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Limites et recherche future
Le lecteur doit être conscient des limites possibles de la source de données ainsi que des mesures utilisées dans cette analyse. L’étude est fondée sur des données déclarées par la police; par conséquent, la nature et l’étendue de la criminalité sont présentées dans une perspective particulière. Beaucoup de facteurs peuvent influer sur le taux de crimes déclarés à la police, dont la volonté de la population de signaler les crimes à la police, la déclaration des affaires par la police au Programme déclaration uniforme de la criminalité et les modifications aux lois, aux politiques et aux pratiques de mise en application.
Il existe dans le domaine de la criminologie beaucoup d’ouvrages de recherche traitant des nombreux facteurs associés aux comportements délictueux, incluant les conditions socioéconomiques, le contrôle social, le niveau de scolarité et l’attachement à l’école, les possibilités, les habitudes et diverses caractéristiques personnelles (p. ex. pertes de maîtrise de soi, piètre estime de soi, troubles d’apprentissage). Les modèles statistiques sont limités dans le sens où ils ne permettent pas d’examiner l’importance de nombreux changements sociodémographiques dans la société canadienne qui ne sont pas disponibles dans une série de données statistiques chronologiques. Par conséquent, ces modèles doivent être perçus comme une exploration au macroniveau des tendances de la criminalité au Canada qui ne peut tenir compte ni des éléments psychosociaux qui jouent un rôle crucial dans les décisions personnelles de se livrer à des activités criminelles (Devine, Sheley et Smith, 1988), ni des caractéristiques des quartiers qui, selon les études, sont corrélées avec les tendances de la criminalité de zones locales (Fitzgerald et coll., 2004). Il faudrait effectuer d’autres recherches pour décomposer la relation entre le concept macroéconomique de l’inflation et les divers facteurs liés à la collectivité et à l’individu qui sont associés à la décision que prend une personne de s’adonner à la criminalité.
En outre, l’analyse quantitative ne peut tenir compte de tous les facteurs pouvant influer sur la criminalité, étant donné les limites liées à la disponibilité des données et les défis liés à leur quantification. Toute analyse de l’évolution des taux de criminalité doit prendre en compte d’autres facteurs locaux, comme les programmes de prévention de la criminalité et de la violence dans les écoles et les communautés, les programmes de traitement de l’alcoolisme et de la toxicomanie, les activités de prévention orientées vers les jeunes et les familles dont les besoins sont importants et les programmes de traitement et de réadaptation des délinquants.
Cette étude soulève également un certain nombre d’autres questions importantes qui pourraient faire l’objet de recherches futures. Un réexamen des modèles de la criminalité dans 5 à 10 ans, lorsqu’on disposera de plus amples données sur une longue période (pourcentage de familles monoparentales, pourcentage de familles touchant des prestations d’assurance-emploi, etc.), permettrait de mieux comprendre quelles caractéristiques sociodémographiques influent sur les taux de criminalité dans le temps. De même, une exploration plus approfondie des tendances provinciales donnerait une idée des facteurs qui influent sur la criminalité aux échelons provincial, régional et local, et permettrait de déterminer comment ces facteurs peuvent différer des résultats obtenus à l’échelon national.
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