Rapports sur la santé
La consommation d’aliments ultratransformés et d’aliments transformés minimalement selon le lieu et l’occasion au Canada

Date de diffusion : le 19 novembre 2025

DOI: https://www.doi.org/10.25318/82-003-x202501100001-fra

Résumé

Contexte

Il existe de plus en plus de preuves des effets négatifs de la consommation élevée d’aliments et de boissons ultratransformés (AUT) et de la faible consommation d’aliments et de boissons non transformés ou transformés minimalement (ATM) sur l’alimentation, la santé et l’environnement. Les circonstances entourant l’alimentation, notamment le lieu et l’occasion, peuvent avoir une incidence sur l’apport alimentaire. La présente étude transversale est fondée sur les plus récentes données accessibles à l’échelle nationale pour le Canada et porte sur la manière dont la consommation d’AUT et d’ATM varie selon le lieu et l’occasion.

Données et méthodologie

L’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes – Nutrition de 2015 a permis d’obtenir des données de rappel alimentaire de 24 heures auprès de Canadiennes et de Canadiens âgés de 2 ans et plus vivant dans l’une des 10 provinces (n = 20 080). Les aliments et boissons ont été classés selon le système de classification NOVA. Des statistiques descriptives ont été utilisées pour caractériser la consommation d’AUT et ATM, exprimée en pourcentage de l’apport énergétique, selon quatre lieux de consommation courants (maison, établissement institutionnel, restaurant et autre) et quatre occasions de consommation courantes (déjeuner [repas du matin], dîner [repas du midi], souper [repas du soir] et collation), dans l’ensemble et par groupe d’âge.

Résultats

En 2015, les Canadiennes et Canadiens ont consommé la plus grande part de leur apport énergétique quotidien total à la maison (70,1 %), et le souper représentait 33,1 % de leur apport énergétique. Les repas consommés à la maison et dans des établissements institutionnels (p. ex. l’école ou le lieu de travail) fournissaient généralement une plus faible proportion d’énergie provenant d’AUT et une proportion plus élevée d’énergie provenant d’ATM, comparativement aux restaurants et aux autres lieux, et certaines variations ont été observées selon l’occasion et le groupe d’âge. Le souper pris à la maison présentait le profil le plus favorable (30,6 % de l’apport énergétique provenant d’AUT et 53,9 %, d’ATM). La consommation d’AUT dans les restaurants représentait une part élevée de l’apport énergétique provenant des repas pris au restaurant pour tous les groupes d’âge (plus de 50 % de l’énergie), particulièrement chez les enfants et les adolescents (plus de 65 % de l’énergie).

Interprétation

Le lieu et l’occasion de consommation ont une incidence sur les apports énergétiques en AUT et en ATM. Ces résultats peuvent orienter l’élaboration de politiques et de programmes visant à favoriser et à soutenir des environnements favorables à une alimentation saine.

Mots-clés

Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, enquêtes sur la nutrition, apport alimentaire, aliments ultratransformés, NOVA

Auteurs

Jane Y. Polsky fait partie de la Division de l’analyse et de la modélisation de la santé de Statistique Canada. Virginie Hamel et Jean-Claude Moubarac sont affiliés au Département de nutrition de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal.

 

Ce que l’on sait déjà sur le sujet

  • Une consommation élevée d’aliments et de boissons ultratransformés (AUT) et une faible consommation d’aliments et de boissons non transformés ou transformés minimalement (ATM) sont associées à des effets négatifs sur la santé humaine et sur la santé de la planète.
  • Les caractéristiques contextuelles des environnements alimentaires, dont le lieu et l’occasion de consommation des aliments (par ex. le déjeuner [repas du matin] ou le dîner [repas du midi), peuvent influencer les choix alimentaires.
  • On sait peu de choses sur les lieux où les Canadiennes et Canadiens consomment des AUT et des ATM et sur les occasions où ils le font.

Ce qu’apporte l’étude

  • En 2015, la maison était le lieu de repas le plus souvent mentionné pour le déjeuner et le souper (repas du soir) chez les Canadiennes et Canadiens âgés de 2 ans et plus. Le dîner était consommé à la maison par environ la moitié des répondants.
  • Les repas consommés à la maison et dans des établissements institutionnels (par ex. l’école ou le lieu de travail) fournissaient généralement une plus faible proportion d’énergie provenant d’AUT et une proportion plus élevée d’énergie provenant d’ATM que ceux pris aux restaurants et dans d’autres lieux.
  • Le souper consommé à la maison présentait le profil le plus favorable en ce qui concerne les apports énergétiques en AUT et en ATM pour tous les groupes d’âge.
  • La part des AUT consommés dans les restaurants, en proportion de l’apport énergétique total provenant des repas pris au restaurant, était élevée pour tous les groupes d’âge, particulièrement chez les enfants et les adolescents.
  • Le lieu et l’occasion de consommation des aliments ont une importance en ce qui concerne la consommation d’AUT et d’ATM et peuvent orienter l’élaboration de politiques et de programmes visant à soutenir des environnements favorables à une alimentation saine.

Introduction

Une mauvaise alimentation est l’un des principaux facteurs de risque de maladie au CanadaNote 1. L’environnement alimentaire des pays à revenu élevé, y compris le Canada, est saturé d’AUTNote 2. La version la plus récente du Guide alimentaire canadien (2019) a, pour la première fois, formulé une recommandation visant à limiter la consommation d’aliments fortement transformés, car ils nuisent à une saine alimentationNote 3. De plus en plus de données probantes indiquent qu’une consommation élevée d’AUT est associée à des effets négatifs sur l’alimentation et la santéNote 4, Note 5. Un examen général exhaustif récent, fondé sur des données provenant de près de 10 millions de participants, a conclu qu’une consommation accrue d’AUT était liée à un risque accru de 32 problèmes de santé, en particulier les maladies cardiométaboliques (par ex. le surpoids et l’obésité, le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires), les troubles mentaux courants (p. ex. l’anxiété et la dépression) et une mortalité prématuréeNote 4. Les AUT sont également associés à divers effets négatifs sur l’environnement, notamment la pollution par les plastiques et l’agriculture intensiveNote 6, Note 7.

Les AUT sont des produits fabriqués industriellement qui contiennent peu d’aliments entiers, voire aucun. Ils englobent une vaste gamme de produits prêts à manger ou prêts à réchauffer, comme les boissons gazeuses, de nombreux types de céréales pour le déjeuner, les nouilles instantanées, les pains et pains briochés emballés ainsi que les plats surgelésNote 8. Les AUT se distinguent des aliments et boissons non transformés ou transformés minimalement (ATM) et des aliments transformés, qui comprennent des aliments frais, surgelés, séchés, en conserve ou conservés traditionnellement. Au Canada, en 2015, la consommation d’AUT était élevée : elle représentait près de la moitié de l’apport énergétique quotidien total, et peu de variations étaient observées entre les sous-groupes sociodémographiquesNote 9, Note 10.

