Section 1 : Violence familiale envers les enfants et les jeunes au Canada, affaires déclarées par la police, 2017
par Shana Conroy
Le taux de violence familiale envers les enfants et les jeunes déclarée par la police est plus élevé en 2017 qu’en 2016
- En 2017, on a dénombré 59 236 enfants et jeunes de 17 ans ou moins qui ont été victimes d’affaires de violence déclarées par la police au CanadaNote . Plus de la moitié (56 %) des victimes de ce groupe d’âge étaient de sexe féminin (tableau 1.1).
- Dans l’ensemble, 33 % des enfants et des jeunes victimes avaient subi de la violence de la part d’une simple connaissance, et 18 %, de la part d’un étranger. Parmi tous les enfants et les jeunes victimes de violence, 30 % ont été agressés par un membre de la famille, comme un parent, un frère ou une sœur, ou une autre personne apparentée; ce taux était un peu plus élevé chez les victimes de sexe féminin que chez celles de sexe masculin (32 % par rapport à 27 %) (tableau 1.1)Note .
- De 2009 à 2017, le taux de violence familiale envers les enfants et les jeunes a diminué de 7 %, ce qui représente un recul nettement inférieur à celui du taux de violence non familiale faite aux enfants et aux jeunes (-30 %). De 2016 à 2017, toutefois, les taux de violence familiale et de violence non familiale envers les enfants et les jeunes ont augmenté de 6 % (graphique 1.1)Note .

Tableau de données du graphique 1.1
| Année | Violence familiale | Violence non familiale | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| victimes de sexe féminin | victimes de sexe masculin | total des victimes | victimes de sexe féminin | victimes de sexe masculin | total des victimes | |
| taux pour 100 000 habitants | ||||||
| 2009 | 324 | 211 | 266 | 791 | 878 | 835 |
| 2010 | 337 | 210 | 272 | 778 | 823 | 801 |
| 2011 | 324 | 209 | 265 | 717 | 769 | 743 |
| 2012 | 318 | 204 | 259 | 683 | 705 | 694 |
| 2013 | 299 | 191 | 244 | 627 | 585 | 606 |
| 2014 | 288 | 189 | 237 | 568 | 514 | 540 |
| 2015 | 280 | 186 | 232 | 574 | 513 | 543 |
| 2016 | 282 | 187 | 233 | 602 | 509 | 554 |
| 2017 | 305 | 193 | 247 | 650 | 531 | 589 |
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Note : Les taux sont calculés pour 100 000 personnes de 17 ans ou moins. Les chiffres de population sont fondés sur des estimations au 1er juillet fournies par la Division de la démographie de Statistique Canada. Représente les enfants et les jeunes victimes de 17 ans ou moins. Exclut les victimes de violence conjugale de moins de 15 ans et les victimes de violence entre partenaires amoureux ou autres partenaires intimes de moins de 12 ans. Exclut les victimes dont le sexe ou l’âge était inconnu ou pour lesquelles le lien de l’auteur présumé avec la victime était inconnu. Exclut un petit nombre de victimes au Québec dont on ignorait l’âge mais qui ont été classées incorrectement et ont reçu la valeur « 0 ». Repose sur la base de données sur les tendances du Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l’affaire qui, depuis 2009, comprend des données pour 99 % de la population du Canada. Par conséquent, les chiffres peuvent ne pas correspondre à ceux figurant ailleurs dans le présent rapport. Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, base de données sur les tendances du Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l’affaire. |
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Parmi les enfants et les jeunes victimes d’affaires de violence familiale déclarées par la police, près de 6 sur 10 ont été agressés par un parent
- Selon les données déclarées par la police, près de 6 enfants et jeunes victimes de violence familiale sur 10 (58 %) ont été agressés par un parent en 2017. Ce phénomène était plus répandu parmi les victimes de 5 ans ou moins (73 %) et moins courant chez celles de 15 à 17 ans (44 %) (tableau 1.1).
- Parmi les enfants et les jeunes qui ont subi de la violence familiale, la majorité (53 %) des victimes de sexe féminin ont été agressées par un parent, et la proportion correspondante chez leurs homologues de sexe masculin était encore plus élevée (66 %). Au classement des types de lien de l’auteur de violence familiale avec la victime venait ensuite un autre membre de la famille, comme un grand-parent, un oncle, une tante, un cousin ou un membre de la belle-famille (25 % des victimes de sexe féminin et 18 % des victimes de sexe masculin), suivi d’un frère ou d’une sœur (18 % des victimes de sexe féminin et 15 % des victimes de sexe masculin) (tableau 1.1).
Les voies de fait représentent la forme la plus courante de violence familiale envers les enfants et les jeunes selon les données policières
- En 2017, le taux global d’affaires de violence familiale envers les enfants et les jeunes déclarées par la police se situait à 250 pour 100 000 personnes. À l’instar de la violence non familiale faite aux enfants et aux jeunes, les taux de violence familiale augmentaient avec l’âge, passant de 144 pour 100 000 enfants de 5 ans ou moins à 367 pour 100 000 jeunes de 15 à 17 ans (tableau 1.2).
