Résumé

Contexte

Des recherches menées aux États-Unis et en Europe ont déterminé que les femmes ont un avantage sur les hommes quant à la survie après un diagnostic de cancer, mais cette question n’a pas fait l’objet d’études systématiques au Canada.

Données et méthodes

Les données sont tirées du Registre canadien du cancer, le suivi de la mortalité étant assuré grâce à un couplage d’enregistrements avec la Base canadienne de données sur l’état civil : décès. La différence en pourcentage dans les ratios de survie relative (RSR) à cinq ans entre les femmes et les hommes et l’excès de risque relatif (ERR) de décès pour les femmes comparativement aux hommes ont servi de mesures des différences dans les taux de survie au cancer.

Résultats

On a observé un avantage significatif des femmes par rapport aux hommes pour 13 des 18 cancers visés par l’étude. Les estimations ponctuelles de l’ERR étaient presque uniformément plus faibles chez les personnes diagnostiquées à un plus jeune âge (15 à 54 ans). Pour tous les cancers combinés, l’excès de risque de décès était de 13 % plus faible chez les femmes, et de 23 % plus faible chez les femmes de moins de 55 ans. L’avantage global était le plus grand pour le cancer de la thyroïde (ERR = 0,31), le mélanome de la peau (0,52) et le lymphome hodgkinien (0,65). L’avantage dans le cas du cancer de la thyroïde était atténué dans une certaine mesure, mais toujours significatif, pour les périodes plus précoces. Le cancer de la vessie était le seul cancer pour lequel les femmes avaient un désavantage significatif (ERR = 1,23); cet excès de risque semblait se limiter aux 12 à 18 premiers mois suivant le diagnostic.

Interprétation

On ne comprend pas bien les raisons qui sous-tendent les différences selon le sexe dans les taux de survie au cancer. De nombreuses explications sont possibles, et il est plus facile d’explorer les différences pour chaque cancer isolément. L’avantage prononcé des femmes plus jeunes appuie de façon indirecte l’hypothèse d’une influence hormonale.

Mots-clés

Excès de risque, différences entre les sexes, néoplasmes, fondé sur la population, registres, survie relative, hormones sexuelles, analyse de la survie.

Résultats

Des études menées en Europe, aux États-Unis et en Corée ont récemment démontré que les femmes ont un avantage sur les hommes quant à la survie après un diagnostic de cancer. Parmi les explications possibles figurait un avantage biologique découlant des hormones sexuelles. Il se peut aussi que la différence rende compte en partie des attitudes et des comportements généralement plus sains des femmes. Il reste à déterminer si l’explication est biologique ou culturelle, ou une combinaison des deux. Des analyses de données effectuées à partir de registres du cancer fondés sur la population peuvent être utilisées pour réduire, ou à tout le moins mieux comprendre, les disparités selon le sexe dans les pronostics de cancer. [Texte intégral]

Auteurs

Larry F. Ellison (larry.ellison@canada.ca) travaille à la Division de la statistique de la santé de Statistique Canada, Ottawa (Ontario).

Début de l'encadré

 

Ce que l’on sait déjà sur le sujet

  • En Europe et aux États-Unis, on a récemment décrit les femmes comme ayant un avantage par rapport aux hommes pour ce qui est de la survie après un diagnostic de cancer.
  • L’avantage quant à la survie des femmes est plus prononcé lorsque le cancer est diagnostiqué avant l’âge de 55 ans.
  • Les différences selon le sexe dans les pronostics du cancer n’ont pas été étudiées de façon systématique au Canada.

Ce qu’apporte l’étude

  • Le pronostic après un diagnostic de cancer au Canada était significativement meilleur chez les femmes que chez les hommes, pour la majorité des cancers spécifiques, et pour tous les cancers combinés.
  • Dans le cas des cancers étudiés, l’avantage des femmes était presque uniformément plus grand chez celles ayant reçu un diagnostic à un plus jeune âge (15 à 54 ans).
  • L’avantage des femmes était le plus grand dans le cas du cancer de la thyroïde, du mélanome de la peau et du lymphome hodgkinien.
  • L’avantage relativement important des femmes ayant reçu un diagnostic de cancer de la thyroïde était un peu moins prononcé, mais toujours significatif, au cours des premières périodes de référence, lorsque les taux de diagnostic de ce cancer étaient plus faibles.
  • Un désavantage significatif pour les femmes est ressorti uniquement pour le cancer de la vessie; l’excès de risque chez les femmes semble se limiter aux 12 à 18 premiers mois suivant le diagnostic.

Fin de l'encadré

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