Les comportements alimentaires sont complexes et soumis à une myriade d’influences socioculturelles et contextuelles. Le lieu immédiat de consommation des aliments (par ex. la maison, un restaurant ou une cafétéria au travail) façonne à la fois les choix d’aliments disponibles et les facteurs contextuels (par ex. manger seul ou avec d’autres personnes), qui influencent ensemble le type et la quantité d’aliments consommésNote 11. Les lieux de consommation sont également étroitement liés aux différents types d’occasions de consommation (c’est-à-dire le déjeuner, le dîner et le souper comme repas principaux, et les collations comme repas plus petits) en ce qui concerne le choix des aliments, la composition du repas et la perception de ce qu’il est acceptable ou approprié de consommer selon les occasionsNote 12, Note 13.

On dispose de peu de renseignements sur les lieux où les Canadiennes et les Canadiens consomment différents types de repas et, à la connaissance des auteurs, aucune étude antérieure n’a porté sur la consommation d’AUT et d’ATM selon le lieu et l’occasion de consommation. Mieux comprendre la façon dont l’apport alimentaire caractérisé par le type de transformation des aliments varie selon les lieux où les Canadiennes et les Canadiens prennent leurs repas et collations peut aider à orienter les stratégies favorisant des environnements propices à une saine alimentation. L’objectif de la présente étude était donc de caractériser la consommation d’AUT et d’ATM selon le lieu et l’occasion de consommation au Canada, au moyen des plus récentes données sur la nutrition disponibles (2015) représentatives de la population.

Données et méthodologie

Source de données

Les données de la présente étude proviennent de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) – Nutrition de 2015Note 14. La population cible était constituée de résidents âgés de 1 an et plus de ménages canadiens vivant dans l’une des 10 provinces. L’enquête excluait les membres à temps plein des Forces canadiennes et les personnes vivant dans une réserve ou un autre peuplement autochtone, dans certaines régions éloignées ou dans des établissements institutionnels. L’ESCC – Nutrition de 2015 comportait un échantillon de 20 487 répondants, et le taux de réponse global était de 61,6 %. Tous les répondants ont effectué un rappel alimentaire de 24 heures portant sur tous les aliments et boissons consommés, y compris leur description et leur quantité, au cours des 24 heures précédant la journée d’interview. Environ 30 % des répondants ont effectué un deuxième rappel alimentaire de 24 heures de 3 à 10 jours après l’interview initiale. Toutefois, ces données n’ont pas été utilisées, car les moyennes de groupe obtenues à partir d’un seul rappel alimentaire représentent des estimations non biaisées au niveau de la populationNote 15.

Les données du premier rappel ont été recueillies principalement en personne par des intervieweurs formésNote 14. L’Automated Multiple-Pass Method adaptée au contexte canadien a été utilisée pour que les répondants puissent se remémorer tous les détails possibles de leur rappel alimentaires et qu’ils puissent fournir des renseignements sur l’heure, le lieu et l’occasion de consommation des aliments. Pour les enfants de moins de 6 ans, un parent ou tuteur fournissait l’information. Pour les enfants âgés de 6 à 11 ans, l’entrevue était menée avec l’enfant, avec l’aide d’un parent. Les répondants âgés de 12 ans et plus fournissaient eux-mêmes leurs renseignements.

Échantillon de l’étude

L’échantillon de la présente étude était composé de répondants à l’ESCC – Nutrition de 2015 âgés de 2 ans et plus. Après exclusion des répondants de moins de 2 ans, des nourrissons et enfants allaités et de ceux qui n’avaient consommé aucune énergie la veille, l’échantillon d’analyse définitif comportait 20 080 personnes.

Les groupes d’âge suivants ont été définis pour refléter les principales étapes de la vie, comme dans les études antérieuresNote 9, Note 16 : jeunes enfants de 2 à 5 ans, enfants de 6 à 12 ans, adolescents de 13 à 18 ans, jeunes adultes de 19 à 30 ans, adultes de 31 à 64 ans et adultes plus âgés de 65 ans et plus. Des analyses stratifiées selon le sexe ont aussi été effectuées, mais n’ont révélé aucune différence significative selon le lieu ou l’occasion de consommation; elles ont donc été omises afin d’optimiser la taille des catégories.

Lieu de consommation des aliments

Les répondants ont été interrogés sur le lieu où chaque aliment et boisson déclarés avaient été consommés (et non où ils avaient été préparés ou achetés). Si le lieu n’était pas la maison, les répondants devaient choisir une option parmi 18 lieux. Pour la présente étude, ces lieux ont été regroupés en quatre catégories afin de refléter les lieux de consommation les plus courants dans l’échantillon et d’optimiser la taille de l’échantillon dans chaque catégorie analysée :

  • Maison;
  • Restaurant (comprend tous les types de restaurants, comme les restaurants à service complet et à service rapide, ainsi que les bars, tavernes ou bars-salons);
  • Établissement institutionnel (école, dont la cantine scolaire; lieu de travail, dont la cafétéria au travail; garderie; centre de soins pour adultes ou familial);
  • Autre lieu (maison d’une autre personne; épicerie, dépanneur ou autre type de magasin; installation de sports ou de loisirs; voiture ou autre véhicule; consommation continue; église, temple ou autre site religieux; lieu non précisé).

Occasions de consommation des aliments

Les répondants ont autodéclaré les occasions de consommation des aliments, en choisissant dans une liste d’options (par ex. déjeuner ou dîner). Tous les aliments et boissons rapportés à la même heure étaient regroupés comme une seule occasion de consommation. La présente étude a retenu quatre occasions de consommation :

  • Déjeuner (repas du matin, y compris le brunch);
  • Dîner (repas du midi);
  • Souper (repas du soir);
  • Collation (comprend collation, boisson, consommation continue et « autre » occasion de consommation).

Classification des aliments selon le type de transformation

Le système NOVA a été utilisé pour classer tous les aliments et boissons déclarés par les répondants en quatre groupes mutuellement exclusifs, selon l’envergure et l’objectif de la transformation industrielle des aliments8 : ATM, ingrédients culinaires transformés, aliments transformés et AUT. Les ATM comprennent les fruits et légumes frais, séchés et surgelés; le lait et le yogourt nature; les œufs; les viandes et les poissons frais et surgelés; les pâtes; et les céréales et les légumineuses. Les ingrédients culinaires comprennent les huiles végétales, le beurre et le sucre. Les aliments transformés comprennent les fruits, les légumes et les légumineuses en conserve; les viandes ou les poissons salés, séchés et en conserve; et les pains et les fromages frais. Les AUT comprennent une gamme de produits prêts à manger ou prêts à réchauffer comme les boissons gazeuses, de nombreux types de céréales pour le déjeuner, les nouilles instantanées, les pains et petits pains emballés et les repas surgelés.

