2006
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En 2006, 354 617 bébés sont nés au Canada, soit le nombre de naissances le plus élevé depuis 1996 (366 200) et la croissance annuelle la plus forte (3,6 %) depuis 1989 (4,2 %).
Au cours des 20 dernières années, le nombre de naissances a connu des fluctuations à la hausse et à la baisse (graphique 1). Après avoir atteint un sommet en 1990, le nombre de naissances a chuté de façon constante tout au long de la décennie des années 1990. En 2000, près de 328 000 naissances ont été enregistrées, le niveau le plus faible depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. De façon générale depuis 2001 (sauf 2002), on assiste à une reprise des naissances avec une tendance à la hausse du nombre de naissances.
De 2005 à 2006, le nombre de naissances a augmenté dans toutes les provinces et les territoires, sauf la Nouvelle-Écosse et les Territoires du Nord-Ouest (tableau 1). Les variations les plus fortes à la moyenne nationale ont été enregistrées au Territoire du Yukon (13,8 %), en Alberta (7,4 %), au Québec (7,3 %), au Nunavut (6,9 %) et à l’Île-du-Prince-Édouard (5,4 %). Cependant, ce sont le Québec et l’Alberta qui ont contribué le plus à l’augmentation totale des naissances, soit 70 % de ce total.
| Lieu de résidence de la mère | 2005 | 2006 | Variation | |
|---|---|---|---|---|
| nombre | pourcentage | |||
| Canada | 342 176 | 354 617 | 12 441 | 3,6 |
| Terre-Neuve-et-Labrador | 4 501 | 4 542 | 41 | 0,9 |
| Île-du-Prince-Édouard | 1 340 | 1 413 | 73 | 5,4 |
| Nouvelle-Écosse | 8 557 | 8 485 | -72 | -0,8 |
| Nouveau-Brunswick | 6 892 | 7 030 | 138 | 2,0 |
| Québec | 76 346 | 81 937 | 5 591 | 7,3 |
| Ontario | 133 760 | 135 595 | 1 835 | 1,4 |
| Manitoba | 14 145 | 14 565 | 420 | 3,0 |
| Saskatchewan | 11 967 | 12 288 | 321 | 2,7 |
| Alberta | 42 110 | 45 229 | 3 119 | 7,4 |
| Colombie-Britannique | 40 827 | 41 729 | 902 | 2,2 |
| Territoire du Yukon | 320 | 364 | 44 | 13,8 |
| Territoiries du Nord-Ouest | 712 | 687 | -25 | -3,5 |
| Nunavut | 699 | 747 | 48 | 6,9 |
L’indice synthétique de fécondité (ISF) sert à estimer le nombre moyen d’enfants qu’une femme pourrait s’attendre à avoir au cours de sa vie, d’après les taux de fécondité par âge pour une année donnée. Il s’agit d’une mesure transversale qui n’est pas affectée par les variations dans la taille de la population ou la structure par âge, ce qui permet d’établir des comparaisons d’une année à l’autre.
En 2006, l’indice synthétique de fécondité était de 1,59 enfants par femme au Canada, soit une augmentation par rapport à l’année précédente (1,54) (graphique 2). Il s’agit de l’ISF le plus élevé enregistré depuis 1996 (1,62) mais qui se situe bien en dessous du seuil de remplacement des générations (2,1). Ce seuil représente le niveau qu’il faut maintenir pour remplacer la population en l’absence de migration. La dernière année au cours de laquelle l’indice synthétique de fécondité a dépassé le seuil de remplacement des générations était 1971 1 .
En 2006, le Nunavut, où la population est la plus jeune au Canada, avait la fécondité la plus forte du pays avec un ISF de 2,84 enfants par femme, assurant ainsi le remplacement des générations. À l’opposé, c’est à Terre-Neuve-et-Labrador, où la population est l’une des plus vieilles au Canada, que l’on observe un ISF le moins élevé avec 1,38 enfants par femme.
D’autres provinces affichaient un ISF inférieur à la moyenne nationale, soit la Nouvelle-Écosse (1,40), la Colombie-Britannique (1,41), le Nouveau-Brunswick (1,46) et l’Ontario (1,52). La Saskatchewan était la province où la fécondité y était la plus élevée avec un nombre moyen d’enfants par femme de 1,92.
Suivant de très près l’évolution des naissances, l’ISF a diminué tout au long des années 1990 pour ensuite amorcer une tendance à la hausse à partir de 2001. La baisse de l’ISF (et, par conséquent, du nombre de naissances) en 2000 et la reprise soudaine en 2001 pourraient être liées au désir d’avoir un bébé au cours de la première année du nouveau millénaire, étant donné une augmentation du nombre de mariages au cours de l’année 2000 2 .
