Résumé

Contexte

Les données nationales sur les hospitalisations en soins de courte durée pour troubles mentaux ou troubles du comportement chez les Autochtones au Canada sont limitées.

Données et méthodes

La présente étude décrit les hospitalisations en soins de courte durée pour troubles mentaux ou troubles du comportement chez les Premières Nations vivant dans une réserve et hors réserve. Le Recensement de 2006 a été couplé à la Base de données sur les congés des patients de 2006-2007 à 2008-2009 pour toutes les provinces, à l’exception de l’Ontario et du Québec, et pour les trois territoires. Les cas d’hospitalisation pour sept types de troubles ont été relevés. Le diagnostic principal et les diagnostics secondaires ont été examinés de façon distincte. Les taux d’hospitalisation normalisés selon l’âge (THNA) pour 100 000 habitants et les rapports de taux ont été calculés.

Résultats

Les THNA pour le diagnostic principal et les diagnostics secondaires de troubles mentaux ou de troubles du comportement ont été significativement supérieurs chez les Premières Nations vivant dans une réserve et hors réserve par rapport à ceux observés chez les non-Autochtones. Les principaux diagnostics étaient les mêmes pour chaque groupe, mais leur classement différait. Chez les Premières Nations, les diagnostics les plus fréquents visaient les troubles liés à l’utilisation de substances, les troubles de l’humeur ainsi que les troubles schizophréniques et psychotiques. Chez les non-Autochtones, les troubles de l’humeur faisaient partie des diagnostics principaux, suivis des troubles schizophréniques et psychotiques et des troubles liés à l’utilisation de substances. Les troubles liés à l’utilisation de substances présentaient les différences de taux les plus importantes en ce qui concerne le diagnostic principal et les diagnostics secondaires entre les Premières Nations et les non-Autochtones.

Interprétation

Le fardeau accru des hospitalisations attribuables à des troubles mentaux ou à des troubles du comportement chez les Premières Nations fournit des repères et souligne la nécessité de considérer toutes les admissions à l’hôpital comme une occasion importante de faire de la prévention et d’intervenir. La Commission de vérité et réconciliation du Canada (2015) a reconnu que les mauvais résultats en matière de santé des Autochtones au Canada sont une séquelle de la colonisation. D’autres études sont nécessaires pour mieux comprendre les répercussions directes sur la santé mentale.

Mots-clés

Autochtone, couplage de données, dossiers d’hospitalisation, recensement, troubles liés à l’utilisation de substances

Résultats

Chaque année, un Canadien sur sept reçoit un traitement pour une maladie mentale. La recherche sur la santé mentale de la population, sur les dépendances et les traitements attire fortement l’attention. Cependant, comme le notent des rapports fédéraux, des données pertinentes pour l’élaboration de politiques et de programmes sont requises dans de nombreux domaines clés. En particulier, les statistiques nationales sur l’utilisation des services de santé mentale par les Autochtones, surtout les Premières Nations vivant dans une réserve, sont insuffisantes. La nécessité de combler les lacunes statistiques est mise en évidence par des renseignements récents confirmant une prévalence supérieure des pensées suicidaires chez les Premières Nations vivant hors réserve, les Métis et les Inuits, par rapport à celle observée chez la population non autochtone. [Texte intégral]

Auteurs

Gisèle Carrière (gisele.carriere@canada.ca), Evelyne Bougie et Dafna Kohen travaillent au sein de la Division de l’analyse de la santé de Statistique Canada, à Ottawa (Ontario).

Début de l'encadré

 

Ce que l’on sait déjà sur le sujet

  • Des taux d’hospitalisations en soins de courte durée supérieurs chez les Premières Nations, par rapport aux non-Autochtones, ont été enregistrés, de manière générale, pour les troubles mentaux et les troubles du comportement.

Ce qu’apporte l’étude

  • Cette étude fait état des taux d’hospitalisation en soins de courte durée pour sept groupes de troubles mentaux et de troubles du comportement chez les Premières Nations, par rapport aux non-Autochtones.
  • Les taux d’hospitalisation en soins de courte durée normalisés selon l’âge ont été supérieurs chez les Premières Nations par rapport aux non-Autochtones pour chaque groupe de troubles mentaux et de troubles du comportement, à l’exception des troubles organiques.
  • Chez les Premières Nations, les groupes de diagnostics principaux de troubles mentaux et de troubles du comportement les plus fréquents étaient les troubles liés à l’utilisation de substances, les troubles de l’humeur ainsi que les troubles schizophréniques et psychotiques. Chez les non-Autochtones, les troubles de l’humeur se sont classés au premier rang, suivis des troubles schizophréniques ou psychotiques et des troubles liés à l’utilisation de substances.
  • La Commission de vérité et réconciliation du Canada (2015) a reconnu que les mauvais résultats en matière de santé des Autochtones au Canada sont une séquelle de la colonisation. Le lourd fardeau des hospitalisations attribuables à des troubles mentaux ou à des troubles du comportement chez les Premières Nations fournit des repères et souligne la nécessité de considérer toutes les admissions à l’hôpital comme une occasion importante de faire de la prévention et d’intervenir.

Fin de l'encadré

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