La classification de tous les aliments et boissons selon le système NOVA a respecté un protocole décrit antérieurement9. En bref, le processus se déroulait en deux étapes. À la première étape, les aliments de base et les recettes sans information nutritionnelle (par ex. certaines barres de céréales) ont été classés dans l’un des quatre groupes NOVA en fonction de la description de l’aliment dans le Fichier canadien sur les éléments nutritifs 2015. À l’étape 2, les mets composés étaient passés en revue pour repérer les AUT courants (par ex. hamburger, pizza, beignet). Si le plat repéré avait été consommé dans un établissement à service rapide, tous ses ingrédients sous-jacents étaient reclassés en AUT. S’il avait été consommé ailleurs que dans un établissement à service rapide, la classification de la phase 1 fondée sur les ingrédients était maintenue.

La consommation d’aliments et de boissons de chacun des quatre groupes NOVA a été définie comme leur contribution énergétique relative, c’est-à-dire le pourcentage de l’apport énergétique (en kilocalories).

Analyse statistique

Des statistiques descriptives ont été utilisées pour calculer les pourcentages, les moyennes et leurs intervalles de confiance (IC) à 95 %. Cela comprenait l’estimation du pourcentage de consommateurs pour chaque lieu et chaque occasion de consommation, de l’apport énergétique total moyen pour chaque lieu et chaque occasion de consommation et des contributions énergétiques moyennes des AUT et des ATM, en proportion de l’apport énergétique total propre à chaque lieu ou occasion de consommation. La plupart des analyses étaient limitées aux « consommateurs », c’est-à-dire aux répondants ayant consommé une certaine quantité d’énergie dans un lieu ou lors d’une occasion à l’étude. L’exception concernait les pourcentages de l’apport énergétique quotidien total selon le lieu et l’occasion de consommation, qui ont été calculés pour l’ensemble de l’échantillon (c’est-à-dire en incluant les consommateurs et les non-consommateurs). Par mesure de prudence, les comparaisons entre sous-groupes ont été effectuées à l’aide de la méthode de chevauchement des intervalles de confiance. Toutes les analyses ont été pondérées pour tenir compte du plan d’échantillonnage complexe et du taux de non-réponse. Des poids bootstrap fournis par Statistique Canada ont été appliqués pour produire des erreurs-types robustes. Les analyses de données ont été réalisées au moyen de la version 9.4 de SAS et du logiciel SUDAAN 11.0.3 exécutable par SAS.

Résultats

Chez les Canadiens âgés de 2 ans et plus, les AUT constituaient en moyenne 45,7 % (IC à 95 % : 45,0 % à 46,4 %) et les ATM, 39,4 % (IC à 95 % : 38,7 % à 40,0 %) de l’apport énergétique quotidien total. Les ingrédients culinaires transformés représentaient 7,1 % (IC à 95 % : 6,9 % à 7,3 %) et les aliments transformés représentaient 7,7 % (IC à 95 % : 7,5 % à 8,1 %) de l’apport énergétique quotidien total.

Consommateurs et apport énergétique selon le lieu et l’occasion de consommation des aliments

Presque tous les répondants (97,4 % au total et plus de 95 % dans tous les groupes d’âge) ont indiqué avoir consommé de l’énergie à la maison la veille de l’enquête (tableau 1). La maison était également le lieu où les répondants consommaient, en moyenne, la plus grande part (70,1 %) de leur apport énergétique quotidien total. Environ le tiers des répondants ont déclaré avoir consommé une partie de leur énergie dans un établissement institutionnel (32,5 % au total) ou dans un autre lieu (32,6 %). Le pourcentage de consommateurs et l’apport énergétique total consommé à différents endroits variaient légèrement selon le groupe d’âge, surtout pour les restaurants et les établissements institutionnels. Par exemple, 8,7 % des jeunes enfants âgés de 2 à 5 ans avaient consommé une certaine quantité d’énergie dans un restaurant la veille, et ces aliments représentaient 2,8 % de leur apport énergétique total quotidien. En revanche, 26,9 % des jeunes adultes avaient consommé de l’énergie dans un restaurant, ce qui correspondait à 13,1 % de leur apport énergétique quotidien total. Pour ce qui est des occasions de consommation, le repas du midi était légèrement moins souvent consommé (par 85,9 % des répondants au total) que les repas à d’autres occasions de consommation (plus de 90 % de consommateurs pour le déjeuner, le souper et les collations). Le souper contribuait en moyenne à la part la plus élevée de l’apport énergétique quotidien total (33,1 %) dans l’ensemble, tandis que le déjeuner en représentait la plus faible part (19,5 %). La contribution énergétique provenant des collations variait en fonction de l’âge : les enfants et les jeunes consommaient davantage d’énergie provenant des collations que les adultes (par ex. 30,4 % de l’apport énergétique quotidien total provenant des collations chez les enfants de 2 à 5 ans, contre 18,4 % chez les adultes âgés de 65 ans et plus).


