La violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents de 15 à 17 ans au Canada, 2009 à 2022

par Danielle Sutton et Marta Burczycka

Début de l'encadré

Faits saillants

  • Selon les données autodéclarées tirées de l’Enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés de 2018, plus de 4 adolescents sur 10 (45 %) ont été victimes de violence dans le cadre de fréquentations depuis l’âge de 15 ans. La violence autodéclarée dans le cadre de fréquentations comprend des actes criminels comme la violence physique et sexuelle, ainsi que des actes qui peuvent ne pas être considérés comme criminels (p. ex. la violence psychologique), mais qui peuvent avoir des conséquences dévastatrices pour les victimes.
  • Les expériences de violence psychologique étaient la forme de violence la plus répandue chez les adolescents de 15 à 17 ans (45 %). Chez les adolescents victimes de violence dans le cadre de fréquentations, tous avaient subi de la violence psychologique, seule ou en combinaison avec d’autres formes de violence.
  • Dans l’ensemble, 1 adolescent sur 10 (10 %) a déclaré avoir été victime de violence physique aux mains d’un partenaire amoureux depuis l’âge de 15 ans.
  • Chez les adolescentes en particulier, 7 % ont été victimes de violence sexuelle de la part d’un partenaire amoureux, y compris le fait d’avoir été forcées de se livrer à des actes sexuels contre leur gré (7 %) et d’avoir été forcées d’avoir des relations sexuelles (ou d’être avec un partenaire qui avait tenté de les y forcer) (5 %).
  • Selon les données policières, de 2009 à 2022, au Canada, 41 057 adolescents de 15 à 17 ans ont été victimes de violence dans le cadre de fréquentations, définie comme toute forme de crime violent commis contre un adolescent (âgé de 15 à 17 ans) dont l’auteur présumé était un partenaire intime, actuel ou ancien, autre qu’un conjoint.
  • Au cours de la période allant de 2009 à 2022, le taux moyen s’est établi à 239 victimes de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents pour 100 000 personnes. Après une période de baisse observée de 2009 à 2014 (-22 %), les taux de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents ont augmenté de 33 % depuis 2015; des hausses semblables ont été enregistrées chez les filles et chez les garçons.
  • En 2022, le taux de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents était environ neuf fois plus élevé chez les filles (500 victimes pour 100 000 personnes) que chez les garçons (57).
  • Selon les données policières, dans les provinces, en 2022, le taux le plus élevé de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents a été enregistré en Saskatchewan (627 victimes pour 100 000 personnes); venaient ensuite le Manitoba (574) et le Nouveau-Brunswick (424).
  • En 2022, le taux global d’affaires de violence dans le cadre de fréquentations déclarées par la police contre des victimes de 15 à 17 ans était deux fois plus élevé dans les régions rurales que dans les régions urbaines (478 affaires par rapport à 241 affaires pour 100 000 personnes), principalement en raison de la violence déclarée par la police dans les régions rurales du Nord (1 154 affaires pour 100 000 personnes).
  • Les victimes de 15 à 17 ans affichaient un taux plus élevé (60 victimes pour 100 000 personnes) de violence sexuelle dans le cadre de fréquentations que pour d’autres formes de violence (p. ex. les voies de fait ou le harcèlement criminel), et ce taux était supérieur à celui observé chez les victimes de 18 à 24 ans (43) et chez celles de 25 ans et plus (9). À l’instar de toutes les formes de violence sexuelle en général, la violence sexuelle dans le cadre de fréquentations chez les adolescents touche les filles de façon disproportionnée (116 filles par rapport à 5 garçons).
  • Selon les données déclarées par la police, en 2022, 4 affaires sur 10 (39 %) de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents contre des victimes de 15 à 17 ans n’ont pas été classées, ce qui signifie que l’affaire faisait toujours l’objet d’une enquête, que la preuve était insuffisante pour procéder à une mise en accusation ou que le plaignant refusait de collaborer (l’auteur présumé n’avait pas été identifié). Parmi les affaires qui ont été classées, la plupart (83 %) l’ont été par le dépôt ou la recommandation d’une accusation. Cependant, les accusations étaient plus fréquentes lorsque la victime était une fille que lorsqu’il s’agissait d’un garçon.

Fin de l'encadré

La violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents est un problème criant au Canada, mais il y a peu de données nationales sur sa portée et ses caractéristiques connexes. La violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents renvoie généralement à la violence physique, sexuelle ou psychologique, y compris le fait d’être traqué, subie dans le cadre de relations amoureuses ou sexuelles à l’adolescence (voir l’encadré 1 pour consulter les définitions utilisées dans le présent article) (Exner-Cortens et autres, 2021; Niolon et autres, 2015; Tomaszewska et Schuster, 2021; Vagi et autres, 2015; Zweig et autres, 2014). Ces comportements peuvent se produire en personne entre partenaires amoureux ou encore par voie électronique et en ligne, ce qu’on appelle souvent des actes d’agression liés aux cyberfréquentations, ou de violence commise au moyen de la technologie (Exner-Cortens et autres, 2021; Tomaszewska et Schuster, 2021). À l’instar de la violence entre partenaires intimes en général, la violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents pourrait consister en un seul épisode de violence ou, comme c’est le cas le plus souvent, comporter des formes répétées de violence au fil du temps (Cotter, 2021).

Les données de l’Enquête sur les comportements de santé des jeunes d’âge scolaire de 2017-2018 ont montré que, chez les adolescents canadiens en 9e et en 10e année qui avaient eu des fréquentations amoureuses, plus de 1 sur 3 avait été la victime ou l’auteur de violence dans le cadre de ces fréquentations au cours de l’année précédente (Exner-Cortens et autres, 2021; gouvernement du Canada, 2022). De même, des études menées aux États-Unis ont révélé que de 9 % à 35 % des jeunes sondés ont été victimes de violence dans le cadre de fréquentations (Banyard et Cross, 2008; Children’s Safety Network, 2012; Exner-Cortens et autres, 2013; Vagi et autres, 2015). Les proportions varient en fonction des facteurs suivants : la période étudiée, à savoir la relation amoureuse actuelle ou l’ensemble des relations antérieures, le type de violence mesuré et le moment de la violence, à savoir au cours de la vie ou de l’année précédente.

De façon générale, la violence entre partenaires intimes touche de façon disproportionnée les femmes et les filles. Or, certaines recherches ont montré que, chez les adolescents, des proportions semblables de filles et de garçons ont déclaré avoir été victimes de violence (non sexuelle) dans le cadre de fréquentations (Banyard et Cross, 2008; Eisner, 2021; Exner-Cortens et autres, 2021; Jouriles et autres, 2017; Wincentak et autres, 2017). Bien qu’il existe des similitudes dans la proportion globale de garçons et de filles qui déclarent avoir été victimes de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents, la fréquence et la gravité de la violence sont souvent plus élevées chez les filles (Eisner, 2021; Hamby et Turner, 2013; Jouriles et autres, 2017; Niolon et autres, 2015).

Malgré certaines similitudes entre les garçons et les filles, la violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents continue de toucher de façon disproportionnée les adolescents de minorités sexuelles ou de genre par rapport à leurs homologues hétérosexuels et cisgenres (Basile et autres, 2020; Exner-Cortens et autres, 2021; Whitton et autres, 2019). Le risque accru de violence chez les minorités sexuelles et de genre s’explique par des facteurs structurels (p. ex. les préjugés, la discrimination, le harcèlement, un soutien communautaire et familial moindre) qui augmentent le risque de résultats défavorables sur le plan social et de la santé, y compris la violence entre partenaires intimes (Whitton et autres, 2019).

L’adolescence est une période clé du développement de l’identité au cours de laquelle les jeunes acquièrent les connaissances et les compétences nécessaires pour établir des relations saines, tout en subissant d’importants changements physiques, cognitifs, émotionnels et sociaux (Kowalova et Cason, 2017). Par conséquent, les effets négatifs associés à la violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents peuvent être lourds de conséquences et durer longtemps. Par exemple, en ce qui concerne les conséquences permanentes, des recherches indiquent que les adolescents qui ont été victimes de violence dans le cadre de fréquentations sont plus susceptibles de subir de la violence dans leurs fréquentations à l’âge adulte, d’afficher des niveaux élevés de dépression, de faire des tentatives de suicide, d’avoir des problèmes de santé mentale, et de faire une consommation abusive de drogues et d’alcool à l’âge adulte (Banyard et Cross, 2008; Children’s Safety Network, 2012; Exner-Cortens et autres, 2021; Exner-Cortens et autres, 2013; Hébert et autres, 2017; Parker et Bradshaw, 2015; Vagi et autres, 2015). La forte proportion d’adolescents victimes de différentes formes de violence dans le cadre de fréquentations, conjuguée aux résultats défavorables connus, met en évidence la nécessité d’effectuer une analyse de la prévalence et des caractéristiques globales de ce type de violence au Canada.

Fondé sur les données autodéclarées et les données déclarées par la police, le présent article de Juristat traite des expériences de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents de 15 à 17 ans au Canada. Dans la section 1, les données autodéclarées tirées de l’Enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés (ESEPP) de 2018 sont utilisées pour examiner la fréquence et la gravité de cette violence, ses facteurs corrélés ainsi que ses répercussions. Dans la section 2, fondée sur les données du Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC), on dégage les tendances d’une année à l’autre de la violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents déclarée par la police, et on examine brièvement la violence conjugale envers les victimes adolescentes. On y présente ensuite les variations géographiques, les caractéristiques des affaires et l’état de classement des affaires par la police, c’est-à-dire si elles ont été résolues ou non. Une combinaison de sources de données est essentielle pour saisir pleinement les réalités de la violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents au Canada, en tenant compte des problèmes de sous-déclaration ainsi que de la fréquence des comportements violents qui pourraient ne pas atteindre le seuil criminelNote  .

Cet article de Juristat a été produit avec l’aide financière de Femmes et Égalité des genres Canada.

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Encadré 1
Définitions et sources de données

Les données du recensement montrent qu’au Canada, seuls 1 % des jeunes de 15 à 19 ans étaient mariés ou vivaient en union libre en 2021 (Statistique Canada, 2023). Par conséquent, la grande majorité des adolescents de 15 à 17 ans qui sont victimes de violence dans le cadre d’une relation avec un partenaire intime sont dans une relation amoureuse, ce qui va dans le sens d’une analyse axée sur la violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents. Les données présentées dans cet article de Juristat peuvent donc servir à orienter, à élaborer et à améliorer les outils de prévention propres à la population des adolescents qui ont des fréquentations.

