Violence entre partenaires intimes : expériences des femmes de minorité sexuelle au Canada, 2018

par Brianna Jaffray, Centre canadien de la statistique juridique et de la sécurité des collectivités

La violence entre partenaires intimes (VPI) englobe un large éventail de comportements, qui vont de la violence psychologique et de l’exploitation financière aux agressions physiques et sexuelles. En raison de sa prévalence élevée et de ses répercussions immédiates et à long terme sur les victimesNote  , leur famille et l’ensemble de la communauté, la VPI est considérée comme un problème de santé publique majeur (Organisation mondiale de la Santé, 2017). En plus des répercussions directes sur les victimes, la VPI a aussi des conséquences économiques plus vastes (Peterson et autres, 2018) et a été liée à la perpétuation d’un cycle de violence intergénérationnelle, entraînant un traumatisme supplémentaire.

Des études antérieures fondées sur les données de l’Enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés (ESEPP) ont révélé que les Canadiens qui ont déclaré avoir une identité sexuelle minoritaire ― c’est-à-dire les personnes qui ont déclaré être gaies, lesbiennes ou bisexuelles ou avoir une orientation sexuelle autre que l’hétérosexualité ― sont plus susceptibles que les Canadiens hétérosexuels d’être victimes de violence en dehors des relations intimes (Jaffray, 2020). Des études sur les expériences des Canadiens en matière de violence entre partenaires intimes (VPI) ont montré que les femmes en général sont plus susceptibles que les hommes de subir des formes plus graves de VPI, y compris des agressions physiques et sexuelles, et à une fréquence plus élevée (Burczycka, 2016). Par ailleurs, les recherches existantes donnent à penser que les femmes de minorité sexuelle, en particulier les femmes bisexuelles, affichent des taux plus élevés de VPI que les femmes hétérosexuelles (Whitton et autres, 2016 ; Brown et Herman, 2015). Le présent feuillet d’information s’appuiera sur ces recherches existantes et continuera d’explorer la nature, la prévalence et les répercussions de la VPI sur les femmes de minorité sexuelleNote  , ce qui fournit un contexte important et contribue à la profondeur et à l’étendue des recherches sur les expériences de cette population.

La présente analyse porte sur les expériences des femmes de minorité sexuelle au Canada, ce qui comprend les femmes lesbiennes et bisexuelles, ainsi que les femmes dont l’orientation sexuelle n’est pas l’hétérosexualitéNote  Note  . Plus particulièrement, la violence entre partenaires intimes subie par les femmes de minorité sexuelle peut avoir été perpétrée par des partenaires du même genre ou d’un autre genre, puisque le genre de l’auteur ou des auteurs présumés n’est pas connu aux fins de la mesure de la VPI au cours de la vieNote  , et que les personnes de minorité sexuelle peuvent avoir eu une relation hétérosexuelle à un moment ou à un autre depuis l’âge de 15 ans. En fait, des recherches antérieures ont révélé que les femmes lesbiennes et bisexuelles qui ont été victimes de VPI ont déclaré des agresseurs masculins et féminins (Walters et autres, 2013 ; McLaughlin et Rozee, 2001).

Dans le présent article, les expériences des femmes de minorité sexuelle seront comparées avec celles des femmes hétérosexuelles. Il est bien documenté que les femmes sont plus souvent victimes de formes graves de VPI que les hommes, comme le fait d’être étranglées, agressées ou menacées à l’aide d’une arme, ou d’être agressées sexuellement (Cotter, 2021a ; Burczycka, 2016 ; Brieding et autres, 2014). À ce sujet, la comparaison des femmes de minorité sexuelle avec les femmes hétérosexuelles facilitera l’analyse de l’orientation sexuelle et de ses répercussions sur les expériences des femmes en matière de VPI.

Cet article, axé sur les expériences des femmes de minorité sexuelle au Canada, fait partie d’une série de courts rapports examinant les expériences de violence entre partenaires intimes fondées sur des données autodéclarées de l’ESEPP de 2018 pour diverses populations. Il comprend un examen de la prévalence, de la nature et de l’incidence de la VPI sur les femmes de minorité sexuelle. Les expériences de VPI dans l’ensemble de la population canadienne (Cotter, 2021a), chez les hommes de minorité sexuelle (Jaffray, 2021), les femmes autochtones (Heidinger, 2021), les femmes ayant une incapacité (Savage, 2021a), les jeunes femmes (Savage, 2021b) et les femmes de minorité ethnoculturelle (Cotter, 2021b) sont examinées dans les autres rapports de cette sérieNote  .

Début de l'encadré 1

Encadré 1
Mesurer et définir la violence entre partenaires intimes

Dans le cadre de l’Enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés (ESEPP), des renseignements ont été recueillis sur la violence entre partenaires intimes (VPI) subie par les Canadiens depuis l’âge de 15 ans et au cours des 12 mois qui ont précédé l’enquête. L’enquête porte sur une vaste gamme de comportements commis par des partenaires intimes, y compris la violence psychologique, physique et sexuelle. La définition de partenaire était également large et englobait les conjoints mariés, conjoints de fait, partenaires amoureux et autres partenaires intimes actuels et anciens.

