Section 2 : La violence entre partenaires intimes

par Maire Sinha

Au fil des ans, l'étude de la violence entre partenaires intimes a varié et évolué (Dawson, 2001). Lorsque la recherche sur cette question était à ses débuts, l'accent était surtout mis sur les voies de fait envers une conjointe dans le cadre d'un mariage ou d'une union libre (voir, entre autres, Rodgers, 1994)Note 1. Cette conceptualisation n'admettait que les femmes comme victimes et entrait dans le plus vaste sujet de la violence envers les femmes. Même si l'accent a changé par la suite afin d'inclure les deux sexes, l'analyse était généralement limitée aux conjoints en droit et de fait actuels et anciensNote 2. Cette définition excluait d'autres genres de partenaires intimes, comme les partenaires amoureux.

Ces dernières années, la possibilité d'inclure la violence dans le cadre de fréquentations dans la violence entre partenaires intimes a été étudiée tant par le milieu de la recherche que par les ministères des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux (Île-du-Prince-Édouard, Premier's Action Committee on Family Violence Prevention Administration Committee, 2010; ministère de la Justice Canada, 2009). De même, dans la présente édition du rapport La violence familiale au Canada : un profil statistique, on emploie une définition élargie de la violence entre partenaires intimes, qui comprend tant la violence conjugale que la violence dans le cadre de fréquentations.

De façon générale, un certain nombre de facteurs distinguent la violence entre partenaires intimes de la violence envers des amis, des connaissances ou des étrangers. D'abord, la relation continue avec l'agresseur, la dépendance économique potentielle envers celui-ci et l'attachement émotif de la victime à cette personne font que ce type de violence est unique (Ogrodnik, 2006). Ensuite, la violence peut avoir des répercussions sur d'autres personnes en plus de la victime immédiate, c'est-à-dire que la violence entre partenaires intimes peut aussi avoir un effet sur la sécurité et le bien-être des enfants (Bedi et Goddard, 2007). Enfin, la violence se produit souvent à plusieurs reprises et au cours d'une certaine période, plutôt que dans un seul événement (Ogrodnik, 2006; Organisation mondiale de la Santé, 2002). Ensemble, ces facteurs particuliers de la relation entre l'auteur et la victime, ainsi que la nature continue de la violence, font de la violence entre partenaires intimes une forme de violence distincte.

La présente analyse vise à améliorer notre compréhension actuelle de ces différences au moyen d'une analyse comparative de la violence entre partenaires intimes et de la violence à l'endroit d'autres personnes. On traitera des questions de recherche suivantes :

  • Quelle est la fréquence de la violence entre partenaires intimes par rapport à la violence à l'endroit d'autres personnes?
  • Comment les facteurs de risque sociodémographiques de la violence entre partenaires intimes diffèrent-ils de ceux des autres formes de violence?
  • La gravité des affaires de violence entre partenaires intimes diffère-t-elle de celle des autres formes de violence?
  • Dans le cas des homicides, comment les mobiles des homicides entre partenaires intimes diffèrent-ils de ceux des autres homicides?
  • Les auteurs présumés de violence entre partenaires intimes sont-ils plus susceptibles que les autres auteurs présumés d'être inculpés d'un crime violent?
  • Les tendances de la violence entre partenaires intimes sont-elles semblables à celles de la violence à l'endroit d'autres personnes?
  • Les variations régionales de la violence entre partenaires intimes sont-elles semblables à celles de la violence à l'endroit d'autres personnes?

En outre, étant donné l'examen actuel d'une définition plus large de la violence familiale, l'analyse servira aussi à déterminer s'il y a des différences perceptibles entre les deux catégories de violence entre partenaires intimes, soit la violence conjugale et la violence dans le cadre de fréquentations. Il importe de mentionner qu'aux fins de la présente publication, la violence dans le cadre de fréquentations (ou violence entre partenaires amoureux) s'inscrit dans le continuum de la violence entre partenaires intimes, mais ne fait pas partie de la définition traditionnelle de la violence familiale.

Dans la présente analyse, la violence entre partenaires intimes vise les personnes de 15 ans et plusNote 3. Cette population a été choisie pour faciliter les comparaisons entre les victimes de violence conjugale et celles de violence entre partenaires amoureuxNote 4. Dans le cas de la violence à l'endroit d'autres personnes, l'analyse porte sur les personnes de tous les âges, des nouveau-nés aux aînés. L'analyse se fera surtout à partir des résultats du Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l'affaire et de l'Enquête sur les homicides, certaines discussions portant sur les résultats de l'Enquête sociale générale (ESG) de 2009 sur la victimisationNote 5. Il importe de souligner que les données déclarées par la police sont fondées sur des crimes dont la police a pris connaissance et a établi le bien-fondé.

Fréquence de la violence entre partenaires intimes

Les taux de violence entre partenaires intimes sont plus élevés que ceux de la violence familiale non conjugale

Les données déclarées par la police révèlent que le risque que courent les Canadiens de faire l'objet de violence entre partenaires intimes — qui comprend la violence conjugale et la violence entre partenaires amoureux — est plus élevé que le risque associé à la violence familiale non conjugale ainsi qu'aux actes de violence commis par des étrangers. En 2010, il y a eu 363 victimes de violence entre partenaires intimes pour chaque tranche de 100 000 habitants, ce qui équivaut à plus de 102 500 Canadiens agressés par un conjoint ou un partenaire amoureux (graphique 2.1). Par comparaison, le taux de violence familiale non conjugale s'élevait à 150 pour 100 000, et celui pour les affaires de violence commises par des étrangers, à 307 pour 100 000.

Graphique 2.1
Victimes d'un crime violent déclaré par la police, selon le lien de l'auteur présumé avec la victime, Canada, 2010

Tableau de données du graphique 2.1

Graphique 2.1 Victimes d'un crime violent déclaré par la police, selon le lien de l'auteur présumé avec la victime, Canada, 2010

1. Désigne la violence commise par des personnes mariées, séparées et divorcées, des conjoints et conjointes de fait, des partenaires amoureux (actuels et anciens) et d'autres partenaires intimes. Comprend des victimes de 15 à 89 ans.
2. Désigne la violence commise par des parents, des enfants, des frères et sœurs, et des membres de la famille élargie. Comprend des victimes de 0 à 89 ans.
3. Désigne la violence commise par de simples connaissances, des associés, des personnes associées à des fins criminelles, des symboles d'autorité et des amis. Comprend des victimes de 0 à 89 ans.
4. Comprend des victimes de 0 à 89 ans.
Note : Exclut les affaires pour lesquelles l'âge ou le sexe de la victime était inconnu et pour lesquelles le lien de l'auteur présumé avec la victime était inconnu. Les taux sont calculés pour 100 000 habitants. Les chiffres de population sont fondés sur des estimations au 1er juillet fournies par la Division de la démographie de Statistique Canada.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l'affaire.

Toutefois, la violence entre partenaires intimes était moins fréquente que la violence envers des amis ou des connaissances. Plus particulièrement, les partenaires intimes étaient moins susceptibles dans une proportion de 12 % d'être victimes de violence que des connaissances, des symboles d'autorité, des associés, des personnes associées à des fins criminelles et des amis (363 par rapport à 411 pour 100 000) (tableau 2.1). Cette moins grande fréquence de victimisation valait pour la violence conjugale, mais non pour la violence entre partenaires amoureux. Plus précisément, le taux de violence conjugale était inférieur de 1,5 fois au taux de violence envers des amis et des connaissances (265 par rapport à 411 pour 100 000). En revanche, le taux de violence entre partenaires amoureux, qui était d'au moins 1,6 fois supérieur au taux de violence conjugaleNote 6, dépassait également le taux de violence envers des amis et des connaissances (436 par rapport à 411 pour 100 000).

Encadré 2.1
Comment la violence entre partenaires intimes est mesurée

Dans la présente section, la définition de la violence entre partenaires intimes comprend à la fois les conjoints et les partenaires amoureux actuels et anciens. Le mot « conjoint » comprend les personnes mariées, séparées et divorcées, ainsi que celles vivant en union libre, alors que « partenaire amoureux » comprend les petits amis et petites amies actuels ou anciens, ainsi que les autres partenaires intimesNote 7.