Aux fins du présent article, deux définitions distinctes mais similaires de la violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents sont utilisées. Les définitions se rapportent à deux sources de données, soit les données autodéclarées tirées de l’Enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés (ESEPP) et les données administratives des services de police provenant du Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC). Les données de l’ESEPP englobent un large éventail de formes de violence (c.-à-d. les agressions physiques et sexuelles et la violence psychologique), peu importe si elles ont été signalées à la police ou si elles atteignent ou non le seuil criminel. Par ailleurs, les données du Programme DUC ne comprennent que les affaires de violence qui ont été signalées à la police et qui sont jugées de nature criminelle. Il est important de noter que les auteurs de violence envers une victime adolescente dans le cadre de fréquentations ne sont peut-être pas adolescents eux-mêmes et qu’ils peuvent se situer en dehors de la fourchette des 15 à 17 ans.

Les données tirées de l’ESEPP sont présentées pour mettre en évidence les formes criminelles et non criminelles de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents. La violence autodéclarée dans le cadre de fréquentations chez les adolescents s’entend d’une agression physique et sexuelle, ou d’une forme de violence psychologique qui a été commise envers un adolescent de 15 à 17 ans par un partenaire amoureux actuel ou ancien (voir l’encadré 2 pour obtenir la description des divers types de violence mesurés au moyen de l’enquête)Note  Note .

Les données provenant du Programme DUC fournissent des renseignements détaillés sur les affaires de violence dans les relations intimes qui ont été signalées à la police et qui ont atteint le seuil criminel. Les affaires de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents qui sont déclarées par la police sont définies comme toute forme de crime violent commis contre un adolescent de 15 à 17 ans lorsque l’auteur présumé est un partenaire intime actuel ou ancien (c.-à-d. un petit ami ou une petite amie, un ex-petit ami ou une ex-petite amie, un autre type de partenaire intime comme un partenaire de relations sans lendemain). Les relations conjugales — les mariages et les unions libres — sont exclues de la plus grande partie de l’analyse des données déclarées par la police figurant dans le présent article.

Fin de l’encadré 1

Section 1 : La violence autodéclarée dans le cadre de fréquentations chez les adolescents de 15 à 17 ans

Il arrive souvent que de nombreuses formes de violence, y compris la violence dans le cadre de relations amoureuses et d’autres relations intimes, ne soient pas signalées à la police. Les données d’études canadiennes montrent que la violence dans le cadre de relations intimes fait souvent l’objet d’un sous-signalement à la police pour des raisons comme le fait que les victimes considèrent qu’il s’agit d’une affaire privée et personnelle, et qu’elles ne considèrent pas l’incident comme étant suffisamment grave pour être signalé (Conroy, 2021a; Conroy, 2019; Cotter, 2021).

En outre, de nombreux comportements violents et préjudiciables aux victimes n’atteignent pas le seuil criminel comme certaines formes de violence psychologique. Par conséquent, il est essentiel d’analyser les données autodéclarées pour brosser un tableau complet de la nature et de la prévalence globale de la violence dans le cadre de fréquentations en général, et chez les adolescents en particulier. Dans cette section, les données de l’Enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés (ESEPP) de 2018 sont utilisées pour examiner la prévalence de la violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents et les attitudes des jeunes à cet égard. Dans le cadre de l’ESEPP, des renseignements ont été recueillis sur la violence entre partenaires intimes subie par les Canadiens ― y compris la violence physique, la violence sexuelle et la violence psychologique ― pour la prévalence à vie (depuis l’âge de 15 ans) et au cours des 12 mois qui ont précédé l’enquête (voir l’encadré 2).

Début de l'encadré 2

Encadré 2
Mesurer la violence entre partenaires intimes au moyen de l’Enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés

Dans le cadre de l’Enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés (ESEPP) de 2018, des renseignements ont été recueillis sur la violence entre partenaires intimes subie par les Canadiens depuis l’âge de 15 ans et au cours des 12 mois qui ont précédé l’enquête. Les répondants ont été sondés sur les expériences qu’ils ont vécues par rapport à divers comportements commis par des partenaires intimes, y compris la violence physique, la violence sexuelle et la violence psychologique. Le terme « partenaires intimes » comprend les conjoints mariés, les conjoints de fait, les partenaires amoureux et d’autres partenaires intimes actuels et anciens.

Les voies de fait comprennent les formes de violence physique qui comportent des voies de fait ou des menaces de voies de fait. Au total, neuf types de violence sont inclus dans cette catégorie : on vous bouscule, vous pousse ou vous projette au sol; on vous frappe, vous donne des coups de pied ou vous mord; on menace de vous faire du mal ou de faire du mal à quelqu’un proche de vous; on vous étrangle; on utilise une arme contre vous ou on vous menace avec une arme; on menace de vous frapper avec le poing ou un objet; on vous lance des objets; on vous gifle; on vous bat.

L’agression sexuelle comprend la violence sexuelle ou les menaces de violence sexuelle. Elle inclut les deux types de violence suivants : le fait d’obliger la victime à se livrer à des actes sexuels contre son gré et le fait de forcer ou de tenter de forcer la victime à avoir des relations sexuelles.

La violence psychologique renvoie aux comportements qui ciblent le bien-être émotionnel, mental ou financier d’une personne ou qui nuisent à sa liberté personnelle ou à son sentiment de sécurité. Cette catégorie englobe 15 types particuliers de violence, y compris, sans toutefois s’y limiter, la jalousie, les insultes et d’autres formes d’humiliation, le harcèlement ou les comportements harcelants, la manipulation, la séquestration ou les dommages matériels (voir l’encadré 3). Elle inclut également le fait d’être blâmé pour avoir causé le comportement violent, qui a été mesuré chez les répondants qui ont subi certaines formes de violence entre partenaires intimes. Il convient de souligner que de nombreux comportements compris dans cette catégorie de violence ne sont pas considérés comme criminels.

Dans l’analyse présentée dans cet article, une approche inclusive a été adoptée à l’égard des divers comportements qui constituent la violence entre partenaires intimes. Aux fins de la présente analyse, les personnes qui ont répondu « oui » à au moins une question de l’enquête permettant de mesurer la violence entre partenaires intimes sont incluses comme ayant été victimes de violence de la part d’un partenaire intime, peu importe le type ou la fréquence de la violence. Pour obtenir de plus amples renseignements sur les mesures de la violence entre partenaires intimes dans le cadre de l’ESEPP et d’autres sources de données sur ce type de violence au Canada, voir Cotter, 2021.

Fin de l’encadré 2

Plus de 4 adolescents sur 10 de 15 à 17 ans ont été victimes de violence dans le cadre de fréquentations

Selon les résultats de l’ESEPP, plus de 4 adolescents sur 10 (45 %) de 15 à 17 ans qui ont déclaré avoir eu une relationNote  à un moment donné depuis l’âge de 15 ans ont indiqué avoir été victimes d’une forme quelconque de violence de la part d’un partenaire amoureux (tableau 1). Des proportions égales de filles (46 %) et de garçons (46 %) de ce groupe d’âge ont fait cette déclarationNote  . Ces résultats représentaient près de 142 000 jeunes au Canada.

Dans le contexte de ces données autodéclarées, la violence dans le cadre de fréquentations comprend la violence physique, la violence sexuelle et la violence psychologique commise par une petite amie, un petit ami, une partenaire amoureuse ou un partenaire amoureux actuel ou ancien (voir l’encadré 1)Note  . La violence psychologique était la plus répandue, touchant 45 % des adolescents de 15 à 17 ans. En fait, tous les adolescents qui avaient été victimes d’une forme quelconque de violence dans le cadre de fréquentations avaient subi de la violence psychologique, seule ou en combinaison avec de la violence physique ou sexuelle. La violence psychologique, souvent considérée comme un précurseur d’autres formes de violence, est liée aux concepts de contrôle coercitifNote  dans les relations entre partenaires intimes (Dawson et autres, 2021; Gill et Aspinall, 2020; Kelly et Johnson, 2008; Stark, 2007), et comprend de nombreux comportements différents (voir l’encadré 3).

Début de l'encadré 3

Encadré 3
Contrôle coercitif dans les relations amoureuses chez les adolescents

Le contrôle coercitif est un terme utilisé pour décrire un ensemble de comportements violents visant à priver la victime de son autonomie dans la relation en lui faisant craindre des conséquences potentielles, sans nécessairement recourir à la force physique (Dawson et autres, 2019; Stark, 2007). Il s’agit d’un crime hautement sexospécifique, perpétré principalement par des hommes et des garçons contre des femmes et des filles, et qui peut prendre la forme de violence physique, sexuelle ou psychologique ou d’exploitation financière réelle, ou encore de menaces en ce sens (Dawson et autres, 2019; Johnson et autres, 2019). Bien que certains types de violence considérés comme des éléments de contrôle coercitif aient été criminalisés au Canada, d’autres ne l’ont pas été. Voici quelques exemples courants de contrôle coercitif (Silverstone, 2021) :

  • isolement social, des amis ou de la famille;
  • privation des besoins fondamentaux;
  • surveillance des activités quotidiennes en personne ou par voie électronique;
  • insultes, humiliation ou dénigrement d’une personne de manière répétée pour la dévaloriser;
  • menace de faire du mal à l’autre, à ses proches ou à ses animaux de compagnie;
  • dommages aux biens personnels.

Les résultats de l’Enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés de 2018 ont révélé que la violence psychologique était la forme de violence dans le cadre de fréquentations la plus répandue chez les adolescents. Ce type de violence peut comprendre de nombreux comportements différents; il peut s’agir, par exemple, d’un partenaire qui agit jalousement et qui empêche la victime de côtoyer d’autres jeunes hommes ou jeunes femmes (expérience vécue par 36 % des adolescents), qui dit à la victime qu’elle est dérangée, stupide ou bonne à rien (22 %), et qui exige de savoir avec qui et où elle se trouve en tout temps (20 %) (tableau de l’encadré 3). Lorsqu’il était possible d’effectuer des comparaisons entre les garçons et les filles, aucune différence significative n’a été observée quant à la prévalence des comportements de violence psychologique.


