Feuillets d'information de la santé
Apnée du sommeil au Canada, 2016 et 2017

Date de diffusion : le 24 octobre 2018

L’apnée du sommeil est caractérisée par des apnées répétitives pendant le sommeil. Une apnée est une interruption complète de la respiration pendant au moins 10 secondes. Des études antérieures ont révélé que l’apnée du sommeil est associée à des maladies cardiovasculaires, à des maladies coronariennes et à d’autres maladies cardiaques, comme l’insuffisance cardiaque et l’arythmie cardiaqueNote 1 Note 2. D’autres maladies connues associées à l’apnée du sommeil comprennent l’obésité, le diabète et la dépressionNote 2 Note 3 Note 4. L’apnée du sommeil touche autant les hommes que les femmesNote 3 Note 4 et présente des répercussions personnelles, sociales et économiques qui touchent l’ensemble de notre système de santéNote 2 Note 3 Note 4.

L’Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) est une enquête bisannuel qui recueille des données sur les habitudes ayant une incidence sur la santé des Canadiens à l’aide d’un questionnaire auprès des ménages et de mesures physiques prises dans un centre d’examen mobile. L’ECMS de 2016 et de 2017 interrogeait les répondants sur des diagnostics antérieurs et des traitements de l’apnée du sommeil. Elle a également permis la collecte des réponses et des mesures physiques de plusieurs facteurs de risque connus pour l’apnée du sommeil. Les facteurs de risque sont fondés sur le questionnaire STOP-Bang, lequel est un acronyme pour Snoring (ronflement), Tiredness (fatigue), Observed apnea (apnée observée), blood Pressure (tension artérielle), Body mass index (indice de masse corporelle), Age (âge), Neck circumference (circonférence du cou) et Gender (sexe)Note 5 Note 6. Pour obtenir plus de renseignements sur le questionnaire STOP-Bang, consulter la section « Au sujet du questionnaire STOP-Bang ».

En 2016 et en 2017, 6,4 % des Canadiens ont déclaré avoir reçu un diagnostic de l’apnée du sommeil par un professionnel de la santé (graphique 1). Ce chiffre est plus élevé que les résultats obtenus lors de l’enquête de 2009, laquelle a observé une prévalence de l’apnée du sommeil autodéclarée de 3 % chez les adultes de 18 ans et plusNote 7.

L’apnée du sommeil autodéclarée différait selon l’âge et le sexe. Les personnes âgées (60 à 79 ans) étaient trois fois plus susceptibles de déclarer un diagnostic d’apnée du sommeil comparativement à leurs homologues plus jeunes. Les hommes étaient deux fois plus susceptibles que les femmes de déclarer avoir reçu un diagnostic. Ces tendances ont également été observées lors de l’enquête de 2009Note 7.

Graphique 1

Tableau de données du graphique 1
Tableau de données du graphique 1
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 1 . Les données sont présentées selon Âge (titres de rangée) et pourcent(figurant comme en-tête de colonne).
Âge pourcent
Ensemble 6,4
18 à 59 
ans
4,2
60 à 79 
ans
12,8Note *
Sexe
Hommes 8,8
Femmes 4,0Note E: à utiliser avec prudenceNote *

Les symptômes de l’apnée du sommeil diffèrent entre les hommes et les femmes

Les hommes et les femmes ont tendance à présenter des symptômes différents pour l’apnée du sommeil, lesquels peuvent expliquer en partie la différence de diagnostic entre les deux sexesNote 1 Note 3 Note 4.

Les hommes ont tendance à afficher des symptômes plus classiques comme le ronflement ou une difficulté à respirer comparativement aux femmesNote 2 Note 3 Note 4. En 2016 et en 2017, les hommes (20 %) étaient deux fois plus susceptibles de déclarer un ronflement suffisamment fort pour être entendu à travers une porte fermée comparativement aux femmes (10 %) (graphique 2). Les hommes (9 %) étaient trois plus susceptibles que les femmes (3 %) de déclarer que quelqu’un avait observé qu’ils cessaient de respirer pendant le sommeil. Ces résultats sont semblables à ceux obtenus aux États-UnisNote 8.

Graphique 2

Tableau de données du graphique 2
Tableau de données du graphique 2
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 2 Hommes et Femmes, calculées selon pourcent unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Hommes Femmes
pourcent
Ronfle fort 19,6 10,4Note *
Arrêt de la respiration observé 8,6 2.8Note E: à utiliser avec prudenceNote **
Fatigue 53,2 67,0Note **

Par contre, les femmes ont tendance à présenter des symptômes comme la fatigue ou l’insomnieNote 2 Note 3 Note 4. En 2016 et 2017, les femmes étaient plus susceptibles que les hommes de déclarer qu’elles se sentent souvent fatiguées, lasses ou somnolentes pendant la journée (graphique 2). Les femmes sont également plus susceptibles de déclarer des problèmes à s’endormir ou à rester endormies occasionnellement, souvent ou toujours (sans l’utilisation de somnifères) (graphique 3).