Dans l’ESEPP, la violence entre partenaires intimes est définie comme tout acte ou comportement violent commis par un partenaire intime actuel ou ancien, sans égard au fait que les partenaires vivent ensemble ou non. Dans le présent article, la violence entre partenaires intimes est généralement classée en trois catégories, soit la violence psychologique, la violence physique et la violence sexuelle.

La violence psychologique englobe les formes de violence qui ciblent le bien-être émotionnel, mental ou financier d’une personne ou qui nuisent à sa liberté personnelle ou à son sentiment de sécurité. Cette catégorie comprend 15 types particuliers d’abus, dont la jalousie, les insultes et autres injures, le harcèlement ou les comportements harcelants, la manipulation, la séquestration ou les dommages matériels (pour obtenir la liste complète des éléments inclus dans cette catégorie, voir le tableau 1). Cette catégorie comprend également le fait que le partenaire avait rejeté sur la victime la faute de ses comportements violents ou abusifs, qui a été mesuré parmi les répondants qui ont subi certaines formes de VPI.

La violence physique comprend les formes de violence qui comportent des voies de fait ou des menaces d’agression physique. Au total, neuf types d’abus sont inclus dans cette catégorie, y compris les objets lancés à la victime, les menaces avec une arme, le fait d’être giflé, de se faire battre et de se faire étrangler (voir le tableau 1).

La violence sexuelle comprend les agressions sexuelles ou les menaces d’agression sexuelle et a été mesurée à l’aide de deux questions, soit le fait d’obliger la victime à se livrer à des actes sexuels contre son gré et le fait de forcer ou de tenter de forcer la victime à avoir des relations sexuelles.

Dans l’analyse présentée dans cet article, on adopte une approche inclusive à l’égard de la vaste gamme de comportements qui constituent la VPI. Aux fins de la présente analyse, les personnes qui ont répondu « oui » à au moins un élément de l’enquête mesurant la VPI sont incluses comme ayant été victimes de violence de la part d’un partenaire intime, peu importe le type ou la fréquence de la violence.

Pour de plus amples renseignements sur les mesures de la VPI dans le cadre de l’ESEPP et d’autres sources de données sur la VPI au Canada, voir Cotter (2021a) .

Fin de l’encadré 1

Les deux tiers des femmes de minorité sexuelle ont été victimes de violence de la part d’un partenaire intime au cours de leur vie

La violence entre partenaires intimes (VPI) peut prendre la forme d’agressions physiques ou sexuelles, mais elle comprend également des types de comportements moins ouvertement violents comme la violence psychologique ou l’exploitation financière. Bien qu’elle puisse être perçue comme moins grave que les agressions physiques ou sexuelles en raison de la faible probabilité de blessures corporelles, la violence psychologique peut aussi entraîner des répercussions émotionnelles ou physiques et contribuer à la détérioration à long terme du bien-être physique et mental (Karakurt, 2014). La VPI physique, sexuelle et psychologique peut également se produire simultanément ou à différents moments au cours d’une relation (Burke, 1999).

Selon les résultats de l’ESEPP, les femmes de minorité sexuelle étaient beaucoup plus susceptibles de subir toutes les formes de violence entre partenaires intimes que les femmes hétérosexuelles au Canada. Dans l’ensemble, les deux tiers (67 %) des femmes de minorité sexuelle qui avaient déjà été dans une relation intime avaient vécu au moins un type de VPI depuis l’âge de 15 ansNote  . Ce pourcentage était considérablement plus élevé que celui de plus de 4 femmes hétérosexuelles sur 10 (44 %) qui ont déclaré avoir vécu des expériences de violence semblables (tableau 1).

Dans l’ensemble, la VPI est demeurée élevée lorsqu’on l’a ventilée par orientation sexuelle. Des proportions semblables de femmes bisexuelles (68 %) et de femmes lesbiennes ou gaies (61 %) ont indiqué avoir subi une forme ou une autre de VPI au cours de leur vie, même si ces deux groupes étaient beaucoup plus susceptibles de subir de la VPI que les femmes hétérosexuelles.

Près de la moitié des femmes de minorité sexuelle ont été victimes d’agression physique ou sexuelle par un partenaire intime

Près de la moitié (49 %) des femmes de minorité sexuelle ont dit avoir été agressées physiquement ou sexuellement par un partenaire intime depuis l’âge de 15 ans, soit près du double de la proportion observée chez les femmes hétérosexuelles (25 %). La forme de VPI la plus courante chez les femmes de minorité sexuelle (65 %) et les femmes hétérosexuelles (42 %) depuis l’âge de 15 ans était la violence psychologique.

En ce qui concerne les types précis de VPI, il y avait certaines différences dans les expériences des femmes bisexuelles, lesbiennes ou gaies. En particulier, les femmes bisexuelles (34 %) étaient trois fois plus susceptibles d’avoir été agressées sexuellement par un partenaire intime au cours de leur vie que les femmes hétérosexuelles (11 %). Par ailleurs, la prévalence était semblable entre les femmes lesbiennes ou gaies (12 %) et les femmes hétérosexuelles.

