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Chapitre 8: Les femmes autochtones au Canada

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La population autochtone féminine est un autre un élément clé de la mosaïque que forme la population féminine canadienne. En 2001, on dénombrait un peu moins d’un demi-million de femmes autochtones au Canada. Regroupées, celles-ci représentaient 3 % de toute la population féminine cette même année1 (Tableau 8.1).

Tableau 8.1 Population autochtone, selon la catégorie, 2001

En fait, la population autochtone féminine croît beaucoup plus rapidement que le reste de la population féminine au Canada. De 1996 à 2001, le nombre de femmes autochtones a augmenté de 22 %, alors que le taux de croissance était de 4 % au sein de la population féminine non autochtone.

La population autochtone du Canada comprend trois grands groupes : les Indiens de l’Amérique du Nord, les Métis et les Inuits. En 2001, 63 % des femmes autochtones ont déclaré être indiennes de l’Amérique du Nord, tandis que 29 % étaient métisses et 5 % étaient inuites. Les autres 3 % ont déclaré appartenir à plus d’un groupe autochtone ou ne se sont pas identifiées à un groupe autochtone, tout en affirmant avoir le statut d’Indienne inscrite ou être membres d’une bande.

Tout comme dans l’ensemble de la population, les femmes constituent une faible majorité de la population autochtone au Canada. En 2001, les femmes représentaient 51 % de la population autochtone, soit 52 % de la population indienne de l’Amérique du Nord et environ 50 % des groupes métis et inuits.

Les femmes autochtones au Canada

Les femmes autochtones constituent la proportion la plus élevée de la population provinciale féminine du Manitoba et de la Saskatchewan. En 2001, les femmes autochtones représentaient 14 % des femmes dans ces deux provinces, comparativement à 6 % en Alberta, à 4 % en Colombie-Britannique et à Terre-Neuve-et-Labrador, et à environ 2 % dans les autres provinces (tableau 8.2).

Tableau 8.2 Population autochtone, selon la province ou le territoire, 2001

Les femmes autochtones représentent une proportion beaucoup plus forte de la population vivant dans les territoires. En 2001, 87 % des femmes du Nunavut étaient autochtones, de même que 52 % de celles des Territoires du Nord-Ouest et 24 % de celles du Yukon.

Pour ce qui est du nombre réel, cependant, c’est en Ontario que le nombre de femmes autochtones est le plus élevé au Canada. En 2001, on dénombrait un peu plus de 97 000 femmes autochtones en Ontario. Cette même année, 20 % de toute la population autochtone féminine vivait en Ontario, tandis que 17 % habitait en Colombie-Britannique, 16 % en Alberta, 15 % au Manitoba, 13 % en Saskatchewan, 8 % au Québec et 5 % dans les provinces de l’Atlantique. Les autres 5 % des femmes autochtones au Canada vivaient dans l’un des territoires.

Toutefois, on note une importante variation quant à la distribution des femmes dans les divers groupes autochtones au pays. Par exemple, les plus fortes proportions d’Indiennes de l’Amérique du Nord en 2001 vivaient soit en Ontario (22 %), soit en Colombie-Britannique (19 %), alors que de fortes concentrations de femmes métisses vivaient en Alberta (23 %) et au Manitoba (20 %). Par contre, presque la moitié (49 %) des femmes inuites vivaient au Nunavut cette même année, tandis que 21 % habitaient au Québec (tableau 8.3).

Tableau 8.3 Répartition des femmes autochtones, selon la province ou le territoire et la catégorie, 2001

Répartition des femmes autochtones entre les régions urbaines et rurales

La majorité des femmes autochtones vivent hors réserve. En effet, 72 % des femmes autochtones vivaient dans des collectivités qui n’étaient pas des réserves en 2001, tandis que seulement 28 % vivaient dans une réserve. Les femmes autochtones sont également un peu plus susceptibles de vivre hors réserve que les hommes autochtones, dont 70 % vivaient dans une réserve cette même année (tableau 8.4).

Tableau 8.4 Lieu de résidence de la population autochtone et non autochtone, 2001

En fait, un peu plus de la moitié de la population autochtone féminine vit en milieu urbain. En 2001, 30 % des femmes autochtones vivaient dans une région métropolitaine de recensement, c’est-à-dire dans une ville de plus de 100 000 habitants, tandis que 23 % habitaient dans une autre région urbaine. Cependant, les femmes autochtones étaient environ deux fois moins susceptibles que les autres femmes de vivre dans une région métropolitaine de recensement, tandis qu’elles étaient un peu plus susceptibles d’habiter dans de petites régions urbaines.

Parmi les femmes autochtones, les Métisses sont les plus urbanisées. En 2001, 69 % des Métisses habitaient dans une ville ou un village, comparativement à 45 % des Indiennes de l’Amérique du Nord et à seulement 29 % des Inuites.

Les plus fortes concentrations urbaines de femmes autochtones se trouvent à Saskatoon, Winnipeg, Regina et Thunder Bay. En 2001, 10 % de la population féminine de Saskatoon était autochtone, de même que 9 % tant à Winnipeg qu’à Regina, et 7 % à Thunder Bay. Les femmes autochtones représentaient également 5 % de la population féminine d’Edmonton, 3 % de la population féminine de Victoria, 2 % de celle de Calgary et de Vancouver, 1 % de celle d’Ottawa–Gatineau et moins de 1 % de celle de Montréal et de Toronto (graphique 8.1).

Graphique 8.1 Femmes autochtones en pourcentage du total de la population féminine dans certaines régions métropolitaines de recensement, 2001

Winnipeg est le centre urbain où le nombre réel de femmes autochtones est le plus élevé. En 2001, on dénombrait environ 30 000 femmes autochtones à Winnipeg, tandis qu’on en comptait 22 000 à Edmonton, 19 000 à Vancouver et environ 11 000 à Calgary, à Saskatoon et à Toronto.

Les femmes autochtones vivant dans une réserve

Un peu plus de 1 femme autochtone sur 4 habitait dans une réserve. En 2001, 140 000 femmes autochtones, soit 28 % du total, vivaient dans une réserve. Les femmes autochtones étaient toutefois un peu moins susceptibles que les hommes autochtones de vivre dans une réserve. Cette même année, 30 % des hommes autochtones habitaient dans une réserve. En fait, les femmes constituaient moins de la moitié (49 %) de la population autochtone des réserves en 2001, alors qu’elles représentaient 51 % de la population autochtone totale. De même, la vaste majorité des femmes autochtones vivant dans une réserve — 95 % en 2001 — étaient Indiennes de l’Amérique du Nord.