Tableau de l’encadré 3
Types de violence psychologique vécue dans les relations amoureuses depuis l’âge de 15 ans chez les jeunes de 15 à 17 ans, selon le genre, Canada, 2018
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Types de violence psychologique vécue dans les relations amoureuses depuis l’âge de 15 ans chez les jeunes de 15 à 17 ans. Les données sont présentées selon Types de violence psychologique (titres de rangée) et Filles de 15 à 17 ans, Garçons de 15 à 17 ans, Total, pourcentage et intervalle de confiance de 95 %, calculées selon de et à unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Types de violence psychologique Filles de 15 à 17 ans Garçons de 15 à 17 ans Total
pourcentage intervalle de confiance de 95 % pourcentage intervalle de confiance de 95 % pourcentage intervalle de confiance de 95 %
de à de à de à
Votre partenaire a été jaloux(se) et ne voulait pas que vous parliez à d’autres hommes ou femmes 34 20,9 49,7 38 25,6 52,6 36 27,2 46,7
Votre partenaire exigeait de savoir avec qui et où vous étiez en tout temps 23 12,1 39,4 18 9,5 31,2 20 13,0 29,8
Votre partenaire vous a rabaissé(e) ou vous a dit des mots blessants 29 16,0 46,6 Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié 17 10,1 27,1
Votre partenaire vous a traité(e) de personne dérangée, stupide ou bonne à rien 29 16,8 45,3 17 9,2 30,4 22 14,5 32,5
Votre partenaire a essayé de convaincre vos amis ou votre famille que vous êtes fou(folle) 16 6,5 33,9 Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié 10 5,2 19,8
Votre partenaire vous a suivi(e), ou a rôdé près de votre domicile ou de votre lieu de travail 8 3,4 17,0 Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié 5 2,6 10,2
Votre partenaire vous a empêché(e) de voir vos amis ou les membres de votre famille 6 3,0 11,8 7 2,8 16,5 7 3,6 11,9
Votre partenaire vous a harcelé(e) au téléphone, par message texte, par courriel ou au moyen des médias sociaux 16 6,6 33,8 6 2,2 14,9 10 5,3 19,1

Fin de l’encadré 3

Au total, 1 adolescent sur 10 a été victime de violence physique de la part d’un partenaire amoureux depuis l’âge de 15 ans

Une proportion de 1 adolescent sur 10 (10 %) de 15 à 17 ans a été victime de violence physique aux mains d’un partenaire amoureux. Parmi les adolescents victimes de ce type de violence, 14 % étaient des garçons et 5 %, des filles, bien que cette différence ne soit pas statistiquement significative. Comme il a été mentionné précédemment, des recherches antérieures fondées sur des données autodéclarées ont également montré que des proportions semblables de filles et de garçons sont victimes de violence physique dans le cadre de fréquentations chez les adolescents (Banyard et Cross, 2008; Eisner, 2021; Exner-Cortens et autres, 2021; Jouriles et autres, 2017; Wincentak et autres, 2017). Cependant, les données déclarées par la police révèlent un taux de voies de fait plus élevé chez les filles (93 victimes pour 100 000 filles de 15 à 17 ans) que chez les garçons (15).

Bien que les données de l’ESEPP ne permettent pas de calculer les taux de signalement de la violence physique ou sexuelle dans le cadre de fréquentations à la police par les adolescentsNote  , cette comparaison avec les données déclarées par la police laisse entendre que la violence physique contre les filles pourrait être plus susceptible d’être signalée à la police.

Chez les adolescents, 6 % ont indiqué avoir été giflés, 4 % ont déclaré avoir reçu un coup de poing ou un coup de pied, avoir été mordus ou avoir été frappés au moyen d’un objet, 4 % ont indiqué avoir été menacés d’être frappés avec le poing ou une arme, et 4 % ont mentionné avoir été bousculés, agrippés, poussés ou projetés au sol par un partenaire amoureuxNote  .

Chez les adolescents, 1 fille sur 14 a été victime de violence sexuelle aux mains d’un partenaire amoureux depuis l’âge de 15 ans

En ce qui concerne la violence sexuelle commise par un partenaire amoureux, 4 % des adolescents ont indiqué qu’ils en avaient été victimes depuis l’âge de 15 ans, dont 1 fille sur 14 (7 %) de 15 à 17 ans. Les filles de ce groupe d’âge ont été forcées par un partenaire de se livrer à des actes sexuels contre leur gré (7 %), et un partenaire les a forcées, ou a tenté de les forcer, à avoir des relations sexuelles (5 %). Les données sur les expériences de violence sexuelle vécues par les garçons n’ont pas pu être présentées en raison de la taille limitée de l’échantillon.

Chez les filles, la violence sexuelle commise par un partenaire amoureux était légèrement plus courante que la violence physique (7 % par rapport à 5 %). Cette tendance concorde avec les données déclarées par la police, selon lesquelles le taux d’infractions d’ordre sexuel commises par des partenaires amoureux au cours de l’année précédente (116 victimes pour 100 000 filles de 15 à 17 ans) était plus élevé que le taux de voies de fait (93).

Il convient de noter que, bien que les résultats de l’étude actuelle n’aient révélé aucune différence statistiquement significative entre les filles et les garçons en ce qui a trait à la prévalence globale de la violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents et aux divers types de violence dans le cadre de fréquentations mesurés au moyen de l’ESEPP, cette conclusion doit être interprétée avec prudence. Le petit nombre de répondants sur lesquels ces résultats sont fondés peut exclure des constatations statistiquement significatives, lorsque les expériences des filles et des garçons sont comparées. D’autres études ont démontré invariablement que, même si la prévalence globale est la même, les filles et les femmes sont plus souvent l’objet de formes plus fréquentes et plus graves de violence dans le cadre de fréquentations et d’autres relations intimes (Eisner, 2021; Niolon et autres, 2015).

Les taux de violence entre partenaires intimes chez les adolescents sont semblables à ceux enregistrés chez les personnes de 18 à 24 ans, mais différents de ceux observés chez les personnes plus âgées

Pour comparer les expériences des adolescents de 15 à 17 ans avec celles des autres groupes d’âge, on a évalué les taux de violence entre partenaires intimesNote  observés au cours des 12 mois ayant précédé la collecte des données dans le cadre de l’ESEPP. À quelques exceptions près, la prévalence de la violence chez les adolescents de 15 à 17 ans ressemblait beaucoup à celle enregistrée chez les personnes de 18 à 24 ans, mais différait de celle observée chez les personnes de 25 ans et plus (tableau 2).

En ce qui concerne la prévalence globale, près de 3 adolescents sur 10 (29 %) de 15 à 17 ans ont déclaré avoir été victimes de violence de la part d’un partenaire intime au cours de l’année précédente. De ce nombre, 32 % étaient des filles et 27 % étaient des garçons (une différence qui n’était pas statistiquement significative). La prévalence de la violence au cours de l’année précédente chez les adolescents de 15 à 17 ans était très semblable à celle observée chez les personnes de 18 à 24 ans (27 %).

Cependant, les taux de violence entre partenaires intimes étaient considérablement plus faibles chez les personnes de 25 ans et plus (9 %) et diminuaient de façon constante avec l’âge. La baisse la plus marquée a été observée à l’âge de 25 ans, âge auquel les taux sont passés de près de 3 sur 10 (p. ex. 29 % et 27 % chez les personnes de 15 à 17 ans et celles de 18 à 24 ans) à 14 % chez les personnes de 25 à 29 ans et de 30 à 34 ans. La violence dans le contexte d’une relation a continué de diminuer au sein des groupes plus âgés, atteignant 5 % ou moins chez les personnes de 70 ans et plus. Ces résultats concordent avec ceux des recherches antérieures menées au Canada et ailleurs, qui ont démontré à maintes reprises que les personnes plus jeunes sont particulièrement susceptibles d’être victimes de violence de la part d’un partenaire intime et d’autres formes de violence (Conroy et Cotter, 2017; Cotter et Savage, 2019; Perreault, 2015; Savage, 2021). En outre, ces données correspondaient également en grande partie à celles déclarées par la police et présentées à la section 2, qui montrent que les taux les plus faibles de violence dans le cadre de fréquentations étaient ceux enregistrés chez les personnes de 25 ans et plus.

La prévalence de la violence psychologique et sexuelle de la part d’un partenaire est semblable chez les adolescents de 15 à 17 ans et les personnes de 18 à 24 ans

La violence psychologique ― qui est souvent un précurseur de formes plus graves de violence ― était la forme la plus courante de violence entre partenaires intimes vécue par les personnes de tous les groupes d’âge au cours de l’année précédente. Sa prévalence était semblable chez les adolescents de 15 à 17 ans (29 %) et chez les personnes de 18 à 24 ans (26 %; une différence qui n’a pas été jugée statistiquement significative). Ces résultats contrastent avec ceux observés chez les personnes de 25 ans et plus, chez qui une proportion beaucoup plus faible (10 %) ont déclaré avoir subi de la violence psychologique de la part d’un partenaire intime au cours des 12 mois précédents.

À l’instar de l’ensemble des expériences de violence survenues dans le contexte d’une relation intime, le taux de violence sexuelle dans une relation intime vécue au cours de l’année précédente était semblable chez les adolescents de 15 à 17 ans (3 %) et chez les personnes de 18 à 24 ans (4 %)Note  . La prévalence de la violence sexuelle dans le contexte d’une relation intime était légèrement plus élevée chez les adolescents de 15 à 17 ans que chez les personnes de 25 ans et plus (1 %).

Contrairement à la violence psychologique et sexuelle de la part d’un partenaire intime, la prévalence de la violence physique chez les adolescents de 15 à 17 ans (3 %) était semblable à celle enregistrée chez les personnes de 25 ans et plus (2 %), et nettement inférieure à celle observée chez les personnes de 18 à 24 ans (8 %). Il s’agit d’une tendance semblable à celle constatée au moyen des données déclarées par la police, selon lesquelles les taux les plus élevés ont également été enregistrés chez les victimes de 18 à 24 ans.

Près de 1 adolescent sur 5 adopte un comportement indésirable en ligne

Les espaces numériques et en ligne sont également des endroits où les personnes peuvent subir de la violence, ce qui est particulièrement préoccupant chez les adolescents (voir l’encadré 6). Bien qu’elle ne permette pas d’obtenir une mesure précise de la violence dans le cadre de fréquentations, l’ESEPP traite des expériences de comportement non désiré en ligne. Ces comportements comprennent le fait de cibler une victime au moyen de messages agressifs ou harcelants; de diffuser ou de menacer de diffuser des images intimes de la victime; d’exercer des pressions sur la victime pour qu’elle partage des images intimes, et le fait d’envoyer du contenu sexuellement explicite à la victime sans son consentement.

