Résumé
Contexte
Au cours du dernier siècle, l’espérance de vie à la naissance au Canada a connu une croissance marquée. Cependant, l’augmentation du nombre d’années de vie ne nous renseigne pas sur l’amélioration de la qualité de vie.
Méthodologie
L’espérance de vie ajustée sur la santé (EVAS), un indicateur de la qualité de vie, a été estimée tous les quatre ans entre 1994-1995 et 2015 pour les populations vivant à domicile et en établissement combinées. Aux fins de deux enquêtes nationales sur la santé de la population, l’état de santé a été mesuré au moyen de l’indice de l’état de santé (Health Utilities Index Mark 3), puis a servi à corriger l’espérance de vie. Le pourcentage de la population vivant dans des établissements de soins de santé a été estimé en se fondant sur les données du Recensement de la population. L’EVAS en l’absence d’un attribut a ensuite été calculé afin de déterminer l’incidence des divers aspects de l’état de santé sur les écarts entre l’espérance de vie et l’EVAS.
Résultats
L’EVAS a augmenté au Canada. Une hausse de l’EVAS supérieure chez les hommes a réduit l’écart entre les hommes et les femmes. Le ratio de l’EVAS à l’espérance de vie a peu changé pour les hommes et a légèrement augmenté pour les femmes de 65 ans et plus. La douleur (principalement chez les femmes) et des difficultés de mobilité ont constitué une part croissante du fardeau que représente une mauvaise santé au fil du temps. L’exclusion de la population vivant en établissement a donné lieu à une augmentation significative des estimations de l’EVAS et à des ratios plus élevés de l’EVAS à l’espérance de vie.
Interprétation
Les personnes vivent aujourd’hui plus longtemps, mais la part des années passées en bonne santé fonctionnelle est restée relativement constante au fil des ans. Pour dresser un tableau complet de l’espérance de vie en santé au Canada, il est essentiel d’examiner à la fois les données sur la population vivant à domicile et les données sur la population vivant en établissement.
Mots clés
Différences entre les sexes, espérance de vie en santé, indice de l’état de santé (Health Utility Index), mesure agrégée de la santé, morbidité, mortalité
Résultats
Au cours du dernier siècle, l’espérance de vie à la naissance au Canada a connu une croissance marquée, atteignant 79,8 ans chez les hommes et 83,9 ans chez les femmes. L’augmentation du nombre d’années de vie ne nous renseigne cependant pas sur la qualité de vie. Or, la mesure dans laquelle la qualité de vie suit le rythme de l’accroissement de l’espérance de vie est un important indicateur de la santé. [Texte intégral]
Auteurs
Tracey Bushnik (tracey.bushnik@canada.ca) et Michael Tjepkema travaillent à la Division de l’analyse de la santé et Laurent Martel, à la Division de la démographie de Statistique Canada, à Ottawa, en Ontario.
Début de l'encadré
Ce que l’on sait déjà sur le sujet
- L’espérance de vie s’est substantiellement accrue au Canada au cours du dernier siècle.
- L’espérance de vie décrit le nombre d’années de vie, alors que l’espérance de vie ajustée sur la santé (EVAS) décrit la qualité de vie.
- En 2010, il existait peu de preuves que l’EVAS augmentait plus rapidement que l’espérance de vie de la population vivant à domicile.
Ce qu’apporte l’étude
- Entre 1994-1995 et 2015, l’EVAS a augmenté au Canada.
- L’écart en matière d’espérance de vie et d’EVAS entre les hommes et les femmes a diminué du fait de gains supérieurs chez les hommes.
- Les hommes ont passé une plus grande part de leurs années de vie en bonne santé fonctionnelle que l’ont fait les femmes.
- Le pourcentage d’années passées en bonne santé fonctionnelle a relativement peu changé au fil du temps pour les hommes et a légèrement augmenté pour les femmes de 65 ans et plus.
- L’importance des problèmes sensoriels a diminué, alors que les problèmes de mobilité et la douleur ont représenté une part plus grande du fardeau lié à une mauvaise santé.
- L’exclusion de la population vivant en établissement a fait significativement augmenter les estimations de l’EVAS, ce qui a donné lieu à des ratios plus élevés de l’EVAS à l’espérance de vie, en particulier pour les personnes de 65 ans ou plus.
Fin de l'encadré
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