Tableau 1
Pourcentage de consommateurs et contribution énergétique moyenne (pourcentage de kcal) selon l’occasion, le lieu et le groupe d’âge, population à domicile âgée de 2 ans et plus, Canada (à l’exclusion des territoires), 2015
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Pourcentage de consommateurs et contribution énergétique moyenne (pourcentage de kcal) selon l’occasion Tous les groupes d’âge, Jeunes enfants
âgés de 2 à 5 ans , Enfants
âgés de 6 à 12 ans , Adolescents
âgés de 13 à 18 ans , Jeunes adultes
âgés de 19 à 30 ans , Adultes
âgés de 31 à 64 ans , Adultes plus âgés
de 65 ans et plus, % et Intervalle de confiance
à 95 %(figurant comme en-tête de colonne).
Tous les groupes d’âge Jeunes enfants
âgés de 2 à 5 ans
Enfants
âgés de 6 à 12 ans
Adolescents
âgés de 13 à 18 ans
Jeunes adultes
âgés de 19 à 30 ans
Adultes
âgés de 31 à 64 ans
Adultes plus âgés
de 65 ans et plus
% Intervalle de confiance
à 95 %
% Intervalle de confiance
à 95 %
% Intervalle de confiance
à 95 %
% Intervalle de confiance
à 95 %
% Intervalle de confiance
à 95 %
% Intervalle de confiance
à 95 %
% Intervalle de confiance
à 95 %
de à de à de à de à de à de à de à
Lieu de consommation
Maison
Consommateurs 97,4 96,9 97,9 98,0 96,5 98,9 97,7 96,4 98,5 97,6 96,5 98,4 95,9 93,4 97,5 97,2 96,3 97,9 98,7 97,9 99,3
Apport énergétique total (kcal) 70,1 68,9 71,3 73,7 71,3 76,1 65,8 63,8 67,7 67,5 65,4 69,6 64,0 60,2 67,7 68,7 66,9 70,4 83,6 81,9 85,4
Restaurant
Consommateurs 21,7 20,4 23,0 8,7 6,8 11,1 12,8 10,8 15,2 20,8 18,0 24,0 26,9 22,6 31,6 23,1 21,3 25,1 21,2 18,9 23,7
Apport énergétique total (kcal) 9,3 8,4 10,1 2,8 2,1 3,6 4,9 3,8 6,0 8,2 6,8 9,7 13,1 10,0 16,2 9,6 8,4 10,8 8,6 7,3 9,8
Établissement institutionnelGraphique 1  Note 1
Consommateurs 32,5 31,1 33,9 36,8 32,5 41,3 50,4 46,9 53,9 39,9 36,6 43,2 41,1 36,1 46,3 34,1 32,1 36,2 9,3 7,5 11,5
Apport énergétique total (kcal) 11,4 10,7 12,1 13,7 11,8 15,7 17,3 15,8 18,8 12,5 10,7 14,2 13,7 11,3 16,1 12,1 11,1 13,1 2,8 2,1 3,6
Autre lieuGraphique 1  Note 2
Consommateurs 32,6 31,2 34,0 35,1 30,7 39,9 39,7 36,5 43,0 36,6 33,5 39,8 35,0 30,7 39,5 33,9 31,8 36,1 21,4 19,3 23,7
Apport énergétique total (kcal) 9,2 8,5 9,9 9,8 8,0 11,5 12,1 10,3 13,8 11,8 10,1 13,4 9,2 7,4 10,9 9,6 8,5 10,8 4,9 4,0 5,9
Occasion de consommation
Déjeuner
Consommateurs 91,2 90,4 92,0 99,1 98,1 99,6 97,3 96,3 98,0 87,7 85,4 89,7 83,2 79,1 86,6 91,0 89,8 92,0 94,9 93,3 96,2
Apport énergétique total (kcal) 19,8 19,3 20,2 19,2 18,4 20,0 18,8 18,0 19,6 18,1 17,2 19,0 19,1 17,2 20,9 19,5 18,9 20,1 22,9 22,0 23,7
Dîner
Consommateurs 85,9 84,9 86,8 95,2 92,9 96,8 93,7 91,9 95,1 84,1 81,7 86,3 81,3 77,4 84,6 85,3 83,8 86,6 85,8 83,7 87,6
Apport énergétique total (kcal) 24,4 23,9 24,9 23,8 22,8 24,9 24,2 23,4 25,1 23,6 22,5 24,6 24,4 22,6 26,2 24,7 23,9 25,5 24,1 23,1 25,1
Souper
Consommateurs 95,8 95,2 96,4 97,7 96,2 98,6 97,8 96,6 98,6 95,1 93,5 96,3 92,9 89,3 95,3 95,9 95,0 96,6 96,7 95,7 97,5
Apport énergétique total (kcal) 33,1 32,6 33,6 26,6 25,4 27,9 29,9 28,9 31,0 32,2 30,9 33,4 32,4 30,6 34,2 34,0 33,2 34,8 34,7 33,7 35,7
Collation
Consommateurs 94,5 93,6 95,2 99,1 98,2 99,5 97,8 96,5 98,6 94,4 92,7 95,8 94,2 91,9 95,9 94,2 92,9 95,3 92,8 91,3 94,0
Apport énergétique total (kcal) 22,7 22,0 23,4 30,4 29,0 31,7 27,0 25,8 28,2 26,2 24,8 27,6 24,1 21,4 26,8 21,8 20,9 22,7 18,4 17,4 19,3

Apport énergétique selon les groupes NOVA, en fonction du lieu et de l’occasion de consommation des aliments

La contribution des groupes NOVA à la teneur en énergie totale consommée dans chaque lieu, pour l’ensemble de l’échantillon, est présentée dans le graphique 1-a et les estimations analogues pour les occasions de consommation figurent dans le graphique 1-b. En moyenne, les AUT constituaient plus de 50 % de l’apport énergétique total consommé dans les restaurants et les autres lieux de consommation, tandis que les ATM représentaient environ 30 % de l’apport énergétique total consommé dans ces mêmes lieux (graphique 1-a). Les parts moyennes d’AUT et d’ATM étaient plus comparables lorsque les repas étaient consommés à la maison (respectivement 42,9 % de l’énergie à la maison provenant des AUT et 42,1 %, des ATM). Les estimations des AUT et des ATM selon le groupe d’âge figurent au tableau 1 (annexe). Ces résultats montrent peu de différences selon NOVA et le groupe d’âge lorsque les repas étaient pris à la maison ou dans d’« autres » lieux, mais des différences plus marquées pour les restaurants et les établissements institutionnels. Pour ce qui est des repas consommés dans les restaurants, les enfants et adolescents tiraient en moyenne plus de 65 % de leur apport énergétique provenant des AUT consommé dans ces lieux, tandis que les jeunes adultes (de 19 à 30 ans) en tiraient 53,6 %. Chez les enfants d’âge scolaire (de 6 à 12 ans) et les adolescents consommant dans un établissement institutionnel, les AUT représentaient une proportion beaucoup plus élevée de la teneur en énergie (environ 60 %), comparativement aux autres groupes d’âge (moins de 50 %) (les IC à 95 % ne se chevauchant pas).

Graphique 1-A Contribution énergétique moyenne (pourcentage de kcal) en fonction des groupes NOVA, selon le lieu de consommation, population à domicile âgée de 2 ans et plus, Canada (à l’exclusion des territoires), 2015

 Description de la graphique 1-a   
Tableau de données du graphique 1-a
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 1-a NOVA 1 (ATM), NOVA 2 (ingrédients culinaires transformés), NOVA 3 (aliments transformés) et NOVA 4 (AUT), calculées selon pourcentage de l’apport énergétique total (kcal) consommé selon le lieu de consommation unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
NOVA 1 (ATM) NOVA 2 (ingrédients culinaires transformés) NOVA 3 (aliments transformés) NOVA 4 (AUT)
pourcentage de l’apport énergétique total (kcal) consommé selon le lieu de consommation
Autre lieu 31,0 7,6 8,0 53,4
Établissement institutionnel 38,7 6,9 8,7 45,7
Restaurant 28,0 7,8 4,6 59,6
Maison 42,1 7,0 8,0 42,9

