Résumé
Contexte
À leur arrivée au Canada, les réfugiés doivent surmonter des difficultés liées à leur établissement qui sont différentes de celles que connaissent les autres immigrants, notamment un risque plus élevé de mauvaise santé. Cette étude présente les taux d’hospitalisation des immigrants arrivés entre 1980 et 2006, pour les trois années financières de 2006-2007 à 2008-2009, en mettant l’accent sur trois groupes de réfugiés en particulier.
Méthodes
Des renseignements tirés de deux bases de données couplées ont permis d’estimer les taux d’hospitalisation normalisés selon l’âge (THNA) pour 10 000 personnes de 30 ans et plus, toutes causes confondues (à l’exception de la grossesse) et pour les causes principales, par catégorie d’immigration et par sous-catégorie de réfugiés. L’analyse s’est concentrée sur les réfugiés de la Pologne, du Vietnam et du Moyen-Orient, dont les taux d’hospitalisation ont été comparés à ceux de la population née au Canada ou des immigrants de la catégorie économique provenant des mêmes régions.
Résultats
Les immigrants de 30 ans et plus, y compris les réfugiés, affichaient des THNA toutes causes confondues significativement inférieurs à ceux de la population née au Canada. Les THNA toutes causes confondues étaient de 470 pour 10 000 personnes pour l’ensemble des immigrants et de 494 pour les réfugiés, comparativement à 891 pour la population née au Canada. Des trois régions sources, ce sont les immigrants et réfugiés du Vietnam qui présentaient les THNA les plus faibles. Les THNA propres aux maladies de l’appareil circulatoire des réfugiés du Moyen-Orient parrainés par le gouvernement étaient similaires à ceux de la population née au Canada (respectivement 142 et 158). À l’exception des réfugiés de la Pologne, les réfugiés affichaient généralement des THNA plus élevés que leurs homologues de la catégorie économique.
Interprétation
De manière générale, les réfugiés, comme les autres immigrants, affichaient des taux d’hospitalisation inférieurs à ceux de la population née au Canada, mais certains sous-groupes se sont révélés particulièrement susceptibles à une hospitalisation pour des maladies chroniques spécifiques.
Résultats
On dispose de relativement peu de renseignements à l’échelon national sur la santé des réfugiés au Canada. Selon les données de l’Enquête longitudinale auprès des immigrants du Canada, les réfugiés sont plus susceptibles de présenter des problèmes de santé que les immigrants d’autres catégories. Parmi les explications possibles figurent les épreuves associées à la nature involontaire de leur migration et les difficultés d’obtenir du soutien et des soins de santé après leur migration. [Texte intégral]
Mots-clés
Couplage de données, utilisation des soins de santé, catégorie d’immigration, migration.
Auteurs
Edward Ng (edward.ng@canada.ca), Claudia Sanmartin et Douglas G. Manuel travaillent à la Division de l’analyse de la santé de Statistique Canada, à Ottawa (Ontario). Douglas G. Manuel est aussi rattaché à l’Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa et à l’Institut de recherche en services de santé.
Début de l'encadré
Ce que l’on sait déjà sur le sujet
- Si les travaux de recherche sur la santé des réfugiés ont jadis souvent mis l’accent sur les maladies infectieuses ou les problèmes de santé mentale, un examen récent a relevé des lacunes statistiques pour les maladies non infectieuses et les problèmes de santé chroniques.
- Au Canada, des recherches effectuées à l’échelle provinciale ont fait ressortir un risque de maladie chronique élevé chez les réfugiés, mais des comparaisons avec l’ensemble de la population canadienne de naissance n’ont été établies que dans des études sur la mortalité.
- Aucun examen quantitatif de la santé des réfugiés, par rapport à celle des immigrants d’autres catégories originaires de la même région, n’a été effectué.
Ce qu’apporte l’étude
- Des renseignements tirés du couplage de deux bases de données ont été utilisés pour estimer les taux d’hospitalisation normalisés selon l’âge, selon la catégorie d’immigration et la sous-catégorie de réfugié, pour la période de 2006-2007 à 2008-2009.
- L’analyse s’est penchée principalement sur les réfugiés provenant de la Pologne, du Vietnam et du Moyen-Orient.
- Les taux d’hospitalisation des immigrants, dans leur ensemble et selon la catégorie d’immigration (immigration économique, réfugiés et regroupement familial), étaient nettement inférieurs à ceux observés pour la population née au Canada.
- De manière générale, les réfugiés affichaient des taux d’hospitalisation plus élevés que les immigrants de la catégorie de l’immigration économique.
Fin de l'encadré
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