Résumé

Contexte

Le gouvernement du Canada s’est engagé à légaliser la consommation de cannabis à des fins non médicales par les adultes en 2018. La consommation à des fins médicales a été légalisée en 2001, mais ce ne sont pas toutes les personnes déclarant une consommation à des fins médicales qui ont reçu l’autorisation d’un médecin pour une telle consommation. En vue de surveiller l’incidence de la nouvelle politique, il importe de comprendre la prévalence de la consommation de cannabis et les caractéristiques de tous les consommateurs de cannabis.

Données et méthodes

Les données de l’Enquête canadienne sur le tabac, l’alcool et les drogues (ECTAD) de 2015 ont été utilisées pour estimer la prévalence de la consommation de cannabis à des fins médicales et pour examiner les raisons d’une telle consommation. Elles ont aussi été utilisées pour examiner les facteurs associés aux personnes ayant déclaré consommer du cannabis à des fins non médicales seulement (NMS) par rapport à ceux associés aux personnes ayant déclaré consommer du cannabis à des fins médicales autodéfinies et non médicales (MANM), y compris la consommation d’autres drogues et la consommation non thérapeutique de médicaments psychotropes.

Résultats

En 2015, 9,5 % des Canadiens de 15 ans ou plus ont déclaré consommer du cannabis à des fins NMS, tandis que 2,8 % ont déclaré en consommer à des fins MANM. La moitié des Canadiens qui ont déclaré une certaine forme de consommation à des fins médicales autodéfinies a mentionné la douleur comme principale raison. La consommation quotidienne ou quasi quotidienne était significativement plus courante chez les consommateurs de cannabis à des fins MANM (47,2 %) que chez les consommateurs à des fins NMS (26,4 %). Quelles que soient les fins de la consommation, les personnes ayant consommé du cannabis au cours de l’année précédente étaient plus susceptibles d’être de sexe masculin, d’être plus jeunes, d’avoir consommé d’autres drogues illicites et un médicament d’au moins l’une des trois catégories de médicaments psychotropes à des fins non thérapeutiques, et d’être des fumeurs quotidiens ou de grands buveurs. L’utilisation du cannabis à des fins MANM était plus courante parmi les personnes déclarant une moins bonne santé générale et mentale, utilisant des médicaments psychotropes, et vivant dans un ménage à faible revenu.

Interprétation

Puisque la consommation de cannabis à des fins non médicales est courante chez les deux groupes de consommateurs analysés, de nombreuses similitudes étaient attendues. Néanmoins, les personnes ayant consommé du cannabis à des fins MANM présentaient aussi plusieurs caractéristiques particulières qui correspondaient à la consommation à des fins médicales. Cependant, puisque l’ECTAD ne recueille pas de renseignements qui permettent de déterminer si la personne a reçu l’autorisation d’un professionnel de la santé pour consommer du cannabis à des fins médicales, cette analyse ne doit pas être interprétée comme une évaluation des personnes qui ont accès au cannabis par l’intermédiaire du programme d’accès au cannabis à des fins médicales de Santé Canada, le Règlement sur l’accès au cannabis à des fins médicales (RACFM).

Mots clés

consommation de substances psychoactives, drogues contrôlées, drogues illicites, marijuana

Résultats

Le gouvernement du Canada s’est engagé à légaliser, à réglementer et à restreindre la consommation de cannabis à des fins non médicales par les adultes en 2018. En vue de ce changement, Statistique Canada adapte le système statistique national afin de mesurer les répercussions sociales et économiques de la légalisation du cannabis. L’organisme a en outre entrepris un certain nombre de projets d’analyse connexes. Depuis 2001, l’accès au cannabis à des fins médicales est autorisé au Canada. Les observations scientifiques de grande qualité sur la consommation de cannabis se multiplient. Alors que certaines d’entre elles démontrent les bienfaits du cannabis pour différents usages médicaux, notamment pour le traitement de la douleur chronique chez les adultes, d’autres font état des effets néfastes sur la santé physique et mentale, comme le risque de dépendance et le déclenchement ou l’aggravation de maladies psychiatriques graves (schizophrénie), surtout chez les consommateurs fréquents, les consommateurs de longue date et les jeunes. [Texte intégral]

Auteurs

Michelle Rotermann (michelle.rotermann@canada.ca) travaille à la Division de l’analyse de la santé et Marie-Michèle Pagé à la Division des enquêtes spéciales, à Ottawa (Ontario).

Début de l'encadré

 

Ce que l’on sait déjà sur le sujet

  • Le cannabis demeure la drogue illicite la plus consommée au Canada.
  • La consommation de cannabis est associée à certains effets indésirables, notamment la dépendance.

Ce qu’apporte l’étude

  • la présente étude, fondée sur les plus récentes données nationales accessibles, examine les similitudes et les différences entre les Canadiens qui ont déclaré consommer du cannabis à des fins non médicales seulement (NMS) et les Canadiens qui ont déclaré en consommer à des fins non médicales, mais aussi à certaines fins médicales autodéfinies (MANM).
  • Les personnes ayant consommé du cannabis au cours de l’année précédente, quelles que soient les fins de la consommation, étaient plus susceptibles d’être de sexe masculin, d’être plus jeunes, d’avoir consommé d’autres drogues illicites et un médicament d’au moins l’une des trois catégories de médicaments psychotropes à des fins non thérapeutiques, et d’être des fumeurs quotidiens ou de grands buveurs.
  • L’utilisation du cannabis à des fins MANM était plus courante parmi les personnes déclarant une moins bonne santé générale et mentale, utilisant des médicaments psychotropes, et vivant dans un ménage à faible revenu.
  • La consommation quotidienne ou quasi quotidienne, quelles qu’en soient les fins, était beaucoup plus fréquente chez les consommateurs de cannabis à des fins MANM que chez les consommateurs de cannabis à des fins NMS.

Fin de l'encadré

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