Graphique 1-B 
Contribution énergétique moyenne (pourcentage de kcal) en fonction des groupes NOVA selon l’occasion de consommation des aliments, population à domicile âgée de 2 ans et plus, Canada à l’exclusion des territoires, 2015

 Description de la graphique 1-b   
Tableau de données du graphique 1-b
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 1-b NOVA 1 (ATM), NOVA 2 (ingrédients culinaires transformés), NOVA 3 (aliments transformés) et NOVA 4 (AUT), calculées selon pourcentage de l’énergie totale (kcal) consommée selon l’occasion de consommation unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
NOVA 1 (ATM) NOVA 2 (ingrédients culinaires transformés) NOVA 3 (aliments transformés) NOVA 4 (AUT)
pourcentage de l’énergie totale (kcal) consommée selon l’occasion de consommation
Collation 29,0 7,3 9,5 54,2
Souper 50,9 7,4 7,7 34,0
Dîner 37,6 6,0 9,1 47,3
Déjeuner 34,2 7,7 4,4 53,6

En ce qui concerne les occasions de consommation, plus de la moitié de l’apport énergétique total consommé au déjeuner (53,6 %) et lors des collations (54,2 %) provenait des AUT (graphique 1-b). Le souper offrait, en moyenne, la plus faible proportion de l’apport énergétique provenant des AUT (34,0 %) et la plus élevée provenant des ATM (50,9 %). Les résultats stratifiés par âge montrent peu de variations dans la consommation des AUT et des ATM au déjeuner et au souper (tableau annexe 2). Au dîner, les enfants et adolescents consommaient généralement plus de leur apport énergétique provenant des AUT (plus de 50 %) en pourcentage de l’apport énergétique total du repas, comparativement aux adultes. Les collations représentaient plus de 60 % de l’apport énergétique provenant des AUT chez les enfants de 6 à 12 ans et les adolescents, comparativement à environ 50 % pour les autres groupes d’âge.

Consommateurs de repas selon le lieu de consommation des aliments

Le graphique 2 présente le pourcentage global de consommateurs de repas principaux selon le lieu de consommation. La plupart des répondants (plus de 83 %) ont déclaré avoir pris le déjeuner et le souper à la maison, tandis que plus du tiers des personnes ayant pris le dîner l’ont fait dans un établissement institutionnel ou un restaurant.

Graphique 2  
Pourcentage de personnes consommant un repas selon le lieu de consommation, population à domicile âgée de 2 ans et plus, Canada (à l’exclusion des territoires), 2015

 Description de la graphique 2   
Tableau de données du graphique 2
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 2 Déjeuner, Dîner et Souper, calculées selon pourcentage unités de mesure (figurant comme en-tête de colonne).
Déjeuner Dîner Souper
pourcentage
Maison 84,9 54,4 83,1
Restaurant 4,4 11,2 7,8
Établissement institutionnel 5,2 26,3 2,6
Autre lieu 5,5 8,1 6,5

Une même personne pouvait avoir consommé plusieurs collations au cours de la journée, dans un ou plusieurs lieux (données non présentées). En tout 80,0 % des personnes ayant consommé la veille une collation apportant une certaine quantité d’énergie l’avaient fait à la maison, 5,3 % l’avaient fait dans un restaurant, 23,7 %, dans un établissement institutionnel et 21,5 %, dans un autre lieu.

Consommation d’aliments ultratransformés et d’aliments transformés minimalement selon le lieu et l’occasion de consommation des aliments

Pour ce qui est des personnes ayant consommé un repas lors d’une occasion et dans un lieu précis, le graphique 3 présente la part moyenne de l’apport énergétique total provenant des AUT et des ATM, pour chaque occasion et chaque lieu de consommation des aliments. Pour le déjeuner, la part d’énergie provenant des AUT et des ATM variait peu selon les lieux de consommation. Pour le dîner, les personnes qui mangeaient à la maison tiraient notablement moins de leur apport énergétique des AUT (42,2 %) et davantage des ATM (40,8 %) que celles qui dînaient dans un restaurant (66,5 % d’apport énergétique provenant des AUT et 23,5 % des ATM) ou dans un « autre » lieu (54,0 % des AUT, 33,4 % des ATM), les IC à 95 % ne se chevauchant pas. Les personnes qui prenaient un souper tiraient une faible part de leur apport énergétique des AUT (30,6 %) et une forte part des ATM (53,9 %) lorsqu’ils prenaient ce repas à la maison. Ces tendances étaient constantes pour tous les groupes d’âge (données non présentées).

Graphique 3 
Contribution énergétique moyenne (pourcentage de kcal) des AUT et des ATM, selon l’occasion et le lieu de consommation, population à domicile âgée de 2 ans et plus, Canada (à l’exclusion des territoires), 2015

 Description de la graphique 3   
Tableau de données du graphique 3
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du graphique 3. Les données sont présentées selon AUT (titres de rangée) et Pourcentage d’énergie(figurant comme en-tête de colonne).
AUT Pourcentage d’énergie
Déjeuner
Maison 52,5
Restaurant 60,2
Établissement institutionnel 56,5
Autre lieu 58,7
Dîner
Maison 42,2
Restaurant 66,5
Établissement institutionnel 44,7
Autre lieu 54,0
Souper
Maison 30,6
Restaurant 52,2
Établissement institutionnel 34,0
Autre lieu 42,6
Collation
Maison 53,9
Restaurant 62,2
Établissement institutionnel 48,1
Autre lieu 59,7
ATM
Déjeuner
Maison 36,2
Restaurant 20,2
Établissement institutionnel 30,7
Autre lieu 27,3
Dîner
Maison 40,8
Restaurant 23,5
Établissement institutionnel 40,4
Autre lieu 33,4
Souper
Maison 53,9
Restaurant 35,6
Établissement institutionnel 50,8
Autre lieu 41,2
Collation
Maison 29,6
Restaurant Note F: trop peu fiable pour être publié
Établissement institutionnel 33,8
Autre lieu 22,4

Discussion

La présente étude descriptive s’est appuyée sur les données nutritionnelles nationales les plus récentes disponibles (2015) pour décrire les lieux où les Canadiennes et les Canadiens consommaient différents types de repas (déjeuner, dîner, souper, collations) et déterminer dans quelle mesure la consommation d’AUT et d’ATM, mesurée en pourcentage de leur contribution énergétique, variait selon ces lieux et ces occasions de consommation. La maison était le lieu de consommation le plus souvent mentionné pour le déjeuner et le souper, tandis qu’environ la moitié des répondants prenaient leur dîner à la maison. Le souper représentait la plus grande part de l’apport énergétique quotidien total (environ un tiers). Les repas consommés à la maison et dans des établissements institutionnels (par ex. l’école ou le lieu de travail) fournissaient généralement une plus faible proportion de l’apport énergétique provenant d’AUT et une proportion plus élevée provenant d’ATM, comparativement aux restaurants et aux « autres » lieux, certaines variations étant observées selon l’occasion de consommation et le groupe d’âge. En revanche, le souper consommé à la maison présentait le profil le plus favorable pour ce qui est des apports énergétiques en AUT et en ATM pour tous les groupes d’âge. L’apport d’AUT dans les restaurants en proportion de l’énergie consommée dans les restaurants, était élevé pour tous les groupes d’âge, particulièrement chez les enfants et les adolescents. Ces résultats indiquent que les caractéristiques contextuelles des environnements de consommation, c’est-à-dire le lieu et l’occasion de consommation des aliments, influent sur la consommation d’AUT et d’ATM. Ces résultats peuvent éclairer la conception de politiques et de programmes favorisant une saine alimentation.