Au moyen du Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l'affaire et de l'Enquête sur les homicides, on peut examiner les affaires de violence entre conjoints et entre partenaires amoureux en déterminant le lien de l'auteur présumé avec la victime. Toutefois, le calcul des taux représente un défi lorsqu'on tente de mesurer la fréquence relative de la violence conjugale et de la violence entre partenaires amoureux.

Les taux sont calculés en divisant le nombre de fois que se produit un type particulier d'affaire par la population à risque de ce type d'affaire. Pour calculer les taux exactement, il faut d'abord déterminer la population qui correspond le mieux à la population à risque. Dans le cas de la violence conjugale, les données sur la population à risque sont disponibles et elles comprennent les personnes mariées, séparées et divorcées, ainsi que celles vivant en union libre. L'une des limites est l'absence de données démographiques pour les personnes qui ont un ex-conjoint de fait.

Dans le cas de la violence entre partenaires amoureux, la population à risque comprend les personnes qui fréquentent ou qui ont fréquenté une personne. On ne dispose actuellement d'aucune estimation de la population pour ce groupe (c.-à-d. le nombre de partenaires amoureux actuels et anciens). La meilleure façon d'estimer la population à risque serait d'inclure toutes les personnes actuellement non mariées, soit les personnes célibataires, séparées, divorcées et veuvesNote 8. Bien qu'une proportion de cette population puisse avoir eu un partenaire amoureux, la proportion exacte ou le nombre de partenaires amoureux est inconnu. Par conséquent, la population des personnes non mariées est vraisemblablement plus élevée que la population réelle des partenaires amoureux.

Le calcul du taux de violence entre partenaires amoureux à l'aide de la population des personnes non mariées sous-estime donc la fréquence réelle de la violence entre partenaires amoureux, étant donné que le nombre d'affaires de violence entre partenaires amoureux est divisé par une population qui est supérieure à la population réelle des partenaires amoureux. En d'autres mots, le taux de violence entre partenaires amoureux serait plus élevé s'il était calculé à partir de la population réelle des partenaires amoureux. C'est la raison pour laquelle toute comparaison entre les taux de violence conjugale et les taux de violence entre partenaires amoureux devrait être effectuée avec prudence.

Fin de l'encadré 2.1.

 

Encadré 2.2
Définitions de la violence entre partenaires intimes et de la violence à l'endroit d'autres personnes

Violence entre partenaires intimes

Victimes de violence entre partenaires intimes : Comprend les personnes mariées, séparées et divorcées, les conjoints de fait (actuels et anciens), les partenaires amoureux (actuels et anciens) et les autres partenaires intimes. Cette catégorie comprend les victimes de 15 ans et plus.
Victimes de violence conjugale : Comprend les personnes mariées, séparées et divorcées, et les conjoints de fait (actuels et anciens). Cette catégorie comprend les victimes de 15 ans et plus.
Victimes de violence entre partenaires amoureux : Comprend les petits amis et petites amies (actuels et anciens), et les autres partenaires intimes (une personne avec qui la victime a eu une relation sexuelle ou pour laquelle la victime avait une attirance sexuelle, qui était réciproque, mais qui n'était pas considérée comme son petit ami ou sa petite amie). Sauf indication contraire, cette catégorie comprend les victimes de 15 ans et plus.

Violence à l'endroit d'autres personnes

Victimes de violence à l'endroit d'autres personnes : Comprend les personnes apparentées dans des relations non conjugales (parents, enfants, frères et sœurs, et membres de la famille élargie), les amis et les connaissances (connaissances, associés, amis, personnes associées à des fins criminelles et symboles d'autorité) et les étrangers. Comprend les victimes de tous les âges.

Fin de l'encadré 2.2.

Facteurs de risque de la violence entre partenaires intimes en comparaison de la violence à l'endroit d'autres personnes

Comme dans toutes les formes de violence, dans la violence entre partenaires intimes, le risque d'être victime n'est pas réparti également dans toutes les sphères de la société canadienne. Plus précisément, un certain nombre de facteurs de risque, comme le sexe, l'âge et l'état matrimonial, ont été étroitement liés à la violence entre partenaires intimes (Organisation mondiale de la Santé, 2002; Brennan, 2011). Certains de ces facteurs peuvent être semblables à ceux de la violence à l'endroit d'autres personnes, tandis que d'autres sont propres à la violence entre partenaires intimes.

Les femmes sont plus à risque que les hommes de subir de la violence entre partenaires intimes

Les données policières indiquent que le sexe joue un rôle dans le risque de la violence entre partenaires intimes et de la violence à l'endroit d'autres personnes, mais de façons différentes. En 2010, les femmes risquaient davantage que les hommes d'être victimes de violence entre partenaires intimes, leur taux de victimisation pour ce type d'agression étant près de quatre fois supérieur à celui des hommes (574 par rapport à 147 pour 100 000) (tableau 2.1). Ce plus grand risque chez les femmes s'appliquait tant à la violence conjugale qu'à la violence entre partenaires amoureux.

La différence des taux entre les sexes était moins marquée dans le cas de la violence à l'endroit d'autres personnes. Le taux de garçons et d'hommes victimes de violence aux mains d'une personne autre qu'un partenaire intime était supérieur de 41 % à celui des filles et des femmes. Ce risque élevé a été observé pour la plupart des types de relations dans cette catégorie, à l'exception des deux types suivants : les auteurs de crimes violents qui étaient des amis de la victime visaient des personnes de sexe masculin et de sexe féminin dans la même mesure (49 et 47 pour 100 000); et les autres membres de la famille, comme les parents, étaient plus susceptibles de cibler des personnes de sexe féminin que des personnes de sexe masculin (175 par rapport à 124 pour 100 000) par leurs actes de violence.

Les victimes de violence entre partenaires intimes sont un peu plus âgées que les victimes de violence aux mains d'autres personnes

Les taux de violence entre partenaires intimes étaient les plus élevés chez les victimes un peu plus âgées, comparativement aux taux de violence à l'endroit d'autres personnes. En 2010, les hommes et les femmes de 25 à 34 ans risquaient le plus d'être victimes de violence entre partenaires intimes, suivis de près des personnes de 15 à 24 ans. La répartition était un peu différente pour la violence à l'endroit d'autres personnes; dans ce cas-là, les personnes de 15 à 24 ans affichaient le plus fort taux (graphique 2.2). Pour la violence entre partenaires intimes de même que pour la violence à l'endroit d'autres personnes, les taux diminuaient généralement à mesure qu'augmentait l'âge (graphique 2.3).

Graphique 2.2
Victimes de violence aux mains de partenaires intimes et d'autres personnes, affaires déclarées par la police, selon le groupe d'âge de la victime, Canada, 2010

Tableau de données du graphique 2.2

Graphique 2.2 Victimes de violence aux mains de  partenaires intimes et d'autres personnes, affaires déclarées par la police,  selon le groupe d'âge de la victime, Canada, 2010

… n'ayant pas lieu de figurer
Note : La violence aux mains de partenaires intimes désigne la violence commise par des personnes mariées, séparées et divorcées, des conjoints et conjointes de fait, des partenaires amoureux (actuels et anciens) et d'autres partenaires intimes. Comprend des victimes de 15 à 89 ans. La violence aux mains d'autres personnes désigne la violence commise par d'autres membres de la famille (parents, enfants, frères et sœurs, et membres de la famille élargie), des amis, des connaissances, des associés, des personnes associées à des fins criminelles, des symboles d'autorité et des étrangers. Comprend des victimes de 0 à 89 ans. Les taux sont calculés pour 100 000 habitants pour les deux types de violence. Les chiffres de population sont fondés sur des estimations au 1er juillet fournies par la Division de la démographie de Statistique Canada. Exclut les affaires pour lesquelles l'âge ou le sexe de la victime était inconnu et pour lesquelles le lien de l'auteur présumé avec la victime était inconnu.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l'affaire.

