Les armes à feu et les crimes violents au Canada, 2022

par Samuel Perreault

Début de l'encadré

Faits saillants

  • Les services de police au Canada ont déclaré environ 14 000 crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu en 2022. C’est près de 1 400 affaires de plus que l’année précédente.
  • Le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu s’est établi à 36,7 affaires pour 100 000 personnes en 2022, en hausse de 8,9 % par rapport à 2021 (33,7 affaires pour 100 000 personnes). Il s’agit du taux le plus élevé enregistré depuis que des données comparables ont commencé à être recueillies en 2009.
  • La hausse du taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu par rapport à 2021 est principalement attribuable à des augmentations relativement importantes du nombre d’affaires en Ontario (1 016 affaires de plus, hausse du taux de 24 %), au Nouveau-Brunswick (64 affaires de plus, hausse du taux de 24 %) et en Colombie-Britannique (194 affaires de plus, hausse du taux de 12 %).
  • À Toronto, la plus grande région métropolitaine de recensement (RMR) au pays, la proportion de crimes violents qui ont été commis à l’aide d’une arme à feu (4,7 %) était la deuxième en importance parmi les RMR. Le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu (43,2 affaires pour 100 000 personnes) a augmenté de 36 % par rapport à 2021 et de 93 % depuis le creux enregistré en 2013.
  • Les deux autres plus grandes RMR au pays ont également vu leur taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu augmenter en 2022. À Montréal, le taux (28,0 affaires pour 100 000 personnes) était en légère hausse (+0,4 %) par rapport à 2021 et suivait une augmentation de 12 % de 2020 à 2021. À Vancouver, le taux (23,6 affaires pour 100 000 personnes) était en hausse de 24 % par rapport à 2021.
  • De 2009 à 2013, le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu au Canada a connu une baisse relativement importante, le taux ayant diminué de 30 % (33,9 à 23,7 affaires pour 100 000 personnes). Depuis, le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu est reparti à la hausse.
  • Tant le taux de crimes violents que le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu ont augmenté depuis 2013, mais la hausse a été plus importante dans le cas des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu (+55 % par rapport à +24 %). Ainsi, le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu augmente parce que les crimes violents en général sont en hausse, mais aussi parce que ceux-ci sont proportionnellement de plus en plus nombreux à être commis à l’aide d’une arme à feu (2,8 % des crimes violents en 2022 par rapport à 2,2 % en 2013).
  • On observe une hausse du taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu pour presque toutes les infractions avec violence. Au cours des dernières années, les vols qualifiés étaient l’un des rares crimes dont le taux était à la baisse, que ceux-ci aient été commis ou non à l’aide d’une arme à feu. Le taux de vols qualifiés commis à l’aide d’une arme à feu a toutefois affiché une hausse en 2022 (de 7,9 affaires pour 100 000 personnes en 2021 à 9,8 en 2022).
  • Le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu a été en grande partie poussé à la hausse par les infractions avec violence se rapportant explicitement aux armes à feu — la décharge d’une arme à feu avec une intention particulière, l’usage d’une arme à feu lors de la perpétration d’un acte criminel et le fait de braquer une arme à feu. Le taux, qui a plus que doublé depuis 2013, a atteint 12,2 affaires pour 100 000 personnes en 2022.
  • Toutes les provinces et tous les territoires ont vu leur taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu augmenter depuis le creux de 2013. Les hausses les plus importantes ont été enregistrées dans les Territoires du Nord-Ouest (+303 %), en Saskatchewan (+165 %), au Yukon (+149 %) et au Nouveau-Brunswick (+126 %).
  • Parmi les provinces, la Saskatchewan (109,6 affaires pour 100 000 personnes) a enregistré le taux le plus élevé de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu en 2022, alors que l’Île-du-Prince-Édouard a affiché le taux le plus faible (10,0 affaires pour 100 000 personnes).
  • Regina (83,0 affaires pour 100 000 personnes, 7,0 % des crimes violents) a enregistré le taux et le pourcentage de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu les plus élevés parmi les RMR en 2022.
  • La hausse du taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu observée de 2013 à 2022 a été particulièrement marquée dans les territoires (+139 %) et les régions rurales du nord des provinces (+141 %). Dans les régions urbaines du sud des provinces, le taux a augmenté de 45 % durant cette période.
  • L’augmentation du taux de crimes commis violents à l’aide d’une arme à feu s’observe pour tous les types d’armes à feu. Ce sont toutefois les crimes violents commis à l’aide d’une arme de poing (+50 %) et ceux de la catégorie des armes semblables à une arme à feu ou des types inconnus d’armes à feu (+76 %) qui ont le plus augmenté depuis 2013.
  • En 2022, 1,7 % des victimes de crimes violents ayant subi des blessures ont été blessées par une arme à feu. Cette proportion variait toutefois selon la gravité des blessures : une arme à feu était en cause dans 1,0 % des blessures mineures, 8,6 % des blessures graves et 40 % des blessures mortelles.
  • Contrairement aux crimes violents en général, pour lesquels la plupart (53 %) des victimes ont été des femmes, les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu ont ciblé majoritairement des hommes en 2022 (66 %). Les hommes ont aussi représenté environ 8 personnes blessées par une arme à feu sur 10.
  • À l’instar des crimes violents en général, la grande majorité (89 %) des auteurs présumés de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu en 2022 étaient des hommes. Le taux d’auteures présumées a toutefois davantage augmenté au cours des 10 dernières années (+88 % par rapport à +26 % chez les hommes).
  • Comparativement aux crimes violents en général, les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu étaient plus susceptibles d’impliquer plus d’un auteur présumé (25 % par rapport à 6,0 %) ou de faire plus d’une victime (22 % par rapport à 10 %).
  • Les crimes attribuables aux organisations criminelles ou aux gangs représentaient 4,3 % des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu en 2022. Cette proportion est plus élevée que celle observée pour les crimes violents en général (0,3 %). De plus, 9,4 % des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu ayant causé des blessures graves et près de la moitié de ceux ayant causé le décès de la victime étaient attribuables aux organisations criminelles.
  • Le taux d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu a atteint 0,88 affaire pour 100 000 personnes en 2022, soit le taux le plus élevé enregistré depuis 1991. Depuis 2016, les armes à feu sont la principale méthode pour perpétrer des homicides, devant les couteaux et les autres objets pointus. Cette hausse est en grande partie attribuable aux homicides commis à l’aide d’une arme de poing.

Fin de l'encadré

Les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu représentent une faible proportion des crimes au Canada, tant parmi les crimes déclarés par la police que parmi les crimes déclarés par les Canadiens dans le cadre d’enquêtes sur la victimisation. Cependant, les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu représentent une part plus importante des crimes les plus graves — comme les homicides, les tentatives de meurtre, les vols qualifiés et les voies de fait graves — ainsi que des crimes liés aux gangs.

Les crimes violents commis au moyen d’une arme à feu peuvent avoir d’importantes répercussions négatives pour les personnes et les communautés qui sont touchées. Parmi celles-ci, on compte les blessures corporelles, lesquelles sont souvent plus graves, voire mortelles, comparativement à celles découlant de crimes commis au moyen d’autres types d’armes. L’exposition à la violence par armes à feu est aussi reconnue pour entraîner des répercussions sur la santé mentale (Holloway et autres, 2023; Turner et autres, 2019). Les blessures corporelles et les répercussions sur la santé mentale peuvent entraîner des coûts importants pour le système de santé. En outre, les crimes commis à l’aide d’une arme à feu peuvent entraîner des répercussions négatives au chapitre des perceptions à l’égard de la criminalité et de la sécurité, notamment en raison de l’importante couverture médiatique dont ces affaires font parfois l’objet. Il a aussi été établi qu’une hausse ou un niveau élevé de crimes commis à l’aide d’une arme à feu peut entraîner des répercussions négatives sur l’économie et le bien-être d’une communauté (Glasser et autres, 2022; Irvin-Erickson et autres, 2017).

Ainsi, les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu demeurent une préoccupation importante en matière de sécurité publique et de justice, et les enjeux entourant le contrôle des armes à feu alimentent régulièrement le débat public. Au cours des dernières années, divers changements législatifs, mécanismes de financement et programmes visant à réduire et à prévenir ce type de crime ont été proposés ou mis en œuvre (Sécurité publique Canada, 2021, 2 décembre; Sécurité publique Canada, 2023, 3 novembre).

En s’appuyant sur les données du Programme de déclaration uniforme de la criminalité et de l’Enquête sur les homicides, on examine, dans le présent article de Juristat, les tendances les plus récentes au chapitre des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu, ainsi que certaines caractéristiques de ces affaires, de leurs victimes et de leurs auteurs présumés.

Le présent article a été produit avec l’aide financière de Sécurité publique Canada.

Le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu atteint un sommet en 14 ans

En 2022, les services de police au Canada ont déclaré près de 14 000 crimes violents commis à l’aide d’une arme à feuNote  (voir la définition à l’encadré 1), ce qui représente 2,8 % de l’ensemble des crimes violents déclarés par la police cette année-là (tableau 1).

Le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu s’est établi à 36,7 affaires pour 100 000 personnes en 2022. Il s’agit d’une hausse de 8,9 % par rapport à l’année précédente, au cours de laquelle le taux avait atteint 33,7 affaires pour 100 000 personnes. Par ailleurs, les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu ont augmenté plus rapidement que les autres types de crimes violents. De 2021 à 2022, le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu a augmenté de 8,9 %, alors que la hausse a été de 2,7 % pour l’ensemble des crimes violents (graphique 1).

Graphique 1 début

Graphique 1 Affaires et victimes de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu déclarées par la police, Canada, 2009 à 2022

Tableau de données du graphique 1 
Tableau de données du graphique 1
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 1. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Affaires de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu, Victimes de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu et Ensemble des crimes violents (affaires), calculées selon taux pour 100 000 personnes unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Affaires de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu Victimes de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu Ensemble des crimes violents (affaires)
taux pour 100 000 personnes
2009 33,9 29,4 1 300,8
2010 29,3 25,3 1 267,7
2011 28,4 24,6 1 217,0
2012 27,2 23,1 1 174,4
2013 23,7 20,4 1 075,1
2014 25,0 21,5 1 025,8
2015 28,6 24,4 1 048,8
2016 28,8 24,5 1 046,6
2017 30,5 26,0 1 079,5
2018 30,2 25,3 1 116,6
2019 32,5 26,5 1 244,7
2020 34,1 27,4 1 231,5
2021 33,7 26,9 1 297,4
2022 36,7 29,2 1 332,2

Graphique 1 fin

Depuis que des données comparables ont commencé à être disponibles en 2009, le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu a atteint un creux en 2013 (23,7 affaires pour 100 000 personnes), à la suite duquel s’est amorcée une tendance généralement à la hausse. L’année 2021 avait marqué une certaine accalmie, le taux ayant reculé légèrement par rapport à 2020, avant de repartir à la hausse en 2022. Le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu en 2022 était ainsi 55 % plus élevé que le creux atteint en 2013.

La tendance pour l’ensemble des crimes violents, qu’ils aient été commis ou non à l’aide d’une arme à feu, est semblable à celle observée pour les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu. Le taux de crimes violents a atteint un creux en 2014, puis a amorcé une tendance générale à la hausse, ponctuée de quelques fluctuations annuelles. La hausse du taux de l’ensemble des crimes violents a toutefois été plus modeste qu’elle ne l’a été pour les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu. Par rapport au creux de 2014, le taux a augmenté de 30 %. En comparaison, le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu a grimpé de 55 % depuis le creux de 2013 et de 47 % depuis 2014.

La proportion de victimes dont les blessures sont attribuables à une arme à feu est en hausse

Dans le cadre du Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l’affaire, les services de police recueillent des renseignements sur les blessures subies par les victimes, notamment sur l’arme ayant causé les blessures. Les blessures causées par une arme à feu demeurent relativement rares : 1,7 % des blessures subies par les victimes de crimes violents avaient été causées par une arme à feu en 2022. Les autres victimes avaient été blessées par la force physique (74 %), un couteau ou un objet pointu (6,9 %), un liquide brûlant ou irritant comme du gaz poivre (4,6 %), un objet contondant (3,7 %) ou une autre arme (9,5 %) (graphique 2). La proportion de victimes dont les blessures avaient été causées par une arme à feu variait cependant selon la gravité des blessures. Dans le cas des victimes ayant subi des blessures mineures, une arme à feu était en cause dans 1,0 % des cas. Cette proportion augmentait pour se situer à 8,6 % chez les victimes ayant subi des blessures graves et à 40 % chez celles qui ont été blessées mortellement.

Graphique 2 début

Graphique 2 Victimes de crimes violents déclarés par la police ayant subi des blessures, selon l'arme ayant causé les blessures, Canada, 2009 à 2022

Tableau de données du graphique 2 
Tableau de données du graphique 2
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 2. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Arme à feu, Couteau ou objet pointu, Objet contondant, Liquide brûlant ou irritant et Autre arme, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Arme à feu Couteau ou objet pointu Objet contondant Liquide brûlant ou irritantTableau de données du graphique 2 Note 1 Autre arme
pourcentage
2009 1,2 5,4 3,5 0,0 10,5
2010 1,0 5,1 2,9 0,0 10,4
2011 0,9 5,2 3,0 0,0 10,6
2012 1,0 5,1 2,9 0,0 10,8
2013 1,0 5,6 2,9 0,2 10,1
2014 1,1 6,1 3,2 1,3 9,1
2015 1,3 6,1 3,3 2,0 9,1
2016 1,4 6,3 3,2 2,4 9,0
2017 1,5 6,6 3,4 3,0 8,8
2018 1,4 6,4 3,3 3,3 8,9
2019 1,5 6,5 3,3 3,7 9,0
2020 1,7 6,9 3,6 4,4 9,4
2021 1,7 6,7 3,8 4,6 9,7
2022 1,7 6,9 3,7 4,6 9,5

Graphique 2 fin

L’analyse des tendances révèle, d’une part, qu’une proportion accrue de victimes sont blessées après avoir été attaquées avec une arme, plutôt que d’avoir été blessées par des coups portés, par exemple. D’autre part, la proportion de victimes dont les blessures ont été causées par une arme à feu a augmenté plus rapidement que pour la plupart des autres types d’armes. En 2013, année au cours de laquelle le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu avait atteint un creux, 1,0 % des blessures subies par les victimes de crimes violents avaient été causées par une arme à feu. En 2022, cette proportion a augmenté de 76 % pour s’établir à 1,7 %. En comparaison, la proportion de victimes dont les blessures ont été causées par un couteau ou un objet tranchant a crû de 25 % durant cette période. Les proportions de victimes dont les blessures ont été causées par un objet contondant (+27 %) ou par une autre arme (+37 %) ont aussi augmenté depuis 2013.

Début de l'encadré 1

Encadré 1
La mesure des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu

Dans le contexte de cette analyse, un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu désigne un crime où une arme à feu était présente lors de la perpétration de l’infraction et pour lequel la police a jugé que l’arme à feu était pertinente au crime, que celle-ci ait été utilisée ou non. Les crimes ayant été commis à l’aide d’une arme semblable à une arme à feu, comme une imitation d’arme ou un fusil à plombs, sont également compris dans l’analyse. Les infractions se rapportant explicitement aux armes à feu — la décharge d’une arme à feu avec une intention particulière, le fait de braquer une arme à feu et l’usage d’une arme à feu lors de la perpétration d’un acte criminel — sont aussi comptabilisées comme des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu, y compris dans les cas où l’information sur l’arme était inconnue. L’information sur la présence d’une arme provient du Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l’affaire (DUC 2), dont la couverture représente environ 99 % de la population canadienne.

Différentes approches peuvent être utilisées pour mesurer la criminalité avec violence. Notamment, les analyses peuvent être fondées sur le nombre de victimes. Ainsi, lorsque plusieurs personnes sont victimes dans le cadre d’une même affaire, le crime est compté autant de fois qu’il y a de victimes. Cependant, pour certaines infractions avec violence déclarées dans le cadre du Programme DUC 2, il est possible que des renseignements sur les victimes ne soient pas fournisNote  . Dans le cas des infractions avec violence se rapportant explicitement aux armes à feu, un enregistrement relatif à la victime peut être fourni, mais il n’est pas requis. Il en va de même pour les vols qualifiés et les menaces. C’est pour cette raison qu’une autre façon de mesurer les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu consiste à tenir compte du nombre d’affaires plutôt que du nombre de victimes. Dans ce cas, chaque affaire est comptée de la même façon, qu’il y ait ou non des renseignements sur la ou les victimes, et peu importe le nombre de victimes.

Enfin, il existe une approche hybride, qui consiste à comptabiliser les affaires selon le nombre de victimes, mais qui inclut également les affaires pour lesquelles la police n’a pas fourni d’information sur les victimes, ces dernières comptant alors comme une seule affaire. C’est cette approche qui est habituellement utilisée pour la diffusion annuelle des statistiques sur les crimes déclarés par la police (Statistique Canada, 2023a).

