Coup d’oeil sur la santé

Cancer de l'ovaire : statistiques sur la survie

Statistique Canada, no 82-624-X
par Tanya Navaneelan et Lawrence Ellison

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Début de l'encadré

Faits saillants

  • Parmi les Canadiennes dont le diagnostic a été posé de 2006 à 2008, la survie relative au cancer de l’ovaire était plus faible que celle observée dans le cas d’autres cancers fréquents de l’appareil reproducteur féminin.
  • Les femmes ayant reçu un diagnostic de cancer de l’ovaire entre 2006 et 2008 avaient 45,0 % de probabilités de survivre cinq ans après le diagnostic par rapport aux femmes ayant des caractéristiques semblables, mais qui n’étaient pas atteintes de ce cancer.
  • Au fil du temps, la probabilité de survivre la première année après le diagnostic ne s’est pas améliorée autant que la probabilité de survivre trois ans, cinq ans et dix ans après le diagnostic.
  • La survie sur une période de cinq ans au cancer de l’ovaire des femmes plus jeunes, c’est-à-dire celles ayant reçu le diagnostic avant l’âge de 45 ans, était significativement supérieure à celle des femmes ayant reçu un tel diagnostic à un âge plus avancé.
  • Parmi les différents groupes d’âge, les femmes d’âge moyen (celles de 45 à 54 ans) affichaient l’amélioration la plus marquée de la survie à cinq ans en 1992-1994 et de 2006-2008.

Fin de l'encadré

Le cancer de l’ovaire se manifeste lorsqu’une tumeur invasive se développe dans l’un des trois types principaux de cellules qui constituent les ovaires. La majorité (environ 90 %) des cancers de l’ovaire prennent naissance dans les cellules épithéliales qui recouvrent la surface externe de l’ovaireNote 1.

Bien que les causes initiales du cancer de l’ovaire ne soient pas bien comprises, un certain nombre de facteurs peuvent accroître le risque qu’une femme en soit atteinte. Ces facteurs comprennent les antécédents familiaux de la maladie, le vieillissement, le fait de n’avoir jamais été enceinte et de n’avoir jamais pris de contraceptifs oraux, ainsi que des facteurs liés au mode de vie, comme le tabagisme et l’obésitéNote 1.

Le cancer de l’ovaire est le neuvième des cancers diagnostiqués les plus fréquemment chez les Canadiennes, et la cinquième principale cause de décès par cancer chez les femmes; de tous les cancers de l’appareil reproducteur féminin, il est celui dont le taux de mortalité est le plus élevé Note 2,Note 3,Note 4.

La mortalité traduit à la fois le nombre de cas d’un cancer et le pronostic après le diagnostic de ce cancer. Lorsqu’un cancer est diagnostiqué, le pronostic peut dépendre de plusieurs facteurs, dont le type de cancer, le type de tumeur, le stade au moment du diagnostic (p. ex. le fait que le cancer se soit propagé ou non) ainsi que la qualité et l’efficacité du traitement. En outre, l’âge de la personne, la présence d’autres maladies chroniques et les facteurs liés au mode de vie peuvent aussi avoir une incidence sur la survieNote 5.

Le présent article fournit des estimations de la survie relative des Canadiennes âgées de 15 à 99 ans qui ont reçu un diagnostic de cancer de l’ovaire. Ces estimations reposent sur les données provenant du Registre canadien du cancer. Les données de survie pour trois années sont combinées afin d’accroître la stabilité des estimations en réduisant la variation aléatoire.

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Mesure de la survie au cancer

La survie au cancer peut être mesurée de plusieurs façons. Le présent article s’appuie sur le ratio de survie relative (RSR), méthode commune d’estimation de la survie dans les études de population. Le RSR est une comparaison de la survie observée chez un groupe de personnes atteintes d’un cancer à la survie prévue chez les membres de la population générale que l’on suppose être exempts de cancer et présenter des caractéristiques semblables — dont le sexe, l’âge et la province de résidence — à celles du groupe atteint de cancer. Dans le présent article, le terme « survie » est synonyme de RSR. Les estimations de la survie peuvent être un indicateur important de la gravité d’un diagnostic de cancer, ainsi que des progrès en matière de traitement et de lutte contre le cancer au fil du tempsNote 6.

