Insécurité alimentaire des ménages, 2011-2012

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La sécurité alimentaire d’un ménage est considérée comme réelle lorsque tous ses membres ont, à tout moment, accès à une nourriture saine et nutritive en quantité suffisante pour mener une vie saine et active1. L’insécurité alimentaire, quant à elle, se produit lorsque la qualité ou la quantité des aliments est compromise, situation qui découle habituellement de ressources financières limitées2.

L’insécurité alimentaire des ménages, qui est reconnue comme un problème important de santé publique au Canada, est liée à un ensemble de mauvais résultats au chapitre de la santé physique ou mentale, par exemple : état de santé autoévalué passable ou mauvais, de multiples problèmes de santé chroniques, détresse et dépression3,4,5,6,7.

En 2011-2012, dans le cadre de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC), on a recueilli des données nationales sur l’insécurité alimentaire des ménages, en mettant l’accent sur si les membres d’un tel ménage ont les moyens d’acheter la nourriture qu’ils ont besoin. Les questions sur l’insécurité alimentaire ont donné lieu à une mesure globale de l’insécurité alimentaire des ménages, ainsi qu’à des mesures distinctes pour les adultes et les enfants.

L’insécurité alimentaire « modérée » survient lorsque certains signes montrent que la qualité ou la quantité des aliments consommés est compromise. L’insécurité alimentaire « grave » se traduit par des signes d’une consommation alimentaire réduite et d’habitudes alimentaires perturbées.

En 2011-2012, 8,3 % des ménages, soit environ 1,1 millions ménages, étaient en situation d’insécurité alimentaire. Pour environ 5,8 % d’entre eux, l’insécurité alimentaire était modérée, et pour 2,5 %, elle était grave.

Les ménages monoparentaux affichaient les taux les plus élevés d’insécurité alimentaire

Les ménages monoparentaux affichaient l’incidence la plus élevée d’insécurité alimentaire de toutes les situations des particuliers dans le ménage, tant au niveau des mesures pour les adultes que de celles pour les enfants. Les couples sans enfants affichaient le taux d’insécurité le plus faible (voir le graphique 1).

Graphique 1

Description pour la graphique 1

Afin de mettre les choses en perspective, les parents seuls avec enfants constituaient le groupe le plus petit, soit 5,1 % de tous les ménages, mais représentaient 14,1 % de tous les ménages en situation d’insécurité alimentaire. Les personnes vivant seules constituaient le groupe le plus important, soit 27,8 % de tous les ménages, et représentaient aussi la proportion la plus forte de ménages en situation d’insécurité alimentaire, soit 38,2 %.

Les adultes protègent les enfants contre l’insécurité alimentaire

Pour toute disposition de vie avec enfants, le taux d’insécurité alimentaire des enfants était plus faible que celui des adultes. Il semble donc que, dans la majorité des ménages en situation d’insécurité alimentaire, les adultes protégeaient les enfants de cette insécurité dans une certaine mesure, ce qui a déjà été observé dans d’autres recherches8.

Les ménages avec enfants avaient les taux les plus élevés d’insécurité alimentaire

Les taux d’insécurité alimentaire des enfants étaient similaires entre les ménages comptant des enfants plus jeunes et ceux comptant des enfants plus âgés (entre 4,8 % et 5,1 %), tandis que les taux pour les adultes affichaient des différences, passant de 7,5 % dans les ménages sans enfants à 10,7 % dans les ménages avec enfants de moins de 6 ans. Cette variabilité des taux d’insécurité alimentaire des adultes, mise en relation avec la faiblesse et la stabilité relatives des taux des enfants, semble confirmer l’hypothèse mentionnée précédemment selon laquelle les adultes protègent les enfants de l’insécurité alimentaire, particulièrement les jeunes enfants.

Les jeunes et les femmes sont plus susceptibles de vivre dans des ménages en situation d’insécurité alimentaire

Dans tous les groupes d’âge (voir le graphique 2), le pourcentage de personnes vivant dans des ménages en situation d’insécurité alimentaire modérée était plus élevé que pour l’insécurité alimentaire grave.

Dans tous les groupes d’âge, la prévalence de l’insécurité alimentaire grave était similaire (2,0 % à 2,7 %), sauf pour le groupe des 65 ans et plus, où elle était plus faible, à 0,7 %. Le niveau d’insécurité alimentaire modérée n’était pas différent entre les groupes d’âge pour la tranche des 12 à 44 ans (avec un pic de 7,7 % pour les 20 à 34 ans), puis diminuait avec l’âge pour s’établir à 1,9 % dans le groupe des 65 ans et plus.

Graphique 2

Description pour la graphique 2

Les hommes (6,9 %) étaient moins susceptibles que les femmes (8,6 %) de vivre dans des ménages en situation d’insécurité alimentaire (voir le graphique 3) dans tous les groupes d’âge.

Graphique 3

Description pour la graphique 3

Sept provinces se situent au niveau de la moyenne nationale en ce qui a trait à l’insécurité alimentaire

Le taux d’insécurité alimentaire en Terre-Neuve-et-Labrador, au Québec, en Ontario, en Manitoba, en Saskatchewan, et au Colombie-Britannique était équivalent à la moyenne nationale alors que dans l’ensemble des autres provinces et territoires, il était supérieur à la moyenne. Le Nunavut affichait le taux le plus élevé d’insécurité alimentaire, soit 36,2 % des ménages.

Graphique 4

Description pour la graphique 4

Notes:

  1. Organisation des nations unies pour l’alimentation et agriculture. Sommet mondial de l’alimentation, Rome, Italie: FAO, 1996. Disponible à: www.fao.org/docrep/003/w3613f/w3613f00.htm.
  2. Tarasuk V.  Health implications of food insecurity.  In Social Determinants of Health: Canadian Perspectives, 2nd ed. Raphael, D., Ed.; Canadian Scholars’ Press Inc.: Toronto, 2009; Chapter 14.
  3. Ledrou I, Gervais J. Insécurité alimentaire. Rapports sur la santé. 2005 : 16(3) : 55-59. (Statistique Canada, no 82-003 au catalogue).
  4. Kirkpatrick SI, Tarasuk V. Food insecurity is associated with nutrient inadequacies among Canadian adults and adolescents. Journal of Nutrition 2008:138: 604–612.
  5. McIntyre L, Connor SK, Warren J. Child hunger in Canada: results of the 1994 National Longitudinal Survey of Children and Youth. Canadian Medical Association Journal 2000; 163(8):961-965.
  6. Che J, Chen J. L'insécurité alimentaire dans les ménages canadiens. Rapports sur la santé. 2001: 12(4):11-22. (Statistique Canada, no 82-003 au catalogue).
  7. Vozoris N, Tarasuk V. Household food insufficiency is associated with poorer health. Journal of Nutrition 2003; 133:120-126.
  8. Par exemple: McIntyre L, Glanville T, Raine KD, Anderson B, Battaglia N. Do low-income lone mothers compromise their nutrition to feed their children? Canadian Medical Association Journal 2003; 168(6):686-691.

Références:

Santé Canada. Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, cycle 2.2, Nutrition (2004) — Sécurité alimentaire liée au revenu dans les ménages canadiens.

Ledrou I, Gervais J. Insécurité alimentaire. Rapports sur la santé. 2005 : 16(3) : 55-59. (Statistique Canada, no 82-003 au catalogue).

Che J, Chen J. L.insécurité alimentaire dans les ménages canadiens. Rapports sur la santé. 2001: 12(4):11-22. (Statistique Canada, no 82-003 au catalogue).

Tableau de données

Tableaux CANSIM 105-0545, 105-0546, et 105-0547.

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