Il existe des différences perceptibles entre la violence conjugale et la violence entre partenaires amoureux quant aux groupes d'âge qui présentent le plus grand risque. Alors que les conjoints étaient le plus vulnérable à la violence, y compris le meurtre, au début de l'âge adulte (15 à 24 ans) (tableau 2.2, graphique 2.3), les partenaires amoureux risquaient le plus d'être victimes de violence de la fin de la vingtaine au début de la trentaine (tableau 2.3)Note 9. La courbe selon l'âge des taux de violence entre partenaires amoureux était surtout déterminée par le taux chez les victimes de sexe féminin, étant donné que le taux chez les victimes de sexe masculin était à son maximum à un âge plus avancé, soit entre 35 et 44 ans.

Graphique 2.3
Victimes d'un homicide entre conjoints, selon le sexe et le groupe d'âge de la victime, Canada, 2000 à 2010

Tableau de données du graphique 2.3

Graphique 2.3 Victimes d'un homicide entre  conjoints, selon le sexe et le groupe d'âge de la victime, Canada, 2000 à 2010

Note : Les homicides entre conjoints désignent les homicides commis par des personnes mariées, séparées et divorcées, et des conjoints et conjointes de fait. Exclut les homicides pour lesquels l'âge ou le sexe de la victime était inconnu. Les taux sont calculés pour 1 million de conjoints. Les chiffres de population sont fondés sur des estimations au 1er juillet fournies par la Division de la démographie de Statistique Canada.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, Enquête sur les homicides.

Les femmes de presque tous les groupes d'âge affichaient des taux plus élevés de violence conjugale et de violence entre partenaires amoureux. Toutefois, cette constatation ne valait pas de façon uniforme pour la violence envers des partenaires amoureux plus âgés. Entre les âges de 55 et 64 ans, les taux de violence entre partenaires amoureux étaient pratiquement les mêmes pour les hommes et les femmes. À l'âge de 65 ans, le taux d'hommes victimes de violence entre partenaires amoureux avait dépassé celui des femmes victimes (18 par rapport à 9 pour 100 000).

Cette variation du risque selon l'âge s'observait aussi dans les cas où la violence aboutissait au décès du partenaire amoureux. À compter de 55 ans, les hommes risquaient davantage que les femmes d'être tués par leur partenaire amoureux, selon les données sur les homicides pour les 10 dernières années (graphique 2.4).

Graphique 2.4
Victimes d'un homicide entre partenaires amoureux, selon le sexe et le groupe d'âge de la victime, Canada, 2000 à 2010

Tableau de données du graphique 2.4

Graphique 2.4 Victimes d'un homicide entre  partenaires amoureux, selon le sexe et le groupe d'âge de la victime, Canada,  2000 à 2010

Note : Les homicides entre partenaires amoureux désignent les homicides commis par des petits amis et petites amies (actuels et anciens) et d'autres partenaires intimes. Le taux d'homicides entre partenaires amoureux est une sous-estimation, car les personnes non mariées (célibataires, divorcées et veuves) comprennent les personnes qui ont eu un partenaire amoureux et celles qui n'ont pas eu de partenaire amoureux récemment (voir l'encadré 2.1). Dans le présent graphique, les personnes séparées ont été exclues des personnes non mariées étant donné qu'avant 2007, les personnes séparées et les personnes mariées étaient groupées dans la même catégorie. Par conséquent, les chiffres de population qui ont servi à calculer les taux d'homicides entre partenaires amoureux diffèrent des chiffres de population qui ont servi à calculer les taux de violence entre partenaires amoureux pour l'année 2010. Les chiffres de population sont fondés sur des estimations au 1er juillet fournies par la Division de la démographie de Statistique Canada. Exclut les homicides pour lesquels l'âge ou le sexe de la victime était inconnu.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, Enquête sur les homicides.

Encadré 2.3
La violence contre des partenaires amoureux âgés de 12 à 14 ans

Les fréquentations, et donc le risque de violence entre partenaires amoureux, peuvent commencer à un jeune âge. Les résultats de l'Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes (ELNEJ)Note 10 indiquent que 71 % des adolescents de 15 ans et plus fréquentaient quelqu'un ou avaient déjà fréquenté quelqu'un. De ceux-ci, plus de la moitié (55 %) avaient eu leur première relation amoureuse avant l'âge de 12 ans.

Selon les données déclarées par la police, des jeunes de 12 à 14 ans étaient les victimes dans environ 1 % de toutes les affaires de violence entre partenaires intimes en 2010. Le taux de ces jeunes se situant à 56 victimes pour 100 000 habitants, ils risquaient moins que les personnes des autres groupes d'âge d'être victimes de violence entre partenaires amoureux. Comme on l'a constaté pour les affaires de violence contre des partenaires amoureux âgés de 15 ans et plus, les filles de 12 à 14 ans étaient plus souvent que les garçons les victimes de violence entre partenaires amoureux. En 2010, 93 % des victimes de violence contre des partenaires amoureux de 12 à 14 ans étaient des filles.

À l'instar des résultats antérieurs (Hotton Mahony, 2010), ceux de 2010 révèlent que les infractions commises contre les jeunes victimes de violence entre partenaires amoureux sont différentes de celles perpétrées contre les victimes plus âgées de cette forme de violence. Plus de la moitié (52 %) des victimes de 12 à 14 ans avaient été agressées sexuellement par leur partenaire amoureux, alors que la proportion correspondante pour les victimes de 15 ans et plus s'élevait à 3 %. Les autres infractions les plus fréquentes étaient semblables à celles perpétrées contre des victimes plus âgées, soit des voies de fait (23 %) et des menaces (12 %).

Quelle que soit l'infraction, les blessures corporelles étaient moins courantes dans les affaires de violence contre des partenaires amoureux âgés de 12 à 14 ans. Moins du quart (22 %) des jeunes victimes de violence entre partenaires amoureux avaient subi des blessures, comparativement à 51 % des victimes de 15 ans et plus. En outre, contrairement aux affaires de violence contre des partenaires amoureux plus âgés, la majorité des affaires dont la victime avait entre 12 et 14 ans n'ont pas donné lieu à des accusations officielles. Plus particulièrement, dans 45 % de ces affaires, des accusations ont été portées ou recommandées, comparativement à 67 % des affaires contre des victimes plus âgéesNote 11. Des taux d'inculpation moins élevés par rapport aux victimes plus âgées de violence entre partenaires amoureux ont été observés pour la plupart des infractions, y compris l'agression sexuelle, les voies de fait, le harcèlement criminel et les menaces.

Fin de l'encadré 2.3.

Plus de la moitié des victimes d'un homicide entre conjoints ont déjà signalé des affaires de violence conjugale

L'Enquête sur les homicides permet de saisir de l'information au sujet des antécédents ou des comportements de violence familiale entre l'auteur présumé et la victimeNote 12. Au cours des 10 dernières années, plus de la moitié (65 %) des auteurs présumés d'homicide sur un conjoint avaient des antécédents de violence conjugale contre la victime. Cela s'appliquait surtout aux cas où la victime et son partenaire étaient désunis, ce qui comprend les personnes divorcées et les personnes séparées d'un conjoint en droit ou de fait. Plus précisément, pour plus des deux tiers (72 %) des personnes ayant tué un ex-conjointNote 13, la police a déclaré des antécédents de violence familiale. Par comparaison, la proportion s'élevait à 62 % dans le cas des auteurs présumés d'homicide sur un conjoint en droit ou de fait actuel.