Bien que différentes approches puissent être employées pour mesurer la criminalité par armes à feu, il convient de noter qu’elles donnent toutes lieu à des résultats relativement similaires. Ainsi, peu importe l’approche adoptée, les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu suivent, dans l’ensemble, une tendance à la hausse depuis le creux enregistré en 2013.

Cela dit, au cours des dernières années, la hausse des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu a été particulièrement marquée pour les crimes pour lesquels il n’y avait pas de renseignements sur les victimes, et elle a notamment été alimentée par les infractions se rapportant explicitement aux armes à feu, comme le fait de décharger une arme à feu. Ainsi, une approche comptabilisant uniquement les victimes peut sous-estimer la hausse de la criminalité par armes à feu. Par exemple, depuis le creux de 2013, le taux de victimes de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu a augmenté de 43 %, alors que la hausse est de 55 % lorsque l’on tient compte à la fois des victimes et des crimes pour lesquels on ne dispose pas de renseignements sur les victimes (approche hybride). Le fait de comptabiliser uniquement les affaires sans égard au nombre de victimes pose aussi certains enjeux. Les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu sont plus susceptibles de faire plusieurs victimes; le fait de comptabiliser uniquement les affaires entraînerait donc une sous-estimation de l’incidence de la violence par armes à feu par rapport à d’autres types de crimes. C’est la raison pour laquelle la présente étude est fondée sur une approche hybride, où chaque crime et chaque victime sont comptés. Ainsi, chaque victime est considérée comme une « affaire criminelle », de même que chaque crime pour lequel on ne dispose pas de renseignements sur les victimes; c’est donc dans ce sens que le terme « affaire » ou « crime » est utilisé dans le présent article.

Il est à noter que les plus récents articles de Juristat portant sur les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu étaient fondés sur le nombre de victimes plutôt que sur le nombre d’affaires. Les tendances notées dans cet article pourraient donc légèrement différer de ce qui a été publié dans les articles précédents.

Fin de l’encadré 1

Début de l'encadré 2

Encadré 2
Le signalement à la police des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu

Au Canada, les statistiques officielles sur la criminalité et la victimisation criminelle proviennent principalement de deux types de sources de données : d’une part, les données déclarées par la police (p. ex. le Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l’affaire, l’Enquête sur les homicides) et, d’autre part, les données tirées des enquêtes sur la victimisation autodéclarée (p. ex. l’Enquête sociale générale [ESG] sur la sécurité des Canadiens [victimisation], l’Enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés).

Les données présentées dans cet article reposent sur les données déclarées par la police. Ainsi, celles-ci se limitent aux crimes dont la police a pris connaissance. Or, seule une partie des crimes viennent effectivement à l’attention de la police. Selon les données de l’ESG sur la sécurité des Canadiens de 2019, un peu moins du quart (24 %) des crimes violents ont été signalés à la police. Cette proportion était deux fois plus élevée chez les hommes (36 %) que chez les femmes victimes (18 %), une différence en grande partie attribuable à la faible proportion d’agressions sexuelles qui sont signalées à la police (Cotter, 2021).

La taille de l’échantillon, combinée à la fréquence relativement faible des crimes commis à l’aide d’une arme à feu, ne permet pas de calculer un taux de signalement à la police des crimes commis à l’aide d’une arme à feu. Néanmoins, les données de l’ESG révèlent que les crimes violents dans lesquels une arme — une arme à feu, un couteau, un bâton ou une autre arme — était présente ont été signalés dans plus de la moitié (51 %) des cas.

Les crimes commis à l’aide d’une arme à feu représentaient 2,2 % des crimes violents déclarés dans le cadre de l’ESG de 2019. Cette proportion est légèrement inférieure à celle observée pour les crimes déclarés par la police en 2022 (2,8 %), ce qui pourrait refléter le fait que les crimes commis à l’aide d’une arme à feu sont plus susceptibles d’être signalés à la police que les crimes où aucune arme n’était présente.

Fin de l’encadré 2

On note une première hausse en cinq ans des vols qualifiés commis à l’aide d’une arme à feu

Depuis 2013, la majorité des infractions ont vu leur taux d’affaires commis à l’aide d’une arme à feu augmenter considérablement. Les vols qualifiés, qui représentaient un peu plus du quart des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu en 2022, ont cependant affiché une tendance bien différente. De 2013 à 2017, le taux a fluctué avec une tendance généralement à la hausse, puis a amorcé une baisse qui s’est accentuée avec l’arrivée de la pandémie de COVID-19 (pour de plus amples renseignements sur les répercussions de la pandémie de COVID-19 sur la criminalité, voir Moreau, 2022). En 2022, le taux de vols qualifiés commis à l’aide d’une arme à feu a toutefois connu un regain; il a augmenté de 24 % par rapport à 2021 (graphique 3). Il est possible que la hausse du taux de vols qualifiés commis à l’aide d’une arme à feu reflète un certain retour à la normale après la baisse enregistrée pendant les premières années de la pandémie de COVID-19. Cela dit, de 2021 à 2022, l’augmentation du taux de vols qualifiés commis au moyen d’une arme à feu (+24 %) a été plus importante que la hausse du taux de vols qualifiés n’ayant pas été commis au moyen d’une arme à feu (+14 %).

Graphique 3 début

Graphique 3 Affaires de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu déclarées par la police, selon l'infraction la plus grave, Canada, 2009 à 2022

Tableau de données du graphique 3 
Tableau de données du graphique 3
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 3. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Homicides, infractions causant la mort, tentatives de meurtre, Vols qualifiés, Agressions sexuelles, Voies de fait, Infractions relatives aux armes à feu (braquer, décahrger, usage), Menaces, extorsion et intimidation et Autres crimes violents, calculées selon taux pour 100 000 personnes unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Homicides, infractions causant la mort, tentatives de meurtre Vols qualifiés Agressions sexuelles Voies de fait Infractions relatives aux armes à feu (braquer, décahrger, usage) Menaces, extorsion et intimidation Autres crimes violents
taux pour 100 000 personnes
2009 1,73 15,48 0,25 6,90 5,23 2,68 1,62
2010 1,40 12,63 0,18 5,90 5,60 2,53 1,11
2011 1,27 12,45 0,15 5,92 5,50 2,18 0,95
2012 1,48 11,11 0,18 5,53 5,93 2,13 0,86
2013 1,22 9,33 0,20 4,78 5,56 1,92 0,73
2014 1,25 10,12 0,14 4,88 5,37 2,42 0,83
2015 1,58 11,78 0,23 5,06 6,57 2,46 0,90
2016 1,65 11,01 0,16 5,57 7,07 2,59 0,75
2017 1,77 11,81 0,22 5,51 7,64 2,73 0,87
2018 1,79 11,51 0,30 5,39 7,46 2,95 0,81
2019 1,90 10,92 0,25 5,93 9,42 3,24 0,79
2020 2,05 9,17 0,27 7,12 10,94 3,61 0,90
2021 1,89 7,94 0,39 7,33 11,63 3,52 1,03
2022 2,00 9,84 0,32 7,65 12,23 3,71 0,97

Graphique 3 fin

Des hausses du taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu ont aussi été notées pour la plupart des autres infractions. De 2021 à 2022, le taux d’homicides, d’autres infractions causant la mort et de tentatives de meurtre ayant été commis à l’aide d’une arme à feu a, dans l’ensemble, augmenté de 5,8 %. Le taux de menaces, d’extorsion et d’intimidation a affiché une hausse de 5,3 %, alors que le taux d’infractions se rapportant explicitement aux armes à feu a augmenté de 5,2 % (tableau 2). En revanche, le taux d’agressions sexuelles commises à l’aide d’une arme à feu a reculé de 18 %. Le taux d’agressions sexuelles commises à l’aide d’une arme à feu déclarées par la police en 2021 était toutefois le plus élevé à avoir été enregistré depuis 2009.

Les infractions se rapportant explicitement aux armes à feu sont la catégorie d’infractions dont le taux a le plus augmenté au cours des dernières années

Parmi les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu, les infractions se rapportant explicitement aux armes à feu représentent la catégorie d’infractions dont le taux a le plus augmenté au cours des dernières années. Depuis le creux de la criminalité par armes à feu atteint en 2013, le taux de ces infractions a plus que doublé (+120 %) (graphique 3). Ce sont les infractions se rapportant explicitement aux armes à feu mettant en cause une arme de poing qui affichent la hausse la plus importante. Leur nombre a plus que triplé depuis 2013 et il a plus que quadruplé depuis 2009. Le nombre d’infractions se rapportant explicitement aux armes à feu mettant en cause d’autres types d’armes à feu a aussi doublé depuis 2009.

En comparaison, le taux de menaces, d’extorsion ou d’intimidation commises à l’aide d’une arme à feu a grimpé de 93 % durant la même période. Le taux d’homicides, d’autres infractions causant la mort et de tentatives de meurtre, de même que le taux d’agressions sexuelles commises à l’aide d’une arme à feu ont augmenté de 64 % depuis 2013 (graphique 3).

Le taux d’affaires de décharge d’une arme à feu est près de 10 fois plus élevé qu’en 2002

Sur une période de 20 ansNote  , le taux d’affaires de décharge d’une arme à feu avec une intention particulière a affiché une forte tendance à la hausse. En 2022, le taux de ces affaires était près de 10 fois plus élevé qu’il ne l’était en 2002 (5,5 pour 100 000 personnes en 2022 par rapport à 0,6 en 2002) (graphique 4).

Graphique 4 début

Graphique 4 Infractions se rapportant spécifiquement aux armes à feu déclarées par la police, Canada, 2002 à 2022

Tableau de données du graphique 4 
Tableau de données du graphique 4
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 4. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Décharger une arme à feu avec une intention particulière, Usage d'une arme à feu lors de la perpétration d'un acte criminel et Braquer une arme à feu, calculées selon taux pour 100 000 personnes unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Décharger une arme à feu avec une intention particulière Usage d'une arme à feu lors de la perpétration d'un acte criminel Braquer une arme à feu
taux pour 100 000 personnes
2002 0,57 0,76 5,55
2003 0,69 1,02 5,56
2004 0,71 1,24 4,96
2005 0,81 1,09 4,27
2006 0,77 1,16 2,76
2007 0,94 1,51 2,54
2008 1,26 1,02 2,17
2009 1,58 1,16 2,42
2010 1,82 1,22 2,89
2011 1,66 1,22 2,78
2012 1,85 1,24 2,83
2013 1,58 1,13 2,68
2014 1,92 1,11 2,23
2015 2,58 1,17 2,86
2016 3,07 1,22 2,74
2017 3,16 1,42 2,99
2018 3,11 1,34 3,28
2019 4,02 1,57 3,84
2020 4,93 1,64 4,45
2021 5,38 1,77 4,52
2022 5,45 1,86 4,87

Graphique 4 fin

La hausse des affaires de décharge d’une arme à feu est en grande partie responsable de l’augmentation du taux pour l’ensemble des infractions se rapportant explicitement aux armes à feu. Le taux d’affaires relatives à l’usage d’une arme à feu lors de la perpétration d’un acte criminel a aussi considérablement augmenté (+145 %) durant cette période, mais dans une moindre mesure que les affaires de décharge d’une arme à feu (+861 %). En revanche, le taux d’affaires relatives au fait de braquer une arme à feu (4,9 affaires pour 100 000 personnes) était en 2022 inférieur à ce qu’il était en 2002 (5,6). Le taux de ces affaires avait toutefois affiché une baisse rapide jusqu’en 2008, puis avait fluctué jusqu’à reprendre une tendance à la hausse à partir de 2014 (graphique 4).

Début de l'encadré 3

Encadré 3
Le contrôle des armes à feu au Canada

Conformément au Code criminel, les armes à feu sont classées en trois catégories : les armes à feu prohibées, les armes à feu à autorisation restreinte et les armes à feu sans restrictions. Les armes à feu prohibées comprennent les armes à feu entièrement automatiques, les carabines et fusils de chasse à canon scié ainsi que les autres armes à feu prescrites comme étant prohibées en vertu des règlements, comme certaines armes de poing. Les armes de poing qui n’entrent pas dans la catégorie des armes prohibées sont classées comme des armes à autorisation restreinte, tandis que les carabines et les fusils de chasse, également appelés « armes d’épaule », appartiennent habituellement à la catégorie des armes à feu sans restrictions.

La loi canadienne oblige toute personne voulant posséder une arme à feu ou acheter des munitions à être titulaire d’un permis d’arme à feu valide en vertu de la Loi sur les armes à feu (1995). Au cours des dernières années, diverses modifications ont été apportées au Code criminel et à la Loi sur les armes à feu. En 2012, le projet de loi C-19 (Loi sur l’abolition du registre des armes d’épaule) a supprimé l’obligation d’enregistrer les armes à feu sans restrictions. Des amendements subséquents sont venus simplifier le régime de délivrance de permis d’armes à feu aux particuliers, limiter le pouvoir discrétionnaire des contrôleurs des armes à feu, et permettre le partage de renseignements relatifs à l’importation commerciale d’armes à feu (projet de loi C-42; 2015), ainsi qu’imposer certaines conditions pour la cession d’armes à feu sans restrictions, retirer certaines autorisations automatiques de transporter une arme à feu prohibée et une arme à feu à autorisation restreinte, et accorder des droits acquis à certains particuliers et à l’égard de certaines armes à feu auparavant désignées comme étant des armes à feu à autorisation restreintes ou sans restrictions (projet de loi C-71; 2019).

Plus récemment, le gouvernement a adopté par décret des règlements modifiant la classification de certaines armes à feu, renforçant la vérification des permis pour la cession d’armes à feu sans restriction et restreignant la cession et le transport des armes de poing (aussi appelé le « gel des armes à feu »). Des mesures additionnelles sont proposées dans le cadre du projet de loi C-21, Loi modifiant certaines lois et d’autres textes en conséquence (armes à feu). Ce dernier, adopté par la Chambre des communes et examiné par le Sénat au moment d’écrire ces lignes, établirait de nouvelles circonstances dans lesquelles une ordonnance d’interdiction ou un mandat de saisie ou de perquisition peuvent être délivrés, ou un permis suspendu. Il créerait également de nouvelles infractions (p. ex. la modification d’un chargeur) et allongerait les peines maximales pour certaines infractions relatives aux armes à feu. En outre, s’il devient loi, le projet de loi C-21 mettrait également fin, sauf exception, à la délivrance de certificats d’enregistrement pour les armes de poing à des particuliers. Sans certificat d’enregistrement, un particulier ne peut posséder légalement une arme de poing.

Fin de l’encadré 3

L’Ontario est la province qui affiche la plus forte hausse des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu de 2021 à 2022

Parmi les provinces et les territoires, c’est en Ontario que le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu a le plus augmenté par rapport à 2021. Celui-ci est passé de 25,8 à 32,1 affaires pour 100 000 personnes, en hausse de 24 %. En 2022, 3,3 % des crimes violents déclarés par la police en Ontario ont été commis à l’aide d’une arme à feu. Le Nouveau-Brunswick a affiché la seconde hausse en importance, le taux étant passé de 32,8 à 40,6 affaires pour 100 000 personnes (tableau 1).

C’est toutefois dans les Territoires du Nord-Ouest (230,2 affaires pour 100 000 personnes) qu’a été enregistré le taux le plus élevé de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu. Le taux élevé de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu dans les Territoires du Nord-Ouest est toutefois tributaire du nombre élevé de crimes violents dans ce territoire en général. En effet, la proportion de crimes violents qui y sont commis à l’aide d’une arme à feu (1,9 %) est inférieure à celle enregistrée à l’échelle du pays (2,8 %). Par ailleurs, la situation est similaire dans les deux autres territoires, où les taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu sont relativement élevés malgré le fait qu’une proportion assez faible (1,5 %) de crimes violents ont été commis à l’aide d’une arme à feu (tableau 1).

Malgré des baisses relativement marquées, le Nunavut (182,6) et la Saskatchewan (109,6) figuraient aussi parmi les provinces et les territoires ayant affiché les taux les plus élevés de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu. L’Île-du-Prince-Édouard (10,0) et Terre-Neuve-et-Labrador (22,8) ont enregistré les taux les plus faibles.

Depuis 2009, la tendance de la violence par armes à feu varie selon les provinces et les territoires. Dans les provinces de l’Atlantique, chaque province affiche une tendance bien différente. Terre-Neuve-et-Labrador a connu une hausse des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu de 2009 à 2015. Depuis, le taux y est relativement stable. À l’Île-du-Prince-Édouard, malgré quelques importantes fluctuations annuelles inhérentes à la petite taille de la population, le taux est demeuré assez stable, la moyenne annuelle s’établissant à 12,8 crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu. Dans les deux autres provinces de l’Atlantique, le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu a atteint un creux en 2014 au Nouveau-Brunswick et en 2016 en Nouvelle-Écosse avant de reprendre une tendance à la hausse. En Nouvelle-Écosse, le taux a cependant reculé depuis 2020, année où la province a été marquée par la fusillade la plus mortelle qu’ait connue le pays, alors que 22 personnes avaient trouvé la mort dans la région de Portapique (graphique 5).