De 2005 à 2006, l’ISF a augmenté dans toutes les provinces et les territoires sauf dans les Territoires du Nord-Ouest.
Au cours des vingt dernières années, l’âge moyen des femmes qui ont donné naissance à un enfant a augmenté de façon constante. Il est passé ainsi de 27,0 ans en 1986 à 29,3 ans en 2006.
De 2005 à 2006, tous les taux de fécondité par groupe d’âge (sauf celui de 45 à 49 ans) ont affiché une hausse. Les variations des taux de fécondité selon la province et les territoires diffèrent d’une région à l’autre. Cependant, dans toutes les provinces les taux de fécondité des femmes dans la trentaine ont augmenté entre 2005 et 2006.
Au cours de la période de vingt ans, on a assisté à des changements importants dans l’évolution des taux de fécondité par groupe d’âge au Canada (graphique 3). La tendance qu’ont les femmes de retarder la maternité est manifeste lorsqu’on analyse les taux de fécondité par âge 3 . En effet, la fécondité des femmes âgées de 30 à 34 ans a dépassé celle des femmes âgées de 20 à 24 ans en 1989 et ensuite celle des femmes âgées de 25 à 29 ans en 2006. En examinant les taux de fécondité par région géographique pour l’année 2006, on peut voir que la fécondité des femmes de 30 à 34 ans a surpassé celle des femmes de 25 à 29 ans seulement en Ontario, en Colombie-Britannique, dans le Territoire du Yukon et en Nouvelle-Écosse. Pour les autres provinces et territoires, même si il y a eu une augmentation de la fécondité chez les femmes dans la trentaine, le groupe d’âge où le taux de fécondité était le plus élevé demeure chez celui des femmes âgées de 25 à 29 ans.
De 1986 à 2006, on assiste à un déclin du taux de fécondité des femmes canadiennes dans la vingtaine, alors que celui des femmes âgées dans la trentaine ne cesse d’augmenter. L’écart se rétrécit de plus en plus entre le taux de fécondité des femmes âgées de 20 à 24 ans et celui des femmes âgées de 35 à 39 ans.
Deux facteurs pourraient expliquer les augmentations du nombre de naissances ces dernières années : la hausse du nombre de femmes en âge de procréer et/ou une augmentation des taux de fécondité.
Lorsque l’on applique les taux de fécondité par âge (TFA) de 2005 à la population féminine de 2006 (tableau 2), il est possible d’estimer la part de l’augmentation des naissances en 2006 attribuables aux variations de la taille de la population par rapport aux variations du taux de fécondité.
| Groupe d'âge | TFA 2005 1 | Population féminine 2006 | Naissance attendu 2 | TFA 2006 1 | Variation 3 |
|---|---|---|---|---|---|
| 15 à 19 | 13,4 | 1 058 976 | 14 190 | 13,7 | 0,3 |
| 20 à 24 | 50,4 | 1 104 984 | 55 721 | 51,1 | 0,7 |
| 25 à 29 | 97,3 | 1 106 368 | 107 613 | 98,5 | 1,2 |
| 30 à 34 | 97,4 | 1 103 287 | 107 497 | 100,9 | 3,5 |
| 35 à 39 | 42,1 | 1 171 444 | 49 306 | 44,9 | 2,8 |
| 40 à 44 | 7,1 | 1 344 766 | 9 575 | 7,4 | 0,3 |
| 45 à 59 | 0,3 | 1 339 495 | 426 | 0,3 | 0,0 |
| Total | 344 328 |
Si les taux de fécondité selon l’âge n’avaient pas changé entre 2005 et 2006, le nombre de naissances en 2006 aurait été de 344 328 (tableau 2), soit 2 152 naissances de plus qu’en 2005. Hors, l’augmentation totale entre 2005 et 2006 a été beaucoup plus forte soit de 12 441 naissances. Les 10 289 naissances supplémentaires peuvent par conséquent être attribuées à des variations dans la fécondité.
La période qui s’est écoulée entre la fin de la Deuxième Guerre mondiale et le milieu des années 1960 a été marqué par une hausse importante des taux de fécondité chez les femmes en âge de procréer, ce qui a donné lieu à un baby-boom.
En 1947, l’ISF se situait à 3,6 enfants par femme, le niveau le plus élevé depuis 1921 4 . Le nombre de naissances se chiffrait à 372 600 en 1947, et le taux brut de natalité se situait à 28,9 pour 1 000 habitants (graphique 4).
Au sommet du baby-boom, en 1959, le nombre annuel de naissances dépassait 479 000, soit le nombre le plus élevé enregistré depuis que des statistiques de l’état civil comparables à l’échelle du Canada ont été compilées pour la première fois en 1921.
Le nombre annuel de naissances est demeuré élevé pendant quelques années, puis a commencé à diminuer de façon marquée à partir de 1964. Cette période de natalité relativement faible est connue comme la période du « baby-bust », qui a duré environ dix ans, jusqu’au milieu des années 1970.