Graphique 3

Tableau de données du graphique 3
Tableau de données du graphique 3
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 3 Hommes et Femmes, calculées selon pourcent unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Hommes Femmes
pourcent
Jamais 35,3 26,1Note *
Rarement 32,4 20,7Note *
Parfois 19,9 25,6Note *
Souvent 8,2 16,6Note **
Toujours 4,2Note E: à utiliser avec prudence 10.9Note E: à utiliser avec prudenceNote *

D’autres facteurs, comme des différences dans la répartition du gras ou l’anatomie des voies respiratoires, peuvent également contribuer à la différence dans le diagnostic de l’apnée du sommeil entre les hommes et les femmesNote 1 Note 3 Note 4. Les femmes sont deux fois plus susceptibles que les hommes d’avoir un indice de masse corporelle élevé (IMC > 35 kg/m2) (graphique 4). Par contre, les hommes sont trois plus susceptibles d’avoir une circonférence de cou élevée (17 po pour les hommes ou 16 po pour les femmes).

Graphique 4

Tableau de données du graphique 4
Tableau de données du graphique 4
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 4 Hommes et Femmes, calculées selon pourcent unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Hommes Femmes
pourcent
Tension artérielle élevée 19,2 21,5
IMC élevé 5,1Note E: à utiliser avec prudence 12,5Note **
Circonférence du cou élevée 6,0Note E: à utiliser avec prudence 2,0Note E: à utiliser avec prudenceNote *

Une présentation de la variation des symptômes entre les hommes et les femmes souligne un sous-diagnostic potentiel de l’apnée du sommeil chez les femmes. Cette situation devient problématique sur le plan de la santé publique, en raison du risque plus élevé de maladie cardiovasculaire et d’autres maladies associées à l’apnée du sommeilNote 3. Des résultats antérieurs ont démontré que les Canadiens adultes qui ont déclaré avoir reçu un diagnostic de l’apnée du sommeil étaient plus susceptibles de déclarer avoir d’autres maladies comme le diabète, l’hypertension, une maladie cardiaque et des troubles de l’humeur (p. ex., une dépression)Note 7.

Un homme sur quatre à risque élevé de développer l’apnée du sommeil

En 2016 et 2017, près du tiers (30 %) des Canadiens adultes étaient considérés comme présentant un risque intermédiaire ou élevé d’apnée du sommeil selon l’outil STOP-BANG - 15 % étaient à risque élevé et 15 % à risque modéré (graphique 5).

Graphique 5

Tableau de données du graphique 5
Tableau de données du graphique 5
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 5 Risque faible, Risque modéré et Risque élevé, calculées selon pourcent unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Risque faible Risque modéré Risque élevé
pourcent
Ensemble 70,5 14,6 14,9
18 à 39 ans 91,5 Note F: trop peu fiable pour être publié 7,2
40 à 59 ans 61,3 19,3 19,4
60 à 79 ans 47,3 31,3 21,4
Hommes 58,5 17,0 24,6
Femmes 82,5 12,2 5,3Note E: à utiliser avec prudence

Les adultes âgés (40 à 79 ans) étaient à risque élevé d’apnée du sommeil comparativement à leurs plus jeunes contreparties (18 à 39 ans) (graphique 5). Un adulte sur cinq de 40 à 59 ans était à risque élevé ainsi qu’un quart des adultes de 60 à 79 ans. Moins de 10 % des jeunes adultes étaient à risque intermédiaire ou élevé.

Le risque global d’apnée du sommeil était supérieur chez les hommes que chez les femmes. Un homme sur quatre était considéré à risque élevé d’apnée du sommeil, ce qui était cinq fois plus élevé que chez les femmes dont une sur vingt était considérée à risque élevé.

Au sujet de STOP-BANG

Le questionnaire STOP-BANG Note 5 fait appel à une série de questionsNote 9 et de résultats de mesures physiques pour calculer le risque d’apnée du sommeil chez des adultes de 18 ans et plus.

Snoring (ronflement) - Est-ce que vous ronflez fort (suffisamment fort pour être entendu(e) à travers une porte fermée)?
Tired (fatigue) – Vous sentez-vous souvent fatigué(e), épuisé(e) ou somnolent(e) pendant la journée?
Observation – Quelqu’un a-t-il observé que vous arrêtiez de respirer ou que vous vous étouffiez ou que vous suffoquiez pendant votre sommeil?
Pressure (tension artérielle) – Souffrez-vous d’hypertension artérielle ou êtes-vous traité(e) pour ce problème?
Body mass index (indice de masse corporelle- IMC) – Indice de masse corporelle supérieure à 35 kg/m2?
Age (âge) – Âgé(e) de plus de 50 ans?
Neck circumference (circonférence du cou) – Taille du cou de 17 po ou plus pour les hommes ou de 16 po et plus pour les femmes?
Gender (sexe) – MasculinNote 6?

Les réponses positives aux questions ci-dessus sont alors utilisées pour établir le risque :
Risque faible – Oui à 0 à 2 questions
Risque intermédiaire – Oui à 3 à 4 questions
Risque élevé – Oui à 5 à 8 questions

  • OU oui à au moins 2 des 4 questions STOP + sexe masculin
  • OU oui à au moins 2 des 4 questions STOP + IMC > 35 kg/m2
  • OU oui à au moins 2 des 4 questions STOP + circonférence de cou 17 po pour les hommes ou ≥ 16 po pour les femmes

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