Les estimations de la survie sont présentées pour les années allant en 2006-2008 combinées (les plus récentes données disponibles). Ces estimations sont considérées comme étant prédictives, puisque l’on a appliqué la méthode d’analyse par période. Les données pour les périodes de 1992-1994 et celles de 1999-2001 sont utilisées pour les comparaisons historiques. Les estimations de la survie pour ces années ont été calculées en utilisant la méthode d’analyse de survie par cohorte, qui s’appuie sur la survie observée réelle d’une personne ayant reçu un diagnostic de cancerNote 7.

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La survie relative au cancer de l’ovaire est plus faible que celle observée pour tous les cancers combinés

Chez les CanadiennesNote 8 dont le diagnostic a été posé de 2006 à 2008, la survie (RSR) au cancer de l’ovaire était plus faible que celle observée pour tous les cancers combinés et que la survie aux autres cancers fréquents de l’appareil reproducteur féminin (cancers de l’utérus et du col de l’utérus) (graphique 1). La survie sur une période de cinq ans pour tous les cancers combinés chez les femmes était de 64,2 %, tandis que la survie au cancer de l’ovaire était de 45,0 %. Cela signifie que les femmes chez qui l’on avait diagnostiqué un type de cancer au cours de la période susmentionnée avaient 64,2 % des probabilités de survivre cinq ans après le diagnostic comparativement aux femmes présentant des caractéristiques semblables, mais non atteintes de cancer. Par ailleurs, les femmes ayant reçu un diagnostic de cancer de l’ovaire avaient 45,0 % de probabilités de survivre cinq ans après le diagnostic par rapport aux femmes ayant des caractéristiques semblables, mais qui n’étaient pas atteintes de ce cancer. Par comparaison, au cours de la même période, la survie à cinq ans au cancer du sein chez les femmes était de 87,5 % (données non présentées).

Graphique 1

Description du graphique 1

La plupart des femmes atteintes d’un cancer de l’ovaire encore en vie cinq ans après le diagnostic vivent probablement avec la maladie plutôt qu’en étant guériesNote 9. En fait, le cancer de l’ovaire est considéré, par certains spécialistes, comme une maladie chroniqueNote 9. La survie plus faible au cancer de l’ovaire est attribuable en partie au fait que la plupart des cas ne sont diagnostiqués qu’à un stade avancé, lorsque la tumeur s’est déjà étendue au-delà des ovairesNote 1. En outre, la localisation des ovaires dans l’organisme peut rendre le traitement difficileNote 10.

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Interprétation des chiffres de survie

Les estimations de la survie à l’échelle de la population représentent une moyenne pour la population d’intérêt. Elles ne sont pas destinées à prédire les probabilités de survie d’une personne en particulier. Les intervalles de confiance des estimations de la survie indiquent la variation statistique autour d’une estimation, et non la gamme de résultats possibles pour une personne atteinte de cancer.

En outre, les estimations de la survie décrivent l’expérience de survie des personnes dont le cancer a été diagnostiqué dans le passé et pourraient donc ne pas refléter les progrès récents en matière de détection ou de traitement susceptibles d’améliorer la survie au cancerNote 6.

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Le nombre de décès est plus élevé au cours de l’année suivant le diagnostic

Comme dans le cas de nombreux types de cancer, c’était au cours de la première année après le diagnostic (survie à un an) que la mortalité par cancer de l’ovaire était la plus élevée. Au moment du diagnostic, la survie est considérée comme étant de 100 %, puisque toutes les personnes atteintes sont toujours vivantes à ce moment. Le graphique 2 illustre le fait que la survie diminuait pour atteindre 75,3 % un an après avoir reçu le diagnostic. Cela signifie que les probabilités de survivre une année des femmes ayant reçu le diagnostic de cancer de l’ovaire de 2006 à 2008 étaient égales à 75,3 % des probabilités des femmes présentant des caractéristiques semblables, mais qui n’étaient pas atteintes de ce type de cancer.

Au cours des cinq premières années après le diagnostic (survie sur une période de cinq ans), la survie au cancer de l’ovaire diminuait graduellement pour tous les groupes d’âge combinés. Au cours de cette période, la survie a connu une baisse de 55,0 points de pourcentage. Cependant, après cinq ans, la survie demeurait relativement stable et ne diminuait que de 6,7 points de pourcentage de cinq à dix années après le diagnostic.