Les femmes autochtones : une population très mobile

Les femmes autochtones sont généralement plus susceptibles de changer de lieu de résidence que les autres femmes. De 1996 à 2001, plus de la moitié (52 %) des femmes autochtones ont changé de résidence au moins une fois, comparativement à 42 % des autres femmes (graphique 8.2).

Graphique 8.2 Pourcentage d’Autochtones et de non Autochtones ayant déménagé au cours des cinq dernières années, 2001

Les femmes autochtones qui habitent dans une région urbaine sont les plus susceptibles de déménager. De 1996 à 2001, 66 % des femmes autochtones vivant dans une région métropolitaine de recensement ont changé de résidence au moins une fois, comparativement à 41 % de celles habitant dans une région rurale hors réserve et à seulement 36 % de celles vivant dans une réserve (graphique 8.3).

Graphique 8.3 Pourcentage de femmes et d’hommes autochtones ayant déménagé au cours des cinq dernières années, selon la région de résidence, 2001

Les femmes autochtones de 15 à 44 ans sont particulièrement susceptibles de déménager. De 1996 à 2001, environ 60 % des femmes autochtones de 15 à 24 ans et de 25 à 44 ans ont changé de résidence au moins une fois, comparativement à 36 % des femmes autochtones de 45 à 64 ans et à 24 % de celles de 65 ans et plus (graphique 8.4).

Graphique 8.4 Pourcentage de femmes et d’hommes autochtones ayant déménagé au cours des cinq dernières années, selon l’âge, 2001

Les femmes autochtones de 15 à 24 ans sont un peu plus mobiles que les hommes autochtones. De 1996 à 2001, 59 % des femmes autochtones de ce groupe d’âge ont déménagé au moins une fois, comparativement à 50 % des hommes de 15 à 24 ans. Par contre, il y avait peu de différences dans la probabilité que les femmes et les hommes autochtones des autres groupes d’âge changent de résidence durant cette période.

Inscription en vertu de la Loi sur les Indiens

Modifications législatives apportées par le projet de loi C-31 à la Loi sur les Indiens

Il est bien de souligner que, par le passé, la loi relative à l’inscription des Indiens de l’Amérique du Nord ne traitait pas les femmes et les hommes de la même façon. Avant 1985, aux termes de certaines dispositions de la Loi sur les Indiens, les femmes autochtones inscrites qui épousaient un homme non inscrit (autochtone ou non autochtone) perdaient de ce fait leur statut d’Indienne inscrite et, par conséquent, elles étaient exclues de la Première nation (« bande indienne »). En outre, ces femmes ne pouvaient plus transmettre leur statut d’Indienne inscrite à leurs enfants. C’était tout le contraire pour les Indiens inscrits. Les femmes non inscrites (autochtones ou non autochtones) qui épousait un Indien inscrit obtenait automatiquement le statut d’Indienne inscrite.

En 1985, l’adoption du projet de loi C-31 a modifié la Loi sur les Indiens, permettant ainsi à un grand nombre de femmes privées de leurs droits et à leurs enfants de reprendre leur statut et, dans certains cas, de redevenir membres de la Première nation. D’autres, qui avaient volontairement ou involontairement perdu leur statut d’Indien en vertu d’autres dispositions de la Loi sur les Indiens, pouvaient également présenter une demande pour retrouver leur statut.

Le projet de loi C-31 a introduit de nouvelles règles sur la transmission, des parents aux enfants, du statut d’Indien inscrit. À l’heure actuelle, les deux parents doivent avoir le statut d’Indien inscrit afin de pouvoir le transmettre à leurs enfants. Une exception existe lorsque au moins un des parents a été inscrit en vertu du paragraphe 6(1) de la loi. Dans ce cas, si l’un des parents est inscrit en vertu du paragraphe 6(1) et que l’autre ne l’est pas, les enfants ont toujours droit à l’inscription en vertu du paragraphe 6(2). Toutefois, un parent inscrit en vertu du paragraphe 6(2) ne peut transmettre son statut d’Indien inscrit à son enfant, à moins que l’autre parent ne soit un Indien inscrit.

La majorité des femmes autochtones sont inscrites en vertu de la Loi sur les Indiens. En 2001, près de 290 000 femmes autochtones — soit 58 % du total — étaient inscrites, tout comme 56 % des hommes autochtones. Il existe toutefois une importante variation dans les proportions des divers groupes autochtones inscrits en vertu de la Loi sur les Indiens. Cette même année, 83 % des Indiennes de l’Amérique du Nord étaient inscrites, comparativement à seulement 11 % des Métisses et 2 % des Inuites (graphique 8.5).

Graphique 8.5 Pourcentage de femmes et d’hommes inscrits en vertu de la Loi sur les Indiens,selon le groupe, 2001

On a enregistré une forte croissance de la population des Indiens inscrits au cours des deux dernières décennies. En fait, les femmes représentent une part disproportionnée de cette croissance depuis le début des années 1980. De 1981 à 2001, par exemple, le nombre d’Indiennes inscrites a augmenté de 98 %, comparativement à 88 % seulement pour les Indiens inscrits. Les modifications législatives apportées à la Loi sur les Indiens ont sans doute contribué à cette croissance, tout comme des facteurs tels qu’un fort taux de natalité, une espérance de vie plus longue et un dénombrement amélioré (tableau 8.5).

Tableau 8.5 Population des Indiens inscrits, 1981, 1991 et 2001

La croissance de la population des Indiens inscrits est particulièrement évidente à l’extérieur des réserves. En effet, le nombre d’Indiennes inscrites vivant à l’extérieur des réserves a augmenté de 141 % entre 1981 et 2001, alors que le nombre d’Indiens inscrits vivant hors réserve a augmenté de 135 % au cours de la même période.

À la lumière des règlements sur la transmission du statut d’Indien inscrit, les « taux hors mariage » chez les Indiens inscrits auront une incidence sur la croissance de la population des Indiens inscrits dans les années à venir. Selon une étude récente, la proportion de naissances admissibles à l’inscription, pour la population vivant dans les réserves, pourrait diminuer d’environ 99 % en 2000 à 87 % en 2021. Pour la population hors réserve, cette proportion sera même inférieure, chutant de 79 % en 2000 à 52 % en 2021.2

Les femmes autochtones : une population relativement jeune

La population autochtone féminine du Canada est relativement jeune. En 2001, 32 % des femmes autochtones avaient moins de 15 ans, comparativement à seulement 18 % de leurs homologues non autochtones. Parallèlement, 17 % de la population autochtone féminine avaient de 15 à 24 ans, comparativement à seulement 13 % des femmes non autochtones (tableau 8.6).

