Résumé

Contexte

Deux tiers des adultes canadiens et un tiers des enfants et des jeunes canadiens sont en surpoids ou obèses. La détermination des caractéristiques de l’environnement bâti — comme le potentiel piétonnier — qui facilitent les habitudes de vie associées à la réduction de l’obésité et à l’amélioration de la santé suscite un intérêt croissant. La présente étude a pour but d’examiner dans quelle mesure le lien entre le potentiel piétonnier et l’obésité ainsi que l’état de santé autoévalué varie selon l’âge chez les Canadiens en utilisant un nouvel ensemble de données sur le potentiel piétonnier

Données et méthodes

La Base de données sur l’accessibilité à la vie active dans les milieux de vie au Canada (AVA-Can) de 2016 a été jointe aux données de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS; de 2009 à 2015). L’activité physique modérée à vigoureuse (APMV), l’activité physique d’intensité légère (APIL) et le nombre de pas ont été mesurés dans l’ECMS en utilisant l’accéléromètre Actical (n = 10 852; de 3 à 79 ans). L’indice de masse corporelle (IMC) et la circonférence de la taille ont été mesurés dans une clinique mobile. La santé générale et la santé mentale autodéclarées ont été évaluées au moyen d’un questionnaire.

Résultats

Le pourcentage d’adultes âgés de 40 à 59 ans classés comme étant en surpoids ou obèses a été inférieur de 28 points de pourcentage dans la catégorie d’AVA-Can ayant le meilleur potentiel piétonnier comparativement à celui de la catégorie ayant le moins bon potentiel piétonnier (49,1 % contre 77,5 %). On a observé une tendance linéaire à la baisse significative dans la mesure de l’IMC et de la circonférence de la taille à travers les catégories d’AVA-Can (des quartiers ayant les moins bons potentiels piétonniers aux meilleurs potentiels piétonniers) pour les adultes âgés de 18 à 59 ans, mais pas pour les enfants et les jeunes ou pour les adultes âgés de 60 à 79 ans. L’APMV était un important facteur médiateur dans le lien entre l’indice AVA-Can et l’IMC chez les adultes âgés de 40 à 79 ans (et dans la circonférence de la taille des répondants âgés de 40 à 59 ans). Les jeunes adultes (âgés de 18 à 39 ans) étaient plus susceptibles que les adultes plus âgés (âgés de 60 à 79 ans) de déclarer un état de santé général très bon ou excellent à mesure que le potentiel piétonnier augmentait.

Interprétation

En utilisant un nouvel indice canadien de potentiel piétonnier disponible gratuitement, la présente étude a démontré un lien positif entre le potentiel piétonnier et l’obésité mesurée ainsi que l’état de santé général autodéclaré chez les adultes. Le potentiel piétonnier est l’une des nombreuses caractéristiques de l’environnement bâti qui devraient être prises en compte lorsque l’on tente de comprendre l’influence relative de l’environnement bâti sur le poids et l’état de santé général d’une personne.

Mots-clés

exercice, potentiel piétonnier, environnement bâti, marche, transports

DOI : https://www.doi.org/10.25318/82-003-x201900900002-fra

Résultats

Deux tiers des adultes canadiens et un tiers des enfants et des jeunes canadiens sont en surpoids ou obèses. Le modeste succès des programmes et des interventions au niveau de la personne (c.-à-d., une saine alimentation et l’activité physique) visant à modifier les comportements qui contribuent à l’obésité a été à l’origine de l’intérêt accru à changer l’environnement physique de manière à aider les personnes à faire de meilleurs choix de vie. Le Rapport de l’administrateur en chef de la santé publique sur l’état de la santé publique au Canada, 2017 – Concevoir un mode de vie sain, a attiré l’attention sur les répercussions potentielles d’utiliser l’environnement bâti pour aider les Canadiens à faire des choix plus sains. De la même façon, un des éléments clés de la Charte d’Ottawa pour la promotion de la santé est la nécessité de créer des environnements propices afin d’aider les personnes à répondre à un environnement qui évolue rapidement et à une urbanisation croissante. On évalue généralement la mesure dans laquelle un quartier est propice à l’activité par son potentiel piétonnier, qui évalue dans quelle mesure la forme bâtie d’un quartier encourage la marche et consiste généralement en plusieurs sous-composantes, y compris la proximité des destinations d’intérêt (p. ex., magasins, services, lieux de travail, écoles), la connectivité des rues (le nombre d’intersections, les options routières, le caractère direct des routes) et la densité résidentielle (qui peut appuyer les destinations d’intérêt). La Base de données sur l’accessibilité à la vie active dans les milieux de vie au Canada (AVA-Can) est un nouvel ensemble de mesures géographiques qui indique dans quelle mesure les collectivités canadiennes se prêtent à un mode de vie actif. [Article complet]

Auteurs

Rachel C. Colley (rachel.colley@canada.ca), Tanya Christidis et Michael Tjepkema travaillent au sein de la Division de l’analyse de la santé, et Isabelle Michaud travaille au sein du Centre de collaboration internationale et d’innovation en méthodologie de Statistique Canada, à Ottawa, au Canada. Nancy A. Ross travaille au sein du Groupe de recherche sur les déterminants géosociaux de la santé du Département de géographie de l’Université McGill, à Montréal, au Québec

Début de l'encadré

 

Ce que l’on sait déjà sur le sujet

  • Deux tiers des adultes canadiens et un tiers des enfants et des jeunes canadiens sont en surpoids ou obèses.
  • La modification de l’environnement bâti de manière à aider les personnes à faire de meilleurs choix à l’égard de leur mode de vie a été déterminée comme une stratégie de santé de la population.
  • Le potentiel piétonnier est positivement lié à une meilleure santé et à une réduction de l’obésité; toutefois, l’enchaînement de causalité n’est pas clair.

Ce qu’apporte l’étude

  • On a observé moins d’adultes en surpoids ou obèses dans les types de quartiers au potentiel piétonnier plus élevé que dans les types de quartiers au potentiel piétonnier plus faible.
  • Le lien entre le potentiel piétonnier et l’obésité était plus fort chez les jeunes adultes que chez les jeunes ou les adultes plus âgés.
  • Les jeunes adultes étaient plus susceptibles que les adultes plus âgés de déclarer un état de santé général très bon ou excellent à mesure que le potentiel piétonnier augmentait.

Fin de l'encadré

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