Rapports sur la santé
Syndrome métabolique chez les adultes canadiens, 2007 à 2019

Date de diffusion : le 17 septembre 2025

DOI: https://www.doi.org/10.25318/82-003-x202500900001-fra

Résumé

Contexte

Le syndrome métabolique (SM) est une importante cause de morbidité et de mortalité cardiovasculaires. La présente étude fournit une mise à jour de la prévalence du SM et de ses composantes chez les adultes canadiens âgés de 18 à 79 ans pour la période de 2016 à 2019, selon le groupe d’âge et le sexe. Elle permet également d’examiner les tendances de la prévalence du SM et de ses composantes au fil du temps dans cette population, de 2007 à 2019.

Données et méthodes

La présente étude repose sur les données des cycles 1 et 6 (2007 à 2019) de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé. Le SM a été défini comme la présence d’au moins trois des composantes suivantes : tour de taille élevé, triglycérides élevés, faible taux de cholestérol à lipoprotéines de haute densité (LHD), hypertension artérielle et glycémie à jeun élevée.

Résultats

Au cours de la période de 2016 à 2019, 26,1 % des adultes canadiens âgés de 18 à 79 ans étaient atteints de SM. La prévalence du SM était similaire chez les femmes (25,2 %) et chez les hommes (27,0 %) et augmentait avec l’âge pour passer de 11,1 % chez les 18 à 39 ans à 44,3 % chez les 60 à 79 ans. La prévalence du SM est restée stable entre la période de 2007 à 2011 et celle de 2016 à 2019. Chez les personnes atteintes du SM au cours de la période allant de 2016 à 2019, le tour de taille élevé était la composante la plus courante (90,0 %), suivie de la glycémie à jeun élevée (70,6 %) et du faible taux de cholestérol LHD (65,8 %). La prévalence de toutes les composantes du SM augmentait avec l’âge, à l’exception du faible taux de cholestérol LHD, qui diminuait de manière notable avec l’âge.

Interprétation

La prévalence du SM chez les adultes est restée stable au fil du temps au Canada. Le faible taux de cholestérol LHD semble être la principale composante du SM chez les jeunes adultes.

Mots-clés

Obésité, diabète, hypertension, tension artérielle, cholestérol, triglycérides

Auteurs

Hugues Sampasa-Kanyinga et Thomas Ferrao travaillent au Centre de l’intégration des données sur la santé et des mesures directes de Statistique Canada.

 

Ce que l’on sait déjà sur le sujet

  • Le syndrome métabolique (SM) survient lorsqu’une personne présente au moins trois des conditions suivantes : tour de taille élevé, taux élevé de triglycérides, faible taux de cholestérol à lipoprotéines de haute densité, hypertension artérielle et glycémie à jeun élevée. Le SM augmente considérablement le risque de maladies cardiovasculaires et de diabète de type 2.
  • La prévalence mondiale du SM dans la population adulte générale allait de 12,5 % à 31,4 %, selon la définition utilisée, et elle est en hausse, ce qui constitue un problème de santé publique important à l’échelle mondiale.
  • Les données de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé utilisées dans les études portant sur la prévalence du SM chez les adultes canadiens sont obsolètes (2007 à 2011), ce qui fait ressortir la nécessité d’étudier la prévalence mise à jour du SM dans les données les plus récentes disponibles pour cette enquête (2016 à 2019).

Ce qu’apporte l’étude

  • Au cours de la période de 2016 à 2019, un peu plus de 1 adulte canadien sur 4 âgé de 18 à 79 ans souffrait du SM selon les critères de la déclaration commune provisoire de 2009.
  • La prévalence du SM augmente avec l’âge et est similaire chez les femmes et les hommes.
  • La prévalence du SM chez les adultes est restée stable au fil du temps au Canada.
  • Un tour de taille élevé et une glycémie à jeun élevée restent les composantes les plus répandues chez les personnes atteintes du SM.

Introduction

Le syndrome métabolique (SM) est un ensemble de facteurs de risque multiples, notamment l’obésité abdominale (ou tour de taille élevé), un taux élevé de triglycérides, un faible taux de cholestérol à lipoprotéines de haute densité (LHD), une glycémie à jeun élevée et une hypertension artérielle. Le SM est un facteur important de maladies cardiovasculaires et de diabète de type 2. Les recherches indiquent que le SM double le risque de maladies cardiovasculaires et multiplie par cinq le risque de diabèteNote 1, Note 2. La prévalence du SM est en hausse chez les adultes, ce qui constitue un problème de santé publique mondialNote 3, Note 4. Une méta-analyse récente menée auprès de la population adulte générale a indiqué que la prévalence mondiale du SM variait de 12,5 % (intervalle de confiance [IC] à 95 % : de 10,2 % à 15,0 %) à 31,4 % (IC à 95 % : de 29,8 % à 33,0 %) selon la définition utiliséeNote 5.

Plusieurs définitions du SM ont été proposées par différentes organisations au fil du tempsNote 6, notamment par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en 1998Note 7; le Groupe européen pour l’étude de la résistance à l’insuline en 1999Note 8; le Adult Treatment Panel III (ATP III) du National Cholesterol Education Program (NCEP) en 2001Note 9; l’American Heart Association et le National Heart, Lung, and Blood Institute (AHA/NHLBI) en 2004Note 10; la Fédération internationale du diabète (FID) en 2005Note 10; la déclaration commune provisoire de l’AHA/NHLBI et de la FID en 2009Note 11.

Ces variations rendent difficile la comparaison de la prévalence du SM entre les études. Par exemple, dans les études antérieures reposant sur l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS), Riediger et coll. (2011) ont appliqué la définition du de l’ATP III du NCEP et la déclaration commune provisoire de 2009, en utilisant deux séries de seuils de circonférence de la taille, car ils ont trouvé des preuves limitées à l’appui de l’un ou l’autre seuilNote 12. En revanche, Clarke et Janssen (2013) ont utilisé la déclaration commune provisoire de 2009 ayant des seuils de circonférence de la taille harmonisés avec les recommandations de Santé CanadaNote 13. Enfin, Rao et coll. (2014) ont appliqué trois définitions : la version révisée de l’ATP III du NCEP (qui repose sur des critères révisés de tour de taille), celle de la FID et celle de la déclaration commune provisoire de 2009Note 14. Quelle que soit la définition utilisée, les données ont montré que les personnes atteintes du SM présentaient un risque accru de maladies cardiovasculaires et de diabèteNote 15, Note 16. Des efforts de surveillance continus sont nécessaires pour contribuer à une meilleure prévention et prise en charge du SM au Canada.