Près de la moitié (48 %) des femmes bisexuelles et plus du tiers (35 %) des femmes lesbiennes ou gaies avaient été agressées physiquement, et les deux tiers (67 %) des femmes bisexuelles et 3 femmes lesbiennes ou gaies sur 5 (59 %) avaient été agressées psychologiquement par un partenaire intime depuis l’âge de 15 ans. Ces proportions étaient nettement plus élevées que celles des femmes hétérosexuelles, dont 23 % avaient été agressées physiquement et 42 % avaient été victimes de violence psychologique au cours de leur vie par un partenaire intime (tableau 2).

Les femmes de minorité sexuelle sont au moins deux fois plus susceptibles que les femmes hétérosexuelles de subir la plupart des types de comportements de violence entre partenaires intimes au cours de leur vie

Les comportements les plus courants indiqués par les femmes de minorité sexuelle qui ont été victimes de VPI au cours de leur vie étaient d’être rabaissées ou de se faire dire des mots blessants (52 %), le fait que leur partenaire soit jaloux et les empêche de parler à d’autres personnes (50 %), d’être traitées de personne dérangée, stupide ou bonne à rien (46 %), le fait que leur partenaire fasse des commentaires sur leurs expériences sexuelles passées ou comportements sexuels (35 %) ou le fait de se faire demander par leur partenaire avec qui et où elles étaient en tout temps (34 %) ― tous ces types de violence psychologique (tableau 1). En outre, près du tiers (31 %) des femmes de minorité sexuelle avaient été bousculées, poussées, agrippées ou projetées au sol par leur partenaire, la forme de violence physique ou sexuelle la plus souvent subie par les femmes de minorité sexuelle et les femmes hétérosexuelles au Canada.

Les trois comportements de VPI les plus couramment subis par les femmes hétérosexuelles étaient comparables à ceux subis par les femmes de minorité sexuelle, mais la proportion de femmes hétérosexuelles qui ont déclaré avoir subi ces comportements est beaucoup plus faible : être rabaissées ou se faire dire des mots blessants (31 %), le fait que leur partenaire soit jaloux et les empêche de parler à d’autres personnes (29 %) ou être traitées de personne dérangée, stupide ou bonne à rien (27 %). Dans l’ensemble, plus du tiers des femmes hétérosexuelles n’ont subi aucun des comportements de VPI.

Les femmes de minorité sexuelle étaient plus de deux fois plus susceptibles que les femmes hétérosexuelles d’être victimes de la majorité des comportements de VPI mesurés dans le cadre de l’ESEPP. Cependant, les femmes de minorité sexuelle étaient trois fois plus susceptibles d’être victimes de deux comportements en particulier : d’une part, un partenaire les oblige à se livrer à des actes sexuels contre leur gré (24 % chez les femmes de minorité sexuelle par rapport à 8 % chez les femmes hétérosexuelles); d’autre part, un partenaire les confine ou les enferme dans une pièce ou un autre espace (10 % par rapport à 3 %) ― tous deux font partie des types d’abus les plus graves mesurés au moyen de l’enquête.

La majorité des femmes de minorité sexuelle qui ont été victimes de violence entre partenaires intimes ont éprouvé de la peur, de l’anxiété ou des sentiments d’être contrôlées ou piégées par un partenaire au cours de leur vie

Il y a souvent une composante psychologique à la violence dans les relations entre partenaires intimes. Le sentiment de peur ou encore le sentiment d’être contrôlé ou piégé peut révéler des comportements coercitifs ou manipulateurs, même en l’absence de violence physique ou sexuelle. De plus, ces sentiments peuvent être révélateurs d’abus répétés et d’habitudes de comportements de la part d’un partenaire (Gill et Aspinall, 2020).

Parmi les femmes de minorité sexuelle qui ont été victimes de VPI au cours de leur vie, plus de la moitié (51 %) ont indiqué avoir déjà eu peur d’un partenaire, une proportion beaucoup plus élevée que celle observée chez les femmes hétérosexuelles (36 %). La forte proportion de femmes de minorité sexuelle qui craignaient un partenaire peut être en grande partie attribuable aux expériences des femmes bisexuelles, dont 61 % ont déclaré avoir peur d’un partenaire. Il n’y avait pas de différence significative entre les proportions de femmes lesbiennes ou gaies (32 %) et de femmes hétérosexuelles qui avaient déjà craint un partenaire.

Plus de la moitié des femmes de minorité sexuelle qui avaient été victimes de VPI au cours de leur vie ont dit éprouver de l’anxiété (66 %) ou s’être senties contrôlées ou piégées (53 %) par un partenaire intime au cours de leur vie. Ce pourcentage était beaucoup plus élevé que celui observé chez les femmes hétérosexuelles qui ont été victimes de VPI au cours de leur vie, dont 57 % avaient déjà éprouvé de l’anxiété et 42 % s’étaient déjà senties contrôlées ou piégées par un partenaire.

