 4.6.4). En revanche, 35 % des aînés âgés de 75 ans et plus qui ont dit ne pas faire confiance à la plupart des gens s'y sentaient en sécurité.

Graphique 4.6.4 Pourcentage des personnes qui ont dit se sentir tout à fait ou assez en sécurité lorsqu'elles circulent dans leur quartier après la tombée de la nuit, par niveau de confiance à l'égard des résidents de leur quartier et groupe d'âge, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.6.4 Pourcentage des personnes qui ont dit se sentir tout à fait ou assez en sécurité lorsqu'elles circulent dans leur quartier après la tombée de la nuit, par niveau de confiance à l'égard des résidents de leur quartier et groupe d'âge, 2003

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Le sentiment d'appartenance

Comme l'illustre le graphique 4.6.5, les aînés sont plus susceptibles que les personnes plus jeunes de dire qu'ils ont un sentiment d'appartenance très fort à l'égard de leur collectivité locale, leur province et le Canada.

Graphique 4.6.5 Pourcentage des personnes qui disent que leur sentiment d'appartenance à leur collectivité locale, leur province ou le Canada est très fort, par groupe d'âge, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.6.5 Pourcentage des personnes qui disent que leur sentiment d'appartenance à leur collectivité locale, leur province ou le Canada est très fort, par groupe d'âge, 2003

 

Il se peut que les personnes plus jeunes aient toujours été moins susceptibles que les personnes plus âgées de ressentir un sentiment d'appartenance solide et, à cet égard, les jeunes d'aujourd'hui ne sont peut-être pas différents des générations antérieures. Cependant, le lien illustré au graphique 4.6.5 peut aussi être le reflet des écarts entre les générations, ce qui signifie que les jeunes d'aujourd'hui sont effectivement moins susceptibles d'avoir un sentiment d'appartenance et continueront de se sentir ainsi à mesure qu'ils vieilliront. Comme troisième hypothèse, on pourrait dire que les personnes dont le sentiment d'appartenance au Canada, à la province ou à la collectivité locale est faible sont peut-être plus portées à partir que celles dont le sentiment d'appartenance est plus grand, ce qui signifie que les aînés qui avaient un faible sentiment d'appartenance lorsqu'ils étaient plus jeunes sont déjà partis.

Le lien entre l'âge et le sentiment d'appartenance à la collectivité locale est évident dans toutes les régions (graphique 4.6.6). Toutefois, les aînés vivant dans les diverses régions n'étaient pas aussi susceptibles de déclarer un sentiment d'appartenance très fort. En 2003, 39 % des aînés âgés de 65 à 74 ans vivant dans les provinces de l'Atlantique ont dit que leur sentiment d'appartenance à leur collectivité locale était très fort, comparativement à 26 % des aînés du même âge vivant en Colombie-Britannique.

Graphique 4.6.6 Pourcentage des personnes qui ont dit que leur sentiment d'appartenance à leur collectivité locale était très fort, par groupe d'âge et province de résidence, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.6.6 Pourcentage des personnes qui ont dit que leur sentiment d'appartenance à leur collectivité locale était très fort, par groupe d'âge et province de résidence, 2003

 

Les aînés vivant en Ontario étaient tout spécialement attachés au Canada. Quatre-vingt-quatre pour cent de ceux âgés de 75 ans et plus ont dit que leur sentiment d'appartenance à leur pays était très fort. En revanche, seulement 70 % des aînés âgés de 75 ans et plus vivant au Québec et 71 % de ceux vivant en Colombie-Britannique ont dit éprouver un sentiment aussi fort. Il convient toutefois de souligner que l'écart entre les aînés vivant au Québec et ceux vivant dans d'autres provinces était bien plus faible que l'écart entre les personnes plus jeunes vivant au Québec et celles vivant dans d'autres régions.

Graphique 4.6.7 Pourcentage des personnes qui ont dit que leur sentiment d'appartenance au Canada était très fort, par région et groupe d'âge, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.6.7 Pourcentage des personnes qui ont dit que leur sentiment d'appartenance au Canada était très fort, par région et groupe d'âge, 2003

 

Le sentiment d'appartenance à la collectivité locale a été identifié, ces dernières années, comme un corrélat important de la santé (Shields, 2005)15 et il semble s'appliquer aux aînés et aux personnes plus jeunes (graphique 4.6.8). En 2003, environ 44 % des aînés âgés de 75 ans et plus qui ont déclaré avoir un fort sentiment d'appartenance à leur collectivité locale ont également dit que leur santé était très bonne ou excellente, comparativement à 31 % de ceux qui ont dit que leur sentiment d'appartenance était faible ou n'était pas très fort.