Graphique 5 début

Graphique 5 Affaires de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu déclarées par la police, selon la province, provinces de l'Atlantique, 2009 à 2022

Tableau de données du graphique 5 
Tableau de données du graphique 5
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 5. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Terre-Neuve-et-Labrador, Île-du-Prince-Édouard, Nouvelle-Écosse et Nouveau-Brunswick, calculées selon taux pour 100 000 personnes unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Terre-Neuve-et-Labrador Île-du-Prince-Édouard Nouvelle-Écosse Nouveau-BrunswickTableau de données du graphique 5 Note 1
taux pour 100 000 personnes
2009 15,7 17,9 35,0 20,0
2010 16,9 7,8 26,2 19,8
2011 14,9 16,0 33,6 22,3
2012 21,8 13,1 33,5 27,5
2013 19,0 5,6 24,1 18,0
2014 18,0 11,1 25,2 16,8
2015 25,4 15,9 19,3 17,7
2016 24,2 12,2 17,4 26,8
2017 21,6 17,3 24,5 26,4
2018 24,7 16,3 21,1 27,1
2019 22,2 12,1 23,4 32,6
2020 20,7 15,5 31,6 33,4
2021 25,0 9,1 29,6 32,8
2022 22,8 10,0 28,7 40,6

Graphique 5 fin

Au QuébecNote  , le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu a diminué de 2011 à 2016 puis est demeuré stable jusqu’en 2019. Depuis, une tendance à la hausse semble s’y dessiner, malgré un très léger recul de 2021 à 2022. En Ontario, le taux a fortement reculé de 2009 à 2013 avant d’amorcer une tendance à la hausse. En 2021, le taux a reculé pour la première fois depuis 2013. Cependant, cette baisse a été suivie par l’augmentation annuelle la plus importante enregistrée à ce jour, le taux ayant augmenté de 24 % de 2021 à 2022. En Colombie-Britannique, la tendance est relativement semblable à celle observée au Québec : le taux a atteint un creux en 2018 avant de reprendre une tendance à la hausse (graphique 6).

Graphique 6 début

Graphique 6 Affaires de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu déclarées par la police, Québec, Ontario et Colombie-Britannique, 2009 à 2022

Tableau de données du graphique 6 
Tableau de données du graphique 6
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 6. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Québec, Ontario et Colombie-Britannique, calculées selon taux pour 100 000 personnes unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année QuébecTableau de données du graphique 6 Note 1 Ontario Colombie-Britannique
taux pour 100 000 personnes
2009 31,9 32,7 33,9
2010 32,9 23,1 30,6
2011 34,7 21,4 25,5
2012 28,0 21,0 29,3
2013 24,7 18,2 24,0
2014 24,1 20,2 23,9
2015 23,0 22,2 29,5
2016 19,7 25,5 23,6
2017 20,5 28,1 22,5
2018 20,6 28,7 19,6
2019 19,5 29,1 25,8
2020 22,2 29,4 26,8
2021 25,1 25,8 24,9
2022 24,8 32,1 28,0

Graphique 6 fin

Dans chacune des provinces des Prairies, le taux a atteint un creux vers 2013 ou 2014 avant d’amorcer une tendance à la hausse. L’ampleur de cette augmentation n’a cependant pas été la même partout. Par exemple, l’Alberta (+71 %) a connu une hausse relativement importante depuis le creux de 2013, mais cette augmentation a été moins prononcée qu’en Saskatchewan, où le taux a grimpé de 165 % au cours de la même période. Au Manitoba, le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu a aussi affiché une hausse importante (+103 %) après avoir atteint un creux en 2014 (graphique 7).

Graphique 7 début

Graphique 7 Affaires de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu déclarées par la police, selon la province, Prairies, 2009 à 2022

Tableau de données du graphique 7 
Tableau de données du graphique 7
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 7. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Manitoba, Saskatchewan et Alberta, calculées selon taux pour 100 000 personnes unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Manitoba Saskatchewan Alberta
taux pour 100 000 personnes
2009 49,9 42,3 38,7
2010 45,1 44,8 36,7
2011 43,3 44,2 35,0
2012 38,2 46,0 33,2
2013 38,2 41,4 31,9
2014 34,7 48,8 35,6
2015 43,8 61,1 47,9
2016 55,7 74,9 44,0
2017 56,2 93,9 42,7
2018 60,1 83,0 43,0
2019 69,7 99,8 46,3
2020 60,2 106,2 51,8
2021 70,4 117,9 51,5
2022 70,5 109,6 54,5

Graphique 7 fin

Dans les territoires, compte tenu du petit nombre de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu et de la petite taille de la population, on observe d’importantes fluctuations annuelles. Néanmoins, chacun des territoires a enregistré un creux au milieu des années 2010 avant que ne s’amorce une tendance généralement à la hausse. Cette augmentation a été particulièrement marquée dans les Territoires du Nord-Ouest, où le taux a plus que quintuplé depuis un creux enregistré en 2014 (graphique 8).

Graphique 8 début

Graphique 8 Affaires de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu déclarées par la police, selon le territoire, 2009 à 2022

Tableau de données du graphique 8 
Tableau de données du graphique 8
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 8. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Yukon, Territoires du Nord-Ouest et Nunavut, calculées selon taux pour 100 000 personnes unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Yukon Territoires du Nord-Ouest Nunavut
taux pour 100 000 personnes
2009 38,5 44,0 162,6
2010 80,9 64,7 140,9
2011 39,5 87,3 163,8
2012 38,6 77,9 201,9
2013 30,1 57,1 121,7
2014 75,4 43,3 155,7
2015 69,0 76,9 172,7
2016 67,5 98,5 121,7
2017 55,5 75,7 197,1
2018 54,3 113,4 201,9
2019 84,6 159,8 207,3
2020 113,7 176,4 158,3
2021 71,8 212,7 236,7
2022 75,1 230,2 182,6

Graphique 8 fin

On observe une forte augmentation du taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu à Toronto et à Vancouver, et le taux se maintient à Montréal après deux années d’augmentation

Après avoir diminué au moins au cours des deux années précédentes, le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu a connu une hausse importante dans deux des trois plus grandes régions métropolitaines de recensement (RMR)Note  du Canada, soit à Toronto et à Vancouver. À TorontoNote  , qui comptait un peu plus de la moitié des affaires de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu en Ontario en 2022, et 18 % de ces crimes au Canada, la police a déclaré 2 576 crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu en 2022, soit 725 de plus que l’année précédente. Le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu à Toronto est passé de 31,7 affaires pour 100 000 personnes en 2021 à 43,2 en 2022 (+36 %). Le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu a atteint en 2022 son plus haut niveau en plus de 10 ans, effaçant ainsi trois années de baisses consécutives (graphique 9).

Graphique 9 début

Graphique 9 Affaires de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu déclarées par la police, Montréal, Toronto et Vancouver, 2009 à 2022

Tableau de données du graphique 9 
Tableau de données du graphique 9
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 9. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Montréal, Toronto et Vancouver, calculées selon taux pour 100 000 personnes unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année MontréalTableau de données du graphique 9 Note 1 TorontoTableau de données du graphique 9 Note 2 Vancouver
taux pour 100 000 personnes
2009 40,7 46,4 39,2
2010 42,4 28,2 36,9
2011 46,8 26,7 28,3
2012 35,0 25,8 34,8
2013 29,7 22,4 26,9
2014 28,4 29,1 26,5
2015 28,1 32,6 32,6
2016 21,8 38,2 24,5
2017 21,3 41,5 20,2
2018 21,7 41,8 19,7
2019 19,9 41,7 24,1
2020 24,8 39,1 21,6
2021 27,9 31,7 19,1
2022 28,0 43,2 23,6

Graphique 9 fin

À Vancouver, le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu en 2022 (23,6 affaires pour 100 000 personnes) était en hausse de 24 % par rapport à 2021. Le taux atteint en 2021 (19,1) était toutefois le plus faible enregistré depuis 2009 et suivait une tendance généralement à la baisse. Malgré cette hausse, le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu à Vancouver demeurait inférieur à celui de Toronto et de Montréal.

La tendance des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu à Montréal, la deuxième RMR en importance au pays, était relativement semblable à celle de Vancouver, ayant été généralement à la baisse pendant la décennie 2010. À partir de 2019, le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu a amorcé une tendance à la hausse qui s’est confirmée en 2022; il a affiché une légère augmentation (+0,4 %) comparativement à 2021 (28,0 affaires pour 100 000 personnes par rapport à 27,9).

Regina enregistre le plus haut taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu parmi les RMR

En 2022, Regina est la RMR ayant enregistré, de loin, le plus haut taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu (83,0 affaires pour 100 000 personnes); 7,0 % des crimes violents survenus dans cette RMR impliquaient une arme à feu. Malgré une légère baisse par rapport à 2021 (-4,9 %), le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu à Regina a presque quadruplé en 10 ans, le taux s’établissant à 22,4 en 2012. Seules les RMR du Grand Sudbury (+298 %) et de Thunder Bay (+287 %) ont connu une plus forte augmentation du taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu durant cette période (tableau 3, graphique 10).

Graphique 10 début

Graphique 10 Affaires de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu déclarées par la police, selon la région métropolitaine de recensement, 2022

Tableau de données du graphique 10 
Tableau de données du graphique 10
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 10. Les données sont présentées selon Région métropolitaine de recensement (titres de rangée) et taux pour 100 000 personnes et Pourcentage des crimes violents(figurant comme en-tête de colonne).
Région métropolitaine de recensement taux pour 100 000 personnes pourcentage des crimes violents
Regina 83,0 7,0
TorontoTableau de données du graphique 10 Note 1 43,2 4,7
Calgary 43,0 4,4
Saskatoon 54,3 4,1
Windsor 31,6 3,5
HamiltonTableau de données du graphique 10 Note 2 38,5 3,4
Brantford 40,0 3,4
Winnipeg 54,2 3,3
Edmonton 40,8 3,1
OttawaTableau de données du graphique 10 Note 3 23,2 3,0
Abbotsford-Mission 40,5 2,9
Kitchener-Cambridge-Waterloo 39,3 2,7
St. Catharines-Niagara 22,6 2,7
GatineauTableau de données du graphique 10 Note 4 Tableau de données du graphique 10 Note 5 33,1 2,5
MontréalTableau de données du graphique 10 Note 4 28,0 2,4
London 24,3 2,4
Moncton 45,6 2,4
Saint John 25,9 2,3
Grand Sudbury 36,2 2,1
St. John's 35,6 2,1
Vancouver 23,6 2,1
Peterborough 19,1 2,0
Guelph 18,0 2,0
Halifax 28,5 2,0
Belleville 21,4 1,8
Barrie 15,5 1,8
SherbrookeTableau de données du graphique 10 Note 4 15,5 1,8
Trois-RivièresTableau de données du graphique 10 Note 4 19,4 1,6
Kingston 17,4 1,6
Thunder Bay 32,1 1,6
Victoria 21,5 1,4
Lethbridge 26,6 1,3
Kelowna 23,5 1,3
SaguenayTableau de données du graphique 10 Note 4 12,8 1,0

Graphique 10 fin

Saskatoon (54,3 affaires pour 100 000 personnes) a enregistré le deuxième taux en importance de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu parmi les RMR au pays, suivie de près de Winnipeg (54,2). C’est cependant la RMR de Toronto qui a enregistré la deuxième proportion en importance de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu : 4,7 % des crimes violents qui s’y sont produits impliquaient une arme à feu.

Par rapport à 2012, les hausses les plus marquées du taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu ont été enregistrées dans le Grand Sudbury (+298 %), à Thunder Bay (+287 %) et à Regina (+270 %). Cela dit, presque toutes les RMR ont enregistré en 2022 un taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu supérieur à celui observé 10 ans plus tôt. Seules les RMR de Halifax (-41 %), de Vancouver (-32 %), de Montréal (-20 %) et de Barrie (-1,1 %) ont affiché en 2022 un taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu inférieur à celui enregistré en 2012 (tableau 3).

Les taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu sont plus élevés dans les régions rurales du Nord, plus particulièrement dans le nord des Prairies

La criminalité par armes à feu ne touche pas uniquement les régions métropolitaines. En effet, les régions rurales sont aussi touchées, même davantage. Pour l’ensemble des RMR, le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu s’est établi à 33,5 affaires pour 100 000 personnes en 2022. Lorsque l’on tient compte des villes de petite taille ou de taille moyenne (les agglomérations de recensement), ce taux augmente légèrement (33,8) (tableau 3).

En 2022, dans les régions rurales des provinces, le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu (50,2) était près de 50 % plus élevé que celui enregistré dans les régions urbaines (33,8)Note  . Cette différence est principalement attribuable aux régions rurales du NordNote  , où le taux a atteint 148,9 affaires pour 100 000 personnes. Plusieurs études ont révélé que les taux de criminalité sont relativement élevés dans les régions rurales du Nord, et que l’écart avec le Sud s’est accru au cours des dernières années (Allen et Perreault, 2015; Perreault, 2019; Perreault, 2023). Le taux élevé de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu dans les régions rurales du Nord découle principalement de la criminalité qui y est, dans l’ensemble, relativement élevée, bien que la proportion de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu (3,3 %) y soit aussi plus élevée que dans les régions urbaines du Sud (2,9 %) et du Nord (1,8 %) (tableau 1).

Les taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu en 2022 ont été particulièrement élevés dans les régions rurales du nord des provinces des Prairies. Dans le nord de la Saskatchewan, la police a déclaré 309 crimes violents impliquant une arme à feu, pour une population totale d’environ 40 000 personnes. Cela correspond à un taux de 766,3 affaires pour 100 000 personnes. Cependant, ce taux plus élevé qu’ailleurs en Saskatchewan est surtout attribuable au fait que la criminalité en général est relativement élevée dans les régions du nord de cette province; en effet, 4,4 % des crimes violents y avaient été commis à l’aide d’une arme à feu, par rapport à 4,8 % dans les régions urbaines du sud de la Saskatchewan (tableau 1).

Ailleurs dans les Prairies, le taux a atteint 318,5 crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu pour 100 000 personnes dans les régions rurales du nord du Manitoba, et 194,4 dans les régions rurales du nord de l’Alberta. La proportion de crimes violents ayant été commis à l’aide d’une arme à feu était particulièrement élevée dans les régions rurales du nord de l’Alberta, où 5,5 % des crimes violents en 2022 ont été commis à l’aide d’une arme à feu.

Graphique 11 début

Graphique 11 Affaires de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu déclarées par la police, selon les régions urbaines et rurales du sud et du nord des provinces, et les territoires, 2009 à 2022

Tableau de données du graphique 11 
Tableau de données du graphique 11
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 11. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Régions urbaines du Sud, Régions urbaines du Nord, Régions rurales du Sud, Régions rurales du Nord et Territoires, calculées selon taux pour 100 000 personnes unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Régions urbaines du Sud Régions urbaines du Nord Régions rurales du Sud Régions rurales du Nord Territoires
taux pour 100 000 personnes
2009 34,7 25,9 24,4 65,9 77,6
2010 29,1 21,1 24,5 65,7 92,6
2011 28,1 23,7 23,6 62,5 95,5
2012 26,0 25,4 25,4 67,6 103,0
2013 23,0 21,7 20,4 61,7 68,3
2014 24,1 24,9 22,0 63,7 88,0
2015 27,4 32,1 24,6 74,8 103,9
2016 27,6 23,5 24,7 89,9 95,7
2017 29,1 29,2 27,3 90,6 106,5
2018 29,0 33,7 24,9 84,2 121,3
2019 30,7 33,4 29,5 94,9 149,6
2020 30,6 39,8 36,7 116,0 149,9
2021 29,5 41,3 35,9 139,8 172,8
2022 33,5 41,1 33,5 148,9 163,0

Graphique 11 fin

Malgré le fait que les régions urbaines du Sud aient connu, dans l’ensemble, une recrudescence des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu depuis le creux de 2013, le taux enregistré en 2022 demeurait légèrement inférieur à ce qu’il était en 2009. Il en va tout autrement dans les régions rurales et les régions du Nord. Depuis 2009, le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu a plus que doublé dans les régions rurales du nord des provinces (de 65,9 à 148,9 affaires pour 100 000 personnes) ainsi que dans les territoires (de 77,6 à 163,0 affaires pour 100 000 personnes). Dans les régions urbaines du Nord (+59 %) et les régions rurales du Sud (+37 %), le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu en 2022 était aussi supérieur à celui enregistré en 2009 (graphique 11).

