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    Série de profils du Centre canadien de la statistique juridique

    La victimisation multiple au Canada, 2004

    Introduction

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    Une bonne partie des incidents de victimisation qui se produisent sont vécus par un nombre relativement faible de personnes qui sont victimes de multiples incidents. Selon les données de l'Enquête sociale générale (ESG) de 2004 sur la victimisation, un peu plus de 10 % des personnes de 15 ans et plus avaient été victimes de plus d'un crime au cours des 12 mois précédant l'enquête, mais elles avaient subi 60 % de tous les incidents criminels. Lorsque l'on ne tient compte que des crimes violents, on observe que 2 % de la population avaient subi 60 % des incidents de victimisation avec violence déclarés dans le cadre de l'ESG.

    Comme une faible proportion de personnes et de ménages font face à une part importante des crimes, le fait de connaître les caractéristiques augmentant le risque d'être victime d'un crime permettrait une meilleure efficacité des mesures de prévention du crime, et peut-être prévenir des incidents de victimisation subséquents.

    Encadré 1
    Distinction entre la victimisation multiple et la victimisation répétée

    La victimisation multiple et la victimisation répétée ont fait l'objet de plusieurs recherches et sont parfois définies de façon différente. À plusieurs occasions, ces deux termes ont été interchangés et définis de la même façon (Farrell et Pease, 1993). Or, la victimisation répétée peut signifier une expérience quelque peu différente. De façon générale, la victimisation multiple s'applique aux personnes qui ont été victimes d'un crime à plus d'une occasion au cours d'une période donnée (DeValve, 2004). La victimisation multiple peut aussi être considérée comme répétée lorsqu'une personne est victime à plusieurs reprises du même type de crime commis par le même agresseur, et où les circonstances des incidents sont semblables (Outlaw, Ruback et Britt, 2002).

    Bien que la victimisation répétée puisse avoir des caractéristiques et des conséquences différentes de la victimisation multiple non répétée, la faible fréquence de la victimisation répétée en rend l'analyse difficile. Pour cette raison, la victimisation répétée sera incluse dans la victimisation multiple aux fins de cette étude.

    À l'aide des données de l'ESG de 2004 sur la victimisation, on examine dans le présent profil la prévalence de la victimisation multiple ainsi que les facteurs sociodémographiques qui pourraient accroître le risque pour les personnes d'être l'objet de victimisation multiple.

    Dans le cadre de cette analyse, on fait la distinction entre les victimisations avec violence à l'endroit des personnes (sauf la violence conjugale) et les crimes contre les ménages, lesquels sont de nature non violente et dirigés contre les biens. Ainsi, dans l'analyse des victimisations multiples avec violence, seules les victimes de multiples crimes violents sont étudiées. En outre, l'analyse d'un type de crime précis portera sur les personnes qui ont été victimes de ce crime précis plus d'une fois. Autrement, la victimisation multiple comprendra toute personne ayant été victime d'un crime à plusieurs reprises durant les 12 mois précédant l'enquête, les crimes en question pouvant être n'importe lesquels des crimes visés par l'enquête.

    Ce profil présente une analyse comparative des personnes qui ont été victimes de plus d'un crime et des personnes ayant été victimes d'un seul crime au cours des 12 mois précédant la tenue de l'enquête. On y compare aussi les personnes qui ont été victimes d'un acte criminel à celles qui n'ont jamais été victimisées. Enfin, on examine les différences dans leurs perceptions de la criminalité, des désordres sociaux et du rendement de la police ainsi que leur crainte face à la criminalité.

    Parmi les Canadiens qui ont indiqué avoir été victimes d'un crime au cours de l'année précédant l'ESG de 2004, 38 % ont dit l'avoir été à plus d'une reprise. Il s'agit d'un résultat similaire à ce qui avait été observé lors du cycle précédent sur la victimisation en 1999. Chez les Canadiens qui ont dit avoir été victimisés à plus d'une occasion, la moitié l'ont été deux fois, alors que l'autre moitié l'ont été trois fois ou plus.