Outre les défis liés à la définition du SM, l’OMS a recommandé d’utiliser des seuils de mesure du tour de taille propres à chaque ethnie. Pour les adultes d’origine ethnique principalement sud-asiatique, sud-est asiatique ou est-asiatique, des seuils plus bas sont recommandés (90 centimètres ou plus pour les hommes et 80 centimètres ou plus pour les femmes) comme indicateurs d’un risque accru d’adiposité viscérale et de développement de comorbidités cardiométaboliques. Pour les adultes d’autres origines ethniques, des seuils plus élevés sont utilisés : 102 centimètres ou plus pour les hommes et 88 centimètres ou plus pour les femmesNote 11, Note 17. Cela est particulièrement important parce que le Canada est un pays multiculturel, qui compte 5,7 millions de personnes d’origine sud-asiatique, est-asiatique ou sud-asiatique selon le recensement de 2021Note 18.

L’ECMS est une enquête nationale représentative permanente qui vise à recueillir des renseignements sur la santé déclarés par les participants et des mesures physiques directes, notamment des échantillons sanguins et le tour de taille. Dans des études antérieures, on a utilisé les données du cycle 1 (2007 à 2009) ou du cycle 2 (2009 à 2011) de l’ECMS pour examiner la prévalence du SM en relation avec différents résultats chez les adultes canadiensNote 12, Note 13, Note 14. Alors que six cycles de données de l’ECMS sur 12 ans (2007 à 2019) sont maintenant disponibles, il est utile d’étudier la prévalence mise à jour du SM chez les adultes fondée sur les critères de définition les plus récents du SM (la déclaration commune provisoire de 2009, qui tient compte de l’obésité abdominale ethnique) dans un échantillon représentatif d’adultes canadiensNote 11. Cette approche facilite les comparaisons entre les études récentes et améliore la compréhension du fardeau que représente le SM pour la population canadienne.

À l’aide des données nationales représentatives les plus récentes de l’ECMS (2016 à 2019), la présente étude fournit une mise à jour de la prévalence du SM et de ses composantes chez les adultes canadiens âgés de 18 à 79 ans, par groupe d’âge et par sexe. Elle porte également sur les tendances de la prévalence du SM et de ses composantes au fil du temps dans cette population, de 2007 à 2019.

Méthodes

Sources des données

Les données proviennent des cycles 1 (2007 à 2009) à 6 (2018 à 2019) de l’ECMS, une enquête transversale menée par Statistique Canada en partenariat avec Santé Canada et l’Agence de la santé publique du Canada auprès de Canadiens âgés de 3 à 79 ans (sauf dans le cycle 1, où les participants étaient âgés de 6 à 79 ans)19. Les données des cycles 1 à 6 restent pertinentes, car la collecte des données pour le cycle 7 (2022 à 2024) est terminée, mais les résultats ne sont pas encore disponibles. De plus, la combinaison des cycles renforce la puissance statistique. L’ECMS est conçue pour fournir des données représentatives de la population canadienne vivant dans des logements privés dans les 10 provinces au cours de cycles de deux ans. L’enquête exclut les personnes vivant dans les territoires, dans les réserves des Premières Nations ou dans des établissements institutionnels, ainsi que les membres à temps plein des Forces canadiennes et les résidents de certaines régions éloignées ou à faible densité de population. Les données sociodémographiques et les renseignements sur les facteurs de risque liés à la santé, l’état de santé et la consommation de médicaments sont recueillis à domicile au moyen d’interviews générales sur la santé, suivies d’une visite dans un centre d’examen mobile, où des échantillons de sang et d’urine sont prélevés et d’autres mesures physiques directes, comme la taille, le poids et la tension artérielle, sont prises. Les répondants fournissent une liste de tous les médicaments sur ordonnance et les produits en vente libre qu’ils ont pris au cours du mois précédent. Tous les médicaments consignés ont été codés à l’aide du Système de classification anatomique thérapeutique chimique (ATC). Des renseignements supplémentaires sur la méthodologie de l’enquête et la collecte des données sont décrits ailleursNote 19, Note 20.

Afin d’accroître la puissance statistique, de produire des estimations par sexe et par groupe d’âge et de comparer les données au fil du temps, les six cycles ont été regroupés en trois paires comme suit : le cycle 1 (2007 à 2009) et le cycle 2 (2009 à 2011), le cycle 3 (2012 à 2013) et le cycle 4 (2014 à 2015), et le cycle 5 (2016 à 2017) et le cycle 6 (2018 à 2019). Les données les plus récentes, celles de 2016 à 2019, ont été considérées comme la période de référence. Les analyses ont été limitées aux répondants âgés de 18 à 79 ans qui avaient jeûné avant les tests effectués à la clinique mobile et qui n’étaient pas enceintes au moment de la collecte des données : n = 3 734 pour les cycles 1 et 2, n = 3 404 pour les cycles 3 et 4, et n = 3 334 pour les cycles 5 et 6. Les personnes dont les données sur le tour de taille, les triglycérides plasmatiques, la glycémie, le cholestérol LHD et la tension artérielle étaient incomplètes ont été exclues de l’analyse. La taille définitive des échantillons analytiques était la suivante : cycles 1 et 2 (2007 à 2011), n = 3 694 ; cycles 3 et 4 (2012 à 2015), n = 3 366 ; cycles 5 et 6 (2016 à 2019), n = 3 296.

Mesures et définitions

Des renseignements détaillés sur les procédures de mesure des composantes du SM sont disponibles en ligneNote 21, Note 22. Pour résumer, le tour de taille a été mesuré au dixième de centimètre près, au milieu de la dernière côte flottante et au sommet de la crête iliaque, à la fin d’une expiration normale, à l’aide d’un ruban à mesurer Gulick. L’obésité abdominale, définie par un tour de taille élevé, indique un risque accru d’adiposité viscérale et de comorbidités cardiométaboliques. La tension artérielle au repos a été mesurée électroniquement à l’aide d’un appareil BpTRU BPM-200 (BpTRU Medical Devices Ltd., Coquitlam, Colombie-Britannique). Après cinq minutes de repos, au moins six mesures ont été prises automatiquement, à une minute d’intervalle, et la tension artérielle systolique et diastolique moyenne a été déterminée à partir des cinq dernières mesures. L’hypertension artérielle a été définie à l’aide des seuils présentés dans le tableau 1 ou en déterminant si les répondants avaient pris un médicament antihypertenseur au cours du mois précédant la mesure. Cela comprenait les médicaments dont le code ATC commençait par C02, C03, C07, C08, C09, C04AA02 ou C04AB01, ou une réponse « oui » à la question : « Au cours du mois dernier, avez-vous pris des médicaments pour l’hypertension artérielle? »