La victimisation durant l'enfance est plus répandue chez les victimes de violence conjugale

On a constaté que le fait d'avoir été victime de violence pendant l'enfance est étroitement lié au fait d'être victime ou auteur présumé de violence entre partenaires intimes (Centers for Disease Control and Prevention, 2011; Organisation mondiale de la Santé, 2002). Pour la première fois, dans l'ESG, on a interrogé toutes les victimes de crimes violents sur leurs expériences de victimisation avant l'âge de 15 ans. Les résultats de cette enquête-ménageNote 14, Note 15 réalisée auprès des Canadiens indiquent que, parmi les victimes de crimes violents, les victimes de violence conjugaleNote 16 étaient plus susceptibles de déclarer qu'elles avaient été victimisées pour la première fois pendant leur enfance. Près de la moitié (48 %) des victimes entre conjoints avaient été agressées physiquement avant l'âge de 15 ans, comparativement à 30 % des victimes de voies de fait aux mains d'une autre personne. De même, les trois quarts (75 %) des victimes de violence conjugale avaient été agressées sexuellement pour la première fois pendant leur enfance. Par comparaison, cette proportion s'élevait à 57 % pour les victimes d'agression sexuelle aux mains d'une autre personne. Il n'y avait aucune différence entre les sexes pour ce qui est de la fréquence de la victimisation durant l'enfance chez les victimes de violence conjugale.

Gravité de la violence entre partenaires intimes en comparaison de la violence à l'endroit d'autres personnes

Les indicateurs traditionnels de la gravité des crimes violents comprennent le type d'infraction, la gravité des blessures corporelles subies par la victime et l'arme utilisée. La gravité peut aussi être mesurée en fonction du tort causé à d'autres en plus de la victime. À titre d'exemple, dans certaines affaires de violence, en particulier celles entre partenaires intimes, les actes peuvent nuire à la grossesse, ainsi qu'aux enfants de la victime ou de l'auteur. Dans la présente partie du rapport, on compare les indicateurs de gravité entre la violence entre partenaires intimes et la violence à l'endroit d'autres personnes.

Les voies de fait représentent la majorité des actes de violence entre partenaires intimes

La violence entre partenaires intimes est souvent caractérisée par des voies de fait contre la victime, ces infractions n'étant pas aussi fréquentes dans la violence à l'endroit d'autres personnes. En 2010, 7 victimes de violence entre partenaires intimes sur 10 (72 %) ont été agressées physiquement, comparativement à un peu plus de la moitié des autres victimes (57 %) (tableau 2.4). La majorité de ces voies de fait étaient de niveau 1, soit la forme de voies de fait la moins grave. Des proportions semblables d'affaires de violence entre partenaires intimes et d'affaires de violence à l'endroit d'autres personnes (5 % et 4%) concernaient des propos indécents au téléphone ou des appels téléphoniques harcelants, mais une plus grande proportion d'affaires de violence entre partenaires intimes avaient trait au harcèlement criminel (8 % par rapport à 4 %). Par contre, les agressions sexuelles, les vols qualifiés et les menaces étaient plus courants dans les affaires de violence à l'endroit d'autres personnes.

Dans les affaires de violence entre partenaires intimes, le type d'infraction variait en fonction du type de relation intime (relation conjugale ou amoureuse) et selon qu'il s'agissait d'une relation actuelle ou ancienne. La violence conjugale était plus susceptible que la violence entre partenaires amoureux de comporter des voies de fait. À titre d'exemple, les voies de fait représentaient 60 % des affaires de violence conjugale en 2010, comparativement à 54 % des affaires de violence entre partenaires amoureux (graphique 2.5). La violence entre partenaires amoureux comportait plus souvent des infractions relatives à l'intimidation, comme le harcèlement criminel, des propos indécents au téléphone, des appels téléphoniques harcelants et des menaces (24 % par rapport à 12 %). Certains sont d'avis que la plus faible proportion de voies de fait et la plus grande proportion de harcèlement criminel dont font l'objet les victimes de violence entre partenaires amoureux peuvent être attribuables au fait que la victime et l'auteur occupent des logements différents (Hotton Mahony, 2010).

Graphique 2.5
Victimes de violence entre partenaires intimes déclarée par la police, selon le type de relation entre les partenaires intimes et le type d'infraction, Canada, 2010

Tableau de données du graphique 2.5

Graphique 2.5 Victimes de violence  entre partenaires intimes déclarée par la police, selon le type de relation  entre les partenaires intimes et le type d'infraction, Canada, 2010

Note : La violence conjugale désigne la violence commise par des personnes mariées, séparées et divorcées, et des conjoints et conjointes de fait. La violence entre partenaires amoureux désigne la violence commise par des petits amis et petites amies (actuels et anciens) et d'autres partenaires intimes. Comprend des victimes de 15 à 89 ans. Exclut les affaires pour lesquelles l'âge ou le sexe de la victime était inconnu.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l'affaire.

De même, la proportion de voies de fait était plus importante dans des relations actuelles que dans les relations antérieures (88 % par rapport à 45 % des victimes). Les affaires de violence commises contre d'anciens partenaires avaient plus souvent trait à des infractions relatives à l'intimidation, comme le harcèlement criminel, les propos indécents au téléphone, les appels téléphoniques harcelants et les menaces (50 % de toutes les affaires).

Les victimes de violence entre partenaires intimes sont plus susceptibles que les autres victimes de subir des blessures corporelles

On a toujours constaté que la violence entre partenaires intimes peut entraîner à la fois des sévices psychologiques et des blessures corporelles chez les victimes (Centers for Disease Control and Prevention, 2011; Brennan, 2011). Les données déclarées par la police en 2010 permettent de déterminer si les conséquences physiques immédiates des crimes violents sont plus sévères pour les victimes de violence entre partenaires amoureux que pour les autres victimes. De façon générale, les victimes de violence entre partenaires intimes étaient plus susceptibles que les autres victimes d'être blessées physiquement (51 % par rapport à 39 %). Ce résultat valait quelle que soit l'infraction. Par exemple, 63 % des victimes de voies de fait aux mains de partenaires intimes ont subi des blessures corporelles, comparativement à 57 % des autres victimes de voies de fait (graphique 2.6). Certains des écarts les plus marqués quant à la fréquence des blessures ont été observés pour l'agression sexuelle, les autres voies de fait et les autres crimes violents.

Graphique 2.6
Victimes de violence aux mains de partenaires intimes et d'autres personnes, affaires déclarées par la police, selon le type d'infraction et la fréquence des blessures, Canada, 2010

Tableau de données du graphique 2.6

Graphique 2.6 Victimes de violence  aux mains de partenaires intimes et d'autres personnes, affaires déclarées par  la police, selon le type d'infraction et la fréquence des blessures, Canada,  2010

1. Comprend les voies de fait des niveaux 2 et 3. Les voies de fait de niveau 2 comprennent les voies de fait armées ou causant des lésions corporelles, alors que les voies de fait de niveau 3 comprennent le fait d'infliger des blessures à une personne, de mutiler ou défigurer une personne, ou de mettre sa vie en danger.
2. Comprend l'infliction illégale de lésions corporelles, la décharge d'une arme à feu intentionnellement, les voies de fait contre un agent de la paix ou un fonctionnaire public, et les autres voies de fait.
3. Comprend les voies de fait de niveau 1. Elles sont le type de voies de fait le moins grave et comprennent le fait de pousser une personne, de la gifler, de la frapper à coups de poing et de proférer des menaces à son endroit.
4. Comprend le rapt, l'enlèvement, la prise d'otages, l'incendie criminel et les autres crimes violents.
Note : La violence aux mains de partenaires intimes désigne la violence commise par des personnes mariées, séparées et divorcées, des conjoints et conjointes de fait, des partenaires amoureux (actuels et anciens) et d'autres partenaires intimes. Comprend des victimes de 15 à 89 ans. La violence aux mains d'autres personnes désigne la violence commise par d'autres membres de la famille (parents, enfants, frères et sœurs, et membres de la famille élargie), des amis, des connaissances, des voisins, des symboles d'autorité, des associés, des personnes associées à des fins criminelles et des étrangers. Comprend des victimes de 0 à 89 ans. Exclut les affaires pour lesquelles l'âge ou le sexe de la victime était inconnu et pour lesquelles le lien de l'auteur présumé avec la victime était inconnu.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l'affaire.

