Rapports sur la santé
Utilisation de contraceptifs oraux au Canada
DOI: https://www.doi.org/10.25318/82-003-x202500600002-fra
Résumé
Contexte
Les contraceptifs oraux sont légalement disponibles au Canada depuis 1969. Les contraceptifs oraux demeurent la méthode de contraception réversible la plus courante au Canada et figurent parmi les médicaments les plus couramment utilisés par les femmes en âge de procréer au Canada. L’utilisation de contraceptifs oraux offre une protection contre les grossesses imprévues, en plus d’autres avantages non contraceptifs. Des données détaillées sur l’utilisation actuelle et au cours de la vie de contraceptifs oraux au Canada sont rarement disponibles.
Méthodologie
Les données de quatre cycles (du cycle de 2007 à 2009 au cycle de 2018 à 2019) de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé de Statistique Canada ont été combinées pour estimer l’utilisation actuelle de contraceptifs oraux (au cours des 30 jours précédents) selon des caractéristiques sociodémographiques et d’autres facteurs, et selon les formulations de dose d’œstrogène et de type de progestatifs. Une régression logistique a été utilisée pour examiner l’association entre l’utilisation actuelle de contraceptifs oraux et des caractéristiques sociodémographiques et d’autres facteurs. Des données combinées de 2016 à 2017 et de 2018 à 2019 ont été utilisées pour estimer la durée d’utilisation de contraceptifs oraux et l’utilisation au cours de la vie.
Résultats
Selon les données combinées de la période de 2007 à 2009 à la période de 2018 à 2019, une moyenne de 15,9 % des femmes non enceintes âgées de 15 à 49 ans avait utilisé des contraceptifs oraux au cours des 30 jours précédents. La plupart (98,6 %) avaient utilisé des contraceptifs oraux contenant de l’œstrogène et un progestatif, et 48,7 % d’entre elles avaient utilisé des formulations à plus faible dose contenant de 10 à 25 microgrammes d’éthinylestradiol. Les femmes plus jeunes âgées de 15 à 39 ans étaient plus susceptibles d’avoir utilisé des contraceptifs oraux au cours des 30 jours précédents que celles âgées de 40 à 49 ans. De plus, les cotes corrigées exprimant la possibilité d’être utilisatrices de contraceptifs oraux étaient plus élevées pour les femmes qui n’avaient pas d’enfants, qui étaient non racisées et non autochtones et qui étaient actuellement sexuellement actives. Une autre proportion de 53,9 % des femmes âgées de 15 à 49 ans a déclaré une utilisation antérieure. Une majorité des utilisatrices de contraceptifs oraux actuelles (67,5 %) et anciennes (52,8 %) ont déclaré les avoir utilisés pendant au moins quatre ans.
Interprétation
Au Canada, d’importantes proportions de femmes en âge de procréer sont des utilisatrices actuelles ou anciennes de contraceptifs oraux.
Mots-clés
contraception, œstrogène, prévention de la grossesse, progestatif, santé de la reproduction
Auteure
Michelle Rotermann travaille à la Division de l’analyse et de la modélisation de la santé de Statistique Canada.
Ce que l’on sait déjà sur le sujet
- Les contraceptifs oraux sont principalement utilisés pour la prévention de la grossesse, mais offrent de nombreux avantages non contraceptifs, y compris la régulation du cycle menstruel, la réduction des crampes et du débit menstruels, l’amélioration des symptômes vasomoteurs et des symptômes associés à la périménopause, au syndrome prémenstruel et à l’endométriose, une diminution de l’acné, et de la pilosité corporelle et faciale ainsi que des risques de cancers de l’endomètre et de l’ovaire.
- La contraception demeure importante pour les femmes, leurs conjoints et la société. Les meilleures méthodes contraceptives sont celles qui sont efficaces, sécuritaires et utilisées correctement et régulièrement.
- Les contraceptifs oraux sont la méthode de contraception réversible la plus utilisée au Canada et sont particulièrement populaires chez les femmes de moins de 30 ans.
Ce qu’apporte l’étude
- Elle indique la prévalence actuelle de l’utilisation des contraceptifs oraux (au cours des 30 jours précédents) selon diverses caractéristiques sociodémographiques et autres caractéristiques chez les femmes âgées de 15 à 49 ans.
- Pour la première fois, des renseignements sur l’utilisation antérieure des contraceptifs oraux et la durée de cette utilisation sont disponibles pour les femmes qui utilisent actuellement des contraceptifs oraux ou en ont utilisé à un autre moment.
- Compte tenu de l’adoption de la première étape du régime national d’assurance médicaments universel en octobre 2024, qui offre une couverture d’assurance pour les contraceptifs, ces estimations fourniront d’importants renseignements de référence sur l’utilisation des contraceptifs oraux au Canada, permettant des évaluations futures de l’incidence de ce changement de politique de couverture nationale des médicaments.
Introduction
Les contraceptifs oraux sont légalement disponibles au Canada depuis 1969Note 1, Note 2. Il s’agit de la méthode de contraception réversible la plus couranteNote 3, Note 4, Note 5 et parmi les médicaments les plus fréquemment utilisés par les femmes en âge de procréer au CanadaNote 6, Note 7. Les contraceptifs oraux comprennent les pilules de contraceptif oral combiné, qui contiennent à la fois de l’œstrogène et un progestatif, et les pilules contenant seulement un progestatifNote 8, Note 9.
Les femmes canadiennes risquent une grossesse imprévue pendant une grande partie de leur vieNote 10. Les contraceptifs oraux sont un type de contraception efficace et réversible qui aide les femmes à gérer leur féconditéNote 9. Cela peut en retour améliorer le niveau de scolarité et l’emploi et réduire la dépendance à l’aide socialeNote 11, Note 12.
Bien que les contraceptifs oraux soient principalement utilisés pour la prévention de la grossesse, ils ont des avantages non contraceptifs, y compris une meilleure régulation du cycle menstruel, une réduction des crampes menstruelles, une amélioration des symptômes de périménopause et d’endométriose, ainsi qu’une diminution du débit menstruel, de l’acné ainsi que de la pilosité corporelle et facialeNote 8, Note 9. L’utilisation des contraceptifs oraux est également associée à une réduction des risques de certains cancers (p. ex. endomètre et ovaires)Note 13, Note 14.
Les contraceptifs oraux ont évolué. Des doses d’œstrogènes inférieures, de nouveaux progestatifs et des régimes de dosage différents sont maintenant offerts. Des renseignements sur les types de contraceptifs oraux utilisés peuvent intéresser les cliniciens en raison des différences potentielles entre les profils de risque-avantages de diverses formulationsNote 15, Note 16, Note 17, Note 18, Note 19.