Tableau 1
Définition du syndrome métabolique
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Définition du syndrome métabolique . Les données sont présentées selon Critère (titres de rangée) et Seuil pour les hommes et Seuil pour les femmes(figurant comme en-tête de colonne).
Critère Seuil pour les hommes Seuil pour les femmes
Obésité abdominale (seuils bas pour le tour de taille)Tableau 1 Note 1 Tour de taille de 90 cm ou plus Tour de taille de 80 cm ou plus
Obésité abdominale (seuils élevés pour le tour de taille)Tableau 1 Note 2 Tour de taille de 102 cm ou plus Tour de taille de 88 cm ou plus
Taux élevé de triglycérides plasmatiques 1,7 mmol/L ou plus 1,7 mmol/L ou plus
Glycémie à jeun élevée 5,6 mmol/L ou plus 5,6 mmol/L ou plus
Faible taux de cholestérol LHD Moins de 1,03 mmol/L Moins de 1,30 mmol/L
Hypertension artérielle 130/85 mmHg ou plus 130/85 mmHg ou plus

Des échantillons de sang veineux ont été prélevés après une période de jeûne de 10 heures. Le glucose, les triglycérides et le cholestérol LHD ont été mesurés dans le sérum. À partir du cycle 5, le laboratoire de référence pour le glucose, le cholestérol LHD et les triglycérides a changé, et le glucose est désormais mesuré à l’aide du test hexokinase ultraviolet sur un analyseur Roche Cobas C501. Une glycémie à jeun élevée a été définie à l’aide des seuils indiqués dans le tableau 1 ou en déterminant si les répondants avaient pris des médicaments contre le diabète au cours du mois précédent (codes ATC commençant par A10). Le cholestérol LHD et les triglycérides sont mesurés à l’aide de la méthode colorimétrique enzymatique homogène sur un analyseur Roche Cobas C501Note 22. Des triglycérides élevés et un faible taux de cholestérol LHD ont été définis à l’aide des seuils indiqués dans le tableau 1. Il n’y a aucune question axée sur les médicaments hypolipidémiants, mais les codes ATC suivants ont été utilisés pour désigner les médicaments liés aux triglycérides : C04AC01, C04AC03, C10AB01, C10AB02, C10AB04, C10AB05, C10AC01, C10AC02, C10AX02 et C10AX06. Pour le LHD, les codes suivants ont été utilisés : C04AC01, C04AC03, C10AB01, C10AB02, C10AB04, C10AB05, C10AC01, C10AC02 et C10AX02.

Le SM a été défini selon les critères et la définition publiés dans la déclaration commune provisoire de 2009, comme indiqué dans le tableau 111. Le SM était considéré comme présent si trois des cinq critères suivants étaient remplis : obésité abdominale (définie par un tour de taille élevé), taux élevé de triglycérides plasmatiques, glycémie à jeun élevée, faible taux de cholestérol LHD et hypertension artérielle.

Analyses statistiques

Toutes les analyses statistiques ont été réalisées à l’aide de la version 9.4 de SAS (SAS Institute, Cary, Caroline du Nord) et du logiciel SUDAAN 11.0.3 (RTI International, Durham, Caroline du Nord). La prévalence brute et normalisée selon l’âge du SM et de toutes ses composantes, notamment le tour de taille élevé, le taux élevé de triglycérides plasmatiques, le taux élevé de triglycérides plasmatiques, l’hyperglycémie à jeun, le faible taux de cholestérol LHD et l’hypertension artérielle, a été calculée. Les estimations ont été normalisées selon l’âge à l’aide de la population mondiale standard de l’OMS en utilisant la méthode directeNote 23. La normalisation selon l’âge représente la prévalence potentielle d’un résultat si la population étudiée avait la même répartition par âge qu’une population standard donnée. Un tableau croisé a été utilisé pour évaluer la relation entre le SM et toutes ses composantes par groupe d’âge (18 à 39 ans, 40 à 59 ans et 60 à 79 ans), par sexe (hommes et femmes) et par année d’enquête (2007 à 2011, 2012 à 2015 et 2016 à 2019). Un test du chi carré ajusté en fonction du plan d’enquête a été utilisé pour vérifier l’existence de différences significatives. Les pondérations de l’enquête pour le sous-échantillon à jeun calculées par Statistique Canada ont été utilisées afin de garantir que les analyses de cette sous-population restreinte restent représentatives de la population canadienne. Les pondérations pour les cycles combinés et les degrés de liberté du dénominateur approprié ont été intégrés à l’analyse. Afin de tenir compte des effets du plan d’enquête, 500 poids de rééchantillonnage bootstrap ont été utilisés pour calculer l’estimation de la variance (IC à 95 %) et effectuer des tests de signification. Le seuil statistique a été fixé à p < 0,05.

Résultats

Au cours de la période de 2016 à 2019, 26,1 % (IC à 95 % : de 22,5 % à 30,0 %) des adultes canadiens âgés de 18 à 79 ans souffraient du SM (graphique 1). La prévalence brute du SM était similaire chez les femmes (25,2 %) et chez les hommes (27,0 %) et augmentait avec l’âge pour passer de 11,1 % chez les 18 à 39 ans à 44,3 % chez les 60 à 79 ans. Les mêmes tendances selon l’âge ont été observées chez les femmes (de 11,0 % chez les 18 à 39 ans à 38,0 % chez les 60 à 79 ans) et chez les hommes (de 11,1 % à 51,0 %) et des différences notables entre les femmes et les hommes ont été observées dans le groupe d’âge le plus élevé (c’est-à-dire les 60 à 79 ans). Dans ce groupe d’âge, le SM était plus fréquent chez les hommes (51,0 %) que chez les femmes (38,0 %) (graphique 1).

Graphique 1
Prévalence du syndrome métabolique selon le sexe et le groupe d’âge, population âgée de 18 à 79 ans, Canada, données combinées de 2016 à 2019

Description de la graphique 1 
Tableau de données du Graphique 1
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du Graphique 1 Les deux sexes, Hommes, Femmes, nombre, pourcentage et Intervalle
de confiance
à 95 %(figurant comme en-tête de colonne).
Les deux sexes Hommes Femmes
nombre pourcentage Intervalle
de confiance
à 95 %
nombre pourcentage Intervalle
de confiance
à 95 %
nombre pourcentage Intervalle
de confiance
à 95 %
de à de à de à
Tous âges confondus (prévalence brute) 873 26,1 22,5 30,0 480 27,0 22,8 31,6 393 25,2 20,7 30,4
Tous âges confondus (prévalence normalisée selon l’âge) 873 22,5 19,1 26,4 485 23,1 18,7 28,2 395 22,0 17,9 26,8
18 à 39 ans 144 11,1Note ** Note E: à utiliser avec prudence 7,5 16,1 77 11,1Note ** Note E: à utiliser avec prudence 6,4 18,6 67 11,0Note ** Note E: à utiliser avec prudence 7,5 16,0
40 à 59 ans 254 29,5Note ** 24,2 35,3 142 27,9Note ** 21,5 35,2 112 31,1 23,3 40,2
60 à 79 ans 475 44,3 38,5 50,3 261 51,0 44,0 58,0 214 38,0Note * 30,5 46,2