Plus particulièrement, les différences entre les expériences des femmes de minorité sexuelle et les femmes hétérosexuelles qui ont été victimes de VPI au cours de leur vie étaient principalement attribuables aux expériences des femmes bisexuelles, dont 74 % ont dit s’être senties anxieuses ou sur leurs gardes en raison des agissements d’un partenaire à un moment ou un autre de leur vie, et 60 % ont dit s’être senties contrôlées ou piégées par un partenaire intime au cours de leur vie. Par comparaison, moins de la moitié (48 %) des femmes lesbiennes ou gaies ont dit s’être déjà senties anxieuses en raison d’un partenaire et 38 % se sont déjà senties contrôlées ou piégées par un partenaire intime, des résultats qui n’étaient pas statistiquement différents de ceux observés chez les femmes hétérosexuelles.

Une femme de minorité sexuelle sur cinq a subi une forme de violence entre partenaires intimes au cours des 12 mois précédant l’enquête

En plus de poser des questions sur les expériences de VPI vécues par les personnes au cours de leur vie, l’ESEPP a également recueilli des renseignements détaillés sur la fréquence et les comportements particuliers subis au cours des 12 mois précédant l’enquête. Selon les données de l’ESEPP, les femmes en général étaient plus susceptibles d’avoir subi les formes les plus graves de VPI et d’avoir subi de la VPI plus souvent que les hommes au cours des 12 mois précédant l’enquête (Cotter, 2021a).

Parmi les femmes de minorité sexuelle en particulier, 1 sur 5 (20 %) avait déclaré avoir subi une forme de VPI durant l’année précédant l’enquête, soit près du double de la proportion observée chez les femmes hétérosexuelles (12 %). Comme dans le cas de la VPI au cours de la vie, la prévalence de la VPI au cours de l’année précédente, dans l’ensemble, a été en grande partie attribuable à la violence psychologique, qui a été subie par 19 % des femmes de minorité sexuelle et 11 % des femmes hétérosexuelles (tableau 2).

Les types les plus courants de violence psychologique durant les 12 mois précédant l’enquête reflétaient en grande partie les données sur la prévalence au cours de la vie. Les comportements les plus courants étaient les mêmes chez les femmes de minorité sexuelle et les femmes hétérosexuelles, mais ils étaient vécus par une proportion beaucoup plus grande de femmes de minorité sexuelle que de femmes hétérosexuelles. Trois des comportements les plus courants observés au cours des 12 mois précédant l’enquête étaient le fait d’être rabaissées ou de se faire dire des mots blessants (17 % des femmes de minorité sexuelle par rapport à 8 % des femmes hétérosexuelles), la jalousie (12 % par rapport à 5 %) et le fait de se faire demander par leur partenaire avec qui et où elles étaient en tout temps (9 % par rapport à 3 %).

Les femmes de minorité sexuelle étaient également beaucoup plus susceptibles d’avoir été victimes de violence physique et sexuelle au cours des 12 mois précédents. En fait, elles étaient trois fois plus susceptibles d’avoir été agressées physiquement (7 % par rapport à 2 %) et quatre fois plus susceptibles d’avoir été agressées sexuellement (4 % par rapport à 1 %) par un partenaire intime que les femmes hétérosexuelles.

Les femmes de minorité sexuelle sont plus susceptibles de subir des formes plus graves de violence entre partenaires intimes que les femmes hétérosexuelles

Les recherches menées à ce jour montrent que, dans l’ensemble, les femmes subissent des formes plus graves de VPI que les hommes, et ce, à une fréquence plus élevée (Cotter, 2021a). En particulier, les femmes de minorité sexuelle étaient beaucoup plus susceptibles que les femmes hétérosexuelles de subir certains des types d’agressions physiques et sexuelles les plus graves. Par exemple, les femmes de minorité sexuelle étaient près de sept fois plus susceptibles que les femmes hétérosexuelles d’avoir été obligées de se livrer à des actes sexuels contre leur gré (4,4 % par rapport à 0,7 %) et d’avoir été étranglées (2,6 % par rapport à 0,4 %) au cours de l’année précédant l’enquête (tableau 1).

Les femmes de minorité sexuelle subissent également de la VPI à une fréquence plus élevée que les femmes hétérosexuelles. En fait, les femmes de minorité sexuelle étaient plus susceptibles que les femmes hétérosexuelles de dire que la VPI s’était produite « chaque mois ou plus » au cours des 12 mois précédant l’ESEPP (44 % par rapport à 29 %).

La grande majorité des femmes de minorité sexuelle subissent des répercussions émotionnelles en raison de la violence entre partenaires intimes

La violence entre partenaires intimes, qu’elle soit physique, sexuelle ou psychologique, peut avoir des répercussions émotionnelles à court et à long terme sur les victimes, peu importe leur orientation sexuelle. Des recherches antérieures ont révélé qu’au-delà des blessures corporelles, les victimes de VPI peuvent avoir des problèmes chroniques de santé physique ou des effets sur la santé mentale comme le trouble de stress post-traumatique, la dépression, l’anxiété, l’abus d’alcool ou de drogues, ou d’autres types de détresse émotionnelle (Campbell, 2002).