Graphique 2

Description du graphique 2

La survie au cancer de l’ovaire est meilleure chez les femmes plus jeunes

La survie variait aussi de manière considérable selon l’âge au moment du diagnostic (graphique 3). En général, les femmes ayant reçu le diagnostic à un âge moins avancé avaient une survie sur une période de cinq ans plus élevée que celle des femmes dans tous les groupes d’âge combinés (45,0 %). En particulier, la survie sur une période de cinq ans au cancer de l’ovaire était de 76,1 % chez les femmes de 15 à 44 ans au moment du diagnostic, tandis qu’elle était de 60,6 % chez celles de 45 à 54 ans au moment du diagnostic.

Par contre, les femmes plus âgées (celles ayant reçu le diagnostic alors qu’elles avaient de 65 à 99 ans) présentaient une survie inférieure à celle des femmes dans tous les groupes d’âge combinés (45,0 %). Chez les femmes qui avaient de 65 à 74 ans au moment du diagnostic, la survie sur une période de cinq ans au cancer de l’ovaire était de 36,1 %, tandis qu’elle s’établissait à 21,9 % chez celles âgées de 75 à 99 ans au moment du diagnostic.

Graphique 3

Description du graphique 3

La meilleure survie relative des femmes plus jeunes pourrait tenir au fait que les femmes plus âgées sont plus susceptibles d’avoir d’autres problèmes de santéNote 11. En outre, le cancer de l’ovaire pourrait être diagnostiqué plus tôt chez les femmes non ménopausées que chez celles ménopausées, parce qu’un important symptôme sur lequel s’appuie le diagnostic de ce cancer est un changement de la menstruationNote 11. Les femmes non ménopausées sont aussi plus susceptibles de développer des types de tumeurs plus faciles à décelerNote 12. Un diagnostic plus précoce signifie que le cancer risque moins de s’être étendu au-delà des ovaires et, par conséquent, que les probabilités de survie sont meilleures.

La survie relative au cancer de l’ovaire s’améliore

La survie normalisée selon l'âge un an, trois ans, cinq ans et dix ans après le diagnostic s’est améliorée significativement chez les femmes ayant reçu le diagnostic en 2006-2008, par rapport aux femmes dont cela avait été le cas en 1992-1994 (graphique 4). Alors que la survie sur une période d’un an au cancer de l’ovaire a augmenté de 3,9 points de pourcentage, l’accroissement le plus important de la survie (8,4 points de pourcentage) a été observé trois ans après le diagnostic. De 1992-1994 à 2006-2008, on a aussi noté des hausses significatives de la survie sur une période de cinq ans et de dix ans au cancer de l’ovaire.

Graphique 4

Description du graphique 4

L’amélioration de la survie variait aussi selon l’âge au moment du diagnostic (graphique 5). De 1992-1994 à 2006-2008, l’augmentation la plus importante (12,6 points de pourcentage) de la survie sur une période de cinq ans pour le cancer de l’ovaire a été notée chez les femmes d’âge moyen (celles de 45 à 54 ans) au moment du diagnostic. En outre, on a observé des  augmentations significatives de la survie chez les femmes de 55 et 64 ans ayant reçu un diagnostic de cancer de l’ovaire (7,2 points de pourcentage) et celles de 65 et 74 ans (6,9 points de pourcentage).

Chez les femmes de 15 à 44 ans et celles qui étaient âgées de 75 à 99 ans au moment du diagnostic, aucune amélioration significative de la survie sur une période de cinq ans n’a eu lieu par rapport aux femmes ayant reçu le diagnostic en 1992-1994 et celles pour qui cela était le cas en 2006-2008. Puisque la survie était déjà relativement élevée chez les femmes de 15 à 44 ans au moment du diagnostic — bien qu’aucune amélioration n’ait eu lieu au fil du temps —, ce groupe affichait néanmoins la survie la plus élevée au cours des périodes à l’étude.

Graphique 5

Description du graphique 5

En terminant, la survie au cancer de l’ovaire chez les femmes était plus faible que la survie pour tous les cancers combinés, et il s’agissait de la survie la plus faible parmi les principaux cancers de l’appareil reproducteur. La survie était nettement plus élevée chez les femmes ayant reçu le diagnostic avant l’âge de 55 ans que chez celles dont le cancer avait été diagnostiqué plus tard dans la vie. Les probabilités de survie un an, trois ans, cinq ans et dix ans après le diagnostic chez les femmes de 45 à 74 ans ayant reçu un diagnostic de cancer de l’ovaire ont augmenté de manière significative au fil du temps.

De futures études de la survie au cancer de l’ovaire chez les Canadiennes, selon le stade au moment du diagnostic (p. ex. le degré de progression du cancer et comment celui-ci se propage) seraient utiles en vue d’examiner l’incidence du diagnostic précoce sur la survie.

