Résumé

Résumé

Contexte

Au cours des dernières décennies, la diminution de la couche d’ozone s’est traduite par l’augmentation du rayonnement ultraviolet ambiant. Parallèlement, l’incidence des cancers de la peau a augmenté, notamment le mélanome. Il y a relativement peu d’études à grande échelle qui font le lien entre le rayonnement ultraviolet ambiant et le mélanome, elles ont toutefois permis de déceler une tendance d’incidence croissante près de l’équateur, où les estimations de rayonnement ultraviolet sont les plus élevées. Des recherches similaires n’ont pas été effectuées au Canada, où le rayonnement ultraviolet ambiant est généralement inférieur à celui des pays plus au sud.

Données et méthodologie

Des données modélisées sur le rayonnement ultraviolet pour les mois de juin à août au cours de la période de 1980 à 1990 ont été couplées spatialement dans des systèmes d’information géographique à 2,4 millions de personnes de race blanche de la Cohorte santé et environnement du recensement canadien de 1991 (CSERCan), puis on a effectué un suivi des diagnostics de mélanome sur une période de 18 ans (de 1992 à 2009). On a utilisé des modèles à risques proportionnels de Cox standards pour estimer les risques de mélanome associés aux augmentations du rayonnement ultraviolet ambiant à l’été, en fonction de la résidence à la date de référence. On a ensuite corrigé les modèles en fonction de l’âge, du sexe et des caractéristiques socioéconomiques. On a mené des analyses distinctes selon le siège du mélanome. De plus, on a évalué les modifications de l’effet de l’association entre le rayonnement ultraviolet ambiant et le mélanome selon le sexe, l’âge, l’activité extérieure et les caractéristiques socioéconomiques sélectionnées.

Résultats

Des différences d’une unité d’écart-type (446 J/m2, soit 7 % de la moyenne) du rayonnement ultraviolet ambiant en période estivale ont été associées à une augmentation du rapport des risques instantanés (RRI) de mélanome de 1,22 (intervalle de confiance [IC] de 95 % : 1,19 à 1,25), après correction en fonction du sexe, de l’âge et des caractéristiques socioéconomiques. Le RRI de mélanome en cas de rayonnement ultraviolet relatif (par unité d’écart-type) était plus élevé pour les hommes (RRI = 1,26; IC de 95 % : 1,21 à 1,30) que pour les femmes (RRI = 1,17; IC de 95 % : 1,13 à 1,22).

Interprétation

Le rayonnement ultraviolet ambiant en période estivale est associé à un plus grand risque de mélanome au sein de la population blanche, même dans un pays où les gens vivent dans une zone latitudinale étroite. Une association plus forte entre le mélanome et le rayonnement ultraviolet ambiant était évidente chez les hommes et les personnes dont le statut socioéconomique est plus faible.

Résultats

Le rayonnement ultraviolet fait partie du rayonnement total qui atteint la surface de la Terre. Il est possible de le modéliser à l’aide de caractéristiques géophysiques, notamment celles de la couche d’ozone et de la couverture nuageuse dérivées des observations satellites, ainsi que des données de spectrophotomètres terrestres. La diminution de la couche d’ozone a engendré l’augmentation de l’intensité du rayonnement ultraviolet, particulièrement dans les régions plus proches des pôles. [Texte intégral]

Mots-clés

CSERCan, recensement, couplage d’enregistrements médicaux, cancer de la peau, néoplasmes cutanés, coup de soleil, lumière du soleil

Auteurs

Lauren Pinault (lauren.pinault@canada.ca), Tracey Bushnik et Michael Tjepkema travaillent à la Division de l’analyse de la santé de Statistique Canada, à Ottawa, en Ontario. Vitali Fioletov travaille à Environnement et Changement climatique Canada, à Toronto, en Ontario. Cheryl E. Peters travaille au sein du service des sciences de la santé de l’Université Carleton, à Ottawa, en Ontario. Will D. King travaille au sein du service des sciences de la santé publique de l’Université Queen’s, à Kingston, en Ontario.

Début de l'encadré

 

Ce que l’on sait déjà sur le sujet

  • L’exposition au rayonnement ultraviolet est un facteur de risque majeur pour le cancer de la peau (mélanome).
  • Dans d’autres pays, les gradients latitudinaux de l’incidence du mélanome et de la mortalité ont été attribués aux différences de rayonnement ultraviolet ambiant
  • Des recherches similaires n’ont pas été menées au Canada où la majeure partie de la population vit dans une zone latitudinale étroite.

Ce qu’apporte l’étude

  • Après avoir tenu compte de l’âge, du sexe et du statut socioéconomique, on a associé une différence égale à un écart-type (446 J/m2, soit 7 %) de l’exposition au rayonnement ultraviolet ambiant moyen estival à un rapport des risques instantanés de mélanome de 1,22.
  • Les RRI de mélanome étaient globalement plus élevés chez les hommes que chez les femmes.
  • Les RRI de mélanome étaient supérieurs chez les hommes en ce qui a trait à la tête ou au cou et au tronc, mais plus élevés chez les femmes en ce qui a trait aux membres inférieurs ou aux hanches.
  • On a observé un risque de mélanome supérieur associé au rayonnement ultraviolet ambiant estival chez les hommes, les personnes appartenant au quintile de suffisance du revenu du ménage le plus bas (par rapport au plus élevé) et celles ayant le niveau de scolarité le plus bas (par rapport au plus élevé).

Fin de l'encadré

Date de modification :