Résumé

Contexte

En général, la corrélation et la concordance entre l’activité physique autodéclarée et l’activité physique mesurée par accéléromètre sont faibles. La présente étude a pour objectif de comparer les estimations de l’activité physique fondées sur les données d’un questionnaire canadien élaboré récemment avec les mesures prises par accéléromètre chez les jeunes de 12 à 17 ans.

Données et méthodes

L’activité physique était autodéclarée par contexte (transport, loisirs, école, et travail ou tâches ménagères) à l’aide du nouveau questionnaire sur les activités physiques pour les jeunes (QAPJ) dans le cadre de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS de 2014-2017; n = 975) et de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC de 2015-2016; n = 7 619). L’ECMS a également permis de recueillir des données sur l’activité physique modérée à vigoureuse (APMV) au moyen de l’accéléromètre Actical. Des statistiques descriptives et des analyses de la corrélation et de la concordance ont servi à comparer les variables décrivant l’activité physique autodéclarée et celles décrivant l’activité physique mesurée par accéléromètre. Une régression linéaire a permis d’évaluer l’association entre l’activité physique et l’obésité.

Résultats

L’APMV mesurée par accéléromètre était en moyenne de 49,7 minutes par jour. Dans le QAPJ, les jeunes canadiens avaient déclaré faire en moyenne 78,2 minutes d’activité physique par jour tous contextes confondus, y compris les loisirs (31,3 minutes par jour), le transport (15,5 minutes par jour), l’école (25,8 minutes par jour) et le travail ou les tâches ménagères (5,6 minutes par jour).

Selon les données sur l’APMV mesurée par accéléromètre, 23,1 % des jeunes ont respecté les directives en matière d’activité physique. L’inclusion de tous les contextes d’activité physique autodéclarée a fait qu’un plus grand pourcentage de jeunes ont été classés comme suivant les directives (58,6 %) que si on incluait seulement les loisirs (18,5 %) ou si on faisait la somme des loisirs et de l’école (34,0 %). Dans l’ensemble, il n’y avait qu’une faible corrélation (R < 0,2) entre l’activité physique autodéclarée et l’activité physique mesurée par accéléromètre.

Interprétation

Il y avait une bonne correspondance entre les données de l’Actical et les données du QAPJ en ce qui concerne les estimations de l’activité physique au niveau de la population et le pourcentage de jeunes qui suivaient les directives en matière d’activité physique; par contre, il y avait des différences importantes au niveau individuel. On recommande donc de faire preuve de prudence dans l’utilisation des données recueillies par ces deux méthodes, car leurs valeurs ne sont pas nécessairement interchangeables.

Mots-clés

collecte de données, enquêtes sur la santé, exercice, mesure directe, mouvement

DOI : https://www.doi.org/10.25318/82-003-x201900700001-fra

Résultats

Chez les enfants et les jeunes, l’activité physique est associée de manière positive à une large gamme de résultats en matière de santé sur le plan physique, psychologique, social et cognitif. Les questionnaires d’autoévaluation offrent un bon rapport coût-efficacité et fournissent des renseignements contextuels importants sur l’activité physique, mais ils comportent des limites, soit le biais de rappel et le fait que l’exactitude des déclarations peut varier selon le contexte et l’intensité de l’activité. Les accéléromètres permettent de régler certains de ces problèmes. Cependant, ils ne mesurent pas avec précision certains types de mouvement (p. ex. faire du vélo, porter une charge). Les accéléromètres ne fournissent pas non plus de renseignements contextuels sur le type d’activité physique que fait la personne. Or, ces renseignements sont importants aux fins de surveillance, car ils permettent de déterminer les contextes et les types d’activité physique qui contribuent le plus ou le moins aux niveaux globaux d’activité physique. Il peut s’avérer particulièrement difficile de recueillir ces renseignements contextuels auprès des jeunes, compte tenu de leur façon plus sporadique de faire de l’activité physique au cours de la journée [Article complet]

Auteurs

Rachel C. Colley (rachel.colley@canada.ca) et Didier Garriguet travaillent à la Division de l’analyse de la santé de Statistique Canada à Ottawa (Ontario). Gregory Butler, Stephanie A. Prince et Karen C. Roberts travaillent au Centre de surveillance et de recherche appliquée de l’Agence de la santé publique du Canada à Ottawa (Ontario). Stephanie A. Prince travaille aussi à la Division de prévention et de réadaptation cardiaque à l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa (Ontario).

Début de l'encadré

 

Ce que l'on sait déjà sur le sujet

  • Il y a généralement une faible corrélation et une faible concordance entre les niveaux d’activité physique autodéclarés et les niveaux mesurés par accéléromètre.
  • Fondées sur les données tirées de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS), des comparaisons antérieures entre l’activité physique autodéclarée et l’activité physique mesurée par accéléromètre ont révélé une faible corrélation entre les deux méthodes ainsi que d’importants écarts en ce qui concerne le nombre de minutes d’activité physique pratiquée chaque jour et le respect des directives en matière d’activité physique.
  • Un nouveau module sur l’activité physique a été adopté dans le questionnaire de l’ECMS de 2014-2015 et de l’ESCC de 2015-2016. Dans ce nouveau questionnaire, on demande aux jeunes de déclarer l’activité physique qu’ils ont faite au cours d’une période selon le contexte : le transport, les loisirs, l’école, et le travail ou les tâches ménagères.

Ce qu'apporte l'étude

  • En moyenne, les jeunes canadiens ont déclaré un niveau d’activité physique supérieur à celui mesuré par accéléromètre.
  • Il y avait une faible corrélation entre les données autodéclarées provenant du nouveau module du questionnaire et l’activité physique mesurée par accéléromètre. Ce résultat concorde avec ceux observés dans d’autres modules du questionnaire pour ce groupe d’âge.
  • Environ 1 participant sur 4 a déclaré des niveaux d’activité physique très proches de ceux mesurés par accéléromètre. Les autres participants étaient répartis également entre ceux qui ont déclaré un niveau d’activité physique supérieur et ceux qui ont déclaré un niveau inférieur à celui mesuré par accéléromètre.
  • Le mode d’interview (par téléphone ou en personne) semble avoir une incidence sur les estimations de l’activité physique. En moyenne, les estimations fondées sur les données obtenues par téléphone étaient supérieures à celles fondées sur les données recueillies en personne.

Fin de l'encadré

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