Dans l’ensemble, la grande majorité (92 %) des femmes de minorité sexuelle ont vécu au moins une répercussion émotionnelle en raison de leur expérience de VPI au cours des 12 mois précédant l’enquête (graphique 1). Le plus souvent, les femmes de minorité sexuelle ont déclaré qu’elles se sont senties bouleversées, confuses ou frustrées (64 %), blessées ou déçues (59 %) ou en colère (58 %) en raison de la violence. Il s’agissait des mêmes répercussions émotionnelles qui étaient le plus souvent invoquées par les femmes hétérosexuelles (57 %, 57 % et 52 %, respectivement). Les femmes de minorité sexuelle étaient plus susceptibles que les femmes hétérosexuelles de déclarer qu’elles étaient devenues plus prudentes ou attentives (50 % par rapport à 31 %), qu’elles avaient une faible estime de soi (48 % par rapport à 32 %), qu’elles avaient honte ou se sentaient coupables (38 % par rapport à 21 %), qu’elles se sentaient victimisées (37 % par rapport à 24 %) et qu’elles avaient développé un manque de confiance envers les autres (37 % par rapport à 24 %) à la suite de la violence qu’elles avaient subie.

Graphique 1 début

Graphique 1 Répercussions de la violence entre partenaires intimes sur les femmes de minorité sexuelle et les femmes hétérosexuelles et mesures prises par celles-ci au cours des 12 mois précédant l’enquête, Canada, 2018

Tableau de données du graphique 1 
Tableau de données du graphique 1
Répercussions de la violence entre partenaires intimes sur les femmes de minorité sexuelle et les femmes hétérosexuelles et mesures prises par celles-ci au cours des 12 mois précédant l’enquête, Canada, 2018
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Répercussions de la violence entre partenaires intimes sur les femmes de minorité sexuelle et les femmes hétérosexuelles et mesures prises par celles-ci au cours des 12 mois précédant l’enquête. Les données sont présentées selon Répercussions (titres de rangée) et Femmes de minorité sexuelle et Femmes hétérosexuelles(figurant comme en-tête de colonne).
Répercussions Femmes de minorité sexuelle Femmes hétérosexuellesTableau de Note 
pourcentage erreur-type pourcentage erreur-type
L’incident a causé des répercussions émotionnelles 92 4,0 92 1,0
La victime a parlé à quelqu’un 72 6,3 68 1,8
La victime a été blesséeTableau de Note 1
Répercussions de la violence entre partenaires intimes sur les femmes de minorité sexuelle et les femmes hétérosexuelles et mesures prises par celles-ci au cours des 12 mois précédant l’enquête, Canada, 2018
Note F: trop peu fiable pour être publié Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 19 2,9
La victime s’est séparée en raison de la violence 34Note * 6,5 16 1,6
La victime présentait des symptômes correspondant au trouble de stress post-traumatique 28Note * 5,9 12 1,3
La victime a eu recours à un service d’aide ou a communiqué avec ce dernier 19 4,9 12 1,4
La victime a perdu connaissance Note F: trop peu fiable pour être publié Note ...: n'ayant pas lieu de figurer 3 1,0

Graphique 1 fin

Les femmes de minorité sexuelle sont plus susceptibles de déclarer des symptômes de TSPT à la suite de la violence entre partenaires intimes

Plus du quart (28 %) des femmes de minorité sexuelle qui ont été victimes de VPI au cours de l’année précédant l’enquête ont indiqué avoir éprouvé des symptômes correspondant au trouble de stress post-traumatique (TSPT) durant le mois précédent, soit une proportion plus de deux fois supérieure à celle observée chez les femmes hétérosexuelles (12 %).

Les recherches ont constamment démontré que les expériences d’agression sexuelle ou physique peuvent mener à l’apparition de symptômes correspondant au TSPT (Wathen et autres, 2016 ; Wuest et autres, 2009 ; Bennice, 2003 ; Stein, 2001). Étant donné que les femmes de minorité sexuelle sont plus susceptibles de subir des formes plus graves de VPI, y compris la violence sexuelle et physique, le traumatisme découlant de ces expériences pourrait contribuer à accroître leur probabilité d’éprouver des symptômes de TSPT.

Plus de la moitié des femmes de minorité sexuelle qui ont été victimes de violence de la part d’un partenaire intime ont raconté leurs expériences à des amis ou à des voisins

Environ 1 femme sur 10 (9 %) de minorité sexuelle qui avait été victime de VPI au cours de l’année précédant l’enquête a déclaré que la police avait été mise au courant de l’incident, soit parce qu’elle-même, soit parce que quelqu’un d’autre en avait informé la police ― une proportion semblable à celle observée chez les femmes hétérosexuelles. De plus, près des trois quarts (72 %) des femmes de minorité sexuelle avaient parlé à quelqu’un d’autre que la police de leur expérience de violence. En général, elles étaient plus susceptibles de parler à des personnes avec lesquelles elles entretenaient des relations étroites, plus de la moitié (55 %) des femmes de minorité sexuelle ayant indiqué qu’elles avaient parlé de leurs expériences à un ami ou à un voisin, et 40 % ayant mentionné qu’elles avaient parlé à un membre de leur famille. Ces proportions sont semblables à celles observées chez les femmes hétérosexuelles ayant été victimes de VPI : près de la moitié (46 %) avaient parlé à un ami ou à un voisin et 37 % avaient parlé à un membre de la famille.