L’obésité abdominale (90,0 %) était la composante la plus courante du SM au cours de la période allant de 2016 à 2019, suivie de l’hyperglycémie à jeun (70,6 %), de l’hypertension artérielle (66,7 %) et du faible taux de cholestérol LHD (65,8 %) (tableau 2). La prévalence de l’obésité abdominale était plus élevée chez les femmes (97,7 %) que chez les hommes (86,6 %) et ne variait pas selon les groupes d’âge. La prévalence de l’hypertension artérielle était plus élevée chez les hommes (73,0 %) que chez les femmes (60,1 %), tandis que la prévalence des triglycérides plasmatiques élevés, de l’hyperglycémie à jeun et du faible taux de cholestérol LHD ne différait pas selon le sexe. La prévalence de l’hyperglycémie à jeun a augmenté considérablement avec l’âge pour passer de 57,2 % chez les 18 à 39 ans à 76,3 % chez les 60 à 79 ans. En revanche, la prévalence du faible taux de cholestérol LHD a diminué de manière notable avec l’âge pour passer de 90,3 % chez les 18 à 39 ans à 51,4 % chez les 60 à 79 ans. Les mêmes tendances selon l’âge ont été observées chez les femmes et chez les hommes pour l’hyperglycémie à jeun et le faible taux de cholestérol LHD. Chez les personnes âgées de 60 à 79 ans, les trois composantes les plus courantes du SM étaient l’obésité abdominale (91,9 %), suivie de l’hypertension artérielle (83,0 %) et de l’hyperglycémie à jeun (76,3 %).


Tableau 2
Prévalence des facteurs de risque du syndrome métabolique selon le sexe et le groupe d’âge, population âgée de 18 à 79 ans atteinte du syndrome métabolique , Canada, 2016 à 2019
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Prévalence des facteurs de risque du syndrome métabolique selon le sexe et le groupe d’âge Les deux sexes (N = 3 296), Hommes (N = 1 690), Femmes (N = 1 606), n, % et Intervalle
de confiance
à 95 %(figurant comme en-tête de colonne).
Les deux sexes (N = 3 296) Hommes (N = 1 690) Femmes (N = 1 606)
n % Intervalle
de confiance
à 95 %
n % Intervalle
de confiance
à 95 %
n % Intervalle
de confiance
à 95 %
de à de à de à
Obésité abdominale
Globalement (prévalence brute) 785 90,0 85,7 93,1 400 82,9 76,0 88,1 385 97,6Tableau 2 Note  78,3 92,2
Globalement (prévalence normalisée selon l’âge) 785 91,4 86,5 94,7 400 83,3 75,0 89,2 385 98,8 95,4 99,7
18 à 39 ans 131 94,3 88,6 97,2 65 88,9 73,0 96,0 66 99,7 95,3 100,0
40 à 59 ans 218 86,2 78,2 91,6 108 75,4 62,3 85,0 110 95,9Tableau 2 Note  77,6 99,4
60 à 79 ans 436 91,9 87,1 95,1 227 86,7 78,3 92,2 209 98,5Tableau 2 Note  94,9 99,6
Taux élevé de triglycérides plasmatiques
Globalement (prévalence brute) 524 59,1 52,4 65,4 316 62,6 54,2 70,3 208 55,4 45,8 64,5
Globalement (prévalence normalisée selon l’âge) 524 63,8 55,7 71,3 316 71,6 59,4 81,4 208 64,5 55,4 72,7
18 à 39 ans 110 63,1 50,1 74,5 70 73,1Note E: à utiliser avec prudence 40,8 91,4 40 53,0Note E: à utiliser avec prudence 24,6 79,5
40 à 59 ans 173 62,5 48,0 75,1 103 66,4 47,7 81,1 70 59,0 42,4 73,8
60 à 79 ans 241 54,3 48,0 60,5 143 55,9 46,0 65,3 98 52,3 39,5 64,9
Glycémie à jeun élevée
Globalement (prévalence brute) 652 70,6 64,3 76,3 376 73,7 64,7 81,2 276 67,3 57,3 76,0
Globalement (prévalence normalisée selon l’âge) 652 61,8 52,2 70,5 376 61,7 46,2 75,2 276 57,7 45,6 69,0
18 à 39 ans 80 57,2Tableau 2 Note  42,3 70,9 44 48,0Note E: à utiliser avec prudence Tableau 2 Note  20,8 76,4 36 66,7Note E: à utiliser avec prudence 35,6 87,9
40 à 59 ans 181 70,0 61,5 77,4 105 74,9 61,4 84,9 76 65,7 52,5 76,8
60 à 79 ans 391 76,3 63,6 85,5 227 81,7 69,8 89,6 164 69,4 48,9 84,4
Faible taux de cholestérol à lipoprotéines de haute densité
Globalement (prévalence brute) 540 65,8 60,8 70,6 280 62,8 54,9 70,0 260 69,1 58,9 77,8
Globalement (prévalence normalisée selon l’âge) 540 80,4 76,0 84,1 280 78,6 72,5 83,6 260 81,6 72,9 88,0
18 à 39 ans 126 90,3Tableau 2 Note  66,7 97,8 62 91,8Tableau 2 Note  63,8 98,6 64 88,8Tableau 2 Note  51,7 98,3
40 à 59 ans 183 71,2Tableau 2 Note  60,7 79,9 99 69,3Tableau 2 Note  55,5 80,3 84 73,0Tableau 2 Note  57,9 84,1
60 à 79 ans 231 51,4 45,5 57,4 119 47,5 38,7 56,5 112 56,4 43,9 68,1
Hypertension artérielle
Globalement (prévalence brute) 618 66,7 59,2 73,5 345 73,0 64,4 80,2 273 60,1Tableau 2 Note  50,8 68,8
Globalement (prévalence normalisée selon l’âge) 618 47,6 37,4 58,1 345 58,3 44,1 71,2 273 37,3 30,1 45,0
18 à 39 ans 39 16,0Note E: à utiliser avec prudence Tableau 2 Note  7,8 30,1 20 Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié 19 Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié Note F: trop peu fiable pour être publié
40 à 59 ans 161 70,0Tableau 2 Note  60,4 78,1 94 77,4 60,8 88,3 67 63,4 52,2 73,3
60 à 79 ans 418 83,0 74,3 89,2 231 86,0 75,6 92,4 187 79,3 64,1 89,1

Le graphique 2 présente la prévalence brute et normalisée selon l’âge du SM dans la population adulte canadienne, selon le sexe et par cycle d’enquête apparié. La prévalence brute et normalisée selon l’âge du SM est demeurée relativement stable entre la période de 2007 à 2011 et celle de 2016 à 2019. Par exemple, la prévalence brute du SM a légèrement augmenté pour passer de 21,8 % au cours de la période de 2007 à 2011 à 26,1 % au cours de la période de 2016 à 2019; toutefois, cette différence n’était pas statistiquement significative. Les tendances chez les femmes (de 21,3 % au cours de la période de 2007 à 2011 à 25,2 % au cours de la période de 2016 et 2019) et chez les hommes (de 22,3 % à 27,0 %) étaient comparables.