L’introduction (et la sanction royale subséquente) de la première étape d’un régime national d’assurance médicaments universel au Canada, qui offre une couverture d’assurance pour de nombreux contraceptifs sur ordonnance depuis octobre 2024Note 20, Note 21 a élargi l’intérêt pour des renseignements sur l’utilisation de la contraception au Canada. Les estimations présentées dans cette étude sur l’utilisation de contraceptifs oraux et les caractéristiques des utilisatrices au cours d’une période de 12 ans recueillies avant ce changement de politique seront d’importantes données repères pour des évaluations futures de l’incidence de ce changement de politique nationale d’assurance médicaments.
Malgré l’utilisation répandue des contraceptifs oraux au Canada, il y a un manque de renseignements nationaux détaillés sur leur utilisation. Par exemple, seules certaines provinces (p. ex. Colombie-Britannique et Québec) disposent de données administratives de distribution ou de facturation comprenant des renseignements sociodémographiques de baseNote 22, Note 23, Note 24. L’Institut canadien d’information sur la santé publie des renseignements sur l’utilisation de contraceptifs hormonaux, mais seulement pour les bénéficiaires de programmes financés par les fonds publics, comme l’aide socialeNote 7. Un portrait de l’âge, du sexe et des tendances provinciales de la prise de médicaments sur ordonnance et des coûts des contraceptifs oraux et d’autres médicaments d’usage courant est disponible, mais non actuelNote 23. Des cycles plus anciens de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) ont inclus à l’occasion des questions sur la contraception chez les personnes âgées de 15 à 24 ansNote 25. Plus récemment, certains cycles de l’ESCC ont recueilli des renseignements plus vastes auprès de personnes sexuellement actives âgées de 25 ans et plus, mais seulement pour celles ayant déclaré avoir des relations sexuellesNote 26. En 2006 et 2016, l’Enquête canadienne sur la contraception a été une autre source de renseignements sur la contraception à l’échelle de la populationNote 3, Note 27.
Le principal objectif de la présente étude était d’examiner, à l’aide de données regroupées provenant de multiples cycles de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) du cycle de 2007 à 2009 au cycle de 2018 à 2019, la prévalence de la prise de contraceptifs oraux chez les femmes non enceintes en âge de procréer (âgées de 15 à 49 ans) au Canada, ainsi que les facteurs qui y sont associés, selon certaines caractéristiques sociodémographiques et d’autres facteurs. La présente étude visait également à déterminer les contraceptifs oraux utilisés, par dose d’œstrogène et type de progestatif, et pour la première fois, à examiner l’utilisation de contraceptifs oraux au cours de la vie, ainsi que la durée de cette utilisation, tant pour les utilisatrices actuelles qu’anciennes.
Méthodologie
Sources des données
Les données proviennent de l’ECMS , une enquête répétée, transversale et représentative à l’échelle nationale menée par Statistique Canada, en partenariat avec l’Agence de la santé publique du Canada et Santé Canada, qui recueille des renseignements sur la santé autodéclarés et mesurés directement auprès de la population canadienne âgée de 3 à 79 ans (âgée de 6 à 79 ans pour le cycle 1) vivant dans des logements privés dans les 10 provinces28 (tableau A en annexe). Les personnes vivant dans les trois territoires, ou dans les réserves ou d’autres peuplements autochtones dans les provinces, la population vivant en établissement, les résidents de certaines régions éloignées et les membres à temps plein des Forces canadiennes sont exclus (environ 4 % de la population canadienne). Les données ont été recueillies de mars 2007 à février 2009 (cycle 1), d’août 2009 à novembre 2011 (cycle 2), de janvier 2016 à décembre 2017 (cycle 5) et de janvier 2018 à décembre 2019 (cycle 6). Un questionnaire sur les caractéristiques sociodémographiques, les comportements influant sur la santé et la consommation de médicaments a été rempli au domicile de la répondante. Il a été suivi d’un rendez-vous dans un centre d’examen mobile où l’on a posé des questions supplémentaires et recueilli une série de mesures physiques (p. ex. taille, poids et tension artérielle). De plus amples renseignements sur l’ECMS , y compris l’échantillonnage et l’assurance de la qualité, sont disponibles ailleursNote 28.
Le cycle 1 a permis de recueillir des renseignements auprès de résidents canadiens âgés de 6 à 79 ans et a enregistré un taux de réponse global de 51,7 %, ce qui correspond à un total de 5 604 répondantes. Les cycles 2, 5 et 6 ont permis de recueillir des renseignements auprès de personnes âgées de 3 à 79 ans; les taux de réponse globaux variaient de 45,9 % à 55,5 %, la taille des échantillons variant de 5 786 à 6 395 répondantes. Les participantes à un cycle n’étaient pas admissibles à participer à un autre cycle.
Échantillons de l’étude
Principal échantillon analytique
Le principal échantillon analytique de l’utilisation actuelle de contraceptifs oraux (au cours des 30 derniers jours, selon les antécédents pharmaceutiques) comprend des données combinées sur les femmes âgées de 15 à 49 ans (âge au moment de l’interview à domicile) des cycles 1, 2, 5 et 6, totalisant 5 110 répondantes. Parmi les répondantes, 143 ont été exclues en raison d’une grossesse autodéclarée ou d’un statut de grossesse manquant ou inconnu; ce qui donne un échantillon final de 4 967 répondantes. Ces quatre cycles de l’ECMS comportant des renseignements sur la parité et l’activité sexuelle ont été sélectionnés aux fins d’inclusion dans l’étude en raison de l’importance de ces variables dans l’utilisation de la contraception. Quatre cycles ont été combinés pour former le principal échantillon analytique, parce que les analyses préliminaires ont semblé indiquer que la puissance statistique à l’aide du regroupement de deux cycles était insuffisante, particulièrement pour les cycles 5 et 6.
Échantillon secondaire 2 (type de contraceptifs oraux)
L’échantillon comprenait les 869 répondantes de l’échantillon analytique principal ayant utilisé des contraceptifs oraux (selon les antécédents pharmaceutiques déclarés à l’aide des numéros d’identification du médicament [DIN]) au cours des 30 jours ayant précédé la collecte des données.
Échantillon secondaire 3 (utilisatrices actuelles de contraceptifs oraux, anciennes utilisatrices et celles n’en ayant jamais utilisé)
L’échantillon comprenait 2 253 des 2 262 répondantes de l’échantillon analytique principal ayant participé au cycle 5 ou 6 (les seuls cycles comportant des questions sur l’utilisation de la pilule anticonceptionnelle au cours de la vie). Neuf enregistrements ont été exclus, en raison de l’absence de réponse à la question sur la prise de la pilule anticonceptionnelle au cours de la vie.
