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Conclusion

La violence à l’endroit des femmes touche tous les groupes de la société canadienne. Elle se produit en public, dans la famille et entre partenaires intimes, et elle peut frapper les femmes à n’importe quelle étape de leur vie. Il s’agit un problème complexe qui est lié à l’égalité des femmes dans la société. L’origine ethnique, la culture, l’âge, le type de relation et la situation économique peuvent tous influer sur le taux et les conséquences de la violence faite aux femmes.

Dans le présent document, les indicateurs statistiques permettent de brosser un tableau partiel des situations de violence que vivent les femmes. Depuis la diffusion du rapport sur les indicateurs de 2002, des progrès importants ont été réalisés dans la collecte de données sur les femmes autochtones et les femmes dans les territoires nordiques, sur le harcèlement criminel, sur les peines imposées, sur la disponibilité des services aux victimes et sur l’utilisation de ces services par les victimes. Toutefois, les données comportent encore des lacunes qui doivent être comblées si l’on veut obtenir un tableau complet de la nature, de l’étendue et des conséquences de la violence faite aux femmes. Il nous faut des données plus détaillées sur :

  • divers groupes de femmes dans la population, comme les femmes appartenant à une minorité visible, les femmes immigrantes, les femmes autochtones, les femmes du Nord et les femmes sans abri;
  • les victimes d’agression sexuelle;
  • les auteurs de la violence;
  • les attitudes et les perceptions de la violence chez les Canadiens;
  • les coûts économiques de la violence;
  • d’autres formes de violence, comme le trafic de personnes.

L’ensemble d’indicateurs statistiques utilisés dans le présent rapport a permis de traiter les principales préoccupations en matière de violence faite aux femmes, incluant la gravité et l’étendue de la violence, ses conséquences, les facteurs de risque, les interventions institutionnelles et communautaires, et l’utilisation des services par les victimes.

Pour ce qui est de la gravité et de l’étendue, ces données indiquent que les femmes sont plus susceptibles que les hommes d’être victimes des formes d’agression entre conjoints les plus graves, ainsi que d’un homicide, d’une agression sexuelle et de harcèlement criminel. Après avoir signalé une baisse de la fréquence des agressions contre les conjointes pendant les années 1990, les enquêtes ne révèlent aucun changement depuis 1999. La dernière décennie a été marquée par un recul général du nombre d’homicides entre conjoints. Cette tendance à la baisse peut être attribuée en partie aux interventions institutionnelles et communautaires, à une diminution de la tolérance à l’égard de la violence faite aux femmes et à des améliorations de la situation socioéconomique des femmes.

D’autres données sont requises pour qu’on puisse déterminer si le recul de la violence envers les femmes s’applique à tous les sous-groupes de la population et si les mesures d’intervention ont porté fruit.

Les gouvernements et les collectivités ont réagi à la violence en mettant sur pied des maisons d’hébergement, et en organisant des programmes de traitement pour les agresseurs, des tribunaux spécialisés en violence familiale et d’autres services aux victimes. Les enquêtes sur la victimisation laissent entendre que le pourcentage d’incidents de violence conjugale signalés à la police s’est accru depuis 1993, quoiqu’il se soit stabilisé entre 1999 et 2004. Une tendance semblable a été observée pour ce qui est du nombre de victimes qui s’adressent à d’autres organismes de services. Les données sur les organismes de services aux victimes révèlent que les deux tiers des clients qu’ils servent sont des femmes victimes d’agression sexuelle, de violence conjugale ou de harcèlement aux mains d’un partenaire. Ces données donnent un aperçu non seulement des conséquences de la violence pour les personnes, mais aussi des coûts directs et indirects pour la société.

Les facteurs de risque montrent que les jeunes femmes sont tout particulièrement vulnérables au harcèlement criminel, à l’agression sexuelle et à l’homicide entre conjoints. L’un des plus importants facteurs de risque pour la violence physique ou sexuelle à l’endroit des femmes dans des relations est la présence de violence psychologique. Ce type de violence, notamment la jalousie, un comportement dominateur, le rabaissement et l’exploitation financière, constitue un prédicteur sensiblement plus solide de la violence à l’endroit des femmes dans des relations que l’abus d’alcool, le revenu ou le niveau de scolarité. Les femmes vivant en union libre sont plus à risque d’agression et d’homicide aux mains de leur partenaire que ne le sont les femmes mariées. Dans le cas des femmes dans des relations de violence, la séparation peut également accroître le risque de violence et provoquer un homicide.

Enfin, la violence faite aux femmes nous touche toutes et tous, que ce soit directement ou indirectement. Il importe de recueillir et d’analyser des données statistiques fiables sur une base régulière pour surveiller l’étendue, les facteurs de risque et les conséquences intergénérationnelles de la violence. Des données comme ces indicateurs se veulent un outil utile dont pourront se servir tous les ordres de gouvernement et les groupes non gouvernementaux pour suivre les changements au fil du temps, mettre en lumière de nouvelles questions, et élaborer des mesures législatives, des politiques et des programmes visant à prévenir la violence et à aider les victimes.


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Date de modification : 2006-10-12 Avis importants
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