En 2015, la maison est demeurée le principal lieu où les Canadiennes et les Canadiens consommaient la majeure partie de leur énergie quotidienne, un résultat peu différent de celui observé lors du précédent sondage national de 2004Note 16. Les repas pris à la maison fournissaient, en moyenne, la plus faible proportion de l’apport énergétique quotidien total provenant des AUT et la plus forte proportion provenant des ATM, comparativement aux repas consommés dans les restaurants, les établissements institutionnels et les « autres » lieux. Ces résultats concordent avec d’autres études montrant que le fait de manger à l’extérieur de la maison est généralement associé à une alimentation de moins bonne qualité, à un apport énergétique total plus élevé et à une plus forte consommation d’AUTNote 17, Note 18, Note 19. De plus, le fait de consommer davantage de repas à la maison peut supposer que l’on cuisine plus souvent,Note 20 ce qui est associé à une meilleure qualité globale de l’alimentation, à une consommation réduite d’AUT et à une consommation accrue d’ATM, comme l’ont démontré des études menées aux États-Unis et au Royaume-UniNote 21, Note 22. Le Guide alimentaire canadien de 2019 recommande d’ailleurs de cuisiner pour favoriser de saines habitudes alimentaires et réduire la dépendance aux aliments hautement transformésNote 3.

Même si la présente étude ne disposait pas de données précises sur les pratiques de cuisson et de préparation des aliments, elle a toutefois permis d’observer des variations dans les profils de transformation (c’est-à-dire les contributions énergétiques relatives des AUT et des ATM) selon les différents repas pris à la maison, lesquels comportent généralement des niveaux variables de préparation. Par exemple, les AUT représentaient plus de la moitié de l’énergie consommée au déjeuner, tant à la maison que dans les autres lieux de consommation étudiés. Le déjeuner tend à être un repas simple qui demande peu de préparation, surtout lorsqu’on manque de temps, les aliments les plus souvent consommés étant les céréales pour le déjeuner et le pain emballé.Note 23, Note 24. Les résultats de la présente étude donnent à penser que les déjeuners, qu’ils soient pris à la maison ou à l’extérieur, présentent des profils de transformation comparables et défavorables. À l’inverse, le souper pris à la maison offrait le profil de transformation le plus avantageux par rapport aux autres repas. Le repas du soir est généralement le plus consistant et le plus structuré de la journée, il dure plus longtemps et demande plus de préparation que les autres repasNote 23. Dans des études portant sur les aliments consommés à différentes occasions de la journée auprès d’échantillons australiens, norvégiens et américains, le souper était le repas qui contribuait le plus à l’apport en légumes ainsi qu’en viandes, en volailles ou en poissonsNote 25, Note 26, Note 27. De plus, la préparation du souper fait souvent intervenir plusieurs membres du ménage (par ex. des enfants qui aident à préparer les aliments ou à mettre la table), et il s’agit du repas le plus souvent partagé en familleNote 28, Note 29, Note 30. Au Canada, une participation plus fréquente des jeunes à la préparation des repas familiaux est associée à une consommation plus élevée de fruits et de légumes, ainsi qu’à une réduction de la consommation de repas préparés à l’extérieur de la maisonNote 28, Note 29. Dans l’ensemble, ces constatations soulignent l’importance du souper pour ce qui est du profil nutritionnel et de la transformation des aliments. Ces renseignements peuvent présenter un intérêt pour les programmes et les messages de nutrition en santé publique au Canada visant à renforcer le souper et à améliorer la qualité diététique d’autres occasions de repas, comme le déjeuner.

Lorsqu’on considère l’apport énergétique provenant des AUT pour l’ensemble des repas consommés à la maison, la présente étude a mis en évidence une consommation relativement élevée (supérieure à 40 % de l’énergie totale consommée à la maison). Des rapports antérieurs provenant du Royaume-Uni et des États-Unis ont également mentionné des niveaux élevés de consommation d’AUT à la maison, même parmi les personnes vivant dans des ménages où les repas étaient préparés régulièrementNote 21, Note 22, Note 31. Cela n’a rien d’étonnant, compte tenu de l’omniprésence des AUT dans l’approvisionnement alimentaireNote 2, du fait que les aliments prêts à manger ou à réchauffer peuvent être achetés à l’extérieur et consommés à la maison, et des perceptions variées du public de ce que représente « cuisiner » (par ex., cuisiner à partir d’ingrédients de base ou d’aliments entiers, par opposition à l’utilisation d’ingrédients ultratransformés et de plats préparés)Note 32, Note 33. Dans une étude canadienne récente portant sur les jeunes de 16 à 30 ans, on a estimé que plus du quart de tous les repas préparés à la maison au cours d’une semaine étaient des aliments prêts à consommer ou préparés (comme les plats surgelés, les repas pour micro-ondes ou les repas préemballés), sans toutefois faire la distinction entre les différentes occasions de consommation d’alimentsNote 34. Les résultats de la présente étude s’ajoutent aux travaux de recherche antérieurs en montrant qu’au Canada, la part énergétique des AUT consommés à domicile était plus élevée au déjeuner et lors des collations qu’au souper ou au dîner.

Les établissements institutionnels comme les garderies, les écoles et les lieux de travail constituaient le lieu de consommation des aliments le plus fréquent après la maison. Les enfants, les adolescents et les adultes en âge de travailler passent généralement une grande partie de leurs journées à l’école ou au travail et, comme on pouvait s’y attendre, consommaient une proportion plus élevée de leur apport énergétique quotidien total dans ces établissements institutionnels que les adultes à la retraite âgés de 65 ans et plus. Après les repas pris à la maison, les repas consommés dans les établissements institutionnels fournissaient, en moyenne, la part la plus faible d’apport énergétique provenant des AUT et la part la plus élevée provenant des ATM parmi les quatre lieux étudiés. Ces résultats concordent avec plusieurs études européennes menées auprès d’adultes, qui ont également constaté que la qualité nutritionnelle des aliments consommés au travail et à la maison était généralement comparableNote 31, Note 35, Note 36. Le fait d’apporter de la nourriture préparée à la maison pour la manger au travail, une pratique courante chez de nombreux adultes, peut contribuer à cette comparabilité observée, puisque la composition de ces repas préparés à la maison est probablement semblable à celle des repas consommés à domicileNote 35.