Échantillon secondaire 4 (durée de l’utilisation chez les utilisatrices actuelles et anciennes de contraceptifs oraux)
L’échantillon comprenait 1 592 répondantes sur 1 605 de l’échantillon analytique principal ayant participé au cycle 5 ou 6 et qui ont été désignées comme des utilisatrices actuelles ou anciennes de contraceptifs oraux selon l’utilisation de contraceptifs oraux au cours des 30 derniers jours, selon la consommation de médicaments, et des réponses valides aux questions sur l’utilisation de la pilule anticonceptionnelle au cours de la vie ainsi que la durée de l’utilisation.
Définitions
Résultats
Utilisation actuelle de contraceptifs oraux (au cours des 30 derniers jours)
Les DIN ont été relevés sur l’emballage des médicaments pendant l’interview à domicile et la visite au centre d’examen mobile. Seuls les médicaments que les répondantes ont déclaré avoir pris au cours du mois précédant l’une ou l’autre des interviews ont été utilisés pour classer les femmes comme des utilisatrices ou des non-utilisatrices actuelles de contraceptifs oraux. Les contraceptifs oraux utilisés par les participantes à l’étude correspondent à 13 codes du Système de classification anatomique thérapeutique chimique (ATC) de niveau 7 (tableau B en annexe). Un outil de référence assisté par ordinateur a facilité la saisie des médicaments au besoin. Chaque DIN était associé à des codes de classification ATC attribués par Santé CanadaNote 29. Conformément à la Directive sur la sécurité des renseignements statistiques de nature délicate de Statistique Canada, qui comprend la protection des marques, les médicaments particuliers relevés en fonction des DIN sont présentés sous forme de codes ATC agrégésNote 30.
Type de contraceptifs oraux pris au cours des 30 derniers jours (prise actuelle)
Les contraceptifs oraux utilisés ont été catégorisés selon la dose d’éthinylestradiol (inférieure à 30 microgrammes [mcg], ou 30 mcg ou plus) et par le type de progestatif (lévonorgestrel, norgestimate, désogestrel, drospirénone ou autre). Des renseignements sur les ingrédients actifs, les doses d’éthinylestradiol et le type de progestatif ont été tirés de la Base de données sur les produits pharmaceutiquesNote 31 de Santé Canada.
Utilisation et durée de l’utilisation de contraceptifs oraux au cours de la vie
La prise de contraceptifs oraux au cours de la vie reposait sur la question suivante : « Avez-vous déjà utilisé la pilule anticonceptionnelle? » Les réponses ont été combinées aux renseignements sur les utilisatrices actuelles de contraceptifs oraux (au cours des 30 derniers jours, à partir des antécédents pharmaceutiques) pour créer la variable d’utilisatrice de contraceptifs oraux au cours de la vie, qui a permis de classer les femmes en catégories d’utilisatrices de contraceptifs oraux actuelles, anciennes et celles n’en ayant jamais utilisé. La durée de l’utilisation des contraceptifs oraux reposait sur la question suivante : « Au total, pendant combien d’années au cours de votre vie avez-vous utilisé la pilule anticonceptionnelle? » Trois catégories de réponse ont été fournies : moins de deux ans, de deux ans à moins de quatre ans et quatre ans ou plus.
Covariables
Les groupes d’âge ont été établis en fonction de l’âge de la répondante au moment de l’interview à domicile. Pour la prévalence de l’utilisation actuelle de contraceptifs oraux (au cours des 30 derniers jours) et l’utilisation actuelle modélisée, six groupes d’âge ont été utilisés (15 à 19 ans, 20 à 24 ans, 25 à 29 ans, 30 à 34 ans, 35 à 39 ans et 40 à 49 ans). En raison de la taille plus limitée des échantillons associée aux autres résultats de l’étude, moins de groupes d’âge ont été utilisés. Pour le type de contraceptifs oraux utilisé et la durée de l’utilisation, l’âge a été dichotomisé : 15 à 34 ans par rapport à 35 à 49 ans. Pour l’analyse des utilisatrices de contraceptifs oraux actuelles, anciennes et celles n’en ayant jamais utilisé, quatre groupes d’âge ont été utilisés (15 à 19 ans, 20 à 29 ans, 35 à 39 ans et 40 à 49 ans).
La variable de groupe de population reposait sur : « À quels groupes ethniques ou culturels vos ancêtres appartenaient-ils? » et « Êtes-vous un Autochtone, c’est-à-dire un Indien de l’Amérique du Nord, un Métis ou un Inuit? » (cycles 1 et 2) ou « Vous pouvez appartenir à un ou plusieurs groupes raciaux ou culturels sur la liste suivante » et « Êtes-vous un(e) Autochtone, c’est-à-dire, membre des Premières Nations, Métis(se) ou Inuk (Inuit)? » (cycles 5 et 6). Les répondantes ont été regroupées en trois catégories (non racisées et non autochtones, racisées, autochtones).
L’état matrimonial correspondait à l’une des catégories suivantes : mariée, conjointe de fait, précédemment mariée (y compris séparée, divorcée et veuve) et célibataire (jamais mariée). La parité (nombre de naissances vivantes) a été classée comme nullipare (aucune), primipare (une) ou multipare (plusieurs).
Les répondantes ayant répondu « oui » à la question suivante ont été classées comme étant sexuellement actives : « Au cours des 12 derniers mois, avez-vous eu des relations sexuelles? » Le statut d’immigrant a été codé comme immigrante ou personne née au Canada, selon le pays de naissance et la citoyenneté.
Le revenu du ménage a été classé dans deux catégories : inférieur à 50 000 $ et 50 000 $ ou plus.
Les répondantes ont été invitées à préciser si elles avaient un « médecin habituel ».
Techniques d’analyse
Des tableaux croisés pondérés ont été utilisés pour présenter l’utilisation actuelle de contraceptifs oraux (au cours des 30 derniers jours) selon le groupe d’âge, le groupe de population ou l’identité autochtone, l’état matrimonial, la parité, l’activité sexuelle, le statut d’immigrant, le revenu du ménage et le fait d’avoir un médecin habituel. Une régression logistique multivariée a été utilisée pour modéliser les relations entre ces variables et l’utilisation actuelle de contraceptifs oraux. Des tableaux croisés ont également été utilisés pour examiner l’utilisation actuelle de contraceptifs oraux, l’utilisation antérieure de contraceptifs oraux et la non utilisation de contraceptifs oraux chez les femmes non enceintes âgées de 15 à 49 ans. La durée de l’utilisation de contraceptifs oraux, stratifiée selon l’âge, a également été examinée pour les utilisatrices de contraceptifs oraux actuelles et anciennes, en combinant les renseignements sur l’utilisation de contraceptifs oraux au cours des 30 derniers jours en fonction des médicaments identifiés au moyen des DIN et de l’utilisation autodéclarée de la pilule anticonceptionnelle.