Les victimes de violence aux mains de partenaires intimes ne couraient pas toutes le même risque d'être blessées physiquement. Les victimes de violence conjugale et de violence entre partenaires amoureux étaient susceptibles dans la même mesure de subir des blessures corporelles (51 % les deux), mais la probabilité de blessures variait selon qu'il s'agissait d'une relation actuelle ou antérieure. Plus particulièrement, la majorité des victimes dans une relation conjugale ou amoureuse actuelle ont subi des blessures corporelles quelconques (61 % et 66 %). Par comparaison, moins du tiers des ex-partenaires ont été blessés, soit 28 % des ex-conjoints et 30 % des ex-partenaires amoureux.

La plus grande fréquence des blessures chez les partenaires intimes actuels s'observait pour toutes les formes de voies de fait, de même que pour le harcèlement criminel et les autres crimes violents. La relation actuelle et continue de la victime avec l'auteur présumé, et par conséquent, sa réticence et sa crainte pour ce qui est de contacter la police jusqu'à ce que la violence s'aggrave peuvent expliquer en partie ces résultats (Mihorean, 2006). Dans les affaires de violence entre partenaires intimes, il n'y avait pratiquement aucune différence de la fréquence des blessures corporelles selon le sexe.

La force physique est utilisée plus souvent qu'une arme dans les affaires de violence entre partenaires intimes

La force physique, plutôt qu'une arme, a été utilisée plus souvent pour infliger ou menacer d'infliger des blessures aux victimes de crimes violents, mais la force physique a été consignée plus souvent dans les affaires entre partenaires intimes que dans celles à l'endroit d'autres personnes (68 % par rapport à 57 %) (tableau 2.5). Cette constatation s'appliquait à presque toutes les infractions, sauf les homicides et les menaces. Dans le cas de ces crimes violents, la force physique a plus souvent été utilisée dans les affaires de violence à l'endroit d'autres personnes que dans celles mettant en cause des partenaires intimes.

La force physique a été utilisée dans la même mesure dans les affaires de violence conjugale et de violence entre partenaires amoureux. En 2010, 70 % des auteurs de violence conjugale ont utilisé leur force corporelle dans l'intention de causer des blessures ou la mort, la proportion pour les affaires de violence entre partenaires amoureux s'élevant à 66 %. Cette similarité du recours à la force physique persiste lorsqu'on examine les types précis d'infractions.

Le recours aux armes, comme des armes à feu ou des couteaux, pour commettre des actes de violence était comparable entre les conjoints et les partenaires amoureux, mais variait entre les affaires de violence entre partenaires intimes et celles à l'endroit d'autres personnes. En 2010, 20 % des affaires de violence à l'endroit d'autres personnes ont été commises avec une arme, comparativement à 12 % des affaires de violence entre partenaires intimes. Les homicides et les agressions sexuelles présentaient un écart par rapport à la plus grande utilisation d'armes dans les affaires de violence à l'endroit d'autres personnes (graphique 2.7). Dans ces crimes violents, les partenaires intimes étaient plus susceptibles que les autres auteurs présumés d'utiliser une arme contre la victime.

Graphique 2.7
Victimes de violence aux mains de partenaires intimes et d'autres personnes, affaires déclarées par la police, selon le type d'infraction et la présence d'une arme sur les lieux de l'affaire, Canada, 2010

Tableau de données du graphique 2.7

Graphique 2.7 Victimes de violence  aux mains de partenaires intimes et d'autres personnes, affaires déclarées par  la police, selon le type d'infraction et la présence d'une arme sur les lieux  de l'affaire, Canada, 2010

Note : La violence aux mains de partenaires intimes désigne la violence commise par des personnes mariées, séparées et divorcées, des conjoints et conjointes de fait, des partenaires amoureux (actuels et anciens) et d'autres partenaires intimes. Comprend des victimes de 15 à 89 ans. La violence aux mains d'autres personnes désigne la violence commise par d'autres membres de la famille (parents, enfants, frères et sœurs, et membres de la famille élargie), des amis, des connaissances, des voisins, des symboles d'autorité, des associés, des personnes associées à des fins criminelles, des étrangers et d'autres personnes. Comprend des victimes de 0 à 89 ans. Exclut les affaires pour lesquelles l'âge ou le sexe de la victime était inconnu et pour lesquelles le lien de l'auteur présumé avec la victime était inconnu. La présence d'une arme sur les lieux de l'affaire ne comprend pas le recours à la force physique.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l'affaire.

Les partenaires intimes diffèrent aussi des autres auteurs pour ce qui est du type d'arme qu'ils utilisent contre leur victime. Plus précisément, les partenaires intimes étaient moins susceptibles que les autres auteurs présumés d'avoir recours à une arme à feu (5 % par rapport à 14 % de toutes les armes sur les lieux de l'affaire). Des couteaux, ainsi que des massues et d'autres objets contondants ont été utilisés dans la même mesure par les partenaires intimes et les autres auteurs présumés. Il n'y avait pratiquement aucune différence pour ce qui est du type d'arme entre les affaires de violence conjugale et celles de violence entre partenaires amoureux.

Alors que les auteurs présumés de violence à l'endroit d'autres personnes utilisaient plus souvent des armes à feu que les partenaires intimes, cette constatation ne s'appliquait pas aux cas où la violence avait entraîné le décès de la victime. Plus précisément, une arme à feu avait causé le décès dans des proportions presque égales d'homicides entre partenaires intimes et d'homicides sur d'autres personnes (21 % et 23 %) (graphique 2.8). De surcroît, des coups de couteaux ou d'autres instruments tranchants avaient causé le décès dans une plus forte proportion d'homicides entre partenaires intimes que d'homicides sur d'autres personnes (41 % par rapport à 35 %), en dépit des similarités du recours aux couteaux pour commettre des actes de violence en général.

Graphique 2.8
Victimes d'homicides aux mains de partenaires intimes et d'autres personnes, selon la cause du décès, Canada, 2000 à 2010

Tableau de données du graphique 2.8

Graphique 2.8 Victimes d'homicides  aux mains de partenaires intimes et d'autres personnes, selon la cause du  décès, Canada, 2000 à 2010

1. Comprend l'empoisonnement, l'inhalation de fumée et le froid.
Note : Les homicides commis par des partenaires intimes désignent les homicides perpétrés par des personnes mariées, séparées et divorcées, des conjoints et conjointes de fait, des partenaires amoureux (actuels et anciens) et d'autres partenaires intimes. Comprend des victimes de 15 ans et plus. Les homicides commis par d'autres personnes désignent les homicides perpétrés par d'autres membres de la famille (parents, enfants, frères et sœurs, et membres de la famille élargie), des amis, des connaissances, des voisins, des symboles d'autorité, des associés, des personnes associées à des fins criminelles, des étrangers et d'autres personnes. Comprend des victimes de tous les âges. Exclut les homicides pour lesquels l'âge ou le sexe de la victime était inconnu et pour lesquels le lien de l'auteur présumé avec la victime était inconnu.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, Enquête sur les homicides.

Les auteurs de violence entre partenaires intimes causent aussi du tort à d'autres

La violence entre partenaires intimes peut nuire à la grossesse de la victime et avoir des répercussions sur les enfants et les autres membres de la famille, qui peuvent être blessés par le même auteur. Il a été démontré que la violence pendant la grossesse peut avoir un grand nombre d'effets négatifs non seulement sur la santé de la mère mais aussi sur celle du bébé, comme un faible poids à la naissance, des blessures fœtales et le décès du fœtus (Société des obstétriciens et gynécologues du Canada, 2005). Pour la première fois, dans le cadre de l'ESG de 2009, on a demandé aux victimes de violence conjugale si l'incident violent avait eu lieu pendant une grossesse. Selon les résultats, 11 % des femmes victimes de violence conjugale étaient enceintes au moment de l'incident violent. Cette proportion équivaut à environ 63 300 femmes enceintes qui ont fait l'objet de violence aux mains de leur conjoint au cours des cinq années précédant la tenue de l'enquête.

Les données déclarées par la police dans le cadre de l'Enquête sur les homicides montrent également que le fait d'être enceinte n'a pas d'effet protecteur pour la conjointe dans les homicides entre partenaires intimesNote 17. Depuis 2005, soit la première année au cours de laquelle l'information sur la grossesse de la victime a été rendue disponible, il y a eu 12 victimes d'homicides entre partenaires intimes qui étaient enceintes au moment de leur décès. Toutefois, les homicides durant la grossesse ne sont pas seulement commis par des partenaires intimes, 8 femmes enceintes ayant été tuées par une personne autre qu'un partenaire intime.

