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ContexteLes Canadiens ont été témoins d'un recul sans précédent des taux de criminalité tout au long des années 1990. Les taux d'actes criminels signalés à la police ont chuté de 26 % entre 1991 et 2000, soit de 2 % par année en moyenne (tableau A1). Les taux de crimes contre les biens ont reculé de 34 % au cours de cette période de neuf ans et ceux des autres infractions au Code criminel, de 17 %. Le recul des crimes avec violence s'est amorcé en 1993, soit deux ans après le repli observé pour les infractions contre les biens. Entre 1993 et 2000, les taux de crimes avec violence ont fléchi de 9 %. Ces baisses se sont produites après une augmentation assez régulière de la criminalité entre 1962 et le début des années 1990. La diminution des taux de criminalité durant les années 1990 correspond à une tendance semblable aux États-Unis (Gannon, 2001). Dans ce pays, on a beaucoup débattu les causes de cette tendance à la baisse. Les explications ont gravité autour des changements de la structure par âge de la population; de l'évolution de la situation économique; des changements apportés aux pratiques policières (interventions plus énergiques et évolution vers des services de police communautaire); de l'augmentation du nombre de policiers; du recours accru à l'incarcération; de l'évolution radicale du marché des drogues et des nouvelles valeurs sociales (Eck et Maguire, 2000; Fox, 2000; Johnson et coll., 2000; LaFree, 1999; Markowitz, 2000; Rosenfeld, 2000; Spelman, 2000). La présente étude a pour objet d'éclairer les discussions et d'accroître les connaissances des tendances de la criminalité au Canada en testant certaines de ces théories au moyen de techniques de modélisation statistique. Structure du rapportLe rapport comprend cinq parties. La première décrit les tendances de la criminalité entre 1962 et 2003 en s'attardant particulièrement à la tendance à la baisse observée pendant les années 1990. La deuxième partie donne un aperçu des changements touchant les politiques et la société qui sont susceptibles d'avoir influé sur les taux de criminalité au Canada. Dans la troisième section, on examine les régions qui n'ont pas connu de baisse particulièrement l'Ouest canadien et le Nord. La quatrième présente une analyse des corrélations bidimensionnelles et une analyse de séries chronologiques afin d'évaluer la relation entre les tendances observées pour certaines infractions (vol de véhicules à moteur, introduction par effraction, vol qualifié et homicide) et un certain nombre de tendances sociodémographiques et économiques. Cette section inclut une description des méthodes, des variables et des sources de données utilisées ainsi que des résultats des analyses. Enfin, le rapport se termine par une discussion des limites et de leurs conséquences en ce qui touche la recherche future. |
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