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Sources des données, méthodes et définitions

Sources des données

Les données figurant dans le présent article sont tirées de la version d’octobre 2011 du Registre canadien du cancer (RCC) et des tables de mortalité de la population. Le RCC est une base de données administrative dynamique de tous les résidents du Canada, vivants ou décédés, chez qui un cancer a été diagnostiqué depuis 1992. Il s’agit d’un système axé sur le patient dans lequel sont consignés le type et le nombre (incidence) de tumeurs primaires diagnostiquées chez une personne jusqu’à son décès. Les registres provinciaux et territoriaux du cancer (RPTC) transmettent au RCC, qui est tenu à jour par Statistique Canada, les données qu’ils recueillent sur tous les nouveaux cas de cancer diagnostiqués à partir de 1992.

Les analyses ont été effectuées en utilisant un fichier maître de totalisations. Ce fichier a été créé en appliquant les règles internationales pour la déclaration des tumeurs primaires multiplesNote 13 à une copie du RCC limitée aux tumeurs invasives et aux tumeurs in situ de la vessie.

Les tables de mortalité permettent de calculer les taux de survie relative. Les tables de mortalité provinciales selon le sexe sont produites par Statistique Canada. Des renseignements au sujet des tables de mortalité sont offerts sur le site Web de l’organismeNote 14.

Les décès de personnes ayant reçu un diagnostic de cancer sont déterminés au moyen de la Base canadienne de données de l’état civil — Décès (excluant les décès enregistrés dans la province de Québec) et d’après les renseignements déclarés par les registres provinciaux et territoriaux du cancer. Au moment de l’analyse, l’enregistrement des nouveaux cas et le suivi de l’état vital allaient jusqu’au 31 décembre 2008.

Les données pour le Québec ne sont pas comprises principalement en raison du fait que la méthode de détermination des dates de diagnostic du cancer de la province diffère de celle utilisée par les autres provinces et territoires, et parce qu’il était difficile de déterminer le statut vital exact des cas.

Méthodes

Afin de comparer les estimations de la survie pour différentes périodes (notamment dans le graphique 4 pour les données de 1992-1994, de 1999-2001 et celles de 2006-2008), les estimations ont été normalisées selon l’âge. On utilise la normalisation selon l’âge pour comparer des statistiques entre différentes périodes, car elle permet de tenir compte des différences de répartition par âge des cas diagnostiqués. Dans le présent article, les estimations normalisées selon l’âge ont été calculées au moyen de la méthode directe, c’est-à-dire que la structure par âge de la population d’intérêt (les personnes ayant reçu un diagnostic de cancer de l’ovaire) a été ajustée mathématiquement afin qu’elle coïncide avec celle d’une population de référence. La population de référence utilisée dans le présent article est la population féminine ayant reçu un diagnostic de cancer de l’ovaire de 2001 à 2005.

Les estimations de la survie relative présentées pour tous les cancers combinés et pour le cancer du sein chez la femme ont été calculées au moyen des tables de mortalité ajustées pour tenir compte de la mortalité par cancer. Les estimations de la survie relative au cancer de l’ovaire n’ont pas été ajustées, car l’écart entre les estimations ajustées et non ajustées est négligeable pour ce type de cancerNote 15.

Les cas de cancer ont été définis d’après la Classification internationale des maladies pour l’oncologie, troisième édition (CIM-O-3)Note 16 et groupés selon les définitions du programme SEER (pour Surveillance, Epidemiology and End Results)Note 17.

Définition

Ratio de survie relative (RSR) : Il s’agit du rapport de la survie observée (la proportion de personnes encore en vie après une période précise) chez un groupe de personnes ayant reçu un diagnostic de cancer à la survie chez un groupe comparable de personnes — non atteintes du cancer en question — dans la population généraleNote 18. La survie relative est une estimation de la mortalité excédentaire pouvant être attribuable à un diagnostic.

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Tanya Navaneelan et Lawrence Ellison sont analystes à la Division de la statistique de la santé.


Références et notes

Informations reliées à cet article

Renseignements supplémentaires

  • Pour consulter des données et des supplémentaires au sujet de la santé des Canadiens et du système de soins de santé, visitez le module La santé au Canada. Ce module peut être consulté à partir de notre site Web, sous la rubrique En vedette.

Sources de données

Références bibliographiques

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