Selon les résultats de l’ESEPP de 2018, près de 1 adolescent de 15 à 17 ans sur 5 (19 %) a subi une forme quelconque de comportement non désiré en ligne au cours des 12 mois ayant précédé l’enquête (données non présentées)Note  . La proportion était plus élevée chez les filles (24 %) que chez les garçons (15 %) en raison d’une plus forte proportion de filles ayant reçu des images ou des messages sexuellement suggestifs ou explicites non désirés (19 % par rapport à 8 % des garçons). La proportion chez les adolescents était notamment plus faible que celle observée chez les personnes de 18 à 24 ans (29 %), mais plus élevée que celle enregistrée chez les personnes de 25 ans et plus (14 %).

Plus précisément, chez les adolescents, les comportements non désirés les plus courants vécus en ligne étaient la réception d’images ou de messages sexuellement suggestifs ou explicites non désirés (13 %), ou encore de courriels ou de messages menaçants ou agressifs (10 %). Les autres comportements mesurés au moyen de l’enquête étaient moins courants. Ces tendances correspondent à celles observées chez les utilisateurs d’Internet de tous âges (Cotter et Savage, 2019).

Bien que ces comportements ne soient pas propres à la violence dans le cadre de fréquentations, 4 % des adolescents qui ont vécu une forme quelconque de comportement non désiré en ligne ont déclaré qu’un partenaire amoureux actuel ou ancien en était responsable. Le plus souvent, les adolescents ne savaient pas qui était le ou les responsables (34 %) ou ont indiqué qu’il s’agissait d’un étranger (30 %)Note  .

À l’instar des hommes en général, les garçons de 15 à 17 ans sont plus susceptibles de percevoir la violence comme étant parfois excusable

Dans le cadre de l’ESEPP de 2018, plusieurs questions ont été posées aux répondants concernant leurs attitudes à l’égard des genres et de la violence dans les relations. Tous les répondants ont été invités à exprimer leur accord ou leur désaccord par rapport aux énoncés suivants, et ce, peu importe s’ils aient vécu ou non de la violence dans le contexte d’une relation intime : « La violence entre partenaires peut être excusée si les personnes sont tellement en colère qu’elles perdent le contrôle », « Il est compréhensible qu’une personne réagisse violemment si elle soupçonne son ou sa partenaire d’avoir une relation intime avec une autre personne » et « Les gens ont le droit de vérifier en tout temps l’identité des personnes avec qui leur partenaire communique par téléphone ou par message texte ».

Chez les jeunes de 15 à 17 ans (ce qui comprenait tous les jeunes qui avaient vécu ou non une expérience de violence dans le cadre de fréquentations), plus de garçons que de filles étaient d’accord pour dire que la violence était compréhensible dans certaines situations. Plus du quart (26 %) des garçons étaient d’accord ou tout à fait d’accord avec l’énoncé « Il est compréhensible qu’une personne réagisse violemment si elle soupçonne son ou sa partenaire d’avoir une relation intime avec une autre personne », comparativement à 17 % des filles (tableau 3). De même, 12 % des garçons de 15 à 17 ans étaient d’accord ou tout à fait d’accord pour dire que « la violence entre partenaires peut être excusée si les personnes sont tellement en colère qu’elles perdent le contrôle », comparativement à 7 % des filles.

En règle générale, les attitudes des garçons et des filles à l’égard de la violence dans les relations étaient semblables à celles des personnes plus âgées, à quelques exceptions près. Dans la plupart des cas, les hommes se sont montrés plus favorables à la violence que les femmes. Une exception a été observée chez les hommes de 18 à 24 ans relativement à l’énoncé selon lequel la violence pouvait être excusée si quelqu’un perdait le contrôle : la proportion d’hommes qui étaient d’accord ou tout à fait d’accord (6 %) correspondait de très près à celle observée chez les femmes du même âge (7 %). De plus, les garçons de 15 à 17 ans étaient beaucoup moins susceptibles d’être en désaccord ou entièrement en désaccord pour dire que la violence était compréhensible dans les cas d’infidélité (53 %), comparativement aux hommes de 25 ans et plus (63 %).

Chez les adolescents, lorsqu’il s’agissait d’avoir le droit de vérifier les appels et les messages de leur partenaire, les attitudes des filles correspondaient davantage à celles des garçons que pour d’autres questions. Contrairement aux autres questions liées aux comportements violents dans les relations, en ce qui concerne le droit de vérifier le téléphone d’un partenaire, la proportion de filles de 15 à 17 ans qui étaient d’accord ou tout à fait d’accord était presque identique à celle enregistrée chez les garçons (22 % et 21 %, respectivement). De plus, beaucoup moins de filles (47 %) étaient en désaccord ou entièrement en désaccord avec l’énoncé, comparativement aux femmes de 18 à 24 ans (60 %) et à celles de 25 ans et plus (58 %).

Il convient de souligner que les répondants qui ont vécu de la violence dans le cadre de fréquentations étaient plus susceptibles de se dire d’accord avec les énoncés selon lesquels un comportement violent ou contrôlant peut parfois être toléré. Par exemple, 26 % des adolescents de 15 à 17 ans qui avaient déjà été victimes de violence dans le cadre de fréquentations étaient d’accord ou tout à fait d’accord pour dire qu’il était compréhensible que quelqu’un réagisse violemment s’il soupçonnait une infidélité — une proportion légèrement, mais significativement, plus élevée que celle observée chez les adolescents qui n’avaient pas subi de violence dans le cadre de fréquentations (22 %; graphique 1). De même, une proportion plus élevée d’adolescents qui avaient vécu de la violence dans le cadre de fréquentations (19 %) étaient d’accord ou tout à fait d’accord pour dire qu’une personne a le droit de vérifier le téléphone de son ou sa partenaire, comparativement aux adolescents qui n’avaient pas été victimes d’une telle violence (15 %).

Graphique 1 début

Graphique 1 Attitudes à l’égard de la violence et du contrôle dans les relations intimes chez les jeunes de 15 à 17 ans, selon les expériences antérieures de violence dans le cadre de fréquentations, Canada, 2018

Tableau de données du graphique 1 
Tableau de données du graphique 1
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 1. Les données sont présentées selon Attitudes (titres de rangée) et A subi de la violence dans le cadre de fréquentations depuis l'âge de 15 ans, N'a pas subi de violence dans le cadre de fréquentations, pourcentage et intervalle de confiance de 95 %, calculées selon de et à unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Attitudes A subi de la violence dans le cadre de fréquentations depuis l'âge de 15 ans N'a pas subi de violence dans le cadre de fréquentations
pourcentage intervalle de confiance de 95 % pourcentage intervalle de confiance de 95 %
de à de à
Il est compréhensible qu’une personne réagisse violemment si elle soupçonne son ou sa partenaire d’avoir une relation intime avec une autre personne D’accord ou tout à fait d’accord 25,8 14,6 41,4 21,9 13,1 34,3
En désaccord ou entièrement en désaccord 68,3 52,8 80,5 58,0 43,1 71,6
Les gens ont le droit de vérifier en tout temps l’identité des personnes avec qui leur partenaire communique par téléphone ou par message texte D’accord ou tout à fait d’accord 18,9 10,9 30,7 15,4 8,1 27,2
En désaccord ou entièrement en désaccord 63,0 48,9 75,2 43,4 29,8 58,0

Graphique 1 fin

Début de l'encadré 4

Encadré 4
Expériences et conséquences de la violence subie dans le cadre de fréquentations chez les personnes de 15 à 18 ans

Les règles d’analyse des données de l’Enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés (ESEPP) établissent des minimums pour le nombre de répondants requis dans un groupe donné; s’il y a trop peu de répondants dans un groupe, certaines données et analyses à leur sujet ne peuvent pas être publiées. En ce qui concerne les adolescents de 15 à 17 ans, le nombre de répondants à l’enquête qui ont été victimes de violence dans le cadre de fréquentations est trop faible pour permettre une grande partie de l’analyse détaillée et de la désagrégation que Statistique Canada inclut habituellement dans ses publications. Le fait d’élargir la fourchette d’âge pour y inclure les jeunes de 18 ans augmente suffisamment le nombre de répondants pour permettre une analyse plus approfondie.

Comme prévu, une analyse de diverses caractéristiques sociodémographiques, y compris celles souvent associées à un risque accru de violence, indique que, à bien des égards, la population âgée de 15 à 17 ans est semblable à la population âgée de 15 à 18 ans. Par exemple, l’analyse montre que 7 % des personnes dans les deux groupes d’âge s’identifiaient comme faisant partie de la population LGBTQ2S+, et que 4 % des personnes dans ces mêmes groupes d’âge s’identifiaient comme Premières Nations, Métis ou Inuit (Autochtones). En ce qui concerne les expériences de violence physique ou sexuelle pendant l’enfance, 15 % des personnes âgées de 15 à 17 ans et 16 % de celles âgées de 15 à 18 ans ont déclaré avoir été victimes de tels actes.

En plus de ces similitudes, l’ajout des jeunes de 18 ans n’augmente pas de façon statistiquement significative la prévalence globale de la violence subie dans le cadre de fréquentations l’année précédente (29 % chez les 15 à 17 ans et 31 % chez les 15 à 18 ans). Cette similitude a été observée chez les filles et les jeunes femmes et chez les garçons et les jeunes hommes lorsque les deux groupes d’âge ont été comparés.

L’élargissement de l’analyse pour inclure les personnes âgées de 18 ans permet d’obtenir des renseignements supplémentaires sur la violence subie dans le cadre de fréquentations chez les jeunes. Parmi les jeunes qui avaient été victimes de violence de la part d’un partenaire intime au cours de l’année précédente, la grande majorité (73 %) des jeunes ont déclaré avoir subi plus d’un incident de violence au cours de cette période, qu’il s’agisse de plus d’un cas de la même forme de violence ou d’un ou de plusieurs cas de divers types de violence. Parallèlement, 75 % des jeunes de 15 à 18 ans qui avaient subi de la violence dans le cadre de fréquentations ont été victimes de différents types de violence, y compris 12 % qui en ont été victimes d’au moins 10 (voir le tableau 1 pour consulter une liste des types de violence subie dans le cadre de fréquentations inclus dans la présente étude). De plus, 90 % des jeunes de 15 à 18 ans qui avaient été victimes de violence dans le cadre de fréquentations au cours de l’année précédente ont déclaré qu’un partenaire avait été responsable de la violence.