Tableau 8.6 Répartition de la population autochtone féminine, selon l’âge et la catégorie, 2001

Les Inuites sont les plus jeunes de tous les groupes autochtones. En effet, 38 % des Inuites avaient moins de 15 ans en 2001, alors que ce chiffre s’élevait à 33 % pour les Indiennes de l’Amérique du Nord et à 28 % pour les Métisses.

Par contre, relativement peu de femmes autochtones sont âgées. En 2001, seulement 4 % des femmes autochtones avaient 65 ans et plus, comparativement à 14 % des femmes non autochtones. Comme c’est le cas au sein de la population non autochtone, les femmes représentent la majorité des aînées autochtones. Cette même année, les femmes autochtones de 65 ans et plus représentaient 53 % de tous les aînés autochtones. En particulier, les femmes constituaient 54 % de tous les aînés indiens de l’Amérique du Nord et 52 % des Métis de 65 ans et plus, tandis que seulement 45 % de la population inuite de 65 ans et plus était composée de femmes.

Importance de la langue autochtone

L’anglais ou le français est la langue maternelle — c’est-à-dire la langue apprise en premier et toujours comprise — de la majorité des femmes autochtones. En 2001, 74 % des femmes ont déclaré que l’anglais était leur langue maternelle, tandis que 6 % parlaient le français. Parallèlement, la langue maternelle de 20 % de la population autochtone féminine était cependant une langue autochtone.

Toutefois, la proportion de femmes autochtones qui sont capables de parler une langue autochtone est en fait un peu plus élevée que la proportion de celles dont la langue maternelle est une langue autochtone. En 2001, 24 % des femmes autochtones ont dit qu’elles pouvaient converser dans une langue autochtone, alors que seulement 20 % ont déclaré qu’une de ces langues était leur langue maternelle.

Il semble donc que des femmes autochtones pourraient apprendre une langue autochtone plus tard dans leur vie, ce qui corrobore les constatations de l’Enquête auprès des peuples autochtones de 2001, dont les données permettaient de conclure que la langue autochtone est importante pour les femmes autochtones. En fait, 63 % des femmes autochtones vivant hors réserve ont déclaré que l’apprentissage, le réapprentissage ou la conservation de leur langue autochtone avait une grande ou une certaine importance, comparativement à 55 % des hommes autochtones vivant également hors réserve.

Les femmes autochtones plus âgées sont beaucoup plus susceptibles que les femmes plus jeunes d’être capables de parler une langue autochtone. En 2001, 43 % des femmes autochtones de 65 ans et plus ont déclaré qu’elles pouvaient parler une langue autochtone, tout comme 32 % de celles de 45 à 64 ans. Par contre, ce n’était le cas que de 25 % des 25 à 44 ans, de 20 % des 15 à 24 ans et de seulement 19 % des moins de 15 ans (graphique 8.6).

Graphique 8.6 Pourcentage de femmes autochtones pouvant parler une langue autochtone, selon l’âge, 2001

Parmi les femmes autochtones, les Inuites sont de loin les plus susceptibles d’être capables de parler une langue autochtone. En 2001, 71 % des femmes inuites ont déclaré qu’elles pouvaient parler une langue autochtone, tandis que seulement 30 % des Indiennes de l’Amérique du Nord et 5 % des Métisses pouvaient converser dans une langue autochtone (graphique 8.7).

Graphique 8.7 Pourcentage de femmes et d’hommes autochtones pouvant parler une langue autochtone, selon le groupe, 2001

On note aussi des différences importantes pour ce qui est de la capacité de parler une langue autochtone selon le lieu où vivent les femmes autochtones. En 2001, environ la moitié (49 %) des femmes autochtones qui vivent dans une réserve ont déclaré être capables de parler une langue autochtone, tandis que cette proportion chutait à 24 % chez les habitants des régions rurales, à 13 % chez les personnes des petites régions urbaines et à tout juste 9 % chez celles qui vivent dans les régions métropolitaines de recensement (graphique 8.8).

Graphique 8.8 Pourcentage de femmes autochtones pouvant parler une langue autochtone, selon la région de résidence, 2001

Une proportion importante de femmes autochtones parlent également une langue autochtone à la maison. En 2001, 6 % des femmes autochtones ne parlaient qu’une langue autochtone à la maison, alors que 12 % parlaient à la fois une langue autochtone et une autre langue — soit l’anglais, soit le français — à la maison. L’anglais est toutefois la langue la plus parlée à la maison par la majorité (75 %) des femmes autochtones, tandis qu’une faible proportion (4 %) parlent le plus souvent le français à la maison (tableau 8.7).

Tableau 8.7 Langue parlée à la maison par les Autochtones, selon la catégorie, 2001

Les femmes inuites sont les plus susceptibles de parler une langue autochtone à la maison. En 2001, 65 % des femmes inuites parlaient uniquement une langue autochtone à la maison (31 %) ou à la fois une langue autochtone et une autre langue (34 %). Par contre, 23 % des Indiennes de l’Amérique du Nord parlaient une langue autochtone exclusivement ou conjointement avec une autre langue à la maison, ce chiffre n’étant que de 3 % pour les Métisses.

Les femmes autochtones et leur famille

Une proportion relativement élevée de femmes autochtones au Canada vivent avec leur famille immédiate ou élargie. En 2001, 87 % de ces femmes de 15 ans et plus vivaient avec des membres de leur famille, comparativement à 83 % des femmes non autochtones et des hommes autochtones (tableau 8.8).

Tableau 8.8 Situation familiale des femmes autochtones de 15 ans et plus, selon la catégorie, 2001

Parmi les femmes autochtones, les Inuites sont les plus susceptibles de vivre avec des membres de leur famille. En 2001, 94 % des Inuites vivaient avec leur famille immédiate ou élargie, alors que c’était le cas de 88 % des Indiennes de l’Amérique du Nord et de 84 % des Métisses.

Les femmes autochtones sont cependant moins susceptibles que les autres femmes de vivre dans des familles époux-épouse. En 2001, seulement 32 % des femmes autochtones de 15 ans et plus vivaient avec leur mari, par rapport à 49 % des autres femmes. Par contre, les femmes autochtones étaient presque deux fois plus susceptibles que les femmes non autochtones de vivre en union libre, soit 17 % comparativement à 9 %.

Les femmes autochtones sont également beaucoup plus susceptibles d’être des mères seules que les autres femmes. En 2001, 19 % des femmes autochtones de 15 ans et plus étaient seules à la tête de leur famille, comparativement à 8 % des autres femmes.