L'ESG fournit certains renseignements au sujet des effets de la violence conjugaleNote 18 sur les autres membres de la famille. En 2009, 9 % des victimes de violence conjugale ont affirmé que leur assaillant avait aussi agressé physiquement ou sexuellement un autre membre de leur famille. Cela survenait plus souvent lorsque la victime de violence conjugale était de sexe féminin (11 %E par rapport à 6 %E chez les hommes) ou lorsque la victime et son partenaire étaient désunis (14 % par rapport à 3 %E des conjoints actuels).

En outre, les enfants étaient parfois victimisés pendant un incident violent contre un conjoint. En 2009, 5 %E des victimes de violence conjugale ont indiqué que leurs enfants avaient été blessés durant l'incident violent. Plus souvent, les enfants avaient entendu ou vu les agressions contre leur père ou leur mère, 52 % des victimes de violence conjugale ayant indiqué que les enfants avaient été témoins d'un incident violent au cours des cinq années précédentesNote 19. Pour obtenir de plus amples renseignements sur les enfants témoins de violence conjugale, voir la section 3 qui porte sur la violence familiale envers les enfants et les jeunes.

Mobiles des homicides entre partenaires intimes en comparaison de ceux des homicides sur d'autres personnes

Les femmes sont plus susceptibles que les hommes d'être tuées en raison de la jalousie de leur partenaire

Les données sur les homicides pour les 10 années précédentes permettent d'examiner les mobiles des homicides. Ces résultats indiquent que les mobiles diffèrent un peu entre les auteurs présumés d'homicides sur un partenaire et ceux des homicides sur d'autres personnes.

Même si l'intensification d'une dispute était le mobile le plus courant dans les deux types d'homicides (40 % et 37 %), la jalousie s'observait plus souvent dans les homicides entre partenaires intimes, que la victime soit un conjoint ou un partenaire amoureux (graphique 2.9). En effet, près du quart (24 %) des partenaires intimes de sexe féminin et 10 % des partenaires intimes de sexe masculin ont été tués en raison de la jalousie de leur partenaire. Dans le cas des homicides sur d'autres personnes, les proportions correspondantes s'élèvent à 4 % chez les victimes de sexe féminin et à 5 % chez les victimes de sexe masculin.

Graphique 2.9
Victimes d'homicides aux mains de partenaires intimes et d'autres personnes, selon le mobile, Canada, 2000 à 2010

Tableau de données du graphique 2.9

Graphique 2.9 Victimes d'homicides  aux mains de partenaires intimes et d'autres personnes, selon le mobile,  Canada, 2000 à 2010

1. Comprend l'euthanasie ou le suicide assisté, le règlement de comptes, le recel, les crimes motivés par la haine, la violence sexuelle, la crainte d'être appréhendé et les autres mobiles.
Note : Les homicides commis par des partenaires intimes désignent les homicides perpétrés par des personnes mariées, séparées et divorcées, des conjoints et conjointes de fait, des partenaires amoureux (actuels et anciens) et d'autres partenaires intimes. Comprend des victimes de 15 ans et plus. Les homicides commis par d'autres personnes désignent les homicides perpétrés par d'autres membres de la famille (parents, enfants, frères et sœurs, et membres de la famille élargie), des amis, des connaissances, des voisins, des symboles d'autorité, des associés, des personnes associées à des fins criminelles, des étrangers et d'autres personnes. Comprend des victimes de tous les âges. Exclut les homicides pour lesquels l'âge ou le sexe de la victime était inconnu et pour lesquels le lien de l'auteur présumé avec la victime était inconnu.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, Enquête sur les homicides.

Un autre mobile fréquent des homicides entre partenaires intimes et des homicides sur d'autres personnes était la frustration, la colère ou le désespoir; ce mobile était toutefois plus courant dans les homicides entre partenaires intimes (25 % par rapport à 17 % des homicides sur d'autres personnes). Les auteurs présumés d'homicides sur d'autres personnes étaient plus susceptibles de tuer pour profiter financièrement (9 %) ou par vengeance (7 %). Les mobiles des homicides entre conjoints et entre partenaires amoureux présentent généralement plus de similarités que de différences. Cependant, les auteurs présumés ayant tué un conjoint étaient un peu plus susceptibles que ceux ayant tué un partenaire amoureux d'avoir comme mobile la frustration et la colère (26 % par rapport à 22 %).

Les victimes masculines d'homicides sont plus susceptibles que les victimes féminines d'être les premières à utiliser ou à menacer d'utiliser la violence

Dans certains homicides survenus au cours des 10 dernières années, la victime était la première à avoir recours ou à menacer d'avoir recours à la violenceNote 20. Selon les enquêtes policières, cela s'appliquait plus souvent aux homicides sur des personnes autres qu'un partenaire intime, 17 % des victimes de ces homicides ayant entamé l'affaire de violence qui a abouti à leur mort, comparativement à 12 % des victimes d'homicides entre partenaires intimes. Tant pour les homicides entre partenaires intimes que pour les autres homicides, les victimes de sexe masculin étaient beaucoup plus susceptibles que les victimes de sexe féminin d'être les premières à utiliser ou à menacer d'utiliser la force. À titre d'exemple, 33 % des hommes victimes d'homicides entre partenaires intimes avaient amorcé la violence, comparativement à 6 % des femmes victimes. Parmi les victimes d'homicides entre partenaires intimes, les conjoints étaient plus susceptibles que les partenaires amoureux d'être les premiers à avoir recours ou à menacer d'avoir recours à la violence (14 % par rapport à 8 %).

Taux de classement des affaires de violence entre partenaires intimes en comparaison de ceux des affaires de violence contre d'autres personnes

Des accusations officielles sont plus souvent portées dans les affaires de violence entre partenaires intimes que dans les affaires de violence à l'endroit d'autres personnes

La décision de communiquer avec la police est personnelle et est souvent fondée sur le besoin de sécurité personnelle et de protection (Brennan, 2011; Perreault et Brennan, 2010). Dans les cas où la police avait été contactée, des accusations étaient plus souvent portées ou recommandées dans les affaires de violence entre partenaires intimes (68 %) que dans les affaires de violence à l'endroit d'autres personnes (38 %)Note 21. Cette différence pourrait être attribuable au fait que la violence entre partenaires intimes a tendance à être plus grave, comme en témoigne la plus grande fréquence des blessures corporelles et du recours à la force physique. Elle pourrait aussi être tributaire des politiques favorables à l'inculpationNote 22 pour les affaires de violence conjugale qui ont été mises en œuvre au cours des années 1980 (Garner et Maxwell, 2009).

En 2010, les affaires de violence à l'endroit d'autres personnes étaient plus souvent classées sans mise en accusation que les affaires de violence entre partenaires intimes (29 % par rapport à 19 %). Le plus souvent, des accusations n'étaient pas déposées parce que le plaignant avait refusé d'en faire porter (15 % des affaires de violence à l'endroit d'autres personnes et 9 % de celles entre partenaires intimes) ou parce que la police avait utilisé son pouvoir discrétionnaire (10 % des affaires de violence à l'endroit d'autres personnes et 5 % de celles entre partenaires intimes).

Dans les affaires de violence entre partenaires intimes, les taux de classement ont tendance à varier selon le sexe de la victime. Ainsi, des accusations étaient plus fréquentes dans les affaires de violence entre partenaires intimes lorsque la victime était une femme (71 %) que lorsqu'elle était un homme (57 %). Il n'y avait pratiquement aucune différence entre les proportions d'affaires de violence conjugale et de violence entre partenaires amoureux qui ont entraîné le dépôt ou la recommandation du dépôt d'accusations (70 % par rapport à 67 %) (tableau 2.6).