Des études canadiennes ont montré que les cas de violence entre partenaires intimes sont rarement signalés à la police (Conroy, 2021a; Conroy, 2019; Cotter, 2021). La situation est la même en ce qui concerne les cas de violence subie dans le cadre de fréquentations chez les jeunes de 15 à 18 ans. Parmi les jeunes qui avaient été victimes de violence de la part d’un partenaire amoureux au cours de l’année précédente, 98 % ont déclaré que la police n’avait pas été mise au courant de l’incident. La plupart (92 %) des répondants ont également déclaré qu’ils n’avaient pas eu accès à des services de soutien pour gérer la violence, souvent parce qu’ils estimaient que l’incident était trop mineur ou qu’ils n’avaient pas besoin d’aide (78 % de ceux qui n’avaient pas eu accès aux services). Au lieu de recevoir un soutien formel, 74 % des jeunes de 15 à 18 ans qui avaient subi de la violence dans le cadre de fréquentations au cours de l’année précédente ont déclaré en avoir parlé à quelqu’un d’autre dans leur entourage, souvent un membre de leur famille (37 %). Ces tendances correspondent à ce qui est généralement observé dans l’ensemble de la population.

La plupart (83 %) des jeunes de 15 à 18 ans qui ont subi de la violence dans le cadre de fréquentations ont dit que cette expérience avait eu une incidence sur leur bien-être émotionnel ou psychologique. Beaucoup de jeunes ont déclaré qu’ils se sentaient bouleversés, confus ou frustrés (62 %), de même que blessés ou déçus (55 %), en colère (50 %) et contrariés (45 %).

Fin de l’encadré 4

Section 2 : La violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents de 15 à 17 ans déclarée par la police

La violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents déclarée par la police est définie comme toute forme de crime violent subie par une personne de 15 à 17 ans aux mains d’un partenaire intime autre qu’un conjointNote  . La violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents est une forme de violence entre partenaires intimes; toutefois, la majeure partie de la présente section exclut la violence conjugale commise envers une victime adolescente en raison de la rareté de ce type de relations au Canada. Il est important de noter que les auteurs présumés de violence envers une victime adolescente dans le cadre de fréquentations ne sont peut-être pas adolescents eux-mêmes et qu’ils peuvent plutôt se situer en dehors de la fourchette des 15 à 17 ans. Alors que la section précédente portait sur les formes criminelles et non criminelles de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents, cette section se limite aux affaires criminelles qui ont été portées à l’attention des autorités.

Début de l'encadré 5

Encadré 5
Infractions criminelles liées à la violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents déclarée par la police

Le Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l’affaire sert à recueillir des renseignements détaillés sur les affaires criminelles qui ont été portées à l’attention des services de police canadiens, lorsqu’il n’existe aucune preuve que l’affaire ne s’est pas produite. Bien que les infractions mentionnées ci-dessous ne soient pas exhaustives, elles englobent la grande majorité (93 %) des crimes violents chez les partenaires amoureux déclarés par la police, et dont la victime est âgée de 15 à 17 ans.

Voies de fait — Renvoient à trois niveaux de voies de fait qui comprennent les catégories suivantes :

  • Voies de fait simples — Comprend la catégorie de voies de fait (niveau 1) régie par le Code criminel. Il s’agit du type de voies de fait le moins grave, qui inclut le fait de pousser une personne, de la gifler, de la frapper à coups de poing et de proférer des menaces à son endroit.
  • Voies de fait majeures de niveau 2 — Comprend les types les plus graves de voies de fait, c’est‑à‑dire les voies de fait armées ou causant des lésions corporelles et englobent le fait de porter, d’utiliser ou de menacer d’utiliser une arme contre une personne ou de causer des lésions corporelles à une personne.
  • Voies de fait majeures de niveau 3 — Comprend le fait d’infliger des blessures à une personne, de mutiler ou de défigurer une personne, ou de mettre sa vie en danger.
  • Autres voies de fait — Comprend le fait de braquer une arme à feu, l’infliction illégale de lésions corporelles, la négligence criminelle causant des lésions corporelles, l’usage d’une arme à feu ou d’une fausse arme à feu lors de la perpétration d’une infraction, la décharge d’une arme à feu avec une intention particulière, les voies de fait contre un policier, les voies de fait armées contre un agent de la paix ou l’infliction de blessures corporelles à celui‑ci, les voies de fait graves contre un agent de la paix, la trappe susceptible de causer ou causant des lésions corporelles, et les autres voies de fait.

Infraction sexuelle — Vaste gamme d’actes criminels prévus au Code criminel. Ces actes vont des attouchements sexuels non désirés à la violence sexuelle qui cause des blessures corporelles graves ou qui défigure la victime. Comprend également des catégories spéciales d’infractions visant à protéger les enfants contre la violence sexuelle, qui sont les suivantes :

  • Agression sexuelle de niveau 1 — Agression qui cause peu ou pas de blessures corporelles à la victime.
  • Agression sexuelle de niveau 2 — Agression sexuelle armée, ou avec menaces ou infliction de lésions corporelles.
  • Agression sexuelle grave de niveau 3 — Agression qui blesse, mutile ou défigure la victime, ou qui met sa vie en danger.
  • Contacts sexuels — Le fait pour une personne de toucher, directement ou indirectement (à des fins sexuelles), avec une partie de son corps ou avec un objet, une partie du corps d’un enfant de moins de 16 ans.
  • Incitation à des contacts sexuels — Le fait pour une personne d’inviter, d’engager ou d’inciter un enfant de moins de 16 ans à toucher, directement ou indirectement (à des fins sexuelles), le corps de toute personne avec une partie de son corps ou avec un objet.
  • Exploitation sexuelle — Le fait pour une personne en situation d’autorité et de confiance à l’égard d’un adolescent ou à l’égard de laquelle l’adolescent est en situation de dépendance de commettre les infractions de contacts sexuels et d’incitation à des contacts sexuels. Dans cet article de la loi, les termes « jeune » et « adolescent » désignent une personne de 16 à 18 ans.

Harcèlement criminel — Le fait de suivre une personne d’un lieu à un autre de façon répétée ou de tenter de communiquer avec la personne de façon répétée contre son gré, ces actions ayant pour effet de lui faire raisonnablement craindre pour sa sécurité ou pour celle d’une de ses connaissances.

Menaces —  Le fait de proférer, de transmettre ou de faire sciemment recevoir une menace de causer la mort ou des lésions corporelles à quelqu’un; de brûler, de détruire ou d’endommager des biens meubles ou immeubles; ou de tuer, d’empoisonner ou de blesser un animal qui est la propriété de quelqu’un.

Fin de l’encadré 5

La violence dans le cadre de fréquentations est la forme la plus courante de violence entre partenaires intimes chez les adolescents de 15 à 17 ans

Selon les données policières, au cours de la période allant de 2009 à 2022, 41 057 adolescents de 15 à 17 ans ont été victimes de violence dans le cadre de fréquentations au Canada, ce qui représente un taux moyen de 239 victimes pour 100 000 personnes.

Au cours de cette période, 12 433 adolescents de 15 à 17 ans ont été victimes de violence conjugale déclarée par la police, ce qui inclut la violence subie au sein de mariages et d’unions libres. Lorsque l’on combine les données sur la violence dans le cadre de fréquentations et celles sur la violence conjugale pour représenter toutes les expériences de violence entre partenaires intimes déclarées par la police parmi les victimes adolescentes, on constate que la grande majorité (77 %) des adolescents victimes de violence entre partenaires intimes ont été agressés par un partenaire amoureux (actuel ou ancien) ou par un partenaire intime autre qu’un conjoint. Chez les adolescents, bien que les taux de violence dans le cadre de fréquentations soient plus faibles que ceux observés pour la violence entre partenaires intimes en général, le fait que la violence dans le cadre de fréquentations constitue plus des trois quarts des cas de victimisation liée à la violence entre partenaires intimes produit des tendances semblables d’une année à l’autre (graphique 2); en outre, cette situation justifie une analyse axée exclusivement sur la violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents.

Graphique 2 début

Graphique 2 Crimes violents chez les partenaires amoureux et intimes, affaires déclarées par la police, selon le groupe d’âge et l’année, Canada, 2009 à 2022

Tableau de données du graphique 2 
Tableau de données du graphique 2
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 2 Violence entre partenaires intimes chez les personnes de, Violence dans le cadre de fréquentations chez les personnes de, 15 à 17 ans, 18 à 24 ans et 25 ans et plus, calculées selon taux pour 100 000 personnes unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Violence entre partenaires intimes chez les personnes de Violence dans le cadre de fréquentations chez les personnes de
15 à 17 ans 18 à 24 ans 25 ans et plus 15 à 17 ans 18 à 24 ans 25 ans et plus
taux pour 100 000 personnes
2009 341 761 310 254 374 89
2010 340 772 309 253 392 94
2011 322 731 291 244 365 86
2012 300 688 282 229 339 86
2013 296 631 267 224 319 83
2014 267 604 261 199 300 82
2015 271 628 267 208 317 86
2016 288 627 269 223 322 88
2017 291 625 275 225 329 92
2018 308 607 285 241 326 97
2019 337 620 306 264 339 109
2020 290 611 317 228 345 121
2021 344 613 325 270 350 127
2022 353 584 327 276 335 124

Graphique 2 fin

On note une augmentation de la violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents de 15 à 17 ans depuis 2015

Après une période de baisse observée de 2009 à 2014 (-22 %), les taux de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents ont augmenté de 33 % depuis 2015, des hausses semblables ayant été enregistrées chez les filles (+30 %) et les garçons (+35 %) (graphique 3). Bien que les tendances d’une année à l’autre de la violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents correspondent aux tendances de l’ensemble des crimes violents déclarés par la police pour ce groupe d’âge, la violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents a connu une baisse moins marquée de 2009 à 2014 et une augmentation plus forte depuis 2015, comparativement aux taux de crimes violents enregistrés chez les victimes adolescentes dans l’ensemble (les variations de taux étant de -31 % et de +29 %, respectivement).

Pour ce qui est de la violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents déclarée par la police depuis 2015, 2020 a été la seule année où une diminution (-14 %) a été enregistrée par rapport à l’année précédente. En fait, les adolescents de 15 à 17 ans étaient le seul groupe d’âge à avoir généralement affiché une baisse des taux de violence dans le cadre de fréquentations de 2019 à 2020; les taux ont plutôt augmenté chez les personnes de 18 à 24 ans (+2 %) et chez celles de 25 ans et plus (+11 %). La pandémie de COVID-19 et les mesures de confinement correspondantes peuvent aider à expliquer la baisse disproportionnée observée chez les plus jeunes; ces derniers consacrent la majeure partie de leur temps à l’école et à des activités parascolaires, et la COVID a entraîné une augmentation de la supervision parentale et du temps passé à la maison, réduisant ainsi les situations où la violence commise par un partenaire amoureux pouvait se produire (Krause et autres, 2022). Cela dit, la fréquence de la violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents déclarée par la police et mettant en cause des infractions en ligne a atteint un sommet en 2020 (voir l’encadré 6), ce qui pourrait indiquer un changement dans les types de comportements déclarés pendant la pandémie.

