Résumé

Contexte

L’acouphène, contre lequel il n’existe aucun remède, peut être un irritant temporaire ou un problème de santé qui altère considérablement la qualité de vie. De nombreux facteurs peuvent précipiter l’apparition de l’acouphène, y compris une perte auditive, l’exposition à un bruit intense, d’autres causes otologiques, une blessure ou une maladie neurologique, des troubles dentaires, certains médicaments et certaines maladies infectieuses. La présente étude résume les nouvelles données sur l’acouphène qui proviennent de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS).

Données et méthodes

Les données ont été recueillies auprès de personnes âgées de 19 à 79 ans (n = 6 571) de 2012 à 2015 dans le cadre de l’ECMS. On y décrit l’acouphène comme « la perception d’un sifflement, d’un bourdonnement, d’un tintement ou d’un son strident ou assourdissant dans les oreilles quand il n’y a pas d’autres sons autour de vous ». Le terme « acouphène incommodant » désigne l’acouphène qui nuit au sommeil, à la concentration ou à l’humeur. Les facteurs liés à l’acouphène ont été examinés à l’aide d’analyses bivariées et de régression logistique.

Résultats

On estime que 37 % des adultes canadiens (9,2 millions de personnes) avaient eu des acouphènes au cours de l’année précédente; le problème était incommodant chez 7 % de la population. Les personnes âgées de 19 à 29 ans étaient beaucoup plus susceptibles d’avoir présenté des acouphènes au cours de l’année précédente (46 %) que les personnes âgées de 30 à 49 ans (33 %) et celles âgées de 50 à 70 ans (35 %). L’acouphène était associé à des problèmes de santé mentale autodéclarés, à des troubles de l’humeur, à un faible sentiment d’appartenance à la collectivité, à un stress quotidien élevé et à un sommeil de mauvaise qualité. Les personnes qui présentaient une perte auditive et des acouphènes étaient deux fois plus susceptibles d’utiliser des appareils auditifs que celles qui présentaient uniquement une perte auditive, soit 11 % comparativement à 5 %.

Interprétation

L’acouphène est un problème de santé commun chez les adultes canadiens. Une exposition récente à un bruit intense pourrait contribuer à la prévalence supérieure de l’acouphène au cours de l’année précédente chez les personnes d’un plus jeune âge. Les Canadiens pourraient profiter d’une sensibilisation accrue à l’acouphène, de stratégies de prévention et d’options pour la gestion des symptômes.

Mots clés

audiométrie, bien-être, niveau sonore dangereux, qualité de vie

DOI : https://www.doi.org/10.25318/82-003-x201900300001-fra

Résultats

L’acouphène est la perception d’un bruit en l’absence d’une source de son externe; on l’appelle aussi le bruit fantôme. L’acouphène est habituellement classé comme étant subjectif ou objectif. Dans au moins 95 % des cas, l’acouphène est subjectif, c’est-à-dire que les sons dans la tête ou les oreilles sont perceptibles uniquement par la personne. En revanche, l’acouphène objectif se produit lorsque la perception des sons découle de sources à l’intérieur du corps; les sons sont transmis à l’oreille et peuvent parfois être entendus par un médecin lors d’une auscultation (c.-à-d. à l’écoute des sons provenant du cœur, des poumons et d’autres organes). La nature du son perçu varie d’une personne à l’autre, mais elle a été décrite comme un tintement, un bourdonnement, un grondement, un grincement ou comme le son des grillons, des cigales, du vent ou de la vapeur qui s’échappe. L’acouphène pulsatile est rythmique, synchronisé avec les pulsations cardiaques. [Texte intégral]

Auteurs

Pamela L. Ramage-Morin (Pamela.Ramage-Morin@canada.ca) travaille à la Division de l’analyse de la santé de Statistique Canada, à Ottawa, en Ontario. Rex Banks, Dany Pineault et Maha Atrach sont audiologistes et travaillent à la Société canadienne de l’ouïe à Toronto, en Ontario.

Début de l'encadré

 

Ce que l'on sait déjà sur le sujet

  • La gravité de l’acouphène varie d’un inconvénient temporaire à un problème de santé chronique qui perturbe la vie d’une personne.
  • L’acouphène peut découler d’une perte auditive, d’une exposition à un bruit intense, d’autres causes otologiques, de blessures ou de maladies neurologiques, de troubles dentaires, de certains médicaments et de certaines maladies infectieuses.
  • La prévalence de l’acouphène augmente avec l’âge.

Ce qu'apporte l'étude

  • On estime que 37 % des adultes canadiens (9,2 millions de personnes) ont eu des acouphènes au cours de l’année précédente; ils étaient incommodants chez 7 % de la population, ayant des répercussions sur des aspects de leur vie comme le sommeil, la concentration et l’humeur.
  • Les personnes plus jeunes ayant de 19 à 29 ans étaient plus susceptibles de déclarer la présence d’acouphènes au cours de l’année précédente que les personnes des groupes plus âgés.
  • L’utilisation de dispositifs audio avec des casques d’écoute ou des écouteurs qu’on place dans les oreilles ainsi que l’exposition à une musique amplifiée et à des bruits intenses lors d’événements étaient plus courantes chez les plus jeunes, ce qui constitue une explication possible pour la prévalence élevée d’acouphènes à un plus jeune âge.
  • Les hommes étaient plus susceptibles que les femmes d’avoir eu des acouphènes; cependant, cette différence pourrait être attribuable à leur exposition accrue, en général, à des bruits intenses au travail, à l’école ou dans les loisirs.
  • Les personnes ayant des acouphènes étaient plus susceptibles que celles sans acouphènes de déclarer une santé mentale de mauvaise qualité, des troubles de l’humeur, un stress élevé au quotidien, un faible sentiment d’appartenance à la collectivité et un sommeil de mauvaise qualité.

Fin de l'encadré

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