Résumé

Contexte

Les statines sont prescrites pour traiter la dyslipidémie (concentration anormale de lipides comme le cholestérol et le gras dans le sang) et réduire le risque de maladie cardiovasculaire (MCV). La présente étude décrit le profil de risque de MCV des Canadiens de 20 à 79 ans, compare les tendances actuelles en matière de traitement aux recommandations des lignes directrices et examine l’incidence du traitement aux statines sur la santé de la population.

Données et méthodes

On a estimé le risque de base de MCV chez les Canadiens de 20 à 79 ans en appliquant au score de risque de Framingham des données sur les facteurs de risque, pondérées en fonction de la population, tirées de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé (ECMS) pour 2007 à 2011. Des estimations de l’efficacité des statines tirées d’articles publiés ont été appliquées au risque de base pour évaluer le nombre d’événements cardiovasculaires (CV) évités grâce au traitement réel aux statines (d’après l’ECMS) et au traitement recommandé (lignes directrices de la Société canadienne de cardiologie, 2012).

Résultats

On estime que 2,8 millions de Canadiens adultes (environ un sur dix) ont suivi une thérapie aux statines. Le risque moyen d’événement CV sur 10 ans chez ces personnes s’établissait à 27 %. En supposant une observance thérapeutique optimale, on estime que le traitement par statines a permis d’éviter quelque 18 900 événements CV par année et donné un nombre moyen de sujets à traiter (pour prévenir un événement CV supplémentaire) de 15 sur 10 ans. Par comparaison, selon les lignes directrices de 2012, 6,5 millions de Canadiens adultes (environ un sur quatre) se sont vu proposer une thérapie aux statines. Le risque moyen de MCV sur 10 ans chez ces personnes était de 24 %, ce qui se traduit par un nombre de sujets à traiter de 17 sur 10 ans, ou environ 38 600 événements CV évités chaque année. Les écarts les plus importants en termes du taux de traitement et du nombre  d’événements CV potentiellement évités s’observent chez les personnes présentant un risque de MCV élevé ou modéré.

Interprétation

On pourrait réduire le risque de MCV chez les Canadiens en améliorant le ciblage du traitement par statines chez les personnes présentant un risque CV élevé ou modéré. Une telle stratégie exigerait vraisemblablement des investissements supplémentaires.

Mots-clés

Maladie cardiovasculaire, lignes directrices cliniques, évaluation du risque, réduction du risque.

Résultats

Des études ont montré que les statines — des médicaments utilisés pour baisser la cholestérolémie — améliorent la survie et réduisent le risque d’événements cardiovasculaires (CV) chez les personnes susceptibles de souffrir d’une maladie cardiovasculaire (MCV), quel que soit le niveau de risque présenté. En conséquence, les statines sont l’une des classes de médicaments les plus souvent prescrites au Canada et rendent compte de la principale dépense engagée pour un médicament par tous les régimes provinciaux d’assurance-médicaments, les coûts directs atteignant presque deux milliards de dollars annuellement. La prescription de statines fait toutefois l’objet d’une certaine controverse, si bien que les nouvelles lignes directrices relatives à l’évaluation du risque de MCV et au traitement par statines de l’American College of Cardiology et l’American Heart Association, ainsi que du National Institute for Clinical Evaluation (Royaume-Uni) ont fait les grands titres de l’actualité. [Texte intégral]

Auteurs

Deirdre A. Hennessy ( deirdre.hennessy@canada.ca) travaille à la Division de l’analyse de la santé de Statistique Canada. Peter Tanuseputro et Richard Perez travaillent à l’Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa et à l’Institut de recherche Bruyère, Meltem Tuna, à l’Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa et à l’Institut de recherche en services de santé, Carol Bennett, à l’Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa, Margot Shields, à l’Agence de la santé publique du Canada, Dennis T. Ko et Jack Tu, à l’Institut de recherche en services de santé et au Centre de cardiologie Schulich du Centre Sunnybrook des sciences de la santé, et Douglas G. Manuel, à la Division de l’analyse de la santé de Statistique Canada, à l’Institut de recherche de l’Hôpital d’Ottawa, à l’Institut de recherche Bruyère et à l’Institut de recherche en services de santé.

Début de l'encadré

 

Ce que l’on sait déjà sur le sujet

  • Les études montrent que les statines — des médicaments hypocholestérolémiants — améliorent la survie et réduisent le risque d’événements cardiovasculaires.
  • Les statines forment l’une des classes de médicaments les plus souvent prescrites au Canada et  coûtent plus cher que tout autre médicament aux régimes provinciaux d’assurance-médicaments.
  • Il existe peu de données permettant d’évaluer l’incidence de la consommation de statines sur la santé de la population.

Ce qu’apporte l’étude

  • À partir des données de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé, 2007 à 2011, l’étude établit le profil de risque de MCV des Canadiens de 20 à 79 ans, compare les tendances actuelles en matière de traitement aux recommandations des lignes directrices et examine l’incidence du traitement aux statines sur la santé de la population.
  • On estime qu’environ 2,8 millions de Canadiens adultes (environ un sur dix) ont suivi un traitement aux statines.
  • En supposant une observance thérapeutique optimale, on estime que la prise de statines a permis d’éviter quelque 18 900 événements cardiovasculaires chaque année, et que le nombre de sujets à traiter (nombre moyen de patients qui doivent être traités pour prévenir un événement cardiovasculaire supplémentaire) s’établit à 15 sur 10 ans.
  • L’étude dégage un écart en matière de traitement des personnes à risque modéré et élevé de MCV; si l’écart était comblé, il serait peut-être possible d’éviter 19 500 événements cardiovasculaires par année.

Fin de l'encadré

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