La sélection des covariables a été guidée par la documentation, la disponibilité de données et l’uniformité du contenu d’un cycle de l’ECMS à l’autre.
Pour tenir compte des effets du plan d’enquête, des coefficients de variation et des intervalles de confiance de 95 % ont été estimés à l’aide de la technique bootstrapNote 32. Les différences entre les estimations de prévalence ont été calculées à l’aide de t-tests; les résultats au niveau p < 0,05 ont été considérés comme statistiquement significatifs. Toutes les analyses ont été effectuées dans SAS 9.4 et SUDAAN v.11, à l’aide de données pondérées et en précisant dans les énoncés de procédure le nombre de degrés de liberté de 22 ou 46, selon que deux ou quatre cycles ont été combinés. Les poids d’échantillonnage originaux ont été remis à l’échelle en les divisant par le nombre de cycles d’enquête combinés.
Résultats
Caractéristiques sociodémographiques et autres caractéristiques des utilisatrices actuelles de contraceptifs oraux
Selon les données combinées sur les antécédents pharmaceutiques du cycle de 2007 à 2009 au cycle de 2018 à 2019 de l’ECMS , 15,9 % des femmes non enceintes âgées de 15 à 49 ans avaient utilisé des contraceptifs oraux au cours des 30 derniers jours (c.-à-d. utilisation actuelle) (tableau 1). L’utilisation de contraceptifs oraux diminuait, passant de 29,1 % chez les femmes âgées de 15 à 19 ans à 4,5 % chez les femmes âgées de 40 à 49 ans. Les taux d’utilisation de contraceptifs oraux étaient comparables chez les femmes célibataires ou ayant déclaré être conjointe de fait (23,1 % par rapport à 21,5 %), mais considérablement plus élevés que chez les femmes mariées ou ayant été mariées. Chez les femmes n’ayant pas eu d’enfants (nullipares) et chez les femmes nées au Canada, l’utilisation de contraceptifs oraux était plus répandue (25,4 % et 18,8 % respectivement) que chez les femmes ayant eu des enfants (femmes primipares ou multipares) et chez les immigrantes (10,2 %, 6,2 % et 8,4 % respectivement). Environ 1 femme non racisée et non autochtone sur 5 (19,8 %) a déclaré prendre des contraceptifs oraux, soit près de trois fois le pourcentage des femmes racisées (7,1 %). L’utilisation de contraceptifs oraux était également plus courante chez les femmes sexuellement actives à l’heure actuelle (17,1 %), comparativement à leurs homologues non sexuellement actives (11,0 %).
Comme les caractéristiques sociodémographiques et comportementales ne sont pas indépendantes les unes des autres, une analyse de régression logistique multivariée a été effectuée pour tenir compte des effets simultanés de ces facteurs. Les cotes ajustées de l’utilisation de contraceptifs oraux sont demeurées considérablement plus élevées chez les femmes âgées de 15 à 39 ans que chez celles âgées de 40 à 49 ans (tableau 1). De plus, les cotes ajustées étaient plus élevées chez les femmes nullipares, non racisées et non autochtones, et qui sont sexuellement actives à l’heure actuelle. L’état matrimonial et le statut d’immigrant n’étaient plus fortement associés à l’utilisation de contraceptifs oraux lorsque d’autres caractéristiques étaient prises en compte. L’utilisation de contraceptifs oraux n’était pas associée au fait que la femme ait un médecin habituel ou au revenu du ménage, tant dans l’analyse de fréquence descriptive (pourcentages) que dans le modèle multivarié ajusté.
| % | Intervalle de confiance à 95 % |
Rapports de cotes corrigés |
Intervalle de confiance à 95 % |
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|---|---|---|---|---|---|---|
| de | à | de | à | |||
| Total | 15,9 | 13,7 | 18,5 | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | ... | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer |
| Groupe d’âge | ||||||
| 15 à 19 ans | 29,1Note * | 24,6 | 34,1 | 7,7Note * | 4,1 | 14,3 |
| 20 à 24 ans | 25,0Note * | 18,3 | 33,3 | 5,4Note * | 2,8 | 10,5 |
| 25 à 29 ans | 28,3Note * | 21,6 | 36,0 | 5,8Note * | 3,2 | 10,3 |
| 30 à 34 ans | 16,4Note * Note E: à utiliser avec prudence | 10,9 | 23,8 | 3,8Note * | 2,0 | 7,3 |
| 35 à 39 ans | 11,1Note * Note E: à utiliser avec prudence | 7,9 | 15,4 | 2,4Note * | 1,3 | 4,3 |
| 40 à 49 ansTableau 1 Note † | 4,5Note E: à utiliser avec prudence | 3,0 | 6,6 | 1,0 | 1,0 | 1,0 |
| Groupe de population (y compris la population autochtone) |
||||||
| Non racisée et non autochtoneTableau 1 Note † | 19,8 | 17,3 | 22,6 | 1,0 | 1,0 | 1,0 |
| Racisée | 7,1Note * Note E: à utiliser avec prudence | 4,1 | 12,0 | 0,3Note * | 0,2 | 0,7 |
| Autochtone | 13,7Note E: à utiliser avec prudence | 7,1 | 24,9 | 0,5 | 0,2 | 1,2 |
| État matrimonial | ||||||
| CélibataireTableau 1 Note † | 23,1 | 18,6 | 28,3 | 1,0 | 1,0 | 1,0 |
| Mariée | 8,6Note * | 6,4 | 11,6 | 0,8 | 0,4 | 1,5 |
| Conjointe de fait | 21,5 | 17,1 | 26,7 | 1,1 | 0,6 | 1,9 |
| Précédemment mariée | 7,6Note * Note E: à utiliser avec prudence | 4,3 | 13,1 | 1,2 | 0,5 | 2,9 |
| Parité (nombre d’enfants) | ||||||
| Nullipare (aucun)Tableau 1 Note † | 25,4 | 21,3 | 30,0 | 1,0 | 1,0 | 1,0 |
| Primipare (un) | 10,2Note * Note E: à utiliser avec prudence | 7,1 | 14,5 | 0,4Note * | 0,2 | 0,8 |
| Multipare (plusieurs) | 6,2Note * | 4,7 | 8,2 | 0,4Note * | 0,2 | 0,6 |
| Sexuellement active au cours de la dernière année | ||||||
| NonTableau 1 Note † | 11,0Note E: à utiliser avec prudence | 7,1 | 16,7 | 1,0 | 1,0 | 1,0 |
| Oui | 17,1Note * | 14,8 | 19,6 | 3,9Note * | 2,1 | 7,1 |
| Statut d’immigrant | ||||||
