Résumé

Contexte

Même si les immigrants ont tendance à avoir une meilleure santé que les personnes nées au Canada au moment de leur établissement, certains sous-groupes d’immigrants, appartenant notamment à différentes catégories d’immigration, peuvent afficher des différences en ce qui a trait à l’état de santé et à l’utilisation des soins de santé. Des limites en matière de données font que la recherche a rarement été axée sur la catégorie d’immigration (immigration économique, regroupement familial ou réfugié). Une nouvelle base de données produite par couplage permet à présent d’étudier les hospitalisations en soins de courte durée, selon la catégorie d’immigration et la région d’origine.

Données et méthodes

La base de données produite par couplage du Fichier d’établissement des immigrants et la Base de données sur les congés des patients (n = 2,6 millions) a été utilisée dans les calculs des taux bruts et normalisés selon l’âge (THNA) d’hospitalisation pour 10 000 habitants, pour toutes les causes confondues et les principales causes d’hospitalisation, selon le sexe et pour la période allant de 2006-2007 à 2008-2009.

Résultats

Les personnes de la catégorie de l’immigration économique avaient des THNA toutes causes confondues plus faibles que leurs homologues des catégories du regroupement familial et des réfugiés. Les réfugiés de sexe masculin avaient des THNA plus élevés dans l’ensemble et pour les maladies de l’appareil circulatoire, les maladies de l’appareil digestif, les traumatismes et le cancer. Les différences selon la catégorie d’immigration étaient moins prononcées chez les immigrantes. Chez les immigrants des deux sexes, les THNA toutes causes confondues (à l’exclusion de la grossesse) ont augmenté avec le nombre d’années depuis leur établissement au Canada. Les immigrants originaires de l’Asie de l’Est et des États-Unis avaient les THNA les plus faibles et les plus élevés, respectivement.

Interprétation

Bien que l’utilisation des services hospitaliers constitue un indicateur imparfait de l’état de santé, la présente étude soutient l’hypothèse de l’immigrant dont la santé est bonne à son arrivée, mais se détériore par la suite. Des différences marquées sont ressorties selon les catégories d’immigration, les réfugiés et les immigrants venant des États-Unis présentant notamment des taux d’hospitalisation toutes causes confondues et selon les principales causes significativement supérieurs à ceux des autres groupes.

Résultats

Les différences dans l’état de la santé, les déterminants de la santé et l’utilisation des services de soins de santé entre les Autochtones et les non-Autochtones laissent supposer que la fréquence et la nature des hospitalisations en soins de courte durée peuvent varier. Toutefois, les données au niveau national concernant les hospitalisations d’Autochtones sont rares. Dans certaines provinces, notamment le Manitoba, la Colombie-Britannique, l’Alberta et la Saskatchewan, les dossiers d’hospitalisation comprennent des identificateurs des Premières Nations, et ceux-ci sont annexés dans le cas des Métis. Dans d’autres secteurs de compétence, l’identité autochtone n’est pas systématiquement incluse dans les dossiers d’hospitalisation. Par conséquent, on ne dispose pas de données au niveau national concernant l’hospitalisation des Autochtones.[Texte intégral]

Mots-clés

Couplage de données, utilisation des soins de santé, dossiers d’hospitalisation, santé des immigrants, réfugiés.

Auteurs

Edward Ng (edward.ng@canada.ca), Claudia Sanmartin et Douglas G. Manuel travaillent à la Division de l’analyse de la santé de Statistique Canada, à Ottawa (Ontario). Douglas G. Manuel est aussi rattaché à l’Institut de recherche en santé d’Ottawa et à l’Institut de recherche en services de santé.

Début de l'encadré

 

Ce que l’on sait déjà sur le sujet

  • Même si les immigrants ont tendance à avoir une meilleure santé à leur arrivée au Canada, il n’est pas établi clairement si cet avantage en matière de santé s’applique pour tous les pays d’origine et pour toutes les catégories d’immigrants (réfugiés, immigration économique, regroupement familial).
  • Les données provinciales et territoriales sur la santé, de même que les données nationales, ne comprennent pas suffisamment d’information sur les immigrants.
  • Certaines enquêtes comprennent des variables relatives à l’immigration, mais les échantillons ne sont généralement pas assez grands pour les besoins d’analyses axées sur le lieu de naissance.
  • Le couplage des données du recensement et des données administratives sur la santé a produit des bases de données de taille suffisante pour l’analyse des variables relatives aux immigrants.

Ce qu’apporte l’étude

  • Le couplage des enregistrements du Fichier d’établissement des immigrants avec la Base de données sur les congés des patients permet d’analyser l’hospitalisation chez les immigrants à l’échelle nationale.
  • Les premiers résultats de ce couplage corroborent généralement les conclusions d’autres études sur la santé des immigrants et permettent de mieux comprendre les résultats, selon la catégorie d’immigration.
  • Les réfugiés des deux sexes avaient des taux d’hospitalisation normalisés selon l’âge (THNA) toutes causes confondues (à l’exception de la grossesse) élevés comparativement aux immigrants de la catégorie de l’immigration économique. Chez les hommes, ce résultat s’appliquait également pour les quatre principales causes d’hospitalisation.
  • Le THNA élevé dans le cas du cancer chez les demandeurs principaux de la catégorie de l’immigration économique de sexe féminin mérite d’être exploré plus avant.

Fin de l'encadré

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