Graphique 2 Prévalence du syndrome métabolique selon le sexe, population âgée de 18 à 79 ans, Canada, 2007 à 2011, 2012 à 2015 et 2016 à 2019

Description de la graphique 2 
Tableau de données du Graphique 2
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Tableau de données du Graphique 2 Les deux sexes, Hommes, Femmes, nombre, pourcentage et Intervalle
de confiance
à 95 %(figurant comme en-tête de colonne).
Les deux sexes Hommes Femmes
nombre pourcentage Intervalle
de confiance
à 95 %
nombre pourcentage Intervalle
de confiance
à 95 %
nombre pourcentage Intervalle
de confiance
à 95 %
de à de à de à
2007 à 2011 (prévalence brute) 853 21,8 19,1 24,7 432 22,3 19,2 25,7 421 21,3 17,6 25,5
2007 à 2011 (prévalence normalisée selon l’âge) 853 19,8 17,3 22,5 432 20,5 17,5 23,7 421 19,1 15,5 23,3
2012 à 2015 (prévalence brute) 878 24,7 22,2 27,4 443 27,1 23,7 30,8 435 22,4 19,2 25,9
2012 à 2015 (prévalence normalisée selon l’âge) 878 22,2 19,9 24,7 443 24,4 21,2 27,9 435 19,8 16,7 23,3
2016 à 2019 (prévalence brute) 873 26,1 22,5 30,0 480 27,0 22,8 31,6 393 25,2 20,7 30,4
2016 à 2019 (prévalence normalisée selon l’âge) 873 22,5 19,1 26,4 480 23,1 18,7 28,2 393 22,0 17,9 26,8

Toutes les composantes du SM sont restées stables entre 2007 à 2011 et 2016 à 2019, à l’exception des triglycérides plasmatiques élevés (prévalence brute et normalisée selon l’âge) et de la glycémie à jeun élevée (brute seulement) (tableau 3). La prévalence brute des triglycérides plasmatiques élevés a diminué considérablement au fil du temps pour passer de 70,1 % au cours de la période de 2007 à 2011 à 59,1 % au cours de la période de 2016 à 2019. En revanche, la prévalence de la glycémie à jeun élevée a augmenté de manière notable pour passer de 58,6 % au cours de la période de 2007 à 2011 à 70,6 % au cours de la période de 2016 à 2019. Des tendances similaires ont été observées chez les femmes et les hommes, mais les différences n’étaient pas statistiquement significatives chez les hommes. Toutefois, les valeurs pour les hommes et les femmes n’ont pas beaucoup changé entre la période de 2007 à 2009 et la période de 2012 à 2015 pour les autres composantes du SM. Les femmes étaient plus susceptibles que les hommes d’avoir un tour de taille élevé dans tous les cycles de l’enquête et d’avoir un faible taux de cholestérol LHD au cours de la période de 2007 à 2011. Les hommes étaient plus susceptibles que les femmes d’avoir une glycémie à jeun élevée au cours des périodes de 2007 à 2011 et de 2012 à 2015 et de faire de l’hypertension artérielle au cours de la période de 2016 à 2019.


Tableau 3
Prévalence des facteurs de risque du syndrome métabolique selon le sexe, population âgée de 18 à 79 ans atteinte du syndrome métabolique, Canada, 2007 à 2011, 2012 à 2015 et 2016 à 2019
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Prévalence des facteurs de risque du syndrome métabolique selon le sexe Les deux sexes, Hommes, Femmes, n, % et Intervalle
de confiance
à 95 %(figurant comme en-tête de colonne).
Les deux sexes Hommes Femmes
n % Intervalle
de confiance
à 95 %
n % Intervalle
de confiance
à 95 %
n % Intervalle
de confiance
à 95 %
de à de à de à
Tour de taille élevé
(prévalence brute)
2007 à 2011 769 93,1 90,4 95,1 371 89,1 84,3 92,6 398 97,2Tableau 3 Note  95,0 98,5
2012 à 2015 794 90,2 88,1 92,0 370 84,6 79,6 88,5 424 96,9Tableau 3 Note  90,5 99,0
2016 à 2019 785 90,0 85,7 93,1 400 82,9 76,0 88,1 385 97,6Tableau 3 Note  90,7 99,4
Tour de taille élevé
(prévalence normalisée selon l’âge)
2007 à 2011 769 94,2 88,8 97,1 371 91,4 83,3 95,8 398 98,1 94,9 99,3
2012 à 2015 794 92,9 88,9 95,6 370 88,8 83,2 92,7 424 98,8 94,6 99,7
2016 à 2019 785 91,4 86,5 94,7 400 83,3 75,0 89,2 385 98,8 95,4 99,7
Taux élevé de triglycérides plasmatiques
(prévalence brute)
2007 à 2011 581 70,1 64,0 75,6 298 72,6 65,5 78,6 283 67,5 59,3 74,8
2012 à 2015 598 72,5 66,0 78,1 320 74,6 64,6 82,6 278 69,9 62,0 76,7
2016 à 2019 524 59 1Tableau 3 Note  52,4 65,4 316 62,6 54,2 70,3 208 55,4Tableau 3 Note  45,8 64,5
Taux élevé de triglycérides plasmatiques
(prévalence normalisée selon l’âge)
2007 à 2011 581 77,8 71,2 83,3 298 76,1 69,6 81,6 283 78,0 68,3 85,3
2012 à 2015 598 83,5 78,9 87,2 320 85,3 75,8 91,5 278 79,6 73,4 84,7
2016 à 2019 524 63,8 55,7 71,3 316 71,6 59,4 81,4 208 64,5 55,4 72,7
Glycémie à jeun élevée
(prévalence brute)
2007 à 2011 524 58,6 53,1 63,9 277 64,2 55,7 71,9 247 52,7Tableau 3 Note  46,5 58,9
2012 à 2015 529 60,1 52,3 67,5 295 69,1 60,5 76,5 234 49,4Tableau 3 Note  38,1 60,9
2016 à 2019 652 70 6Tableau 3 Note  64,3 76,3 376 73,7 64,7 81,2 276 67,3Tableau 3 Note  57,3 76,0
Glycémie à jeun élevée
(prévalence normalisée selon l’âge)
2007 à 2011 524 50,7 40,6 60,8 277 54,8 41,9 67,2 247 47,6 34,5 61,1
2012 à 2015 529 47,8 37,1 58,7 295 56,7 43,8 68,7 234 35,4 22,4 51,0
2016 à 2019 652 61,8 52,2 70,5 376 61,7 46,2 75,2 276 57,7 45,6 69,0
Faible taux de cholestérol à lipoprotéines de haute densité
(prévalence brute)
2007 à 2011 541 66,5 60,7 71,8 253 61,0 52,3 69,0 288 72,1Tableau 3 Note  65,4 78,0
2012 à 2015 569 63,1 56,3 69,5 268 60,3 49,9 69,8 301 66,5 57,9 74,2
2016 à 2019 540 65,8 60,8 70,6 280 62,8 54,9 70,0 260 69,1 58,9 77,8
Faible taux de cholestérol à lipoprotéines de haute densité
(prévalence normalisée selon l’âge)
2007 à 2011 541 76,6 70,2 81,9 253 69,3 59,0 77,9 288 81,6 72,0 88,5
2012 à 2015 569 70,7 59,6 79,9 268 62,2 46,4 75,7 301 81,5 73,5 87,5
2016 à 2019 540 80,4 76,0 84,1 280 78,6 72,5 83,6 260 81,6 72,9 88,0
Hypertension artérielle
(prévalence brute)
2007 à 2011 572 59,9 53,9 65,6 295 62,2 53,1 70,6 277 57,4 48,2 66,1
2012 à 2015 624 64,1 58,0 69,8 319 63,1 55,6 69,9 305 65,4 58,2 72,0
2016 à 2019 618 66,7 59,2 73,5 345 73,0 64,4 80,2 273 60,1Tableau 3 Note  50,8 68,8
Hypertension artérielle
(prévalence normalisée selon l’âge)
2007 à 2011 572 39,6 34,4 44,2 295 46,9 39,3 54,7 277 35,1 26,0 45,4
2012 à 2015 624 42,3 36,6 47,3 319 46,3 36,4 56,5 305 36,7 31,0 42,9
2016 à 2019 618 47,6 36,7 58,7 345 58,3 44,1 71,2 273 37,3 30,1 45,0