Les armes de poing sont en cause dans plus de la moitié des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu

En 2022, plus de la moitié (53 %) des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu mettaient en cause une arme de poing. En comparaison, 15 % des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu mettaient en cause une carabine ou un fusil de chasse, 4,8 % impliquaient une arme à feu entièrement automatique ou à canon scié et 27 % mettaient en cause une arme semblable à une arme à feu (p. ex. pistolet à air comprimé, imitation d’arme à feu) ou une arme à feu dont le type était inconnuNote  .

La proportion relativement élevée de crimes violents commis à l’aide d’une arme de poing à l’échelle du pays est principalement attribuable au fait que ces armes sont les plus courantes dans les affaires survenant dans les régions urbaines du Sud, et plus particulièrement les grandes villes, soit là où réside la plus grande partie de la population et où sont enregistrés la majorité des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu. Dans les régions urbaines du Sud, 62 % des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu l’avaient été avec une arme de poing. À Toronto, la plus grande RMR au pays, cette proportion atteignait 83 % (graphique 12).

Graphique 12 début

Graphique 12 Affaires de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu déclarés par la police, selon le type d'arme à feu présente, certaines régions métropolitaines de recensement et régions urbaines et rurales du sud et du nord des provinces, 2022

Tableau de données du graphique 12 
Tableau de données du graphique 12
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 12. Les données sont présentées selon Région métropolitaine de recensement et régions urbaines et rurales du Sud et du Nord (titres de rangée) et Arme de poing, Carabine ou fusil de chasse, Fusil automatique ou à canon scié et Arme semblable à une arme à feu ou type inconnu⁴, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Région métropolitaine de recensement et régions urbaines et rurales du Sud et du Nord Arme de poing Carabine ou fusil de chasse Fusil automatique ou à canon scié Arme semblable à une arme à feu ou type inconnuTableau de données du graphique 12 Note 4
pourcentage
Halifax 56,2 15,3 4,4 24,1
Montréal 63,6 3,2 4,8 28,4
OttawaTableau de données du graphique 12 Note 1 70,5 4,2 1,5 23,9
TorontoTableau de données du graphique 12 Note 2 82,6 2,3 0,5 14,6
HamiltonTableau de données du graphique 12 Note 3 70,0 2,6 3,0 24,3
Kitchener-Cambridge-Waterloo 57,4 3,2 3,2 36,1
London 65,7 5,7 2,1 26,4
Winnipeg 58,7 11,9 6,7 22,7
Regina 24,7 23,3 17,9 34,1
Saskatoon 41,1 13,7 23,7 21,6
Calgary 59,0 9,5 3,0 28,5
Edmonton 50,2 18,4 8,1 23,3
Vancouver 65,8 6,5 3,9 23,8
Régions urbaines du Sud 62,4 9,1 4,3 24,2
Régions urbaines du Nord 43,1 21,9 7,0 28,0
Régions rurales du Sud 25,5 33,0 5,9 35,6
Régions rurales du Nord 15,6 37,5 6,6 40,2
Territoires 32,1 39,2 0,5 28,3
Canada 52,6 15,4 4,8 27,2

Graphique 12 fin

La proportion de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu mettant en cause une arme de poing était beaucoup plus faible dans certaines des RMR affichant les taux de violence par armes à feu les plus élevés. À Regina, la RMR affichant le plus haut taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu au pays, le quart (25 %) de ces crimes avaient été commis avec une arme de poing en 2022. À Saskatoon, cette proportion était de 41 %.

C’est toutefois dans les régions rurales que la proportion représentée par les armes de poing parmi les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu était la plus faible. Plus précisément, le quart (25 %) des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu dans les régions rurales du Sud impliquaient une arme de poing. Dans les régions rurales du Nord, cette proportion se situait à 16 %.

La hausse des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu s’observe pour tous les types d’armes

Les armes de poing ont souvent été au centre des discussions et des débats sur le contrôle des armes à feu, comme en fait foi le récent « gel des armes de poing » (voir l’encadré 3). S’il est vrai que le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme de poing a augmenté de 50 % depuis le creux de 2013 (de 12,8 à 19,3 affaires pour 100 000 personnes), la tendance est relativement similaire pour les autres types d’armes à feu. Par exemple, le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu entièrement automatique ou d’un fusil à canon scié — des armes prohibées — a augmenté de 35 % durant la même période. Les crimes violents commis à l’aide d’une carabine ou d’un fusil de chasse ont pour leur part augmenté de 45 % (tableau 4, graphique 13).

Graphique 13 début

Graphique 13 Affaires de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu déclarés par la police, selon le type d'arme à feu présente, Canada, 2009 à 2022

Tableau de données du graphique 13 
Tableau de données du graphique 13
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 13. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Arme de poing, Carabine ou fusil de chasse, Arme à feu automatique ou à canon scié et Arme semblable à une arme à feu ou type d'arme à feu inconnu, calculées selon taux pour 100 000 personnes unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Arme de poing Carabine ou fusil de chasse Arme à feu automatique ou à canon scié Arme semblable à une arme à feu ou type d'arme à feu inconnuTableau de données du graphique 13 Note 1
taux pour 100 000 personnes
2009 19,5 4,7 2,5 7,3
2010 15,4 5,0 2,0 6,9
2011 15,4 4,4 1,6 7,0
2012 14,5 4,3 1,5 6,9
2013 12,8 3,9 1,3 5,7
2014 14,0 4,0 1,1 5,9
2015 16,1 4,8 1,6 6,1
2016 16,1 5,1 1,3 6,3
2017 16,8 5,5 2,0 6,2
2018 17,3 5,2 1,8 5,9
2019 18,4 5,7 1,8 6,6
2020 17,7 6,1 1,7 8,5
2021 17,4 5,9 1,7 8,7
2022 19,3 5,7 1,7 10,0

Graphique 13 fin

C’est toutefois la catégorie des armes semblables à une arme à feu ou des types inconnus d’armes à feu qui a le plus augmenté. Le taux de ces crimes est passé de 5,7 affaires pour 100 000 personnes en 2013 à 10,0 affaires pour 100 000 personnes en 2022, en hausse de 76 %. En 2022, ces crimes représentaient 27 % des affaires de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu, par rapport à 21 % en 2009 (graphique 14). Cette hausse relativement importante pourrait en partie s’expliquer par l’augmentation du nombre d’affaires de décharge d’une arme à feu avec une intention particulière; la proportion de ces crimes pour lesquels le type d’arme à feu était inconnu était assez élevée. Mais il est possible que les crimes ayant été commis à l’aide d’une arme semblable à une arme à feu soient également en hausse, comme semblent l’indiquer diverses sources d’information (Agence des services frontaliers du Canada, 2023; Gendarmerie royale du Canada, 2023; Mauro et Mancini 2023, 10 janvier). Le projet de loi C-21 prévoit d’ailleurs de mieux définir et réglementer les armes semblables à une arme à feu, comme les armes d’Airsoft, à balles BB, à plombs ou à air comprimé, ou encore les répliques d’arme à feu.

Graphique 14 début

Graphique 14 Proportion des crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu déclarés par la police, selon le type d'arme à feu présente, Canada, 2009 à 2022

Tableau de données du graphique 14 
Tableau de données du graphique 14
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 14. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Arme de poing, Carabine ou fusil de chasse, Arme à feu automatique ou à canon scié et Arme semblable à une arme à feu ou type d'arme à feu inconnu, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Arme de poing Carabine ou fusil de chasse Arme à feu automatique ou à canon scié Arme semblable à une arme à feu ou type d'arme à feu inconnuTableau de données du graphique 14 Note 1
pourcentage
2009 57,5 13,8 7,3 21,5
2010 52,6 17,1 6,7 23,6
2011 54,2 15,5 5,7 24,6
2012 53,3 15,7 5,6 25,5
2013 54,1 16,4 5,5 24,0
2014 56,0 15,9 4,5 23,5
2015 56,4 16,9 5,5 21,3
2016 55,9 17,8 4,6 21,7
2017 55,0 18,1 6,6 20,3
2018 57,3 17,3 5,9 19,5
2019 56,7 17,4 5,5 20,4
2020 51,9 18,0 5,1 24,9
2021 51,7 17,4 5,1 25,8
2022 52,6 15,4 4,8 27,2

Graphique 14 fin

Par rapport à 2009, la proportion que représentent les armes de poing parmi les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu diminue légèrement dans les régions urbaines, mais elle augmente dans les régions rurales

Les armes de poing sont souvent davantage associées à la violence par armes à feu dans les régions urbaines. Comme il a été mentionné précédemment, près des deux tiers (62 %) des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu dans les régions urbaines du Sud mettaient en cause une arme de poing en 2022, soit une proportion environ quatre fois plus élevée que celle enregistrée dans les régions rurales du Nord. À l’inverse, les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu dans les régions rurales impliquent plus souvent une carabine ou un fusil de chasse. Cette différence tend toutefois à s’amoindrir au fil du temps. Dans les régions rurales, et particulièrement dans les territoires, le nombre de crimes violents commis à l’aide d’une arme de poing augmente plus rapidement que le nombre de crimes violents commis à l’aide d’une carabine ou d’un fusil de chasse.

En 2009, les services de police dans les territoires avaient déclaré 7 crimes violents commis à l’aide d’une arme de poing, soit 8,2 % de tous les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu dans les territoires cette année-là. En 2022, la proportion avait presque quadruplé, alors qu’on dénombrait 68 crimes violents commis à l’aide d’une arme de poing, soit 32 % de tous les crimes commis avec une arme à feu dans les territoires.

Dans les régions du nord des provinces, la proportion de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu qui impliquaient une arme de poing a également augmenté sensiblement. Dans les régions rurales du Nord, cette proportion est passée de 11 % en 2009 à 16 % en 2022 (+45 %). Dans les régions urbaines du Nord, la proportion de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu qui impliquaient une arme de poing est passée de 30 % en 2009 à 43 % en 2022 (+45 %). Les régions rurales du Sud n’ont pas été épargnées par cette tendance, bien que la hausse ait été plus modeste (+14 %) (graphique 15).

Graphique 15 début

Graphique 15 Proportion des crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu déclarées par la police qui impliquent une arme de poing, selon les régions urbaines et rurales du sud et du nord des provinces, et les territoires, 2009 à 2022

Tableau de données du graphique 15 
Tableau de données du graphique 15
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 15. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Régions urbaines du Sud, Régions rurales du Sud, Régions urbaines de Nord, Régions rurales du Nord et Territoires , calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Régions urbaines du Sud Régions rurales du Sud Régions urbaines de Nord Régions rurales du Nord Territoires
pourcentage
2009 66,3 22,4 29,7 10,8 8,2
2010 61,2 22,5 34,7 14,7 8,7
2011 63,2 23,4 36,7 13,0 5,6
2012 63,0 22,6 45,1 13,3 5,1
2013 63,1 22,1 47,3 14,5 12,7
2014 65,8 22,8 39,1 17,9 8,7
2015 65,6 24,8 42,2 18,3 17,9
2016 64,9 26,5 41,4 20,2 13,0
2017 64,5 25,9 40,6 16,4 4,6
2018 66,6 24,4 39,2 21,4 16,7
2019 66,7 24,9 38,2 16,9 21,9
2020 63,3 18,6 35,6 19,5 25,8
2021 62,2 26,9 44,7 17,5 27,5
2022 62,4 25,5 43,1 15,6 32,1

Graphique 15 fin

Dans les régions urbaines du Sud, la proportion que représentent les armes de poing parmi les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu a légèrement diminué; elle est passée de 66 % en 2009 à 62 % en 2022. Le nombre de crimes violents commis à l’aide d’une arme de poing dans les régions urbaines du Sud a tout de même augmenté durant cette période. La hausse a cependant été plus rapide en ce qui concerne les crimes violents commis à l’aide d’une arme semblable à une arme à feu ou dont le type était inconnu, de même que les crimes violents commis à l’aide d’une carabine ou d’un fusil de chasse. En revanche, le nombre de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu entièrement automatique ou à canon scié a reculé de 33 % depuis 2009.

Les hommes de 18 à 24 ans sont les plus susceptibles d’être les victimes d’un crime commis à l’aide d’une arme à feu

Parmi les victimes dont le genreNote  était connu, les femmes représentaient un peu plus de la moitié (53 %) des victimes de l’ensemble des crimes violents déclarés par la police en 2022. Le portrait est toutefois différent lorsque ces crimes sont commis à l’aide d’une arme à feu. Selon les données déclarées par la police en 2022, les hommes représentaient environ les deux tiers (66 %) des victimes d’un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu. Plus précisément, les services de police au Canada ont déclaré 38,7 crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu pour 100 000 hommes (3,6 % des crimes violents ayant visé les hommes), par rapport à 19,5 affaires pour 100 000 femmes (1,6 % des crimes violents ayant visé les femmes) (graphique 16).

Graphique 16 début

Graphique 16 Victimes de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu déclarés par la police, selon le genre et le groupe d'âge de la victime, Canada, 2022

Tableau de données du graphique 16 
Tableau de données du graphique 16
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 16. Les données sont présentées selon Groupe d'âge de la victime (titres de rangée) et Taux de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu et Pourcentage des crimes violents ayant été commis à l'aide d'une arme à feu, calculées selon taux pour 100 000 personnes et pourcentage des crimes violents unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Groupe d'âge de la victime Taux de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu Pourcentage des crimes violents ayant été commis à l'aide d'une arme à feu
taux pour 100 000 personnes pourcentage des crimes violents
Hommes
Moins de 12 ans 6,5 1,6
12 à 17 ans 76,3 4,2
18 à 24 ans 86,6 5,1
25 à 34 ans 68,7 4,0
35 à 44 ans 49,2 3,5
45 à 54 ans 33,6 2,9
55 à 64 ans 17,2 2,3
65 ans et plus 6,6 2,2
Total 38,7 3,6
Femmes
Moins de 12 ans 4,0 0,8
12 à 17 ans 36,9 1,4
18 à 24 ans 47,7 2,0
25 à 34 ans 37,0 1,7
35 à 44 ans 25,6 1,5
45 à 54 ans 17,7 1,7
55 à 64 ans 9,0 1,7
65 ans et plus 2,9 1,5
Total 19,5 1,6

Graphique 16 fin

Les hommes de 18 à 24 ans étaient les plus susceptibles d’avoir été la cible d’un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu en 2022. La police a déclaré 86,6 victimes pour 100 000 hommes de ce groupe d’âge. C’est aussi parmi les victimes de ce groupe d’âge que la proportion d’affaires mettant en cause une arme à feu était la plus élevée. Chez les hommes de 18 à 24 ans, 5,1 % des crimes violents ont été commis à l’aide d’une arme à feu en 2022.

Les garçons de 12 à 17 ans ont affiché le deuxième taux de victimes en importance, soit 76,3 victimes de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu pour 100 000 garçons de ce groupe d’âge; 4,2 % des crimes qui les ont visés ont été commis à l’aide d’une arme à feu.

Dans l’ensemble, les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu ciblant des personnes de 18 à 24 ans sont toutefois en baisse depuis 2019. En 2022, le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu ciblant des personnes de 18 à 24 ans était inférieur à ce qu’il était en 2009 (68,0 affaires par rapport à 81,0 affaires pour 100 000 personnes) (graphique 17).

Graphique 17 début

Graphique 17 Victimes de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu déclarés par la police, selon le groupe d'âge de la victime, Canada, 2009 à 2022

Tableau de données du graphique 17 
Tableau de données du graphique 17
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 17. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Moins de 12 ans, 12 à 17 ans, 18 à 24 ans, 25 à 34 ans et 35 ans et plus, calculées selon taux pour 100 000 personnes unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Moins de 12 ans 12 à 17 ans 18 à 24 ans 25 à 34 ans 35 ans et plus
taux pour 100 000 personnes
2009 7,1 57,3 81,0 45,3 17,5
2010 6,5 47,2 72,2 39,2 15,0
2011 6,8 45,3 71,6 38,2 14,4
2012 5,6 44,0 61,9 37,7 14,2
2013 4,8 34,6 58,0 33,9 12,3
2014 4,9 37,2 61,4 36,6 13,2
2015 6,0 38,5 70,9 43,2 14,8
2016 6,5 42,1 69,8 44,6 14,5
2017 5,2 47,7 72,4 45,0 16,3
2018 5,2 43,1 69,7 45,7 15,7
2019 4,6 46,9 74,6 48,8 15,9
2020 4,7 42,1 73,7 52,4 17,1
2021 4,4 45,8 69,8 52,6 16,6
2022 5,6 57,1 68,0 53,4 18,7

Graphique 17 fin

Depuis le creux enregistré en 2013, la hausse du taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu est surtout attribuable aux affaires ciblant des victimes de 12 à 17 ans (+65 %) et de 25 à 34 ans (+58 %). La hausse a été particulièrement marquée chez les jeunes de 12 à 17 ans au cours des deux dernières années, le taux ayant augmenté de 36 % de 2020 à 2022.