- Dans l’ensemble, les voies de fait étaient le type de violence familiale le plus courant (56 %), suivies des infractions d’ordre sexuel (32 %); toutefois, des différences ont été observées selon le sexe de la victime. Chez les enfants et les jeunes victimes de sexe féminin, le taux de voies de fait (138 pour 100 000 personnes) et le taux d’infractions d’ordre sexuel (134 pour 100 000 personnes) étaient semblables. Par comparaison, chez leurs homologues de sexe masculin, le taux de voies de fait demeurait de loin le plus élevé, tandis que le taux d’infractions d’ordre sexuel était beaucoup plus faible (142 pour 100 000 personnes par rapport à 27) (tableau 1.2)Note .
Des accusations ont été déposées pour les trois quarts des infractions d’ordre sexuel perpétrées contre des enfants et des jeunes par un membre de la famille et déclarées par la police
- Une affaire criminelle est considérée comme classée lorsqu’une accusation est déposée ou recommandée, ou lorsqu’elle est traitée d’une autre façon par la police (p. ex. grâce à un aiguillage vers un programme de déjudiciarisation). En ce qui concerne les affaires classées, la violence familiale envers les enfants et les jeunes était plus susceptible que la violence non familiale de donner lieu à une accusation. Par exemple, dans le cas des infractions d’ordre sexuel, 75 % des enfants et des jeunes victimes ont vu des accusations être portées relativement à l’affaire qu’ils ont vécue dans leur famille, comparativement à 69 % des victimes d’une affaire classée commise par une personne non apparentée (tableau 1.3).
- Des différences ont été constatées selon le sexe des enfants et des jeunes victimes. Alors qu’une proportion semblable de victimes d’affaires classées de sexe féminin et de sexe masculin ont vu des accusations être déposées à l’égard de voies de fait commises par un membre de la famille (56 % par rapport à 53 %), les victimes de sexe féminin étaient plus susceptibles que celles de sexe masculin de voir des accusations être portées à l’égard d’infractions d’ordre sexuel perpétrées par un membre de la famille (76 % par rapport à 67 %) (tableau 1.3).
La force physique a été utilisée contre 3 enfants et jeunes victimes de violence familiale sur 4 dans les affaires déclarées par la police
- La force physique a été utilisée contre 3 enfants et jeunes victimes de violence familiale sur 4 (74 %). De plus, environ 1 enfant ou jeune victime de violence familiale sur 6 (17 %) a fait l’objet d’une affaire où une arme était présente. Par ailleurs, la présence d’armes à feu était rare, celles-ci ayant été utilisées contre 1 % des enfants ou des jeunes victimes d’affaires de violence familiale (tableau 1.4)Note .
- Parmi les enfants et les jeunes victimes de violence familiale, 6 sur 10 (61 %) n’ont subi aucune blessure corporelle à la suite de l’affaire qu’ils ont vécue. Par ailleurs, chez les 4 victimes sur 10 (39 %) ayant subi des blessures corporelles, les blessures étaient mineures dans presque tous les cas (tableau 1.4).
Le taux de violence familiale envers les enfants et les jeunes déclarée par la police est plus de trois fois supérieur chez les auteurs présumés de sexe masculin
- Parmi les affaires de violence envers les enfants et les jeunes déclarées par la police, des proportions semblables d’auteurs présumés de sexe féminin et de sexe masculin ont agressé un membre de leur famille (32 % par rapport à 29 %) (tableau 1.5)Note .
- Les taux d’auteurs présumés de violence familiale envers les enfants et les jeunes étaient de 9 pour 100 000 personnes de sexe féminin et de 31 pour 100 000 personnes de sexe masculin, respectivement. Les auteurs présumés de sexe féminin et de sexe masculin étaient le plus souvent âgés de 18 à 44 ans (18 et 49 pour 100 000 personnes, respectivement) (tableau 1.5).
Le taux d’affaires de violence familiale envers les enfants et les jeunes déclarées par la police est plus élevé pour les victimes de sexe féminin dans chaque région métropolitaine de recensement
- Parmi les provinces, les taux globaux de violence familiale envers les enfants et les jeunes étaient les plus élevés en Saskatchewan et au Manitoba (475 et 351 pour 100 000 personnes, respectivement), alors qu’ils étaient les plus faibles en Ontario, en Colombie-Britannique et à l’Île-du-Prince-Édouard (168, 180 et 181 pour 100 000 personnes, respectivement). Tout comme pour la criminalité en général, les taux de violence familiale envers les enfants et les jeunes étaient les plus élevés dans les territoires (tableau 1.6).
- Bien que, dans l’ensemble, le taux de violence familiale envers les enfants et les jeunes ait augmenté de 6 % de 2016 à 2017, de fortes variations ont été observées, allant d’une augmentation de 21 % en Nouvelle-Écosse à une diminution de 20 % au Yukon (tableau 1.6)Note .