La répartition des estimations brutes et normalisées selon l’âge de la prévalence par nombre de composantes du SM chez les adultes canadiens âgés de 18 à 79 ans au cours de la période de 2016 à 2019 est résumée dans le tableau 4. Près de 32 % des adultes canadiens ne présentaient aucune des composantes du SM. Les femmes étaient plus susceptibles que les hommes de ne présenter aucune des composantes, et la prévalence diminuait considérablement avec l’âge chez les femmes et les hommes. En revanche, 10,5 % des adultes canadiens présentaient quatre ou cinq composantes. Cette prévalence augmentait considérablement avec l’âge pour passer de 1,7 % chez les personnes âgées de 18 à 40 ans à 19,1 % chez celles âgées de 60 à 79 ans. Il n’y avait aucune différence entre les sexes dans la proportion de participants présentant quatre ou cinq composantes du SM.


Tableau 4
Nombre de facteurs de risque du syndrome métabolique selon le sexe et le groupe d’âge, population âgée de 18 à 79 ans, Canada, 2016 à 2019
Sommaire du tableau
Le tableau montre les résultats de Nombre de facteurs de risque du syndrome métabolique selon le sexe et le groupe d’âge Les deux sexes (N = 3 296), Hommes (N = 1 690), Femmes (N = 1 606), n, % et Intervalle
de confiance
à 95 %(figurant comme en-tête de colonne).
Les deux sexes (N = 3 296) Hommes (N = 1 690) Femmes (N = 1 606)
n % Intervalle
de confiance
à 95 %
n % Intervalle
de confiance
à 95 %
n % Intervalle
de confiance
à 95 %
de à de à de à
Aucun facteur de risque
Globalement (prévalence brute) 1 018 32,3 29,2 35,5 504 31,3 27,3 35,6 514 33,2 29,7 36,9
Globalement (prévalence normalisée selon l’âge) 1 018 36,1 32,7 39,7 504 35,5 30,6 40,6 514 36,6 32,4 41,0
18 à 39 ans 577 47,2Tableau 4 Note  40,2 54,3 307 49,7Tableau 4 Note  40,8 58,6 270 44,7Tableau 4 Note  35,1 54,7
40 à 59 ans 301 29,8Tableau 4 Note  24,2 36,1 138 26,6Tableau 4 Note  20,0 34,3 163 33,0Tableau 4 Note  26,1 40,7
60 à 79 ans 140 12,9 9,6 17,0 59 8,8 6,3 12,2 81 16,7Tableau 4 Note  12,0 22,7
Un facteur de risque
Globalement (prévalence brute) 774 24,2 21,3 27,3 385 24,2 20,1 28,7 389 24,2 20,4 28,5
Globalement (prévalence normalisée selon l’âge) 774 25,5 22,3 29,1 385 25,4 20,8 30,6 389 25,8 21,4 30,7
18 à 39 ans 328 30,6Tableau 4 Note  25,2 36,6 169 28,5Tableau 4 Note  21,6 36,6 159 32,8Tableau 4 Note  24,9 41,9
40 à 59 ans 247 21,1 16,8 26,2 125 25,8 18,0 35,5 122 16,5 12,4 21,7
60 à 79 ans 199 18,6 15,2 22,5 91 14,8 11,4 19,0 108 22,1 16,3 29,3
Deux facteurs de risque
Globalement (prévalence brute) 648 17,5 14,4 21,0 328 17,6 12,9 23,5 320 17,4 14,5 20,6
Globalement (prévalence normalisée selon l’âge) 648 16,1 13,3 19,4 328 16,3 11,4 22,8 320 15,9 13,5 18,7
18 à 39 ans 178 11,1 8,0 15,2 82 10,7Note E: à utiliser avec prudence Tableau 4 Note  5,6 19,4 96 11,5Note E: à utiliser avec prudence Tableau 4 Note  7,8 16,7
40 à 59 ans 212 19,6 14,8 25,5 124 19,8Note E: à utiliser avec prudence 13,3 28,4 88 19,4Note E: à utiliser avec prudence 12,9 28,0
60 à 79 ans 258 24,3 19,8 29,4 122 25,4 19,0 33,1 136 23,2 18,3 28,9
Trois facteurs de risque
Globalement (prévalence brute) 479 15,6 12,8 18,8 254 15,6 12,4 19,5 225 15,5 12,1 19,6
Globalement (prévalence normalisée selon l’âge) 479 13,5 10,8 16,8 254 13,3 10,1 17,5 225 13,6 10,4 17,6
18 à 39 ans 98 9,3Note E: à utiliser avec prudence Tableau 4 Note  6,0 14,2 48 9,0Note E: à utiliser avec prudence Tableau 4 Note  4,9 16,1 50 9,7Note E: à utiliser avec prudence Tableau 4 Note  6,2 14,9
40 à 59 ans 127 15,5Tableau 4 Note  12,4 19,3 69 13,5Tableau 4 Note  9,6 18,8 58 17,5 13,2 22,8
60 à 79 ans 254 25,2 20,4 30,6 137 29,3 22,0 37,8 117 21,3 15,7 28,4
Quatre ou cinq facteurs de risque
Globalement (prévalence brute) 401 10,5 8,8 12,5 231 11,3 9,5 13,5 170 9,7 7,4 12,8
Globalement (prévalence normalisée selon l’âge) 401 8,8 7,2 10,6 231 9,5 7,7 11,7 170 8,1 5,9 10,9
18 à 39 ans 49 1,7Note E: à utiliser avec prudence Tableau 4 Note  1,0 2,9 31 2,1Note E: à utiliser avec prudence Tableau 4 Note  1,1 4,1 18 1,4Note E: à utiliser avec prudence Tableau 4 Note  0,7 2,6
40 à 59 ans 129 14,0Tableau 4 Note  10,3 18,8 74 14,3 9,9 20,2 55 13,6Note E: à utiliser avec prudence 8,6 20,9
60 à 79 ans 223 19,1 15,4 23,4 126 21,7 16,8 27,6 97 16,7 12,6 21,8

