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Contexte

On sait que les taux de mortalité infantile et de mortinaissance sont plus élevés chez les Autochtones que dans le reste de la population du Canada, mais l’état de santé périnatale des Premières Nations vivant dans des réserves est mal connu. Cette étude examine les taux de mortinaissance et de mortalité infantile chez les Autochtones du Québec, en particulier les Premières Nations vivant dans des réserves, et les compare à ceux chez les non-Autochtones de cette province.

Données et méthodes

Les données sur les naissances vivantes et mortinaissances survenues au Québec de 1989 à 2008 ont été extraites du Fichier couplé des naissances et des décès infantiles de Statistique Canada. Les naissances et les mortinaissances survenues dans des réserves des Premières Nations, dans les communautés cries et naskapies (deux nations dont les communautés ne sont pas des réserves) et dans les communautés inuites ont été identifiées d’après le code postal. Les associations entre le type de communauté et les différents types de mortalité ont été mesurées à l’aide de régressions logistiques.

Résultats

La mortinaissance était plus élevée chez les Autochtones que chez les non-Autochtones au Québec, mais cette surmortalité cessait d’être significative après la prise en compte des caractéristiques sociodémographiques (l’âge et la scolarité des mères, la taille et l’isolement des communautés). La mortalité néonatale était aussi plus élevée chez les Inuits. Enfin, la mortalité post-néonatale était plus élevée chez les Autochtones, cet écart étant indépendant des différences d’âge et de scolarité des mères ainsi que de taille et d’isolement des communautés. Les rapports de cotes ajustés (intervalles de confiance à 95 %) de la mortalité post-néonatale dans les réserves, dans les communautés cries et naskapies et dans les communautés inuites étaient respectivement de 1,57 (1,16 - 2,12), 3,01 (2,14 - 4,24) et 4,29 (3,09 - 5,97).

Interprétation

La mortinaissance et la mortalité infantile sont plus élevées chez les Autochtones que chez les non-Autochtones au Québec et les écarts de mortalité post-néonatale sont particulièrement importants. Ces résultats confirment la nécessité de développer des stratégies de promotion de la santé appropriées pour les populations autochtones.

Mots-clés

Bases de données, couplage des données, Inuits, Premières nations, statistique de l'état civil

Résultats

Plusieurs études ont révélé que les taux de mortalité infantile et de mortinaissance sont plus élevés chez les Premières Nations et les Inuits que dans le reste de la population du Canada. Dans ces études, les Autochtones ont été identifiés selon la résidence dans une région où la population autochtone est en forte proportion, d'après les données du recensement, par l'auto-identification inscrite sur les enregistrements de naissances (en Colombie-Britannique) ou au moyen de la langue maternelle de la mère (au Québec). [Texte intégral]

Auteur

Pendant la mise en oeuvre de cette étude, Nicolas Gilbert (Nicolas.Gilbert@phac-aspc.gc.ca) travaillait au Bureau régional de la Direction générale de la santé des Premières Nations et des Inuits de Santé Canada, à Montréal, Québec. Nathalie Auger travaille au Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal, à Montréal, Québec. Michael Tjepkema travaille à la Division de l'analyse de la santé de Statistique Canada à Ottawa, Ontario.

Ce que l'on sait déjà sur le sujet

  • Les taux de mortalité infantile et de mortinaissance sont plus élevés chez les Autochtones que dans le reste de la population canadienne.

Ce qu'apporte l'étude

  • Au Québec, les Inuits, les Cris et les Naskapis (Premières Nations du nord de la province) et les Premières nations vivant dans des réserves dans le sud de la province ont des taux de mortinaissance et de mortalité post-néonatale supérieurs à ceux du reste de la population de la province.
  • Cette surmortalité post-néonatale est indépendante de l’âge et de la scolarité des mères ainsi que de la taille et de l’isolement des communautés.
  • La mortalité post-néonatale dans les réserves des Premières Nations du sud du Québec est non seulement supérieure à celle de la population non-Autochtone de la province, mais aussi à celle de communautés non-Autochtones également isolées et désavantagées du point de vue socioéconomique.
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