Les femmes de minorité sexuelle qui ont été victimes de violence durant leur enfance sont plus susceptibles de subir de la violence de la part d’un partenaire intime que les femmes hétérosexuelles victimes

Les recherches ont démontré que les personnes de minorité sexuelle sont plus susceptibles d’avoir été victimes d’expériences indésirables au cours de l’enfance (Andersen et autres, 2015) et aussi plus susceptibles d’être victimes de violence à l’âge adulte (Jaffray, 2020 ; Simpson, 2018) que les personnes hétérosexuelles, des constatations qui sont appuyées par les données de l’ESEPP. Selon les résultats de l’enquête, plus de 6 femmes de minorité sexuelle sur 10 (63 %) ont dit qu’elles avaient été agressées sexuellement durant leur enfance, une proportion beaucoup plus élevée que celle observée chez les femmes hétérosexuelles (40 %). De même, un peu moins de 6 femmes de minorité sexuelle sur 10 (58 %) ont dit avoir été agressées physiquement durant leur enfance, comparativement à près de 4 femmes hétérosexuelles sur 10 (37 %).

Parmi les femmes de minorité sexuelle qui avaient été agressées sexuellement ou physiquement par un adulte avant l’âge de 15 ans, la grande majorité (81 %) ont indiqué avoir subi à l’âge adulte de la violence psychologique, physique ou sexuelle de la part d’un partenaire intimeNote  . En revanche, environ les deux tiers (66 %) des femmes hétérosexuelles qui avaient été victimes de violence physique ou sexuelle pendant l’enfance ont déclaré avoir été victimes de VPI à l’âge adulte (tableau 3).

Les femmes de minorité sexuelle ayant des antécédents de violence subie pendant l’enfance étaient aussi beaucoup plus susceptibles d’avoir été victimes de VPI au cours des 12 mois précédant l’enquête que les femmes hétérosexuelles. Parmi les femmes de minorité sexuelle qui avaient été victimes de violence pendant leur enfance, plus du quart (26 %) avaient subi de la VPI au cours de l’année précédente, comparativement à 17 % des femmes hétérosexuelles.

En plus du lien qui existe entre les expériences de violence subie au cours de l’enfance et les expériences futures de victimisation avec violence, la violence psychologique pendant l’enfance a également été associée à un risque accru de violence (Richards et autres, 2017) . En particulier, il a été démontré que les pratiques parentales sévères ― c’est-à-dire le fait d’avoir reçu des gifles ou des fessées, de se sentir non désiré ou non aimé, ou d’avoir été négligé ou d’avoir des besoins fondamentaux non satisfaits par les parents ou les tuteurs ― augmentent la probabilité d’être victime de VPI, quel que soit le genre (Cotter, 2021a). Chez les femmes de minorité sexuelle, celles qui avaient subi ces types de comportements durant l’enfance étaient beaucoup plus susceptibles que les femmes hétérosexuelles ayant subi ces expériences d’être victimes de VPI, tant au cours de leur vie (72 % par rapport à 53 %) que durant les 12 mois précédant l’enquête (22 % par rapport à 14 %) (tableau 3).

Parmi les femmes de minorité sexuelle qui ont été témoins de violence psychologique ou de violence physique entre parents ou tuteurs pendant leur enfance, environ 3 sur 4 (75 %) avaient également été victimes de VPI au cours de leur vie. La prévalence était plus faible chez les femmes hétérosexuelles qui avaient été témoins de violence, 64 % ayant subi de la VPI. De même, parmi les femmes de minorité sexuelle qui ont été témoins de violence pendant leur enfance, près de 1 sur 5 (20 %) avait été victime de VPI au cours de l’année précédant l’enquête, comparativement à 16 % des femmes hétérosexuelles.

Début de l'encadré 2

Encadré 2
Victimisation avec violence au cours de la vie

Bien que l’analyse dans le présent rapport porte sur la violence perpétrée par des partenaires intimes, une analyse approfondie des expériences de violence fondée sur le genre doit également comprendre les expériences de violence commises par des personnes autres que des partenaires intimes. Dans cette optique, le présent encadré porte sur toutes les formes de violence (agressions physiques et sexuelles) subies au cours de la vie et mesurées au moyen de l’Enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés (ESEPP), y compris la violence entre partenaires intimes et la violence qui se produit dans d’autres contextes en dehors des relations entre partenaires intimes.

Les deux tiers des femmes de minorité sexuelle ont été agressées physiquement ou sexuellement au cours de leur vie

Si l’on inclut la violence commise par des partenaires intimes et la violence perpétrée par des personnes autres que des partenaires intimes, les deux tiers (66 %) des femmes de minorité sexuelle au Canada ont déclaré avoir été agressées physiquement ou sexuellement au moins une fois depuis l’âge de 15 ans, comparativement à 45 % des femmes hétérosexuelles (tableau 4).