Tendances et caractéristiques régionales de la violence entre partenaires intimes en comparaison de la violence à l'endroit d'autres personnes

Les homicides entre partenaires intimes sont toujours en baisse

Il est important de surveiller l'évolution des taux de violence entre partenaires intimes pour élaborer et évaluer des politiques et des programmes visant à prévenir ou à prendre en main la violence entre partenaires intimes. Les variations annuelles observées dans les données déclarées par la police peuvent représenter à la fois des changements réels de la fréquence de la violence entre partenaires intimes et des changements de la volonté des victimes à signaler les affaires de violence à la police. Les données de l'ESG révèlent que la proportion d'affaires de violence conjugale qui ont été signalées à la police est passée de 28 % en 2004 à 22 % en 2009 (Brennan, 2011). Des problèmes relatifs à la déclaration sont moins marqués pour les affaires d'homicide et, par conséquent, les variations des taux d'homicides peuvent être considérées comme un baromètre fiable des tendances de la violence entre partenaires intimes (Nivette, 2011; Gannon et autres, 2005).

À l'instar des taux d'homicides en général, les taux d'homicides entre partenaires intimes suivent une tendance générale à la baisse depuis 20 ans. Les taux enregistrés en 2010 étaient plus de la moitié des taux observés en 1991 et ils étaient de 20 % inférieurs à ceux constatés il y a 10 ans. La diminution s'est produite tant pour les homicides entre conjoints que pour ceux entre partenaires amoureux. Le recul des taux d'homicides entre partenaires intimes était supérieur aux baisses notées pour les homicides sur des membres de la famille autres que des conjoints, des amis, des connaissances et des étrangers.

Cette tendance à la baisse des homicides entre partenaires intimes était grandement attribuable aux fortes diminutions des homicides sur des partenaires intimes de sexe féminin (graphique 2.10). Depuis 20 ans, le taux des homicides sur des partenaires intimes de sexe féminin, lesquels représentent la majorité des homicides entre partenaires intimes, est passé de 10,5 pour 1 million en 1991 à 4,4 pour 1 million en 2010. Le taux de ces homicides sur des hommes a fluctué au fil du temps, mais a fléchi d'environ 30 %.

Graphique 2.10
Victimes d'homicides entre partenaires intimes, selon le sexe de la victime, 1991 à 2010

Tableau de données du graphique 2.10

Graphique 2.10 Victimes d'homicides  entre partenaires intimes, selon le sexe de la victime, 1991 à 2010

Note : Les taux sont calculés pour 1 million d'habitants. Les chiffres de population sont fondés sur des estimations au 1er juillet fournies par la Division de la démographie de Statistique Canada. Les partenaires intimes comprennent les personnes mariées, séparées et divorcées, les conjoints et conjointes de fait et les partenaires amoureux (actuels et anciens). Un petit nombre d'homicides entre partenaires amoureux âgés de moins de 15 ans a été exclu du calcul des taux. Les données sur les homicides entre partenaires amoureux ne sont pas disponibles avant 1991. L'Enquête sur les homicides a été révisée et élargie en 1991 afin de répondre aux besoins changeants en matière d'information. Exclut les homicides pour lesquels l'âge ou le sexe de la victime était inconnu.
Source : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, Enquête sur les homicides.

Les homicides entre conjoints suivent une tendance générale à la baisse, tout comme les homicides entre partenaires intimes. Plus précisément, le taux d'homicides entre conjoints est en baisse générale depuis deux décennies, ce taux ayant reculé de 53 % depuis 20 ans et de 17 % par rapport à l'an 2000 (tableau 2.7). Les taux globaux d'homicides entre conjoints sont toutefois demeurés stables en 2010, n'ayant pas varié en quatre ans. Même si les taux d'homicides entre partenaires amoureux ont fluctué annuellement, ils sont généralement plus faibles qu'ils étaient avant, comme les taux d'homicides entre conjoints (tableau 2.8).

Les provinces des Prairies enregistrent les taux les plus élevés de violence entre partenaires intimes

Sur le plan géographique, les taux de violence entre partenaires intimes ont tendance à tracer la même courbe que les taux de crimes violents en général. Par exemple en 2010, les taux d'affaires de violence entre partenaires intimes déclarées par la police dans les territoires étaient beaucoup plus élevés que ceux enregistrés par les provinces; les taux des territoires étaient au moins trois fois supérieurs à la moyenne nationale. À l'échelon provincial, le Manitoba et la Saskatchewan ont connu les plus forts taux globaux de violence entre partenaires intimes, y compris les homicides entre partenaires intimes (tableau 2.9; tableau 2.10). Cette constatation valait tant pour les victimes masculines que pour les victimes féminines. Toutefois, la Saskatchewan était la seule province où le taux d'homicides sur des partenaires intimes de sexe masculin dépassait le taux d'homicides sur des partenaires intimes de sexe féminin. L'Ontario, le Québec et l'Île-du-Prince-Édouard ont connu les plus faibles taux de violence entre partenaires intimes.

Thunder Bay affiche le plus fort taux de violence entre partenaires intimes

Il est possible, pour la première fois, d'examiner les variations des affaires de violence entre partenaires intimes selon la région métropolitaine de recensement (RMR) (tableau 2.11)Note 23, Note 24. De façon générale, les RMR présentaient des taux moins élevés de violence entre partenaires intimes que les autres régions, qui comprennent les petites villes, les villages et les régions rurales. Il y avait, en moyenne, 294 victimes de violence entre partenaires intimes pour chaque tranche de 100 000 habitants dans les RMR, comparativement à 542 victimes pour 100 000 habitants dans les autres régions.

En 2010, toutes les RMR du Québec et de l'Alberta ont enregistré des taux en deçà de la moyenne nationale de 363 victimes pour 100 000 habitants. Le taux de violence entre partenaires intimes le moins élevé au pays, toutefois, a été signalé par Ottawa, suivie de Sherbrooke, de Barrie et de Saguenay. Thunder Bay a connu le plus fort taux de violence entre partenaires intimes, alors que Regina et Saskatoon ont contribué au taux élevé observé en Saskatchewan en déclarant les deuxième et cinquième taux en importance parmi les RMR.

On a noté des similarités entre les régions pour ce qui est des taux de violence entre partenaires intimes et des taux de violence à l'endroit d'autres personnes. Même s'il existe des variations du classement exact des taux des RMR les plus faibles aux taux les plus élevés, les mêmes RMR affichaient les plus forts taux de violence, que cette violence ait été perpétrée par un partenaire intime ou une autre personne.

Résumé

La violence entre partenaires intimes est plus courante que la violence familiale non conjugale, de même que la violence aux mains d'un étranger. La violence entre partenaires intimes diffère aussi des autres formes de crimes violents, puisque les victimes sont plus souvent des femmes. Les victimes de violence entre partenaires intimes sont aussi proportionnellement plus nombreuses que les autres victimes de crimes violents à avoir été agressées pendant leur enfance.

La violence déclarée par la police est plus grave dans les cas où la victime est un partenaire intime, ces victimes faisant plus souvent l'objet de voies de fait que les victimes de violence aux mains d'autres personnes. Elles subissent également des blessures corporelles plus souvent par suite de la violence que les victimes de violence aux mains d'autres personnes. Ces facteurs, ainsi que les politiques favorables à l'inculpation, peuvent expliquer en partie le taux plus élevé d'accusations criminelles portées ou recommandées contre un auteur présumé qui est un partenaire que contre les autres types d'auteurs présumés de crimes violents.

Compte non tenu de ces différences, les tendances et les variations régionales de la violence entre partenaires intimes sont en général semblables à celles de la violence à l'endroit d'autres personnes. À titre d'exemple, les taux d'homicides entre partenaires intimes et d'homicides sur d'autres personnes ont tous les deux fléchi depuis 20 ans. À l'échelon régional, les taux de violence entre partenaires intimes et de violence à l'endroit d'autres personnes étaient les plus élevés dans les territoires, suivis des provinces des Prairies.