| Née au Canada (non immigrante)Tableau 1 Note † | 18,8 | 16,3 | 21,6 | 1,0 | 1,0 | 1,0 |
| Immigrante | 8,4Note * Note E: à utiliser avec prudence | 5,1 | 13,3 | 1,0 | 0,5 | 2,0 |
| Revenu du ménage | ||||||
| Moins de 50 000 $Tableau 1 Note † | 13,2 | 9,9 | 17,5 | 0,7 | 0,4 | 1,1 |
| 50 000 $ ou plus | 17,0 | 14,4 | 20,1 | 1,0 | 1,0 | 1,0 |
| A un médecin habituel | ||||||
| Non | 13,9Note E: à utiliser avec prudence | 8,8 | 21,2 | 0,7 | 0,4 | 1,2 |
| OuiTableau 1 Note † | 16,4 | 14,1 | 19,0 | 1,0 | 1,0 | 1,0 |
|
... n'ayant pas lieu de figurer E à utiliser avec prudence
|
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Formulation des contraceptifs oraux
Presque toutes (98,6 %) les utilisatrices de contraceptifs oraux actuelles (au cours des 30 derniers jours) prenaient un contraceptif oral combiné, c’est-à-dire un contraceptif oral contenant une combinaison d’éthinylestradiol et un progestatif (tableau 2). Au total, 6 utilisatrices de contraceptif oral combiné sur 10 (60,7 %) prenaient des formulations comprenant du lévonorgestrel ou du norgestimate. L’utilisation d’autres formulations, contenant des progestatifs différents, était moins courante. Au cours de la période de référence de l’étude (du cycle de 2007 à 2009 au cycle de 2018 à 2019), les contraceptifs oraux combinés disponibles au Canada contenaient de 10 mcg à 50 mcg d’éthinylestradiol. Moins de la moitié (48,7 %) des utilisatrices de contraceptifs oraux combinés ayant déclaré en avoir pris au cours des 30 derniers jours ont pris des formulations à plus faible dose d’éthinylestradiol de 10 mcg à 25 mcg.
| Total | 15 à 34 ans | 35 à 49 ansTableau 2 Note † | |||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| % | Intervalle de confiance à 95 % |
% | Intervalle de confiance à 95 % |
% | Intervalle de confiance à 95 % |
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| de | à | de | à | de | à | ||||
| Combinaisons de formulations ATC seulement | |||||||||
| Lévonorgestrel et éthinylestradiol | 36,9 | 29,7 | 44,8 | 36,3 | 28,2 | 45,2 | 39,3Note E: à utiliser avec prudence | 25,9 | 54,7 |
| Norgestimate et éthinylestradiol | 23,8 | 20,1 | 28,0 | 23,7 | 18,8 | 29,4 | 24,4Note E: à utiliser avec prudence | 14,9 | 37,2 |
| Désogestrel et éthinylestradiol | 15,0Note E: à utiliser avec prudence | 10,3 | 21,4 | 16,3Note E: à utiliser avec prudence | 10,9 | 23,7 | Note F: trop peu fiable pour être publié | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer |
| Drospirénone et éthinylestradiol | 12,3Note E: à utiliser avec prudence | 8,4 | 17,6 | 13,7Note E: à utiliser avec prudence | 9,0 | 20,2 | Note F: trop peu fiable pour être publié | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer |
| Autre | 12,0Note E: à utiliser avec prudence | 8,4 | 16,9 | 10,0Note E: à utiliser avec prudence | 6,8 | 14,5 | 19,9Note E: à utiliser avec prudence | 11,6 | 31,9 |
| Dose d'éthinylestradiol inférieure à 30 microgrammesTableau 2 Note § | 48,7 | 40,4 | 57,2 | 50,4 | 41,4 | 59,4 | 42,0Note E: à utiliser avec prudence | 27,8 | 57,7 |
| Contraceptifs oraux combinésTableau 2 Note † | 98,6 | 96,7 | 99,4 | 98,7 | 96,1 | 99,6 | 98,0 | 94,9 | 99,3 |
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... n'ayant pas lieu de figurer E à utiliser avec prudence F trop peu fiable pour être publié
Source : Cycles combinés 1 (2007 à 2009), 2 (2009 à 2011), 5 (2016 à 2017) et 6 (2018 à 2019) de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé. |
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Utilisation et durée de l’utilisation de contraceptifs oraux au cours de la vie
Au cours des cycles 5 et 6, des renseignements sur l’utilisation de contraceptifs oraux au cours de la vie et la durée de l’utilisation ont été recueillis pour la première fois. Selon ces données combinées, plus des deux tiers (68,9 %) des femmes non enceintes âgées de 15 à 49 ans avaient pris des contraceptifs oraux à un moment donné de leur vie (tableau 3). Plus de la moitié (53,9 %) de ces femmes ont déclaré une utilisation passée (ancienne), tandis que 15,0 % étaient des utilisatrices actuelles (selon leurs antécédents pharmaceutiques), et environ 3 sur 10 (31,1 %) n’en avaient jamais pris. Certaines différences étaient notables selon les caractéristiques sociodémographiques. Par exemple, le tiers des personnes âgées de 40 à 49 ans ont déclaré n’avoir jamais utilisé de contraceptifs oraux, soit environ la moitié de l’estimation des femmes âgées de 15 à 19 ans (33,4 % par rapport à 58,9 %). Les taux d’utilisation antérieure de contraceptifs oraux avaient également tendance à être plus élevés chez les femmes plus âgées que chez les jeunes femmes. Par exemple, parmi les femmes âgées de 40 à 49 ans, 60,5 % ont déclaré avoir utilisé des contraceptifs oraux, soit quatre fois le pourcentage (15,0 %) des femmes âgées de 15 à 19 ans. L’utilisation de contraceptifs oraux au cours de la vie (comprend les utilisatrices actuelles et anciennes) était comparable entre les femmes non racisées et non autochtones (84,5 %) et les femmes autochtones (91,9 %). En revanche, le pourcentage de femmes racisées (40,5 %) déclarant avoir utilisé des contraceptifs oraux au cours de leur vie était inférieur à la moitié de l’estimation pour les femmes non racisées et non autochtones (84,5 %). De plus, le taux de femmes n’ayant jamais utilisé de contraceptifs oraux était plus faible chez les femmes nées au Canada (21,0 %) que chez les immigrantes (53,2 %).