Les résultats des analyses de sensibilité reposant sur les seuils propres à chaque ethnie recommandés par les Lignes directrices cliniques sur l’obésité chez les adultes canadiens de 2020 (c’est-à-dire 85 centimètres ou plus pour les hommes et 75 centimètres ou plus pour les femmes d’origine ethnique principalement sud-asiatique, sud-est asiatique ou est-asiatique, et 102 centimètres ou plus pour les hommes et 88 centimètres ou plus pour les femmes d’autres origines ethniques)Note 24 ont montré des changements très faibles dans les estimations (généralement moins de 1 %).

Discussion

Dans des études antérieures, on a utilisé les données des deux premiers cycles de l’ECMS (cycle 1 [2007 à 2009] et cycle 2 [2009 à 2011]) pour examiner la prévalence du SM en relation avec différents résultatsNote 12, Note 13, Note 14. Grâce aux six cycles de données de l’ECMS maintenant disponibles (2007 à 2019), la présente étude fournit une mise à jour de la prévalence du SM et de ses composantes chez les adultes canadiens âgés de 18 à 79 ans pour la période de 2016 à 2019, par groupe d’âge et par sexe. Les résultats ont montré que près de 1 Canadien sur 4 (hommes et femmes) âgé de 18 à 79 ans était atteint du SM. La prévalence du SM était similaire chez les femmes et chez les hommes et augmentait avec l’âge pour passer de 11,1 % chez les 18 à 39 ans à 44,4 % chez les 60 à 79 ans. Chez les personnes atteintes du SM au cours de la période de 2016 à 2019, le tour de taille élevé était la composante la plus courante, suivie de la glycémie à jeun élevée et du faible taux de cholestérol LHD. La prévalence de toutes les composantes du SM augmentait avec l’âge, à l’exception du faible taux de cholestérol LHD, qui diminuait de manière notable avec l’âge.

Plusieurs définitions du SM ont été proposées par différentes organisations au fil du tempsNote 6, ce qui rend difficile les comparaisons entre les études. Riediger et coll. (2011) ont utilisé les données du cycle 1 (2007 à 2009) de l’ECMS pour étudier la prévalence du SM chez les adultes canadiens âgés de 18 à 79 ans à l’aide de différents critèresNote 12. Ils ont constaté que la prévalence du SM était d’environ 17,7 % selon les critères de l’ATP III, de 19,1 % selon les critères unifiés avec des seuils élevés pour le tour de taille, et de 23,2 % selon les critères unifiés avec des seuils bas pour le tour de tailleNote 12. Rao et coll. (2014) ont également utilisé les données du cycle 1 pour évaluer différents critères chez des adultes âgés de 20 à 79 ansNote 14. Ils ont constaté que la prévalence brute du SM était d’environ 15,5 % selon les critères de l’ATP III, de 23,1 % selon les critères de la FID et de 19,6 % selon la déclaration commune provisoireNote 14. Dans une autre étude canadienne, Clarke et Janssen (2014) ont combiné les données des cycles 1 et 2 (2007 à 2012) de l’ECMS et ont fait état d’une prévalence de 16,4 % chez les adultes canadiens âgés de 18 à 64 ans, selon la déclaration commune provisoireNote 13. Les estimations présentées dans la présente étude diffèrent de celles mentionnées dans des études antérieures reposant sur les données de l’ECMS en raison de différences dans la méthodologie (p. ex. l’âge de la population étudiée, les cycles combinés, les exclusions) et dans les définitions du SM (p. ex. la déclaration commune provisoire, les seuils propres à chaque ethnie pour la mesure du tour de taille).

Indépendamment des critères diagnostiques utilisés, plusieurs études épidémiologiques ont confirmé le risque accru de maladies cardiovasculaires et de diabète chez les personnes atteintes du SMNote 25, Note 26, Note 27. La prévalence globale du SM, documentée à 26,2 % dans la présente étude à l’aide de la définition du SM de la déclaration commune provisoire, est relativement inférieure à la prévalence documentée chez les adultes américains âgés de 18 ans et plus dans l’enquête nationale sur la santé et la nutrition (National Health and Nutrition Examination Survey, NHANES) de 2007 à 2012 (NHANES) (34,2 %) au moyen de la même définitionNote 28, et dans l’enquête NHANES de 2011 à 2018 (37,6 %) au moyen de la définition de l’ATP III du NCEPNote 29. De plus, l’absence de différences entre les sexes dans la prévalence du SM au fil du temps observée dans l’échantillon total de l’étude est conforme aux conclusions de l’enquête NHANES de 2011 à 2018Note 29 et indique que la prévalence du SM est similaire chez les hommes et chez les femmes. Toutefois, les différences entre les hommes et les femmes sont devenues plus apparentes dans le groupe d’âge le plus âgé (c’est-à-dire les personnes âgées de 60 à 79 ans), les femmes y étant plus susceptibles que les hommes d’être atteintes du SM; il s’agit d’ une observation intéressante qui mérite d’être approfondie. Les résultats indiquant que la prévalence du SM augmente avec l’âge concordent avec ceux observés aux États-Unis et dans d’autres populations partout dans le mondeNote 30, Note 31, Note 32. Il est bien connu que la prévalence de la plupart des maladies et affections chroniques augmente avec l’âgeNote 33. Compte tenu du vieillissement de la population canadienne, on peut s’attendre à une augmentation de la prévalence du SM, ce qui alourdira le fardeau des maladies cardiovasculaires et du diabèteNote 10, Note 26, Note 27, Note 34. Des efforts accrus et continus sont nécessaires, en particulier pour lutter contre le diabète défini par une glycémie à jeun élevée, qui a considérablement augmenté au cours de la période étudiée.