Tableaux de données détaillés

Tableau 2.1 Victimes d'un crime violent déclaré par la police, selon le sexe de la victime et le lien de l'auteur présumé avec celle-ci, Canada, 2010

Tableau 2.2 Victimes de violence conjugale déclarée par la police, selon le sexe et le groupe d'âge de la victime, Canada, 2010

Tableau 2.3 Victimes de violence entre partenaires amoureux, affaires déclarées par la police, selon le sexe et le groupe d'âge de la victime, Canada, 2010

Tableau 2.4 Victimes de violence aux mains de partenaires intimes et d'autres personnes, affaires déclarées par la police, selon le sexe de la victime et le type d'infraction, Canada, 2010

Tableau 2.5 Victimes de violence aux mains de partenaires intimes et d'autres personnes, affaires déclarées par la police, selon l'arme la plus dangereuse sur les lieux de l'affaire, Canada, 2010

Tableau 2.6 Victimes de violence entre partenaires intimes déclarée par la police, selon l'état de classement des affaires et le type de relation entre les partenaires intimes, Canada, 2010

Tableau 2.7 Victimes d'homicides entre conjoints, selon le sexe, Canada, 1991 à 2010

Tableau 2.8 Victimes d'homicides entre partenaires amoureux, selon le sexe, Canada, 1991 à 2010

Tableau 2.9 Victimes de violence aux mains de partenaires intimes et d'autres personnes, affaires déclarées par la police, selon la province et le territoire, 2010

Tableau 2.10 Victimes d'homicides entre partenaires intimes, selon le sexe de la victime et la province et le territoire, 2000 à 2010

Tableau 2.11 Victimes de violence entre partenaires intimes, affaires déclarées par la police, selon le sexe de la victime et la région métropolitaine de recensement, 2010

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Notes

  • E à utiliser avec prudence
  1. En 1993, Statistique Canada a réalisé l'Enquête sur la violence envers les femmes, dans laquelle on interrogeait les femmes sur leurs expériences de victimisation aux mains d'un conjoint. Les rapports d'analyse comprenaient le suivant : Karen Rodgers, 1994, « Résultats d'une enquête nationale sur l'agression contre la conjointe », Juristat,vol. 14, no 9, produit no 85-002-X au catalogue de Statistique Canada.
  2. Avant cette année, le rapport La violence familiale au Canada : un profil statistique portait généralement sur la violence entre conjoints. D'autres types de relations intimes étaient exclus.
  3. L'analyse des données du Programme de déclaration uniforme de la criminalité fondé sur l'affaire (DUC 2) vise les victimes de 15 à 89 ans. Les victimes de 90 ans et plus ont été exclues en raison de la possibilité que les affaires pour lesquelles l'âge était inconnu aient été classées incorrectement dans cette catégorie d'âge.
  4. Les affaires de violence entre partenaires amoureux excluent celles dont les victimes avaient moins de 15 ans. Les victimes de violence entre partenaires amoureux qui avaient entre 12 et 14 ans représentaient 1 % des victimes de ces crimes. Pour obtenir de plus amples renseignements, voir l'encadré 2.3 « La violence contre des partenaires amoureux âgés de 12 à 14 ans ».
  5. Les données de l'Enquête sociale générale (ESG) provenant des Territoires du Nord-Ouest, du Yukon et du Nunavut ont été recueillies selon une méthode différente et sont donc exclues de l'analyse. Pour obtenir une analyse détaillée de la violence conjugale autodéclarée, voir Brennan, 2011.
  6. Le risque de violence dans le cadre de fréquentations est plus élevé en dépit du fait que le taux de ces affaires est sous-estimé. Cette sous-estimation découle de l'utilisation d'une population de taille exagérée dans le calcul des taux, c'est-à-dire que le taux de violence entre partenaires amoureux est basé sur la population entière des personnes non mariées, qu'elles aient un partenaire amoureux actuel ou ancien ou non. Pour obtenir de plus amples renseignements, voir l'encadré 2.1 « Comment la violence entre partenaires intimes est mesurée ».
  7. Dans le Programme DUC 2, cette catégorie est définie de la façon suivante : une personne avec qui la victime a eu une relation sexuelle ou pour laquelle la victime avait une attirance sexuelle, qui était réciproque, mais à laquelle aucun des autres types de relation ne s'applique.
  8. Les données démographiques sur les personnes séparées ont été rendues disponibles en 2007. Par conséquent, l'analyse des données sur les homicides, qui porte sur 10 années de données, exclut les personnes séparées de la population des personnes non mariées.
  9. Des études antérieures ont montré que les taux de violence entre partenaires amoureux calculés en utilisant la population des personnes non mariées subissent l'effet des tendances propres à l'âge des unions conjugales (Hotton Mahony, 2010). Plus précisément, les personnes plus jeunes sont proportionnellement moins nombreuses que les personnes plus âgées à être mariées, puisque les adultes plus âgés sont plus susceptibles de se marier ou de vivre en union libre. Par conséquent, la proportion de personnes non mariées est plus élevée chez les jeunes adultes que chez les adultes plus âgés.
  10. Les données proviennent du cycle de l'Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes mené en 1998-1999. Il n'existe pas de données plus récentes à l'échelon national.
  11. Exclut la ville de Montréal en raison de l'indisponibilité des données sur le classement des affaires pour 2010.
  12. L'analyse est fondée sur les victimes de violence conjugale, y compris les personnes mariées, séparées et divorcées, et les conjoints de fait et ex-conjoints de fait. L'information sur les antécédents de violence entre partenaires amoureux n'est pas recueillie dans le cadre de l'Enquête sur les homicides.
  13. L'analyse est fondée sur les homicides commis par un seul auteur présumé.
  14. Les données de l'ESG provenant des Territoires du Nord-Ouest, du Yukon et du Nunavut ont été recueillies selon une méthode différente et sont donc exclues de l'analyse.
  15. Sauf indication contraire, les différences sont statistiquement significatives à p < 0,05.
  16. La violence conjugale comprend les actes de violence entre conjoints en droit et de fait actuels et anciens. Les partenaires amoureux sont exclus.
  17. Les données sur la violence pendant la grossesse ne sont pas saisies dans le Programme DUC 2.
  18. L'ESG sur la victimisation comporte un module contenant des questions sur les expériences de violence conjugale des répondants. Les victimes de violence entre partenaires amoureux sont exclues. Les données des Territoires du Nord-Ouest, du Yukon et du Nunavut sont exclues.
  19. Comprend seulement les victimes de violence conjugale qui avaient au moins un enfant. Ces données excluent un petit nombre d'incidents dans lesquels la victime a indiqué qu'elle avait fait l'objet de violence aux mains d'un conjoint actuel ainsi que d'un ex-conjoint. Les données des Territoires-du-Nord-Ouest, du Yukon et du Nunavut sont exclues.
  20. L'information est fondée sur les homicides pour lesquels on connaissait les détails de l'interaction entre l'auteur présumé et la victime, ceux-ci représentant 56 % des homicides entre partenaires intimes et 71 % des homicides sur d'autres personnes.
  21. Exclut la ville de Montréal en raison de l'indisponibilité des données sur le classement des affaires.
  22. En raison des politiques favorables à l'inculpation, le dépôt d'accusations est de rigueur lorsqu'il y a suffisamment de preuves pour déterminer qu'il y a eu une affaire de violence conjugale, que la victime soit d'accord ou non. Cette mesure transfert la responsabilité de la décision de porter des accusations de la victime à la police ou à l'avocat de la Couronne.
  23. On ne peut examiner les taux de violence conjugale et de violence entre partenaires amoureux selon la région métropolitaine de recensement (RMR), étant donné que les chiffres de population pour les conjoints et les personnes non mariées ne sont pas produits à l'échelon de la RMR.
  24. Une RMR est composée d'une ou de plusieurs municipalités voisines situées autour d'un grand noyau urbain. Une RMR doit compter au moins 100 000 habitants, dont au moins 50 000 vivent dans le noyau urbain. Pour faire partie de la RMR, les municipalités adjacentes doivent être fortement intégrées à la région urbaine centrale, le degré d'intégration étant mesuré par le débit de la migration quotidienne calculé à partir des données du recensement. Une RMR est normalement desservie par plus d'un service de police.
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