Graphique 3 début

Graphique 3 Crimes violents chez les partenaires amoureux, affaires déclarées par la police, selon le groupe d’âge, le genre et l’année, Canada, 2009 à 2022

Tableau de données du graphique 3 
Tableau de données du graphique 3
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 3 Filles de 15 à 17 ans, Garçons de 15 à 17 ans, Femmes de 18 à 24 ans, Hommes de 18 à 24 ans, Femmes de 25 ans et plus et Hommes de 25 ans et plus, calculées selon taux pour 100 000 personnes unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Filles de 15 à 17 ans Garçons de 15 à 17 ans Femmes de 18 à 24 ans Hommes de 18 à 24 ans Femmes de 25 ans et plus Hommes de 25 ans et plus
taux pour 100 000 personnes
2009 469 44 648 107 131 44
2010 468 48 668 123 137 47
2011 452 46 631 107 128 43
2012 421 49 585 104 127 43
2013 418 42 560 91 121 42
2014 371 38 523 89 120 42
2015 384 42 561 92 127 43
2016 415 41 574 90 130 44
2017 417 42 579 96 137 45
2018 445 44 584 87 147 45
2019 488 48 607 91 164 52
2020 421 43 622 88 181 58
2021 495 52 625 95 191 60
2022 500 57 597 89 187 59

Graphique 3 fin

À l’instar des tendances de la victimisation liée à la violence entre partenaires intimes en général au Canada (Conroy, 2022; Conroy, 2021b; Cotter, 2021), pour toutes les années et tous les groupes d’âge, les taux de violence envers les femmes et les filles dans le cadre de fréquentations étaient plus élevés que ceux observés pour la violence envers les hommes et les garçons. En effet, en 2022, le taux de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents était environ neuf fois plus élevé chez les filles (500 victimes pour 100 000 personnes) que chez les garçons (57), ce qui représente une différence plus marquée que ce qui a été enregistré chez les personnes de 18 à 24 ans (sept fois plus élevé; 597 par rapport à 89) et chez celles de 25 ans et plus (trois fois plus élevé; 187 par rapport à 59).

D’autres recherches ont montré que, chez les adolescents, des proportions semblables de filles et de garçons sont victimes de violence physique dans le cadre de fréquentations (Banyard et Cross, 2008; Eisner, 2021; Exner-Cortens et autres, 2021; Jouriles et autres, 2017; Wincentak et autres, 2017), mais ces proportions étaient fondées sur des données autodéclarées. Or, il se pourrait que la violence envers les filles soit plus susceptible d’être signalée à la police. Il se peut également que les tendances en matière de déclaration soient influencées par le fait que les femmes et les filles sont plus susceptibles de demander de l’aide (officiellement ou officieusement) que les hommes et les garçons (Bundock et autres, 2018; Lachman et autres, 2019; Martin et autres, 2012). En outre, les hommes et les garçons pouvaient également être moins enclins à demander de l’aide si l’auteur de l’agression était une femme ou une fille, en partie en raison des perceptions sociétales de la masculinité (Arnocky et Vaillancourt, 2014; Huntley et autres, 2019; Martin et autres, 2012), ce qui peut aider à expliquer pourquoi une proportion plus élevée d’affaires de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents déclarées par la police concerne des victimes de genre féminin.

Chez les adolescents, les filles sont le plus souvent victimes de violence de la part d’un partenaire amoureux qui est un homme ou un garçon de 15 à 24 ans

L’examen des affaires de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents déclarées par la police et dans lesquelles il y avait une seule victime et un seul auteur présuméNote  a révélé que, en 2022, 91 % (N = 1 610) des victimes étaient des filles de 15 à 17 ans et 8 % (N = 144) étaient des garçons. Parmi les adolescentes, presque toutes les victimes (95 %) ont été agressées par un partenaire amoureux qui était un homme ou un garçon, et 5 % (N = 77), par une femme ou une fille. L’analyse des données sur les hommes et les garçons qui étaient des auteurs présumés de violence envers une fille dans le cadre de fréquentations a montré que près de la moitié (45 %) étaient également âgés de 15 à 17 ans, et une proportion semblable (44 %) étaient légèrement plus âgés que leur victime (c.-à-d. qu’ils avaient de 18 à 24 ans). Les autres auteurs présumés étaient des hommes de 25 ans et plus (8 %) ou des garçons de 12 à 14 ans (3 %).

Selon les données policières, chez les garçons qui ont été victimes de violence dans le cadre de fréquentations, près de 8 garçons sur 10 (79 %) ont subi de la violence de la part de femmes ou de filles, et près des deux tiers (64 %) de ces dernières avaient le même âge que leur victime. Venaient ensuite les auteures présumées qui étaient des filles plus jeunes, c’est-à-dire âgées de 12 à 14 ans (19 %), des femmes de 18 à 24 ans (13 %) et des femmes de 25 ans et plus (4 %).

Les taux de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents déclarée par la police sont les plus élevés dans les territoires et les provinces des Prairies

Selon les recherches effectuées à ce jour, ce sont deux territoires qui affichent les taux les plus élevés de crimes violents dans l’ensemble, y compris la violence envers les jeunes et entre partenaires intimes (Conroy, 2021b; Conroy, 2018; Moreau, 2022). En 2022, la violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents déclarée par la police n’a pas fait exception : les taux les plus élevés ont été observés au Nunavut (2 142 victimes pour 100 000 personnes; N = 46) et dans les Territoires du Nord-Ouest (1 646 victimes pour 100 000 personnes; N = 29) (tableau 4). Au Yukon, le taux de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents (385 victimes pour 100 000 personnes; N = 5) était toutefois inférieur à celui de quatre provinces.

Parmi les provinces, le taux le plus élevé de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents déclarée par la police en 2022 a été enregistré en Saskatchewan (627 victimes pour 100 000 personnes; N = 273); venaient ensuite le Manitoba (574 victimes pour 100 000 personnes; N = 288) et le Nouveau-Brunswick (424 victimes pour 100 000 personnes; N = 105). Ces taux étaient en grande partie attribuables aux affaires de violence envers les filles, chez qui la même tendance a été observée (1 119, 1 070 et 757 victimes pour 100 000 personnes, respectivement). Pour ce qui est des taux de violence dans le cadre de fréquentations chez les garçons, le taux provincial le plus élevé a encore une fois été observé en Saskatchewan (137 victimes pour 100 000 personnes; N = 30). Contrairement aux tendances générales, c’est Terre-Neuve-et-Labrador qui affichait le taux suivant en importance (110 victimes pour 100 000 personnes; N = 9), suivie de près par la Nouvelle-Écosse (106 pour 100 000 personnes; N = 16).

Les taux de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents sont plus élevés dans les régions rurales que dans les régions urbaines

Les données canadiennes ont toujours montré des taux de crimes violents plus élevés dans les régions rurales que dans les régions urbaines (Conroy, 2021b; Perreault, 2023; Perreault, 2019; Sutton, 2023), et les données actuelles appuient les tendances antérieures. En 2022, le taux global d’affaires de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents déclarées par la police, dans lesquelles les victimes étaient âgées de 15 à 17 ans, était deux fois plus élevé dans les régions rurales que dans les régions urbaines (478 par rapport à 241 pour 100 000 personnes)Note  . Toutefois, le taux élevé de violence en milieu rural était en grande partie attribuable à la violence déclarée par la police dans les régions rurales du Nord (tableau 4)Note  . Plus précisément, en 2022, le taux de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents s’élevait à 1 154 victimes pour 100 000 personnes dans les régions rurales du Nord, ce qui représente un taux près de quatre fois plus élevé que celui observé dans les régions rurales du Sud (317) et environ cinq fois plus élevé que celui enregistré dans les régions urbaines (241).

Parmi les provinces, les différences les plus marquées ont été observées en Saskatchewan, où le taux de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents dans les régions rurales du Nord (3 870 victimes pour 100 000 personnes; N = 86) était 10 fois plus élevé que celui enregistré dans les régions rurales du Sud (403 victimes pour 100 000 personnes; N = 59), et 8 fois plus élevé que celui observé dans les régions urbaines (480 victimes pour 100 000 personnes; N = 128). De même, au Manitoba, le taux enregistré dans les régions rurales du Nord (2 017 victimes pour 100 000 personnes; N = 85) était environ 7 fois plus élevé que celui observé dans les régions rurales du Sud (290 victimes pour 100 000 personnes; N = 39), et 4 fois plus élevé que celui constaté dans les régions urbaines (505 victimes pour 100 000 personnes; N = 164).

Bien que les chiffres soient faibles dans les régions rurales, les réalités vécues par les adolescents qui subissent de la violence dans le cadre de fréquentations dans ces régions peuvent s’expliquer par des difficultés à éviter leurs agresseurs dans les petites collectivités, par le manque d’anonymat, par un accès limité à du soutien social ou aux services offerts aux victimes de violence entre partenaires intimes, et par des obstacles plus importants à la recherche d’aide (Edwards et autres, 2014; Moffitt et autres, 2020).

Selon les données policières, les taux de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents sont les plus élevés à Lethbridge, à Kingston, dans le Grand Sudbury et à Peterborough

Il s’ensuit que le taux de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents était plus faible dans les régions métropolitaines de recensement (RMR)Note  que dans les régions autres que les RMR (206 par rapport à 463) (tableau 5). Cela dit, le taux observé dans certaines RMR a dépassé la moyenne enregistrée dans les régions autres que les RMR. Par exemple, le taux de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents le plus élevé a été enregistré à Lethbridge (537 victimes pour 100 000 personnes; N = 25); venaient ensuite Kingston (509 victimes pour 100 000 personnes; N = 26), le Grand Sudbury (474 victimes pour 100 000 personnes; N = 25) et Peterborough (465 victimes pour 100 000 personnes; N = 18). Tous ces taux étaient supérieurs au taux moyen enregistré dans les régions autres que les RMR (463). Toutefois, la population de chacune des RMR susmentionnées est relativement petite. Les faibles nombres ont ainsi une plus grande incidence sur les taux que ce n’aurait été le cas dans de grandes RMR. En revanche, les taux les plus faibles de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents ont été observés à Calgary (N = 76; taux de 137), à Toronto (N = 267; taux de 144), à Barrie (N = 15; taux de 158) et à Windsor (N = 18; taux de 159).