Parmi les femmes autochtones, les Indiennes de l’Amérique du Nord sont les plus susceptibles d’être des mères seules. En 2001, 21 % des Indiennes de l’Amérique du Nord de 15 ans et plus étaient des mères seules, comparativement à 17 % des Inuites et à 16 % des Métisses.

De même, les familles monoparentales ayant à leur tête une femme autochtone sont généralement plus nombreuses que celles ayant à leur tête une femme non autochtone. En 2001, 22 % des familles dont le chef était une mère autochtone seule comptaient au moins trois enfants; c’est plus que le double de leurs homologues non autochtones, dont seulement 10 % avaient trois enfants et plus.

Par ailleurs, relativement peu de femmes autochtones vivent seules. En 2001, seulement 9 % des femmes autochtones vivaient seules, comparativement à 14 % des autres femmes. Parmi les femmes autochtones, les Métisses étaient les plus susceptibles de vivre seules. Cette même année, 10 % d’entre elles vivaient seules, comparativement à 8 % des Indiennes de l’Amérique du Nord et à seulement 4 % des Inuites.

Taux de fécondité élevé chez les femmes autochtones

Le taux de fécondité est beaucoup plus élevé chez les femmes autochtones que chez les autres Canadiennes. Durant la période de 1996 à 2001, le taux de fécondité des femmes autochtones était de 2,6 enfants, c’est-à-dire qu’elles pouvaient s’attendre à avoir ce nombre d’enfants en moyenne pendant leur vie, comparativement à 1,5 pour l’ensemble des Canadiennes (graphique 8.9).

Graphique 8.9 Taux de fécondité des femmes autochtones et de l’ensemble des Canadiennes, selon le groupe, 1996 à 2001

Parmi les femmes autochtones, les Inuites ont le taux de fécondité le plus élevé. Durant la période de 1996 à 2001, on a estimé à 3,4 enfants le taux de fécondité des Inuites, comparativement à 2,9 enfants chez les Indiennes de l’Amérique du Nord et à 2,2 enfants chez les Métisses.

Les taux de fécondité des Autochtones sont plus élevés que ceux de l’ensemble de la population canadienne; cependant, ces taux ont nettement baissé au cours des trois dernières décennies. En effet, le taux de fécondité des Autochtones a chuté de moitié depuis la fin des années 1960, passant de 5,5 enfants par femme au taux actuel de 2,6.

Espérance de vie moindre chez les femmes autochtones

L’espérance de vie des femmes autochtones est très inférieure à celle des femmes non autochtones. En 2001, l’espérance de vie estimée à la naissance des femmes autochtones était de 76,8 ans, plus de 5 ans de moins que celle des femmes non autochtones, qui pouvaient s’attendre à vivre 82,2 ans en moyenne (graphique 8.10).

Graphique 8.10 Espérance de vie à la naissance des Autochtones et de l’ensemble des Canadiens, selon le groupe, 2001

Tout comme dans le cas de leurs homologues non autochtones, l’espérance de vie des femmes autochtones est plus longue que celle des hommes autochtones. En 2001, les femmes autochtones avaient une espérance de vie à la naissance de 76,8 ans, comparativement à 70,9 ans chez les hommes autochtones.

Parmi la population autochtone féminine, les Métisses et les Indiennes de l’Amérique du Nord avaient une espérance de vie plus longue que les Inuites. En 2001, les Métisses et les Indiennes de l’Amérique du Nord avaient une espérance de vie de 77,7 ans et de 76,7 ans respectivement. Par contre, les Inuites avaient une espérance de vie de seulement 71,7 ans. Dans tous les cas, cependant, les femmes avaient une espérance de vie beaucoup plus longue que les hommes.

La plupart sont en bonne santé

La majorité des femmes autochtones décrivent leur santé en des termes favorables. Selon l’Enquête auprès des peuples autochtones, 54 % des femmes autochtones vivant hors réserve ont indiqué que leur santé était excellente ou très bonne. La proportion de femmes autochtones qui décrivent ainsi leur santé était cependant inférieure à celle de l’ensemble des Canadiennes, dont 59 % qualifiaient leur santé d’excellente ou de très bonne (graphique 8.11).

Graphique 8.11 Pourcentage de femmes autochtones vivant hors réserve et de l’ensemble des Canadiennes décrivant leur santé comme excellente ou très bonne, selon l’âge, 2001

Il existe des écarts particulièrement prononcés entre l’autoévaluation de la santé des femmes autochtones et celle de l’ensemble de la population féminine canadienne parmi les groupes plus âgés. Chez les femmes de 65 ans et plus, seulement 23 % des femmes autochtones décrivaient leur santé comme excellente ou très bonne, comparativement à 36 % des aînées. De même, seulement 41 % des femmes autochtones de 45 à 64 ans trouvaient leur santé excellente ou très bonne, comparativement à 55 % des femmes de ce groupe d’âge.

Parallèlement, les femmes autochtones plus âgées sont beaucoup plus susceptibles que l’ensemble des Canadiennes de décrire leur santé comme passable ou mauvaise. En 2001, 45 % des femmes autochtones de 65 ans et plus vivant hors réserve ont déclaré que l’état de leur santé était passable ou mauvais, comparativement à 29 % des aînées. Le tableau est semblable chez les femmes de 45 à 64 ans, dont 33 % des femmes autochtones, comparativement à seulement 16 % des femmes dans l’ensemble de la population, ont indiqué que leur santé était passable ou mauvaise (graphique 8.12).

Graphique 8.12 Pourcentage de femmes autochtones vivant hors réserve et de l’ensemble des Canadiennes décrivant leur santé comme passable ou mauvaise, selon l’âge, 2001

Par contre, les écarts sont beaucoup moins prononcés dans l’autoévaluation de la santé des femmes autochtones vivant hors réserve et des femmes non autochtones pour les groupes plus jeunes. En 2001, 65 % des femmes autochtones de 15 à 24 ans, tout comme 67 % des femmes de ce groupe d’âge, décrivaient leur santé comme excellente ou très bonne, alors que seulement 7 % des femmes autochtones de cette tranche d’âge qualifiaient leur santé de passable ou de mauvaise, presque le même pourcentage que pour l’ensemble des jeunes femmes de ce groupe d’âge (6 %).

Si la majorité des femmes autochtones vivant hors réserve décrivent leur état de santé en des termes généralement positifs, plus de la moitié souffrent d’une affection chronique. En 2001, 52 % des femmes autochtones vivant hors réserve avaient une affection chronique, selon le diagnostic d’un professionnel de la santé, comparativement à 44 % des hommes autochtones (graphique 8.13).

