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par Chuck McNiven
Les données recueillies par l’entremise du programme de la statistique des sciences de la vie de Statistique Canada révèlent que le secteur de la biotechnologie est assez important au Canada si on le compare à celui de grands pays européens. Ce programme vient régulièrement en aide à d’autres pays, qui considèrent le Canada comme le chef de file de l’élaboration de statistiques sur la biotechnologie. Le présent article fait état des orientations et des défis futurs auxquels le programme fait face.
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À propos de l’auteur
Au cours de la dernière décennie, les enquêtes de Statistique Canada consacrées à la biotechnologie ont brossé un tableau clair, cohérent et comparable de ce qu’est le secteur de la biotechnologie au Canada. Une réalisation unique au monde. La biotechnologie, tout comme les technologies de l’information et des communications (TIC) et la nanotechnologie, a été qualifiée de « technologie habilitante ». Des technologies habilitantes (TIC, biotechnologie et nanotechnologie) le gouvernement fédéral a dit, dans Réaliser le potentiel des sciences et de la technologie au profit du Canada (2007), qu’elles « sous‑tendent une grande part des progrès marquants dans les sciences et technologies ». Ces progrès sont à la base même de la possibilité pour notre pays d’acquérir des avantages stratégiques sur un marché mondial concurrentiel. Ces technologies habilitantes peuvent donc avoir des répercussions sur les quatre priorités énoncées par le gouvernement : environnement, énergie, santé et sciences de la vie et TIC.
Deux de ces technologies habilitantes — biotechnologie et nanotechnologie1 — sont aussi des technologies « émergentes », c’est‑à‑dire dont les fondements scientifiques sont relativement récents et dont les retombées ne sont pas encore réalisées. Les technologies émergentes ont un certain nombre de traits communs, mais elles se prêtent avant tout à toutes sortes d’applications, et leur intégration aux systèmes de production de marché en est encore aux tout premiers stades. Elles sont censées suivre le chemin qui mène de la découverte au perfectionnement progressif et à la diffusion, à mesure qu’elles passent du laboratoire à l’usine. Toutefois, cette trajectoire est modifiée pour respecter les exigences réglementaires plus strictes qui visent tous les produits de santé humaine et toutes les formes de vie génétiquement modifiées qui doivent être libérées dans l’environnement. Les technologies en question continuent d’être élaborées activement dans les laboratoires universitaires, mais elles ont également amorcé leur virage vers le marché, avec de nouveaux produits pour le traitement de la maladie, la production de biocarburants et de nouvelles techniques d’assainissement environnemental pour diverses activités traditionnelles du secteur des ressources.
Le programme de la statistique des sciences de la vie de Statistique Canada, qui s’appuie sur l’Enquête sur les technologies émergentes, n’est plus axé uniquement sur la biotechnologie et mesure maintenant les activités scientifiques et leur mouvement vers le marché pour les secteurs prioritaires, par des statistiques sur la biotechnologie, la nanotechnologie, les bioproduits et les aliments fonctionnels ainsi que les produits de santé naturels. Cette évolution permet de comprendre l’état actuel du secteur et de ses technologies. Toutefois, si les enquêtes se poursuivent, on pourra aussi commencer à tracer la trajectoire du développement des technologies émergentes au Canada et à déterminer l’incidence des politiques gouvernementales sur les entreprises en question. En livrant à intervalles réguliers des instantanés cohérents du secteur de la biotechnologie et des autres technologies, les enquêtes sur les sciences de la vie de Statistique Canada constituent un important moyen de mesurer, au fil du temps, les répercussions qui se produisent. Par l’Enquête sur les technologies émergentes, on s’est donné la possibilité de produire des statistiques semblables sur les entreprises œuvrant dans les domaines des bioproduits, des aliments fonctionnels et des nanotechnologies.
