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Taux de renvoi devant les tribunauxUne section précédente du présent document portait sur la fréquence des infractions présumées commises par les membres de la cohorte — c’est-à-dire le nombre total d’affaires pour lesquelles ils ont comparu en cour. Dans la présente section, il est question de l’intensité ou du taux d’infractions présumées — à savoir le nombre d’affaires portées devant un tribunal au cours d’une période fixe. Cet indicateur est désigné par la lettre grecque λ (lambda) dans les études sur les carrières criminelles. Diverses définitions et formules correspondantes de λ ont été utilisées (voir un survol dans Piquero et coll., 2003). Une définition simple et communément utilisée de λ par âge pour une personne donnée est le nombre d’affaires criminelles auxquelles elle a été mêlée au cours d’une année d’âge donnée. Ainsi, λa est défini comme le taux annuel d’infractions d’un contrevenant à l’âge a, qui équivaut à oa, le nombre d’affaires mettant en cause le contrevenant à l’âge a. Pour une population de contrevenants, la valeur (moyenne) de λ par âge est le nombre total d’affaires mettant en cause les membres de la population à un âge donné, divisé par le nombre de membres « actifs », c’est-à-dire les membres qui ont été mêlés à au moins une affaire à cet âge. Par exemple, la moyenne de la population λ12 est représentée par Σλ12/k12, où k12 est le nombre de contrevenants qui ont commis au moins une infraction à l’âge de 12 ans (c’est-à-dire pour qui λ12 > 0). Cette formule équivaut à Σo12/k12, soit le nombre total d’affaires mettant en cause des personnes de 12 ans divisé par le nombre de ces contrevenants (Cohen, 1986, p. 295). La figure 16 montre les taux moyens d’infractions par âge et par sexe de la cohorte1. Il y a peu de différence entre le taux d’infractions des garçons et celui des filles à la plupart des âges et entre les modèles de variation selon l’âge. Le taux est à son maximum à 15 ans chez les garçons (2,0 affaires) et à 14 ans chez les filles (1,7 affaire), puis il diminue lentement et s’établit à 1,6 affaire chez les garçons et à 1,4 affaires chez les filles à l’âge de 21 ans. On observe le même scénario chez les garçons quand les infractions par âge sont limitées aux affaires substantielles2 (figure 17)3, alors que, chez les filles, le taux d’infractions substantielles varie peu selon l’âge. Figure 16. Nombre annuel moyen d’affaires impliquant des contrevenants actifs (λ), selon le sexe et l’âge au moment de l’affaire Figure 17. Nombre annuel moyen d’affaires substantielles impliquant des contrevenants actifs (λ), selon le sexe et l’âge au moment de l’affaire La figure 18 montre les taux d’infractions par âge pour quatre types d’affaire4. Les dénominateurs servant à calculer le nombre moyen d’affaires à chaque âge sont le nombre de contrevenants de chaque âge qui ont été mêlés à au moins une affaire de ce type. Par exemple, le taux moyen d’affaires de crime contre la personne pour les contrevenants de 12 ans est de 1,2, d’après les 529 contrevenants de 12 ans qui ont comparu en cour relativement à des affaires d’infraction présumée contre la personne. Aucun modèle apparent lié à l’âge ne ressort des taux de perpétration d’infractions contre la personne et d’autres infractions, mais l’intensité de la perpétration des infractions contre les biens atteint un sommet à l’âge de 16 ans, puis elle décroît. De plus, le taux d’infractions administratives atteint un maximum à l’âge de 14 ans, puis il diminue à mesure qu’augmente l’âge. Figure 18. Nombre annuel moyen d’affaires impliquant des contrevenants actifs (λ), selon le type d’affaire et l’âge au moment de l’affaire La figure 19 montre les taux moyens d’infractions par âge des contrevenants dont la carrière devant les tribunaux a commencé à différents âges. Pour chaque groupe ayant un âge de début particulier, cette année d’âge est omise de la représentation graphique. La raison en est que le taux d’infractions est artificiellement bas pour l’année de début parce que, en moyenne, il n’y a qu’une demi-année pour la perpétration des infractions. Deux scénarios se dégagent. Premièrement, le taux annuel moyen d’infractions de chaque groupe d’âge est plus élevé chez les contrevenants qui ont commencé plus tôt leur carrière devant les tribunaux. Par exemple, les taux moyens d’infractions à l’âge de 18 ans chez les contrevenants dont l’âge de début est 12, 13, 14 et 15 ans sont de 3,0, de 2,6, de 2,4 et de 2,2 affaires par année, respectivement. Deuxièmement, dans chaque groupe de contrevenants dont l’âge de début est le même, le taux annuel moyen d’infractions est à son plus élevé au début de la carrière, puis il décroît lentement à mesure qu’augmente l’âge. Par exemple, dans le cas des contrevenants qui ont comparu en cour pour la première fois à 13 ans, la période d’activité de pointe survient à 14 et 15 ans, alors qu’ils ont été mêlés en moyenne à 2,8 affaires par an. Par la suite, leur activité annuelle diminue lentement et tombe à 2,2 affaires en moyenne à l’âge de 20 et de 21 ans. Figure 19. Nombre annuel moyen d’affaires impliquant des contrevenants actifs (λ), selon l’âge au moment de l’affaire et l’âge au moment de la première affaire renvoyée (âge de début)
Notes1. La valeur minimale de l’axe des y est de 1, puisque chaque contrevenant doit être mêlé à au moins une affaire renvoyée à la cour à un âge donné pour être considéré comme « actif ». Les répartitions selon le sexe et la province figurent au tableau A13. 2. Les « affaires substantielles » sont définies comme des affaires donnant lieu à au moins une accusation substantielle. La section des méthodes contient la classification des infractions en infractions substantielles ou de nature administrative. 3. Les répartitions selon le sexe et la province figurent au tableau A14. 4. Les répartitions selon le sexe figurent au tableau A15. Voir au tableau 16 la classification des affaires en fonction de ces quatre groupes.
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