Graphique 8.13 Pourcentage de femmes et d’hommes autochtones vivant hors réserve qui ont au moins une affection chronique diagnostiquée, selon l’âge, 2001

Comme pour l’ensemble de la population féminine, le pourcentage de femmes autochtones vivant hors réserve souffrant d’une affection chronique augmente chez les groupes plus âgés. En fait, 88 % des femmes autochtones de 65 ans et plus avaient au moins une affection chronique, selon le diagnostic d’un professionnel de la santé en 2001, ce pourcentage variant de 74 % chez les 45 à 64 ans à 32 % chez les 15 à 24 ans. Dans tous les groupes d’âge, cependant, les femmes étaient plus susceptibles que les hommes d’avoir reçu un diagnostic d’affection chronique.

Tout comme dans l’ensemble de la population, l’arthrite ou le rhumatisme sont les affections chroniques les plus couramment diagnostiquées chez les femmes autochtones. En 2001, 23 % des femmes autochtones de 15 ans et plus vivant hors réserve avaient reçu un diagnostic d’arthrite ou de rhumatisme, tandis que 14 % faisaient de l’asthme, 13 % souffraient d’hypertension, 12 % avaient des maux d’estomac ou des ulcères intestinaux et 7 %, des problèmes cardiaques.

Les taux de diabète sont également beaucoup plus élevés pour la population autochtone hors réserve que pour l’ensemble de la population canadienne. En 2001, 7 % des femmes autochtones hors réserve de 15 ans et plus ont reçu un diagnostic de diabète, comparativement à 3 % des Canadiennes.3 Santé Canada rapporte que le diabète est un grand sujet d’inquiétude pour la population autochtone, cette affection se caractérisant par « l’apparition précoce de la maladie, sa gravité accrue au moment du diagnostic, les taux élevés de complications, l’inaccessibilité des services, les tendances à la hausse et la prévalence croissante des facteurs de risque dans une population déjà à risque »4.

Le diabète est particulièrement répandu chez les femmes autochtones plus âgées. En 2001, 24 % de la population autochtone féminine de 65 ans et plus vivant hors réserve était diabétique, comparativement à 11 % des femmes âgées au Canada. Les femmes autochtones âgées sont également un peu plus susceptibles d’être diabétiques que leurs homologues de sexe masculin, dont 20 % avaient le diabète.

Dans la population autochtone hors réserve, le diabète est le plus répandu chez les Indiens de l’Amérique du Nord. En 2001, 8 % des Indiennes de l’Amérique du Nord de 15 ans et plus avaient reçu un diagnostic de diabète, tandis que ce pourcentage était de 6 % chez les Métisses et de seulement 2 % chez les Inuites.

Les résultats de l’Enquête régionale longitudinale sur la santé des Premières nations, menée en 2002-2003, ont permis de conclure que le diabète est particulièrement répandu au sein des collectivités des Premières nations. En effet, 15 % des adultes de plus de 20 ans dans ces collectivités avaient reçu un diagnostic de diabète.5

Consultation avec des professionnels de la santé

Comme c’est le cas dans l’ensemble de la population, les femmes autochtones sont généralement plus susceptibles que leurs homologues masculins de consulter des professionnels de la santé. En 2001, 80 % des femmes autochtones vivant hors réserve ont déclaré avoir vu un médecin de famille ou un médecin généraliste, ou lui avoir parlé, au cours des 12 mois précédant l’enquête, comparativement à seulement 64 % des hommes autochtones. Cette même année, des pourcentages plus élevés de femmes autochtones que d’hommes autochtones ont vu un dentiste (56 % par rapport à 48 %), un ophtalmologiste (40 % par rapport à 32 %), une infirmière (28 % par rapport à 22 %), ou un travailleur social, un conseiller ou un psychologue (18 % par rapport à 10 %). Les femmes autochtones sont également deux fois plus susceptibles que les hommes d’avoir consulté un guérisseur autochtone, soit 8 % comparativement à 4 % (tableau 8.9).

Tableau 8.9 Pourcentage d’Autochtones de 15 ans et plus vivant hors réserve qui ont consulté un professionnel de la santé au cours des 12 derniers mois, 2001

Le lieu de résidence des femmes autochtones a une incidence sur leurs communications avec des professionnels de la santé. L’Enquête auprès des peuples autochtones de 2001 a révélé que les femmes autochtones habitant dans le Grand Nord consultent moins les médecins de famille et les médecins généralistes que les femmes autochtones qui vivent hors réserve. Cette même année, environ 50 % des femmes autochtones de l’Arctique canadien avaient vu un médecin de famille ou lui avaient parlé au téléphone au sujet de leur santé, comparativement à 82 % de celles habitant dans des régions urbaines et à 78 % de celles vivant dans des régions rurales. Par contre, ces femmes étaient beaucoup plus susceptibles d’avoir consulté du personnel infirmier par comparaison aux autres catégories de professionnels de la santé. Ces différences sont sans doute attribuables aux types de professionnels de la santé auxquels ont accès les habitants de l’Arctique canadien (graphique 8.14).

Graphique 8.14 Pourcentage de femmes autochtones de 15 ans et plus vivant hors réserve qui ont consulté un professionnel de la santé au cours de l’année précédente, selon la région, 2001

Tabagisme

Les femmes autochtones sont beaucoup plus susceptibles de fumer que les femmes non autochtones. En 2001, 39 % des femmes autochtones de 15 ans et plus ont indiqué qu’elles fumaient tous les jours, comparativement à seulement 20 % de l’ensemble de la population féminine canadienne (tableau 8.10).

Tableau 8.10 Pourcentage de femmes autochtones de 15 ans et plus vivant hors réserve qui fument quotidiennement, selon l’âge et la catégorie, 2001

Comme c’est le cas dans l’ensemble de la population, les femmes autochtones plus jeunes sont proportionnellement plus nombreuses à fumer que les femmes plus âgées. En 2001, environ 40 % des femmes autochtones de 15 à 34 ans vivant hors réserve fumaient tous les jours, tandis que la proportion de fumeuses quotidiennes plus âgées variait de 36 % chez les femmes de 45 à 64 ans à seulement 21 % chez celles de 65 ans et plus.

Parmi la population autochtone hors réserve, les Inuites sont les plus susceptibles de fumer. En 2001, 60 % des Inuites ont déclaré qu’elles fumaient tous les jours, comparativement à environ 38 % des Indiennes de l’Amérique du Nord et des Métisses. En fait, ce pourcentage est trois fois plus élevé que celui de l’ensemble des Canadiennes qui fument tous les jours (20 %).