Dans la présente étude, on a observé des variations selon l’âge pour les repas (principalement les dîners et les collations) consommés dans les établissements institutionnels : chez les enfants d’âge scolaire et les adolescents, les AUT contribuaient à une part plus élevée de l’apport énergétique total, et les ATM à une part plus faible, comparativement aux jeunes enfants et aux adultes. En l’absence d’un programme national d’alimentation en milieu scolaire au Canada, les enfants d’âge scolaire dépendent largement des dîners préparés à la maison ou des aliments achetés à l’extérieur de l’école comme principales sources d’aliments consommés pendant les heures de classeNote 37. Les résultats de la présente étude confirment la validité des données probantes canadiennes précédentes indiquant que la qualité nutritionnelle des aliments consommés par les enfants et les adolescents pendant la journée scolaire est sous-optimaleNote 37, Note 38. Alors que le Canada se prépare à élaborer son premier programme national d’alimentation en milieu scolaireNote 39, ces résultats peuvent contribuer à orienter la conception du programme en approfondissant la compréhension de l’apport énergétique des enfants dans les établissements institutionnels, selon le type de transformation des aliments.

Les repas consommés dans les restaurants et les « autres » lieux, comme les dépanneurs, les épiceries et les installations de sports ou de loisirs, fournissaient de façon constante des parts de l’apport énergétique relativement élevées provenant des AUT et de faibles parts provenant des ATM. De plus, les aliments préparés dans les restaurants, en particulier dans les établissements à service rapide, sont généralement faibles en nutriments et à haute teneur en énergieNote 40, Note 41, Note 42, et leur consommation régulière a été associée à une moins bonne qualité de l’alimentation, à des apports énergétiques plus élevés et à des effets cardiométaboliques défavorablesNote 17, Note 43, Note 44, Note 45. La présente étude a permis de constater que, bien que la consommation d’AUT dans les restaurants, en proportion de l’apport énergétique total consommé dans ces établissements, soit élevée pour tous les groupes d’âge (plus de 50 %), elle était particulièrement élevée chez les enfants et les adolescents (plus de 65 %). Ces observations concordent avec des données montrant que la transition vers la fin de l’enfance et l’adolescence s’accompagne d’une détérioration de la qualité de l’alimentation, notamment une diminution de la consommation d’ATM (comme les fruits et les légumes) et une augmentation des aliments à haute teneur énergétique et faibles en nutriments, comme ceux consommés dans les restaurants à service rapideNote 46, Note 47. Une analyse antérieure de l’ESCC – Nutrition de 2015 a montré que, lorsque les Canadiennes et les Canadiens mangeaient au restaurant, les enfants et adolescents le faisaient le plus souvent dans un établissement à service rapide (par ex. un établissement de restauration rapide ou une pizzeria), tandis que les adultes fréquentaient plutôt des restaurants à service completNote 48. Les établissements à service rapide offrent généralement une proportion beaucoup plus élevée d’AUT (comme les boissons gazeuses, les frites ou les hamburgers ultratransformés) que les restaurants à service completNote 31. Par ailleurs, la consommation régulière d’aliments provenant d’établissements à service rapide, par rapport aux autres types de restaurants, a été associée de façon différentielle à la prise de poids et à des résultats métaboliques défavorablesNote 44, Note 45, Note 49. Dans l’ensemble, ces données probantes soulignent la nécessité de poursuivre les efforts visant à améliorer la valeur nutritive des boissons et des aliments offerts dans les restaurants et les autres lieux de consommation à l’extérieur du domicile, particulièrement ceux fréquentés par les enfants et les jeunes.

La présente étude comporte plusieurs limites. Dans l’ESCC – Nutrition de 2015, le terme « lieu de consommation » faisait référence à l’endroit où la nourriture était consommée, et non à l’endroit où elle avait été achetée ou préparée. Cela signifie que certains aliments consommés à la maison, dans des établissements institutionnels ou dans d’« autres » lieux pouvaient avoir été obtenus ailleurs (par ex. des repas provenant d’un comptoir de mets à emporter, mais consommés à la maison ou au travail). La plupart des repas consommés dans les restaurants provenaient probablement directement de ces établissements, ce qui pourrait atténuer les différences observées entre les restaurants et les autres lieux étudiés. De plus, lors de la classification des aliments et des boissons selon le système NOVA, une certaine marge d’erreur de classification est possible, en raison du manque de précisions sur les marques, les types de transformation ou les lieux de préparation. L’étude repose également sur une seule journée de rappel alimentaire de 24 heures, ce qui ne permet pas de saisir toutes les variations dans les habitudes alimentaires d’une personne et peut ne pas refléter l’apport alimentaire habituel des personnes. Les moyennes de groupes obtenues à partir d’un seul rappel alimentaire représentent des estimations non biaisées au niveau de la populationNote 15.

Les résultats de la présente étude reposent sur des données de 2015. Bien que celles-ci constituent les plus récentes données nationales sur la nutrition disponibles, représentatives de la population pour le Canada, elles risquent de ne pas refléter la situation actuelle. Cependant, plutôt que de porter sur des estimations de prévalence, cette étude visait à examiner les tendances de la consommation d’AUT et d’ATM selon le lieu et l’occasion de consommation, ce qui demeure pertinent. Des données plus récentes sur ce que les Canadiennes et les Canadiens mangent et boivent selon le lieu et l’occasion de consommation permettraient de fournir des renseignements précieux aux chercheurs, aux professionnels de la santé publique et aux décideurs. Cela est particulièrement important compte tenu de l’environnement alimentaire actuel qui facilite l’accès aux aliments préparés à l’extérieur de la maison par l’entremise des applications de livraison de repas et de la hausse du coût des aliments et des autres produits de première nécessité depuis 2021Note 50, Note 51. De futures études, y compris celles qui évalueront l’apport alimentaire selon le type de transformation, devraient porter sur le lieu et l’occasion de consommation et la source (c’est-à-dire le lieu d’achat et la méthode de préparation), afin de mieux comprendre les habitudes alimentaires de la population et les facteurs contextuels qui influencent ces comportements.