Graphique 4.6.8 Pourcentage des personnes qui ont dit être en excellente ou très bonne santé, par sentiment d'appartenance à leur collectivité locale et groupe d'âge, 2003. Une nouvelle fenêtre s'ouvrira.

Graphique 4.6.8 Pourcentage des personnes qui ont dit être en excellente ou très bonne santé, par sentiment d'appartenance à leur collectivité locale et groupe d'âge, 2003


Notes:

  1. McDonald, Lynn et Leslie Robb. 2004. « The Economic Legacy of Divorce and Separation for Women in Old Age » Canadian Journal on Aging. 23 (Supplement, 2004) : S83-S97.
  2. Berkman LF, Glass T, Brissette I, et al. 2000. « From social integration to health: Durkheim in the new millennium ». Social Science and Medicine 51(6) : 843-57.
  3. Kawachi I, Colditz GA, Ascherio A, et al. 1996. « A prospective study of social networks in relation to total mortality and cardiovascular disease in men in the USA ». Journal of Epidemiology and Community Health 50(3) : 245-51.
  4. L. Richard, S. Laforest, F. Dufresne et J.P. Sapinski. 2005. « The quality of Life of Older Adults living in an Urban Environment: Professional and Lay Perspectives » Canadian Journal on Aging/La Revue canadienne du vieillissement 24 : 19-30.
  5. On a également posé des questions aux répondants sur les personnes qu'ils avaient connues au travail et dont ils se sentaient proches. Comme la plupart des aînés sont à la retraite, on ne leur a pas posé cette question pendant l'entrevue. Voilà pourquoi ces renseignements ne sont pas utilisés dans la présentation des données.
  6. Ces tâches étaient : faire les travaux ménagers, d'entretien et à l'extérieur; offrir un transport ou faire les courses; aider à garder les enfants; enseigner, encadrer ou donner des conseils pratiques; apporter un soutien affectif; aider d'une autre façon.
  7. Source : Enquête sociale générale, 2005.
  8. L'âge moyen des femmes aînées vivant seules était de 77,2 ans, celui des hommes, de 75,6 ans.
  9. Les personnes qui ont des problèmes de dextérité sont celles qui ne peuvent habituellement pas saisir et manipuler de petits objets, comme un crayon ou des ciseaux, OU qui ont besoin d'un appareil spécial, par exemple, un appareil pour les aider à s'habiller en raison des limitations de l'usage de leurs mains ou de leurs doigts.
  10. Si tous les aînés qui recevaient de l'aide pour les travaux à l'intérieur étaient pris en compte (au lieu de seulement ceux qui recevaient de l'aide en raison d'un problème de santé à long terme), la proportion des hommes ayant dit avoir obtenu de l'aide pour les travaux à l'intérieur était plus grande que celle des femmes. Plus précisément, 51 % des hommes aînés âgés entre 65 et 74 ans ont dit avoir obtenu de l'aide pour faire ces tâches, comparativement à 31 % des femmes.
  11. Ceux qui étaient uniquement membres ou participants d'un syndicat ou d'une association professionnelle n'étaient pas considérés être engagés dans un organisme (puisque l'adhésion n'est pas volontaire). Bien que certaines personnes puissent jouer un rôle actif dans leur groupe, la majorité des membres des syndicats ne participent pas activement aux activités syndicales.
  12. Des exemples de faveurs ont été mentionnés aux répondants de l'enquête, notamment : ramasser le courrier, arroser les plantes, faire le déneigement, prêter des outils ou du matériel de jardinage, transporter des choses à l'étage, nourrir des animaux de compagnie pendant les vacances et faire les courses.
  13. Dans un modèle statistique à plusieurs variables incluant des contrôles du niveau de scolarité, du lieu de résidence, du sentiment d'appartenance à la collectivité locale, de la durée de résidence dans la collectivité et de l'adhésion à un organisme, la relation entre la présence à des assemblées publiques et la probabilité d'avoir échangé des faveurs avec des voisins est demeurée significative (ceux qui assistaient à des assemblées publiques étaient plus susceptibles d'avoir échangé des faveurs).
  14. Tout spécialement, on leur a demandé s'ils avaient une grande confiance, une certaine confiance, peu de confiance ou aucune confiance. Ils ont répondu à la question selon leur propre compréhension du terme, sans qu'on leur fournisse de définition.
  15. Division des statistiques sur la santé, 2005. « Appartenance à la communauté et perception de l'état de santé : premiers résultats de l'ESCC » (Statistique Canada, No 82-621-XIF - No 001 au catalogue).

 


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Date de modification : 2010-03-16 Avis importants