Résumé

Contexte

Le temps passé en position assise et l’activité physique sont possiblement des déterminants modifiables de la fonction pulmonaire. L’objectif de la présente étude est d’évaluer l’effet que le changement de divers comportements moteurs a sur la fonction pulmonaire chez les personnes atteintes d’une maladie pulmonaire obstructive et chez celles qui ne sont pas atteintes de la maladie.

Données et méthodes

Pour effectuer cette analyse, on a utilisé les données de personnes recrutées entre 2012 et 2015 pour participer à l’Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement. La fonction pulmonaire a été évaluée par spirométrie. Une version modifiée de l’échelle d’évaluation de l’activité physique des personnes âgées a servi à évaluer le temps passé en position assise ainsi que les niveaux d’activité physique. On a effectué une analyse de substitution isotemporelle pour examiner les effets du remplacement d’un comportement moteur par un autre pendant 30 minutes par jour, le temps total restant stable. On a mené les analyses séparément pour les personnes souffrant d’une maladie pulmonaire obstructive (l’asthme, la maladie pulmonaire obstructive chronique ou un volume expiratoire maximal par seconde [VEMS] inférieur au 5e centile de la limite inférieure de normalité; n = 3 398) et les adultes en bonne santé (n = 14 707).

Résultats

Lorsque le temps passé en position assise était remplacé par 30 minutes par jour de sommeil ou de tout type d’activité physique, on a observé une hausse du pourcentage du VEMS prédit (c.-à-d. β = 0,65, intervalle de confiance [IC] : 0,43; 0,88 pour le remplacement du temps passé assis par une activité d’intensité élevée ou de renforcement musculaire) chez les adultes en bonne santé. Chez les adultes souffrant d’une maladie pulmonaire obstructive, remplacer 30 minutes par jour passées en position assise ou à dormir par une activité d’intensité élevée ou de renforcement musculaire a entraîné une amélioration du pourcentage du VEMS prédit (c.-à-d. β = 0,98, IC : 0,13; 1,82 pour le remplacement du temps de sommeil par une activité d’intensité élevée ou de renforcement musculaire).

Interprétation

Remplacer le temps passé en position assise par une activité physique entraîne des améliorations notables de la fonction pulmonaire chez les adultes souffrant d’une maladie pulmonaire obstructive ainsi que chez les adultes qui ne sont atteints d’aucune maladie respiratoire.

Mots-clés

asthme, exercice, maladie pulmonaire, MPOC, sédentarité

DOI : https://www.doi.org/10.25318/82-003-x201900300002-fra

Résultats

La fonction pulmonaire décline graduellement avec l’âge. Il a été avancé que le tabagisme, les facteurs environnementaux et professionnels, l’alimentation, la comorbidité et l’activité physique pouvaient avoir une incidence sur ce déclin associé à l’âge. L’activité physique, en particulier, semble prometteuse comme facteur de risque modifiable, puisque des données longitudinales suggèrent qu’elle peut réduire le déclin de la fonction pulmonaire associé au tabagisme. Des études transversales ont également révélé une association positive entre le niveau d’activité physique et la fonction pulmonaire. [Texte intégral]

Auteurs

Shilpa Dogra (Shilpa.Dogra@uoit.ca), Joshua Good et David Rudoler travaillent à la Faculté des sciences de la santé de l’Institut universitaire de technologie de l’Ontario à Oshawa, en Ontario. Paul A. Gardiner travaille à la Faculté de médecine de l’Université du Queensland à Woolloongabba, dans le Queensland, en Australie. Jennifer L. Copeland travaille au Département de kinésiologie et d’éducation physique de l’Université de Lethbridge à Lethbridge, en Alberta. Michael K. Stickland travaille à la Faculté de médecine et de médecine dentaire de l’Université de l’Alberta ainsi qu’au G.F. MacDonald Centre for Lung Health à Edmonton, en Alberta. Matthew P. Buman travaille au College of Health Solutions de l’Université de l’État de l’Arizona à Phoenix, en Arizona, aux États-Unis.

Début de l'encadré

 

Ce que l’on sait déjà sur le sujet

  • Il peut être possible de modifier le déclin de la fonction pulmonaire associé à l’âge.
  • Des données transversales indiquent que le temps passé en position assise et l’activité physique de différentes intensités peuvent être associés à différents résultats chez les adultes ayant reçu un diagnostic de maladie respiratoire et chez ceux n’étant pas atteint de la maladie.

Ce qu’apporte l’étude

  • Remplacer le temps passé en position assise par du sommeil ou de l’activité physique a une incidence positive sur les mesures de la fonction pulmonaire chez les adultes ne souffrant pas d’une maladie pulmonaire.
  • Remplacer le sommeil ou le temps passé en position assise par de l’activité physique d’intensité élevée ou de renforcement musculaire a une incidence positive sur les mesures de la fonction pulmonaire chez les adultes souffrant d’asthme, d’une MPOC ou d’une limitation du débit de l’air.
  • Fournir des conseils sur les comportements moteurs aux personnes qui risquent de développer une maladie pulmonaire obstructive ou qui en sont déjà atteintes peut donner lieu à l’amélioration de leur fonction pulmonaire. Cette constatation a des répercussions sur la pratique clinique.

Fin de l'encadré

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