Il est important de comprendre les expériences de victimisation avec violence au cours de la vie lorsqu’il s’agit de comprendre la population touchée, d’élaborer des services et des programmes de prévention, et de prévoir les besoins en santé mentale et physique. Par conséquent, une mesure de la victimisation au cours de la vie a été identifiée comme une lacune statistique à combler dans l’élaboration de l’ESEPP)Note  .

La différence de victimisation globale entre les femmes de minorité sexuelle et les femmes hétérosexuelles est attribuable aux expériences d’agression physique et sexuelle. Plus de la moitié (53 %) des femmes de minorité sexuelle ont déclaré avoir été agressées sexuellement depuis l’âge de 15 ans, tandis qu’il en était de même pour le tiers (33 %) des femmes hétérosexuelles. Les proportions de femmes de minorité sexuelle et de femmes hétérosexuelles qui ont été agressées physiquement depuis l’âge de 15 ans sont similaires à ce qui ressort des données relatives aux agressions sexuelles : plus de la moitié (57 %) des femmes de minorité sexuelle et un peu plus du tiers (34 %) des femmes hétérosexuelles ont déclaré avoir été agressées physiquement au moins une fois au cours de leur vie.

Même lorsqu’elles étaient réparties entre les expériences de violence aux mains de partenaires intimes et d’autres personnes, les femmes de minorité sexuelle étaient beaucoup plus susceptibles d’avoir été agressées physiquement et sexuellement dans les deux cas. Une différence notable entre les femmes de minorité sexuelle et les femmes hétérosexuelles tient à leurs expériences d’agression sexuelle. Plus du quart (27 %) des femmes de minorité sexuelle et 1 femme hétérosexuelle sur 10 (11 %) au Canada ont déclaré avoir été agressées sexuellement par un partenaire intime au cours de leur vie, un écart de près de deux fois et demie (graphique 2).

Graphique 2 début

Graphique 2 Agressions physiques et sexuelles commises contre les femmes de minorité sexuelle et les femmes hétérosexuelles depuis l’âge de 15 ans, selon le lien de l’auteur présumé avec celles-ci, Canada, 2018

Tableau de données du graphique 2 
Tableau de données du graphique 2
Agressions physiques et sexuelles commises contre les femmes de minorité sexuelle et les femmes hétérosexuelles depuis l’âge de 15 ans, selon le lien de l’auteur présumé avec celles-ci, Canada, 2018
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Agressions physiques et sexuelles commises contre les femmes de minorité sexuelle et les femmes hétérosexuelles depuis l’âge de 15 ans Agressions physiques, Agressions sexuelles et Ensemble de la victimisation avec violence, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Agressions physiques Agressions sexuelles Ensemble de la victimisation avec violence
pourcentage
Femmes de minorité sexuelle Partenaire intimeTableau de Note 1 43,9Note * 26,5Note * 48,5Note *
Personne autre qu’un partenaire intime 45,3Note * 50,4Note * 60,5Note *
Total 56,9Note * 52,7Note * 66,3Note *
Femmes hétérosexuellesTableau de Note  Partenaire intimeTableau de Note 1 22,5 11,0 25,1
Personne autre qu’un partenaire intime 25,6 29,8 38,3
Total 34,4 32,9 44,8

Graphique 2 fin

Les femmes de minorité sexuelle sont près de trois fois plus susceptibles que les femmes hétérosexuelles d’avoir subi de la violence au cours de l’année précédant l’enquête

Lorsque l’on tient compte à la fois de la violence entre partenaires intimes (VPI) et de la violence commise par d’autres personnes, les femmes de minorité sexuelle étaient près de trois fois plus susceptibles que les femmes hétérosexuelles d’avoir été victimisées au cours des 12 mois précédant l’enquête (17 % par rapport à 6 %). Cet écart ne peut être attribuable à une forte proportion d’agressions physiques ou sexuelles, mais plutôt aux proportions plus élevées d’agressions physiques et sexuelles chez les femmes de minorité sexuelle.

Les femmes de minorité sexuelle (11 %) étaient plus de trois fois plus susceptibles d’avoir été agressées physiquement au cours des 12 mois précédents que les femmes hétérosexuelles (3 %). Conformément aux résultats concernant les agressions physiques, les femmes de minorité sexuelle étaient aussi trois fois plus susceptibles d’avoir été agressées sexuellement que les femmes hétérosexuelles (11 % par rapport à 3 %) (tableau 5).

Dans la plupart des régions, les femmes de minorité sexuelle sont plus susceptibles d’être victimes de violence physique ou sexuelle de la part d’un partenaire intime

Dans presque toutes les régions du Canada, les femmes de minorité sexuelle étaient plus susceptibles que les femmes hétérosexuelles d’avoir été agressées sexuellement ou physiquement par un partenaire intime depuis l’âge de 15 ans. Dans quatre des huit régionsNote  ― les provinces de l’AtlantiqueNote  (57 %), le Québec (57 %), la Saskatchewan (58 %) et les territoiresNote  (64 %) ―, plus de la moitié des femmes de minorité sexuelle avaient été victimes de VPI. Dans toutes les régions du Canada, à l’exception du Manitoba, où les résultats étaient trop peu fiables pour être publiés, les femmes de minorité sexuelle étaient plus susceptibles d’être victimes de VPI que les femmes hétérosexuelles (tableau 6).