Le premier « écho » du baby-boom était attendu au milieu des années 1970, soit environ 25 ans après le début du baby-boom. Toutefois, même si on a noté une augmentation appréciable du nombre de naissances de 1974 à 1975, les hausses ont été relativement modestes les années suivantes. Ce n’est qu’à la fin des années 1980 (1988 à 1990) qu’on a noté une hausse substantielle du nombre de naissances (graphique 4).
Entre 1988 et 1995, le Canada a traversé une période évidente d’écho du baby-boom, quand la génération du baby-boom a eu un nombre important d’enfants. Le nombre de naissances a atteint un sommet de 405 486 en 1990. Par la suite, le nombre annuel de naissances a diminué, chutant à 327 882 en 2000, ce qui est inférieur au nombre le plus faible enregistré pendant la période du baby-bust.
Au cours des six dernières années, le Canada a connu une tendance à la hausse du nombre de naissances. Une partie de l’augmentation récente des naissances pourrait s’expliquer par le fait qu’à l’heure actuelle, de nombreuses femmes de la génération de l’écho du baby-boom ont atteint les âges de la reproduction et par l’augmentation de leur taux de fécondité.
Le faible taux de natalité est un phénomène que le Canada a en commun avec de nombreux pays. L’augmentation du nombre de naissances au Canada est comparable aux tendances enregistrées dans plusieurs autres pays de faible taux de natalité, qui ont aussi connu une hausse de la fécondité ces dernières années (tableau 3).
Entre 2004 et 2006, la République Tchèque, la Grèce, la Suède, la France et la Norvège sont des pays qui ont affiché une augmentation de l’indice synthétique de fécondité supérieure à celle du Canada.
| Pays | 2004 | 2005 | 2006 |
|---|---|---|---|
| République Tchèque | 1,23 | 1,28 | 1,33 |
| Espagne | 1,33 | 1,35 | 1,38 |
| Grèce | 1,30 | 1,33 | 1,39 |
| Canada | 1,53 | 1,54 | 1,59 |
| Australie | 1,77 | 1,81 | 1,81 |
| Danemark | 1,78 | 1,80 | 1,83 |
| Royaume-Uni | 1,78 | 1,80 | 1,84 |
| Suède | 1,76 | 1,77 | 1,85 |
| Norvège | 1,83 | 1,84 | 1,90 |
| France | 1,92 | 1,94 | 2,00 |
Le nombre de mortinaissances (ou morts foetales) au Canada s’établissait à 2 272 en 2006, une augmentation de 63 mortinaissances (2,9 %) par rapport à 2005.
Entre 2005 et 2006, les taux de mortinatalité sont restés stables à 6,4 pour 1 000 naissances totales (naissances vivantes et mortinaissances).
Depuis 1991, les taux de mortinatalité ont fluctué autour de 6,0 pour 1 000 naissances totales (graphique 5). Le taux le plus faible s’est établi à 5,6 en 1991, et le plus élevé, à 6,4, en 2003, 2005 et 2006. Cependant, le taux de mortinatalité tardive (morts foetales à 28 semaines de gestation ou plus) a atteint un sommet de 3,8 pour 1 000 en 1992 pour ensuite diminuer jusqu’à 3,0 en 2006.
Les taux de mortinatalité ont varié considérablement au Canada en 2006, allant de 4,0 pour 1 000 naissances totales au Québec à 12,9 pour 1 000 aux Territoires du Nord-Ouest (tableau 4). Quatre provinces et un territoire ont enregistré des taux de mortinatalité inférieurs à la moyenne canadienne : Québec, Île-du-Prince-Édouard, le Nouveau-Brunswick, la Saskatchewan et le Territoire du Yukon. Dans toutes les autres provinces et les territoires, les taux de mortinatalité étaient supérieurs à la moyenne nationale.
| Lieu de résidence de la mère | Mortinaissances (morts foetales) | |
|---|---|---|
| nombre | taux 1 | |
| Québec | 329 | 4,0 |
| île-du-Prince-Édouard | 6 | 4,2 |
| Nouveau-Brunswick | 34 | 4,8 |
| Territoire du Yukon | 2 | 5,5 |
| Saskatchewan | 77 | 6,2 |
| Canada | 2 272 | 6,4 |
| Alberta | 302 | 6,6 |
| Ontario | 950 | 7,0 |
| Terre-Neuve-et-Labrador | 32 | 7,0 |
| Manitoba | 112 | 7,6 |
| Colombie-Britannique | 334 | 7,9 |
| Nouvelle-Écosse | 76 | 8,9 |
| Nunavut | 9 | 11,9 |
| Territoires du nord-Ouest | 9 | 12,9 |