La présente étude porte également sur les tendances de la prévalence brute et normalisée selon l’âge du SM et de ses composantes au fil du temps dans cette population de 2007 à 2019. Les résultats ont montré que la prévalence du SM est restée relativement stable entre la période de 2007 à 2011 et celle de 2016 à 2019. Ces résultats contrastent avec ceux des États-Unis, qui ont montré une augmentation au fil du temps pour passer de 37,6 % au cours de la période de 2011 à 2012 à 41,8 % au cours de la période de 2017 à 2018Note 29. Cependant, la taille de l’échantillon de la présente étude peut être insuffisante pour détecter une différence notable. Les tendances pour toutes les composantes du SM sont également restées stables au cours de la même période, à l’exception des triglycérides plasmatiques élevés et de la glycémie à jeun élevée. La prévalence des triglycérides plasmatiques élevés chez les personnes atteintes du SM a diminué considérablement au fil du temps, tandis que la prévalence de la glycémie à jeun élevée a suivi une tendance inverse. Ces résultats concordent avec ceux obtenus aux États-Unis, qui indiquent que parmi les composantes du SM, la prévalence de l’hyperglycémie a augmenté pour passer de 48,9 % au cours de la période de 2011 à 2012 à 64,7 % au cours de la période de 2017 à 2018, tandis que la prévalence des triglycérides plasmatiques élevés a diminué au fil du temps pour passer de 26,7 % à 21,1 %, bien que la différence ne soit pas statistiquement significativeNote 29. Les analyses de la présente étude fournissent des indications supplémentaires sur la tendance à la hausse de l’hyperglycémie comme l’une des principales causes du SM, soulignant la nécessité urgente de renforcer les efforts en cours pour prévenir le diabète au Canada. En revanche, la prévalence du diabète dans la population générale des adultes canadiens, selon les données de l’ECMS, est restée relativement stable entre la période de 2009 à 2011 et celle de 2016 à 2019Note 35. Ce résultat concorde avec les données autodéclarées de l’Enquête sur la santé dans les communautés canadiennesNote 36, qui indiquent que la prévalence du diabète chez les adultes canadiens est restée relativement stable de 2015 à 2021. L’augmentation observée de la prévalence de l’hyperglycémie à jeun au fil du temps pourrait s’expliquer par le changement du laboratoire de référence chargé de l’analyse des tests de glycémie dans l’ECMS pendant la période de 2016 à 2019 (c’est-à-dire les cycles 5 et 6).

Le résultat selon lequel l’obésité abdominale (90,5 %) était la composante la plus courante du SM, suivie de la glycémie à jeun élevée (70,6 %) n’est pas étonnant. Des travaux de recherche ont montré que la prévalence du SM augmente encore plus considérablement avec l’augmentation de l’indice de masse corporelle. Par exemple, dans l’enquête NHANES de 2003 à 2006, les hommes et les femmes adultes en surpoids âgés de 20 ans ou plus étaient respectivement 6 fois et 5,5 fois plus susceptibles de répondre aux critères du SM que les personnes de poids insuffisant et de poids normal. Cependant, chez les personnes obèses, ces chiffres augmentaient pour s’établir à 32 fois plus chez les hommes et à 17 fois plus chez les femmes, comparativement aux personnes de poids insuffisant et de poids normalNote 37

Les points forts de la présente étude comprennent l’utilisation d’un échantillon important et représentatif de la population adulte canadienne et l’utilisation de données de mesures directes, qui fournissent des mesures non biaisées des composantes du SM. La normalisation selon l’âge permet de comparer les estimations au fil du temps en éliminant l’influence des changements dans la répartition de l’âge de la population. L’utilisation de seuils d’obésité abdominale propres à chaque ethnie pourrait contribuer à améliorer la précision des estimations, en particulier pour les participants asiatiquesNote 37. Parmi les limites importantes figurent la nature transversale des données, qui ne permet pas de suivi longitudinal ni de déductions causales, et la restriction des présentes analyses à un sous-échantillon plus petit de participants à jeun de l’ECMS. Cela pourrait poser problème en raison de la puissance statistique réduite et d’un risque accru de biais.

En conclusion, la présente étude fournit une mise à jour de la prévalence du SM et de ses composantes chez les adultes canadiens âgés de 18 à 79 ans, par groupe d’âge et par sexe, pour la période de 2016 à 2019, à partir des données disponibles les plus récentes. Bien que les données du cycle 7, recueillies de 2022 à 2024, seront bientôt disponibles, attendre les données du cycle 8 permettra une analyse plus solide et peut-être une meilleure comparaison entre les périodes avant la pandémie de COVID-19 et celle qui la suit. Au cours de la période allant de 2016 à 2019, un peu plus de 1 adulte canadien sur 4 était atteint du SM. La prévalence du SM augmente avec l’âge et est similaire chez les femmes et chez les hommes, sauf dans le groupe d’âge le plus âgé, où les femmes étaient plus susceptibles que les hommes d’être atteintes du SM. L’obésité abdominale et l’hyperglycémie à jeun étaient les composantes les plus fréquentes chez les personnes atteintes du SM. La prévalence du SM et de ses composantes est restée relativement stable au cours de la période de 2007 à 2011 et celle de 2016 à 2019, à l’exception des triglycérides plasmatiques élevés et de la glycémie à jeun élevée, qui ont respectivement diminué et augmenté au fil du temps. La tendance à la hausse de l’hyperglycémie à jeun fait ressortir la nécessité urgente d’intensifier les efforts de prévention du diabète au Canada. Les résultats de la présente étude soulignent également la nécessité de sensibiliser davantage ce groupe à haut risque et d’améliorer le dépistage, tout en renforçant la surveillance continue de l’obésité et du diabète au Canada afin de réduire le fardeau du SM dans la population.

Remerciements

Les auteurs remercient Janine Clarke et Tracey Bushnik pour leur contribution et leur soutien tout au long du processus de recherche.

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