Les femmes représentent près de 9 victimes sur 10 de crimes violents commis par un partenaire intime à l’aide d’une arme à feu

Dans l’ensemble, les hommes représentent la majorité des victimes de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu, soit environ les deux tiers (66 %) des victimes en 2022; cette proportion est relativement stable depuis 2009. Cependant, la proportion variait grandement selon le lien de la victime avec son agresseur. Notamment, les femmes représentaient 89 % des victimes de crimes violents commis par un conjoint ou un partenaire intime à l’aide d’une arme à feu, et un peu moins de la moitié (44 %) des victimes dans les affaires dont l’auteur présumé était un autre membre de la famille.

Par ailleurs, les crimes violents commis par un partenaire intime ou un membre de la famille étaient moins susceptibles que les crimes commis par un étranger d’avoir été perpétrés au moyen d’une arme de poing. Ainsi, parmi les crimes commis par un partenaire intime ou un membre de la famille à l’aide d’une arme à feu en 2022, 34 % mettaient en cause une arme de poing, alors que 28 % impliquaient une carabine ou un fusil de chasse. Lorsque l’auteur présumé était un étranger, les proportions s’établissaient à 66 % et à 9,0 %, respectivement. La tendance était similaire peu importe le genre de la victime.

Dans l’ensemble, les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu sont majoritairement perpétrés par des étrangers. En 2022, un peu plus de la moitié (52 %) des victimes de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu avaient été ciblées par une personne qui leur était étrangère. Cette proportion est beaucoup plus élevée que ce qui est généralement observé pour les crimes violents, dont 26 % ont été commis par un étranger en 2022. À l’inverse, relativement peu de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu ont impliqué un conjoint ou un partenaire intime (9,2 %) ou un membre de la famille (6,0 %), comparativement à ce qui est observé pour les crimes violents en général (26 % et 15 %, respectivement) (graphique 18).

Graphique 18 début

Graphique 18 Victimes de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu déclarés par la police, selon le lien de l'auteur présumé avec la victime, selon le genre de la victime et selon la région urbaine ou rurale, Canada, 2022

Tableau de données du graphique 18 
Tableau de données du graphique 18
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 18. Les données sont présentées selon Type de crime (titres de rangée) et Conjoint ou partenaire intime, Autre membre de la famille, Ami ou connaissance et Étranger, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Type de crime Conjoint ou partenaire intime Autre membre de la famille Ami ou connaissance Étranger
pourcentage
Crimes commis à l'aide
d'une arme à feu
Régions urbaines
Hommes 1,4 3,3 30,9 64,4
Femmes 21,2 6,0 24,8 48,0
Total 7,8 4,2 29,0 59,0
Régions rurales
Hommes 2,6 13,0 54,6 29,7
Femmes 33,3 13,9 34,8 17,9
Total 14,8 13,3 46,8 25,1
Ensemble des régions
Hommes 1,6 5,1 35,3 58,0
Femmes 24,0 7,8 27,2 41,0
Total 9,2 6,0 32,6 52,2
Ensemble des crimes violents
Régions urbaines
Hommes 11,2 10,5 36,3 42,0
Femmes 38,5 14,0 29,0 18,6
Total 25,3 12,3 32,6 29,8
Régions rurales
Hommes 15,5 21,2 44,9 18,4
Femmes 41,3 22,3 29,2 7,3
Total 30,2 21,8 35,9 12,1
Ensemble des régions
Hommes 12,1 12,7 38,1 37,0
Femmes 39,2 16,0 29,0 15,8
Total 26,4 14,5 33,3 25,8

Graphique 18 fin

Ce sont les hommes des régions urbaines qui étaient les plus susceptibles d’avoir été ciblés par un étranger dans les affaires de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu en 2022. Près des deux tiers (64 %) des hommes victimes d’un crime commis à l’aide d’une arme à feu dans ces régions ont été ciblés par un étranger en 2022. En revanche, les femmes vivant dans les régions rurales étaient les moins susceptibles d’avoir été ciblées par un étranger (18 %). Celles-ci ont davantage été la cible d’un conjoint ou d’un partenaire intime (33 %) ou encore d’un ami ou d’une connaissance (35 %).

Malgré une hausse par rapport à 2021, la proportion de crimes violents commis par un étranger à l’aide d’une arme à feu affiche une tendance à la baisse depuis 2009. En 2009, près des deux tiers (65 %) des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu avaient été perpétrés par une personne étrangère à la victime, par rapport à 52 % en 2022. Durant la même période, la proportion de crimes violents commis par un conjoint ou un partenaire intime à l’aide d’une arme à feu a bondi de plus de la moitié. Celle-ci est passée de 6,0 % en 2009 à 9,2 % en 2022, principalement en raison des crimes attribuables à un petit ami ou à un ex-petit ami (graphique 19).

Graphique 19 début

Graphique 19 Victimes de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu déclarés par la police déclarés par la police, selon le lien de l'auteur présumé avec la victime, Canada, 2009 à 2022

Tableau de données du graphique 19 
Tableau de données du graphique 19
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 19. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Conjoint ou partenaire intime, Autre membre de la famille, Ami ou connaissance et Étranger, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Conjoint ou partenaire intime Autre membre de la famille Ami ou connaissance Étranger
pourcentage
2009 6,0 4,5 24,8 64,8
2010 6,9 4,6 26,2 62,3
2011 7,3 4,9 25,9 61,9
2012 7,8 4,7 26,6 60,9
2013 8,0 5,1 26,5 60,4
2014 8,0 5,0 27,3 59,6
2015 7,4 5,5 26,3 60,9
2016 8,2 5,3 28,3 58,1
2017 8,2 5,7 28,4 57,7
2018 8,5 5,3 29,0 57,2
2019 9,1 4,8 30,3 55,8
2020 9,8 6,1 33,4 50,8
2021 10,6 6,3 34,9 48,2
2022 9,2 6,0 32,6 52,2

Graphique 19 fin

La proportion de crimes violents commis par un ami ou une connaissance à l’aide d’une arme à feu a aussi augmenté au cours de cette période, soit de 25 % en 2009 à 33 % en 2022. Cette hausse est principalement attribuable au plus grand nombre de crimes ayant été commis par une connaissance. La proportion de crimes commis par un voisin a aussi affiché une forte hausse durant cette période; 1,2 % des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu étaient attribuables à un voisin en 2009, comparativement à 2,5 % en 2022.

Dans l’ensemble, les changements observés à l’égard du lien entre la victime et l’auteur présumé dans les affaires de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu reflètent surtout la situation en milieu urbain, où ces changements s’observent autant pour les crimes dont les victimes sont des hommes que pour ceux dont les victimes sont des femmes. Par exemple, parmi les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu contre un homme en milieu urbain, la proportion qui était attribuable à un étranger est passée de 73 % en 2009 à 64 % en 2022. Chez les femmes, ces proportions étaient de 68 % et de 48 %, respectivement. Durant la même période, la proportion de femmes en milieu urbain qui ont été ciblées par un conjoint ou un partenaire intime est passée de 11 % à 21 %.

Cette tendance à la baisse de la proportion de crimes commis par des personnes étrangères à la victime s’observe aussi d’abord au chapitre des crimes violents commis à l’aide d’une arme de poing et, dans une moindre mesure, des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu entièrement automatique ou à canon scié. Par exemple, 78 % des crimes violents commis à l’aide d’une arme de poing en 2009 étaient le fait d’un étranger. Cette proportion avait diminué pour s’établir à 63 % en 2022.

Les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu sont moins susceptibles que les crimes violents dans leur ensemble de causer des blessures, mais résultent plus souvent en blessures graves

Comparativement aux victimes de crimes violents dans leur ensemble, les victimes de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu sont moins susceptibles de subir des blessures. En 2022, 38 % des victimes de crimes violents dans le cadre desquels une arme à feu était présente ont subi des blessures, que celles-ci aient été infligées par une arme à feu, une autre arme ou la force physique. Cette proportion est inférieure à celle enregistrée pour l’ensemble des crimes violents, dont 45 % ont mené à des blessures (graphique 20)Note  .

Graphique 20 début

Graphique 20 Victimes de crimes violents déclarés par la police, selon la gravité des blessures subies, crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu et ensemble des crimes violents, Canada, 2022

Tableau de données du graphique 20 
Tableau de données du graphique 20
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 20. Les données sont présentées selon Type de crime violent (titres de rangée) et Aucune blessure, Blessures mineures, Blessures graves et Décès, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Type de crime violent Aucune blessure Blessures mineures Blessures graves Décès
pourcentage
Crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu 62,5 24,8 9,1 3,6
Ensemble des crimes violents 54,9 42,3 2,6 0,3

Graphique 20 fin

Cependant, les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu étaient beaucoup plus susceptibles de causer des blessures graves ou le décès de la victime. En 2022, près de 1 crime violent commis à l’aide d’une arme à feu sur 10 (9,1 %) a causé des blessures graves, et 3,6 % ont causé le décès de la victime. Pour l’ensemble des crimes violents, ces proportions étaient de 2,6 % et de 0,3 %, respectivement.

Cette tendance était semblable peu importe le genre de la victime, bien que les affaires de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu dont la victime était un homme étaient davantage susceptibles d’avoir causé des blessures graves (11,6 %) ou d’avoir mené au décès (4,6 %) de la victime. Dans les affaires dont la victime était une femme, ces proportions s’établissaient à 3,9 % et à 1,5 %, respectivement.

La proportion de victimes blessées par une arme à feu recule légèrement malgré une tendance à la hausse

En 2022, la proportion de victimes de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu qui ont subi des blessures causées par une arme à feu a légèrement reculé par rapport à celle enregistrée l’année précédente (30 % en 2021 par rapport à 29 % en 2022). Cependant, hormis ce léger recul en 2022, on remarque qu’une proportion de plus en plus élevée de victimes sont blessées par une arme à feu. Un creux a été atteint en 2011, alors que 23 % des victimes de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu avaient été blessées par ce type d’armeNote  . Depuis, la proportion a généralement augmenté d’une année à l’autre. La hausse a été plus particulièrement marquée chez les femmes victimes de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu. En 2013, 15 % d’entre elles avaient subi des blessures causées par une arme à feu. En 2022, la proportion atteignait 21 % (graphique 21).

Graphique 21 début

Graphique 21 Pourcentage des victimes de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu déclarés par la police qui ont subi des blessures causées par une arme à feu, selon le genre de la victime, Canada, 2009 à 2022

Tableau de données du graphique 21 
Tableau de données du graphique 21
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 21. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Hommes, Femmes et Ensemble des victimes, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Hommes Femmes Ensemble des victimes
pourcentage
2009 28,7 18,0 25,3
2010 27,1 17,4 23,8
2011 25,7 17,0 22,8
2012 27,2 16,0 23,5
2013 27,5 15,2 23,6
2014 28,0 18,1 24,7
2015 29,6 17,2 25,4
2016 31,1 17,8 26,9
2017 30,1 18,0 26,2
2018 29,9 19,1 26,5
2019 30,4 18,0 26,5
2020 32,0 19,7 28,0
2021 34,8 21,3 30,3
2022 33,4 21,3 29,3

Graphique 21 fin

Bien que proportionnellement moins de victimes aient été blessées dans les affaires de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu, la forte hausse de ces crimes de 2021 à 2022 fait tout de même en sorte que le taux de personnes blessées par une arme à feu a légèrement augmenté durant cette période. Ainsi, le taux de personnes blessées par une arme à feu a crû de 4,8 % chez les hommes et de 11 % chez les femmes (graphique 22).

Graphique 22 début

Graphique 22 Victimes de crimes commis à l'aide d'une arme à feu déclarés par la police qui ont subi des blessures causées par une arme à feu, selon le genre de la victime, Canada, 2009 à 2022

Tableau de données du graphique 22 
Tableau de données du graphique 22
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 22. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Victimes de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu, Victimes ayant subi des blessures causées par une arme à feu, Hommes et Femmes, calculées selon taux pour 100 000 personnes unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Victimes de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu Victimes ayant subi des blessures causées par une arme à feu
Hommes Femmes Hommes Femmes
taux pour 100 000 personnes
2009 39,7 19,0 11,4 3,3
2010 33,4 17,1 8,6 2,7
2011 31,8 17,3 7,6 2,5
2012 30,6 15,6 8,1 2,3
2013 27,1 13,6 7,3 1,9
2014 28,4 14,7 7,9 2,5
2015 32,2 16,5 9,9 2,8
2016 33,4 15,4 11,2 2,9
2017 34,8 16,9 11,3 3,2
2018 33,9 16,4 11,0 3,2
2019 36,3 16,7 12,0 3,2
2020 37,0 17,7 12,6 3,8
2021 35,8 17,9 13,1 3,9
2022 38,7 19,5 13,7 4,4

Graphique 22 fin

Les hommes représentent plus de 8 victimes sur 10 blessées par une arme de poing

De 2012 à 2022, les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu ont fait beaucoup plus de blessés chez les hommes que chez les femmes. Ceux-ci représentaient 79 % des personnes ayant subi des blessures causées par une arme à feu durant cette période. Cette proportion variait toutefois selon le type d’arme à feu. Notamment, les hommes représentaient 83 % des personnes blessées par une arme de poing, mais cette proportion diminuait pour s’établir à 72 % chez les personnes blessées par une carabine ou un fusil de chasse (tableau 5).

Les proportions d’hommes et de femmes parmi les personnes blessées par une arme à feu variaient aussi selon l’emplacement, que l’on soit en milieu urbain ou en milieu rural. Dans les régions urbaines, les hommes représentent 81 % des victimes de l’ensemble des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu depuis 2012. Dans les régions rurales, cette proportion passe à 70 %. Néanmoins, les femmes représentaient plus de la moitié (56 %) de l’ensemble des victimes dont les blessures avaient été infligées par la force physique, crimes qui sont beaucoup plus fréquents que les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu.

Les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu sont davantage susceptibles de faire plusieurs victimes

Les affairesNote  de crimes violents déclarées par la police font généralement une seule victime. En 2022, parmi les crimes violents pour lesquels la police a fourni un enregistrement sur la victime, environ 1 crime violent sur 10 a fait deux victimes (7,2 %) ou trois victimes ou plus (1,8 %).

Les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu ont aussi pour la plupart fait une seule victime, mais dans une moindre mesure (78 %). Parmi les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu en 2022, 15 % ont fait deux victimes, 4,2 % ont fait trois victimes et 2,7 % ont fait quatre victimes ou plus (graphique 23). Par ailleurs, ces proportions étaient à peu près les mêmes dans les régions urbaines et les régions rurales, ainsi que dans les régions du Sud et du Nord. La proportion de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu ayant fait plus d’une victime était aussi semblable que ceux-ci aient impliqué une arme de poing (23 %) ou une carabine ou un fusil de chasse (24 %), mais un peu plus faible (20 %) lorsqu’ils mettaient en cause un autre type d’arme à feu. Les armes de poing étaient toutefois un peu plus susceptibles d’être en cause dans les affaires ayant fait quatre victimes ou plus. En 2022, les armes de poing étaient en cause dans 53 % des affaires ayant fait une victime, mais cette proportion s’établissait à 61 % pour les affaires ayant fait quatre victimes ou plus.

Graphique 23 début

Graphique 23 Affaires de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu déclarées par la police, selon le nombre de victimes dans l'affaire, Canada, 2009 à 2022

Tableau de données du graphique 23 
Tableau de données du graphique 23
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 23. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et 2 victimes, 3 victimes et 4 victimes et plus, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année 2 victimes 3 victimes 4 victimes et plus
pourcentage
2009 15,5 4,9 3,7
2010 16,8 4,8 3,2
2011 16,9 5,2 3,3
2012 17,4 4,8 3,3
2013 15,7 4,8 3,3
2014 16,3 4,7 3,3
2015 16,0 4,8 3,2
2016 15,7 4,5 3,0
2017 16,4 4,3 3,4
2018 14,5 4,7 2,7
2019 15,5 3,9 3,4
2020 16,0 4,4 3,0
2021 15,2 3,5 2,6
2022 15,4 4,2 2,7

Graphique 23 fin

Depuis 2009, la proportion de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu ayant fait deux victimes est demeurée relativement stable. En revanche, la proportion de ce type d’affaires ayant fait trois victimes ou plus semble afficher une légère tendance à la baisse; elle est passée de 8,6 % en 2009 à 6,9 % en 2022, après le creux de 6,1 % enregistré en 2021. Ce recul s’observe d’ailleurs tant pour les affaires ayant fait trois victimes que pour celles ayant fait quatre victimes ou plus (graphique 23).

Début de l'encadré 4

Encadré 4
Les crimes violents attribuables aux organisations criminelles sont souvent commis à l’aide d’une arme à feu, mais ceux-ci représentent une proportion relativement faible de la violence par armes à feu

En 2016, on a commencé à recueillir dans le cadre du Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l’affaire des renseignements de la part de la police sur les activités du crime organisé et des gangs de rueNote Note  . Ces données font ressortir certaines différences selon que les crimes sont attribuables aux organisations criminelles ou non.