Les résultats de l’Enquête régionale longitudinale sur la santé des Premières nations de 2002-2003 indiquent que les taux de tabagisme sont particulièrement élevés dans les réserves. Cette même année, 58 % des femmes de plus de 20 ans vivant dans des collectivités des Premières nations fumaient de façon régulière ou occasionnelle.

Violence conjugale

Les résultats de l’Enquête sociale générale6 de 2004 laissent entendre que la violence au sein des mariages et des unions libres est une réalité à laquelle sont confrontées bon nombre de femmes autochtones. En effet, 24 % des femmes autochtones, soit trois fois plus que leurs homologues non autochtones (8 %), ont été victimes de violence conjugale de la part de leur conjoint ou de leur partenaire, ancien ou actuel, au cours des cinq années ayant précédé l’enquête.7 Parallèlement, 18 % des hommes autochtones ont déclaré être victimes d’une certaine forme de violence conjugale.

Les Autochtones victimes de violence conjugale sont également plus susceptibles que les victimes non autochtones de subir des formes de violence plus graves de la part de leur partenaire intime. Au cours des cinq ans précédant l’enquête, plus de la moitié (54 %) des femmes autochtones ont déclaré avoir été victimes de violence grave qui pouvait mettre leur vie en danger, y compris avoir été battues, étranglées, menacées avec une arme à feu ou un couteau, ou agressées sexuellement, comparativement à 37 % des femmes non autochtones victimes de violence conjugale. De plus, une proportion plus élevée de femmes autochtones victimes de violence conjugale (43 %) ont déclaré avoir été blessées, comparativement aux victimes non autochtones (31 %). De même, 33 % des femmes autochtones victimes de violence conjugale ont dit craindre pour leur vie, comparativement à 22 % des victimes non autochtones.

Les femmes autochtones sont également deux fois plus susceptibles que les autres femmes d’être victimes de violence psychologique de la part de leur conjoint ou de leur partenaire, ancien ou actuel. Au cours des cinq ans précédant l’enquête, 36 % des femmes autochtones ont déclaré avoir été victimes de violence psychologique de la part d’un conjoint, comparativement à 17 % de leurs homologues non autochtones. Les femmes autochtones étaient cependant aussi susceptibles d’indiquer qu’elles avaient été victimes de violence psychologique de la part de leur conjoint que les hommes autochtones, pour qui le pourcentage s’élevait à 37 %. Le rapport révèle que, même si les questions de l’enquête portant sur la violence psychologique ne sont pas utilisées pour établir les taux de violence conjugale, elles sont importantes parce qu’elles permettent de déterminer dans quel contexte peut se produire la violence, les recherches ayant montré que la violence psychologique est souvent un signe précurseur de la violence physique dans une relation.

Moins susceptibles d’avoir un diplôme

Il y a un fossé particulièrement important entre la proportion de femmes autochtones et non autochtones ayant un diplôme universitaire. En 2001, seulement 7 % des femmes autochtones de 25 ans et plus avaient un diplôme universitaire, comparativement à 17 % de leurs homologues non autochtones. Les femmes autochtones étaient cependant un peu plus susceptibles de détenir un diplôme universitaire que les hommes autochtones, dont seulement 5 % avaient fait des études universitaires. En effet, les femmes représentaient 62 % des Autochtones de 25 ans et plus ayant un diplôme universitaire cette année-là (tableau 8.11).

Tableau 8.11 Niveau de scolarité de la population autochtone et non autochtone de 25 ans et plus, 2001

Parallèlement, les femmes autochtones sont presque aussi susceptibles que les autres femmes d’avoir un diplôme ou un certificat d’un collège communautaire. En 2001, 17 % des femmes autochtones de 25 ans et plus étaient diplômées d’un collège communautaire, par rapport à 18 % des non autochtones de ce groupe d’âge. Les femmes autochtones étaient également plus susceptibles que les hommes autochtones d’avoir un diplôme ou un certificat d’un collège communautaire, soit 17 % par rapport à 11 %.

Par ailleurs, 4 femmes autochtones sur 10 n’ont pas terminé leurs études secondaires. En 2001, 40 % des femmes autochtones de 25 ans et plus n’avaient pas de diplôme d’études secondaires, tandis que c’était le cas de seulement 29 % des femmes non autochtones. Les femmes autochtones étaient cependant un peu moins susceptibles que les hommes autochtones de ne pas avoir terminé leurs études secondaires, soit 40 % par rapport à 44 %.

Selon une étude récente de la population autochtone hors réserve,8 la principale raison invoquée par les jeunes femmes autochtones de 15 à 19 ans pour abandonner leurs études primaires ou secondaires était une grossesse ou la nécessité de s’occuper des enfants. En effet, 1 décrocheuse autochtone sur 5 (20 %) de ce groupe d’âge a donné cette raison. La deuxième raison la plus fréquemment invoquée est l’ennui (15 %). Par contre, près du quart (24 %) des jeunes hommes autochtones vivant hors réserve ont invoqué cette raison pour abandonner leurs études, 19 % disant le faire dans le but de travailler. L’ennui ou le manque d’intérêt était également la principale raison invoquée par les jeunes non autochtones qui ont abandonné leurs études primaires ou secondaires.9

Les femmes autochtones sont en outre encore confrontées à des obstacles qui les empêchent de terminer leurs études postsecondaires. Des femmes autochtones de 25 à 44 ans vivant hors réserve ayant commencé puis abandonné un programme postsecondaire, 34 % ont indiqué les responsabilités familiales pour expliquer la fin prématurée de leurs études, tandis que 21 % ont mentionné des raisons financières, 12 %, un manque d’intérêt ou de motivation, et 8 %, l’obtention d’un emploi ou la nécessité de travailler. Pour les hommes autochtones de ce groupe d’âge vivant hors réserve qui n’ont pas terminé leurs études postsecondaires, les raisons financières (24 %) ont été le plus souvent invoquées, seulement 11 % indiquant des responsabilités familiales (graphique 8.15).

Graphique 8.15 Raisons invoquées par les femmes et les hommes autochtones de 25 à 44 ans vivant hors réserve pour ne pas terminer leurs études postsecondaires, 2001

Fréquentation scolaire élevée

Si le niveau de scolarité général des femmes autochtones est relativement bas, celles-ci fréquentent l’école en plus grand nombre que les femmes non autochtones et les hommes autochtones. En 2001, 23 % des femmes autochtones de 15 ans et plus fréquentaient l’école à temps plein ou à temps partiel, comparativement à 17 % de leurs homologues non autochtones (graphique 8.16).