| Actuelles | Anciennes | Au cours de la vie | Jamais | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| % | Intervalle de confiance à 95 % |
% | Intervalle de confiance à 95 % |
% | Intervalle de confiance à 95 % |
% | Intervalle de confiance à 95 % |
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| de | à | de | à | de | à | de | à | |||||
| Total des femmes âgées de 15 à 49 ans | 15,0 | 11,1 | 20,0 | 53,9 | 47,2 | 60,5 | 68,9 | 59,3 | 77,1 | 31,1 | 22,9 | 40,7 |
| Groupe d’âge | ||||||||||||
| 15 à 19 ans | 26,1Note * | 19,4 | 34,1 | 15,0Note * Note E: à utiliser avec prudence | 9,8 | 22,2 | 41,1Note * | 31,1 | 51,8 | 58,9Note * | 48,2 | 68,9 |
| 20 à 29 ans | 25,9Note * Note E: à utiliser avec prudence | 17,4 | 36,5 | 45,0Note * | 35,4 | 55,0 | 70,9 | 56,6 | 82,0 | 29,1Note E: à utiliser avec prudence | 18,0 | 43,4 |
| 35 à 39 ans | 11,7Note E: à utiliser avec prudence | 6,1 | 21,4 | 67,4 | 57,0 | 76,4 | 79,2Note * | 68,3 | 87,0 | 20,8Note * Note E: à utiliser avec prudence | 13,0 | 31,7 |
| 40 à 49 ansTableau 3 Note † | 6,0Note E: à utiliser avec prudence | 3,2 | 11,2 | 60,5 | 48,5 | 71,4 | 66,6 | 53,6 | 77,4 | 33,4Note E: à utiliser avec prudence | 22,6 | 46,4 |
| Groupe de population (y compris la population autochtone) |
||||||||||||
| Non racisée et non autochtoneTableau 3 Note † | 19,8 | 14,6 | 26,2 | 64,7 | 57,8 | 71,1 | 84,5 | 78,0 | 89,3 | 15,5Note E: à utiliser avec prudence | 10,7 | 22,0 |
| Racisée | Note F: trop peu fiable pour être publié | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | 33,7Note * Note E: à utiliser avec prudence | 23,7 | 45,4 | 40,5Note * | 29,9 | 52,0 | 59,5Note * | 48,0 | 70,1 |
| Autochtone | Note F: trop peu fiable pour être publié | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | 74,3 | 59,3 | 85,2 | 91,9 | 76,7 | 97,5 | Note F: trop peu fiable pour être publié | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer |
| Statut d’immigrant | ||||||||||||
| Née au Canada (non immigrante)Tableau 3 Note † | 17,7 | 13,3 | 23,3 | 61,2 | 54,5 | 67,5 | 79,0 | 71,8 | 84,7 | 21,0 | 15,3 | 28,2 |
| Immigrante | Note F: trop peu fiable pour être publié | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | 37,9Note * | 26,5 | 50,8 | 46,8Note * | 34,1 | 60,0 | 53,2Note * | 40,0 | 65,9 |
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Source : Cycles 5 (2016 à 2017) et 6 (2018 à 2019) combinés de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé. |
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La durée de l’utilisation avait également tendance à différer selon l’âge et si l’utilisation était actuelle ou passée (tableau 4). Par exemple, parmi les utilisatrices actuelles âgées de 15 à 34 ans, environ le cinquième (18,0 %) ont déclaré une utilisation de contraceptifs oraux de moins de deux ans; le quart (23,8 %) les avaient utilisés pendant deux ans à moins de quatre ans, et les 6 autres utilisatrices sur 10 (58,2 %) ont déclaré une utilisation de contraceptifs oraux pendant quatre ans ou plus. Parmi les utilisatrices actuelles âgées de 35 à 49 ans, la plupart (95,2 %) ont déclaré une utilisation de contraceptifs oraux d’au moins quatre ans. Pour les anciennes utilisatrices âgées de 15 à 34 ans, 4 sur 10 (40,7 %) avaient pris des contraceptifs oraux pendant quatre ans ou plus, tandis que chez les femmes âgées de 35 à 49 ans, le chiffre correspondant était plus élevé, à 62,1 %.
| Utilisatrices de contraceptifs oraux | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Actuelles | AnciennesTableau 4 Note † | |||||
| % | Intervalle de confiance à 95 % |
% | Intervalle de confiance à 95 % |
|||
| de | à | de | à | |||
| Durée de l'utilisation (années) | ||||||
| Total des femmes âgées de 15 à 49 ans | ||||||
| Moins de deux ans | 14,7Note * Note E: à utiliser avec prudence | 10,1 | 20,9 | 30,1 | 24,9 | 36,0 |
| De deux ans à moins de quatre ans | 17,8Note E: à utiliser avec prudence | 10,5 | 28,5 | 17,0 | 12,8 | 22,3 |
| Quatre ans ou plus | 67,5Note * | 58,8 | 75,1 | 52,8 | 46,3 | 59,3 |
| 15 à 34 ans | ||||||
| Moins de deux ans | 18,0Note * | 12,1 | 26,0 | 40,5 | 30,1 | 51,9 |
| De deux ans à moins de quatre ans | 23,8Note E: à utiliser avec prudence | 13,2 | 39,1 | 18,8Note E: à utiliser avec prudence | 12,1 | 27,9 |
| Quatre ans ou plus | 58,2Note * Note E: à utiliser avec prudence | 44,8 | 70,5 | 40,7 | 33,0 | 48,9 |
| 35 à 49 ans | ||||||
| Moins de deux ans | Note F: trop peu fiable pour être publié | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | 22,2Tableau 4 Note ‡ | 17,0 | 28,5 |
| De deux ans à moins de quatre ans | Note F: trop peu fiable pour être publié | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer | 15,7Note E: à utiliser avec prudence | 10,3 | 23,2 |
| Quatre ans ou plus | 95,2Note * Tableau 4 Note ‡ | 88,0 | 98,2 | 62,1Tableau 4 Note ‡ | 53,5 | 70,0 |
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... n'ayant pas lieu de figurer E à utiliser avec prudence F trop peu fiable pour être publié
Source : Cycles 5 (2016 à 2017) et 6 (2018 à 2019) combinés de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé. |
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Discussion
La présente étude fournit des estimations à jour et représentatives à l’échelle nationale de la prévalence de l’utilisation actuelle de contraceptifs oraux (au cours des 30 derniers jours) au Canada, selon des caractéristiques sociodémographiques et d’autres facteurs de risque, ainsi que des renseignements sur les formulations de contraceptifs oraux. Pour la première fois, à l’aide des données de l’ECMS , des renseignements sur l’utilisation antérieure de contraceptifs oraux et la durée de cette utilisation sont également disponibles et présentés.