    La recherche effectuée à ce jour démontre que les personnes ne présentent pas toutes le même risque d'être victimes d'un crime. En effet, certains groupes démographiques ont un risque plus élevé d'être victimisés. La première partie de ce rapport comprend une analyse de ces caractéristiques sociodémographiques qui sont liées à un plus grand risque de victimisation multiple avec violence.

    De même, certaines caractéristiques des ménages augmentent leur risque d'être la cible d'un crime contre les ménages. Par exemple, les crimes contre les biens (c.-à-d. les crimes perpétrés contre les ménages) tels que les introductions par effraction, les vols de véhicules à moteur, le vandalisme et les vols de biens personnels sont associés à l'attrait du ménage ou de la propriété aux yeux du contrevenant. C'est ce dont il sera également question dans ce profil.

    Encadré 2
    Types d'infractions

    L'Enquête sociale générale (ESG) de 2004 a permis de mesurer l'étendue de la victimisation criminelle en examinant trois types de crimes violents, le vol de biens personnels et quatre types de crimes contre les biens du ménage, selon leurs définitions dans le Code criminel.

    Lorsqu'un incident comprenait plus d'un type de crime, il était classé en fonction de l'infraction la plus grave. Le classement des infractions, de la plus grave à la moins grave, est le suivant : agression sexuelle, vol qualifié, voies de fait, introduction par effraction, vol de véhicules à moteur ou de leurs pièces, vol de biens personnels, vol de biens du ménage et vandalisme.

    Infractions violentes 

    Agression sexuelle : Activité sexuelle forcée, tentative d'activité sexuelle forcée, attouchements sexuels non désirés ou le fait d'être empoigné(e) ou caressé(e) contre son gré.
    Vol qualifié : Vol ou tentative de vol lorsque le contrevenant est armé ou lorsqu'il y a des actes de violence ou des menaces de violence contre la victime.
    Voies de fait : Attaque (victime frappée, giflée, empoignée, envoyée par terre ou battue), menace de préjudice physique proférée face à face ou incident dans lequel une arme est présente.

    Infractions non violentes 

    Vol de biens personnels : Vol ou tentative de vol de biens personnels comme de l'argent, des cartes de crédit, des vêtements, des bijoux, un sac à main ou un portefeuille (contrairement au vol qualifié, l'auteur ne confronte pas sa victime).

    Infractions contre les ménages 

    Introduction par effraction : Introduction illégale ou tentative d'introduction illégale dans une résidence ou un autre édifice sur le terrain de la victime.
    Vol de véhicules à moteur ou de leurs pièces : Vol ou tentative de vol d'une voiture, d'un camion, d'une fourgonnette, d'une motocyclette, d'un cyclomoteur ou d'un autre véhicule ou de pièces d'un véhicule à moteur.
    Vol de biens du ménage : Vol ou tentative de vol de biens appartenant au ménage comme de la boisson, des bicyclettes, des appareils électroniques, des outils ou des appareils ménagers.
    Vandalisme : Endommagement intentionnel de biens personnels ou du ménage, vol ou tentative de vol de biens personnels comme de l'argent, des cartes de crédit, des vêtements, des bijoux, un sac à main ou un portefeuille (contrairement au vol qualifié, l'auteur ne confronte pas sa victime).

    Le tiers des victimes d'infractions violentes et le quart des victimes de crimes contre les biens sont des victimes de multiples incidents1, 2

    Parmi les 5 % de Canadiens ayant déclaré avoir été victimes d'un crime violent au cours de l'année précédant la tenue de l'enquête, le tiers (33 %) ont indiqué avoir subi plus d'un incident violent durant cette période. Quant aux 19 % de Canadiens qui ont été victimes d'un crime contre les biens, pour le quart d'entre eux, leur ménage avait été victimisé à deux reprises ou plus (tableau 1).

    Tableau 1 Types de crimes vécus par les victimes, 2004


    Notes

    1. Sauf indication contraire, les différences indiquées dans le présent profil sont statistiquement significatives. Voir la section « Méthodes » pour obtenir plus de renseignements.
    2. Les incidents d'agression sexuelle et de voies de fait perpétrés par le conjoint, le conjoint de fait, l'ex-conjoint ou l'ex-conjoint de fait sont exclus de l'analyse.
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