Les crimes violents attribuables aux organisations criminelles sont beaucoup plus susceptibles d’être commis à l’aide d’une arme à feu que les crimes n’étant pas liés aux organisations criminelles. En 2022, un peu plus du tiers (35 %) des crimes violents que la police considérait comme attribuables aux organisations criminelles ont été commis à l’aide d’une arme à feu, soit une proportion 13 fois plus élevée que celle enregistrée dans le cas des crimes qui n’étaient pas attribuables aux organisations criminelles (2,7 %).

Néanmoins, les crimes attribuables aux organisations criminelles ne représentent qu’une fraction de la criminalité avec violence au pays. Ainsi, bien que les crimes attribuables aux organisations criminelles ou aux gangs soient souvent commis à l’aide d’une arme à feu, ceux-ci représentaient 4,3 % de l’ensemble des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu déclarés par la police en 2022. Cette proportion augmentait toutefois en fonction de la gravité des blessures infligées aux victimes. Plus précisément, parmi les affaires où la victime n’a pas subi de blessure, 2,9 % étaient attribuables au crime organisé. La proportion s’établissait à 3,3 % pour les affaires de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu dans le cadre desquelles la victime a subi des blessures mineures, à 9,4 % pour les affaires dans lesquelles la victime a subi des blessures graves et à près de la moitié (48 %) pour les affaires dans lesquelles la victime est décédée.

Fin de l’encadré 4

Le tiers des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu surviennent dans la rue, un parc ou un autre lieu ouvert

En général, les crimes violents surviennent majoritairement dans une résidence ou une unité d’habitation. De 2012 à 2022, près de 6 crimes violents sur 10 ont eu lieu dans une résidence. En comparaison, 19 % sont survenus dans la rue, un parc ou un autre endroit public. Les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu sont aussi nombreux à être survenus dans une résidence privée (43 %). Ils étaient toutefois beaucoup plus susceptibles que les autres crimes violents d’être survenus dans la rue, un parc ou un autre lieu ouvert (33 %) (tableau 6).

À l’instar des crimes violents en général, ce portrait est toutefois différent selon le genre de la victime. Ainsi, de 2012 à 2022, plus de la moitié (53 %) des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu ciblant des femmes sont survenus dans une résidence ou une unité d’habitation, une proportion qui augmentait pour s’établir à 74 % dans les régions rurales.

De 2012 à 2022, les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu ciblant des hommes étaient un peu plus susceptibles de se produire dans la rue, un parc ou un autre lieu ouvert (39 %) que dans une résidence ou une unité d’habitation (38 %). Les affaires ciblant des garçons de moins de 18 ans étaient les plus susceptibles d’être survenues dans la rue, un parc ou un autre lieu ouvert (51 %).

Un peu moins de la moitié des affaires de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu sont classées par mise en accusation

En 2022, la police avait résolu un peu plus de la moitié (52 %) des affaires de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu, c’est-à-dire que ces affaires avaient été classées par mise en accusation (46 %) ou sans mise en accusation (5,9 %) (graphique 24). Les affaires restantes (48 %) n’avaient pas encore été classées. Plus précisément, 14 % des affaires faisaient toujours l’objet d’une enquête, 29 % ne disposaient pas de preuves suffisantes pour porter des accusations, et 4,6 % n’avaient pas été classées parce que le plaignant, la victime ou des témoins clés ne voulaient pas participer à l’enquête. Dans l’ensemble, ces proportions sont relativement semblables à celles observées pour les crimes violents en général, dont 55 % des affaires ont été classées (résolues), y compris 40 % qui ont été classées par mise en accusation.

Graphique 24 début

Graphique 24 Affaires de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu déclarées par la police, selon l'état de classement de l'affaire, Canada, 2009 à 2022

Tableau de données du graphique 24 
Tableau de données du graphique 24
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 24. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Classées par mise en accusation, Classées sans mise en accusation et Non classées, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Classées par mise en accusation Classées sans mise en accusation Non classées
pourcentage
2009 41,3 10,5 48,2
2010 41,6 10,3 48,1
2011 43,4 10,3 46,3
2012 46,6 9,3 44,1
2013 48,6 8,9 42,5
2014 48,1 9,3 42,7
2015 48,5 7,4 44,0
2016 49,5 6,2 44,3
2017 51,2 7,2 41,6
2018 50,5 6,9 42,6
2019 48,0 5,1 46,9
2020 49,3 5,7 45,0
2021 48,6 5,7 45,7
2022 46,2 5,9 47,9

Graphique 24 fin

Parmi les différentes infractionsNote  , les affaires d’usage d’une arme à feu lors de la perpétration d’un acte criminel (73 %) et les affaires de prise d’otage, d’enlèvement, de séquestration et de traite de personnes (72 %) étaient les plus susceptibles d’être classées par mise en accusation en 2022. Les affaires de décharge d’une arme à feu avec une intention particulière (32 %) et de braquage d’une arme à feu (36 %) étaient les moins susceptibles d’être classées par mise en accusation (tableau 2).

Les affaires de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu étaient aussi plus susceptibles d’être classées par mise en accusation lorsque celles-ci avaient ciblé des femmes. Par exemple, 60 % de ces affaires survenues au cours de la période allant de 2012 à 2022 avaient été classées par mise en accusation, comparativement à 50 % des affaires ayant ciblé des hommes. Elles étaient également un peu plus susceptibles d’être classées par mise en accusation lorsqu’elles étaient survenues en milieu rural (59 %) plutôt qu’en milieu urbain (46 %) (tableau 6). Plusieurs facteurs peuvent avoir une incidence sur le taux de classement des affaires. Par exemple, les crimes attribuables aux organisations criminelles ou liés au commerce de la drogue sont généralement moins susceptibles d’être classés, alors que les crimes commis par un membre de la famille ou une personne connue de la victime peuvent être plus faciles à résoudre (Hotton Mahony et Turner, 2012; Paré et autres, 2007)

La proportion d’affaires de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu classées par mise en accusation a quelque peu fluctué depuis 2009. Alors qu’elle se situait à 41 % en 2009, la proportion d’affaires classées par mise en accusation a augmenté pour atteindre 51 % en 2017, avant de redescendre pour s’établir à 46 % en 2022. La proportion d’affaires classées sans mise en accusation a suivi une tendance généralement à la baisse; elle est passée de 11 % en 2009 à 5,9 % en 2022 (graphique 24).

En revanche, la proportion d’affaires non classées (non résolues) a augmenté au cours des dernières années. En 2017, 42 % des affaires de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu n’avaient pas été classées. En 2022, cette proportion était de 48 %. La hausse récente de la proportion d’affaires non classées pourrait peut-être en partie s’expliquer par l’augmentation des affaires de décharge d’une arme à feu avec une intention particulière et celles de braquage d’une arme à feu, lesquelles sont relativement nombreuses à ne pas être résolues. En 2018, des changements ont aussi été apportés à la définition d’« affaire fondée »Note  , ce qui peut avoir eu des répercussions sur le taux de classement des affaires (Centre canadien de la statistique juridique, 2018; Moreau, 2019).

Le quart des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu impliquent plus d’un auteur présumé

Les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu sont beaucoup plus susceptibles que les autres types de crimes à mettre en cause plus d’un auteur présumé. En 2022, le quart (25 %) des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu ont impliqué plus d’un auteur présumé. Plus précisément, 15 % de ces crimes ont été commis par deux auteurs présumés, 6,0 % ont été perpétrés par trois auteurs présumés et 3,6 % ont mis en cause quatre auteurs présumés ou plus (graphique 25). Parmi l’ensemble des crimes violents, deux auteurs présumés ont été identifiés dans 4,7 % des cas et trois auteurs présumés ou plus l’ont été dans 1,3 % des cas.

Graphique 25 début

Graphique 25 Affaires de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu déclarées par la police, selon le nombre d'auteurs présumés dans l'affaire, Canada, 2009 à 2022

Tableau de données du graphique 25 
Tableau de données du graphique 25
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 25. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et 2 auteurs présumés, 3 auteurs présumés et 4 auteurs présumés et plus, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année 2 auteurs présumés 3 auteurs présumés 4 auteurs présumés et plus
pourcentage
2009 16,4 6,5 3,6
2010 14,7 5,2 3,3
2011 15,0 4,4 3,8
2012 15,1 6,1 3,0
2013 14,8 5,1 3,5
2014 14,5 5,6 3,6
2015 15,0 5,9 3,9
2016 15,5 6,3 4,4
2017 16,0 5,7 4,4
2018 16,2 6,1 3,9
2019 16,4 5,7 3,6
2020 14,7 5,9 3,6
2021 14,7 5,3 3,1
2022 15,1 6,0 3,6

Graphique 25 fin

Les affaires de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu étaient plus susceptibles d’être perpétrées par plusieurs auteurs présumés dans les régions urbaines que dans les régions rurales. Dans les régions urbaines, 17 % des affaires ont impliqué deux auteurs présumés et 11 %, trois auteurs présumés ou plus. Dans les régions rurales, ces proportions étaient de 11 % et de 5,8 %, respectivement. Dans les régions du Sud, 16 % des affaires ont impliqué deux auteurs présumés et 11 % en comptaient trois ou plus. Dans les régions du Nord, ces proportions étaient de 13 % et de 5,6 %, respectivement.

En outre, les affaires de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu et impliquant plus d’un auteur présumé étaient plus susceptibles d’être considérées comme liées au crime organisé ou soupçonnées de l’être. Par exemple, en 2022, 2,2 %Note  des affaires mettant en cause un seul auteur présumé étaient considérées comme liées au crime organisé. Cette proportion s’établissait à 6,1 % pour les affaires impliquant deux auteurs présumés et à 9,2 % pour celles impliquant trois auteurs présumés ou plusNote  .

Près de 9 auteurs présumés sur 10 sont des hommes

Les crimes violents déclarés par la police au Canada sont majoritairement perpétrés par des hommes; cela est encore plus vrai dans le cas des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu. Selon les données déclarées par la police en 2022, environ les trois quarts (77 %) des auteurs présumés d’un crime violent étaient des hommes. Cette proportion augmentait pour se situer à environ 9 auteurs présumés sur 10 (89 %) dans le cas des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu. La proportion était cependant légèrement plus faible dans les régions rurales du Nord et dans les territoires, où 85 % des auteurs présumés étaient des hommes (tableau 7).

Plus précisément, c’est parmi les garçons de 12 à 17 ans que le taux d’auteurs présumés a atteint un sommet en 2022, soit 110,6 auteurs présumés pour 100 000 garçons de ce groupe d’âge. Le taux élevé de jeunes auteurs présumés de 12 à 17 ans est surtout attribuable à la situation dans les régions urbaines des provinces (112,2 auteurs présumés pour 100 000 garçons de 12 à 17 ans). Dans les régions rurales du sud des provinces, le taux de garçons de 12 à 17 ans auteurs présumés de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu (64,5) était près de la moitié du taux correspondant en milieu urbain. Dans les régions rurales du sud des provinces, ce sont plutôt les hommes de 25 à 34 ans (92,3 auteurs présumés pour 100 000 hommes de 25 à 34 ans) qui ont enregistré le taux d’auteurs présumés le plus élevé. Le portrait était similaire dans les régions rurales du nord des provinces et dans les territoires, où le taux le plus élevé a été enregistré parmi les hommes de 18 à 24 ans (350,1), suivis de près des hommes de 25 à 34 ans (338,9).

Le taux de jeunes garçons auteurs présumés de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu a connu une hausse particulièrement importante de 2021 à 2022. Dans l’ensemble des régions urbaines (du Sud et du Nord), ce taux a affiché une hausse de 54 % en un an (de 72,9 à 112,4 auteurs présumés pour 100 000 garçons de 12 à 17 ans). Dans l’ensemble des régions rurales, la hausse a été de 37 % (de 73,8 à 101,2 auteurs présumés pour 100 000 garçons de 12 à 17 ans), et celle-ci suivait une augmentation de 19 % de 2020 à 2021 (graphique 26).

Graphique 26 début

Graphique 26 Jeunes auteurs présumés de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu déclarés par la police, selon le genre, régions urbaines et régions rurales, Canada, 2009 à 2022

Tableau de données du graphique 26 
Tableau de données du graphique 26
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 26. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Régions urbaines, Régions rurales, Garçons et Filles, calculées selon taux pour 100 000 personnes unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Régions urbaines Régions rurales
Garçons Filles Garçons Filles
taux pour 100 000 personnes
2009 94,4 5,4 112,0 12,0
2010 73,4 4,2 100,1 9,8
2011 75,0 3,6 90,2 6,7
2012 68,8 4,1 104,4 12,0
2013 62,6 5,2 84,1 7,8
2014 71,1 4,2 92,8 2,7
2015 73,8 6,0 83,9 13,7
2016 73,6 5,6 112,4 12,0
2017 90,5 7,2 94,0 12,1
2018 86,8 7,6 89,4 13,8
2019 81,4 6,7 104,1 8,2
2020 77,2 8,7 62,3 12,8
2021 72,9 8,2 73,8 10,0
2022 112,4 7,4 101,2 8,7

Graphique 26 fin

Il y a de plus en plus de femmes parmi les auteurs présumés de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu

Les femmes représentent une minorité des personnes présumées être les auteurs de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu; en 2022, elles représentaient un peu plus de 1 auteur présumé sur 10 (11 %). Elles sont toutefois de plus en plus nombreuses : le taux d’auteures présumées de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu (5,0 affaires pour 100 000 femmes) a augmenté de 88 % en 10 ans. Cette tendance contraste avec celle observée pour l’ensemble des crimes violents, pour lesquels le taux d’auteures présumées recule (-14 %) depuis 2012.

La hausse du taux d’auteures présumées de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu a été particulièrement notable chez les femmes de 25 à 34 ans, dont le taux a presque triplé (+188 %) depuis 2012, et s’observe tant dans les régions urbaines (+227 %) que dans les régions rurales (+167 %) du sud des provinces. Dans les régions rurales du Nord et dans les territoires, le taux d’auteures présumées a fortement progressé dans tous les groupes d’âge, sauf parmi les filles de 12 à 17 ans, chez lesquelles le taux a reculé (-20 %) (tableau 7).

Chez les hommes, le taux d’auteurs présumés de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu a également augmenté depuis 2012, alors que pour l’ensemble des crimes violents, ce taux a plutôt reculé. En général, la progression du taux d’auteurs présumés chez les hommes (+26 %) a toutefois été moins prononcée que celle enregistrée chez les femmes (+88 %). Cependant, la majorité des auteurs présumés sont des hommes; la hausse de 26 % chez les hommes représente un peu plus de 2 000 auteurs présumés additionnels par rapport à 2012, alors que l’augmentation de 88 % chez les femmes représente environ 450 auteures présumées additionnelles. La hausse (+31 %) enregistrée depuis 2012 du taux d’auteurs présumés de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu demeure donc, dans l’ensemble, en grande partie attribuable aux hommes.

Il convient néanmoins de souligner que le taux d’hommes de 18 à 24 ans auteurs présumés de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu en 2022 n’a presque pas augmenté en 10 ans (+4 %). En 2012, les hommes de 18 à 24 ans affichaient le taux d’auteurs présumés le plus élevé parmi tous les groupes d’âge et de genre. En 2022, le taux d’auteurs présumés chez les garçons de 12 à 17 ans dépassait le taux des hommes de 18 à 24 ans.

Une proportion de plus en plus élevée d’auteurs présumés de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu sont inculpés

Lorsque la police identifie un ou des auteurs présumés, des accusations sont généralement portées ou recommandées à l’égard de ceux-ci. Il arrive toutefois que ce ne soit pas le cas. Par exemple, des accusations pourraient ne pas être portées, entre autres, en raison du décès de l’auteur présumé ou parce qu’un témoin clé est décédé avant que des accusations ne soient portées, parce que le plaignant ne souhaite pas poursuivre les démarches, ou pour une autre raison à la discrétion de la police. Lorsque les auteurs présumés sont mineurs, la police peut aussi, selon le cas, choisir de classer l’affaire au moyen d’une mesure extrajudiciaire (avertissement, renvoi à un programme communautaire ou à un programme de sanctions extrajudiciaires).

En 2022, la police a porté ou recommandé des accusations à l’égard de 87 % des auteurs présumés. C’est 6 points de pourcentage de plus que 10 ans plus tôt, alors que 81 % des auteurs présumés avaient été inculpés. Cette proportion était plus élevée dans les régions urbaines des provinces (88 %), mais l’était un peu moins dans les régions rurales du sud des provinces (85 %) et dans les régions rurales du Nord ou dans les territoires (81 %) (tableau 8).