Les données ont été utilisées dans une gamme variée de contextes, par des partenaires des secteurs public, privé et universitaire. Les chercheurs des milieux universitaires comptent sur les bases de données et les connaissances du personnel de Statistique Canada dans le domaine de la biotechnologie, aux fins de leurs travaux de recherche.
La biotechnologie est une importante technologie de transformation, et certaines applications en biotechnologie, existantes ou possibles, soulèvent à juste titre de sérieuses questions dans la population. Les choix en matière de politique publique sont alors plus difficiles à effectuer et à faire accepter. Les appuis politiques varient selon les administrations. Parallèlement, comme en témoignent le nombre d’entreprises actives et le degré d’investissement en recherche et développement (R‑D), la biotechnologie ne cesse de progresser et se répand dans l’économie. Il faut donc surveiller le mouvement. La biotechnologie enrichit notre connaissance des organismes vivants et permet de transformer les processus actuels mais, plus important encore, de remplacer les intrants par la biomasse, une ressource renouvelable, qui peut aussi avoir une perspective de durabilité.
Les nouveaux produits et l’innovation des procédés résultant du passage progressif à la biomasse peuvent avoir de grands effets de substitution sur l’économie. Comme on l’a souvent observé, de tels effets causent des pertes d’emplois et de capitaux dans certains secteurs, alors que, dans d’autres, il peut y avoir création d’emplois et formation de capital. Ces effets doivent être surveillés si les pays veulent réduire les pertes au minimum et maximiser les gains pour la population. Une raison de taille pour surveiller cette évolution est la nécessité de réduire le plus possible les coûts associés à ce changement.
D’autres pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sont en voie de se doter de programmes de statistiques sur la biotechnologie, et on dispose maintenant de certaines données se prêtant à des comparaisons entre pays.
Le tableau 1 montre que le secteur de la biotechnologie est assez important au Canada si on le compare à celui de grands pays européens comme la France et l’Allemagne. Il montre aussi que le secteur canadien de la biotechnologie se caractérise par une intensité relative de ses activités de R‑D, le rapport entre les ventes et la R‑D étant le plus faible parmi tous les pays de l’OCDE, sauf l’Allemagne. Quant aux États‑Unis et à la France, ils présentent des valeurs supérieures pour ce qui est des ventes par unité de R‑D.
Tableau 1
Statistiques de base sur la biotechnologie dans certains pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), 2003
Statistique Canada a eu une présence très active sur la scène internationale, par exemple, en présidant les groupes spéciaux de l’OCDE chargés des statistiques sur la biotechnologie et la nanotechnologie et en dirigeant les travaux d’élaboration de statistiques internationalement comparables dans ce domaine, ainsi que les travaux de développement consacrés aux bioproduits et à la nanotechnologie. Le programme de statistiques sur la biotechnologie de Statistique Canada vient régulièrement en aide à d’autres pays, qui considèrent le Canada comme le chef de file dans ce secteur.
Par le passé, le programme de la statistique des sciences de la vie de Statistique Canada était uniquement financé par le Secrétariat canadien de la biotechnologie, organe de coordination aujourd’hui disparu. Agriculture et Agroalimentaire Canada continue d’appuyer les travaux relatifs aux bioproduits et aux aliments fonctionnels. Pour pouvoir continuer de produire des statistiques sur la biotechnologie et la nanotechnologie, Statistique Canada est à la recherche d’autres sources de financement.ORGANISATION DE COOPÉRATION ET DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUES (OCDE). 2006. Biotechnology Statistics. p.41–43.
GOUVERNEMENT DU CANADA. 2007. Réaliser le potentiel des sciences et de la technologie au profit du Canada. Ottawa.
Adapté du document de travail « Résultats choisis de l’Enquête sur l’utilisation et le développement de la biotechnologie de 2005 », par Charlene Lonmo et Chuck McNiven.
Chuck McNiven travaille dans la Division des sciences, de l’innovation et de l’information électronique (DSIIE) à Statistique Canada. Pour de plus amples renseignements communiquez avec la DSIIE au dsiieinfo@statcan.gc.ca.