Lorsque l’on combine la violence entre partenaires intimes et la violence commise par d’autres personnes, on constate que les femmes de minorité sexuelle étaient beaucoup plus susceptibles d’être agressées dans toutes les régions, sauf au Manitoba, où la prévalence entre les femmes de minorité sexuelle et les femmes hétérosexuelles n’était pas statistiquement différente. Dans quatre régions, plus des deux tiers des femmes de minorité sexuelle ont déclaré avoir été agressées depuis l’âge de 15 ans, soit les territoires (79 %), l’Alberta (75 %), la Saskatchewan (71 %) et les provinces de l’Atlantique (69 %).

Fin de l’encadré 2

Tableaux de données détaillés

Tableau 1 Violence entre partenaires intimes depuis l’âge de 15 ans et au cours des 12 mois précédant l’enquête, selon le type de violence entre partenaires intimes et l’orientation sexuelle de la victime, Canada, 2018

Tableau 2 Violence entre partenaires intimes depuis l’âge de 15 ans et au cours des 12 mois précédant l’enquête, selon l’orientation sexuelle de la victime, Canada, 2018

Tableau 3 Violence entre partenaires intimes depuis l’âge de 15 ans et au cours des 12 mois précédant l’enquête, selon certaines caractéristiques et l’orientation sexuelle de la victime, Canada, 2018

Tableau 4 Agressions physiques et sexuelles commises par des partenaires intimes et par d’autres personnes depuis l’âge de 15 ans, selon l’orientation sexuelle de la victime, Canada, 2018

Tableau 5 Agressions physiques et sexuelles commises par des partenaires intimes et par d’autres personnes au cours des 12 mois précédant l’enquête, selon l’orientation sexuelle de la victime, Canada, 2018

Tableau 6 Agressions physiques et sexuelles commises par des partenaires intimes et par d’autres personnes depuis l’âge de 15 ans, selon l’orientation sexuelle de la victime et la province ou le territoire, 2018

Description de l’enquête

En 2018, Statistique Canada a mené le premier cycle de l’Enquête sur la sécurité dans les espaces publics et privés (ESEPP). Cette enquête a pour objet de recueillir des renseignements sur les expériences vécues par les Canadiens en public, au travail, en ligne et dans leurs relations intimes.

La population cible de l’ESEPP est composée des Canadiens de 15 ans et plus résidant dans les provinces et les territoires. Les personnes vivant en établissement ne sont pas incluses. Cela signifie que les résultats de l’enquête pourraient ne pas tenir compte des expériences de violence aux mains d’un partenaire intime des personnes vivant dans un refuge, un établissement ou un autre type de logement collectif. Une fois qu’un ménage était joint, une personne de 15 ans et plus était sélectionnée au hasard pour participer à l’enquête.

Dans les provinces, la collecte des données s’est déroulée d’avril à décembre 2018. Les réponses ont été obtenues au moyen d’un questionnaire à remplir soi-même en ligne ou d’un questionnaire administré par un intervieweur au téléphone. Les répondants ont été en mesure de répondre dans la langue officielle de leur choix. La taille de l’échantillon dans les 10 provinces s’établissait à 43 296 répondants. Le taux de réponse dans les provinces s’établissait à 43,1 %.

Dans les territoires, la collecte des données s’est déroulée de juillet à décembre 2018. Les réponses ont été obtenues au moyen d’un questionnaire à remplir soi-même en ligne ou d’un questionnaire administré par un intervieweur au téléphone. Les répondants ont été en mesure de répondre dans la langue officielle de leur choix. La taille de l’échantillon dans les trois territoires s’établissait à 2 597 répondants. Le taux de réponse dans les territoires s’établissait à 73,2 %.

Parmi les non-répondants figuraient les personnes qui ont refusé de participer à l’enquête, celles qui ne pouvaient pas être jointes et celles qui ne parlaient ni le français ni l’anglais. Les chiffres des répondants de l’échantillon ont été pondérés afin que leurs réponses représentent la population canadienne de 15 ans et plus ne vivant pas en établissement.

Limites des données

Comme c’est le cas pour toutes les enquêtes auprès des ménages, les données comportent certaines limites. Les résultats reposent sur un échantillon et sont donc sujets à des erreurs d’échantillonnage. Des résultats légèrement différents auraient pu être obtenus si la population entière avait participé à l’enquête.

En ce qui a trait à la qualité des estimations, les limites inférieure et supérieure des intervalles de confiance sont présentées. Les intervalles de confiance doivent être interprétés de la façon suivante : si l’enquête devait être répétée à de nombreuses reprises, 95 % du temps (ou 19 fois sur 20), l’intervalle de confiance couvrirait la valeur de la population réelle.

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