Selon cette étude, l’utilisation de contraceptifs oraux par les femmes en âge de procréer est courante au Canada, dont près de 1 femme sur 6 ayant déclaré en prendre actuellement et plus de 1 femme sur 2 ayant déclaré en avoir utilisé par le passé.
Les estimations de l’utilisation de contraceptifs oraux par les femmes âgées de 15 à 49 ans au Canada (15,9 %; intervalle de confiance à 95 % : 13,7 % à 18,5 %) étaient comparables aux estimations fondées sur des enquêtes menées aux États-Unis (16,0 % des femmes âgées de 15 à 44 ans de 2011 à 2013 et 14,0 % des femmes âgées de 15 à 49 ans de 2017 à 2019)Note 33, Note 34. Alors que plusieurs autres pays, dont le Royaume-UniNote 35, l’AustralieNote 36 et le DanemarkNote 37, publient la prévalence de l’utilisation de contraceptifs oraux, les comparaisons des taux globaux ont tendance à ne pas être très instructives en raison des différences de méthodologie et des exclusions de population. En revanche, les comparaisons des tendances d’utilisation par caractéristiques sociodémographiques des utilisatrices de contraceptifs oraux d’un pays à l’autre tendent à être plus importantes.
Par exemple, dans la présente étude, l’utilisation de contraceptifs oraux au cours du dernier mois diminuait avec l’âge et les femmes nullipares étaient plus susceptibles que les femmes primipares et multipares à utiliser des contraceptifs oraux. Ces différences sont bien établies et ont déjà été observées au CanadaNote 4, Note 5, Note 38 et ailleursNote 33, Note 34, Note 36, Note 37. L’utilisation de contraceptifs oraux est plus élevée avant l’âge de 30 ans, puis diminue; au moins une partie de cette baisse étant liée à un changement pour tenter de concevoir un enfant ou en raison d’une grossesse. Les statistiques de l’état civil corroborent également cela, alors que les mères au Canada au cours de cette période étaient âgées de 29,7 à 31,2 ans, en moyenneNote 39. À un âge plus avancé, les femmes ont tendance à préférer des méthodes plus permanentes (p. ex. ligature des trompes) ou des méthodes contraceptives réversibles à action prolongée (p. ex. dispositifs ou systèmes intra-utérins)Note 34.
Les prestataires de soins de santé peuvent également être plus réticents à prescrire des contraceptifs oraux aux femmes plus âgées, car le risque d’avoir des problèmes indésirables liés aux contraceptifs oraux et certains problèmes de santé pour lesquels la prise de contraceptifs oraux est contre-indiquée augmentent avec l’âgeNote 40. Toutefois, toutes les femmes de plus de 35 ans ne sont pas à risque, et limiter l’accès uniquement en fonction de l’âge n’est plus aussi largement approuvée, en raison d’autres risques (c.-à-d. grossesse non désirée)Note 41.
Selon ces résultats de l’ECMS , les femmes non racisées et non autochtones étaient plus susceptibles que les femmes racisées de prendre actuellement des contraceptifs oraux (au cours des 30 derniers jours). D’autres études ont également révélé une plus faible utilisation de contraceptifs hormonaux chez les femmes immigrantes ou appartenant à une minoritéNote 33, Note 34, Note 36, Note 42, Note 43. L’acceptabilité de la contraception et le choix de la méthode varient également selon le pays ou la région de naissanceNote 44, tout comme les attitudes culturelles et les croyances religieusesNote 42, Note 44, Note 45. Certaines populations peuvent également avoir peur des effets indésirables associés à la prise de contraceptifs oraux en raison de leur culture, poussant certaines femmes à choisir des méthodes contraceptives non hormonales et parfois moins efficacesNote 44, Note 46. Les besoins insatisfaits en matière de contraception peuvent également avoir contribué à des taux de contraception orale inférieurs au sein de certaines populations en raison d’obstacles linguistiques, d’une méconnaissance du système de soins de santé canadien, de l’attitude des prestataires de soins de santé ou de difficultés à accéder à des soins de santéNote 41, Note 42, Note 44, Note 45.
Les contraceptifs oraux sont une méthode de contraception sécuritaire et efficace et les femmes les utilisent depuis longtemps pour prévenir les grossessesNote 8, Note 9. Comme beaucoup de médicaments, les contraceptifs oraux présentent des effets secondaires et des risques, selon la quantité d’œstrogène et le type de progestatifNote 16, Note 17, Note 18, Note 19, Note 40. Les formulations plus récentes des contraceptifs oraux combinés contiennent généralement des doses plus faibles d’œstrogène47. Au cours de la période à l’étude, soit du cycle de 2007 à 2009 au cycle de 2018 à 2019, 48,7 % des contraceptifs oraux combinés présentaient des formulations à plus faible dose. Une estimation de 33,9 % relative à la période de 2007 à 2011 laisse entendre que l’utilisation de formulations à plus faible dose est devenue plus courante au CanadaNote 4.
D’autres études ont révélé que non seulement le fait d’avoir déjà pris des contraceptifs oraux avait des répercussions sur la santé, comparativement au fait de n’en avoir jamais pris, mais que la durée de la période de l’utilisation importait égalementNote 16, Note 18, Note 40. Les cycles 5 et 6 de l’ECMS ont permis d’examiner l’utilisation de contraceptifs oraux selon la durée; ces nouvelles données donnent à penser que la majorité des utilisatrices actuelles et anciennes avaient pris ce médicament pendant au moins quatre ans.
Points forts et limites
La combinaison des données des cycles de l’ECMS permet une analyse plus approfondie qu’il ne serait possible si un seul cycle était utilisé. Cela comprend l’utilisation de variables plus précises, comme une qui porte sur la parité avec une plus grande précision et une autre relativement au groupe de population autochtone.