- Dans l’ensemble, le taux de violence familiale était plus élevé chez les enfants et les jeunes des régions rurales que chez ceux des régions urbaines (406 pour 100 000 personnes par rapport à 214) (graphique 1.2)Note . Cette tendance est demeurée semblable chez les victimes de violence familiale de sexe masculin et de sexe féminin, bien que l’écart entre les régions urbaines et les régions rurales soit plus important chez les victimes de sexe féminin que chez celles de sexe masculin (tableau 1.7).
- Le taux de violence familiale envers les enfants et les jeunes était plus faible dans les plus grandes villes du Canada — appelées régions métropolitaines de recensement ou RMR — que dans les régions autres que les RMR (194 pour 100 000 personnes par rapport à 382)Note . Plus précisément, parmi les RMR, les taux de violence familiale étaient les plus élevés à Saguenay et à Trois-Rivières (445 et 427 pour 100 000 personnes, respectivement) et les plus faibles à Ottawa, à Kelowna et à Barrie (107, 126 et 127 pour 100 000 personnes, respectivement) (tableau 1.8).
- Dans chaque RMR, les taux de violence étaient plus élevés chez les victimes de sexe féminin. L’écart entre le taux des victimes de sexe féminin et celui des victimes de sexe masculin était le plus marqué à Kelowna (190 pour 100 000 personnes par rapport à 64) et à Guelph (217 pour 100 000 personnes par rapport à 81) (tableau 1.8).

Tableau de données du graphique 1.2
| Violence familiale | Violence non familiale | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Victimes de sexe féminin | Victimes de sexe masculin | Total des victimes | Victimes de sexe féminin | Victimes de sexe masculin | Total des victimes | |
| taux pour 100 000 habitants | ||||||
| Région urbaine | 260 | 171 | 214 | 587 | 511 | 548 |
| Région rurale | 517 | 300 | 406 | 936 | 624 | 776 |
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Note : Une région urbaine est définie comme une région métropolitaine de recensement (RMR) ou une agglomération de recensement (AR). Une RMR est composée d’une ou de plusieurs municipalités voisines situées autour d’un grand noyau urbain. Une RMR doit compter au moins 100 000 habitants, dont au moins 50 000 vivent dans le noyau urbain. Pour faire partie de la RMR, les municipalités adjacentes doivent être fortement intégrées à la région urbaine centrale, le degré d'intégration étant mesuré par le débit de la migration quotidienne calculé à partir des données du recensement. Le noyau urbain d’une AR doit compter au moins 10 000 habitants. Les régions rurales désignent toutes les régions situées à l’extérieur des RMR et des AR. Les taux sont calculés pour 100 000 personnes de 17 ans ou moins. Les chiffres de population sont fondés sur des estimations au 1er juillet fournies par la Division de la démographie de Statistique Canada. Représente les enfants et les jeunes victimes de 17 ans ou moins. Exclut les victimes de violence conjugale de moins de 15 ans et les victimes de violence entre partenaires amoureux ou autres partenaires intimes de moins de 12 ans. Exclut les victimes dont le sexe ou l’âge était inconnu ou pour lesquelles le lien de l’auteur présumé avec la victime était inconnu. Exclut un petit nombre de victimes au Québec dont on ignorait l’âge mais qui ont été classées incorrectement et ont reçu la valeur « 0 ». Exclut les données des territoires. Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l’affaire. |
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Les homicides commis contre un enfant ou un jeune par un membre de la famille sont le plus souvent motivés par la frustration, la colère ou le désespoir
- Les homicides commis contre un enfant ou un jeune par un membre de la famille surviennent dans des contextes interpersonnels complexes, où sont souvent présents des antécédents de violenceNote . De 2007 à 2017, le principal mobile dans les affaires d’homicide perpétrées au sein de la famille à l’endroit d’un enfant ou d’un jeune était, de loin, la frustration, la colère ou le désespoir (63 %), soit une gamme d’émotions typiques des contrevenants qui exercent un contrôle sur leur victime. Peu importe le groupe d’âge, ce mobile demeurait le plus fréquent dans les affaires d’homicide commises contre un enfant ou un jeune par un membre de la famille. Une dispute ou une querelle était également un mobile courant dans les affaires d’homicide commises contre des jeunes de 12 à 14 ans et de 15 à 17 ans (20 % et 23 %, respectivement) (tableau 1.9).
- De 2007 à 2017, le taux d’homicides commis contre des enfants et des jeunes au sein de la famille a reculé de 18 %, passant de 3,4 pour 1 million de personnes à 2,8. En 2017, 20 enfants et jeunes ont été victimes d’un homicide perpétré au sein de la famille et, chez les enfants et les jeunes, le taux d’homicides perpétrés par un membre de la famille était plus élevé que le taux d’homicides commis par une personne non apparentée (2,8 pour 1 million de personnes par rapport à 1,7) (tableau 1.10).
Tableaux de données détaillés
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