Les taux de violence sexuelle dans les relations amoureuses sont les plus élevés chez les adolescents par rapport à d’autres groupes plus âgés

Les recherches menées à ce jour ont révélé que les jeunes sont les plus susceptibles d’être victimes de violence sexuelle (Cotter et Savage, 2019), les taux étant relativement élevés chez les adolescents, c’est-à-dire les jeunes de 12 à 18 ans (National Sexual Violence Resource Center, 2018). Les données déclarées par la police en 2022 ont également fait ressortir une tendance semblable pour les infractions d’ordre sexuel commises contre des adolescents de 15 à 17 ans dans le cadre de relations amoureusesNote  . Plus précisément, les victimes adolescentes affichaient des taux plus élevés (60 pour 100 000 personnes) de violence sexuelle dans les relations amoureuses que d’autres formes de violence (p. ex. les voies de fait ou le harcèlement criminel).

Le taux d’infractions d’ordre sexuel chez les victimes âgées de 15 à 17 ans était également plus élevé que celui observé chez les victimes de 18 à 24 ans (43) et chez celles de 25 ans et plus (9) (tableau 6). Ces tendances en matière de déclaration peuvent être liées à des différences démographiques, indiquer une sensibilisation accrue du public à la violence sexuelle, illustrer une éducation plus complète sur le consentement dans les écoles canadiennes, ou être une combinaison de tous ces éléments. À l’instar de la violence sexuelle en général, le taux de violence sexuelle dans le cadre de fréquentations chez les adolescents était en grande partie attribuable à la violence envers les filles (116 victimes pour 100 000 personnes) et, plus précisément, aux agressions sexuelles perpétrées contre des filles (90).

Selon les données policières, les agressions sexuelles (niveau 1, 2 ou 3) représentaient 76 % des infractions d’ordre sexuel commises contre des adolescents dans le cadre de relations amoureuses. En ce qui concerne la proportion restante de 24 % que constituaient les autres infractions d’ordre sexuel contre des adolescents de 15 à 17 ans déclarées par la police, près de la moitié (46 %) concernaient des contacts sexuels et 38 % visaient la distribution non consensuelle d’images intimes (voir l’encadré 6 pour obtenir de plus amples renseignements)Note  .

Après les infractions d’ordre sexuel, ce sont les voies de fait (54 victimes pour 100 000 personnes) qui affichaient le deuxième taux en importance en matière de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents, principalement les voies de fait simples (niveau 1) (38). Le taux de voies de fait dans le cadre de fréquentations contre des victimes adolescentes était quatre fois plus faible que celui enregistré chez les victimes de 18 à 24 ans (224) et environ une fois et demie plus faible que celui observé chez les victimes de 25 ans et plus (88).

Début de l'encadré 6

Encadré 6
Affaires de violence commise au moyen de la technologie dans le cadre de fréquentations chez les adolescents qui ont été déclarées par la police

Les Canadiens en général, et les jeunes en particulier, vivent dans un monde de plus en plus numérique, où la grande majorité d’entre eux demeurent connectés tout au long de la journée, utilisant Internet pour diverses raisons, notamment l’accès à l’information, le télétravail, l’apprentissage en ligne, les relations sociales et le divertissement (Hango, 2023; Schimmele et autres, 2021). En effet, selon des données canadiennes récentes, 99,6 % des adolescents de 15 à 19 ans avaient utilisé Internet au cours des trois mois précédents, 92 % utilisaient régulièrement les médias sociaux (Schimmele et autres, 2021)Note  et 93 % des adolescents de 14 à 17 ans ont déclaré avoir leur propre téléphone intelligent (HabiloMédias, 2022). Étant donné la nature omniprésente d’Internet, le fait de subir de la violence qui transcende l’espace physique est devenu possible et plutôt courant chez les jeunes au Canada (Hango, 2023). Selon les données policières, 6 % des 3 453 victimes de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents ont été agressées en ligne. Proportionnellement plus d’adolescents que d’adolescentes ont déclaré avoir fait l’objet de violence dans le cadre de fréquentations en ligne (8 % par rapport à 6 %).

Selon les données déclarées par la police, depuis 2018, la proportion de la violence en ligne dans le cadre de fréquentations chez les adolescents a augmenté de 11 % (passant de 5,6 % en 2018 à 6,2 % en 2022); elle a atteint un sommet en 2020 (7,7 %), avant de diminuer. En raison de la pandémie de COVID-19, une transition immédiate des interactions en personne aux interactions en ligne a été nécessaire, ce qui a probablement poussé les affaires de violence commise au moyen de la technologie déclarées par la police vers un sommet en 2020. Les proportions ont ensuite diminué pour s’établir à des niveaux comparables à ceux enregistrés avant la pandémie. L’examen du sous-ensemble des personnes qui ont subi de la violence en ligne dans le cadre de fréquentations en 2022 a révélé que plus de 4 adolescents sur 10 (44 %) ont été victimes d’infractions sexuelles, dont plus de la moitié (53 %) concernaient la distribution non consensuelle d’images intimesNote  . À l’instar des tendances générales observées relativement aux infractions d’ordre sexuel, la grande majorité (91 %) des victimes d’infractions sexuelles étaient des filles.

Les autres proportions les plus marquées de violence en ligne dans les relations amoureuses chez les adolescents étaient liées aux menaces (15 %), aux communications indécentes ou harcelantes (14 %), au harcèlement criminel (13 %) et à l’extorsion (8 %). Mis à part le harcèlement criminel, ces infractions ont été vécues par une proportion plus élevée de garçons que de filles. Plus précisément, près de 1 garçon sur 4 (23 %) victime de cybercriminalité dans le contexte d’une relation amoureuse a déclaré avoir fait l’objet de communications indécentes ou harcelantes, 17 % des garçons ont indiqué avoir fait l’objet d’extorsion et 17 % ont reçu des menacesNote  .

À titre de comparaison, chez les personnes de 18 à 24 ans, moins d’infractions en ligne dans le contexte d’une relation amoureuse étaient de nature sexuelle (24 %) mais, parmi celles qui l’étaient, la plupart étaient liées à la distribution non consensuelle d’images intimes (75 %). La plus grande proportion d’infractions de cybercriminalité concernait plutôt les communications indécentes ou harcelantes (25 %), suivies de près par le harcèlement criminel (22 %). De plus petites proportions étaient liées aux menaces (12 %) et à l’extorsion (9 %).

Chez les victimes de 25 ans et plus, une plus faible proportion (12 %) des infractions de cybercriminalité étaient de nature sexuelle et, encore une fois, la grande majorité de ces infractions étaient liées à la distribution non consensuelle d’images intimes (83 %). Contrairement à ce qui a été observé chez les autres groupes d’âge, l’infraction de cybercriminalité la plus courante était le harcèlement criminel (33 %); venaient ensuite les communications indécentes ou harcelantes (31 %), les menaces (15 %) et l’extorsion (4 %).

Fin de l’encadré 6

Les agresseurs de la plupart des adolescents victimes de violence dans le cadre de fréquentations ont eu recours à la force physique

Selon les données déclarées par la police, en 2022, les agresseurs de près des deux tiers (63 %) des adolescents victimes de violence dans le cadre de fréquentations ont eu recours à la force physique et environ 1 victime sur 10 (11 %) a été impliquée dans une affaire dans laquelle une arme était présente (tableau 7). Il convient de souligner que, parmi les victimes de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents, une plus grande proportion de garçons que de filles ont subi de la violence sous la menace d’une arme (15 % par rapport à 11 %). Cette tendance, qui a également été observée dans les groupes plus âgés, appuie les données canadiennes antérieures révélant que des armes étaient plus souvent présentes dans les affaires de violence dans le cadre de fréquentations dans lesquelles la victime était un homme ou un garçon (Hotton, 2010).

Au total, 1 victime sur 10 de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents a été agressée à l’école

La plus grande proportion (69 %) des adolescents victimes de violence dans le cadre de fréquentations ont été agressés dans un lieu privéNote  , mais près de 1 adolescent sur 10 (9 %) a subi cette violence à l’écoleNote  (tableau 7). Cela dit, une plus grande proportion de garçons que de filles ont été agressés dans un lieu extérieurNote  (18 % par rapport à 14 %) ou à l’école (14 % par rapport à 9 %). En revanche, une plus grande proportion de filles que de garçons ont été victimes de violence dans le cadre de fréquentations dans un lieu privé (70 % par rapport à 58 %). Les filles de 15 à 17 ans semblent donc être plus vulnérables à la violence dans le cadre de fréquentations dans des lieux privés que leurs homologues masculins.

Quel que soit le genre de la victime, les deux tiers (66 %) des affaires de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents se produisent en après-midi ou en soirée, une proportion plus élevée que celle observée chez les personnes de 18 à 24 ans (58 %) ou chez celles de 25 ans et plus (59 %). Cet écart dans les tendances entre les groupes d’âge est principalement attribuable au plus grand nombre d’affaires de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents qui ont lieu en après-midi (33 %), une proportion plus marquée que celle qui a été enregistrée chez les groupes plus âgés (27 % pour chacun des groupes).

Moins d’affaires de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents commises contre des garçons ont été classées par mise en accusation, comparativement aux affaires commises contre des filles

Selon les données déclarées par la police, en 2022, 4 affaires sur 10 (39 %) de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents dans lesquelles les victimes étaient âgées de 15 à 17 ans n’ont pas été classées, ce qui signifie que l’affaire faisait toujours l’objet d’une enquête, que la preuve était insuffisante pour procéder à une mise en accusation, ou que le plaignant refusait de collaborer (l’auteur présumé n’avait pas été identifié). Cette proportion était un peu plus élevée que les proportions enregistrées chez les groupes plus âgés, chez qui un peu plus du quart des affaires de violence dans le cadre de fréquentations perpétrées contre des victimes de 18 à 24 ans (26 %) et de 25 ans et plus (27 %) n’ont pas été classées.