Toutefois, le défi des petits échantillons n’a pas été entièrement éliminé, obligeant parfois à utiliser des catégories de covariables plus générales que souhaité. De plus, l’ECMS ne recueille pas de données sur certaines variables d’intérêt, y compris l’intention de devenir enceinte, l’utilisation d’autres formes de contraception, les connaissances en matière de santé sexuelle, l’assurance-médicaments et la durée de l’écart depuis l’arrêt de l’utilisation de contraceptifs oraux. La variable de durée de l’utilisation de contraceptifs oraux comportait des catégories de réponse ne comprenant pas la durée établie des intervalles d’exposition au risque de 5 et de 10 ansNote 18, Note 48. Les données disponibles étaient également limitées aux répondantes des ménages vivant dans les provinces et non dans des réserves ou des peuplements autochtones; par conséquent, toutes les femmes en âge de procréer au Canada ne sont pas représentées dans la présente étude. Néanmoins, le fait de disposer de davantage de renseignements sur l’exposition des femmes canadiennes aux contraceptifs oraux est une amélioration par rapport à une étude antérieure sur les contraceptifs oraux fondée sur l’ECMS Note 4.
Malgré l’application de mesures d’assurance de la qualité à chaque étape de la collecte et du traitement des données, et la formation complète des intervieweurs, les données de l’ECMS comportent plusieurs limites. Certaines données sont autodéclarées et sont donc vulnérables au biais dû à la désirabilité sociale et au biais de rappel. Cela dit, étant donné que les cycles 5 et 6 de l’ECMS comportaient des questions portant directement sur la prise de la pilule anticonceptionnelle, en plus de recueillir des numéros d’identification du médicament (DIN), cette étude a été l’occasion de comparer l’utilisation autodéclarée de contraceptifs oraux aux variables de l’utilisation de contraceptifs oraux dérivées des DIN . Parmi les utilisatrices actuelles de contraceptifs oraux (au cours des 30 derniers jours), selon les étiquettes des médicaments et les DIN correspondants, 97,9 % ont également déclaré prendre des contraceptifs; ce qui laisse entendre que l’utilisation autodéclarée de contraceptifs est une autre source de données de grande qualité sur la contraception (tableau 4).
La principale approche de la présente étude a permis de dériver l’utilisation de contraceptifs oraux à partir de médicaments identifiés au moyen d’un DIN . Cela n’est pas idéal pour saisir l’utilisation d’autres contraceptifs hormonaux, tels que les méthodes contraceptives réversibles à action prolongée, parce que l’insertion (ou l’administration) peut avoir eu lieu plusieurs mois ou même des années auparavant; ce qui a une incidence sur le rappel.
Conclusion
Cette étude s’étend sur 12 ans et présente des estimations représentatives à l’échelle nationale de l’utilisation de contraceptifs oraux chez les femmes au cours de la décennie précédant la gratuité de nombreuses formes de contraception sur ordonnance au CanadaNote 20, Note 21. Une compréhension détaillée de l’utilisation des contraceptifs oraux selon des caractéristiques sociodémographiques et d’autres caractéristiques avant ce changement de politique fournit d’importants renseignements de référence pour faciliter la surveillance future. Il est également essentiel de comprendre quelles femmes utilisent des contraceptifs oraux pour déterminer les femmes à risque de grossesses imprévues et de façon plus générale, pour éclairer et soutenir la promotion de la santé, y compris le soutien en matière de planification familiale.
| Cycle 1 | Cycle 2 | Cycle 5 | Cycle 6 | Total combiné |
|
|---|---|---|---|---|---|
| Mars 2007 à février 2009 | Août 2009 à novembre 2011 | Janvier 2016 à décembre 2017 | Janvier 2018 à décembre 2019 | ||
| Taille de l’échantillon du cycle d’enquête | 5 604 | 6 395 | 5 786 | 5 797 | 23 582 |
| Taux de réponse (%) | 51,7 | 55,5 | 48,5 | 45,9 | 50,4 |
| Groupe d’âge | 6 à 79 ans | 3 à 79 ans | 3 à 79 ans | 3 à 79 ans | Note ...: n'ayant pas lieu de figurer |
| Nombre de lieux de collecte | 15 | 18 | 16 | 16 | 65 |
| Degrés de liberté | 24 | 24 | 22 | 22 | 46 |
|
... n'ayant pas lieu de figurer Notes : Exclusions à l’enquête pour les cycles 1 et 2 : personnes vivant dans les réserves et d’autres peuplements autochtones dans les provinces, membres à temps plein des Forces canadiennes, population vivant en établissement et résidents de certaines régions éloignées (moins de 4 % de la population cible); exclusions à l’enquête pour les cycles 5 et 6 : personnes vivant dans les trois territoires, personnes vivant dans les réserves ou d’autres établissements autochtones dans les provinces, membres à temps plein des Forces canadiennes, population vivant en établissement et résidents de certaines régions éloignées (moins de 3 % de la population cible). Source : Enquête canadienne sur les mesures de la santé, 2019. |
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| Code ATC de niveau 7 | Description du ATC |
|---|---|
| Contraceptifs oraux combinés contenant de l’œstrogène et un progestatif | |
| G03AA07 | Lévonorgestrel et éthinylestradiol |
| G03AB03 | Lévonorgestrel et éthinylestradiol |
| G03AA11 | Norgestimate et éthinylestradiol |
| G03AB11 | Norgestimate et éthinylestradiol |
| G03AA09 | Désogestrel et éthinylestradiol |
| G03AB05 | Désogestrel et éthinylestradiol |
| G03AA12 | Drospirénone et éthinylestradiol |
| G03AA05 | NoréthindroneTableau B en annexe Codes du Système de classification anatomique thérapeutique chimique de niveau 7 et descriptions utilisés pour déterminer les utilisatrices de contraceptifs oraux Note § et éthinylestradiol |
| G03AB04 | NoréthindroneTableau B en annexe Codes du Système de classification anatomique thérapeutique chimique de niveau 7 et descriptions utilisés pour déterminer les utilisatrices de contraceptifs oraux Note § et éthinylestradiol |
| G03AA01 | Éthynodiol et éthinylestradiol |
| G03HB01Tableau B en annexe Codes du Système de classification anatomique thérapeutique chimique de niveau 7 et descriptions utilisés pour déterminer les utilisatrices de contraceptifs oraux Note † |
Cyprotérone et éthinylestradiol |
| G03AA06 | Norgestrel et éthinylestradiol |
| Contraceptifs oraux avec progestatif seulement | |
| G03AC01 | NoréthistéroneTableau B en annexe Codes du Système de classification anatomique thérapeutique chimique de niveau 7 et descriptions utilisés pour déterminer les utilisatrices de contraceptifs oraux Note § |
Source : Organisation mondiale de la Santé. |
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