Conclusion

Dans la présente étude descriptive, menée à l’échelle nationale, on décrit les lieux les plus courants où les Canadiennes et les Canadiens consommaient différents repas au cours de la journée, ainsi que la manière dont l’apport énergétique provenant des AUT et des ATM variait selon ces contextes. Les résultats révèlent que le lieu et l’occasion de consommation ont une influence réelle sur la proportion d’AUT et d’ATM consommés. Les conclusions de l’étude confirment le rôle défavorable des restaurants en matière de consommation d’AUT et d’ATM, particulièrement chez les enfants et les jeunes; en outre, elles mettent en évidence le rôle favorable du souper (repas du soir) pris à la maison. Ces constatations soulignent l’importance des caractéristiques contextuelles des environnements alimentaires pour la compréhension des comportements alimentaires. Elles peuvent servir à orienter la conception de politiques et de programmes visant à réduire la consommation d’AUT, à favoriser celle d’ATM et, plus largement, à promouvoir des environnements favorables à une saine alimentation.


Tableau 1 en annexe
Contribution énergétique moyenne (pourcentage de kcal) des AUT et des ATM selon le groupe d’âge et le lieu de consommation, population à domicile âgée de 2 ans et plus, Canada (à l’exclusion des territoires), 2015
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Contribution énergétique moyenne (pourcentage de kcal) des AUT et des ATM selon le groupe d’âge et le lieu de consommation. Les données sont présentées selon Groupe d’âge (années) et
Lieu de consommation (titres de rangée) et AUT, ATM, Moyenne
(% de kcal) et Intervalle de confiance
à 95 %(figurant comme en-tête de colonne).
Groupe d’âge (années) et
Lieu de consommation
AUT ATM
Moyenne
(% de kcal)
Intervalle de confiance
à 95 %
Moyenne
(% de kcal)
Intervalle de confiance
à 95 %
de à de à
Jeunes enfants âgés de 2 à 5 ans
Maison 45,5 43,4 47,5 43,5 41,6 45,4
Restaurant 75,7 67,6 83,7 18,4Note E: à utiliser avec prudence 10,7 26,1
Établissement institutionnel 48,0 43,3 52,8 39,7 36,1 43,3
Autre lieu 59,2 54,0 64,5 30,0 26,0 34,0
Enfants âgés de 6 à 12 ans
Maison 48,7 47,3 50,1 39,5 38,2 40,7
Restaurant 65,9 60,7 71,1 24,0 19,3 28,6
Établissement institutionnel 60,4 58,2 62,5 28,4 26,7 30,1
Autre lieu 61,0 57,4 64,5 25,7 23,4 28,1
Adolescents âgés de 13 à 18 ans
Maison 46,8 45,3 48,2 40,0 38,6 41,4
Restaurant 71,1 66,6 75,7 18,4 15,0 21,8
Établissement institutionnel 60,2 56,7 63,8 29,0 25,9 32,1
Autre lieu 60,5 56,6 64,3 26,4 23,3 29,5
Jeunes adultes âgés de 19 à 30 ans
Maison 42,6 40,2 44,9 42,9 40,8 45,1
Restaurant 53,6 45,7 61,4 33,5 25,4 41,6
Établissement institutionnel 46,2 41,9 50,6 37,8 33,9 41,6
Autre lieu 54,1 47,9 60,3 31,2 25,9 36,5
Adultes âgés de 31 à 64 ans
Maison 40,8 39,6 42,0 43,0 41,9 44,2
Restaurant 60,9 57,2 64,5 27,0 24,4 29,7
Établissement institutionnel 40,0 37,5 42,5 42,8 39,9 45,6
Autre lieu 51,2 47,6 54,8 32,7 29,3 36,1
Adultes plus âgés de 65 ans et plus
Maison 44,2 43,1 45,3 40,7 39,6 41,8
Restaurant 55,1 49,5 60,8 29,8 25,6 34,1
Établissement institutionnel 43,7 38,2 49,2 37,6 32,8 42,5
Autre lieu 46,1 40,4 51,8 32,0 28,4 35,6

Tableau 2 en annexe
Contribution énergétique moyenne (pourcentage de kcal) des AUT et des ATM selon le groupe d’âge et l’occasion de consommation des aliments, population à domicile âgée de 2 ans et plus, Canada à l’exclusion des territoires, 2015
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Contribution énergétique moyenne (pourcentage de kcal) des AUT et des ATM selon le groupe d’âge et l’occasion de consommation des aliments. Les données sont présentées selon Groupe d’âge (années) et
occasion de consommation (titres de rangée) et AUT, ATM, Moyenne
(% de kcal) et Intervalle de confiance
à 95 %(figurant comme en-tête de colonne).
Groupe d’âge (années) et
occasion de consommation
AUT ATM
Moyenne
(% de kcal)
Intervalle de confiance
à 95 %
Moyenne
(% de kcal)
Intervalle de confiance
à 95 %
de à de à
Jeunes enfants âgés de 2 à 5 ans
Déjeuner 53,8 50,7 56,9 39,3 36,5 42,0
Dîner 51,9 48,5 55,4 35,8 32,6 39,0
Souper 35,4 32,2 38,7 52,5 49,6 55,5
Collation 52,3 49,6 55,0 36,0 33,7 38,3
Enfants âgés de 6 à 12 ans
Déjeuner 57,5 55,3 59,6 34,6 32,8 36,4
Dîner 56,0 53,9 58,2 31,4 29,5 33,3
Souper 36,8 34,8 38,7 48,8 46,9 50,6
Collation 65,3 63,1 67,4 23,8 22,1 25,4
Adolescents âgés de 13 à 18 ans
Déjeuner 57,8 55,7 59,9 32,5 30,7 34,2
Dîner 55,6 52,6 58,6 32,0 29,5 34,4
Souper 36,0 33,8 38,1 48,7 46,7 50,8
Collation 64,7 62,4 67,1 23,4 21,6 25,2
Jeunes adultes âgés de 19 à 30 ans
Déjeuner 53,8 49,9 57,7 33,4 29,7 37,1
Dîner 44,3 40,5 48,2 40,6 37,2 44,0
Souper 34,6 31,5 37,7 51,0 48,0 54,0
Collation 55,0 50,9 59,2 29,4 24,9 33,9
Adultes âgés de 31 à 64 ans
Déjeuner 52,5 50,8 54,1 34,1 32,6 35,7
Dîner 44,9 43,0 46,8 39,2 37,4 41,1
Souper 33,1 31,5 34,6 51,6 50,2 53,1
Collation 50,8 48,7 52,9 30,1 28,3 31,9
Adultes plus âgés de 65 ans et plus
Déjeuner 53,5 51,6 55,5 34,7 32,9 36,6
Dîner 48,8 46,6 51,1 35,5 33,5 37,5
Souper 33,8 32,2 35,3 49,9 48,3 51,5
Collation 51,7 49,4 54,0 29,7 27,7 31,6
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