Les plus faibles proportions d’auteurs présumés inculpés dans les régions rurales et du Nord pourraient peut-être en partie s’expliquer par la plus faible proportion de crimes commis par un étranger. Dans les régions rurales, les affaires de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu étaient plus susceptibles d’être classées sans mise en accusation, notamment parce que le plaignant ne souhaitait pas poursuivre les démarchesNote  . Il est plus fréquent qu’une affaire soit classée sans mise en accusation pour cette raison lorsque la victime et l’auteur présumé se connaissent, soit une situation plus fréquente dans les régions rurales. Néanmoins, c’est dans les régions rurales et dans les territoires que la proportion d’auteurs présumés inculpés a le plus augmenté depuis 2012. Dans les régions rurales du Sud, cette proportion est passée de 72 % en 2012 à 85 % en 2022, alors qu’elle est passée de 68 % à 81 % dans les régions rurales du Nord et dans les territoires.

La hausse de la proportion d’auteurs présumés de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu ayant été inculpés a été plus marquée chez les femmes, dont la proportion d’auteures présumées inculpées est passée de 69 % en 2012 à 81 % en 2022. Chez les hommes, cette proportion est passée de 82 % à 87 % durant la même période. C’est surtout en milieu rural, tant dans le sud que dans le nord des provinces, ou dans les territoires, que cette hausse des inculpations chez les femmes s’observe. Dans les régions rurales du sud des provinces, 77 % des auteures présumées ont été inculpées en 2022, comparativement à 59 % 10 ans plus tôt. Dans les régions rurales du nord des provinces et dans les territoires, cette proportion est passée de 37 % en 2012 à 72 % en 2022.

Homicides commis à l’aide d’une arme à feu au Canada, 2022

À l’instar des crimes violents en général, les homicides commis à l’aide d’une arme à feu ont connu une hausse en 2022. En 2022, la police a déclaré 342 victimes d’homicides tuées au moyen d’une arme à feu. Il s’agit d’un sommet depuis que les données sur les homicides ont commencé à être recueillies en 1961, et 44 de plus que le sommet précédent atteint un an plus tôt. De 2021 à 2022, le taux d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu est passé de 0,78 à 0,88 homicide pour 100 000 personnes, en hausse de 13 %. Cette augmentation est semblable à la hausse des homicides commis à l’aide d’un couteau (+14 %), mais supérieure à la hausse des homicides dont le décès a été causé par des coups portés (+5,6 %) ou une autre méthode (+0,6 %) (graphique 27).

Graphique 27 début

Graphique 27 Homicides, selon la méthode principale utilisée pour causer la mort, Canada, 1972 à 2022

Tableau de données du graphique 27 
Tableau de données du graphique 27
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 27. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Coup de feu, Coup de couteau, Coups portés et Autre méthode, calculées selon taux pour 100 000 personnes unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Coup de feu Coup de couteau Coups portés Autre méthode
taux pour 100 000 personnes
1972 0,90 0,35 0,41 0,48
1973 0,97 0,41 0,46 0,28
1974 1,24 0,41 0,57 0,36
1975 1,26 0,54 0,70 0,50
1976 1,10 0,58 0,63 0,53
1977 1,10 0,63 0,64 0,62
1978 1,04 0,61 0,63 0,45
1979 0,86 0,67 0,55 0,51
1980 0,79 0,56 0,48 0,54
1981 0,80 0,71 0,62 0,44
1982 0,99 0,72 0,49 0,43
1983 0,89 0,68 0,60 0,50
1984 0,89 0,74 0,46 0,50
1985 0,86 0,88 0,47 0,50
1986 0,67 0,63 0,48 0,37
1987 0,76 0,70 0,51 0,43
1988 0,63 0,63 0,52 0,35
1989 0,79 0,62 0,47 0,48
1990 0,70 0,77 0,47 0,40
1991 0,97 0,80 0,51 0,40
1992 0,87 0,74 0,53 0,42
1993 0,68 0,67 0,40 0,42
1994 0,68 0,53 0,37 0,46
1995 0,59 0,62 0,41 0,35
1996 0,72 0,66 0,44 0,28
1997 0,65 0,56 0,38 0,35
1998 0,50 0,62 0,41 0,30
1999 0,55 0,47 0,41 0,32
2000 0,60 0,49 0,42 0,25
2001 0,55 0,55 0,39 0,26
2002 0,49 0,58 0,40 0,32
2003 0,52 0,45 0,39 0,33
2004 0,54 0,64 0,43 0,30
2005 0,69 0,61 0,44 0,26
2006 0,59 0,64 0,37 0,23
2007 0,57 0,57 0,36 0,23
2008 0,60 0,61 0,37 0,23
2009 0,54 0,62 0,35 0,26
2010 0,52 0,49 0,34 0,26
2011 0,46 0,61 0,38 0,28
2012 0,49 0,47 0,33 0,24
2013 0,38 0,56 0,29 0,20
2014 0,44 0,53 0,29 0,18
2015 0,51 0,60 0,38 0,17
2016 0,62 0,48 0,32 0,22
2017 0,73 0,56 0,30 0,19
2018 0,68 0,49 0,33 0,22
2019 0,70 0,57 0,27 0,24
2020 0,73 0,63 0,36 0,22
2021 0,78 0,64 0,35 0,21
2022 0,88 0,72 0,37 0,22

Graphique 27 fin

Le taux d’homicides par arme à feu en 2022 demeure encore loin derrière le sommet atteint en 1975 (1,26 homicide par arme à feu pour 100 000 personnes), mais il est le plus élevé enregistré depuis 1991. Les homicides par arme à feu ont connu une hausse particulièrement prononcée ces dernières années. Depuis 2013, alors qu’un creux était atteint, le taux d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu a plus que doublé (+130 %), passant de 0,38 à 0,88 homicide commis à l’aide d’une arme à feu pour 100 000 personnes. Au cours de la même période, le taux d’homicides commis à l’aide d’un couteau ou d’un autre objet pointu a crû de 30 %, le taux d’homicides causés par des coups portés a augmenté de 26 %, et le taux d’homicides commis au moyen d’une autre méthode a affiché une hausse de 9,7 %. Depuis 2016, les décharges d’armes à feu sont d’ailleurs redevenues la principale cause de décès par homicide. Avant cela, de 1985 à 2015, la cause de décès la plus courante au Canada alternait entre la décharge d’une arme à feu et l’agression au couteau.

Les armes de poing sont en cause dans près des deux tiers des homicides commis à l’aide d’une arme à feu

Comme c’est le cas chaque année depuis 1995, les armes de poing (63 %) étaient le type d’arme à feu le plus souvent utilisé dans les homicides par arme à feu au Canada en 2022, particulièrement dans les homicides ayant fait une victime âgée de 18 à 24 ans (75 %). Venaient ensuite les carabines ou les fusils de chasse, utilisés dans environ le quart (23 %) des homicides commis à l’aide d’une arme à feu en 2022. Les 216 victimes d’homicides commis à l’aide d’une arme de poing représentaient le plus grand nombre de victimes enregistré à ce jour dans le cadre de l’Enquête sur les homicides, tout comme le taux correspondant (0,55 pour 100 000 personnes), qui a dépassé le sommet atteint en 1991 (0,48) (graphique 28).

Graphique 28 début

Graphique 28 Homicides par arme à feu, selon le type d'arme à feu utilisé, Canada, 1972 à 2022

Tableau de données du graphique 28 
Tableau de données du graphique 28
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 28. Les données sont présentées selon Année (titres de rangée) et Carabine ou fusil de chasse, Arme de poing et Autre type d'arme à feu, calculées selon taux pour 100 000 personnes unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Année Carabine ou fusil de chasse Arme de poing Autre type d'arme à feu
taux pour 100 000 personnes
1972 0,61 0,25 0,05
1973 0,61 0,26 0,09
1974 0,84 0,33 0,07
1975 0,83 0,38 0,05
1976 0,72 0,29 0,09
1977 0,74 0,26 0,10
1978 0,75 0,26 0,03
1979 0,57 0,22 0,06
1980 0,50 0,25 0,04
1981 0,50 0,24 0,06
1982 0,62 0,35 0,02
1983 0,52 0,31 0,06
1984 0,56 0,26 0,07
1985 0,54 0,28 0,03
1986 0,44 0,15 0,08
1987 0,43 0,22 0,11
1988 0,38 0,18 0,08
1989 0,49 0,20 0,11
1990 0,36 0,25 0,10
1991 0,46 0,48 0,03
1992 0,37 0,45 0,04
1993 0,32 0,32 0,04
1994 0,32 0,31 0,05
1995 0,26 0,32 0,01
1996 0,33 0,36 0,03
1997 0,29 0,33 0,02
1998 0,22 0,24 0,05
1999 0,21 0,30 0,04
2000 0,22 0,35 0,03
2001 0,17 0,36 0,03
2002 0,15 0,32 0,03
2003 0,15 0,35 0,02
2004 0,16 0,35 0,03
2005 0,22 0,41 0,07
2006 0,20 0,34 0,05
2007 0,15 0,38 0,04
2008 0,16 0,39 0,06
2009 0,14 0,33 0,07
2010 0,15 0,31 0,06
2011 0,13 0,28 0,05
2012 0,14 0,31 0,05
2013 0,11 0,26 0,02
2014 0,11 0,29 0,03
2015 0,17 0,29 0,05
2016 0,17 0,36 0,08
2017 0,24 0,40 0,09
2018 0,20 0,39 0,09
2019 0,23 0,35 0,12
2020 0,22 0,36 0,15
2021 0,21 0,44 0,13
2022 0,20 0,55 0,12

Graphique 28 fin

Au total, 76 % des homicides par arme à feu en 2022 ont été commis dans des régions urbaines du sud des provinces, une proportion légèrement inférieure à celle enregistrée chez la population vivant dans ces régions (81 %). La proportion restante d’homicides par arme à feu ont été perpétrés dans les régions du nord des provinces et dans les territoires (13 %) ou dans les régions rurales du Sud (10 %). Comme c’était le cas pour les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu en général, le taux d’homicides par arme à feu était plus élevé dans les régions du Nord, y compris les territoires (1,96 victime pour 100 000 personnes), et était bien supérieur à celui enregistré dans les régions urbaines (0,83) ou rurales (0,72) du Sud.

En 2022, presque toutes (192 victimes, ou 89 %) les victimes d’homicides commis à l’aide d’une arme de poing se trouvaient dans des régions urbaines du Sud. Toutefois, la répartition des homicides commis à l’aide d’une carabine ou d’un fusil de chasse au pays différait : 50 % ont été perpétrés dans les régions urbaines du Sud, 28 % l’ont été dans les régions du Nord et 22 %, dans les régions rurales du Sud.

Les Autochtones et les personnes noires sont surreprésentés parmi les victimes d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu

Certains groupes de population sont plus susceptibles d’être exposés à la violence par armes à feu, notamment les homicides commis à l’aide d’une arme à feu. Plus particulièrement, les Autochtones (c.-à-d. les Premières Nations, les Inuit et les Métis) représentaient 17 % des victimes d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu en 2022, tant chez les hommes victimes (17 %) que chez les femmes victimes (18 %). Cette proportion est par ailleurs beaucoup plus élevée pour les homicides commis à l’aide d’une carabine ou d’un fusil de chasse (40 %) que pour les homicides commis à l’aide d’une arme de poing (7,6 %). La proportion d’Autochtones parmi l’ensemble des victimes d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu (17 %) était plus de trois fois plus élevée que la proportion correspondante au sein de la population canadienne (5 %). Cependant, les Autochtones représentaient une proportion encore plus élevée des victimes d’homicides n’ayant pas été commis à l’aide d’une arme à feu en 2022 (33 %). Tant l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées que la Commission de vérité et réconciliation du Canada ont souligné que les violations persistantes et délibérées des droits de la personne et des droits des Autochtones, ainsi que les abus qui en découlent, sont à l’origine des taux élevés de violence envers les Autochtones (Centre national pour la vérité et la réconciliation, 2015; Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, 2019).

Les personnes racisées sont également surreprésentées parmi les victimes d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu. Alors que celles-ci représentaient plus du quart (26,5 %) de la population au Recensement de 2021, elles représentaient près de la moitié (48 %) des victimes d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu en 2022; la proportion s’établissait à 61 % dans le cas des homicides commis à l’aide d’une arme de poing. Les personnes noires étaient particulièrement surreprésentées : celles-ci représentaient le quart (25 %) des victimes d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu et près du tiers (32 %) des victimes d’homicides commis à l’aide d’une arme de poing, alors qu’elles représentent 4,3 % de l’ensemble de la population canadienne. Dans une moindre mesure que les Noirs, les Sud-Asiatiques étaient également surreprésentés parmi les victimes d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu (13 %) par rapport à leur proportion dans l’ensemble de la population (7,1 %). Les personnes racisées sont confrontées à différentes expériences de discrimination et de racisme systémique, ainsi que de marginalisation socioéconomique qui, à l’instar des Autochtones, ont une incidence sur leur représentation parmi les victimes de crimes.

Peu d’auteurs présumés d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu détiennent un permis de possession d’armes valide

Il était plutôt rare que les armes à feu utilisées dans les homicidesNote  étaient des armes légales utilisées par leur propriétaire et qu’elles étaient en règle. Dans environ la moitié des homicides commis à l’aide d’une arme à feu en 2022 pour lesquels cette information était connue (113 homicides), l’arme avait une origine légale, c’est-à-dire qu’elle avait été initialement légalement obtenue, dans environ la moitié des cas (58 homicides sur 113). L’arme était un peu plus susceptible d’avoir une origine légale lorsqu’il s’agissait d’une carabine ou d’un fusil de chasse (58 %, soit 22 homicides sur 38) que lorsqu’il s’agissait d’une arme de poing (49 %, soit 36 homicides sur 74). Parmi les affaires dans le cadre desquelles l’arme avait été initialement légalement obtenue, l’auteur présumé était en possession légale de l’arme dans 44 % des cas (24 sur 54 homicides).

Parmi les cas où l’arme à feu n’avait pas été légalement obtenue initialement, ou que l’arme n’était pas possédée légalement au moment de l’homicide, et que l’information était connue (49 homicides), l’arme avait été volée au propriétaire légal canadien dans 8 cas, et dans 5 autres cas, elle avait été achetée illégalement au propriétaire légal canadien. Dans la majorité des cas (36 homicides), il s’agissait d’une arme à feu illégale, c’est-à-dire qu’elle n’a jamais été possédée légalement au Canada. Parmi ces 36 armes illégales, 20 ont été envoyées au traçage. Parmi celles-ci, 6 avaient une origine américaine, alors que l’origine était inconnue pour les 14 autres. Au total, 79 armes ont été envoyées au traçage, y compris celles qui ont pu s’avérer être des armes légales. Parmi ces 79 armes, 16 avaient une origine canadienne, 14 avaient une origine américaine, 1 provenait d’un pays étranger et 48 avaient une origine inconnue.

Dans la majorité des homicides commis à l’aide d’une arme à feu, l’auteur présumé ne possédait pas de permis d’arme à feu valide pour la classe d’arme utilisée. Parmi les homicides pour lesquels l’information était disponible, l’auteur présumé possédait un permis dans 13 % (16 sur 119) des homicides commis à l’aide d’une arme de poingNote  et 12 % (7 sur 59) des homicides commis à l’aide d’une carabine ou d’un fusil de chasseNote  .

Des antécédents de violence sont plus fréquents dans les homicides commis à l’aide d’une arme à feu, sauf dans le cas des homicides conjugaux ou familiaux

Les auteurs présumés d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu sont plus susceptibles d’avoir des antécédents criminels que les auteurs présumés d’homicides commis au moyen d’une autre méthode. En 2022, près de 7 auteurs présumés sur 10 (69 %) d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu avaient des antécédents criminels, par rapport à 57 % des auteurs présumés d’homicides commis au moyen d’une autre méthode. Plus précisément, environ la moitié (51 %) avaient des antécédents de violence (par rapport à 45 %), 45 % avaient des antécédents de crimes contre les biens (par rapport à 38 %) et 62 % avaient des antécédents d’autres infractions au Code criminel ou à d’autres lois fédérales, comme les infractions relatives aux drogues ou aux armes à feu (par rapport à 42 %).

Cependant, il était plus rare que la police soit au fait d’antécédents de violence dans le cas des homicides conjugaux ou familiaux lorsqu’ils avaient été commis à l’aide d’une arme à feu que lorsqu’ils avaient été commis par une autre méthode. Dans le tiers (33 %) des homicides commis à l’aide d’une arme à feu par un conjoint, un partenaire intime ou un autre membre de la famille au cours de la période allant de 2013 à 2022, la police était au fait d’antécédents de violence conjugale ou familiale entre la victime et l’auteur présumé. Cette proportion s’établissait à 43 % dans le cas des homicides commis au moyen d’une autre méthode. Autrement dit, les homicides conjugaux ou familiaux commis au moyen d’une arme à feu sont un peu plus susceptibles que ceux perpétrés au moyen d’une autre méthode de s’être produits au sein d’un couple ou d’une famille sans antécédents de violence connus de la police.

