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Série de documents de travail de la recherché sur la santé

La comorbidité mentale et la mesure dans laquelle elle entraîne une augmentation du recours aux services dispensés dans les hôpitaux de soins de courte durée

La comorbidité mentale et la mesure dans laquelle elle entraîne une augmentation du recours aux services dispensés dans les hôpitaux de soins de courte durée

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par Helen Johansen, Claudia Sanmartin et l'équipe de recherche de l'Initiative sur les données longitudinales administratives et sur la santé

Sommaire

Environ un Canadien sur cinq a éprouveé des problèmes de santé mentale à un moment donné de sa vie. Comme d'autres problèmes de santé, les problèmes de santé mentale imposent un fardeau économique à la société, et les coûts qui s'y rattachent sont souvent comparables à ceux des problèmes de santé physique, tels que les maladies cardiaques. Les dépenses au titre des problèmes de santé mentale et de toxicomanie pour les provinces canadiennes en 2003-2004 se sont chiffrées à 6,6 milliards de dollars, dont 5,5 milliards provenaient de sources publiques.

Les principaux troubles psychiatriques sont souvent associés à une comorbidité physique, en particulier le diabète, les maladies cardiovasculaires, l'hypertension et les problèmes respiratoires. Cette association tient à différentes raisons, comprises qui ne sont pas parfaitement. Il existe de nombreux problèmes de santé qui font augmenter le risque de trouble mental. La comorbidité mentale peut rendre plus difficiles la demande d'aide, le diagnostic et le traitement, et elle influe aussi sur le pronostic. De là l'importance de comprendre le fardeau associé aux troubles mentaux comorbides chez les personnes atteintes de maladies physiques.

Le présent rapport fait état de l'évaluation d'un ensemble exhaustif de facteurs associés aux hospitalisations dans des hôpitaux de soins de courte durée en raison de problèmes de santé mentale au Canada. La première partie du rapport traite du fardeau global engendré par les problèmes de santé mentale, à la fois lorsqu'ils constituent le diagnostic responsable de l'hospitalisation (ci-après, le « diagnostic principal ») et lorsqu'ils représentent un trouble comorbide (un problème diagnostiqué autre que la principale cause d'hospitalisation) dans les hôpitaux de soins de courte durée au Canada. Le nombre d'hospitalisations, le nombre de jours d'hospitalisation et la durée moyenne de l'hospitalisation y sont indiqués. Dans la deuxième partie, des données d'enquête sur la santé couplées avec des données hospitalières sont utilisées pour décrire les facteurs socioéconomiques et les aspects particuliers du mode de vie des patients hospitalisés pour un problème de santé mentale dans un hôpital de soins de courte durée au cours des quatre années suivant leur participation à l'enquête.

Principaux résultats

Partie 1 : Comprendre le fardeau des problèmes de santé mentale sur les hospitalisations en hôpital de soins de courte durée

  • Les personnes ayant reçu au moins une fois leur congé d'un hôpital de soins de courte durée et auxquelles on a diagnostiqué un problème de santé mentale représentent 1 % de la population canadienne mais 14,7 % des personnes hospitalisées.
  • Au total, 29 % des jours d'hospitalisation dans des hôpitaux de soins de courte durée sont attribuables à l'hospitalisation de personnes atteintes d'un trouble mental diagnostiqué, soit 12,4 % des jours d'hospitalisation (2,5 millions de jours) lorsque le problème de santé mentale constituait le diagnostic principal et 16,6 % (3,3 millions de jours) lorsque ce problème constituait un état comorbide lié à un problème de santé mentale.
  • En moyenne, la durée de l'hospitalisation des personnes ayant reçu un diagnostic de trouble mental comorbide est deux fois plus longue que celle des autres personnes. Cela vaut pour l'ensemble des groupes d'âge et des provinces ainsi que pour les principaux types de maladie.
  • Les hospitalisations associées à un diagnostic principal de trouble de l'humeur, de  psychose ou de problème organique (démence, délire) donnent lieu à un nombre élevé de jours d'hospitalisation, tout comme celles avec un diagnostic de problème organique, de trouble d'utilisation de substances ou de trouble de l'humeur à titre d'état comorbide.
  • On a observé des variations entre les provinces et entre les régions sociosanitaires. Certaines de ces variations pourraient être attribuables à des différences dans les pratiques de codage diagnostique.

Partie 2 : Caractéristiques des personnes hospitalisées pour un problème de santé mentale  dans un hôpital de soins de courte durée

  • L'examen des données d'enquête couplées avec des données hospitalières a permis de constater des différences importantes en ce qui touche les facteurs socioéconomiques et les aspects du mode de vie entre les personnes hospitalisées ayant reçu un diagnostic de problème de santé mentale (diagnostic principal ou état comorbide) et les autres personnes hospitalisées.
  • Les personnes appartenant aux groupes à faible revenu et celles qui n'ont pas terminé leurs études secondaires étaient plus susceptibles d'être hospitalisées avec un diagnostic de problème de santé mentale.
  • Les fumeurs, comparativement aux non-fumeurs, étaient plus susceptibles d'être hospitalisés avec un diagnostic de problème de santé mentale.
  • Le risque d'hospitalisation avec un diagnostic de problème de santé mentale était plus grand pour les célibataires (n'ayant jamais été mariés), les personnes séparées ou divorcées et les personnes veuves que pour celles mariées.
  • Les personnes hospitalisées en raison d'un problème de santé mentale documenté étaient plus susceptibles d'avoir eu des problèmes de santé physique chroniques ou une incapacité.
  • Les personnes hospitalisées ayant reçu un diagnostic de problème de santé mentale étaient plus susceptibles de faire état de besoins de soins de santé non comblés que les personnes n'ayant pas été hospitalisées.
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