Graphique 8.16 Pourcentage de femmes autochtones et non autochtones de 15 ans et plus fréquentant l’école à temps plein ou à temps partiel, 2001

Parmi les jeunes adultes, les femmes autochtones sont cependant moins susceptibles de fréquenter l’école que les autres femmes. En 2001, seulement environ la moitié (53 %) des femmes autochtones de 15 à 24 ans fréquentaient l’école, comparativement à 66 % des femmes non autochtones du même groupe d’âge.

Toutefois, les femmes autochtones sont plus susceptibles que leurs homologues non autochtones de retourner à l’école à un âge plus avancé afin de terminer leurs études. En 2001, 17 % des femmes autochtones de 25 à 44 ans et 7 % de celles de 45 à 64 ans fréquentaient l’école à temps plein ou à temps partiel, comparativement à seulement 13 % et 4 % des femmes non autochtones des groupes d’âge correspondants.

Les taux de fréquentation scolaire relativement élevés obtenus pour les femmes autochtones des groupes d’âge de 25 ans et plus se reflètent également dans une étude récente menée au Manitoba, qui indique que les Autochtones tendent à retarder le début des études postsecondaires.10 L’étude a révélé que les diplômés autochtones étaient moins susceptibles que les diplômés non autochtones d’entreprendre des études immédiatement après le secondaire. En effet, seulement 17 % des diplômés autochtones manitobains sont passés directement de l’école secondaire au collège, comparativement à 25 % de leurs homologues non autochtones. Au niveau du baccalauréat, environ 30 % des diplômés autochtones étaient au secondaire dans les 12 mois précédant leur inscription à un programme d’études postsecondaires, comparativement à près de 60 % des diplômés non autochtones.

Travail rémunéré

Les femmes autochtones sont généralement moins susceptibles que leurs homologues non autochtones de faire partie de la population active rémunérée. En 2001, 47 % des femmes autochtones de 15 ans et plus étaient employées, comparativement à 56 % de leurs homologues non autochtones. Les femmes autochtones étaient également moins susceptibles que les hommes autochtones d’être employées cette même année, soit 47 % par rapport à 53 % (tableau 8.12).

Tableau 8.12 Pourcentage de la population autochtone et non autochtone occupée, selon l’âge et la catégorie, 2001

Parmi les femmes autochtones, les Métisses sont les plus susceptibles de faire partie de la population active rémunérée. En effet, 56 % de ces femmes étaient employées en 2001, soit la même proportion que pour la population féminine non autochtone. Par contre, seulement 48 % des Inuites et 43 % des Indiennes de l’Amérique du Nord étaient employées cette même année.

Comme c’est le cas dans l’ensemble de la population, les femmes autochtones de 25 à 44 ans sont plus susceptibles d’être employées que leurs homologues plus jeunes et plus âgées. En 2001, 58 % des femmes autochtones de 25 à 44 ans étaient employées, comparativement à 50 % des 45 à 64 ans et à 35 % des 15 à 24 ans. À tous les âges, cependant, les femmes autochtones étaient moins susceptibles d’être employées que les hommes autochtones ou les femmes non autochtones. L’écart entre les taux d’emploi des femmes autochtones et non autochtones était particulièrement marqué pour les 15 à 24 ans, alors que 35 % des femmes autochtones étaient employées, comparativement à 57 % des femmes non autochtones.

Une grande proportion de femmes autochtones avaient un emploi à temps partiel ou travaillaient une partie de l’année, comme c’est le cas des autres femmes de la population. De celles qui faisaient partie de la population active rémunérée en 2000, 57 % des femmes autochtones travaillaient à temps partiel ou une partie de l’année, comparativement à 54 % des hommes autochtones et à 49 % des femmes non autochtones.

Les ventes et les services : la profession la plus courante

Tout comme les autres femmes, les femmes autochtones sont fortement concentrées dans les professions mal rémunérées et traditionnellement exercées par les femmes. De toutes les femmes autochtones qui étaient employées à un moment donné en 2000, 60 % travaillaient dans les ventes ou les services ou dans les affaires, la finance ou l’administration. Cette même année, 37 % des femmes autochtones employées travaillaient dans les ventes ou les services, tandis que 23 % occupaient un emploi en administration. En fait, les femmes autochtones étaient deux fois plus susceptibles que les hommes autochtones de travailler dans ces secteurs, où seulement 26 % étaient employés (tableau 8.13).

Tableau 8.13 Répartition de l’emploi de la population autochtone et non autochtone, 2001

Cependant, la proportion de femmes autochtones dans ces professions était seulement un peu plus élevée que celle des femmes non autochtones. En 2000, 60 % des femmes autochtones employées travaillaient dans les ventes, les services ou l’administration, comparativement à 57 % de leurs homologues non autochtones.

Les femmes autochtones sont également à peu près aussi susceptibles que leurs homologues non autochtones et que les hommes autochtones d’être employées dans des postes de gestion. En 2001, 6 % des femmes autochtones occupaient un poste de gestion, tandis que ce pourcentage était de 7 % chez les hommes autochtones et de 8 % chez les femmes non autochtones.

Taux de chômage élevé

Le taux de chômage chez les Autochtones actives est deux fois plus élevé que celui des femmes non autochtones. En 2001, 17 % d’entre elles étaient au chômage, comparativement à 7 % des femmes non autochtones. Le taux de chômage parmi les femmes autochtones était cependant inférieur à celui des hommes autochtones, dont 21 % étaient sans travail cette même année (tableau 8.14).

Tableau 8.14 Taux de chômage des Autochtones et des non Autochtones actifs, selon l’âge, 2001

Tout comme dans l’ensemble de la population, le taux de chômage chez les femmes autochtones est plus élevé chez les jeunes adultes. En 2001, 25 % des Autochtones actives de 15 à 24 ans étaient sans emploi, comparativement à 16 % des 25 à 44 ans et à 11 % des 45 à 64 ans. Dans chaque groupe, toutefois, le taux de chômage chez les femmes autochtones était près du double de celui des femmes non autochtones, mais il était inférieur à celui des hommes autochtones.

Parmi les femmes autochtones, celles qui vivent dans les réserves ont le taux de chômage le plus élevé. En 2001, 22 % des Autochtones actives dans les réserves étaient sans emploi, tout comme 17 % de celles qui vivent dans les centres urbains de petite et de moyenne taille, 16 % de celles qui vivent dans des régions rurales hors réserve et 14 % de celles qui vivent dans les régions métropolitaines de recensement (tableau 8.15).