La police a déclaré 1 763 affaires de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents de 15 à 17 ans pour lesquelles on comptait une seule victime et un seul auteur présuméNote  . De ce nombre, la grande majorité (83 %) de ces affaires ont été classées par le dépôt ou la recommandation d’une accusationNote  . Cette proportion était en grande partie attribuable aux victimes de genre féminin : 84 % des affaires de violence dans le cadre de fréquentations commises contre une fille ont été classées par mise en accusation, comparativement à 68 % des affaires perpétrées contre un garçon. La proportion restante de 13 % des affaires de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents ont été classées sans mise en accusation, dont environ la moitié (51 %) parce que la victime a demandé qu’aucune autre mesure ne soit prise (lorsqu’un auteur présumé avait été identifié), le tiers (32 %) en raison du pouvoir discrétionnaire du service de police et 10 % parce que l’auteur présumé a été aiguillé vers un programme de déjudiciarisationNote  (graphique 4).

Graphique 4 début

Graphique 4 Proportion d’affaires de violence dans le cadre de fréquentations chez les jeunes qui ont été déclarées par la police et classées sans mise en accusation, selon le genre de la victime et le type de classement, Canada, 2022

Tableau de données du graphique 4 
Tableau de données du graphique 4
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 4. Les données sont présentées selon Type de classement (titres de rangée) et Filles de 15 à 17 ans, Garçons de 15 à 17 ans et Total, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Type de classement Filles de 15 à 17 ans Garçons de 15 à 17 ans Total
pourcentage
La victime a demandé qu’aucune autre
mesure ne soit prise
54 37 51
Pouvoir discrétionnaire du service de police 29 46 32
Raisons indépendantes de la volonté du service de police 2 2 2
Programmes de déjudiciarisation 9 15 10
Autre type de classement 5 0 5

Graphique 4 fin

Encore une fois, ces constatations sont en grande partie attribuables aux victimes de genre féminin. Les raisons pour lesquelles les affaires de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents ont été classées sans mise en accusation différaient considérablement lorsque la victime était un garçon : le plus souvent, l’affaire a été classée sans mise en accusation en raison du pouvoir discrétionnaire du service de police (46 %), ensuite, parce que la victime a demandé qu’aucune autre mesure ne soit prise (37 %) et, enfin, parce que l’auteur présumé a été aiguillé vers un programme de déjudiciarisation (15 %).

Résumé

Dans le présent article de Juristat, plusieurs sources de données — dont des données d’enquête autodéclarées et des données administratives déclarées par la police — ont été analysées afin d’examiner la prévalence, les caractéristiques, les facteurs de risque et les conséquences de la violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents au Canada. Étant donné qu’il arrive souvent que de nombreuses formes de violence, y compris la violence dans le cadre de fréquentations, ne soient pas signalées à la police, et que les comportements violents n’atteignent pas tous le seuil criminel, l’utilisation complémentaire des données autodéclarées contribue à brosser le tableau le plus complet de la violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents au Canada.

Selon les données de l’Enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés (ESEPP) de 2018, 45 % des adolescents de 15 à 17 ans ont déclaré avoir été victimes d’une forme de violence quelconque de la part d’un partenaire amoureux depuis l’âge de 15 ans. La violence psychologique était la plus courante, touchant 45 % des adolescents. Au total, 1 adolescent sur 10 (10 %) a été victime de violence physique dans une relation amoureuse, et 4 % ont été victimes de violence sexuelle.

De 2009 à 2022, plus de 40 000 adolescents de 15 à 17 ans ont été victimes de violence dans le cadre de fréquentations déclarée par la police au Canada, ce qui représente un taux moyen de 239 victimes pour 100 000 personnes. Après une période de baisse observée de 2009 à 2014 (-22 %), les taux de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents ont augmenté de 33 % depuis 2015. Des hausses semblables ont été observées chez les filles et chez les garçons. Malgré des augmentations similaires enregistrées d’une année à l’autre entre les genres, en 2022, le taux de violence dans le cadre de fréquentations était environ neuf fois plus élevé chez les filles que chez les garçons.

Selon les données policières, en 2022, les taux les plus élevés de violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents concernaient des infractions d’ordre sexuel, une constatation qui différait par rapport aux groupes de 18 ans et plus, chez qui les taux les plus élevés concernaient plutôt des voies de fait. De même, la violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents était plus susceptible d’être commise en après-midi et à l’école par rapport à ce qui a été observé dans les groupes de référence. En outre, une plus faible proportion d’affaires de violence dans le cadre de fréquentations contre des victimes adolescentes ont été classées par mise en accusation, une situation qui peut s’expliquer par le fait que les auteurs présumés étaient eux-mêmes des jeunes, dans une grande proportion. Les expériences négatives vécues à l’adolescence sont liées à une mauvaise santé mentale, à un faible niveau de scolarité et à une augmentation de la consommation de substances qui pourraient mener à une victimisation accrue plus tard à l’âge adulte. Par conséquent, les mesures de lutte contre la violence dans le cadre de fréquentations chez les adolescents sont essentielles pour assurer la sécurité, la santé et le bien-être des jeunes au Canada.

Tableaux de données détaillés

Tableau 1 Types de violence vécue dans le cadre de relations amoureuses depuis l’âge de 15 ans chez les adolescents de 15 à 17 ans, selon le genre, Canada, 2018

Tableau 2 Expériences de violence vécues dans le contexte d’une relation intime au cours des 12 mois précédents, selon le groupe d’âge, le type de violence et le genre, Canada, 2018

Tableau 3 Attitudes à l’égard de la violence et du contrôle dans les relations intimes, selon le groupe d’âge et le genre, Canada, 2018

Tableau 4 Crimes violents chez les partenaires amoureux, affaires déclarées par la police, selon le groupe d’âge, le genre, la province ou le territoire et la région urbaine ou rurale, Canada, 2022

Tableau 5 Crimes violents chez les partenaires amoureux, affaires déclarées par la police, selon le groupe d’âge, le genre et la région métropolitaine de recensement, Canada, 2022

Tableau 6 Crimes violents chez les partenaires amoureux, affaires déclarées par la police, selon le groupe d’âge, le genre et le type d’infraction, Canada, 2022

Tableau 7 Victimes de crimes violents chez les partenaires amoureux, affaires déclarées par la police, selon le groupe d’âge, le genre et les caractéristiques de l’affaire, Canada, 2022

Description de l’enquête

Enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés

En 2018, Statistique Canada a mené le premier cycle de l’Enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés (ESEPP). Cette enquête a pour objet de recueillir des renseignements sur les expériences vécues par les Canadiens en public, au travail, en ligne et dans leurs relations intimes.

La population cible de l’ESEPP est composée des Canadiens de 15 ans et plus résidant dans les provinces et les territoires. Les personnes vivant en établissement ne sont pas incluses, ce qui signifie que les résultats de l’enquête pourraient ne pas tenir compte des expériences de violence de la part d’un partenaire intime des personnes vivant dans un refuge, un établissement ou un autre type de logement collectif. Une fois qu’un ménage était joint, une personne de 15 ans et plus était sélectionnée au hasard pour participer à l’enquête.

Dans les provinces, la collecte des données s’est déroulée d’avril à décembre 2018, inclusivement. Les réponses ont été obtenues au moyen d’un questionnaire à remplir soi-même en ligne ou d’un questionnaire rempli par un intervieweur au téléphone. Les répondants ont été en mesure de répondre dans la langue officielle de leur choix. La taille de l’échantillon dans les 10 provinces s’établissait à 43 296 répondants. Le taux de réponse dans les provinces se situait à 43,1 %.

Dans les territoires, la collecte des données s’est déroulée de juillet à décembre 2018, inclusivement. Les réponses ont été obtenues au moyen d’un questionnaire à remplir soi-même en ligne ou d’un questionnaire rempli par un intervieweur en personne. Les répondants ont été en mesure de répondre dans la langue officielle de leur choix. La taille de l’échantillon dans les trois territoires s’établissait à 2 597 répondants. Le taux de réponse dans les territoires se situait à 73,2 %.

Parmi les non-répondants figuraient les personnes qui ont refusé de participer à l’enquête, celles qui ne pouvaient pas être jointes et celles qui ne parlaient ni le français ni l’anglais. Les chiffres des répondants de l’échantillon ont été pondérés afin que leurs réponses représentent la population canadienne de 15 ans et plus ne vivant pas en établissement.

Limites des données

Comme c’est le cas pour toutes les enquêtes auprès des ménages, les données comportent certaines limites. Les résultats reposent sur un échantillon et sont donc sujets à des erreurs d’échantillonnage. Des résultats légèrement différents auraient pu être obtenus si la population entière avait participé à l’enquête.

En ce qui a trait à la qualité des estimations, les limites inférieure et supérieure des intervalles de confiance sont présentées. Les intervalles de confiance doivent être interprétés de la façon suivante : si l’enquête devait être répétée à de nombreuses reprises, 95 % du temps (ou 19 fois sur 20), l’intervalle de confiance couvrirait la valeur de la population réelle.

Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l’affaire

Le Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC) fondé sur l’affaire sert à recueillir des renseignements détaillés sur les affaires criminelles qui ont été portées à l’attention des services de police canadiens. Ces renseignements comprennent les caractéristiques liées aux affaires, aux victimes et aux auteurs présumés. En 2022, les données représentaient les services de police desservant 99 % de la population du Canada.

Une affaire peut comprendre plus d’une infraction. Par souci de comparabilité, les chiffres sont présentés en fonction de l’infraction la plus grave en lien avec l’affaire, qui est déterminée d’après une règle de classification normalisée utilisée par tous les services de police.

L’âge de la victime est calculé en fonction de la date de fin d’une affaire déclarée par la police. Certaines victimes subissent de la violence au cours d’une certaine période, parfois pendant des années, et la police peut considérer qu’il s’agit d’une seule affaire continue. Il n’existe pas de renseignements sur le nombre et la date des différentes affaires pour ces victimes de violence continue. Sont exclues de l’analyse les victimes dont l’âge était supérieur à 110 ans en raison de la possibilité que les affaires pour lesquelles l’âge était inconnu aient été classées incorrectement dans cette catégorie d’âge.

L’option permettant à la police de coder les victimes comme des personnes de « diverses identités de genre » dans le Programme DUC a été ajoutée en 2018. Dans le contexte du Programme DUC, une personne de « diverses identités de genre » est une personne qui exprime publiquement un genre ni exclusivement masculin ni exclusivement féminin. Compte tenu de l’existence possible d’un petit nombre de victimes identifiées comme étant de « diverses identités de genre », les données du Programme DUC accessibles au public ont été recodées de manière à répartir les victimes selon les catégories « genre masculin » ou « genre féminin » en fonction de la répartition régionale des victimes selon le genre. Ce recodage assure la protection de la confidentialité et de la vie privée des victimes.

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