Résumé
Contexte
L’exposition à la verdure en milieu résidentiel a été associée à certains bienfaits pour la santé, notamment un plus faible risque de mortalité, de maladies cardiovasculaires, d’obésité, d’issues défavorables de la grossesse et d’asthme, ainsi qu’une meilleure santé psychologique. Cependant, les différences dans l’exposition à la verdure entre les différentes régions urbaines du Canada, selon les caractéristiques socioéconomiques et démographiques, ne sont pas bien documentées.
Données et méthodologie
On a attribué aux répondants au questionnaire détaillé du Recensement de 2016 des estimations de l’exposition à la verdure en milieu résidentiel fondées sur l’Indice de végétation par différence normalisée (IVDN) (de 2012 ou de la plus récente année à laquelle on a accès) moyen dans une zone tampon de 500 m autour de leur domicile, selon le code postal. Les poids du recensement ont été utilisés pour déterminer les différences dans l’exposition moyenne à la verdure selon certaines caractéristiques démographiques et socioéconomiques.
Résultats
La valeur de verdure en milieu résidentiel moyenne chez les 5,3 millions de répondants au recensement dans les régions urbaines du Canada est de 0,44 unité d’IVDN (écart-type [ET] = 0,18 unité). Elle est plus faible chez les immigrants (en particulier les immigrants récents), certains groupes de minorités visibles (en particulier les personnes d’ascendance philippine), les ménages à faible revenu et les locataires (c.-à-d. valeurs d’IVDN variant de 0,40 à 0,43 unité). Les valeurs de verdure sont les plus élevées chez les non-immigrants blancs et les ménages à revenu élevé (c.-à-d. valeurs d’IVDN variant de 0,46 à 0,47 unité).
Interprétation
Étant donné le rôle potentiellement multidimensionnel que joue la verdure dans les résultats en matière de santé, les inégalités en matière de verdure en milieu résidentiel décrites dans le présent article peuvent donner lieu à des inégalités en matière de santé au sein de la population canadienne ou exacerber les inégalités existantes.
Mots-clés
environnement, espace vert, justice environnementale, verdure
DOI : https://www.doi.org/10.25318/82-003-x202100500001-fra
Résultats
Vivre dans une maison entourée d’arbres, de jardins et de végétation naturelle (c.-à-d. un espace vert ou de la verdure) peut procurer de nombreux bienfaits pour la santé. En particulier, des études menées au Canada, aux États-Unis et en Europe ont révélé des associations inverses entre la verdure en milieu résidentiel et la mortalité toutes causes confondues ou non accidentelle due à une maladie respiratoire ou à une maladie cardiovasculaire, après correction pour tenir compte des facteurs confusionnels socioéconomiques et démographiques. Les associations avec la mortalité sont plus fortes chez certains groupes, au Canada, chez les femmes et les personnes ayant un revenu et un niveau de scolarité plus élevés et, en Angleterre, chez les personnes ayant le revenu le plus faible. Outre les résultats en matière de mortalité, une étude menée aux Pays-Bas a déterminé que l’état de santé général autoévalué était meilleur avec une exposition à la verdure à moins de 1 km et 3 km de la maison, et une étude effectuée à Toronto a révélé qu’un meilleur état de santé perçu était associé à une plus grande densité d’arbres dans sa rue. [Article complet]
Auteurs
Lauren Pinault (lauren.pinault@canada.ca), Tanya Christidis et Toyib Olaniyan travaillent à la Division de l’analyse de la santé de Statistique Canada, à Ottawa (Ontario), au Canada. Dan L. Crouse est rattaché au Health Effects Institute à Boston, au Massachusetts, aux États-Unis.
Début de l'encadré
Ce que l’on sait déjà sur le sujet?
- La verdure en milieu résidentiel est associée à une meilleure santé, y compris à un plus faible risque de mortalité.
- Dans d’autres pays, la verdure est moins présente dans les quartiers les plus défavorisés sur le plan socioéconomique et pour certaines populations de minorités visibles.
- Au Canada, la verdure est en corrélation négative avec le revenu.
Ce qu’apporte l’étude?
- La verdure en milieu résidentiel est répartie de façon inégale entre les Canadiens qui vivent en milieu urbain.
- On a observé une faible exposition à la verdure en milieu résidentiel chez les ménages à faible revenu, les immigrants récents, les jeunes adultes, les locataires et les personnes appartenant à des groupes de minorités visibles, en particulier celles qui se sont déclarées d’ascendance philippine.
- L’exposition à la verdure est plus élevée chez les ménages à revenu élevé, les populations blanches et les non-immigrants.
Fin de l'encadré
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