Tableau 8.15 Taux de chômage des femmes autochtones, selon la catégorie et le lieu de résidence, 2001

Il est toutefois important de reconnaître que le taux de chômage ne reflète pas toujours la situation complexe de l’emploi chez les Autochtones, surtout chez ceux qui vivent dans les collectivités rurales ou éloignées. Par exemple, les taux de chômage officiels ne prennent pas toujours en compte le travail qui est effectué sans rémunération. Ce genre de travail se pratique beaucoup dans de nombreuses collectivités autochtones, où l’on passe beaucoup de temps à pêcher, piéger, chasser, coudre et s’occuper des enfants d’amis et de membres de la famille. En outre, le travail saisonnier abonde dans de nombreuses collectivités autochtones.

Revenu inférieur

Le revenu des femmes autochtones au Canada est généralement assez peu élevé. En 2000, les femmes autochtones avaient un revenu médian de 12 300 $, soit environ 5 000 $ de moins que le revenu médian des femmes non autochtones cette même année, qui s’établissait à 17 300 $. Le revenu médian des femmes autochtones était aussi d’environ 3 000 $ de moins que celui des hommes autochtones, qui était de 15 500 $11 (graphique 8.17).

Graphique 8.17 Revenu médian des femmes et des hommes autochtones, selon le groupe, 2000

Tout comme pour d’autres variables, le revenu des femmes autochtones varie selon le lieu de résidence. En 2000, celles qui vivaient dans une réserve avaient le revenu médian le plus faible parmi les femmes autochtones, soit un peu moins de 11 000 $, tandis que celles qui vivaient dans les régions métropolitaines de recensement avaient le revenu médian le plus élevé, s’établissant à près de 14 000 $.

La plus forte proportion du revenu des femmes autochtones provient d’un emploi. En 2000, 68 % du revenu total des femmes autochtones provenait d’un revenu d’emploi. Cette proportion était toutefois inférieure à celle des femmes non autochtones (72 %) et des hommes autochtones (81 %).

Par contre, une proportion plus élevée du revenu des femmes autochtones provient des paiements de transfert gouvernementaux, y compris l’assurance-emploi et les allocations sociales. En 2000, 27 % du revenu total des femmes autochtones provenait de ces sources, comparativement à 16 % de celui des femmes non autochtones et des hommes autochtones.

Les femmes autochtones ont également un taux élevé de faible revenu.12 En 2000, 36 % des femmes autochtones étaient classées dans la catégorie des ménages ayant un revenu en deçà des seuils de faible revenu de Statistique Canada, soit plus du double que les femmes non autochtones, dont 17 % avaient un faible revenu cette même année. La proportion de femmes autochtones ayant un faible revenu était également supérieure à celle des hommes autochtones, soit 32 % (graphique 8.18).

Graphique 8.18 Pourcentage de femmes autochtones ayant un faible revenu, selon le groupe, 2000

Parmi les femmes autochtones, les Indiennes de l’Amérique du Nord sont les plus susceptibles d’avoir un faible revenu. En 2000, 42 % des Indiennes de l’Amérique du Nord avaient un revenu en deçà des seuils de faible revenu, comparativement à 30 % des Métisses et à 26 % des Inuites.

Vivian O’Donnell est analyste au Programme de statistiques sur les Autochtones de Statistique Canada.


Notes

  1. Les données présentées dans ce chapitre portent sur la population d’identité autochtone, c’est-à-dire les personnes qui déclarent être indiennes de l’Amérique du Nord, métisses ou inuites. Elles comprennent également les personnes qui n’ont pas déclaré faire partie d’un groupe autochtone, mais qui étaient des Indiens inscrits ou des membres d’une bande des Premières nations.
  2. Affaires indiennes et du Nord Canada, Projections de la population indienne inscrite pour le Canada et les régions, 20002021.
  3. Le taux de diabète dans l’ensemble de la population canadienne a été normalisé selon l’âge afin de tenir compte des différences entre les structures par âge de la population autochtone hors réserve et de l’ensemble de la population.
  4. Santé Canada, Le diabète dans les populations autochtones du Canada : Les Faits.
  5. Centre des Premières nations, Organisation nationale de la santé autochtone, Résultats préliminaires de l’enquête régionale longitudinale 200203 sur la santé des Premières nations : Enquête sur les adultes.
  6. Kathy AuCoin (éd.), La violence familiale au Canada : un profil statistique, 2005. Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, produit no 85-224-XIF au catalogue, juillet 2005.
  7. Les résultats de l’enquête décrivent les taux d’actes violents commis envers les personnes qui se sont identifiées elles-mêmes comme Autochtones, mais ne tiennent pas compte de l’identité des auteurs des actes violents. De plus, la présente analyse ne comprend pas les Territoires du Nord-Ouest, le Yukon ou le Nunavut, où il y a de fortes concentrations d’Autochtones. Pour mesurer la violence conjugale dans le cadre de l’Enquête sociale générale sur la victimisation, on a interrogé tous les répondants qui étaient mariés ou qui vivaient en union libre au moment de l’entrevue d’enquête, ou qui avaient été mariées ou avaient vécu en union libre dans les cinq années précédant l’enquête, ou qui avaient été en contact avec leur expartenaire durant cette période de cinq ans, selon une échelle de 10 questions. L’échelle de questions comprenait une mesure de la violence physique et sexuelle telle que définie par le Code criminel et à laquelle la police pouvait donner suite.
  8. Statistique Canada, Enquête auprès des peuples autochtones de 2001 : Bien-être de la population vivant hors réserve, produit no 89-589-XIF au catalogue, septembre 2003.
  9. Ces données sont tirées de l’Enquête auprès des jeunes en transition de 2000 de Statistique Canada et portent sur les jeunes de 18 à 20 ans.
  10. Chantal Vaillancourt, Les diplômés manitobains du postsecondaire de la promotion de 2000 : quels résultats obtiennent ils? Culture, tourisme et Centre de la statistique de l’éducation — Documents de recherche, Statistique Canada, produit no 81-595-MIF2005029 au catalogue, mai 2005.
  11. Le revenu médian pour un groupe de personnes est calculé à partir des données non arrondies pour les membres de ce groupe. Ce concept et cette méthode s’appliquent au revenu total, au revenu d’emploi, aux salaires et aux traitements, et à toute autre composante du revenu. Le revenu médian représente le milieu; autrement dit, c’est le point où le revenu de la moitié des personnes est inférieur ou supérieur à la médiane.
  12. Comprend les personnes dont le revenu est en deçà des seuils de faible revenu. Pour une définition, voir le chapitre 5. Il convient de souligner que le calcul des seuils de faible revenu ne comprend pas les personnes qui vivent dans les réserves, ainsi que celles qui habitent dans les territoires.