Près de la moitié des homicides commis à l’aide d’une arme à feu sont attribuables au crime organisé

Les homicides commis à l’aide d’une arme à feu sont généralement plus susceptibles d’être liés à des activités illicites. Plus des deux tiers (69 %) des victimes d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu en 2022 étaient impliquées dans des activités illicites, par rapport au tiers (33 %) des victimes d’homicides n’ayant pas été commis à l’aide d’une arme à feu.

Selon les données policières, on a confirmé ou soupçonné que près de la moitié (47 %) des homicides par arme à feu étaient attribuables au crime organisé ou aux gangs en 2022, comparativement à 7 % des homicides commis au moyen d’autres méthodesNote  . Les proportions variaient selon le type d’arme à feu : 52 % des homicides mettant en cause une arme de poing étaient attribuables au crime organisé, tout comme 26 % des homicides mettant en cause une carabine ou un fusil de chasse.

Autrement dit, la grande majorité (82 %) des homicides attribuables au crime organisé mettaient en cause la décharge d’une arme à feu, et les deux tiers (70 %) de ces homicides ont été commis à l’aide d’une arme de poing.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les homicides au Canada en 2022, voir Statistique Canada, 2023b.

Début de l'encadré 5

Encadré 5
Autres infractions commises à l’aide d’une arme à feu au Canada

Les crimes mettant en cause des armes à feu ne sont pas tous classés comme violents. Il existe un certain nombre d’infractions sans violence, y compris l’introduction par effraction pour voler une arme à feu et un éventail d’infractions administratives relatives aux armes pour lesquelles la police déclare des renseignements dans le cadre du Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC). Pour obtenir des statistiques détaillées fondées sur les infractions, les tableaux suivants peuvent être consultés : 35-10-0001-01, 35-10-0002-01, 35-10-0026-01, 35-10-0061-01 à 35-10-0064-01, 35-10-0066-01, 35-10-0067-01 ainsi que 35-10-0177-01 à 35-10-0191-01.

De plus, une autre mesure des crimes commis à l’aide d’une arme à feu au Canada est le nombre d’affaires dans lesquelles une arme à feu a été signalée comme étant volée à la police. Dans le cadre du Programme DUC, la police peut recenser jusqu’à cinq types différents de biens volés dans une affaire, y compris quatre catégories distinctes d’armes à feu : les armes à autorisation restreinte, les carabines, les fusils de chasse et les autres armes à feu. En 2022, il y a eu 2 086 affaires où au moins une arme à feu faisait partie des biens volésNote  , ce qui représente une baisse de 5 % du nombre d’affaires, comparativement à 2021 (2 196). En fait, le nombre d’affaires dans lesquelles une arme à feu a été volée a affiché un recul marqué de 2019 à 2020 (-21 %), puis de 2020 à 2021 (-16 %). La pandémie de COVID‑19 et les restrictions connexes ont peut-être contribué à la baisse enregistrée au cours de ces deux années, comme c’est le cas pour de nombreux autres types de crimes, en particulier ceux contre les biens (Moreau, 2022). Cela dit, les affaires dans lesquelles des armes à feu ont été volées suivent une tendance à la baisse depuis 2015, année au cours de laquelle elles ont atteint un sommet à 4 138 affaires.

En 2022, les carabines étaient le type d’arme à feu le plus souvent déclaré volé (1 208 affaires mettant en cause au moins une carabine volée), suivies des fusils de chasse (564), des autres armes à feu (440) et des armes à feu à autorisation restreinte (299)Note  . Les carabines sont le type d’arme à feu le plus fréquemment déclaré volé, et ce, chaque année depuis 2009, lorsque les données sur les tendances sont devenues accessibles.

Fin de l’encadré 5

Résumé

En 2022, les services de police au Canada ont déclaré environ 14 000 crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu, ce qui représente un taux de 36,7 affaires pour 100 000 personnes. Ce taux est 8,9 % plus élevé que celui enregistré l’année précédente (33,7 affaires pour 100 000 personnes) et représente un sommet depuis que des données comparables ont commencé à être compilées en 2009. Le taux d’homicides commis à l’aide d’une arme à feu (0,88 affaire pour 100 000 personnes) était aussi le plus élevé enregistré depuis 1991. Depuis 2016, les armes à feu sont la principale méthode pour perpétrer un homicide, devant les couteaux et les autres objets pointus.

L’augmentation du taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu par rapport à 2021 est principalement attribuable à des hausses en Ontario (+24 %), au Nouveau-Brunswick (+24 %) et en Colombie-Britannique (+12 %). Cela dit, depuis que le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu a atteint un creux en 2013, toutes les provinces et tous les territoires ont vu leur taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu augmenter. Depuis 2013, les hausses de taux les plus prononcées ont été enregistrées dans les Territoires du Nord-Ouest (+303 %), en Saskatchewan (+165 %), au Yukon (+149 %) et au Nouveau-Brunswick (+126 %).

Dans l’ensemble, la hausse du taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu depuis le creux de 2013 a aussi été particulièrement marquée dans les régions rurales du nord des provinces (+141 %), dans les territoires (+139 %) et dans les régions urbaines du nord des provinces (+89 %). Bien que, dans l’ensemble, l’augmentation du taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu depuis 2013 ait été moins marquée dans les régions urbaines du Sud (+45 %), certaines régions métropolitaines de recensement ont connu des hausses relativement importantes au cours des dernières années. En 10 ans, le taux a presque quadruplé dans le Grand Sudbury, à Thunder Bay et à Regina.

L’augmentation du taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu depuis le creux de 2013 s’explique en partie parce que les crimes violents en général, qu’ils aient été commis ou non avec une arme à feu, sont en hausse. Cependant, les crimes violents sont aussi de plus en plus susceptibles d’être commis à l’aide d’une arme à feu. En 2013, 2,2 % des crimes violents avaient été commis à l’aide d’une arme à feu, une proportion qui atteignait 2,8 % en 2022. Ainsi, depuis 2013, le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu a augmenté plus rapidement que le taux de crimes violents en général (+55 % par rapport à +24 %).

Par ailleurs, le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu a augmenté pour la plupart des infractions. La hausse la plus marquée depuis le creux de 2013 s’observe pour les infractions se rapportant explicitement aux armes à feu — la décharge d’une arme à feu avec une intention particulière, l’usage d’une arme à feu lors de la perpétration d’un acte criminel et le fait de braquer une arme à feu —, dont le taux a augmenté de 120 %. Venaient ensuite les affaires de menaces, d’extorsion ou d’intimidation (+93 %) et les affaires d’homicide et de tentative de meurtre ainsi que celles comportant d’autres infractions causant la mort (+64 %).

Non seulement les crimes violents sont de plus en plus susceptibles d’être commis à l’aide d’une arme à feu, mais ils font aussi de plus en plus de blessés. En 2022, 1,7 % des victimes de crimes violents ayant subi des blessures avaient été blessées par une arme à feu, comparativement à 1,0 % en 2013.

La hausse du taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu s’observe aussi pour tous les types d’armes à feu. Depuis 2013, le taux de crimes violents commis à l’aide d’une arme de poing — lesquels représentaient 52 % des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu en 2022 — a crû de 50 %. L’augmentation est moins marquée que celle notée pour les crimes violents commis à l’aide d’une arme semblable à une arme à feu ou de type inconnu (+76 %), mais elle est supérieure à celle observée pour les crimes violents commis à l’aide d’une carabine ou d’un fusil de chasse (+45 %) ou d’une arme entièrement automatique ou à canon scié (+35 %).

Les garçons de 12 à 17 ans étaient les plus susceptibles d’être les auteurs présumés de crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu en 2022. Ceux-ci représentaient 18 % de l’ensemble des auteurs présumés. Le taux de jeunes auteurs présumés de ce groupe d’âge (110,6 auteurs présumés pour 100 000 garçons de 12 à 17 ans) a crû de 47 % depuis 2012, dépassant ainsi le taux enregistré chez les hommes de 18 à 24 ans, qui a augmenté de 4 % depuis 2012 pour s’établir à 100,8 en 2022.

Les crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu étaient plus susceptibles que les crimes violents en général d’impliquer plus d’un auteur présumé (25 % des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu par rapport à 6,0 %) ou de faire plus d’une victime (22 % par rapport à 10 %). Environ 4 % des crimes violents commis à l’aide d’une arme à feu étaient attribuables, ou soupçonnés l’être, aux organisations criminelles ou aux gangs. Cette proportion augmentait toutefois rapidement avec la gravité des blessures subies par les victimes.

Tableaux de données détaillés

Tableau 1 Affaires de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu déclarées par la police, provinces et territoires, régions urbaines et régions rurales, régions du Sud et régions du Nord, 2012, 2021 et 2022

Tableau 2 Affaires de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu déclarées par la police, selon l'infraction la plus grave et selon l'état de classement, Canada, 2022

Tableau 3 Affaires de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu déclarées par la police, selon la région métropolitaine de recensement, 2012 à 2022

Tableau 4 Affaires de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu déclarées par la police, selon le type d'arme à feu, Canada, 2009 à 2022

Tableau 5 Victimes de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu déclarés par la police ayant subi des blessures, selon l'arme ayant causé les blessures et selon certaines caractéristiques de la victime, régions urbaines et régions rurales, Canada, 2012 à 2022

Tableau 6 Affaires de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu déclarées par la police, selon le genre et le groupe d'âge de la victime et selon certaines caractéristiques de l'affaire, régions urbaines et régions rurales, Canada, 2012 à 2022

Tableau 7 Auteurs présumés de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu déclarés par la police, selon l'âge, le genre et la région, Canada, 2012 à 2022

Tableau 8 Pourcentage des auteurs présumés de crimes violents commis à l'aide d'une arme à feu ayant été inculpés, selon l'âge et le genre de l'auteur présumé et selon la région, 2012 à 2022

Sources de données et concepts

Programme de déclaration uniforme de la criminalité

Le Programme de déclaration uniforme de la criminalité (DUC) a été mis sur pied en 1962 avec la collaboration et l’aide de l’Association canadienne des chefs de police. L’enquête vise à dénombrer les crimes déclarés par les services de police fédéraux, provinciaux, territoriaux et municipaux au Canada.

Une affaire peut comprendre plus d’une infraction. Afin d’assurer la comparabilité des données, les chiffres figurant dans le présent article sont fondés sur l’infraction la plus grave dans l’affaire. L’infraction la plus grave est déterminée par la police en fonction des règles de classification normalisées du Programme DUC, qui tiennent compte, par exemple, de la nature violente ou non de l’infraction ainsi que de la peine maximale prévue par le Code criminel.

Dans le contexte de cette analyse, un crime violent commis à l’aide d’une arme à feu désigne un crime où une arme à feu était présente lors de la perpétration de l’infraction et pour lequel la police a jugé que l’arme à feu était pertinente au crime, que celle-ci ait été utilisée ou non. Les crimes ayant été commis à l’aide d’une arme semblable à une arme à feu, comme une imitation d’arme ou un fusil à plomb, sont également compris dans les analyses. Les infractions se rapportant spécifiquement aux armes à feu – la décharge d’une arme à feu avec intention particulière, le fait de braquer une arme à feu et l’utilisation d’une arme à feu lors de la perpétration d’un acte criminel – sont aussi comptabilisées comme des crimes commis à l’aide d’une arme à feu, y compris dans les cas où l’information sur l’arme était inconnue.

Au Québec, le système de gestion de l’information utilisé par une majorité de services de police donne lieu à une proportion relativement élevée de valeurs inconnues pour la variable « arme la plus dangereuse sur les lieux de l’affaire ». Bien que les crimes commis à l’aide d’une arme à feu soient probablement correctement enregistrés dans la grande majorité des cas, un sous-dénombrement demeure possible. Ainsi, il convient de faire preuve de prudence lorsqu’on compare les données du Québec à celles d’autres provinces ou territoires.

Base de données sur les tendances du Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l’affaire

La base de données sur les tendances du Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l’affaire (DUC 2) est établie à partir d’une enquête à base de microdonnées qui permet de saisir des renseignements détaillés sur les crimes signalés à la police et dont cette dernière a établi le bien-fondé. Les données portent sur les caractéristiques des victimes, des auteurs présumés et des affaires. On estime que la couverture du Programme DUC 2 de 2009 à 2022 s’élève à 99 % de la population du Canada. Seuls sont inclus les services de police qui ont toujours participé au Programme DUC 2, afin que des comparaisons puissent être établies au fil du temps.

Dans la présente étude, les données du Service de police de la ville de Québec sont exclues en raison de de préoccupations relativement à la qualité des données pour la variable « arme la plus dangereuse sur les lieux de l’affaire ». Les analyses fondées sur base de données sur les tendances du Programme DUC 2 excluent également les données du Service de police de Saint John (SPSJ). Le Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités, en collaboration avec le SPSJ, a pris la décision de supprimer les données du SPSJ des fichiers de recherche de 2016, 2017, 2018 et 2019 en raison de préoccupations liées à la qualité des données pour ces années. Par conséquent, les données du SPSJ ont également été retirées du fichier de microdonnées sur les tendances, qui ne comprend que les services de police qui ont déclaré des données chaque année de 2009 à 2022.

Enquête sur les homicides

L’Enquête sur les homicides permet de recueillir des données auprès de la police sur les caractéristiques de l’ensemble des affaires, des victimes et des auteurs présumés d’homicide au Canada. Cette enquête permet de recueillir des renseignements sur l’ensemble des homicides depuis 1961.

Lorsque la police prend connaissance d’un homicide, le service de police qui mène l’enquête remplit les questionnaires de l’Enquête sur les homicides, puis les envoie à Statistique Canada. Certains homicides sont portés à l’attention de la police des mois ou des années après avoir été commis. Ces affaires sont comptabilisées dans l’année au cours de laquelle la police en a été informée. Les renseignements sur les auteurs présumés d’homicide sont disponibles seulement pour les affaires résolues (c.-à-d. celles dans lesquelles au moins un auteur présumé a été identifié). Les caractéristiques des auteurs présumés sont mises à jour à mesure que les affaires d’homicide sont résolues et que de nouveaux renseignements sont envoyés aux responsables de l’Enquête sur les homicides.

Les données recueillies au moyen des questionnaires sur la victime et sur l’affaire sont également mises à jour à la suite de la résolution d’une affaire.

L’Enquête sur les homicides a récemment fait l’objet d’un remaniement qui a permis d’améliorer la qualité des données et d’accroître leur pertinence. Des changements ont été apportés aux questions existantes, et des questions ont été ajoutées pour la période de déclaration de 2019.

Services de police ruraux et urbains

Les services de police ruraux sont ceux qui desservent un territoire où la majorité de la population vit à l’extérieur d’une région métropolitaine de recensement (RMR) ou d’une agglomération de recensement (AR). Les services de police urbains sont ceux qui desservent un territoire dont la majorité de la population vit dans une RMR ou une AR. Une RMR ou une AR est formée d’une ou de plusieurs municipalités adjacentes situées autour d’un centre de population (aussi appelé « noyau »). Une RMR doit compter au moins 100 000 habitants, dont au moins 50 000 vivent dans le noyau. Une AR doit avoir un noyau d’au moins 10 000 habitants. Pour faire partie d’une RMR ou d’une AR, les municipalités adjacentes doivent être fortement intégrées au noyau, c’est-à-dire qu’au moins 50 % de leur population doit transiter par le noyau, le débit de la migration quotidienne étant calculé à partir des données sur le lieu de travail du recensement précédent. Il convient de souligner que les données disponibles ne permettaient pas de déterminer dans tous les cas si les services de police étaient ruraux ou urbains.

Régions rurales du Nord et régions rurales du Sud

Les régions rurales du Nord comprennent tous les services de police ruraux des territoires et du Nord provincial, qui désigne les régions septentrionales de Terre-Neuve-et-Labrador, du Québec, de l’Ontario, du Manitoba, de la Saskatchewan, de l’Alberta et de la Colombie-Britannique (Nord et Sud ― Variante de la Classification géographique type 2021). Les régions rurales du Sud comprennent les services de police ruraux des régions du sud de ces provinces ainsi que ceux de l’Île-du-Prince-Édouard, de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick. Il est à noter que le Service de police du Nunavik déclare ses données au programme DUC1. Dans le cadre de cet article, le Nord du Québec représente donc les régions du Nord situées au sud du Nunavik.

Types d’armes à feu

Aux fins du Programme DUC et de l’Enquête sur les homicides, une arme à feu désigne toute arme qui permet de tirer des coups de feu, des balles ou tout autre projectile et qui peut causer la mort d’une personne ou lui infliger des lésions corporelles. Différents types d’armes à feu se distinguent les uns des autres (présentés par ordre décroissant de gravité selon la hiérarchie de détermination de l’arme la plus dangereuse):

Références

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